CHAPITRE VII
Des principales définitions géographiques. 1
Oh a recherché, dit M. Walckenaer , et on a décrit avec soin les plus petits animaux , les plantes les plus humbles; mais on n'a point encore considéré le globe terrestre en luimême, et comme le corps de la nature le plus digne d'attention, le plus important à connaître et à décrire. Des mots sans nombre ont été inventés pour peindre par la parole les signes et les formes des plus petites parties des minéraux , des végétaux et des animaux , et la géographie n'en a point encore pour dessiuer plusieurs des grands traits que présentent les continens et les mers , pour exprimerconvenableroent la configuration si variée des côtes, les formes si diverses des montagnes, les lignes sinueuses et compliquées des fleuves et des rivières; pour caractériser enfin toutes les différences principales que le sol présente dans ses convexités et ses enfoncemens, sa composition, sa nature et son as pce L Il est vrai que dans ces derniers temps on a essayé de remplir ces lacunes, et MaIte>Rrun, Ritter, Walckenaer et les sa van* continuateurs de l'Encyclopédie méthodique ont proposé plusieurs termes aussi justes que convenables pour atteindre ce but ; mais il reste encore beaucoup à faire pour y atteindre entièrement. Notre cadre ne nous permettant pas de donner tous les termes techniques de la géographie, uous nous sommes borné a n'offrir dans ce chapitre que ceux qui sont les plus indispensables pour l'étude de cette science et pour l'intelligence des relations de voyages. Nous les avons partagés en deux classes distinctes: termes qui appartiennent à la géographie physique, et termes qui appartiennent à la géographie politique. Nous commencerons par ceux de la première classe.
En jetant les yeux sur un globe terrestre, ou sur un planisphère, on est frappé d'abord de l'espace immense occupé par la masse d'eau continue nommée océan, réceptacle de la plus grande partie des eaux du globe, dont elle couvre environ les trois quarts de la surface. Au milieu de l'océan se montrent différentes portions de terre, toutes séparées les unes des autres. Les parties de terre ainsi environnées d'eau se nomment îles.
Parmi ces portions de terre, trois se font remarquer au premier coup-d'œil par leur grandeur, et doivent être nommées continent. La plus considérable est appelée Ancien- Continent, parce que c'est le premier dont nous ayons eu connaissance; elle comprend l'Europe, l'Asie et l'Afrique; la seconde est nommée Nouveau-Continent, parce qu'elle a été découverte beaucoup plus tard ; on l'appelle aussi Amérique; enfin, la troisième, qui est incomparablement plus petite que les deux premières, a reçu le nom impropre de Nouvelle- Hollande , nom que depuis quelque temps on remplace généralement par celui de Australie , et auquel uous donnerons , par analogie avec les deux précédens, le synonyme de Continent-Austral. Toutes les autres terres qui s'élèvent au-dessus du niveau des eaux sont regardées comme des îles. Les contours des continens et des îles qui baignent les eaux de l'océan et de ses subdivisions , se nomment côtes.
Les circonstances différentes de position absolue ou relative dans laquelle se trouvent les iles, ont engagé les géographes i leur donner différentes dénominations. Nous croyons que dans l'état actuel de la géographie on pourrait s'arrêter aux distiuctious suivantes : lie proprement dite, est toute terre, environnée de tous côtés par l'eau, quelle que soit son étendue; le géographe n'admet que trois seules exceptions, qui sont les trois continens que nous avons nommés. Les plus graudes iles du globe sont: Bornéo, la Papouasie (Nouvelle-Guinée), le Groenland, Sumatra, Madagascar, Niphon, Cuba, la Grande- Bretagne, etc., etc.
Un petit nombre d'îles placées à peu de dislance les unes des autres, ou bien line île principale environnée de plusieurs autres incomparablement moins étendues qu'elle, forme un groupe ; le groupe de Malte , eu Europe , et le groupe de Sumatra , dans l'Océanie, peuvent servir d'exemple.
Plusieurs lies, de di Héron te étendue, tantôt assez rapprochées entre elles pour être en vue l'une de l'autre, tautôt même à de plus grandes distances, forment un archipel. Presque tous les archipels se composent de la réunion de plusieurs groupes. Tout le monde connaît l'archipel grec , que par auloootnase on appelle l'Archipel. Nous citerons eu outre l'archipel des Antilles, en Amérique, et Yarchipel de Sumhava- Timor, dans l'Océanic.
PRINUPKS Cl M r, A I \
Nous proposons détendre la dénomination d'Attole nu Attolun , que depuis longtemps l'usage a employé»* pour désigner le* groupes qui forment Yarcliipel des Maldives , à toutes les réunions d'iles qui offrent te même caractère. Ce sont de petites îles basses, groupées sur d'étroits plateaux madréporiques, qui ceiguent un bassin oval ou circulaire et présentent des coupures plus ou moins accessibles aux pirogues ou aux navires. Toutes les iles de Yarchipel de Pomotou (Dani;< nuv) cl de Y arc 'tipel Central (.Mulgrave, etc.), sont des ai talon s. Des attolons servent aussi quelquefois de ceintures a des îles fort élevées, et plus importantes; ainsi les iles d'Hogoleu, dans l'archipel des Caroline*, celles de Borabora et de Maupits, daus l'archi|>el de la Société, sont entourées par des attolons, sans lesquels elles n auraient pas de bous port*. L'Amérique nous offre sous les dénominations dr keyt, de Ones, de Jardins et d' A rreci/es , de véritables attolons daus l'archipel de Bahama et prés des côtes de la grande ile de Cuba. L'Afrique eu oflie aussi dans le graud archipel, que nous a vous pro|iusé de nommer archipel de Madagascar , et dout les Sapcnc.'Jes font partie.
Une portion de terre qui avance dans la mer, et qui ne tient au continent ou à Nia dout elle dépend que par un terrein étroit , m- nomme /»m-i y «'/'/«• ou penimule ; comme la Marre, la Crimée , etc. La portion resserrée de terre qui l'empêche d'être entièrement entourée (feau est un isthme , comme celui de Corinthe. qui joint la Morée à la Livadie. de Prtcop qui réuuit la Crimée au reste du gouvernement de la Tauride. La plus grande de toutes les péninsules du globe est Y Ajriaue, qui ne tient à l'Asie que par l'isthme de Suez. Un antre isthme célèbre est celui de Panama, qui joint l'Amérique du Nord a l'Amérique du Sud. L'usage classe depuis long-temps parmi h s péninsules YE.xpa^ne avec le Portugal, I Italie , la Turauie d'Europe au sud du Danube, Y Asie- Mineure , Y Arabie, Y Inde, cl Y indo-Cliiae, etc., malgré la largeur du roté qui les nuit au corps du continent. Nous ne ferons point de difficulté à accorder cette qualification a l'Espagne avec le Portugal , el a l'Italie moyenne et méridionale, i l'Asie-Mineurc, s l'Arabie mire la mer Rouge et le golfe Persique, à l'Inde au sud de la Ncrbouddah , etc. , etc. ; mais il nous semble que cette qualification devient tout-à-lait impropre eu I appliquant sans aucune restriction aux pays que nous venons de nommer. Nous pensons avec M. YValckenaer qu'il conviendrait d'appeler ces péninsules et tant d'autres qu'offre le globe presau'des ouvertes , parce que le plus souvent elles ne tiennent au continent qu<- par leur rote le plus large , comme l'Inde, (Indo-Chine et l'Italie.
L'extrémité d'une terre qui s'avance dans la mer d'une manière bien prononcée se nomme promontoire ou cap, comme le Cap-Nord daus la I-aponic, le Cap-de-Bonne- Esperance à l'extrémité de l'Afrique australe, etc. Les saillies les moins considérables et peu élevées s'appellent pointes. Ces deux distinctions ne sout pas toujours employées avec tout le discernement désirable. Le mot promontoire , comme synonyme de cap , appartient au stvle élevé et désigne plus particulièrement l'extrémité d'un continent dans une direction remarquable.
Les montagnes sont les éminences les plus considérables de la terre , et qui en même . temps ont une pente rapide, ou du moins sensible. Il faut les distinguer des plateaux, qui «ont de grandes masses de terre élevées, formant d'ordinaire le noyau descoutinensou des îles, mis qui ont de> peut* moins rapides et plus étcit lues. In plateau peut renferinei des montagnes, des plaines et des «allées; il y eu a qui sont assez inclinés pour laisser écouler les ceux qui se rassemblent à leur surface; il y en a d'autres qui conservent peu dant un long espace le même niveau . et ou lr> inni.s ne trouvent point de débouché ou rencontre des plateaux de cette dernière espèce en F.urope, principalement eu Croatie et en Caruiole, mais ils ont de petites dimensions; pour les voir en grand, il faut visiter la Tartane, la Perse, et l inirueur de l'Afriqueet de l'Amérique. Ces plateaux ont un niveau général plus élevé que le reste des continens; ils semblent être les plus anciens massifs de Ja terre, et comme les noyaux autour desquels les terreins nouveaux se sont accumulés. Le plus vaste et le pluscélèbre de tous les plateaux est celui de Y Asie moyenne Les pentes des plateaux et les moûts qui les soutiennent et par où l'on y monte, se nomment leurs cjcarptmnu. Les anciens n'ont pas su distinguer les plateaux des montagnes .ou plutôt ils désignaient toujours les plateaux par le nom de montagnes, ce qui a causé beaucoup de méprises , surtout i l'égard de la chaîne du mont Taurus.
Quelquefois, sur un sol entièrement uni et loin de toute grande, chaîne, s'élève une montagne ou un amas de rochers , qui supportent une plaine fertile et arrosée de sources, semblable à une île verdoyante suspendue au milieu des airs. Cette espèce de montagne est assez commune dans l'Abvssinieoù on les nomme ambas; nous proposons détendre ce nom à toutes les hauteurs de ce genre. Après l'Abyssinic c'est le Congo, l'Indoustan, la Chine et le nord de l'Amérique méridionale, qui sont les régions où on les rencontre. Les ambas sont comme disposés par la nature à recevoir des forteresses ; aussi y a-t-on construit celles deGwaliorel de Doolatabad dans l'Inde, celle de San-Salvadnr dans le Congo. Les plus célèbres ambas de l'Abysïinie sont Yamha (ieshen, où l'on renfermait les membres de la famille impériale ; Yambacel qui servait au même usage, Yambn (.ideon , Yamba Sonet, etc. Kirnigstein , l.il'unstein et Sonhenstein en f^'axe, rappellent les ambas de l'Asie et de l'Afrique.
On distingue dans un mont ou une montagne , sa base ou le pied , qui est l'endroit où elle commence à se séparer de la plaine; le flanc , qui ferme la pente; la crou/>c, qui surmonte le flanc; le sommet, qui repose sur la croupe; la cime, qui couronne le sommet ; et le point culminant, qui est l'extrémité de la cime. Les montagnes , au lieu de s'élever de la baie ausommel par une pente insensible, sont souvent taillées en gradins réguliers qui se nomment assises. Quand le sommet d'une montagne est conique ou pointu, on le nomme pic, piton ou puy; un mont se trouve souvent désigné par In forme de son sommet : c'est ainsi qu'on dit le Pic de. Ténérijfe et le Puy île. Dame. Un sommet prismatique ou anguleux, comme dans les Alpes, prend le nom d'aiptitlc, de dent ou à* corne; s'il est détaché on le nomme brèche; telle est la brèche de Roland dans les Pyrénées. Un sommet arrondi , comme on en trouve plusieurs dans In chaîne des Vosges , s'appelle ballon. Si un sommet a une forme cylindrique, il prend le nom de cylindre, comme le cylindre de Marhoré , dans les Pyrénées; s'il est aplati, comme la montague du Cap de-Ponne-Espéranee et le fameux Mont-Thabor , on le nomme tablé ou plateau.
On nomme rolcan toute nontagne qui vomit des flammes, des laves , etc. , etc. , quelles que soient son élévation et sa position.
Les montagnes sont isolées, ou assemblées en chaînes , groupes ou systèmes. Une chaîne peut être définie par une suite de montagnes dont la base se touche ; un groupe est l'union de plusieurs chaînes, et un système est l'ensemble de plusieurs groupes, Le point où des chaînes de montagnes se réunissent s'appelle mrud. Indépendamment de ces deux grandes divisions des montagnes, il existe des groupes de plusieurs chaînes irrégulières, qui semblent ne suivre aucun ordre dans leur direction, et dont aucune ne peut être regardée comme la chaîne principale. On peut ranger dans cette classe les montagnes de la Perse , et celles de Y Asie- Mineure.
On regarde comme chaîne principale d'un groupe, on d'un système de montagnes, celle des revers ou des points culminans de laquelle dérivent les grands cours d'eau, considérés relativement à un grand réservoir , tel que l'Océan et les Méditerranée*. Les deux grandes faces d'une chaîne principale , d'un chaînon , d'un contre fott , etc., sont appelées versons , flancs ou revers. Un chaînon, embranchement, ou chaîne secondaire est une série irrègulière , mais assez suivie, de hauteurs , qui , se dét.-u lient de la chaîne principale, prend, à plus ou moins de distance de son point de départ? une direction qui tend au parallélisme , et forme les grandes vallées longitudinales, e.u légèrement inclinées sur Taxe de la chaîne : c'est ainsi qu'on peut considérer les Apennins.
Le contre- fort ne diffèr? du chaînon qu'en ce qu'il a moins d'étendue ; que sa direction , par rapport à l'axe de la chaîne , s'approche plus de la perpendiculaire ; qu'il n'accompagne et n'alimente pas toujours un grand cours d'eau , et qu'il se termine ordinairement, soit en s'abaissant dans une vallée longitudinale ou d'une manière abrupte sur la cote.
Les subdivisions latérales ou terminales des chaînons et des contre forts qui ont quelque étendue , et qui forment les vallons de la vallée principale , se nomment rameaux.
Les rameaux se subdiviseut en collines, entre lesquelles se trouvent les sources des ruisseaux.
Les rochers coupés i pic qui bordent les côtes de la mer reçoivent le nom de falaises; • et on appelle dunes les monticules sablonneux qui longent les rivages.
Le nom d'arête est appliqué à l'intersection obtuse ou aiguë des plans que forment les
PRINCIPES GÉNÉRAUX. * 19
Jrtix versans du ne chaîne, ligne qui détermine le partage des eaux des deux revers opposés : e'est le faite de la montagne.
Le mot de crête est employé pour désigner l'arête ou le faite du contre-fort.
Col est ordinairement le |>oiiit où l'arête parait faire une inflexion , et qui offre un passade d'un versant à l'autre, d'une tète de vallée à celle de la vallée opposée; r'r»i le point de partage des eaux. Ce même passade est appelé port dam les Pyrénées, et pertuis *!aus le Jura. La double rencontre des rameaux sur les chaînons et contre loris produit au^si de* col* sur leur ente, aux tèles de> valions; mais ce nom appartient plus particulièrement aux passages de la chaîne.
Le défilé dufere du col en ce qu'il peut se trouver au pied des hauteurs , et que c'est on passagelonjoucs resserré entre deux escarpemens, par lesquels il est encaissé ou supporté.
Plusieurs cols et défilés sont célèbres, dans ta géographie ancienne, sous le nom de portes «Us .Votions, faisant allusion au rôle qu'ils jouaient relativement à la vallée qui renfermait la petite nation indépendante qui y demeurait. Telles étaient les portes du Caucase, les portes Caspienne s, celles de Suse ou de la Perside , les Tliermop\l,s , les Fourdtes Caudines , etc. , etc.
On donne le nom de gorge a une partie de vallée Irès étroite; c'est l'intervalle resserré entre deux contre-forts, qui se trouve plus ordinairement voisin de leur point d'attache à la chaîne, et qui y sert de couloir plus ou moins fortement accidenté a on torrent.
Quand la gorge a une certaine étendue, sans prendre trop d'èvasement , quoique sa pente diminue, elle prend le nom de iW.
Qwknd le val se prolonge et s'élargit, il donne naissance à une vallée . qui prend quelquefois son nom, même à son origine, lorsqu'elle y est large et à berges adoucie*. On distingue par la dénomination de vnltic principale celle qui sert de Urecau à un graud cours d'eau, qoi . partant de la chaîne cl suivant entre deux contre-forts le plan de la pente çèncrab* , à moins qu'il ne soit détourne par une contre-pente , comme le Rhoue l'est par \e chaînon de FArdeche , se rend au récipient principal, vers lequel verse ce plan de petite. La *<i!Ue e*t dite secondaire, quand elle preud son origine sur les Uaucs d'un chaînon ou d'un contrefort et qu'elle est berceau d'un cours d'eau qui est affluent de celui d*une vallée principale. La vallée est longitudinale, lorsqu'elle a pour l'une de «es berges les flancs mêmes de la chaîne ou du chaînon d'où elle descend , ou qu'elle en reçoit les affluens; telle esl la vallée du Rhône jusqu au lac Umau ou de Genève. I.lle en transversale, lorsque sa direction approche de la perpendiculaire à l'axe de la chaîne ou du chaînon, et qu'elle a pour berges les flancs correspondais de leurs contre-forts on rameanx, ou que ses affluens en descendent.
Aj>res ce que nous sciions de dire en parlant des plateaux et des vallées, nous définirons les plaines en disant que l'on appelle ainsi les différentes parties des coutineus ou des îles dont ta surface esl horizontale , unie, nu simplement sillonnée de légères ondulations peu profondes, larges et étendues, et bien distinctes des vallons ou des vallées. Elle< sont rarement d'une horizontalité parfaite; la rondeur de la terre rend cela imposable à l'égard de toute» les plaines d'une étendue considérable; presque toujours elles sont inclinées vers quelques points de l'horizon. Les plaines se rencontrent dans les différentes sortes de terreins, à toofes les hauteurs au-dessus du niveau de la mer, sous tous les climats, et présentent tous les degrés de fertilité, depuis l'inépuisable fécondité du Délia égyptien, jusqu'à la stérilité indestructible du sable des déserts.
La hauteur absoute ou relative des montagnes ayant des conséquences très importantes dans la détermination des climats physiques dans celle des stations des végétaux et des animaux, et dans les révolutions politiques qu'offre l'histoire des peuples anciens et modernes, les géographes et les naturalistes ont proposé quelques dénominations relatives à leur classification. Aucun principe fixe n'ayant guidé jusqu'à présent ceux qui s'en sont occupés , nous crovons pouvoir provisoirement donner la préférence à celle qu'a proposée M . R itter. Ce savant géographe regarde comme de simple» collines toutes les hauteurs qui ne dépassent pas a.ooo pieds; il appelle montagnes basses , ou de premier ordre , celles dont l'élévation va depuis a.ooo jusqu'à 4,000 pieds; il nomme montagnes moyennes, ou de jeennd ordre , celles dont la hauteur est comprise entre 4,000 et 6,000 pieds. Les pointes qui s elèventde 6,000 a 1 0,000 pieds sont pour lui des monts alpins {alpengebirge) ; il range enfui
parmi les montagnes gigantesque (riesen gebirge) tous les sommets qui dépassent ces limites.
C'est toujours relativement au niveau des mers qu'on évalue les hauteurs res|>cetives des montagnes. Les plus hautes que l'on ait mesurées jusqu'à présent se trouvent dans l'Hiramalnya, en Asie, et dans les Andes, dans l'Amérique-Méridionale.
La surface du globe offre plusieurs vastes espaces incultes, dont le sol , quoique fécond, n'est pas propre dans son état naturel à la production de grandes forêts, est dépourvu de moutagnes et s'étend eu vastes plaines. Ces grandes solitudes différent beaucoup entre elles par leur aspect général , par leurs produits et par le caractère de leur végétation. On les nomme steppes dans l'empire russe, djengle dans l'Inde, karruus dans l'Afrique la plus méridionale, savanes, l/anos et pampas dans l'Amérique. Des solitudes semblables, mais infiniment moins étendues, se trouvent dans l'Europe occidentale, où on leur donne les noms de landes ou de bruyères en France , comme les landes de Bordeaux , entre les embouchures de laGaronue et de l'Adour; tiarendal dans la Nouvelle- Castille , en Espagne; de Itaiden , dans le nord de l'Allemagne, etc. Comme ces solitudes, que la plupart des voyageurs et des géographes confondent avec les véritables déserts, qui eu différent entièrement, n'ont pas encore reçu de dénomination générale, nous pensons qu'où pourrait étendre celle de steppe à toutes les solitudes du globe qui pré«eutent la réunion des caractères propres à ces vastes plaines. Quelques-unes des steppes de l'Asie sont sablonneuses et n'offrent que des touffes de gazon rlair semées et de buissons rabougris ; d'autres se couvrent d'herbes; d'autres se parent de plantes salines toujours vertes, grasses et articulées; un grand nombre brillent au loin d'efllorences muriatiques qui se cristallisent en forme de lichen sur un sol glaiseux , semé de taches blanches et semblable à de la neige nouvellement tournée; pendant la saison sèche, tout y parait brûlé, et les pluies seules y ramènent la verdure. Les karrous de l'extrémité méridionale de l'Afrique ont, pendant la saison des pluies , un plus grand nombre de cours d'eau que les steppes de l'empire Russe et du Turkestan-Indépendaut; mais ils présentent aussi un aspect stérile, cl sont formés par une terre glaiseuse , jjarseméc de pierres. Les savanes de l'Amérique-du-Nord sont au contraire couvertes d'herbes hautes et abondantes; il en est de même des Uanos de la Colombie ; situées dans la zone torride, leur aspect change deux fois chaque année a des époques régulières, et res vastes plaines sont, tantôt arides et stériles comme leskurrous de l'Afrique, tantôt verdoyantes et fertiles comme quelques steppes d'Asie. Les immenses y;nmy>ai de Buénos-A\ res sont entrecoupées de bosqueU de palmiers. Les djengles de l'Inde soul des espèces de fourrées de bois, de hautes herbes et de roseaux.
C'est ici également qu'il nous parait plus convenable de classer ces vastes plaines de la côte de Guinée, où l'herbe, dite de Guinée, s'élève de dix à treize pieds de hauteur, et forme pour ainsi dire d'iromeoses^>r*V^ herbacées ; et ces vastes espaces qui paraissent formés par alluvion , et dont le sol, composé de sable ou de terre fine, ne coutieut pas une seule pierre. On en trouve dans le royaume de Bénin, dans la Bassc-Guiane , dans le bassin de rorénoque et dans celui de l'Amazoue. Ceux de ce dernier, dits pampas del Sacramcnto, sont les plus grands de tous; les sauvages nomades qui y demeurent parcourent souvent de 800 à 1,100 milles, sans rencontrer une seule pierre ; leurs idiomes manquent même d'expression pour désigner ce minéral.
Les déserts proprement dits sont des espaces , quelquefois d'uuc étendue immense , absolument stériles , où les végétaux ne peuvent croître , où les hommes et les animaux ne peuvent subsister. Ces affreuses solitudes privées d'eau et de verdure , dévorées par un soleil brûlant, n'offrent que des plaines sablonneuses, des montantes encore plus arides, sur lesquelles l'œil se fatigue vainement à chercher quelque iudice de vie.
Souvent un vent embrasé s'élève, suffoque les hommes et les auimaux, soulève et roule des colonnes et des montagnes de sable , qui engloutissent tout sur leur passage , et ensevelissent des caravanes et des armées entières. Au milieu de ces océans de sable se trouvent des espaces resserrés , arrosés par des sources, ombragés par des arbres bienfaisans, où la nature développe souvent avec une surprenante fécondité ses productions les plus précieuses; ces terres heureuses, placées au milieu des déserts comme les iles au milieu des mers , se nomment oasis. L'Afrique et l'Asie offrent les déserts les plus vastes du globe. Celui de Sahara en Afrique jouit depuis des siècles d'une terrible célébrité; c'est le plus *a»tc que l'on connaisse.
PRINCIPES GÉNÉRAUX
Le sol fertile de la terre dont l'eau ne recouvre pas la surface se couvre cependant d'arbres majestueux qui, réunis en grandes masses , forment ce qu'on appelle forêts * séjour favori de» bêtes féroces. C^s forêts naturelles, épaisses el sombres ue ressemblent point à celles que l'homme civilisé plante el exploite; la végétation, plus riebe chaque jour de ses propres produits , s'y développe sans obstacle et offre aux regards étonnés les colosses du règne végétal. C'est eu détruisant par le fer et le feu ces immenses forêts que le colou européen est parveuu à défricher de vastes espace* du Nouveau-Monde. Lorsque les arbres ue couvrent point une grande étendue de pays , ils ne forment point des forêts, mais des
Lois -, et quand il» sont réuuis en mas? es encore moins considérables , ils composent ce qu'on
appelle hocaga.
Dans le voisinage des mers, des rivières et des sources, un trouve souvent plusieurs sortes de terreius qui tiennent le milieu entre le sol des marais et celui de la terre-ferme; tels sont ces polders de Hollande, ces kogs de Danemark, terreius cultivés, enlevés a l'Océan qui les couvrait , et eufermés par des digues et par des canaux de dessèchement ; IcJlcssont encore ces /avinés, ou ces terreins amollis par les pluies et par les eaux sou 1er raines qui coulent dans les sinuosités des montagnes et dans le fond de certaines vallées, el qui , délavés , produisent les troubles des fleuves : tels sont enfin ces cores ou terreius errans au milieu des eaux , qui forment les îles flottantes.
11 n'y a sur notre globe, à proprement parler, qu'une seule mer, un seul fluide coutiuu répandu aniour de* terres, et qui parait s'étendre d'un pôle à l'autre, en couvrant à-peuprts le* trois quarts de sa surface. Tous les golfes, toutes les inéditcrranécs ue sont que des parties détachées, mais non pas séparées de cet te nier universelle que nous proposons de nommer Océan gênerai. Ce u'esl que pour plus de commodité dans l'usage ordinaire que I on dislingue ditféreuîes sections de l'Océan, auxquelles ou a donné de* noms différais. Ces divisions et leur* dénominations sont incomplètes el offrent encore beaucoup d'incertitude , parce que les géographes et les auteurs de systèmes ne sont pas d'accord entre eux. Regardant comme une peine inutile le soin de les mettre d'accord, nous ferons observer qu'a la simple inspection d'un globe terrestre ou voit que l'Océan n'offre que cinq sections qu'on puisse regarder comme principales, et auxquelles nous proposons de donner la qualification d'Otéan particulier. Ces divisions sont : le (irand- Océan, ainsi nommé à cause de son immense étendue; il a pour bornes l'Asie, la Malaisie (l'Archipel Indien) , l'Australie (Nouvelle-Hollande) et l'Amérique ; Y Océan- Atlantique t qui sépare l'Europe et l'Afrique de l'Amérique \ Y Océan- Indien , qui s eteud enlre l'Afrique, l'Asie-Méridioua/e, la Malaisie et l'Australie; Y Océan- Arctique glacial, renfermé par les extrémités boréales de l'Ancien et du Nou\ eau Continent ; et X Océan- Antarctique glacial , qui n'est a proprement parler que la continuation du Grand-Océan, de l'Océau-Indicn et de l'Atlantique, el qu'où pourrait faire commeucer au cercle polaire antarctique, pour l'étendre jusqu'au pôle de cette dénomination. Quelques géographes subdivisent l'Océan-Atlantiquc et le Grand Océan, en trois parties, en désignant par le surnom iïéquinojciale celle qui est comprise entre les tropiques, et en appliquant aux deux autres les surnoms de loréalevl <\ australe, d'après leurs positions astronomiques.
L'Océan général, en pénétrant dans l'intérieur des terres, forme des mers médilrrranees, des golfes , des manches, des détroits , des ports , des havres, etc. , que nous allons définir, en suivant , pour les médilerranées et pour les golfes, les distinctions aussi ingénieuses que nouvelles proposées par M. Walckeuaer.
11 y a trois espèces de mers médilerranées; les unes sont presque entièrement entourées par les terres des continens, el ne communiquent avec l'Océan que par uue ouverture peu large, nommée détroit; celles-ci peuvent être cousidérées comme des mers mediterranées proprement dites. La plus célèbre esl celle qui communique avec l'Océan par le détroit de Gibraltar el qu'on nomme exclusivement la mer Méditerranée, la mer liai tique est aussi une autre méditerranée proprement dite. 11 en est d'autres dont l'enceinte est formée par des continens et des îles, ou par plusieurs rangées d'îles, et qui communiquent par conséquent avec l'Océan par plusieurs détroits; M. Walckeuaer propose de les appeler mers méditerranéen percées. Il nous semble qu'il serait préférable de les designer sous le nom de mers médilerranées à plusieurs issues. Nous nommerons les deux qui se font remarquer par leur immense étendue et que dès l'annic i S i j nous axons pi o-
posé d'appeler méditerranée Asiatico-OrientaU et méditerranée Colombienne. Celle dernière est fondée par la côte de l'Amérique, depuis la Floride, dans les Ktats-l'uis, jusqu'au golfe de Paria, dans la Colombie, el par l'archipel de* Antilles; l'aulre esl formée parle rontiucnt Asiatique et les iles qui s cteudeut depuis le cap Lopatka, dans le Kamtchatka , jusqu'au cap Roinania, dans la péninsule de Malacra. Lutin, plusieurs mers ne soul que des enfoncemens très larges de l'Océan, entre des cèles très écartées, el pourraient être désignées par le nom de mers méditerranées ouvertes; la mer de Guinée , sur la cote d'Afrique, celle de Panama, eutre l'Amérique du Nord et l'Amérique du Sud; la mer d'Oman ou d'Arabie et celle du Bengale au sud de l'Asie, sont les mers de ce genre les plus remarquable^.
Lorsque l'Océan ou le* mers pénètrent dans les terres cl forment des cufoiiremcns trop peu considérable* pour mériter le uom de mers, ces eufoncemens ou ces avances se nomment golfes; et comme les golfe* ne sout à proprement parler que de petites méditerranée*, ou devrait même le> diviser en goljes proprement dits, en goljes à plusieurs issues et en golfes ouverts. Parmi les premiers , toujours resserrés à leur entrée, les plu> célèbres sont : \e golfe Arabique, nommé de lemps immémorial mer Rouge; le golfe Persique , le golfe de f'enise , dit communément mer Adriatique ; le golfe d'Azof el le golfe de '/.uidersée , auxquels l'iwige, par un étrange abus des mots, a doinié le titre de mers; les golfes de Bothnie et de Finlande, etc., etc. Parmi les go/fis à plusieurs issues, on peut nommer en Europe ceux de I1 Archipel et de Marmara, qualifiés improprement du titre de mers; le golfe de Tonquin, en Asie, seulement en partie fermé par l'ile de Haïnan; celui de Saint- Laurent , en Amérique, que cernent les cotes du continent et celles de l'ile de Terre-Neuve et de l'ile Royale. Les golfes ouverts]?* plus remarquables sont : le golfe de Gascogne, entre la France et l'Espagne, en Europe: les golfes de Cambaye et de Siam , eu Asie, el celui de Carpentarie, daus le Continent-Austral (Nouvelle- HollanJe).
Lorsqu'un gollè à plusieurs issues a une forme très allongée, que ses sortie* sont larges ot non resserrées p ir des détroits, il prend le nom de bras de mer, ou de manche ou de canal; ainsi l'espace de mer compris entre Madagascar et la cote de Mozambique, en Afrique, se nomme canal de Mozambique; entre la France et F Angleterre, la Manche ou canal delà Manche; entre la péninsule de Malacra et File de Sumalra, canal de Malacca. Un passage étroit, tortueux entre dis terres, entre des écueils ou des bancs de sable, se nomme chenal. Lorsque dans un canal les terres se rapprochent beaucoup entre elles, l'étroit passage de mer qu elles forment se nomme déliait; mais quand eu se rapprochant elles restent encore écartées, l'endroit le moins large ou le plus re>*crrc du canal prend le nom de pas; tel est le pas de CaUns , ou le plus court passage de France eu Angleterre. Parmi les détroits les plus remarquable* on doil citer de celui de Gibraltar, eutre l'Europe et l'Afrique, et celui de Bering, entre l'Amérique et l'Asie.
Les plus petites portions d'eau environnées de terres, et qui oflïcut un abri aux navires contre les vents ou contre le> courait*, s'appellent port, anse, havre ou rade; le premier terme indique un asile 1res sûr ; le second s'applique à des ports d'une petite dimeusion; on nomme Ancre ceux d'une grande étendue qui sont quelquefois l'ouvrage de Fart; enfin la rade ne présente qu'un mouillage temporaire ou un abri contre certain* vents; elle précède souvent un port comme la rade de Brest. Il y a aussi de* ports qui sont situés sur des lleuves, le plus souvent vers leur embouchure, mai* quelquefois aus«i a de grandes dislances dans les terres, comme les porls de Québec, dans le Canada , de Washington , dans les Etats-Unis , etc. , ele On pourrait les nommer ports intérieurs pour les distinguer des autres qui sont les ports proprement dits, et qu'on pourrait qualifier de ports maritimes, tels que les ports de Toulon, de Cadix, etc. On dit qu'un pari est beau lorsque l'eau y est assez profonde pour permettre aux plus gros vaisseaux d'y mouiller, et lorsque son bassin estasse/ grand pour contenir à-la fois un grand nombre de uavires. Les marins distinguent plusieurs espèces de ports; ceux, par exemple, où les marées sont très hautes , ceux où elles sont tics faibles et ceux où elles ne sout aucunement sensibles; les ports ouverts tou'e l'année, et ceux qui pendant l'hiver sout fermés par le» K'aces, et que la débâcle annuelle ouvre de nouveau; les ports dont Feutrée cl la sortie sout également faciles daus toules les saisons , et d'autres dont l'accès et la sortie soul
PRINCIPES GÉNÉRAUX
sujelsà de graudej alleruauvii, ou dont l outrce esl toujour» facile et la sortie difficile, ou vtee rersa.
Dans quelque» endroits, uoo-seulemcut la mer n'a |tas uue grande profondeur , niais en* core par intervalle sou lit se rapproche de la surface eu furmaul de» bat-fonds , ou dis Cé-uaîs t ou des bancs de sabir , ou des bancs de coquillages ; ces derniers sont quelquefois d oue très grande importance, étant le séjour de ces mollusques qui nous fournisseut les |»eries : le» bancs du golfe ouvert de Manaar à l'extrémité nu ridionale de Plude, ceux de> îles barheiny dans le golfe Persiquc, jouissent depuis long-temps d'une grande célébrité. L*rs banc» de *able sont souvent fréquentés par d'énormes cétaeé» et par des légions innombrables de poissons qui s'y rendent, connue dans les lieux les plus commodes à l'époque du frai : ceux de Tcrre-Xcuve , de Doggcr, de IV vil et de Cramer, dans l'Océan-Allanti que, sont depuis long-temps le rendez vous de milliers de pêcheur* qui s'y rendent tous le» aus, et en rapportent d'tmmenses quantités de morues eî de harengs. D'autres basfonds o/frent des forêts de coraux que l'avide audace de l'Iuimme a appris à détacher du fond de la mer ; les cotes de la Barbarie et celles de ta Sardaigne fournisseut les produits de ce genre les plus estimés.
Parmi les diffëreus luouvemcns qu'où observe dans l'Océan et dans ses branches, il en est deux qui intéressent particulièrement le géographe et le navigateur, et qui doneut être tneuUouués' nous voulous parler des courant et des marées.
Le» marres sont de» oscillalious régulières et périodiques, que le* mers subissent par I attraction des autre, coq» célestes, principalement par celle de la lune et du soleil. Dans les parties de l'Océau sujettes aux marées, il offre chaque jour deux oscillations n-gulirres plus ou moins furies, et d'une durée généralement iuéga'e. Sur les côtes de France, b première de ces oscillations fait mouler la mer pondant environ G heures. Parvenue a sa plus haute élévation, elle reste statiuuuaire à- peu* près un quart d'heure. C e»l le moment de la haute mer ou de la pleine mer : ou nomme Jhti ou /loi le mouvement qui Ta produite-, bientôt la mer commence à baisser, elle met environ <> heures pour se retirer, et demeure basse à-peu-pres une demi-heure. \jk courant produit par cet abaissement prend le nom de reflux, de jusant ou d'ébe. Après quelques instans de repos, la mer recommence à monter, et présente de nouveau les mêmes phénomeues; ainsi, dans 24 heures 48' d y a deux marée*.
Les courant s** sulnlivisent en courant généraux et eu courons particuliers ; on les appellent aussi les mouvemens propres de la mer, parce que la plupart ont leurs causes dan*, l'élément même qui en est agité. Nous nous bornerons à parler des trois qu'on regarde comme les plus considérables.
Ou remarque, surtout entre les tropiques cl jusqu'à 3o° de latitude nord et sud, un mouvement cootiuuel dans les eaux du Giaud-Océau et de l'Océan-Atlantique, qui les porte d'oricul eu occident dans uue direction semblable à celle des vents alizé s , mais contraire à celle de la rotatiou du globe. Les navigateurs , pour aller d'Purope en Amérique, sont obligés de descendre a la latitude des Canaries pour prendre le courant qui le» porte avec rapidité à l'occident. Ils observent la même règle pour aller d'Amérique en Asie par le Grand-Océan. Un second mouvement porte les mers des pôles vers l'équaleur. Il a aussi son mouvement correspondant dans l'atmosphère. La preuve la plus décisive de la réalité de ce mouvement, est celle qu'où tire de la direction des glaçons flottans, qui se portent constamment des pôles vers l'équateur.
Le plus reuiarquaflfe de tous les couraiis connus est saus contredit le fiulf Slream. Au moyen de ce courant, que M. de Humboldt compare a un immense fleuve, la navigation de l'Océan -Atlantique, à partir des côtes d'Espagne aux Canaries, et de là aux côtes orientales de l'\mérique, présente moins de dangers que la traversée des grands lacs de la Suisse, ou le voyage de Rouen au Havre, ou celui de Bordeaux à l'cmlrauchure de la Gironde. Il parcourt eu 35 mois un cercle irrégulier immense de 3, 800 lieues; i3 mois pour aller des Canaries aux côtes de Caracas, 10 pour faire le tour du golfe du Mexique, » pour parvenir au grand banc de Terre-Neuve, et 10 à 1 1 pour aller de ce banc a la cote d'Afrique, en pas saut près des Açpres et se dirigeant vers le détroit de Gibraltar.
On appelle lacs des amas d'eau entourés de terres de tous côtés et n'ayant aucune
communication immédiate avec l'Océan, ou avec une autre mer. Ou peut distinguer quatre espèces de lacs.
La première classe comprend ceux qui n'ont point d'écoulement et qui ne reçoivent point d'eaux courantes. Ils sont ordinairement tri» petits et ne méritent généralement que peu d'attention. < )o peut nommer comme des exemples celui d'Arendt duns la monarchie Prussienne, et celui d'Albano près de Rome.
La deuxième classe renferme les lacs qui ont un écoulement, mais qui ne reçoivent aucune eau courante. Quelques grands fleuves ont de semblables lacs pour sources. Os lacs sont naturellement situés à de grandes élévations ; il y eu a un sur le Monte Rotoudo , en Corse , qui se trouve à 9,294 pieds au-dessus de la mer.
La troisième classe de lacs est très nombreuse; nous y plaçons ceux qui reçoivent et émettent des eaux courantes. Chaque lac peut être regardé comme un bassin qui reçoit les eaux voisines; il n'a ordinairement qu'un seul débouché, et celui-ci porte presque toujours le nom de la plus grande des rivières qui s'y jettent. Mais on ne saurait pas dire proprement que les rivières traversent les lacs; leurs eaux se mêlent avec celles du bassin où elles se répandent. Ces lacs ont souvent des sources propre», soit près des bords, soit dans leur foud. Les grands lacs du Canada sont les plus vastes de cette division , à laquelle appartiennent aussi ceux de Ladoga, A' Onega, de Constance, en Europe; de Batkol, en Asie, etc., etc. Ce dernier, que quelques naturalistes placent à tort parmi les lacs delà classe suivante, est remarquable pour recevoir la Selinga , que nous proposons de regarder comme la source du Ienisseï, et pour donner naissance à X Angara , que l'usage tait regarder à tort comme un affluent de ce fleuve. En admettant celle différente manière d'envisager le cours du Ienisseï , ce lac serait traversé par le fleuve qui, pour l'étendue de son cours, surpasserait tous les autres fleuves de l' Ancien-Continent.
La quatrième classe, comprend les lacs qui reçoivent des rivières , souvent mêmede grands fleuves, sans avoir aucun écoulement visible. Le plus célèbre et le plus grand parmi ces lacs est la prétendue mer Caspienne ; l'Asie en contient encore beaucoup d'autres; nous citerons le lac d'Aral (mer d'Aral); le lac Asphaltite (mer Morte); les tacs de fan , (fOurmiah, de Dourrah. Le Tsad, dans le Bornou, visité dernièrement par MM. Clapperton et Dcnhain , parait aussi devoir être rangé daus cette classe. L'Amérique-Méridionale offre le lac Titicaca, qui est sans écoulement , quoiqu'il reçoive les eaux d'un autre lac assez considérable.
Quelquefois, dit M. Walckcnaer, les eaux d'un ou de plusieurs fleuves ou rivières, avant de s'écouler dans la mer, s'épanchent sur un rivage plat , peu profond , et offreut à leurs embouchures des espèces de golfes, qu'à tort on a nommés ùics, et qu'il faut désigner par le nom de lagunes, dénomination que nous n'hésiterons pas à adopter, d'autant plus que depuis le commencement du moyen âge elle a été employée pour désigner la partie de mer au milieu de laquelle s'élève une ville célèbre, qui en a été la reine pendant tant de siècles. Nous voulons parler des lagunes de Venise, situées près des embouchures de la Brenta , du Kacchiglione et autres fleuves. C'est aussi parmi les lagunes les plus remarquables de l'Europe que l'on doit ranger celles bien plus graudes qui sous le nom de //«// s'étendent aux embouchures dr l'Oder, du Niémen et de (a Fistule. C'est encore parmi les latines que l'on doit classer les prétendus lacs de Menzaleh et de Bourlos dans le Delta du Nil, et cette longue série de bras de mer, qui sous les noms de sounds, de lacs et autres longent les côtes orientale et méridionale de< États-Unis , offrant uucrand nombre de véritables lagunes , parmi lesquelles se distinguent les vastes sounds de Wmrdico et d'Albemarle dans la Caroline-du-Nord , et les grands lacs Borgne , Mermentau , Calcasui et Sabine dans Ja Louisiane. Les côtes de la Confédération Mexicaine , sur le golfe du Mexique, en offreut d'une grande éteudue; nous citerons celles connues sous les noms de baie, de San-Bernardo, laguna de Madré , laguna de Temjagua et laguna de Terminos.
Les étangs , dit M. Walckenacr , diffèrent des lacs en ce qu'ils sont moins grands , sonvent marécageux, peu profonds, que généralement ils n'ont point d'écoulement et ne reçoivent point d'eau courante. Cependant nous ajouterons que, dans l'usage ordinaire , un étang est un iac artificiel, un amas d'eau retenu par une chaussée, où l'on nourrit du poisson, et que le réservoir diffère de l'étang en ce qu'il est employé, soit à fournir de l'eau a des canaux de navigation , soit à alimenter des canaux d'irrigation. TH est , par exemple,
PRINCIPES GÉNÉRAUX
le fameux réservoir de Saragambra dans le Ras-Carnatic , qui n'a pas moins de 8 milles -•Datais de longueur sur 3 de large, et qui fournit pendant 18 mois l'eau nécessaire au* cultures de 3 a villages.
Soient l'abondance des pluies produit des amas d'eau que l'évaporation fait disparaître. Dans les contrées tempérées ce* amas d'eau sont de simples mares, qui ne méritent pas d'être remarquées ; mais entre les tropiques, où les pluies tombent par torreus , elle* Cannent de vastes lacs intérieurs périodiques et temporaires , qui ont quelquefois plusieurs centaines de milles carrés: tel est dans l'Amérique Méridionale le lac des Xarayes. Ces lacs périodiques ou temporaires, lorsqu'ils commenreut à se dessécher, forment de vastes marais qui sont dts amas d'eau peu profonds, parsemés de plantes qui s'élèvent au-dessus de leur surface, ou des terreins humectés, mais non submergés.
Comme Ja nature, dit M. YValrkenaer , semble vouloir toujours échapper à uosdéûuitions, il va des amas d'eau qui semblent participer à-la-fois des lacs, des lagunes et des marais : tel est le lac d'Ybera, dans l'Ainérique-Méridionalc, qui a près de 1,100 milles carres, et qui ne reçoit ni rivières ni ruisseau; il est en grande partie rempli de plantes aquatiques, et même il renferme quelques arbres; il parait être entretenu par l'infiltration des eaux du Parana à travers le sol. Dans quelques endroits il ressemble à un véritable tac, dans d'autres à une laguue et dans d'autres à un marais.
Les divers cours d'eau qui ornent, rafraîchissent et fertilisent la surface du globe se nomment sources immédiatement à leur sortie du sol à travers lequel ils filtrent: ees sources produisent des ruisseaux, qui prennent le nom de torrens lorsqu'ils coulent avec une grande rapidité; on donne aussi ce dernier nom à un cours d'eau passager qu'aucune sourre n'alimente, mais que produisent temporairement de grandes pluies ou la fonte des neiges. Les ruisseaux et les torrens, en se réunissant dans un terrein plu* bas, donnent, naissance aux rivières; et les rivières par leur réunion dans le fond d'un même bassin hydrographique, forment les fleuves. Le mot fleuve, dit M. WaleKenaer , semble désigner une grande rivière; mais l'usage n'a pas pu établir, malgré les définitions des géographes, une distinction bieo précise entre ces deux mots, et on dit encore la rivière des Amazones quoique cette rivière soit le plus grand fleuve du monde. Quelques géographes ont proposé de ne donner le nom de fleuve qu'à tous les cours d'eau qui al>outLssent directement a la mer; M. Walckenaer propose de le restreindre à tous ceux dont la source et l'embouchure se trouvent eu ligne droite à plus de ioo lieues marines de distance, et M. Huof, dans l'Encyclopédie méthodique, a fait dernièrement des distinctions entre le ruisseau, la rivière ét le fleuve, qui nous paraissent excellentes. M. Ritler remarque aussi que pour les petits courans d'eau il existe déjà plusieurs uoms caractéristiques imaginés par plusieurs nations , tels que les «radis dans l'Arabie, les oulastous dans les steppes des Kalmouques , les veed dans la Barbarie, le harrancos dans toutes les possessions portugaises, les creek dans l'Amérique-du-Nord, les elfen dans la Suède, les gangas dans l'Indoustan. Quant à nous, nous avons toujours qualifié de fleuve tout courant grand ou petit qui se rend directement dans la mer, et nous avons retenu la dénomination de rivière pour tout courant d'eau qui entre dans un fleuve , quelle que soit la longueur de son cours.
Ou donne en Afrique le nom de marigot à uue sorte de canal naturel ou de ruisseau sans pente sensible, dont le courant, tantôt est vers le fleuve ou bras principal, tantôt dans le sens opposé , suivant que la saison fasse grossir ou diminuer le volume des eaux ; ainsi , daus la saison des liasses eaux , le marigot de Gotinian afflue au Sénégal et le Nerico à la Gambie ; dans celle des hautes eaux, l'un et l'autre effluent vent un point commun marqué par l'étang, lac ou ghialy de Dendoudy, et par leur jonction en cet endroit réalisent la communication tant contestée du Sénégal et de la Gambie. Les Anglais confondent les marigots avec tons les autres courans peu considérables sous le nom de creek. Les autres parties du monde, et surtout l'Amérique offrent plusieurs exemples de ces canaux naturels, dont on cherche envain la définition dans tous les traités de géographie. Nous ajouterons que l'Amérique- Méridionale présente dans le Cassiquiari, qui forme la bifurcation de rOrênoqite , le plus grand canal naturel connu par lequel le bassin de ce fleuve immense communique avec le bassin bien plus grand de l'Amazone; M. de Humboldt remarque qu'il a près de 200 milles de long, et qu'il est aussi large que le Rhin.
La ravife qu'occupe un fictive ou une riviirc est ce qu'on appelle le lit, et la ligne
formée par la partie la plus profonde est ce qu'on nomme thalweg ]iarmi les Allemands, dénomination qui est souvent eiuplo)ée par les géographes des autre» nations de l'Europe. Les bonis d'un cours d'eau s'appellent rives quaud ils sont peu élevés et que le cours d'eau n'est pas encaissé; dausec dernier cas, ces bords prenuent le nom de berges. La rive d'uu cours d'eau qui se trouve à la droite de celui qui le descend est la rive divite, et la rive opjroséc est la rite gauche.
L'endroit où un cours d'eau se décharge daus un autre, dans un lac, ou dans la mer , se nomme embouchure; et le lieu de jonction de deux cours d'eau se nomme confluent. Le cours d'eau secondaire, ou celui qui porte le tribut de ses eaux au courant principal , est ce qu'on appelle un affluent ; dénomination que, d'après ce que nous venons de dire eu douuant la définition du mot ileuve, nous avons toujours regardée comme swiouyme de rivière.
Les fleuves se déchargent souvent daus la mer par plusieurs hras ou embouchures; ils formeul alors un delta, comme celui du Nil qui a donné son nom aux autres ; et ceux du (iange, de ['Indus , de l1 Euphrate , du Rhin et d'autres grands fleuves. M. Rit ter propose d'appeler deltas négatifs l'embouchure de ces fleuves qui , au lieu d'offrir de» prolougeuiens de terres produites |>ar leur atterrissetnent successif comme ceux que nous venons de nommer, présenteat une vaste embouchure ou une esj>èce de golfe. V Amazone , le Rio de la Plata, i'Oby, le Jcnisseï, le Saint- Laurent , la Colombia et autres fleuves, en offrent des exemples remarquables. Ces deltas négatifs du géographe allemand correspoudeut aux estuaires de M. Walckcnaer.
Quaud le lit d'uu cours d'eau, dit M. Walelenaer, change brusquement de niveau il forme une chute ou un saut. Si ses ondes se précipitent d'une grande hauteur, se brisent sur des rochers, écument et rejaillissent, ce saut se nomme cascade. Si un fleuve ou une graude rivière tomt>e eu formaut plusieurs cascades de suite, et fait entendre au loin h* tracas de ses flots bond issa us , celle suite de chutes ou de cascades se nomme cataractes. La chute du Velino, près de Terni en Italie; la cascade de Niagara produite par le Saint - Laurent entre les États-Unis et 1 Amérique- Anglaise; le saut de Tequcndama près de Sauta-Fé-de-îîogota dans la Colombie, sont cuu-.ius de tout le monde, et malgré la différente manière de le* qualifier, sont autant de cataractes. Quelquefois un cours d'eau, sans changer beaucoup de niveau, se trouve obstrué ou barré par des rochers au travers desquels ses flots sont obligés de se faire jour; ces rochers se nomment brisons on barrages. Souvent aussi une rivière, sans changer très brusquement de niveau, précipite son coues en tombant par une pente unie et fortement inclinée, ou par uue série de chutes, peu élevées, qui se succèdent comme les degrés d'un escalier. Les Anglais et les Français nomment rapides ces sortes de sauts. Dans les hautes eaux les bateaux peu veut quelquefois franchir les brisaus et les rapides, mais jamais les cascades ni les cataractes. Les célèbres cataractes du Ail, près d'Assouan , ne sont que des brisans, et les cataractes de May pures, formées par l'Oréiioquc, sont de véritables rapides, malgré les dénominations sous lesquelles l'usage" les désigne.
Les sauts, les cascades, les chutes, les disparitions sous terre, les inondations et le,-» crues périodiques ou irrégulières apportent souvent des obstacles insurmontables a la navigation des fleuves et des rivières, dout le cours , soit par leurs sinuosités, soit par leurs directions, ne sont pas toujours propres à établir de faciles et promptes communications eutre les diverses parties du même pays; mais lorsqu'ils le sont, il <-st , pour cet objet, très utile «le les réunir par des coupures transversales. Ces motifs ont engagé l'homme à creuser les canaux navigables, sortes de rivières artificielles , par le mo>eu desquelles ou obvie à la différence dans les niveaux , à l'illégalité ou à la rapidité des rivières naturelles par des bassins et Ans écluses , par des ponts jetés sur les vallées, et par des souterrains creusés dans les montagues. Le canal impérial , qui du nord au sud traverse une grande partie de la Chine, et celui de New-York qui traverse cet état de l'est à l'ouest, sont les canaux les plus longs qui existent. La France, l' Angleterre1! et autres pays de l'Europe en out plusieurs qui , quoique moins longs, ne sont pas moins remarquables par leur beauté et l'importance de leurs constructions hydrauliques.
Les rivières et les lacs , dit M. Walckeuaer , ont leurs îles, leurs presqu'îles, leurs promontoires , leurs caps, leurs anses et leurs ports, qui ne diffèrent de ceux des mers que parce qu'ils sont beaucoup plus petits et que leur exiguïté ne permet pas aux géographes
PRINCIPES GÉNÉRAUX
de les signaler maJgré l'importance qu'ils peuvent avoir quelquefois pour la navigation intérieure. Mais les grands fleuves eu se réunissant, lorsqu'ils forment euire eux des angles très aigus , dont les côtés sont très ailougés , ou qu'ils circoiisrrivenl de grands espace* de ferre, donnent lieu à un genre de division terrestre, qui ne peut avoir son analogue sur mer, et que les Grecs ont désigné sous le nom de Mésopotamie, les Hindoux par celui de Douab, et les Arabes par celui de Djezjrreh ou presqu'île ; telle est la Mésopotamie proprement dite, formée par l'Euphrate et le Tigre; la contrée comprise entre le Gange et la Djumnah dans l'Hindoustan, qu'on nomme Douab par excellence. Nous proposous avecM. Walckeuaer d'employer la dénomination aussi couienahle que sonore de Mésopotamie pour désigner tous les espaces de la surface terrestre qui offrent le caractère des régions meio pot antiques. Ces espaces si bien caractérisés ont été négligés par les géographes , quoique par leur nombre et par leur importance dans la géographie physique et politique ils méritent de figurer dans la description d'un pays quelconque.
L'ensemble de» |>entes d'où déeouleut les ruisseaux et les rivières qui se jettent dans uu certain fleuve, s'appelle le bassin de ce jleuve , ou sa région hydrographique. Les plus grands Itassius du globe formés par des tleiivessonl le bassin de L' Amazone et reux de la Plat a, du Saint- Laurent, ûc l'Obi, du Mississipi , du Jenisseï , du Lena et du Kiang on Fleuve- tileu.
Eu partageant la surface terrestre eu parties correspondantes aux bassins de ses fleuves et de ses mers , ou oblieut ses divisions naturelles principales , dont l'ensemble forme ce qu'on appelle les géographie* par bassins, addition importante faite de uos jours à la science dont le but est la description du globe.
La surface du globe offre un grand nombre de sources qui fournissent des eaux minérale* , ainsi nommées parce qu'elles sont combinées avec quelques substances du règne minéral eu quantité assez considérable pour avoir une action marquée sur l'économie auimale, cl pour leur douner le goût et la couleur, dont l'absence est le caractère de l'eau douce. Les secours précieux qu'eu lire Fart de guérir donne une grande importance à ces sources; les lieux qui eu possèdent sout le rendez-vous d'un nombre considérable d'étrangers, et deviennent par là des endroits remarquables qui uedoiveut pus être omis dans la description d'un pays.
ftous renvoyons uos lecteurs aux traités spéciaux de géographie physique pour tout ce qui concerne /explication des pbéuomenes principaux qu'offre l'atmosphère; quant aux définition!» des termes qui les regardent, nous nous bornerons â parler des vents qui sout d'une si grande importance pour le géographe.
\ous avons déjà vu à la page 5 la manière différente de les nommer d'après leur direction, qui est diflérenie de celle des courans maritimes. Onx-ci prennent leur nom du point du comjvas on ils tendent, tandis que les courans atmosphériques le prennent dn nom du poiut d'où ils viennent; aiusi uu vent de nord est directement opposé à un courant nord.
On dislingue sous le rapport de la dune les veut s constans des vents variables; et sous le rapport de l'éteudue, les veut s généraux des vents partiels.
Il y a deux niouv émeus généraux et constans dans l'atmosphère; l'un règne dans la zone lorride, et porte l'air, relativement à la terre, à l'occideut , dans un sens eoufcrmeà celui du mouvement général des mers; l'autre, qui se fait surtout sentir dans les zones tempérées, et qui ameue l'air polaire vers l'cquateur : ce dernier mouvement produit donc deux rourau» ou effluves polaires semblables à ceux que nous avons déjà observés dans les mers. Le mouvement équalorial de l'atmosphère produit les vents alizés ou le vent constant d'est, qui souffle de chaque côté de l'équatcur ju«qu'à euvirouaS0 ou 3o° de latitude, pendant toute Tannée du nord-est et du sud-est dans la zone boréale et dans la zone austra'e a\ec de petites variations assujétics à la déclinaison du soleil , tant dans le Grand* Océan que dans l'Océan- Atlantique. Ce même veut alizé domine aussi dans la partit? méridionale de r Océan- Indieu, jusqu'au dixième degré de latitude sud. C'est dans ce mémo océan, et dans la partie du Grand -Océan qui baigne la Malaisie (archipel Indien) et le sud-est de l'Asie, que l'ou observe les Petits périodiques appelés vulgairement moussons par les navigateurs. Lorsque le soleil est au nord de l'équaleur, il attire vers lui cl vers les terres, qu'il échauffe iintuédia'cmcnt , les courans atmosphériques; c'est l'époque de la
AHRÉGÉ DE GÉOGRAPHIE.
mousson du sud qui souffle du sud-ouest dans les golfes de Bengale et d'Oman , ainsi que dans la merde la Chine, et du sud-est dans la partie méridionale de la Malaisie (archipel Indien), depuis le mois d'avril jusqu'au mois d'octobre. Le contraire a lieu depuis octobre jusqu'en avril. l e soleil dardant alors ses rayons sur des points opposes, la mousson prend une direction diamétralement contraire à celle que nous venons d'indiquer. En généra) dans chaque hémisphère, ce sont les vents de l'autre hémisphère qui amènent la mauvaise saison; elle concorde ainsi avec le voisinage du soleil. Les vents qui soufflent du sud ouest amènent le mauvais temps dans la mer de la Chine et sur les rivages qu'ils frappent immédiatement , tels que les côtes de Malabar , d'Aracan et du Pegou , tandis que la côte de Coromandel jouit d'un ciel serein. Au sud les vents du nord , au contraire , sont accompagnés de mauvais temps. La succession de ces venls s'opère par un mois de calme et de brises variables; l'instant critique, surtout le passage d'une bonne mousson à une mauvaise, est signalé par des déluges de pluie et des ouragans, parmi lesquels on remarque les typhons dé la Chine et les coups de vent du golfe de Bengale, appelés autrefois éléphant , qui signalent l'établissement de la moussou du nord-est.
Nous réunirons à ces mouvemeus périodiques de l'atmosphère ces brises de terre et de mer, du matin et du soir, qui soufflent avec tant de constance et de régularité , sur les rivages des îles etdesconlinensdes régions équatoriales, et que l'on observe quelquefois pendant l'été jusque sur les côtes glacées de la Norwège.
Les venis variables soufflent dans toutes les directions et a toutes les époques de l'année; leur durée varie autant que leur vitesse. Aucun phénomène particulier ue les précède ; aucune circonstance ne les accompagne ; souveut quelques heures, quelques minutes suffisent pour qu'ils parcourent tous les rayons de la rose des vents, sans se fiser sur aucun point ; ils cessent subitement , et le plus grand calme succède à une tempête très forte.
LejemoM/idu désert de Sahara, le samiet des déserts de l'Arabie, le khamsin de l'Egypte, Y/iarmattan de la Guinée, le nord-ouest de la Nouvelle-Galles du sud, Wsolano d'Espagne et le scirocco d'Italie, sont, avec plusieurs autres vents chauds et brùlans des courons atmosphériques , remarquables par leurs propriétés et leur action éminemment sensible à la vie des êtres organisés.
Nous commencerons les définitions qui appartiennent à la géographie politique, eu faisant connaître ce que Ton doit entendre par état; définition que uous regardons comme la base de cette section de la géographie , quoiqu'on la cherche en vain dans les ouvrage» qui traitent de celte science.
On appelle état cet espace plus ou moins grand de la surface terrestre dont les hahitaus sont joints cusetnble par les liens sociaux et vivent soumis à tut pouvoir suprême commun. Nous avons déjà signalé le sens vague et bien souvent erroné que l'on donne nu mot état, cl toutes les erreurs géographiques qui eu sont la suite.
Vétendue d'un état est la quantité de l'espace qu'il occupe sur le globe. Les dimensions de longueur et de largeur, qu'offrent exclusivement les anciennes géographies, et auxquelles se bornent encore pour le plus grand nombre d'états les géographies modernes , ne suffisent point pour donner une juste idée de sa graudeur. On ue peut connaître celte dernière avec précision que par la détermination exacte de sa superficie , que l'on mesure en lieues, eu milles, eu kilomètres, elc. , etc., carrés. Dans toul cet abrégé, ainsi que. dans tous uos ouvrages, nous nous sommes servi du mille carré géographique de <>o au degré équalorial. Nous avons exposé ailleurs les motifs qui nous ont eugagé à préférer cette mesure à toutes les autres.
Les dimensions de longueur et de largeur soul absolues ou relatives. I,a longueurabsolue d'un étal est la plus grande ligne droite que l'on puisse tracer sur une carte, dans sescoufius, sans faire attention aux bras de mer et aux parties de territoire qui appartiennent à d'autres états. La largeur absolue est la plus grande ligne droite que l'on pourra tracer dans une direction sensiblement opposée à celle de la longueur absolue , mais sous un angle non déterminé. La longueur relative est la plus grande ligue que l'on puisse tracer dans les confins d'un état donné , en évitant tous les bras d'eau et toutes les parties de territoire qui apparlienueut à d'autres états. La largeur relative est la plus grande ligne que l'on peut tracer dans une direction diamétralement opposée à celle de la longueur relative, en évitant également tous les bras de mer et toutes les pat lies de territoire qui
PRINCIPES GÉNÉRAUX
n'appartiennent point à l'état donné, et toujours sous un angle droit. Dans cet abrégé if n'est jamais question que des longueurs et des largeurs relatives, à moins qu'il ne soit dit autrement.
Les confins ou les limites d'un état sont les lignes qui en tracent les contours et au-delà desquelles s'étend la mer, ou commence le territoire des états limitrophes. 11 y a des limiies artificielles et des limites naturelles; celles-ci , qui sont les meilleures, sont la mer, les fleuves el les chaînes de montagnes.
La population d'un état est le nombre de ses ha bilans. Le géographe et le politique distinguent la population absolue de la population relative. La première est le nombre des habitai» d'uu état , sans égard à l'étendue du sol sur lequel ils vivent; la population relative est le nombre des habit ans de ce même état qui vivent sur rliaque mille carré. On l'obtient en divisant la population absolue par le nombre de milles carrés qui exprimeut la surface de l'état auquel elle ap|tartient. Aiitsi la population absolue de la France à la du de 1826 était d'environ 3a,ooo,ooo; ce nombre divisé par sa superficie, qui est de iîi.ooo milles canes, donne 208 habitans par mille carré; ces derniers chiffres et priment sa population relative.
Le gouvernement est l'unité des forces physiques et morales établie par la volonté de la société civile pour maintenir les lois et la constitution. La force du gouvernement régularisée par les lois constitutives s'appelle le pouvoir suprême. Celui-ci peut être subdivisé en différentes branches comme , par exemple, le pouvoir législatifs subdivisible en pouvoir pn posant, délibérant et décrétant; le pouvoir exécutif, subdivisible en pouvoir administrait) judiciaire , militaire el de suprême inspection. Ces divisions sont, en partie, arbitraires. La manière dont le suprême pouvoir est organisé, subdivisé, concentré, s'appelle forme de gouvernement.
Il y a un grand nombre de formes de gouvernement ; elles varient depuis la plus grande dissémination du pouvoir sur les membres du corps social , jusqu'à sa plus grande concentration entre les mains d'un seul. Chaque peuple en a une qui lui est particulière. Dans la description des pays nous en avons fait connaître plusieurs; ici nous nous bornerons aux suivantes, comme offrant les nuances principales des différentes sortes de gou-
Ou appelle gouvernement monarchique celui où le pouvoir suprême est confié à un seul individu, quelle que soit la dignité dont il est revêtu. Lorsque cet individu n'est retenu par aucune loi , et peut disposer à son gré des propriétés, de la liberté et de la vie de ses sujets, alors son gouvernement se nomme desjwtique. On appelle monarchique absolu tout gouveniej nent dont le chef a le droit de faire des lois à sou gré. Ou dit qu uu gouvernement est monarchique limité ou constitutionnel , lorsque le chef est privé de ce droit et ue peut l'exercer qu'avec le concours des principaux reprêsenlaus de la nation. Ces prrsonues privilégiées forment ces corps qu'on appelle parlement en Angleterre, chambre des pairs et des députés en France , états du rojaume eu Suède , etc. , etc. Un gouvernement républicain est celui où le pouvoir suprême réside entre les mains , ou des principaux citoyens seulement, ou daus celles de tous les individus de la nation. Lorsque le pouvoir suprême est confié seulement aux principaux citoyens on te nomme gouvernement républicain aristocratique; lorsqu'il est confié à l'assemblée du peuple , ou bien à ses représeutaus , ou l'appelle gouvernement républicain démocratique. Souvent il y a uue sultordinatioo de pouvoir et une gradatiou dans la dépendance que produisent le droit même de propriété et les circonstances qui l'ont fait naître; uue suprématie héréditaire s'établit sur les propriétaires des biens concédés à de certaines conditions; l'autorité du seigneur sur celui qui lient ses biens de lui ou de ses ancêtres, est souvent supérieure à celle du chef de l'état; cet état de choses est ce qu'on appelle le gouvernement féodal; c'était le gouvernement de presque toute l'Europe pendant le moyen âge; il y subsiste encore en quelques parties; c'est aussi celui qui régit presque tous les peuples civilisés et les peuples barbares de l'Océanie, et plusieurs peuples de l'Asie et de l'Afrique.
Les états considérés sous le rapport de leur étendue, de la forme de leur gouvernement et du titre de leurs chefs, reçoivent les dénominations de monarchie, d empire , de royaume, de grand-duché, de duché, de principauté, de comté, de landgraviat, de khennat, àimanat , de scherifat, de république, de confédération, etc., etc. L'emploi
de tous ces terme» s'apprendra snreessi ventent dans la partie descriptive de cet ouvrage. Nous avons fait ailleurs des observations sur les titres que prennent les chefs de certains états. Nous ajouterons seulement pour plus de clarté ce que l'on doit entendre par confédération, qualification que bien des géographes et des voyageurs donnent à tort à de simples républiques , tandis qu'ils appellent républiques de véritables confédérations.
Un système fédératij ", ou une confédération, vs\ la réunion de plusieurs états indépendant sous une autorité supérieure choisie par eux, qui a des pouvoirs plus ou moins étendus, pour maintenir l'ordre publie et pour les défendre contre les ennemis extérieurs. Les systèmes fédératifs sont de deux sortes, ou des réunions de républiques, comme la confédération Anglo- Américaine ou les Etats-Unis proprement dits, la confédération Mexicaine y etc., etc.; ou des réunions A' états gouvernés différemment , comme la confèdération Germanique , qui offre dans les états dont elle se com|tose , des monarchies, des royaumes absolus , d'autres qui sont constitutionnels, des républiques etc. La confédération Suisse, i\u\ offre des républiques oligarchiques , aristocratiques, démocratique* et un gouvernement monarchique constitutionnel.
Les chefs des peuples sauvages ou barbares se font donner en nature les objets de nourriture, de luxe et d'ornement dont ils ont besoin; ces fournitures forment leurs revenus. Cette méthode est aussi jusqu'à un certain point plus ou moins suivie chez plusieurs peuples civilisés de l'Asie, de l'Océanie et de l'Afrique; mais elle a été restreinte en Europe par les progrès de la civilisation. Le système des finances européen, qui c«t commun aussi aux étals du Nouveau-Monde, est devenu une machine tre> compliquée, liée intimement avec le commerce et le cours du change. Voici cependant un tableau général des sources d'où les états tirent ordinairement leurs revenus en temps de paix. Nous lempruntous à la grande géographie publiée par Meutelle et Malte- r.run; un employé supérieur a bien voulu y faire plusieurs corrections et remplir plusieurs importantes lacunes.
l" Lr.s noMftiXF.H : ce sont des terres possédées par l'état et souvent inaliénables , autrefois seule source des revenu» publics df spécialement affectée» a l'entretieu du souverain. On distingue, dans quelques état* monarchiques :
A. Les terres de l'état, appelées dans certains pays terres de la couronne , dont les revenus s'écoulent dans le tré>or public, ou la chambre des rentes.
Ii. Les terres patrimoniales, ou biens de lu cassette ou domaines de la couronne, dont les revenus alimentent la caisse particulière du prince.
C. Les terres d'apanage sont le* domaines affectés à l'entretien d'un prince non régnant , membre ou allié de la famille régnante.
a° Les droits rk.c/u.ifns : Ce son: des droits que l'état s'est réserves sur certains objets que l'on ne peut exploiter, ou don» ou ne peut se servir saus .sa permission. Le uombre et la nature de ces objets varient dans les difléreus pays , et m{«nc de province à province. Le* plus remarquables sont :
A. Les péages: sous ce nom sont compris les droits sur l 'entrée et la sortie des marchandises i les droits de passe pour 1rs voitures et les chevaux: les droits de barrières, les hauts-conduits , etc. , etc. ; les dreits sur les passeports , et en quelques pays le péage des juifs.
B. Les postes et messageries.
C. La régale des eaux, qui s'étend sur les fleuves , lac» ou détroits compris dans le territoire de l'état, ainsi que sur une étendue de mers voisines encore indéterminée. Cette régale comprend : les droits dédouane, de port , d'ancrage, ainsi que pour l'entretien des phares, des pilotes, etc., ete. Les droits de passe dans les détroits et canaux par les écluses et sur les ponts. Les droits de flottage de bris, M»r les radeaux, les gares, etc.. rte. Les dirùts sur la pèche ( les pêcheries de perles sont ordinairement réservées), sur les moulins, sur l'arpaillagc et le rivage; les nouvelles îles et atteriissemens.
D. La régale des forêts; elle consiste dans la faculté qu'a le souverain de disposer de forêts appartenant à l'état ; dans le droit qu'il a de fixer des règles économiques pour l'administration des forêts particulières , atin d'empécher leur dégradation.
E. La r é g a 1 c de c h a s se , le droit de port d'arme» de chasse.
F. Les mines et les salines : cette régale est extrêmement importante. Le souverain h ordinairement seul le droit de faire exploiter toutes les mines de ses états pour son compte, ou d'eu permettre l'exploitation aux particuliers h certaines conditions, comme de lui payer la dîme du produit et de lui livrer les métaux à un prix an-dessous de celui de leur valeur ordinaire.
(i. \a régale de battre monnaie.
PRINCIPES GÉNÉRAUX
. //. Le monopole Jn tahac rt de Veau-de-vie, de l'npm, dn sel , de» poutres et salpêtres , de* cartes à jouer.
3* Lu* cx)!*TR(BOTioxs : Elles «ont de deux «©rte».
.4. Contributions directe», qui se lèvent directement sur le» possessions , rrvrnctf rt persrnnrs des sujets. On y distingue la contribution personnelle ou capitation , la < virnlmln-fi foncière sur toute po»scsunu immobilière , aur les terres, 1rs maisons, le» cheminée*. La cantiibuttons des portes et fenêtres , etc. ; 1.1 contribution mobifière ; les impôts sur le luxe . soit en bahitx , soit en équipages et domestiques. La contribution industrielle, sur les nséûers , sur les revenus, le droit de patentes, etc., etc.
B. Contributions indirrrtes, qui se lèvent à l'occasion de quelque» actes rit ils , qne le» contribuables peuvent faire ou ne pas faire à leur gré. Ces contributions varient a l'infini. Toit î les genres les plus ordinaires: les impôts sur les consommaient, autrement Docnnir* assise ou aides et gubtlles ; le papier timbre ; les pour-cent s sur les achats et vrwct , les loteries, 1.1 ferme des jeux , etc., etc.
i" Lissai»*!.* cxsufij» sont rarement «l'une grande impôt tance , du moins dans le* r'tafs bien pol-ré».
Le* sonrees principales sont :
A. Le» droit» de v a s s e I a g e ou féodaux qui se divisent en plusieurs branriies, ta voir : les services de mur et de °in-rre que les seigneurs rachètent aujourd'hui avec de Pargent ; le» droits d'investiture , etc.; l'octroi de différentes concessions demandées par 1rs scîgnenr» %a»*aux; la réunion des fiefs h la couronne , en cas de vacance.
B. Le droit d'à "bai ne, qui rcud l'état héritier de» étrangers morts sur son territoire; rv droit a été dernièrement aboli dans un graud nombre d'états; de plus, les successions vat tintes.
C. Le» amendes, les confiscations, 1rs sport u les, les concessions de pmdrçrs , titra et dignités , les brevet» d'invention.
Toutes res branches différentes «lis revenus d'un état sont ordinairement détaillée» dan*» sa statistique , mais dans tme géographie générale' abrégée on se contente d'indiquer le> résultats sous le, titre général de revenus if état. Le lableaii des finances soumis tous les ai» à l approbation du corps aristocratique ou démocratique de certains étals qui participe à l'exercice dn suprême pouvoir , comme en Angleterre, eu France, etc. , s'appelle budget.
Tous les états européens et les nouveaux états de l'Amérique, ainsi que quelques état» de l'Asie, se sont vus successivement . par plusieurs cause-., obligés à emprunter des sommes plu.» ou moins considérables C'est ce (ili'un appMIe dette d'elnt ou dette publique. Ces dettes sort d'une double nature, les une» proviennent de véritables emprunts que l'état a faits chez des particuliers, ou même chez des souverains ou des républiques riche»; les autres ont t té formées par rémission du papier monnaie. Les emprunts sont souvent hypothéqués sur certains revenus, certains territoire» : plus souvent les prêteurs ne demandent pour sûreté que la foi publique. Le degré d'estime qu'on a pour la foi d'«n état s'appelle le crédit public. Les obligations que l'état donne pour les sommes empruntées s'appellent fonds nu t/fets public*. Ils haussent et laissent en raison dn crédit de l'état.
Dans l'évaluation de îa dette d'un état, nous avons toujours compris la somme représentée par le papier monnaie en circulation à la fin de iXafi. On appelle amortissement une somme consacrée chaque année à l'extinction de la dette ou du papier monnaie.
Les puissances européennes ont , depuis plus d'un siècle et demi , <Jcs troupes toujours sur pied prêtes à marcher au premier signal. Elles forment ce qu'on appelle les forces de terres ou l'armée permanente d'un étal. Leur entretien absorbe aujourd'hui le tiers et souvent la moitié de tous les revenus publics. L'année se compose de quatre parties ou armes différente» principales, avec leurs subdivisioas, savoir: Y infanterie ou les combat tans a pied, la cavalerie ou les combattans à cheval, Yartil/erie qui dirige l'emploi de ces machines meurtrières d'où dépend le sort des batailles , et le génie, qui calcule la défense ou l'attaque des places fortifiées. Il ne suffit pas d'indiquer , dans la description détaillée. tTun rovaume, le nombre et l'emplacement des forteresses, les passes ou défilés les plus importans, ainsi que le nombre dc.troupes qu'il a sur pied; il faut encore dire si résout des trempes régulières, ou des bandes sans discipline et sans science, dont le nombre n'est redoutable que sot le papier; il faut indiquer les avantages et les désavantages physiques de la frontière d on élat. Quelques états comptent aussi des réserves sous le nom «k?
laruLvhcrs, garde-côtes, jeunes soldats en disponibilité , milices ou gardes nationales. Le» empires de Russie et d'Autrielie ont dans leurs colonies militaires des réserves importantes.
On appelle place forte ou forteresse une t ille fortifiée qui est capable d'opposer résistance à une armée ennemie. C'est ordinairement dans ces ailles que se trouvent les arsenaux , où l'on fabrique les in»trumens et les armes nécessaires à la guerre et où l'on conserve les provisions d'armes et de munitions.
Les uatious voisines de la mer ont été naturellement portées à équiper quelques vaisseaux de guerre; leur propre sûreté , et l'agrandissement de leur commerce les ont ensuite obligées à avoir des flottes. Un vaisseau de guerre est un bâtiment de mer pourvu de troupes, de canons et d'ouvriers. Un certain nombre de ces vaisseaux est ce qu'on appelle flotte \ un moindre est ce qu'on appelle escadre. On divise les hatinicns de guerre en différentes classes , que l'on appelle rangs. Notre cadre ne nous permettant pas d'entrer dans U>s détails qu'exigerait ce sujet, nous dirons seulemeut que la détermination des rangs diffère chez les divers peuples, et se fait principalement d'après le nombre de ponts et de canons. On distingue aussi les vaisseaux de guerre eu vaisseaux de ligne , en frégates , eu corvettes , et en bâtiment légers ou avisos / ou entend par les premiers ceux des trois premiers rangs qui sont assez grands et assez bien armés pour être rangés en ligne dans un combat naval; et par frégates on entend des batimeus qui, n'a\anl qu'une seule batterie couverte, ne sauraient teuir ligue avec les autres. Les premiers ont au moins 5o canons, mais le plus souvent ils en ont bien davantage; ils peuvent eu porter jusqu'à 140. Les frégates n'en avaient autrefois jamais plus de 44; depuis quelque temps, et surtout parmi les Anglo- Américains, elles eu oui jusqu'à 64. Les corvettes sont les plus forts bàtiincus d'un ordre inférieur dans lequel se rangent les bricks , les goélettes, les cutters, etc., 'etc. Dans la mer Méditerranée et ses branches, ainsi que dans la Baltique on se sert depuis plusieurs siècles de certains vaisseaux à voiles et à rames nommés galères. Ces batimeus avec les chaloupes canonnières , en usage chez toutes les nations maritimes de 1 Europe, dans la Baltique particulièrement et dans les établissemeus de leurs descendans hors de cette partie du monde, composent ce qu'on appelle une flottille. Nous citeruus aussi les navires à vapeur, qui, déjà si utiles pour la navigation des fleuves et les communications régulières , changeront peut-être un jour le s)steine des marines militaires.
On appelle ports militaires les ports où slaiionueut ordinairement les bâtimens de guerre d'un état quelconque; et arsenal maritime ou chantier militaire les endroits où l'on construit ces vaisseaux.
On appelle généralement manufactures cl fabriques ces établissemeus plus ou moins impoi tansoù l'on prépare, pour certains usages, les matières premières tirées des trots règnes, minéral, végétal et animal. Une partie de ces établissemeus est d'une nécessité absolue vu l'état actuel de nos mœurs et de nos besoins; l'autre contribue à uos agrémeus et à nos commodités; tous sont plus ou moins nécessaires à un état qui doit mettre sa force dans le nombre des sujets, daus l'indépendance, dans une utile activité des citoyens et dans l'augmentation de ses richesses. La plupart des fabriques et des manufactures se trouvent dans les villes eldans les bourgs; lorsqu'elles y sont eu grand nombre elles justifient la qualification de manufacturières ou industrielles que l'on doune aux localités où abondent et fleurissent ces établissemeus. Il est bon cependant de faire observer que les mots manufacture et fabrique sont indiffère mm eut emploies l'uu pour l'autre, et que malgré nos recherches nous n'avons pu découvrir entre eux de différence incontestable.
Le commerce est un échange ou une vente de quelques marchandises ou denrées. On échange ou des denrées de consommation, ou des matériaux de construction, ou des matières premières, destinées à être travaillées dans les manufactures ou fabriques, ou, enfin , des ouvrages de manufactures ou fabriques. Le commerce a donc sept branches, l'agriculture, les manufactures elles fabriques, les arts libéraux et mécaniques, la pèche, la navigation, les colonies et le change.
On distingue plusieurs sortes de commerce , dont il faut connaître les définitions pour entendre les descriptions des différens pays et les journaux.
Le commerce intérieur, qui estleplusimportant, consiste à transporter d'un point à l'autre du même état, les objets nécessaires à sa consommation. C'est une répartition de l'inégalité des productions naturelles ou artificielles.
PRINCIPES GÉNÉRAUX. 31
Le commerce extérieur ou d'exportation et importation avec les étrangers, consiste à vendre aux étrangers les productions du pays , ou même celles d'un autre pays qui v ont clé apportées, et à prendre en échange les produits de leur sol ou de leur industrie Le commerce est actif lorsque l'état vend à l'étranger beaucoup plus de marchandise» et de denrées qu'il ne lui en achète; il est passif, si l'état achète plus qu'il ue vend. La comparaison du montant de la Tente ou des exportations, avec celui de l'achat ou des importa tio/i.t, est ce qu'on appelle balance. Dans le tableau de la Monarchie française comparée aux principaux états du monde , nous avons signalé les illusions qu'offrent ces prétendues Balance y du Commerce, lorsque, leur attribuant un but qi'elles ne sauraient atteindre, ou veut les regarder comme la mesure de l'état prospère ou malheureux du commerce de plusieurs nations, (m appelle, dans certains états, comme en Suéde, par exemple , ville d'étape, certaines villes qui ont le privilège de recevoir les denrées et d'en faire la distribution au re^fe de la province, et aux villes de l'intérieur qui n'ont pas ce droit.
Le commerce intermédiaire offre trois subdivisions principales dont il est essentiel d'avoir une idée exacte. Le commerce intermédiaire de spéculation , qui consiste à faire venir pour sou propre compte des marchandises d'un pays étranger , afin de les vendre avec asantag« dans un autre pays étranger. C'est ce genre de commerce qui , dans le moyen àj»e, accumulait des richesses immenses dans les villes de Veuise, de («eues, de Pise et autres rites très commerçantes de cette époque. C'est aussi le commerce par lequel Amsterdam, Londres et Hambourg se sont élevées plus tard au-dessus des autres places commerçante* de l'Europe. Le commerce de commission, qui se fait en achetant ou revendant des marchandises par ordre d'uu négociant étranger, comme par exemple, les cafés anglais a Hambourg. Le commerce d'expédition , genre subordonné qui se borne à l'expédition , c'est-à-dire à l'envoi vers une destination ultérieure des marchandises armant de ( étranger et pour le compte des étrangers.
lie commerce des colonies participe aux genres que nous avons nommés , mais on en tait une classe à part à cause de sa grande importance. Avant l'indépendance de l'Amérique, ce commerce faisait plus de la moitié de la totalité du commerce européen. La situation politique actuelle des pays avec lesquels avait lieu ce commerce en fait entrer la plus grande partie dans la classe que nous avons nommée commerce extérieur.
Le commerce d'échange comprend toutes les négociations qui ont pour objet la vente ou l'échange des matières d'or et d'argent, soit monnayé, soit en lingots, ainsi que de toute sorte de papiers représentant une vaJeur métallique. Ceux qui s'en occupent sont nommés banquiers, cambistes, changeurs, etc. Le cours de change pour les papiers monnaies, c'est-à-dire la différence entre la valeur que ces papiers doivent représenter et celle pour laquelle on les reçoit dans le commerce, varie selon le degré de contiance dont jouit le gouvernement ou la banque qui a émis ces papiers. Les villes qui par l'étendue de leurs relations ont acquis une grande influence sur le reste du monde commercial , ou qui par leur situation sont devenues les intermédiaires entre tel pays et tel autre, s'apfiellent places de change. Hambourg, par exemple, est une place de chauge, principalement entre l'Angleterre et le Contiuent, entre la Fiance et le Nord ; c'est-à-dire que lorsqu'un négociant français doit acquitter telle somme à Stockholm, en Suède, il trouve ordinairement plus commode de payer par une lettre de change sur Hambourg, et xtee vend.
Les compagnies de commerce sont des associations de plusieurs négociai» pour certaines opérations, dont ils partagent entre eux les risques et les gains. Elles peuvent avoir lieu rntredes particuliers sans autorisation de l'état, et alors ou les appelle plutôt société; ou elles peuvent être publiques , autorisées et protégées par le gouvernement. Souvent ou donne à telle compagnie le droit exclusif de commercer avec tel ou tel pays ; quelquefois on se borne à lut accorder quelques prérogatives. Aucune de ces associations n'a atteint la splendeur et La puissance de la Compagnie Anglaise des Indes-Orientales, qui de uns jours est devenue la puissance prépondérante de l'Asie, et de laquelle aujourd'hui dépendent, soit immédiatement, soit médiatement, presque toute l'Inde et plusieurs contrées de l'indo-Chine.
Le* banr/urs *oal des dépôts où l'argent destiné a la circulation est déposé ou censé dé(K>sc , et qui mettent à sa place , dans la circulation , des billets ou promesses , dont IVhjet
est de rendre le porteur propriétaire du dépôt par la somme portée en sou billet : ceiMt qui y out déposé des capitaux, ou qui y ont un crédit ouvert , peuvent, su i vaut l'usage de chaque banque, disposer d'une certaine somme, soit en y faisaut escompter des billets de commerce ou lettre de change, soit eu faisant passer des sommes de leur compte sur celui des personnes à qui ils peuvent devoir. Les banques facilitent beaucoup le* opération* de commerce. L'Angleterre et les États -Unis en out le plus grand nombre. Les bénéfices de ces établissemeos résultent de l'émission de leurs billets, connus sous le nom de billets de banque, qui sont des assignations sur les fonds de la bauque. La création d'une banque est un besoin pour un état qui commence à fleurir; on en compte déjà trois dans l'Australie.
Les foires sont des réunions de vendeurs et d'acheteurs qui out lieu dans certaines v il tes , dans certains l>ourgs et même dans certains villages, à une certaine époque et avec c ertaines libertés. Cette institution n'est plus d'une utilité aussi grande que dans le mojen âçe, où l'on n'avait ni poste aux lettres ui messageries. Les foires de Leipsick et de AïjHt ï- XWi'o/Wpeuvcut être regardées comme les plus riches de celles quise tiennent de uos jours.
Sous le nom de bourse , ou désigne dans les villes commerçantes de l'Europe et de l'Amérique le lieu où les marchands et les bauquiers traitent de leurs affaire». Ces réunions se tiennent ordinairement dans un bâtiment remarquable par sou étendue et par son architecture. Paris, Londres, Amsterdam, Rotterdam, Au vers offrent peut-être les bourses les plus belles et les plus magnifiques du monde; celle de Venise doit être aussi classée parmi ces dernières, se trouvant établie depuis quelques années dans le superbe palais qui pendant tant de siècles a servi de résideuce aux doges de cette république célèbre.
On donne le uom de caravane (mot qui parait d'origine persane) à une réunion de marchands, pèlerins, ou l'un et l'autre, qui, sous la conduite et le commandement d'un chef, vo) agent ensemble pour se prêter uu mutuel secours, soit contre les périls de la route, soit contre les attaques des voleurs ou d ennemis de quelque nature que ce soit. Ce chef est ordinairement propriétaire d'une grande partie des chameaux ou bêles de somme composant la caravane, et destinés à porter les hommes, les vivres et les marchandises. Dans les déserts de l'Afrique ces chefs sont de véritables entrepreneurs de transports par terre. La discipline et l'ordre de la caravaue leur appartiennent; ils commandent les haltes et le départ, et en cas d'attaque ils veillent à l'organisation des moyen* de défense, tout en partageant ce soin avec les voyageurs qui paraissent les plus braves. Le commerce de toute l'Afrique musulmane et idolâtre et de l'intérieur de l'Asie occidentale et moyenne se fait par caravane. Les relations de la Russie avec ie Turkestan-ludépendant ainsi qu'avec la Chiuc ont lieu par caravanes. Cctîe manière de vinagcr remonte à la plus haute antiquité, puisque nous savons par la Bible que les Gis de Jacob vendirent leur frère Joseph à une troupe de marchands d'esclaves qui allait en Égypte. Nous remarquerons aussi que les marins donnent le nom de caravane à plusieurs vaisseaux marchands qui vont de conserve.
On entend par échelles, dans le Levant, des ports ou des \illagcs d'étape, où les marchands d'Europe ont des magasins, envoient des vaisseaux, et tieu lient des comptoirs, et où les priuces européens, dont les sujets font le commerce avec ces contrées, ont des consuls. Dans l'Iode, en Perse et en d'autres contrées ces lieux sont appelés \hges, sur la côte d'Afrique , comptoirs, okelie ep Égypte, palissade à Madagascar, etc., etc. Le plus souvent ces stations sont accompaguées d'un petit fort, garni de canons et défeudu par une garnison d'un nombre de soldats proportionné à leur importance.
Lu grand commerce demande nécessairement une marine, et une marine suppose des ports, des matelots et des vaisseaux. Les bàtimensque le commerce emploie sont appelés ■vaisseaux marchands. Leur grandeur est estimée par le nombre du tonneaux qu'ils peuvent charger, et l'on entend par tonneau un poids de 3,000 livres pesant ; le laste est de deux tonneaux. On appelle,*™/ ou nolis le prix du transport. V assurance est le contrat passé entre un assureur et un homme qui fait une entreprise maritime : par ce contrat le premier se charge de tous les risques, promet en cas de perte de restituer ce qui est perdu, et reçoit pour les risques qu'il court un intérêt qui ordiuairetnent varie de 3 à 10 pour cent de la valeur qu'il assure. On appelle ports francs ceux où U vaisseaux de toutes les
PRINCIPES GÉNÉRAUX.. 3i
r.-tions peuvent entrer chargés de toutes sortes de marchandises sans payer aucun droit. Ou entend par phare ces feux dont on se sert pour éclairer pendant la nuit les passage* ites fréquentés ou dangereux, où les vaisseaux pourraicut aborder et s'échouer. L'architecture navale , ou l'art de construire les navires, diffère dans tous les pays de la terre; les Européens peuveut seuls entreprendre les plus grandes navigations.
Le* colonies proprement dites sont des établissemens de culture et de commerce dans d«-s parties ( lus ou. moins éloignées de l'Europe; ils dépendent absolument de leur métropole, et ceux qui subsistent encore sont ordinairement soumis à des lots de monopole et de prohibition. Les colonies espagnoles et portugaises, ainsi qu'une partie des colonies anglaises et françaises du Nouveau-Monde, eu secouant le joug de la mère-patrie, ont dunné naissance à plusieurs états indépendans, qui ont changé entièrement les relations politiques et commerciales de l'fcuropcavec l'Amérique. Les rolouies modernes différent entièrement de celles de l'ancienne Grèce qui ont répandu les arts et la civilisation dans u;>e si grande partie des contrées baignées par la Méditerranée et ses branches; elles étaient les eu f dus et non pas les sujettes de leurs métropoles.
Les premières colonies modernes avai eut pour but ( exploitation des mines, l'accaparement d un commerce très riche et la culture de* productions piécienses, étrangères à l'Europe et devenues nécessaires à son lu\e. Plus lard quelques-unes d'entre elles devinreiit un asile où les victimes delà politique, du fanatisme et de la misère portèrent leur industrie et l'amour de l'indépendance; aloi* on n'exigea plus d'elles que des avantages analogues a ceux de la mère patrie -, telle lut l'origine de* Klats l uis. La nécessité de se débarrasser de l'écume de la société donna naissance au système de déportation d'abord infructueux, mais auquel on a dù des établissemens flori-wins, lorsqu'on a enfin jeté les seux sur des climats tempérés et sains, tels que certains étals d'Amérique et les rivages de l'Australie, où la civilisation et les richesses semblent avoir été improvisées.
De nos jours le nom de colonie a été appliqué à des réunions d'hommes dans des parties jusqu'alors négligées de leur propre pays, où le gouvernement leur a procuré des ressources contre la misère, comme dans les Pays-Bas et le IloUtein; dans d'autres contrées on a donné ce nom au territoire assigné ù une population toute militaire, comme dans certains gouverneruens de l'empire Russe , et dans la lougue lisière qui, sous la dénomination de Confins Militaires, longe la frontière de l'empire d'Autriche du côté de la Turquie. Enfin certains états, en iuviîant des étrangers;! s'établir sur des parties incultes de leur territoire, ont donné, naissance a un autre genre de colonies , comme les colonie* allemandes de la Sierra Morena en Espagne, du gouvernement de Saratov dans l'empire Russe , des Suisses, dans Ut province de Mo de Janeiro au ltrésil , etc. , etc.
Lesgétiqraphesappellcnt Missions , ou Pays des M'usions, des établissemens permanens, des villages, et même des bourgs et des villes, où les missionnaires catholiques ont réussi à réunir les sauvages errons, eu les engageant par la douceur à adopter quelques-uns des usages de la vie civilisée, et surtout à cultiver la terre et à avoir des demeures fixes. G est eu leur inculquant les principes de la religion et de la morale évaugélique, et en leur donnant l'eiemple des vertus chrétiennes que les missionnaires sont parvenus a s'attacher de nombreuses peuplades autrefois nomades et féroces , et dont quelques-unes étaient même anthropophages. L'exemple des catholiques a été plus tard suivi par les prolest aus , .suit dans l'Amérique et dans l'Inde, soit dans l'Océanie et l'Afrique. Mais il faut convenir que jusqu'à présent les plus grands résultats et les plus durables ont été obtenus par les missionnaires catholiques. Les voyages de ces nouveaux apôtres tiennent une place étuinente dans les annales des découvertes. Ces pieux religieux , en bravant tous les dangers, eu se soumettant aux privations les plus pénibles pour convertir les peuples idolâtres, ont rendu les plus grands services à la géographie et à l'histoire , de même qu'ils ont beaucoup contribué à étendre les bienfaits de la civilisation parmi les peuples les plus barbares. Il» ont donc bien mérité de l'humanité et de In science, comme l'a dernièrement prouvé on géographe très distingué, le cardinal Zurla, avec la profonde érudition et h) brillante éloquence qui ajoutent tant au mérite de ses savantes productions. Les plus célèbres de toutes les missions sont celle* que les jésuite» fondèrent dans le Paraguay , et dont les débris forment actuellement une grande partie de l étal régi par le docteur Francia, et nue fraction de l'empire du Brésil. La Californie, daus la confédération mv\>
raine, et d'immeuscs espaces le long de l'Amazone, de l'Orèiioquc et de leurs affluera , dans les républiques de Colombie , du Pérou et de bolivia , sont encore régis par des missionnaires catholiques.
Les Bouddhistes et les Musulmans ont également et depuis long-temps employé de nombreux missionnaires , autant pour convertir les peuples à leur foi, que pour les engager à abandonner des usages abomiuablcs et d'horribles s^perslitious. On doit dire à la louange des Mahométaus que c'est à l'introduction de leur croyance et à l'esprit de prosélytisme de leurs piètres qu'est due, à quelques exceptions pies, le peu de civilisation qui existe aujourd'hui dans l'intérieur de l'Afrique. Psous ajouterons que les missions out été pour l'Espagne et le Portugal un moyen précieux pour préparer leur domination sur des peuples farouches etenuemis de la vie sociale.
Le territoire de chaque état peut être partagé de différentes manières selon les points de vue divers sous lesquels on î'euvisage. Les principales sont les suivantes : la division géographique ou naturelle; la situatiou des monlagues et la direction des fleuves en font la base. I«a division politique offre les provinces, les cercles , les dcpartcincus, etc. , etc. , dans lesquels le gouvernement a partagé le territoire qui lui est soumis; c'est de toutes les divisions la plus importante; c'est aussi celle que nous donnons dans la description de tous les états mentionnés dans cet abrégé, où le manque d'espace nous défend d'admettre les autres divisions. l«a ditision judiciaire se fonde sur l'étendue des juridictions des tribunaux ; la division financière est relative aux impositions, à la rentrée des deniers publies ; la division ecclésiastique partage le territoire d'après les juridictions des ministres du culte; dans les pays catholiques ces districts sont appelés patriarcats, archevêchés, cvtclu-s , archidiaconats , diaconats , pttroisses , etc. , etc. ; dans les pay s protestans ou les appelle synodes, consistoires, congrégations, intendances générales , inspections, etc., ou même aussi archedehés et évêches. dans les contrées où l'ancienne hiérarchie a été conservée , comme en Angleterre, en Suéde , etc., etc.
Le nom de ville , à parler rigoureusement, u'est pas donné à uu assemblage de maisons eu raison de l'étendue ou de la population, mais eu vertu des privilèges dont l'endroit jouit. Le droit d'exercer le commerce, les arts et les métiers , voilà ce qui distingue, dans la plupart des pays les villes des villages. Les villages sont quelquefois plus grands que plusieurs ville», par exemple eu Silesie et en Hongrie; mais ils n'out ordinairement aucun privilège qui les distingue du reste des campagnes. Les bourgs sont des endroits qui jouissent d'une partie des droits accordés aux villes. Au reste, «s mol* prennent différons sens , selon les lob et les usages de différons pays.
Autrefois les villes étaient la plupart environnées de murailles, de louis, de fossés, do remparts : aujourd'hui , en dépit des titres de place forte, ville forte, lille très forte, que leur donnent certains géographes et les auteurs des dictionnaires, des résumés et des manuels géographiques, la plus grande partie de villes sont des places ouvertes.
Une ville est grande, ou relativement à son étendue, ou relativement au nombre de ses habitans. Nous avons déjà signalé les méprises ridicules dont fourmillent les méthodes et les dictionnaires géographiques dans I emploi de celte qualification. La brouté <T une ville consiste daus-des rues larges, droites, bien pavées, bien nettoyées et éclairées pendant la nuit; dans des maisons asser grandes, commodes, d'un bou goût d'architecture, bien aliguées, et bien placées relativement les unes aux autres; daus des places d'une figure régulière, ornées de quelque bel ouvrage d'architecture ou de sculpture, placées au milieu de la ville, ou bien voisines du centre, mais non à l'extrémité, a moins que ce ne soit vers les portes; enfin on demande que les dehors soient rians, ornés de belles promenades et propres à servir aux plaisirs des habitans.
Ceci s'applique à l'Europe et jusqu'à un certain point aux établissemeus formés dans les autres parties du monde par les Européens dans les tem|* modernes; mais est susceptible del>eaucoup de modifications par le climat , les mœurs et le goût des différons peuples. La chaleur habituelle dans les pays qui a\ ois ment les tropiques fait que l'ombre et la fraîcheur sont tout ce qu'il y a de plus délicieux dans ces coutrées. De grandes places, comme celles de Londres, des maisons sans portiques, et des rues fort larges seraient très incommodes et tonl-à-fail déplacées. Le goul en architecture n'est pas moins différent *liti chaque peuple, et fait regarder comme tré* beau en orient ce qui nous semble
PRINCIPES GÉNÉRAUX
bizarre, lourd ou mesquin. En général on doit appeler belle la ville dont l'emplacement, la distribution , les communications et les édifices sont parfaitement d'accord avec le climat et les tiesoins de ses habitaits. Dans les villes où le commerce se fait principalement par de* foires, les bazars fixent toute l'attention. Dans l'antique Égyptc les beaux portiques, les longues galeries et les magnifiques cours couvertes, où les habitant se mettaient à l'abri d'un soleil ardent , étaient avec les temples , les obélisques et les palais des rois, les plus beaux mou ti mens des villes La rcligiou est encore la source d'une grande diversité dans la constntrtion des édifices qui servent au culte. Enfin, les progrés de la civilisation, l'introduction générale des voitures, le godt des spectacles nocturnes nous rendent bien plus exigeant que nos aucètres et les peuples de l'Orient sur la largeur des rues, l'étendue des places et sur mille autres objets devenus indispensables.
L'Amérique, civilisée par les peuples européens, offre nécessairement l'image de l'Europe «oui tous les rapports, avec de légères modifications dues au climat et aux habitudes qui en dérivent. On peut dire en général que toutes les villes de cette partie du monde sont plus ou moins construites d'après un plan régulier , avantage qu'elles doivent à leur construction qui a été faite d'après un plan primitif et non pas comme nos villes d'Europe, qui se soot formées par l'addition de nouveaux bâti mens autour des anciens, l otîtes les villes de l'Amérique ci-devaut espagnole se ressemblent dans le plan de leur construction; les fondateurs, presque partout, ont tracé une croix, dont la principale place et l'église forment le centre. Quant à l'Amérique anglaise et aux États-Lois, ce sont les •villes anglaises et hollandaises qui ont servi de modèle, soit pour les édifices, soit pour l'alignement des rues, les trottoirs et murs en général ; et surtout pour les villes du littoral , tout a été subordonné aux besoins du commerce , et la population s'est rangée le plus près posiible des ports, le plan géométriquement régulier de Philadelphie est devenu eu quelque sorte un modèle pour les villes futures de cette grande confédération. Au l'.résil on a suivi l'irrégularité des anciennes villes portugaises; ce n'est guère qu'à Rio Janeiro qu'où a depuis quelques années ouvert des rues bieu alignées et construit de beaux édifices publics et de belles maisons particulières. Dans les autres villes maritimes on a moins visé à la régularité qu'au* avantages de la proximité de la mer.
Les villes de la Chine et du Japon sont presque toutes sur le même plan ; elles ont généralement la foroie d'un quadrilatère et sont entourées de liautes murailles flanquées de tours d'espace en espace; elles ont quelquefois des fossés ou secs ou remplis d'eau. On y voit de* arcs de triomphe, des tours à plusieui s étages , faisant partie des monastères , des lemp'es. des monumens antiques. Les rues s'y coupent à angles droits. Les villes du Japou sont souvent accompagnées d'un vaste et superbe château, ou forteresse, avec une tour carrée à plnsieurs étages, où résident les grands feudataires de cet empire. Les villes de H ode, d'une partie de f Indo-Chine et celles de la Perse , ont leurs nies principales droites et longues, mais les autres n'offrent aucune régularité. Il en est de même pou.- les principales villes de l'Afrique. En général nous devons ajouter que toutes celles de la Perse et même les villages sont entourés de murs. Dans les climats très chauds les rues sont souvent tortueuses et étroites pour y être à l'abri de la chaleur. Plusieurs grandes villes de l'Afrique centrale reu ferment de vastes espaces sans aucune maison, ce qui leur donne une physionomie toute particulière. Enfin l'Asie, l'Afrique , l'Océanic et même l'Amérique offrent des ville* qui ont one grande partie de leurs maisons tellement éparscs dans les rampagues de leurs banlieues très étendues, qu'il arrive souvent au vojageur de su trouver dans la ville sans le savoir; c'est ce qui rend si difficile l'appréciation approxi mathe du nombre de leurs hahttans.
On nomme capitale la ville où résident les administrations générales d'un état. L'u- M^e accorde aussi ce nom aux villes où réside le gouverneur d'une province; mais nous aimerions mieux restreindre cette qualification aux premières villes et désigner les autres par la dénomination de chef-lieu. La résidence est l'endroit où siège le souverain. Ordinairement la ville de résidence est en même temps la ville capitale; mais il y a des états où te souverain réside dans une ville différente de la capitale, comme le duché de Nassau , dont Ulesbaden est la capitale , et Biberick la résidence du duc. Avant la révolution Paris était la capitale de la France et Versailles la résidence du roi. Il y a des pays oii il n'y a pas de «pirate permanente ; c'est ainsi que dans la Confédération Suissa la diète se ras-
semble alternativement tous les deux ans dans les villes de Zurich, iJeraecl Lucerne, qui par tour deviennent capitales de toute la confédération.
CUÀP1TRE VIII.
Des grandes divisions du globe, de leur superficie et du
nombre de leurs habitans.
Les anciens, qui n'avaient exploré que la plus petite portion de la terre. Taraient partagée en trois parties, dont aucune ne leur était connue intégralement , et qu'ils nommèrent Europe, Asie et Afrique. Apres la découverte du Nouveau- Moudc, les géographes eu ajoutèrent une quatrième qn'ils nommèrent Amérique.
Des le seizième siècle , Ortelius et Mercator avaient eu l'idée de partager tontes le? terres connues en trois mondes, savoir: Monde ancien {orbis refus), qui embrassait l'Europe, l'Asie et l'Afrique; Monde nouveau {orbis novus) , qui comprenait l'Amérique; et Terre australe ou magellanique {terra australisou magellanica).\areuim fit une autre division en classant toutes les terres connues en quatre « ont inens : Monde ancien (orïis ■vêtus) ; Monde nouveau {orbis novus); Terre polaire arctique ou Monde arctique [terra polaris artica on orbis articus); et Terre australe ou magellanique {terra ausfralis ou magellaiiica).
Plus tard, et bien long-temps avant que l'on eût exploré le contour de la Nouvelle- Hollande et que l'on regardât cette grande île comme un contineut , le .savant de Bro«<es avait proposé les trois dénominations suivautes pour la classification des terres australes : Australie, pour la Nouvelle-Hollande et les îles voisines; Polynésie, pour les archipels répandus dans le Grand-Océan; cette dénomination avait été donnée deux siècles auparavant par les portugais Jean de Barros et Diego Coùto aux iles Moluqucs, Philippines et autres situées à l'est de Java ; enfin , Magellanie ftouT le prétendu Continent-Austral, dont ce savant, avec tous les géographes ses contemporains, admettait l'existence; lève géographique, qui ne disparut entièrement que plusieurs années après, lorsque les voyages de (look et des navigateurs qui le suivireut en démontrèrent la fausseté.
Les géographes modernes français, allemands, anglais, suédois, et, parmi eux , RJ entoile, Malle-Brun, Gaspari , Faliri , Pinkcrtoo , Djurbcrg, Graberg et autres, sentiront la nécessité de classer d'une manière qui fût en harmonie avec les progrès faits par la géographie toutes les terres éparscs sur le Grand-Océan entre l'Asie et l'Amérique, et de regarder leur ensemble comme formant une cinquième partie du monde. Mais ils ne s'accordèrent ni sur les limites qu'il fallait lui assigner, ni sur la dénomination générale qu'il fallait lui imposer. Ces deux points essentiels ont été savamment discutés par MM. Malte-Brun , Bruéet YValckcnacr *?n France, et plus tard par Hassel et antres géographes eu Allemagne et ailleurs. Les trois premiers s'accordent entièrement pour ce qui concerne les limites à assignera cette partie du monde, mais ils diffèrent quant a la dénomination, le premier l'avant nommée Océanique et les deux autres Océanie. Des l'année 1780, le Suédois I)jurl)crgt à Stockholm, en donna le premier une description méthodique et systématique accompagnée d'une grande carte. M. Graherg depuis longtemps l'appelle Polynésie, dénomination composée de deux mots qui veulent dire multitude d'iles, et qui, par conséquent , est très convenable à la nature et à la configuration de cette partie du monde. Ce nom a été adopté par d'autres géographes. MM. Gaspari, Hassel et tous les géographes allemands la nomment Australie; les Anglais, les Anglo- Américains et les géographes d'autres nations paraissent s'accorder à l'appeler AustralasicAW& deux dénominations sont en partie inexactes, parce que plusieurs terres importantes de l'Océanic sont situées à l'est et non au sud de l'Asie. A l'exception de M. Graherg et de quelques autres géographes, les uns et les autres différent des géographes français dans la détermination des limites, puisqu'ils en retranchent toutes les iles du grand archipel Indien , qui forme notre Malaisie ou l'Océanic occidentale des géographes français.
Comme toutes les innombrable* terres dont se compose cette cinquième division du
PRINCIPES GÉNÉRAUX
yobe se trouvent environnées par le Crand-Océau ou l'Océan par excellence , re qu'on ne saurait dire des autres parties du monde, qui ont toutes un ou plusieurs de leurs côtés baignés par des océans incomparablement plus petits, et qu'il est d'ailleurs utile et même néressaire d'avoir pour les babilans de celte cinquième partir une dénomination générale équivalente â celle d'Européens, d'Asiatiques, d'Africaius et d'Américains , nous trouvons qu'il faut absolument conserver le nom sonore d'Océanie, proposé dés l'année 1814 par M. broé dans l'analyse de sa carie de cette partie du momie, et adopté depuis par M, WalcLenaer dans sa Cosmologie eu 1 8 1 5 , et par Malte-Brun dans les Nouvelles Annale* de ï« agraphie , et même dans les derniers volumes de sou Précis. Cette dénomination , an reste , nous parait convenir parfaitement à la position des coulrées qu'elle désigne. Mais, comme la division du globe par mondes, proposée par M. WalcLenaer, réunit à J avan?age d'être aussi exacte que la précédente , celui d'offrir des oppositions et des contrastes entre les traits caractéristiques des trois plus grandes divisious de la terre , qui sont encore plus prononcés que ne le sont ceux offerts par ses cinq parties , il nous semble que ce serait faire reculer la science si , imitant l'exemple des géographes routiniers, ou refusait de l'adopter. Combinant donc les deux divisions du globe proposées par ces trois s^au» géographes, uous trouvons qu'on peut tracer le tableau suivant de là surface de la planète que nous habitons.
Ancien Monde ou Continent Ancien , subdivisé en Europe, Asie et Afrique. Nouveau Monde ou Continent Nouveau, qui comprend V Amérique. Monde Maritime ou Guttinent Austral, qui , avec ses dépendances, forme VOcéanie. La dénomination de Continent Austral, que nous proposons comme synonyme de celle d Australie proprement dite, et pour compléter le tableau de la plus grande division du globe qu'on puiwc tracer , nous parait convenir parfaitement à la grande ile que l'on nomme communément et très improprement Nouvelle- Hollande. Qu'on examine uue mappemonde, et l'on verra qu'aucune partie du globe ne se trouve entièrement placée au sod de l'èqualeur, et que ce n'est qu'une petite partie de t'Ancien-Coutinent, et la moindre du Nouveau qui se trouvent dans l'hémisphère austral. Ou peut donc douucr justement la dénomination de Continent- Australe cette terre qui est trop grande pour être classée parmi les iies, cl qui se trouve entièrement au sud de la ligne èquinoxiale.
Si l'on objectait que le Continent-Austral est trop petit et trop peu important tous les rapports de sa population et de ses produits, relativement aux autres parties du Monde Maritime, pour nous autorisera nous servir de l'expression de Continent- Austrnl, nous répondrions : que les grandes divisious du globe devant être fondées sur leurs traits physiques, de préférence à tous les autres , nous trouvons , par le calcul , que l'Australie ou le Continent-Austral, ayant uue surface qu'on peut évaluer d'après les meilleures cartes à 2, a 04,000 milles carrés, et tout le reste de l'Océanie pouvant être estimé à environ 896,000 milles carrés, le continent sera, aux îles qu'on regarde comme ses dépendances géographiques, dans la proportion de a, 204,000 à 8<>G,ooo, ou approximativement comme 55 1 à aa4 » ou comme aa à 9. La partie principale surpasse donc de beaucoup la pi tte accessoire; et quoique cette proportion soit dans un rapport moindre que celui qu'on observe entre le Continent Ancien et le Continent Nouveau relativement à leurs îles respectives, ce rapport cependant est toujours assez grand pour qu'on n'abandonne pas une division qui est en harmonie avec les autres , et qui complète le tableau de la principale dassiGcation de toutes les terres du globe.
Quant à ce qui concerne les limites occidentales de l'Océanie qui forment le point discute entre le» géographes français et ceux des autres nations, nous ne ferons que répéter les raisonnemens de notre célèbre ami , qui , dans son Précis , s'exprime de la manière suivante : - En effet , il faut se décider ou à ne voir même dans la Nouvelle-Hollande et la Nouvelle-Zélande qu'un appendice de l'Asie, ou il faut créer une nouvelle division qui renfermera ces vastes terres. Une fois la nécessité de cette nouvelle classe admise , on a eu tort de ne pas en déterminer la circonscription d'après des principes purement .scientifiques. Pourquoi couper en déu£ ce grand archipel qui, sur le globe terrestre, présente un ensemble m frappant? Pourquoi chercher eu tre les iles Moluques et les îles des Papou* une ligne de démarcation que la nature n'y a point tracée? Le nom iY 4 sic n'a été donné , par les anciens, qu'au coutinent qui le porte; les iles de Sumatra , de Java , de Bornéo ,
découvertes par les modernes, n'ont été attribuée» à l'Asie que parce qu'on ignorait l'étendue de l'archipel dont elles font partie. Pourquoi ne restreindrions-nous pas cette exception daus les limites marquées par la nature? D'ailleurs la mer de la Chiue ne séparc-tclle pas l'Asie des terres du Grand-Océan, comme la Méditerrauéc sépare l'Afrique de l'Europe ? »
Mais il est d'autres parties du monde dont les limilcs sont encore le sujet de beaucoup de disputes parmi lessavans.et à lézard desquelles le* géographes les plus distingués sont bien loin d'être d'accord entre eux. Nous voulons parler dus limite* orientales de l'Europe. Malte-Brun, dés le commencement du siècle actuel , et plus tard dans sou Précis, a fait voir combien il était important et convenable de, donuer à l'Europe la limite naturelle tracée par l'Oural et par la mer Caspienne. C'est cette limite qui a été depuis adoptée avec quelques légères modifications par presque tous les géographes français, et c'est aussi celle que nous avons admise dans notre Compendio, en i8i6ct en i8i<>. Nous avons médité depuis sur ce sujet; nous en avons parlé plusieurs fois au savant géographe dont les sciences historiques et géographiques déplorent encore la perte, et nous avons cru devoir reculer la frontière de l'Europe jusqu'à la chaîne principale du Caucase. Plusieurs raisons, qu'il serait trop long d'exposer ici , nous ont engagé à faire cette modification , que Malte-Brun lui-même se proposait d'introduire daus V Abrège de géographie auquel il travaillait au moment même où la mort l'a frappe. Nous avons eu la satisfaction de voir que des géographes très distingués, MM. Walckenaer et Eyriès, dans X Abrégé de géogra phic moderne de Piukerton , et M. Dcnaix , dans ses Essais de géographie méthodique 1 l comiMirative, ont eu la même idée, et ont modifié de la sorte les limites orientales de l'Europe. Ces mêmes limites ont été adoptées par M. Hornschuch dans son Traité de géographie élémentaire. Nous laissons aux géographes routiniers le plaisir de conserver des divisions imaginaires, car nous ne saurions quelle autre qualification leur donner, voyant que le gouvernement russe, sur le territoire duquel ces savaus s'amusent à tracer de semblables démarcations, ne reconnaît aucune division entre la Russie d'Europe et celle d'Asie. Celte dernière rctlexion doit s'appliquer aussi à l'eïalet lurk du Djesaïr ou de; //ci, dépendant du capitan-|»acha ; car il s'étend sur une partie du eontiucut en Europe et en Asie et sur les iles de l'Archipel qui appartiennent à ces deux grandes divisions du globe.
Il en est de la classification des iles comme des limites orientales de l'Europe , des limilcs occidentales de l'Océanie, de la clarification des montagnes et d'une foule d'autres sujets sur lesquels les géographes différent de la manière la plus extraordinaire. Quant à nous , il nous semble que le seul principe d'après lequel ou doit classer les iles est celui de leur plus grande proximité du continent. Toute autre régie qu'on voudrait suivre offrirait les plus grands incouvéniens dans son application. C'est ce principe de la plus grande proximité du continent d'Amérique qui nous a engagé a rauger, daus notre Compendio, |tarnii A*s îles américaines l'Islande , que presque tous les géographes s'accordent à mettre en Euro|>e à lu suite du Danemark. C'est aussi le même principe de la plus grande proximité du eontiucut européen qui nous a fait classer dans ce même ouvrage avec les iles de l'Ei rope l'archipel des Açores, que tous les géographes s'obstinent à regarder comme une dépendance géographique de l'Afrique. La dépendance politique de l'Islande du Danemark , son gouvernement aualogue à celui de cette monarchie, la langue et la religiou de ses habitai», ne sont pas des motifs assez puissans pour autoriser le géographe à considérer cette i!e comme une dépendance géographique de l'Europe. L'île de Terre-Neuve, celles de Saint-Jean et du cap Breton, les archiftels des Antilles et des Lucajcs, etc., etc., devraient être aussi classés parmi les iles européennes, si ces considérations pouvaient valoir pour l'Islande. Mais qui ne voit pas l'inconvénient d'un tel raisonnement? Cela pouvait se faire avant la découverte du Nouveau-Monde, parce que, ne connaissant pas d'autre grande terre de ce côté, il fallait nécessairement rattacher i l'Europe l'Islande et le Groenland , découverts dans le moyen âge. Mais il serait absurde de rcteuir une classification aussi imparfaite maintenant que l'ou commit le vasy^ continent dont ces grandes iles sont incontestablement des dépendances géographiques. Convaincu de la vérité de ce principe et de l'utilité de son application dans la classification des iles, nous l'avons toujours eu présent dans tous les calculs que nous avons faits sur la superficie et sur la population
PRINCIPES GÉNÉRAUX- U
des cinq parties du monde. C'est à celte différente manière du classer les îles que l'on doit eu partie attribuer la différence, parfois très grande, que l'on trouvera entre nos étamattons et celles de* phi» savant statisticiens de l'Allemagne, surtout relativement à k monarchie- Danoise et â l'Océanie. En effet , en ajoutant avec ce* deruiers toute l'Islande au |K-ti! royaume de Danemark, ou triple presque la surface de la partie européenne de rette monarchie , que, d'après l<*s meilleure* cartes et les plus imposantes autorités , uous n avons évaluée qu'a i6,5oo milles carrés géographiques.
Mais avant d'offrir le tableau de la statistique générale des grandes divisions du glolie que nous veitous de tracer, il faut en examiner les bases principales, la superficie et la population.
.N'eu* avons vu à la page 7 que la superficie du globe est de 1 48,5a 1,600 milles carrés. Xcs rec herches et nos calculs sur la superficie de toutes les terres connues nous ont donne U somme de 37,673,000 milles carres pour la superficie des cinq parties du moude et des innombrables îles regardées comme leurs dépeudaures géographiques ; le reste, <mj 1/0,849,000 milles carrés indiquent la superficie de toutes les mers du globe. Les terres sont donc aux mers comme 37,673,000 à 110,849,000, ou approximativement
Les géographes modernes au niveau des progrès de la science qu'ils cultivent s'accordent assez sur cette proportion entre la superficie des terres et celle des eaux du globe; mais ils difTereut extraordinairemenl dans la détermination de la superficie des différentes [»ariM*s du monde cl de leurs principaux étals. Les bornes de cet ouvrage ne nous permettent pas d'analyser les causes qui nous paraissent avoir contribué le plus à produire I étonnante disparité d'opinions que uous avons rencontrée dans les géographies et dans tous les ouvrages où jusqu'à présent Ton a eu occasion de traiter ce sujet. Nos lecteur* les trouveront indiquées dans le mémoire que nous avons insère dans le xxmc volume du Bulletin Universel, publié sous la direction de M. le baron de Ferussac. Ils verront quelle confiance on doit accorder aux évaluations faites à chaque instant et reproduites dans une foule d'ouvrages élémentaires et moine spéciaux de géographie et de •statistique par des juges non compétens. Ici nous nous boruerens à leur offrir dans le tableau ci-de>sous l'étonnante disparité d'opinions émises relativement à la superficie de quelques contrées, dont la mesure depuis long-temps parait ne devoir offrir que de 1res petites différences, parce que leur contour est bien ou du moins suffisamment connu, (m doit d'autant p'us s étonner de trouver ces évaluations erronées reproduites dans des ou vrages modernes , qu'il suffit que deux auteurs connaissent les premiers élémeus de la géométrie, et qu'ils établissent leurs calculs sur les meilleures cartes, pour obtenir des résultats très app>rochans entre eux. Plus d'une fois nous avons pu nous en convaincre par nous-tnésne . avant eu le plaisir de voir les résultats de nos calculs être presque identiques avee ceux faits depuis par MM. de Mumboldt, Freycinet, Brué, Hoffmann et autres géographes et sas ans très distingués. Nous citerons entre autres nos évaluations sur la superficie de l'empire du Brésil , de l'archipel de Sandwich , de la Sicile et celle de l'Afrique. 1a*s évaluations de la dernière colonne sont le résultat de nos calculs et les estimations d autres auteurs que nous avons adoptées comme les plus exactes.
TABLEAU COMPARATIF
vms rtiictrttts o»r*iO»s imimi *< » ta it»rtci db qi elqi ï» rit» rit Dirrtirni avrtvM.
Superficie
Supriflcit en nulles
PAT h. AUTEURS. en uiillet r.rr* AUTEURS. e«rv.
d» 1» au defré. do xi «u
drgrV.
Fra*c» fVauùan, quoique sans
comprendre la Lorraine, la Corse, An- XicoUct , Villot , gnon, etc., etc. 10 800 Bottin et Balbi. n t>>5
Crame. 10 36* flumboUt. 9 618 6
llassrL 10 264 et (O 087.7
Liechtenstein. 10 147.4
Mentelt*. 9 978.4
TABLEAU COMPARATIF
fuit*» sua uk scanci om qv tiqua» rtit r*a DirTiasat AUTtvat.