‹ Abrégé de géographie (volume 2)Chapitre 35 sur 320 · CHAPITRE XIT · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIT

Classification des habitons de la terre d'après les religions

quils professent.

Ii. n'est pas prouve, dit M. Sehoell, qu'il existe un peuple sans religion. Des que les hommes se sont réunis en sociétés, ils ont reconnu l'existence d'êtres supérieurs à leur nature , et disposés à exercer sur leur destinée une influence bienfaisante si on les rendait favorables, malfaisante si on excitait leur courroux. Ils se sont en conséquence efforcés d'apaiser ces êtres par des prières, des ofïraudes, des sacrifices et par toutes les démonstrations de respect et de véuératiou qu'ils ont pu imaginer. Les diverses manieras dont les peuples manifestait ce sentiment constitueut autant de religions diverse-.; les actes extérieurs qui peuvent être le résultat de ces croyances religieuses sont des cultes.

Quelle que soit la diversité des religions que les hommes professeul , on peut les diviser en dcu\ classes : la première comprend tous les systèmes religieux qui méiottnaissent le irai Dieu; la seconde tous ceux qui émanent Je l'idée d'un seul Dieu créateur, motlérateur et conservateur de toutes choses.

, PRINCIPES GÉNÉRAUX

Tous les cultes de la première classe se subdivisent eu un nombre presque infini , tant est grande la variété de ces religions enfantées parla superstition et l'ignorance des peuple* les moins civilisés. L'homme a imaginé les absurdités les plus étranges pour se former de* svstenies religieux; il a adressé se* hommages a tous les objets de la nature. Notre cadre ue nous permettant pas d'entrer dans les détails qu'exigerait la elassiuYaliou même superficielle de cette nombreuse classe de religions , nous nous bornerai» aux deux suivantes, qui jusqu'à un certain point peuvent être regardées comme la source d'où dérive le plus grand nombre de* supers! i lions et des croyances absurdes qui forment la base de toutes ces religions: nous voulons parler du fétichisme et du sabéHtmc. (les deux croyantes se partagent entre elles, sauf quelques exceptions, tous les peuples sauvage et ceux que nous avons nommés barbares.

Le FcrxcsfSMx est l'adoration des fétiches (fetisso), expression employée par les nègres des eoies oerideu taies de l'Afrique pour désigner les objets vivans ou inanimés de la nature , auxquels la peur, la reconnaissance on quelque affection particulière engagent ces peuples a adresser une espèce de culte religieux. Tout ce qui les entoure, la nature entière, les élémens, le» arbres, les fleuves, le feu, eu un mol tous les être* chez lesquels ces hommes simples et ignoraits observent des propriétés bienfaisantes ou malfaisantes qui leur paraissent incompréhensibles , sont les objets de leur culte. C 'cal relui des peuples qui sont placés au dernier degré de civilisation, et qui ont le» idées les plus grovoercs de la Divinité et des rapports qui existent entre elle et l'hummc. Mais ce culte otfrc une foule de nutnevs depuis les superstitions les plus absurdes des sauvages abrutis du Continent- Austral (Nouvelle- Hollande) et de la Tasmauie (Terre de Dicinen) jusqu'au fétichisme des peuples moins barbares de la Polynésie, du centre de l'Afrique et de plusieurs parties de l'Asie et de Y Amérique. Cest parmi les religions comprises dans cette branche qu'on observe le plus souvent les sacrifices humains et une foule d'atrocités qui font frémir d'horreur. Plusieurs oui une espèce de prêtres ou plutôt de devin» et de sorciers, qui s'appellent griots chez plusieurs peuples de l'Afrique, jongleurs chez pfcisieurs peuplade* américaines et schamanes chez les peuples de la Sibérie; celle dernière déiiominaliou a été la cause de la singulière méprise qui a fait confondre une nuance du fétichisme avec le samauctsme qui est une branche de la religion de bouddha.

Le Saséisme tient un rang plus élevé; c'est l'adoration des corps célestes, du soleil, de la luneet des étoiles, soit séparément , soit tous ensemble. Ccsystciue Ires ancien, répaudu sur toute retendue du globe, même au Pérou, s'est mêlé avec toute» les autres religions; mais il n'existe plus sans mélange que chez quelques tribus isolées. Sou nom vient des Sahéens ou Sahiem , ancien peuple de l'Arabie.

Les principales religions comprises dans la seconde clause de* cultes sont les suivantes : le Judaïsme , le Christianisme , le 3/ahométisme , ou Islamisme, le Magisme , le lirahmanismey le Bouddhisme, le Sintisme, le Nanekisme , le Naturalisme mythologique et le Panthéisme philosophique.

Le Ji n vis-at ne reconnaît d'autre révélation que celle qui a élé faite au peuple de Dieu par Moi>e et par les prophètes, lieux qui professent cette religion sont connus sous le nom de Juifs. Ils attendent la venue d'un Messie, qui doit fonder un grand empire, auquel participeront les fidèles. Ils pratiquent la circoncision et un grand nombre de cérémonies. H» chôment le septième jour de la semaine. Lorsqu'ils occupaient la Palestine , ils avaient une sorte particulière de prêtres, les Lévites; depuis leur dispersion , qui a produit la confusion de leurs tribus, ils ont cessé de sacrifier à l'Éternel; et au lieu de piètres ou de sacrificateurs, ils n'ont plus que de* docteurs appelés Rabbins qui enseignent la loi dans les synagogues ; c'est ainsi qu'ils appellent leurs temples. Ils ne reconnaissent qu'une personne en Dieu. Leur» livres sacrés tonnent \ Ancien Testament , écrit principalement en langue hébraïque.

Le judaïsme , dont plusieurs idées et images ressemblent à celles des Mages de la Perse ou des anciens prêtres égvptieus, se divise aujourd'hui en plusieurs sectes dont les principales sont : la secte des Talmudist es , dits aussi Rabba /listes, dénominations qui leur ont été données à cause de leur respect pour les décisions des Rabbins et pour le Tolmud ', immense fatras, où quelques idées saines sont perdues dans la fange. Ces juifs, étant incomparablement plus nombreux que tous les autres , forment à propre-

meut parler la masse de la population juive. Les Chasidim, dits aussi Juifs Sauteurs ou Piètistes sout une subdivision desTalniudistes, qui s'est formée à Miedzyvorz eu Ukraine entre 1760 et 1765; ils affectent une vertu plus sévère , une dévotion plus vive, et sout aux autres Juifs ce que sout les Piétistes aux Protestans. Ou prétend que leur nombre dépasse celui des Talmudistes dans la Pologne russe et dans la Turquie d'Europe. Les Car ait es rejettent les traditions, les superstitions et les inepties qui abondent dans le Talinud. Ils diffèrent en outre des Kabbaitistes sur quelques rits, quelques cérémonies légales. Quoique réduits à quelques millier* ils sout répaudus en plusieurs pa)s : ou les retrouve dans la Syrie, en Egypte, dans le désert de Hit à trois jours démarche de Bagdad-, à Constatstinople, en Crimée, dans l'Ukraine, dans la Gallicie, la Lithuanie, à Dubuo et près de Kouba dans la région du Caucase. Les Re c habite s , visités dernièrement par le docleur Wolf; ils vivent indépendansdans trois oasis uou loin de la Mecque. Ces Juifs remontent à une haute antiquité, possèdent le pentateuque, les livres des Rois, d'Isaïe, Jérémie et quelques autres prophètes. Les Samaritains , autrefois beaucoup plus nombreux et maintenant réduits à aoo individus, qui vivent à Napluuse el à Jafîa. Ils ne différent que dans le» cérémonies des autres Juifs. Ils font encore tons les ans le sacrifice au raout Garizim ou dans la ville de Napluuse. Les J u ifs du Malabar: ils sout assez nombreux et s'y sont établis depuis plusieurs siècles, et y out fait beaucoup de prosélytes parmi les indigènes.

Le plus grand nombre des Juifs vil maintenant eu Europe, surtout dans les empires Russe, Autrichien et Ottoman; en Asie, dans ce dernier empire , dans l'Arabie , dans l'Inde et autres contrées; eu Afrique, dans les régions du Nil el de l'Atlas. Nous ue savons pas qu'il eu existe dans i'Océauie ; et l'Amérique en compte uu nombre très petit eu com- 1 «raison des autres parties du monde.

Le CuaiSTiAKiSME a pris origine dans le sein du judaïsme. Mêlé ensuite avec la philosophie platonicienne , modifié par les progrès de l'esprit humain, le christianisme s'est divisé en une inlhité de systèmes, et étend aujourd'hui sa bienfaisante influence sur les contrées les plus civilisées et dans toutes les parties du moude. C'est la religion la plu* étendue sur le globe et celle qui compte un plus grand nombre de croyans. Ceux qui la professent , que nous appelons Chrétiens, indépendamment de la révélation de Moïse et des prophètes, croient encore à celle du Souvenu Testament, à la venue du Christ , à la rédemption des péchés, et à la résunecliou des morts; & pratiquent le baptême et chôment le premier jour de la semaiue. Nous offrirons daus le tableau suivant les principales subdivisions du christianisme d'après M. Scha ll et d'après l'ouvrage remarquable de l'ancien évèque de Hlois.

1° Chrétiens qui outre la Bible reconnaissent encore une autorité supérieure en. matière de foi Ils forment l'église Latine ou d'Occident, et l'église Grecque ou d'Oiient.

A. ÉoLtAK Gkscqc'k ou d'OafEHi. Les principaux points sur lesquels elle diffère de l'église Latine sont relativement à 1» suprématie du pape comme vicaire de Jésus-Christ et au dogme qui fait procéder le Saint-Esprit du Fils, ainsi qu'à deux points de discipline, qui sout la communion sous les deux espèces et le mariage des prêtres. Voici les autres «logmes ou points de discipline sur lesquels les Orientaux ne s'accordent pas avec les Catholiques. Quoiqu'ils admettent sept sacrement qu'ils appellent mjrstèies, il paraît qu'ils n'attachent pas a ce mot le même sens que les La Uns; il est certain au moins qu'ils n'eu regardent que deux comme d'institution divine , savoir, le hapterae et l'eucharistie , et qu'ils croient que les antres ont été institués par l'Eglise. Ils donneut la confirmation en même temps que le baptême, qui se fait par triple immersion; ils y joignent même la communion. Us nient l'indissolubilité du mariage et le rompent pour adultère ; mais ils condamnent les quatrièmes noces. Us ne reconnaissent pas d'œnvres surérogatoires et n'admettent par conséquent pas les indulgences. Les Orientaux ont eomtnc les Catholiques une hiérarchie et des monastères, et sont soumis à des pratiques de dévotion nombreuses et a des jeûnes plus rigoureux encore. Ces Chrétiens se partagent en quatre communions principales, selon qu'ils adoptent ou rejetteut une partie des sept premiers conciles oecuméniques qui ont été assemblés avant la scissiou des églises d'Orient et d'Occident.

i° L'église Grecque, qui s'appelle orthodoxe, parce qu'elle adopte tous les sept conciles œcuménique», ainsi que le quini-sextum , n'a jamais formé une église unique. Elle « mhr.tsse presque tous les Grecs de l'empire Ottoman, tous ceux de l'empire Rosse et des îles loniannea, et un grand nombre d'individus appartenant a différentes nations qui babi-

PIUNUPI-S ( .1 M II Vï'\ . fil

lent l'empire d'Autriche surtout dans 1rs payi qa'on nomme hongro:s, et qui sont répandus eu d'antres états. Us rrronnaissrnt pour chef spirituel le patriarche de Constanhuoplr , qai a conservé m prééminence sur ceux d' Antiorbe, d'Alexandrie et de Jérusalem. On appelle Ndckites le* chrétiens orthodoxes delà Syrie et d'autres provinces du Levant, qui ne sont pas Crées de nation , mais de religion.

Tons les peuples Russes et tous les prosélytes que les Russes sont parvenus à faire parmi les nombreuses nations qui vivent daus leur vaste empire, un grand nombre d'habitans dm les provinces qui fermaient le ci-devant royaume de Pologuc, ainsi que les Géorgiens, et autres peuples, professent cette religion , et dépendent du Saïnt'Srnoife de l'empire Rosse pour tont ce qui se rapporte au culte. Nous ne savons pas si les Miugrelirns et les Imérètieos . compris maintenant dans cet empire, sont encore soumis comme auparavant au patriarrhe de Consfantinople. L'église Russe comprend sous le nom général de RaskiJmkt tontes les sectes dont les croyances diffèrent de l'église orthodoxe. Il y en a un grand nombre. Nous citerons les Bogomtles qui se livrent à tous les excès de la sensnalité et M dispensent dn travail ; les Malakhans , qui ont quelque analogie avec 1rs quakers; les Philippe**, qui «ucouragent le suicide; et les Cktgenistes qui enseignent que la mutilation d.ins les parties génitales est commandée par le fondateur même de la religion chrétienne.

i* L'église Chaldeenne ou .V 'e s to rienne. Ses croyans ne reconnaissent que les deas premiers conciles œcuméniques et les pères de l'Eglise qui ont vécu avant le concile «Trpbèse, où leur doctrine a été condamnée, fis attribuent a Jésus-Christ deux personnes on t.rpostatet. refusent de donner à» la Vierge la qualité de mère de Dieu, abhorrent le culte des images, et regardent Nesîorins et Théodore de Mopsveste comme des saints Le plus grand nombre vit dans l'Asie-Ottomane, on dans le village d'KI-Kosrh près de Mosul . cm réside leur patriarche principal, et dans la l'erse. Les Nestorirns établis dans l'Inde sont nommés Chrétiens de saint Thomas, parce qu'ils prétendent avoir reçu l'évangile par ce saint. Depuis r5tjoils se sont, pour la plupart, réunis anx Latins, en conservant la communion sous les deux espèces et le mariage des prêtres. Ces chrétiens sont ce que les catholiques désignent tons le nom de Crées- Unis

3° Uiglise M '<* n op Hjm ite o*i Etsty chie une , dont les croyans ne reconnaissent que les trots premiers conciles œcuméniques , et u'admrttrnt qn'unc nature en Joiis- Christ, savoir, la nature Divine, quia été incarnée; aussi ne font-ils le signe de la croix qu'avec un seul doigt. Cette église se subdivise en trois autres appelées :

Ja colite . ainsi nommée d'après nne moine syrien du vi* siècle, Jacnb Bandai on Xanzalus , qui parcourut la Syrie et la Mé»oj>ot.iinic pour réunir en nne église les Monasophy sites clisjiersés, et qui leur donna une hiérarchie. Leur chef prend le titre de patiiarche /* Inttxhe, porte le nom d'Ignace et réside a Karemid, dans le Diarhekir, dans l'Asie-Ottomane. Les Jacnbitei ont adopté le culte des saints et des images. Une graude partie d'entre eux se sont réunis à l'église catholique , en conservant toutefois quelques rites qui leur •ont particuliers.

Copte, dont les croyans se nomment Coptes ou Chrétiens d'Egypte, de Nubie et d'Ahyssinie. fis ont adopté le cnlte des images. Deux particularités les distinguent de tous les antres Chrétiens; ils ont conservé la circoncision conjoint, ment avec le baptême, plutôt cependant comme nne coutume nationale, que comme cérémonie religieuse; et ils célèbrent le dimanche et nne partie do samedi. Leur patriarche demeure au Caire, mais il prend le titre de patriarche <T Alexandrie et Je Jrrusalcni. \\ nomme pour l'Ahyssinie un vicaire général appelé Ahusus.

Arménienne, a laquelle appartiennent presque tons les Arméniens. Ces chrétiens ont peu de fêtes et rrjettent le culte des images. Il» ont quatre patriarches, dont le priuripal, qui porte le titre de Cathnlicos de tous les Arméniens, a résidé dans le couvent d'Êtch-Miadsin , dans la ci-devant Arménie-Persane jusqu'en 182?, époque on il s'est réfugié sur le territoire Russe; il est probable qu'il est retourné à son ancienne résidence depuis l'incorporation de cette province à l'empire Musse. Les trois autre» pat-iarches résident à Sis en Caramanie , à Candsasar près dn lac d'Envan , et à Agathe m.ir. couvent situé dans une Ile du lac de Van. Les Arméniens forment la masse principale de la population de l'Arménie proprement dite, et se trouvent répandus en plusieurs autres pays indiqués daus les articles ethstographujmes de cet ouvrage. Quelque» Arméniens se sont réunis à l'église catholique : reux-ci ont un archevêque à Nachtchivan sur le Don, et un autre dans l'Ile de Saint-Lararc dans les lagunes de Venise. (1 y en a aussi plusieurs milliers dans l'empire Ottoman, surtout à Constaotinople on depuis peu ils sont soumis a la juridiction d'un patriarche indépendant qu'on vient de leur accorder.

i" L'église Maronite, dont les croyans s'appellent MamnL'es, d'après Jean Maron , prêtre du v" siècle qui leur donna leur constitution. Ils vivent dans les montagnes du Liban et dans l'Ile de Chypre; ils admettent les quatre premiers conciles œcuméniques, et reconnaissent par conséquent en Jésus-Christ une seule personne et deux natures ; mais ils

«.ont MonotheLtes , et n'admettent dans ces deux natures qu'une seule volonté. Le plus grand nombre s'est réuni à 1 église catholique , en conservant la plupart des rites de l'cglisc orientale. Leur chef spirituel, qui reconnaît le pape, porte le titre de patriarche d Antioche et réside à Caunobiu, couvent du Liban.

B. Églisx Latixk ou d'Occioeht. On appelle Catholiques ceux qui suivent se» dogmes; mais cette dénomination, qui indique qu'ils forment Yeglise universelle, leur est contestée par les membres des autre» église» chrétienne»: ceux-ci les appellent Catholiques Romains et Papistes. L'égli«c Latine reconnaît pour chef le pape ou le sruverain pontife ; elle admet l'autorité de la tradition , ainsi que les dérision» de l'Eglise assemblée eu conciles œcuménique», qui M>nt regardé» comme infaillible». Le plu» grand nombre de se» membres attribuent cette infaillibilité au pape seul. Les Catholique» ont sept sacrrmrn» d'institution divine; il» admettent la transsubstantiation dan» l'cucliaristic , la confession auriculaire, le culte de» sain!», le purgatoire, le» œuvres de Mirérogatiou , les indulgences, les vœux monastiques, et au moin» comme discipline, le célibat des prêtres. Us administrent le baptême par infusiou; ils reconnaissent non-sculcmeilt le» sept premier» conciles œcuméniques qui ont été assemblés avaut le schisme de l'église Orientale (a l'exc eption du quim-st xlum\ mais aus»i plusieurs autre» convoqué» par le» papes depuis le ixt siècle. Le dernier et le plus célèbre est celui de Trente, qui avec quelques interruptions, u siégé de t5\-i jusqu'à i563. Le clergé catholique est nombreux et très riche, surtout eu Hongrie, en Espagne, au Mexique, au Pérou, à Cuba et autres contrée». Il existe entre les prêtre» une hiérarchie et de» dignité» ecclésiastiques , auxquelles jusqu'à ces derniers temps fut attaché quelquefois un pouvoir temporel tre» considérable, tels que les électorat» ecclésiastique* de Mayence, de Trêves et de Cologne , l'archevêché de Saltzbourg, les évèché» de Wurzbourg , de Baroberg, d'tlildslicim, etc., etc., dan» le ci-devaut empire Germanique, la grande maîtrise de l'ordre de Malte , etc. Parmi le» catholique» de toutes le* nations, excepté toutefois les Grecs-Unis dont nous avons parlé à l'article de l'égli»c Grecque , la liturgie et le» prières sont rédigée» en latin.

VeglLte Catholique étend son empire snr presque toute la France, sur. toute l'Italie, l'Espagne, le Portugal, sur les trois quarts de l'Irlande, sur la plu» grande partie de l'empire d'Autriche , sur plus de la moitié du royaume de» Pays-Bas , sur presque la moitié de la monarchie Prussienne, de la confédération Suisse et des puissances secondaire» de la confédération Germanique. U faut aussi ajouter au nombre de se» eroyan» la plu» grande partie des Chrétien» de saint Thomas ou Syrien» du Malabar, de» Maronites du Liban, et un grand nombre de Grecs-Unis et Arméniens qui en conservant leur liturgie et quelques usages, reconnaissent la suprématie du pape et les dogmes de l'église Latine. Cette religion est aussi dominante dans les nouveaux états qui se sont élevés sur les débris des colonies espagnoles et portugaise» en Amérique , et e»t professée pir les descendans de ces deux peuples et des Français dau» les établissemens que ces nations ont fondés hors de l'Europe, ainsi que par nne partie assez considérable de la population dans les États-Unis et d'autres contrées que l'on trouvera indiquées dans cet Abrégé. Le Pape ou le souverain Pontife e»t le chef spirituel de cette églito.

11° Chrétiens qui, en matières de foi, ne reconnaissent d'autre autorité que celle de la Bitte. M. Schoell divise ces chrétiens en Unitaires, qui ne reconnaissent qu'une personne dans la Divinité, et en Trinitaires, qui en admettent trois.

A. Unitaires. On appelle en général Unitaires on Anti-Trinitaires ton» les Chrétiens qui nient la trinité des personne» en Dieu. On comprend »ou» ce uom plus spécialement les Atiens du 4' siècle, les Sociniens et les Unitaires proprement dits. Les Ariens, dont la doctrine a été condamnée au premier concile de Nicéc, admettaient que Jésus-Christ est engendrédu Père de toute éternité; mais ils soutenaient que le Fil» et le Saint-Esprit sont subordonnés au Père. Les Sociniens nient également la divinité du Christ, mais il est a leur» yeux la première de* créature* et le plu» grand des prophètes, qui a été couru miraculeusement par l'opération du Saint-Esprit, lequel est une force émanée de Dieu Jésus-Christ est venu donner aux hommes un modèle de toute» le» vertus; il a prouve notre ré>urrection future par la sienne. Toute puissance lui a été accordée dans le ciel et sur la terre, et le Père est invoqué en son nom. On appelle Unitaires proprement dits ceux qui nient la divinité du Christ et sa préexistence, sans admettre aucun des deux système» dont on vient de parler. Ces derniers Unitaires sont répandus parmi les Chrétiens de tou» les pays, mais ils n'ont pas fait de scission et il» ne forment pas de secte particulière. Les Ariens , s'il en existe encore, sont dans le même cas. Il ne nous reste donc à parler que des Socmiens.

Ou les appelle ainsi d'après LeUio Sozzini, noble siennois mort en i56a en Pologne , où il s'était réfugié pour échapper à l'inquisition. Le» Sociniens se rapprochent dans la plupart des dogmes do système des ProtesLins; mais il» rejettent , ainsi qu'on l'a dit, la Trinité et tous les my stère». Leur grand principe est que le christianisme doit être absolument conforme à la Bible, et que le» expressions des livres sacre» doivent être prise» dans leur sens

I»- plot simple et le pins naturel, en écartant tonte interprétation mystique et tout ee qui tient au merveilleux. Les Sociniens sont très peu nombreux. Le plus grand nombre existe dans la Transylvanie où ils jouissent d'une pleine liberté de conscience et de l'exercice public de leur culte. On en trouve aussi , mais en bien moindre nombre , en Prusse, dans la monarchie Prossienne , en Hollande rt en Angleterre.

B. Ta la i ta i nts. Ces chrétiens trouf eut dans les lirres du Nouveau Testament le dogme de la divinité éternelle de Jésus-Christ et du Saint-Kaprit , et reconnaissent le dogme de la Trinité. On peut les diviser eu trois classes principales, savoir, les Protestant , les Anglicans et les diverses sectes de mystiques es d'enthousiastes qui ont été entées sur le protestantisme.

i° P mte s tans . Ces Chrétiens sou t ainsi nommes parce qu'a la iliete de l'empire tenue a Spire en i5r»y, les princes et états attaché» aux opinions des novateurs protestèrent contre toute loi qui défendrait des innovations en matière de religion. Les pmtestans adoptent la Bible comme un ouvrage divin, en rejetant cependant comme apocryphes diverses parties que le conede de Trente a déclarée» canouique»; ils recommandent la lecture et l'étude des lirres sacrés, dont ils ont fait faire un grand nombre de traductions dans tontes les langues; cependant aucune de ces traduction» n'est regardée1 comme authentique, et le texte original seul fait autorité pour eux. lia peuvent que Dieu a donné a l'homme, indépendamment de la révélation, deux grandes lumières: la saine raison pour entendre sa parole, et la conscience pour lui servir de guide dans ses actions. Ils rejettent toute autorité humaine en matière de toi , même celle des conciles ; ils adopteut cependant , non comme loi , mais comme conformes a la Bible, les canons des quatre premiers concile» œcuméniques, et la phrase qui éuonce la procession du Saint-F.sprit et du I ils; par conséquent leur credo est entièrement conforme a relui des Catholiques. Ils ne connaissent que deux sacremens :1e baptême qu'il* administrent par infusion, et l'eucharistie ou la sainte cène; ils communient sons les deux espèces; ils rejettent la transsubstantiation , et par conséquent le sacrifice de la messe; ils n'admettent pas la légitimité des vaux monastique», la sainteté du célibat, l'indissolubilité du mariage, le mente attribué aux bonnes œuvres par l'égluc catholique, ni par suite les indulgences; Us réprouvent aussi l'invocation des saints, et le culte des images, la confession auriculaire, la différence entre les péché* véniel» et les mortels, la rémission des jH-cUrs par une autorité humaine, l'extrêiiie-onction , le purgatoire et l'autorité spirituelle du souverain pontife et de l'église. Chca eux l'ordination ecclésiastique n'est qu'une cérémonie religieuse en vertu de laquelle les candidat» sont reconnus, par leurs confrères, capable* d'exercer le saint ministère : leurs ecclésiastique» ne sont que les ministres du culte et les serviteurs du prince qui les a nommés, et des communes qu'ils desservent. Ils n'ont d'autre autorité que celle qu'ils tiennent des lois du pays où ils vivent. La confirmation, la confession et la bénédiction nuptiale ne sont que des cérémonies religieuses instituées par les hommes, et dont on peut se dispenser. Les Protestons le» ont conservées, en en changeant l'objet et la destination; mais ils out entièrement supprimé l'extrémc-onction.

On divise les Protestant en Luthériens et eu '/.wmgUcns ou Calvinistes.

Les Luthériens sont ainsi nommés d'après Martin Luther, moine de YVittemherg, qui m lit- comment a le schisme ; ils préfèrent cependant le nom d' Kvangrliques ou tVAdherrns de la Confession d' Augibourg , qui est le nom ofliciel qu'on leur a donné en Allemagne et en France; ce nom dérive de la fameuse Confession if Augsbourg rédigée par Philippe Melanrbthon et présentée en 1 53o a l'empereur Charles-Quint à la diète d'Augsbnurg par le» princes et les état» qui avaient embrassé le» opinions de Luther.

Le» Luthérien» se distinguent des autres Protestaus par la manière mystique dont ils s'expriment a l'égard de la présence réelle dans le sacrement de l'eucharistie. Tout en rejetant la transsubstantiation , ils admettent la présence réelle et disent que les fidèlea mangent le véritable corps et boivent le véritable sang de Jésus-Christ eu mangeant le pain et buvant le vin m, cum et sub pane et 'Vtno , de manière que ce pain et ce vin, quoique consacrés, conservent leur nature s'ils ne «ont pas distribué» aux fidèles, et ne doivent en aucun cas être adorés. Us emploient, dans la communion, du pain azyme, comme l'église latine. Tout en rejetant le culte des images, ils souffrent que leurs église» en soient décorées, en commémoration de» évènemens qu'elle» rappellent. Les Luthériens ne condamnent pas absolument la hiérarchie, mais ils n'admettent pas qu'elle soit d'institution divine; et «leurs prélats, dans le» pays où ils en ont , sont soumis au prince qui est toujours investi de la suprématie spirituelle. En Suède, le» Luthérien» ont des archevêques et des évéques, qui forment un des quatre ordre» «le l'état, avec lesquels le roi partage l'exercice du pouvoir législatif. En Danemark, en flforwègc et eu Irlande on trouve les mêmes dignités ecclésiastiques, mais sans aucune prérogative qui donne une influence politique.

Le Lu thénanistne domine dans les monarchies Prussienne, Danoise et Norwégieno- Suédoise, dans le» royaume» d'Hanovre, de Saxe et de Wurtemberg et autres état» de la Confédération Germanique , dans les provinces Baltique» de l'empire Russe ; il compte aussi beaucoup de croyant dans les pays Hongrois et autres provinces de l'empire d'Autriche ,

AnRKGK DE GÉOGRAPHIE.

ainsi que dan» plusieurs états de la Confédération Anglo-Américaine et dans les colonies Danoises et Suédoises.

Le» Zwingtùns, ainsi nommés d après Zwingle, pastror à Zurich, contemporain de Luther, qui commença le schisme en Suisse, sont ansM appelés Calviniste* du nom de Calviuus de Noyon , qui répandit le» mêmes opinion» à Gcuève et en France. Les Calvinistes se donnent de préférence le nom de Reformes Anciennement en France on les appelait Huguenots.

Les Calvinistes rejettent entièrement la présence réelle , et prétendent que le pain et le vin signifient seulement le corps et )e sang du Sauveur. Us se servent, dan* !n communion . de pain levé. Us soutiennent qne , quoique Jésus-Christ soit venu pour sauver le genre humain, il n'y a qu'un petit nombre d'hommes élus depuis l'éternité, et prédestinés au salut. Les Calvinistes exigent dans le cuite une simplicité extraordinaire, et rejeta ut l'nsage du crucifix, des images et des cierges, que les Luthériens tolèrent comme simple ornement. Leur régime ecclésiastique est entièrement républicain.

Les provinces septentrionales de la monarchie Néerlandaise, les cantons Suisses de Berne, de Zurich, de Haie, de Genève et le duché de Nassan , les principauté» d'Auhatt , de Lippe, la Hessc-Electorale, les départemens dn Gard, de l'Ardèche , delà Drônic , du Lotet-Garonne, etc., etc., en France, la Hongrie, la Transylvanie , les Confins Militaires etc. dans l'empire d'Autriche, et les Etats-Unis d'Amérique , ainsi que les colonies Anglaises et Néerlandaises, sont les pays où les Calvinistes se trouvent en plus grand nombre. Il y en n aussi beaucoup dans la monarchie Prussienne.

En Hollande et en Uolstein , une secte particulière de Réformés est nommée Arminiens on Retn'ntrans.

Fn Ecosse et en Angleterre, dans les colonies Anglaise» et dans la confédération Anglo- Américaine, le» Calvinistes se partagent en deux clisses. On nomme Presbyte lient ceux qui sout régis en affaires ecclésiastiques par une espèce de pouvoir aristocratique résidant dans les synodes , et Indépendant on Congre gationaliste s ceux qui rejettent ce pouvoir , et parmi lesquels chaque communauté exerce par elle-même le pouvoir ecclésiastique. Les Presbytériens, anssi bien que les Congrégationaliste* . sont nommé* en Angleterre $on-Ccnformùtes, en tant qu'ils ne reconnaissent pas l'épucopat qu'admet la hante église anglicane; mais en Ecosse ils forment non-seulement Vegiùe dominante , mais même celle à laquelle appartient la grande majorité des habitauf. On appelait anciennement Puiitains tous ceux qui en t5fi5 rejetèrent la liturgie anglicane pour établir un culte pins pur. L'église Presbytérienne des États-Unis, où en 1828 elle ne comptait pas moin» de 1968 église» desservie» par 1785 paetcurs , e»t la secte calviniste la plus rapprochée des anciens Pnritains.

Les Luthériens s'étant rapprochés, depuis la moitié du xvin« siècle, de l'opinion de» Calviniste» sur la présence réelle dans la sainte cène , et ceux-ci ayant adouci leur dogme sur la prédestination , il n'existe aujourd'hui presque pins de différence eutre les deux religion», et les adhérens de l'une suivent le culte de l'antre, quand ils n'ont pas d'église particulière. Us approchent même indistinctement de la sainte cène, célébrée par des ministre» de l'uue ru de l'antre communion , parce que les uns et les autres n'emploient dans cette solennité que les paroles mêmes de l'institution , pronoucées par Jésus-Christ , sans y ajouter aucun commentaire. Ce qui a empêché jusqu'à ces dernières années la réunion des deux ]»artis a été surtout la diversité de leur administration ecclésiastique, qui est toute républicaine cher, les tins . et monarchique cher, les autres.

Notre siècle, fertile en grands évènemens, a vu aussi commencer en 1817 dan» le duché de Nassau la fusion des deux églises luthérienne et calviniste en une seule, sons le titre d'EgItse EvangeUque. Cette union eut lieu aussi depuis à Pari», à Francfort-»or-le-Mcio , dans presque tonte la mouarehie Prussienne, dans une grande partie du royaume de Bavière, dans le grand-duché de Bade, dans la H esse- Electorale, dans le duché «TAnbalt- Bcrnebonrg, dans la principauté de Waldeck et dans d'antres parties de l'Allemagne. 11 est probable que les Calvinistes et les Luthériens des antres pays de l'Enrope et de» antre» partie» dn monde se réuniront aussi, et que sou» peu d'années ces deux églises n'en formeront plus qu'une seule sur tout le globe.

a" Anglicans. Ces chrétiens, qu'on nomme anssi Episcopaux, forment la hante église établie en Angleterre depuis le règne de la reine Elisabeth. Quelqu'un a dit dan» le parlement que l'église Anglicane a 3g articles calvinistes, nne liturgie papiste et un clergé anniuien. Un savant très distingué, tout en remarquant qu'il n'est pas encore décidé si elle est calviniste ou arminienne, dit qne lors de sa scission de l'église Catholique elle en conserva la hiérarchie , la discipline, le langage, le costume et les formes liturgiques. Les plus belles oraisons du culte catholique subsistent dans le Common prayers Book. Il contient notre calendrier ecclésiastique, la liste de» saints, les fêtes, le» Rogations, l'A vent. 1rs Cendre», les jours d'abstinence, le carême. L'église Anglicane aux Etats-Unis d'Amérique diffère beaucoup de la précédente; elle a réduit les 3o; articles à to et a rejeté le symbole Athanasien. L'arrainiantsme parait y être la doctrine dominante.

.IPF.S GÉNÉRAUX. (. ,

Le» Anglicans forment la grande m.iwf de la population de r Angleterre, rt une partie r<>u*idcraldr de celle de l'Irlande et des États-Unis; dans les possessions anglaises hors d'Europe ils sont presque partout le» plu* nombreux des rli retiens qui s'y trouvrut établi*.

(in appelle en Angleterre Dissenters ou .Yan-Conjhrrmstes tous ceux qui ne sont pas de l'Eglise anglicane , qu'ils soient protestant , catholique* , quakers ou juifs ; mais quelquefois on restreint l'acception de ce mot aux prntestans qui rejettent l'épiscopat.

III* My * tiques et Enthousiaste t. >'..u» réuniasous soua ces dénomination* plusieur* sectes qui se sont formées, soit parmi les Protestant, soit parmi les Anglicans. Leur nombre est très grand. Nous noua bornerons à classer les sept suivantes qu'où peut regarder comme les principales, offrant les partis les plu» nombreux et comptant des prosélytes répandus sur un plus grand nombre de paya.

A. Les Congrrgaficnalistes regardent chaque congrégation comme une partie de l'église visib'e et militante. Chaque église est pour eux un corps organisé et muni de tout ce qui eat nécessaire pour atteindre son but religieux, sans être assujétie à aucune autre. Leurs dogmes sont presque identiques à ceux de l'église Presbytérienne de l'Ecosse, où ce* sectaires sont très nombreux, et de celle des États-Unis d'Amérique, où on en trouve aussi un grand nombre. Pour être congrégationaliste il faut la foi de Jésus-Christ ; le repentir du péché; reconnaîtra la trinité, la prédestination, la dépravation originelle, la rédemption particulière, la persévérance finale. Les Congrégalionalistcs diffrreut très peu des ///./«-

û. Les Arminiens ou Remontrans , ainsi nommés d'Armiuin* on Harmsen , et d'une remontrance qu*iU présentèrent en 1609 aux Etats de Hollande Calvin avait enseigne que de tonte éternité Dieu a prédestiné tes hommes, les uns au salut, les autres a la damnation éternelle, par an décret absolu indépendant de leurs ouvres. Arminius combattit cette doctrine . et trouva un grand nombre de partisans. Maintenant l'ariniuiauisine est très rétiandu dans beaurt>np de sectes protestantes, ruais il compte peu de prosélyte» formant des églises indé* pendantes. Le plu grand nombre d'Arminiens se trouve dans les provinces septentrionale* du royaume des Pays-Bas et dans celui d'Angleterre.

C. Le* Mesusosutes , qui s'appellent eux-mêmes Baptiste s , sont issus des trop célèbres Anmbmfàttes , dont il* desavouent les crimes et même le nom. Ces sectaires actuellement très pacifique*, probes et industrieux, très adonnés nu commerce et a l'agriculture , affectent une grande simplicité de mœurs. Us ne reconnaissent aucune personne , aucune autorité pour juge en matière de doctrine : aujourd'hui ils n'out pas même de confession de foi, et se contentent de la Bible que chacun explique a sa ma m ire. Indiffèrent sur les dispute* religieuses, différen» entre eux sur beaucoup de points, ils s'accordent seulement sur quelques-un*, comme de ne baptiser qu'à Fige mûr, de ne pas jurer et de réprouver l'usage de» armes Ces sectaire» ont beaucoup d'affinité, sous le rapport des mœurs et de lu discipline, avec le* Quakers et le» Frères Moravc*.

Le* pays où il* sont le plus nombreux sont les États-Unis d'Amérique, le Royaume- lui . celui des Pays-Bas, les province» méridionales da l'empire Russe et les gouvernemens de Dantzik et de Manenwerder dans la monarchie Prussienne

D. Les Quakers, dit* aussi Trtmbleurs par quelques auteurs; ils s'appellent Amis. George Fox, cordonnier de Lcicestcr, fut leur fondateur en 164?- H" reconnaissent un Dieu «n trois personnes, et conséquenimrnt la divinité du f'erùe. La chute du premier tsosnioe. la prome**e du Rédempteur, le salut jwr Jésus-Christ font partie de leur croyance. Ils rejettent la doctrine d'élection, de réprobation, sans prévisions des mérites. Les Quakers n'admettent ni types , ni rites, ni sacrement, pas même le baptême , ni la cène. Ils ne condamnent pas la baptême d'eau, quoiqu'ils le croient superflu. Quatre maximes fondamentale* font la base du quakensme: i° l'autorité civile ne peut exercer aucan droit sur la crojmaer religieuse ; 2° les sermens exiges par l'autorité civile sont illicites; 3° la guerre est illicite; en conséquence Us n'opposent à la violence que la résignation; leur défense ne va jamais jusqu'à verser le sang, ni compromettre la vie d'un ennemi; il» préfèrent M laisser égorger; 4° «n établissement pour salarier un clergé leur parait ilUcite; eu conséquence ils refusent de payer les dîmes, parce qu'elles sont destinées à l'entretien d'un corps sacerdotal; ma it les percepteurs qui vont chez eux prennent l'équivalent sans éproinn de résistance. Leur costume, leurs maisons, leurs meubles présentent tout ce qu'exigent la décence, la nécessité, l'utilité; mais rien de superflu. Les Quakers condamnent les jeux «cémqnrs, 1rs jeux de hasard , le* cartes, les loteries, les discour* vains, les lecture^ futiles, le chant, la chasse, et bannissent de leur langage les mots hasard, chanee , destin et fortune, vostinw une insulte a la Providence. Quand ils parlent ils tutoient tout le monde.

Ces paisibles sectaires , trè* adonne* au commerce et généralement riches, sont répandu* dan* le Royanme-l'm, mai* surtout en Angleterre, et dans le* États-Unis d'Amérique, sur-, tout dans la Nouvelle» York , la Pcnsylvanir , le Maryland, la Virginie, le* Deut-f iarohni s , la Géorgie et FOluo.

E. Le* Frères Moraves ou Hermhuiers. La de ces dénominations rappelle la secte des Frères de Bohême et de Moravie, dont ils descendent; et la seconde de rétablissement qu'Us fondèrent en 1731 kiJerrnhu^prb* de Berthelsdorf, dans la Haute-Lusace t appartenant an comte de Zinxcndorf . qui se déclara leur protecteur. Il donna à leur système une forme nouvelle en y amalgamant le piétisme , et devint par la suite leur évéque ou chef. Ces sectaires croient parvenir à la perfection par une lumière intérieure et une communication plus intime arec Dieu. Us se servent, dans leurs discours et leur lithurgie, de termes mystiques, et affectent une certaine sentimentalité religieuse. Us admettent la corruption originale de l'homme par la chute d'Adam, et la justification par le sacrifice expiatoire de Jé&us- Clurist; l'éternité des peines et la divinité de Jésus-Christ. Le gouvernement de leurs anciens ou chef* ecclésiastiques s'étend sur beaucoup de transactions de la vie civile , tels que les mariages, les acquisitions d'immeubles, et autres actes qui ne peuvent être conclus sans lenr consentement. Il leur est défendu de plaider. Us composent une sorte de république on les intérêts individuels sont toujours subordonnés à l'intérêt général. Ils donnent des loins particuliers à l'éducation physique et morale des en fans. Pour faciliter les conversions ils out établi trois tropes ou classes : celui de l'église morave ; celui de l'église luthérienne et celui de l'église réformée.

Les Frères Moraves. que leur analogie sons plosieurs points avec les Quakers a fait appeler les Quakers de l'Allemagne, sont très répandus. Ils ont des établiasemens à Neuwied, Barby, Neudittcndorf , etc., etc., en Allemagne; à CbristiansGcld dans le Danemark ; à NeufcLâtrl,a Haie, etc., en Suisse; à Zeist, etc. dans le royaume des Pays-Bas, à Tytherton, etc., en Angleterre ; à Strasbourg , etc., en France; à Sarepta, etc., en Russie; à Tranquebar, dans l'Inde; en Guinée, dans l'Afrique Danoise; dans la colonie du cap de Bonne-Espérance et daus le pays des Uottcntots dans l' Afrique-Méridionale; à Saint-Thomas, Sainte-Croix et Saint-Jean dans les Antilles Danoises ; à la Jamaïque, etc., dans les Antilles Anglaises ; à Main, etc., dans le Labrador ; à Nenbcrrabiit ,Lichtenfels, etc., dans le Groenland; Bethléem, Naxareth, etc., dans les Etats-Unis d'Amérique, etc. Lenr chef-lieu général est Herrnbut , petite ville du royaume de Saxe, où réside le collège directeur composé de i3 membres élus par le synode.

Les missionnaires des Frères Moraves , ainsi que ceux des Catholiques , ont obtenu jusqu'à présent plus de succès qu'aucune autre société chrétienne en prêchant l'évangile aux peuples indigènes des différentes parties du monde.

F. Les Swedenborgierus, ainsi nommés de Swedenborg, lenr fondateur, membre de l'académie des sciences de Stockholm , et minéralogiste distingué. De l'étude du monde matériel passant à celle du monde intellectuel, Swedenborg devint tbéosophe. s'attribua une communication fréquente ot immédiate avec les êtres spirituels, et des révélations sans nombre concernant le culte de la Divinité, le sens de l'Ecriture, l'état des hommes après leur mort , le ciel, l'enfer , les autres mondes et lenrs habitans. Les trois articles fondamentaux de sa doctrine sont : la divinité de Jésus-Christ , la sainteté des Ecritures , la vie qui est charité. Quelles que soient les errenrs auxquelles un homme s'est livré, s'il évite le mal et fait le bien, non pour des motifs d'intérêt, d'ambition, de vanité, mais par haine pour le mal et par amour pour le bien , il pourra être régénéré , sauvé et arriver à la lumière. Swedenborg donne pour ainsi dire une statistique détaillée du ciel , de l'enfer et des planètes, dont il décrit les habitans et les mœurs. Ses visions sont un phénomène assez étrange: il le» a , dit-on , débitées de bonne foi, parce qu'il ne se défiait pas de l'illusion de ses sens.

Le swedenborçisme, quoique né en Suède, y compte très peu de prosélytes, la pliquirt disséminés dans le Gotbland. On en trouve aussi en Hollande, eu Suisse daus l'Appenzell et à Saint-Gall. Mais l'Angleterre est la contrée qui en offre le plus grand nombre. Londres, Bristol, Birmingham , Derby, Hull , Boston et Manchester sont les villes où ils sont plus nombreux. La dernière est pour ainsi dire la métropole de la secte. Les Swedenborgiste* out aussi des temples à Philadelphie, à Baltimore, à New-York, etc., dans les EtatfUnia. Ils ont aussi des chapelles dans l'Inde et l'Afrique- Méridionale. Leur persuasion qu'il existe dans l'intérieur de l'Afrique tout organisée l'église de la Nouvelle-Jérusalem, les a engagé* à envoyer des missions dans cette partie du monde et à contribuer beaucoup à la fondation de la colonie de Sierra Leone. Charles XIII roi de Suède, avant de monter sur le trône, et les célèbres voyageurs Spat mann et Nordcnskiold étaient swedenborgistes. C'est pour répandre leur doctrine qu'ils ont publié sept journaux et qu'ils continuent la publication de celui qui parait à Londres sous le titre de Nouvelle-Jérusalem.

G. Les Méthodistes. Le berceau do cette secte a été l'université d'Oxford où elle a pris naissance parmi quelques étudians, vers 1730. John Wesley en fut le fondateur. On lea appela par dérision Méthodistes, à cause de la régularité et de la sévérité qu'ils affectaient dan» lenrs moeurs et dans les exercices de dévotion. John Wesley et son frère Charles s'adjoignirent en 1735 Georges Whitefield. Les Méthodistes insistent sur la dépravation do la nature humaine par le péché d'Adam, la rédemption par Jésus-Christ, la purification et le salut par la foi , avec cette différence que Whitefield croit les o-uvres moins importantes ,

PRINCIPES (GÉNÉRAUX

■i rt n'est coonc preuve de fui, au liru que Wesley les croit indispensables. Wesley interdit à «es prosélytes les cartes, les spectacles, les bals, les courses de chevaux, les m. tu. raettes, les dentelles, le» liqueurs spiritncnscs et le tabac Les Méthodiste» ont cte les grands promoteurs des écoles de dimanche, et leur zèle a contribué puissamment à reformer les uxzurs. On citera toujours avec éloge» la métamorphose «ju'iU ont opérée p.trmi les charbonniers de Bristol, les mineurs du Cornouailles et d'autres contrées. Le Méthodisme se partage en deux branches : les adhérent de IVhitefield admettent la prédestination comme les Calvinistes rigoureux; ceux de Ifeiley ont adopté les principes de» Arminiens ; ces derniers sont de beaucoup les plus nombreux.

Ces! vers la fin du xvtu* siècle que les Méthodistes ont fait scission avec l'église anglicane, à Laquelle au commencement ils »e disaient attachés. Us font des progrès rapides dans le Royaume-Uni et dans les Etats-Unis d'Amérique , où leur nombre a plus que doublé depuis dix ans. Ils ont des étahlissemens flori»saus dans l'Inde , surtout à Calcutta et dans l'île de Ceylan, et pretqu'à l'extrémité de l'Océanie dans l'an liqxl d. Sandwich. Le» Méthodistes furent les premiers parmi les protestans qui introduisirent la coutume de prêcher dans les carrefours et dans les champ». Outre les prédicateurs à poste fixe, ils ont beaucoup de prédicateur» ambulans ; leur auditoire était quelquefois compose de plusieurs roilhers de personne».

LIm.ikismi ou Mahométisme. Celle religion, ainsi appelée du mot arabe islam qui «•ignine MMtnuuion à Dieu, a le laineux Mahomet pour atiieur, et a pris naissance eu Arabie sers l'an fin de noire ère. Comme à celle époque le judaïsme et le christianisme avaient fait de grands progrès chez les Arabes, et que d'ailleurs la tribu à laquelle appartenait Mahomet se vaut. lit de dépendre dlMiiacl et d'Abraham, Mahomet crut devoir emprunter aux Juifr et aux ClncLeus une partie de leurs croyances. Admet la ut h s livres de l'Ancien et du Nouveau -Testament . il reconnut Moi»e et Jésus-CJirist comme « nrejsrs d<- Dieu; seulement il supposa qu'avec le temps leur doctrine sciait altérée-, et (pie c'était à lui que Dieu avait réservé de Caire refleurir son véritable cul le sur la terre.

Les principaux préceptes de l'Islamisme sonl : t° la purification; a° la prière; 3e le jeune du moi» de ramazan , mois |>cudaul lequel ou doit s'absieuir durant le jour de tout aliment, el qui est suivi de la tète du bernant, pendant laquelle il e»i permis ;iu\ hdch-s de se dédommager des abstinences précédentes; 4" laumôue légale , qui, se distinguant des (hanté» recommandée* pour chaque ma—fat, consiste à donner tous les ans aux pauvres le quarantième de ses biens mobiliers; 5° eulin lu péJatïliftgfl de la Mecque, que tout musulman libre et eu bonne sauté est obligé de faire au moins uue loi» dans sa vie.

La prière m fait cinq fois par jour; maison est lihre de s'eu acquitter chez soi et partout où l'on se trouve. Il n'y a que la prière solennelle du vendredi (pu doit se faire a la monjoet nt en commun. Le vendredi est chez, les musulmans le jour de la semaine cou sacré à Dieu; aussi s'appelle t-il gemaat, d'un mot arabe qui signifie assemblée. O jourlà il faut qu a l'heure de l'olkcc tous les fidèles se rendeut à la mosquée; tuais le reste du temps ib sont libres de travailler et de vaquer a leurs aUaires. Les musulman-, n'ont que >U-u\ fête* qui exigent un upus aniosn; c'a»! la fêle de la un du jeûne de iama/.au, et celle où ils sont dans l'usap d'ollrir un sut rilice a Dieu.

Les musiilmaiu), à l'exemple des anciens Arabe», et en imitation d'Ismacl Gis d'Abraham, pratiquent la circoncision. Ils oui également adopté la distinction que MoLsc établit eu Ire les animaux purs et les bêtes immondes. Ils croient encore aux bons et aux mauvais anges, pensant que tandis que des esprits malins uous poursuivent sans cesse pour nous entraîner *'» osai , de bons auges sont chargés de la part de Dieu de uous soutenir et de nons guider dons cette vie d'épreuves. Ausoi ils sont |>ersuadés de l'immortalité de l ime, et d'un jngernent universel où chacun sera traité d'après ses œuvres.

I Islamisme interdit le viu et toute boisson enivrante. D'un autre côté il permet d'épouser quatre femmes à-la-fois, et laisse à chacun ses esclaves femelles à son entière disposition. Les musulmans , par suite de l'ardeur qu'occasione la chaleur du climat, mettent le ♦ouverain honhoor dans les plaisirs des sens. Ils croient que les élus dans le ciel soûl établi s au milieu de bocage» Irai» , .sur le bord de ruisseaux limpides et du fontaines jaillissantes. Lé se trouvent des beautés que leurs beaux jeux ont fait appeler Hoiwis , el qui toujours jeunes, toujours al Ira) antes, n'ont pas d autre occupation que de faire les délit es

la re>tc l'Islamisme nie à l'homme presque toute liberté, el les musulmans sont per-

suadés que tout ce qui arrive à l'homme, le bien comme le mal , est déterminé d'avance d'une manière invariable. C'est la doctrine que nous appelons fatalisme. Toutes les croyance» et les pratiques religieuses des musulmans sont renfermées dans le Coran, livre ainsi nommé d'un mot arabe qui .signifie lecture par excellence. Les musulmans croient que les différentes parties de ce livre furent successivement révélées à Mahomet, et que tel était le principal objet des fréquentes visites que lui faisait l'ange Gabriel. Ce livre traite à- la- fois du dogme et de la morale, du mariage et du divorce , des successions, en uu mot il tient lieu aux musulmans de code religieux, civil et militaire.

Le Coran éianl écrit dans la langue de l'Arabie, l'arabe est devenu la langue sacrée des Turcs , des Persans et de toutes les nations musulmanes. Les musulmans se sont encore accordés à adopter pour ère commune la fuite de Mahomet de la Mecque sa patrie à Médinc, événement qui eut lieu en 6a 1 de notre ère, et qu'on a appelé hégire, d'un mot arabe qui signifie fuite. L'année des musulmans est lunaire, c'est-à-dire qu'elle a 1 1 jours de moins que la nôtre, ce qui fait que les années chrétiennes cl musulmanes ne commencent jamais deux lois de suite à la même époque.

Au reste l'Islamisme a de tout temps été divisé en uu grand nombre de sectes, et ces schismes ont donné lieu à des guerres terribles. Quelques docteurs musulmans, pour donner une idée du peu d'union qui règne dans le mahométisme, ont dit que la religion des mages s'était divisée en 70 sectes, que le judaïsme en compta 71 » le christianisme 7a , et que l'islamisme en doit renfermer 73 , dont une seule conduira au salut.

La divisiou commença immédiatement après Mahomet. Le prophète en mourant ne laissait qu'une fille, mariée'à son cousin Ali, et il négligea de faire reconnaître Ali pour son successeur. Les compagnons du prophète ayant successivement élevé au pouvoir Abou-bekr, Omar et Osman, il y eut dès celte époque des musulmans qui crièrent à l'injustice et qui refusèrent de reconnaître d'autre souverain légitime qu'Ali. Plus tard, lorsque Ali eut été nommé calife, plusieurs musulmans du parti contraire se soulevèrent contre lui , et la guerre civile ensanglanta les contrées soumises à la nouvelle religion. Telle est l'origine des deux principales sectes qui partagent encore les musulmans , et qu'on uomme Sonnites et Schjj tes.

Les Sonnites admettent la succession des califes telle quelle a eu lieu, cl regardent comme également saints tous ceux d'eutre les compagnons du prophète qui furent fidèles aux loi* de l'Islamisme. Les Schyytes , partant du principe qu'à Ali seul, et à ses descendans directs appartenait l'autorité , maudissent Abou-bekr, Omar et Osman , et rejettent tous ceux qui ne se rangèrent pas sous l'étendard de leur prince favori.

La division, d'abord purement politique, ne larda pas à influer sur les matières religieuses. L'islamisme ne s'étaut développé qu'avec le temps, il fallut en bien de» cas recourir aux décisions des principaux compagnons du prophète ; et naturellement Aboubekr, Omar et Osman, en leur qualité de califes, durent exercer une grande influence. Les Sonnites ont admis indifféremment les explications théologiques et lesdécisious légales «le ces divers personnages; c'est de là qu'on les a nommés Sonnites du mot arabe sonna , qui signifie tradition. Mais les Schyytes , par suite de leur amour exclusif pour Ali , ont rejeté ces explications comme autant d'hérésies, et ils ont suivi des principes différens. Aussi ont-ils été nommés par leurs adversaires schyytes , d'un mot arabe qui signifie sectaires. Quant à eux, ils >e sont appelés Adeliés ou les partisans de la justice.

Les Sonnites et les Schyytes se sont subdivisés entre eux, et oui tantôt dominé dans un pays et tantôt dans un autre. I^es premiers occupcul maintenant tout l'empire Ottoman, l'Egypte et autres pays de l'Afrique. l'Arabie, les îles de la mer des Indes, et comptent beaucoup de partisans parmi les tribus de race turque établies en Russie et eu Perse. Ce. parti se subdivise en quatre rites nommés Hant- alites, Schafêites% Malekites et Hanefites, du nom de leurs fondateurs Haubal, Schaféi , Malck et Abou-Hauifa. Mais comme ces quatre rites ne différent que sur des questions peu importantes, ils sout admis par tous les Sonnites comme également orthodoxes , cl ou laisse chacun libre d'adopter celui qu'il veut. Mais la doctrine d' \Uni-Hamla est généralement suivie eu Turquie, celle de Schaféi en Égypte, celle de Malek dans les états Rarbaresques , et relie de Hanbal en Arabie,

Quant aux ramifications des Schyytes qui occupent le reste des pays musulmans, elles présentent des différences très importantes. Nous avons dit qu'on appe'a origtnairc-

PRINCIPES GÉNÉRAIT.

ment Sehyytes les amis exclusifs d'Ali et «le ses descendu us. Mais Ali n'avait pas eu le temps d'affermir son autorité, et d'ailleurs il laissait plusieurs fils; il en fut de même de U plupart de ses descendait». A qui l'autorité avait-elle successivement passé • l a plupi- 1 s'accordèrent à reconnaître comme souverains légitimes Hassan et Hovscin fils d'Ali, et les drsrcndans directs de llossein, jusqu'au dernier de tous qui, ayant disparu à Pige de douze ans, passa pour s'être caché daus quelque lieu inconnu, en attendant qn'il put réparai ire snr la terre, et y faire triompher la houue cause. Ces personnages sont au nombre de douze , et furent nommes les imams , <-V*t a-dire le* cheU par excellence; de plus on surnomma le dernier de tous le imihtli ou !■■ dirige. J :i . i ( i < ndant que le malidi revint , il n'y eut plus d'autorité légitime sur la terre , et les rois furent censés les simples lieutenant de l'imam. C'est par une suite de celte crovance que les princes persans de la puissante dynastie des Sofis , qui prétendaient descendre |>ar une ligue collatérale des Imams, se disaient les esclaves du roi du pays , et qu'ils entretenaient sans cesse à Ispahan plusieurs chevaux pour le service de l'imam , lorsqu'il arriverait. Cette singulière doctrine domine encore en Perse. Elle fait même chaque jour des progrès dans l'Inde, où les empereurs magots taisaient jadis triompher le rit sonnite, et ou depuis l'occupation anglaise, les musulmans, presque tous d'origine persane, joui vsent d'une entière liberté de conscience.

Mais des l'origine beaucoup dcSchjvtes u'adinireut pas cette mh cession «les imams, et portèrent ailleurs leurs hommages. Il en est qui crurent qu'à Ali seul avait appartenu après MaliorneJ le gouvernement des affaires de ce monde , et que s'il succomba un moment sous la perversité du siècle, il ne tarderait pas à reparaître on < c m esté, et qu'alois justice serait faite des crimes qui depuis si long temps souillent la nature humaine. La plupart de ce» sectaires crurent même qu'Ali avait été revêtu d'un ovadere divin, et il n'hésitèrent pas à l'adorer comme un Dieu. Tel est le cas des Nouai ris et des Motuualis , qui, encore de nos jours, occupent une partie des hauteurs du Liban.

D'autres Schyy tes, admettant les six premiers imams, dirent qu'il y avait eu erreur au sujet du septième, et qu'au lieu de Moussa, il eût fallu proclamer un de ses frères appelé IsmacL Cest de là qu'ils furent nommés Ismaéliens. Les Ismaéliens croyaient qu'âpre. Lsmael , le caractère d'Imam avait passe a des personnages inconnus qui se manifesteraient eu leur temps, fa qualité de mahdi fut successivement attribuée par eux aux califes fut iinides de la race d'Ismael , qui pendant les dixième , onzième et douzième siècles dominèrent sur une partie de l'Afrique , sur l'Kgypte et la Syrie. À cette secte appartenaient les Ismaéliens établis en Perse, nou loin de Casbin , et les Ismaélien» qui , maîtres des montapie» voisines du Liban, devinrent si fameux dans le niouti âge sons le nom tfMfMffo*. Ces deux branches de la secte des Ismaéliens subsistent encore dans le» mêmes contrées , mais non plus avec la même puissance et les mêmes ressources. C'est à cette même note qu'il faut rapporter les Druzes qui sont également établis dans le voisinage du Liban , et qui forment une population assez nombreuse. Les Dru/es remontent au commencement du onzième siècle de notre ère, sous le régne du calife faiimide Hakem. A la différence du reMe des Ismaéliens , ils prétendirent que Makern avait clé la dernière incarnation de la divinité; et en attendant sou retour ils l'adorent comme un Dieu sous la ligure d'un veau. Le nom de Druzes dérive d'un des premiers apôtres de Hakem, appelé Durzi.

Les diserses sectes sehyytes et leurs ramifications ont varié de doctrine suivant les temps et les lieux, et il serait trop long de faire connaître ces doctrines en détail. Il suffira de dire que la plupart de ces sectaires , entraînés tantôt par l'esprit de fanatisme et tantôt par une licence effrénée, ont cru que toutes les vérités religieuses et morales ne sont que d'une vérité apparente, et qu'il faut chercher au fond un sens intérieur, le seul qui doive fafn autorite. Ils ont fait de ce sens intérieur le domaine exclusif de quelques adeptes, et ils ont cru qu'à l'aide de cette connaissance on était au-dessus de tous les devoirs de la religion et de la morale. C'est par une suite de ce principe que les assassins , les Druzes et tairai sectaires Ismaéliens se livrèrent sans remords aux plus grands crimes.

Une observation que nous ne devons pas omettre, c'est que la croyance à un être quelconque qui tôt ou tard doit se présenter sur la terre, pour y faire régner la vérité et la justice, est eoamwne aux Sonnite» aussi bien qu'aux Sehyytes; c'est ce qui fait que même chez lesSonnites il a paru des imposteurs qui se sont arroges le titre de mahdi. Il s'en présenta un eu Égypte pendant l'occupation de ce pays par les Français ; plusieurs auin s

dans ces dernières années se sont montrés dans le Séuégal et dans le voisinage des passassions des Français vers celte partie de l'Afrique.

Outre les deux sectes d'origine sonnite et schyyte, il en est encore deux qui , par le rôle qu'elles jouent encore aujourd'hui, ne doivent point être passées sous silence. Ce sont celles dcsrezidis et des vahhabites.

Les Yezidis occupent les montagnes voisines de la ville de Singar dans la Mésopotamie, et paraissent être un débris des sectes de Mages , de Manichéens et de Sahéens qui troublèrent peudant si loug-temps l'Orient ; ils se sout ensuite mêlés avec les communions chrétiennes et musulmanes , et maintenant il est difficile de reconnaître leur véritable origine et leur vrai caractère. Ils admettent un bon et un mauvais principe, et comme, à les en croire, le mauvais est le seul i craindre , il est le seul qu'ils ménagent. Ils le nomment alschcikh almoazzem ou le grand scheikh. Ils se feraient plutôt massacrer que de le maudire; de plus ils adorent le soleil à son lever. Ils sont d'uu autre côté pleins de vénération pour les prêtres chrétiens.

Quant aux Vahhabites , on sait qu'ils prirent naissance eu Arabie, vers le milieu du dix-huitième siècle. Ils furent appelés Vahhabites, du nom du père de leur chef Abd- Alvahhab. Leur doctrine est celle de l'islamisme , réduite à sa pins grande simplicité. Suivant eux le Coran renferme une doetriue véritablement divine; mais Mahomet n'était qu'un homme ordinaire, et son nom ue doit pas figurer dans les pratiques religieuses. Tout honneur rendu à Maltomet ou à un de ses disciples quelconque est un acte d'idolâtrie, et on doit le punir comme tel. En conséquence les Vahhabites se contentent de recounailre un Dieu uuique. Ils se fout scrupule d'invoquer tout être mortel , et quand ils rencoutrait une chapelle ou uu mausolée élevé en l'honneur d'un imam ou d'un saint quelconque, ils l'abattent. Les Vahhabites, annonçant l'intention de chasser de l'Arabie les Turcs et tous les peuples étrangers à la presqu'île, eurent d'abord pour partisans presque tous leurs compatriotes, et ils occupèrent un moment une partie de la Mésopotamie. Mais depuis les échecs que leur a fait éprouver Mohammed- Ali, pacha d'Egypte, ils ont été contreiuU de rentrer dans leurs déserts.

Si de l'examen des doctrines musulmanes nous passons à la hiérarchie civile et religieuse , nous trouverons également de grandes différences. Les premiers califes étaient revêtus du pouvoir spirituel et temporel, et on les appelait califes, d'un mut arabe qui signifie vicaires. Us étaieut censés remplacer Mahomet, au caractère de prophète près , «t ils furent de plus surnommés cmir-elm ritmcuùn ou commandeurs des croyans. Comme avec le temps il s'éleva plusieurs califes à -la-fois, leur influence dimiuua. Maintenant il n'y a plus de calife proprement dit. Le sultan de Constantinople n'est investi que de l'autorité tcmpo**clle, et c'est le mufti qui , de concert a*ec les ou/amas ou docteurs , juge les questions de doctrine. Le schah de Perse est dans le même cas; il n'est pas même revêtu de la plénitude de la souveraineté, puisque, ainsi que nous l'avons dit, il est censé n'exercer qu'une autorité temporaire , en attendant l'arrivée du dernier des imams. L'empereur de Maroc seul a la prétention de réuuir les deux puissances , et prend quelquefois ie titre de calife. Mais l'influence politique de l'empereur de Maroc est bien déchue.

Les musulmans ont d'ailleurs des ministres particuliers pour l'exercice de leur culte ; et ces ministres portent un nom analogue à leurs fonctions. Le khaiib ou prédicateur est celui qui le vendredi monte eu chaire en présence de tout le peuple, et prie pour lo souverain et toute la nation. L'imam, qui n'est ici qu'un fonctionnaire ordinaire, est celui qui à la mosquée lait la prière à la tète du peuple , et dont tous les assistans doivent imiter les mou v em eus; il est encore chargé de présider aux cérémonies de la circoncision , aux enterremens; en un mot il représente nos curés. Mais aucun de ces ministres du colle ne prouonce de vœux proprement dits. Tous sout libres de se marier , de changer de professions. Le même homme est tour-à-tour prêtre, militaire, homme de loi.

Les musulmans ont encore parmi eux des personues qui font profession de mener une vie pieuse et retirée. Ces espèces de religieux sont désignés par un terme qui fait allusion à leur détachement des biens de ce monde; c'est celui de pauvre qui s'exprime ea - arabe par fakir, «l eu. persan par derviche. Ceux qui se piquent d'une vie purement contemplative portent le nom de sofis. Les religieux mahotnétans composent plusieurs ordres diflérens, dout quelques-uns font remonter leur origine jusqu'aux premiers califes. La plupart

Mnrcms c^néraux.

des frères, car c'est ainsi qu'on les appelle, «ont soumis à un noviciat sévère, et on ne les reçoit qu'après de longues épreuves. Les uns vivent rn commun dam des espèces de couvens, les autres se font ermites. Les uns se fixent dans un pays, les autre' connut le monde. Tous sont libres de changer d'état el peuvent choisir la carrière qui leur convient. Parmi les religieux musulmans, plusieurs de cens qui s'adonnent AI.* VM contemplative se jettent dans la spiritualité la plus outrée, et le nombre des livres qui renferment leurs rêveries est très considérable. Ceux au contraire qui aiment le monde mènent souvent une vie déréglée, et il n'est pas d'excès auxquels ils ne se livrent. Ce sont eux dont il est question dans nos relations sous le nom de Kalcnders, de Santons , etc.

Le Ha.*» AxrsMt reconnaît Para-braUma pour dieu principal ; mais ce dieu n'agit point , et il délègue «es pouvoirs à Hralima, k Viclmou , k Chiva et à une foule de divinités subalternes préposées au gouvernement du monde, brahma préside à la terre, Yirbnou à l'eau , et Chiva au feu. (.es trois personnes ne sont pourtant qu'un seul Dieu et forment Ja Trinité indienne, nommée Trimourti. Les Hindous qui professent cette religion ont plusieurs livres sacrés nommés Vedu ; ils sont écrits en sanscrit et forment leur code religieux et philosophique; ils admettent la métempsycose, et, d'après cette croyance, certaines castes s'abstiennent de la chair de tons les animaux. Le brahmanisme ordonne de modérer ses passions , enseigne l'immortalité de Came, sa purification par les pénitences et abstinences volontaires , et nne foule? de pratiques religieuses. Tous les membres de cette re'igioo qui s'étend sur presque toute l'Inde sont divisés dès la plus haute antiquité en quatre castes, entre lesquelles toute alliance est dépendue. Ces castes sont : les lirulimes , qui sont les savant et les prêtres, el forment la classe d'où sont tirés tous les fonction* nains publics; les A" chat riras ou Khettris, destinés à l'état militaire; c'est deux que sont sortis les Radjahs , qui ont formé les prine pontes de l'Inde naguère indépendante; les Saires du Decan s'y rattachent. Les Vaishynt ou Iïtiscs , dont les fonctions sont l'agriculture, rèJucation du bétail et te commerce des productions de la terre et des objets manufacturés; ceux qui se livrent au commerce, surtout dans les pays étrangers , portent le nom de Banians ; un grand nombre d< > M ah ai a IK appartiennent à cette caste. Les Sotidras ou Tchoutri, qui sont les artisans et les ouvriers. Chacune de ces quatre castes principales est subdivisée en plusieurs antres secondaires. Parmi les Hindous les descendant de ceux qui , par des mariages illicites, ont dérogé aux droits des castes principales, sont compris dans les divisions ignobles et méprisées appelées f'arna-Sankdrd. Encore au-dessous de ces castes bâtardes ou mixtes, on voit les malheureux Pariahs. Ceux-ci sont oblige- de vivre dans des lieux solitaires, de fuir l'aspect d'un Hindou , de marquer leurs foutaim s par un entourage d'os d'animaux , cl de se livrer aux occupations les plus dégoûtantes. Lu revanche ils peuvent manger de ton'.

Le? culte brahmanique est accompagné d'un grand nombre de cérémouies et de coutumes solennelles. 11 y en a d'hoi i i I » I . - - , telles que !a procession du dieu de Jagreuaut , «huit le char pesant écrase sous ses roues les fanatiques qui , en s'y précipitant , croient lrou\< i à-la-fots la mort la plus glorieuse et une éternelle félicité. H y a d'autres fêtes où règne le tumulte, où préside la licence, et où l'impudique Lingam est promené aux yeux de la multitude prosternée- Les ablutions et les lustrations forment une partie principale du rulte brahmanique ; le* images des divinités sont lavées solennellement dans les fh uvo . i les étangs sacrés. Plusieurs fleuves, tels que le («ange, la Ncrbouddah, le Krichna, etc.. sont réputés sacrés. Les Hindous font plusieurs pèlerinages; les plus célèbres qui son! encore le plus fréquentés sont, selon M. Hamilton, Djogrenaut, Denares, Gaja, Allalmhad, Tripetr, Dwaraca, Suninath , Rnmisseran, le lac Manasarovara, (iaiigaoutri, l'j,-. lamoukUi , Omerkantakc ; Trimùak-A'dsser , Pervattam , Pdrkar , Matltoma et Dindraband.

1 usage barbare des femmes des deux premières castes, qui s'immolent sur le' cadavre de leurs époux, est un reste des sacrifices humains autrefois très fréquens. I ncoie dans ces derniers temps, dans les épidémies et calamités publiques ou n vu des Brabmînes m précipiter enx-caeiues du haut d'une tour, comme offrande expiatoire. Les Hindous ont une foule de temples, nommé» j agodes, d'un mot emprunté au persan; il > en a qui sont vraiment remarquables sous le rapport de l'architecture et de leurs dimensions.

Le Bonnnaisxa nu la aarrcioa dk Roi nuit a , qui parait s'être foi niée dans l'Inde un i -

Diqitix

ABRÉGÉ Dî< GÉOGRAPHIE.

ron mille ans avant J.-C. Nous ne savons pas encore positivement si elle est une réforma» lion du Brahmanisme ou si celui-ci u'esl pas d'une date postérieure dans sa forme actuelle. Le bouddhisme rejeté la division des castes. Il est dans tous les pays où il s'est répandu, le même pour ses dogmes principaux , qui ont transforme (es farouches nomades de l'Asie en hommes vertueux , et ont fait sentir leur inQiieuce bienfaisautc jusque dans la Sibérie. Sa hiérarchie diffère dans les divers pays; mais cette différence ne doit pas nous faire envisager le Ixmddhisme autrement que comme une religion unique , dans laquelle il n'y a aucune véritable division.

Le bouddhisme , dit M. Klnproth, suppose, comme le brahmanisme , une série perpétuelle de créations et di» destructions du inonde. Cette croyauce, purement métaphysique, n'admet pas l'existence d'un être suprême; il est remplacé par l'espace lumineux qui renferme en soi tous les germes des êtres futurs. Mais cet esjtace lumineux n'est pas la région la plus haute du monde ; au-dessus est placée uuc troisième région qui est éternelle et indestructible: c'est là que réside la cause primitive de la destruction du monde périssable. L'existence est regardée par les bouddhistes comme le véritable mal, car tout ce qui existe est sans réalité et seulement un produit de l'illusion qui trompe les sens. Pendant que toutes les partie* intellectuelles , dispersées dans la matière , depuis la plus haute région lumineuse jusqu'aux régions infernales, se dépouillent de ce qu'elles ont contracté de matériel , se purifient, se perfectionnent et finisseut par se réunir; l'esprit uuiversel, indestructible, qui conserve tout pendant un temps incalculable, reste dans le repos, jusqu'à ce que les lois du dnmata ou destin , nécessitent une création nouvelle , de laquelle sont cependant exceptés les êtres qui , en se dépouillant totalement de la matière , sont devenus Bouddhas et restent plongés dans le Sirvana ou l'éternité du néant , état opposé à celui de l'existence dans la matière. Ces êtres séjournent dans la région indestructible située au-delà de l'espace lumiueux. C'est pour conserver le souvenir de la vraie doctrine, et pour rendre les hommes capables de ta suivre, que ces bienheureux descendent de temps eu temps sur la terre, se revêtissent d'un corps, et se montrent aux hommes. Les principaux d'entre eux ne paraissent qu'une fois; ce sont les BouddJtas proprement dits; les autres nommes Boddhisattva , se manifestent plusieurs fois dans différentes incarnations, jusqu'à ce qu'ils atteignent le rang des premiers pour ne plus se montrer dans le momie. Ces êtres parfaits exercent un empire absolu sur leur ennemi , qui est la matière, et sur ses formes séduisantes. Disposant en maître de Maya ou l'illusion qui trompe les seus par ses métamorphoses, ils la peuvent détruire à volonté, ou se servir d'elle pour opérer le saint du genre humain. C'est de cette manière que s'effectuent toutes les incarnations des Bouddhas ; leurs âmes descendent sous la forme de rayons lumineux , et prennent un corps sous l'enveloppe de Maya. Ils ne fout rien sans uu dessein spécial; leurs opérations ne sont jamais violentes, elles ne restreignent nullement le libre arbitre des êtres inférieurs qui sont enchaînés par la matière, et pour le salut desquels ils sont descendus.

Dans l'âge actuel du monde quatre Bouddhas ont déjà paru; le dernier d'entre eux était Chakta-mouni ou Gautama ; un cinquième doit encore venir avant la destruction de ce monde , c'est le Bond J ha M aitri ou Maitari. La secte de Ceylan et de l'Inde au-delà du Gange , l'annonce au contraire pour l'an 4457 de notre ère, époque à laquelle finira la période de 5ooo ans, qui devait suivre la mort de Chakia-mouni ; selou les livres cingalais, il existe une différence assez marquée, relativement à la personne du dernier Bouddha, chez les hahitans de Ceylan et de l'Inde au-delà du Gange et les autres sectateurs de la même croyance.

Les Bouddhistes regardent l'univers comme habité par différentes classes d'êtres ; ils sont ou tchama, c'esUà-dire reproductions par naissance; ou roupa, dieux matériels ou visibles; ou aroupa, immatériels ou invisibles. Ces êtres montent par des transmigrations progressives d'un degré inférieur à uu supérieur , suivant leur bonne ou mauvaise conduite daus leur état précédent , jusqu'à ce qu'ils obtiennent finalement la béatitude du nirvdna, ou de la non-existence, c'est-à-dire d'une existence purgée de tout ce qui est matériel, et par conséquent nullement sujette aux impressions de Maya ou de l'illusion. De même que toes les êtres quittent continuellement une espèce d'existence pour une autre, de même les mondes qu'ils habitent éprouvent des changement Gautama lui-même ne connaît ni le commencement ni la fin de cette chaîue «on interrompue de systèmes mou-

PRINCIPES GÉNÉRAUX

daiut. Tous les êtres habitant le loka ou l'univers, produit par une successiou de destructions et de reproductions, sont classés de la manière suivante:

Le» boni nies et les dieux locaux appelés Aat, qui impei ti nt et jugent les hommes, ils unt pour serviteurs des bons cl des mauvais génies. Cette première clas»e a M résidence VU la terre, et dans les régions atmosphériques qui compi muent le mont Micnmo et les six deux des Deva, superposés les nus aux autres el se surpassant dans le même ordre eu éclat et en splendeur.

La seconde classe est celle des roupa ou dieux visibles; elle occupe les seize «eux plus élevés jusqu'au a?* du Brabma loka.

Dans la troisième se trouvent les êtres immatériels qui . avant été des sectateurs zélés de la doctrine de I ouddlia, oeeupeui les quatre cieux les plus élevés, du aî* au 16'. Enfui, les l'-ouddba* résident dans le bon ou l'empire qui couvre tous ces cieux.

On appelle Gandjour la collection tibétaine des principaux livres classiques des anciens bouddhistes de l'Inde, dans laquelle sont même compris des ouvrages grammaticaux et Icxicographiqoes. Elle se eompose de to8 volumes. Les Tibétains et les Mongols ont construit des temples uniquement pour renfermer ces saints volumes. Comme les sectateurs de Bouddha pensent qu'il suliit, pour que les prières adressées i la divinité soient efficaces, qu'elles soieul mises en mouvement , soit récitées par la bouche de I homme , soit écrites et agitées par un moyeu quelconque, ou voit dans ces temples un grand nombre de cylindres, qui tournent coutiuuellemenut par le moyen d'un moulin à eau; ils renferment les volumes du Gandjour, dont le contenu, ainsi agité, doit être d une iuflueuce très heureuse sur le bien-être du geure humaiu. Dans les grandi s solennité)» on allume M un guéridon garni de 10S lampes, qui représente les 108 volumes du Gandjour. et qu'on fait tourner dans le même sens que les cylindres. Les chapelets de» prêtres bouddhistes se composent également de 108 graius.

Le bouddhisme, né dans l'Hindoustan, n'y est plus généralement répandu. Le peu de sectateurs qui lui restent dans celle vaste contrée y portent le uom de Bauddhas, < -aria croyance des Djaïnas du Dekkan est déjà un bouddhisme modifié. Les autres lliudous ne regardent Bouddha que comme une incarnation de Vicbuou. Su religion subsiste encore dans le Népal dans toute sa pureté, ainsi qu'au Tibet. Elle y avait été portée autrefois, ainsi que dans la Boukbaric; elle est encore en vigueur à Ceyian; de celle ile importée dans l'Inde au-delà du Gange, elle est professée dans les empires li mail et d'Aunam, dans la Chine, la Corée, le Japon , par une partie considérable de la population non lettrée. Les Bouddhistes honorent Bouddha comme une intelligence suprême inain- /estee dans fa personne de Chakia-mouui.

La hiérarchie établie dans le Tibet au xiti* siècle, a successivement répandu son influence sur les nations mongoles et quelques Toungouses. Il fout se garder de prendre otte hiérarchie pour une branche ou modification du Bouddhisme. La personne du Dalai-lama n'est regardée que comme une nu ai -nation d'une divinité bouddhique, qui pendant tout le temps a eu une prédilection pour les contrées situées au nord de l'Inde. La *érie des Dalai lamas actuels ne commence que dans la première moitié du xv" siècle. Ils ont une hiérarchie régulière établie au Tibet et m Mongolie. Le Bouddhisme dans ses institutions et pratiques extérieures, offre une ressemblance surprenante avec, l'église romaine. Chez les bouddhistes on retrouve des pont ifs, des patriarches chargés du gouvernement spirituel des provinces, un conseil de prêtres supérieurs qui se réunissent en conclave pour élire le pontife, et dont les insignes mêmes ressemblent a ceux de nos car diuaux , des couvens de moines et de religieuses, des prières pour les morts , la eonfes. sion auriculaire, l'intercession des saints, le jeûne, le bai sèment des pieds, les iitauies, les processions, l'eau lustrale.

La Doctrine des Lettres , dite aussi la Religion di Conrucius, parce que ce phi Josophe célèbre en est regardé comme le réformateur et te patriarche. Elle a pour lia se un panthéisme philosophique , qui a été diversement interprété suivant les époques. On «i oit. dit M. A bel Rémusat, que , dans la haute antiquité , le dogme de l'existence d'un Dieu tout puissant et rémunérateur n'en était pas exclus, et divers passages de ( Umhu &m douitcot lieu de croire que ce sage l'admettait lui-même. Mais le peu de soin qu'il a mis a 1 inculquer à ses disciples, le sens vague des expressions qu'il a employées, et le soin qu'il

a pris d'appuyer exclusivement ses idées de morale el de justice sur le principe de l'amour de l'ordre el d'une conformité mal définie avec les vues du ciel et la marche de la nature, ont permis aux philosophes qui l'ont suivi de s'égarer, au point que plusieurs d'entre eux , depuis le xti* siècle de notre ère, sont tombés dans un véritable spinosisroe, et ont enseigné , en s'appuyant toujours de l'autorité de leur maître, un système qui tient du matérialisme et qui dégénère en athéisme. Le culte purement civil rendu au ciel , aux génies de la terre , des astres, des montagnes et des fleuves , ainsi qu'aux Ames des parens , est à leurs yeux une institution sociale sans conséquence , ou du moins dont le sens peut s'interpréter de différentes manières. Ce culte ne connaît pas d'images el n'a pas de prêtres; chaque magistrat le pratique dans la sphère de ses fonctions , el l'empereur lui-même en est le patriarche. Généralement tous les lettrés de la Chine, de l'empire d'Au-nam et du Japon s'y attachent sans renoncer toutefois à des usages empruntés aux autres cultes. Us •ont plus superstitieux que religieux, la conviction entre pour peu de chose dans leur conduite; mais l'habitude les soumet à des pratiques qu'ils tournent eux-mêmes en ridicule, comme la distinction des jours heureux et malheureux, les horoscopes, la métoposcopie , la divination par les sorts , etc. , etc.

Le Culte oks Esprits ou le Naturalisme mythologique de l' Asie-Orientale, regardé par ses sectateurs comme la religion primitive des plus anciens bahitans de la Chine. Ce culte s'est étendu au Japon , dans la Corée , chez les Tongouses, au Tonquin où il a reçu des fonnes diverses, et est encore actuellement professé par toute la partie de la population qui n'a pas embrassé le Bouddhisme, ni les principes de Confurius. Cette religion a beaucoup de dogmes communs avec la précédente : seulement l'existence individuelle des génies et démons, indépendans des parties de la nature auxquelles ils président , y est mieux reconnue. Ce culte a dégénéré en polythéisme et en idolâtrie, par l'ignorance de ceux qui l'admettent. Les prêtres et prêtresses voués au célibat pratiquent la magie, l'astrologie, la nécromancie et mille autres superstitions ridicules. Ou les nomme Tao-tst ou docteurs de la raison , parce qu'un de leurs dogmes fondamentaux , enseigné six siècles avant notre ère , par Lao-tscu , l'un de leitrs maîtres , est celui de l'existence de ta raison primordiale , qui a créé le monde , le Logos des Platoniciens.

La Relioioh du Sihto est la plus ancienne de celles qui dominent au Japon. Elle a beaucoup de ressemblance avec le Naturalisme mythologique , dont quelques savans même la regardent comme une branche. Ce culte consiste dans l'adoration d'un être suprême ; mais il reconnaît aussi des dieux inférieurs , el prescrit la pratique des bonnes actions et Pabstinence*des viandes. Ses temples , nommés Mia, renferment un miroir pour rappeler que si les taches du corps se peignent fidèlement dans cette sorte de glace , de même les défauts de l'âme ne peuvent demeurer cachés aux regards de la divinité. Dans quelques temples il y a une niche contenant la figure du dieu subalterne à qui l'édifice est dédié. La simplicité de ce culte a été considérablement altérée depuis l'introduction du Bouddhisme au Japou. Il admet les pèlerinages, il a des religieuses , des confréries de divers genres et des moines; ces derniers font commerce de superstitions. Quoique la croyance de Sinlo soit la plus ancienne du Japon , les Dairis ou empereurs de ce pays , qui sont regardés comme descendans des dieux, suivent depuis long-temps la loi de Bouddha.

Le Maoïsme on la Religio» ne Zoroastre. Selon M. Saint-Martin ce culte très ancien admet l'existence d'un être suprême appelé Zerwan ou le temps sans bornes, d'où sont émanés deux principes, l'un bon appelé en ancien persan Ehoro-Mezdao , ou Oromaze par les Grecs; l'antre, mauvais, eu ancien persan EngUrco-Mcenioch , par les Grecs Arimanc. Us se combattent; le bon remportera à la fin une victoire complète. Zoroastre admet trois mondes : un supérieur, spirituel , séjour de la lumière primitive et de la force productrice ; un monde moyen , visible , où régnent Oromaze, roi de la lumière , et Mithra , réunion des forces active et passive de la nature; enfin une région inférieure des ténèbres , séjour d' Arimanc et de sa suite malfaisante , le* Detfs. Il recou nail Une hiérarchie d'êtres célestes et purs , dérivant d'Oromaze , et que les Perses invoquent comme des génies bienfaisans. L'homme, d'origine céleste, était d'abord d'une nature lumineuse et pure; mais ayant succombé à l'influence désastreuse d'Arimane, il perdit ses prérogatives; cependant en combattant continuellement contre le mauvais principe, il aura pari à la restauration universelle de toutes choses. La plus grande partie de ce culte consiste en purifications , en

PRINCIPES GÉNÉRAUX. 7 a

ablutions, el en cérémonies qui tendeal à rapprocher Je la lumière. C'est devant le feu sacré qu'on les pratique et que l'on récite les différentes formules de prières prescrites dans le rituel de Zoroastrc. Sa doctrine est consignée dans le Zend-Avesta , écrit dans la langue morte dite zend. Le Magismc se conserve encore parmi les PaiMs ou ( ■ uebres dans k fxerman, ta Perse, à Surate et dans I. (.u/arat , dans l'Iudoustau. Dans le i*r siècle du christianisme, il se répandit dans l'empire Romain un culte venu de la Perse, connu sous le nom de culte Milhriaqu* , qui offrait de grandes ressemblances avec la religion de Zoroaslre , mais dans lequel le dieu Mithra, lils d'Oromare, di.iu. de la conduite du soleil et du gouvernement du monde, médiateur entre Oroma/e et les hommes, était l'objet d'une adoratiou spéciale.

Le N*nsatsata ou la Rtxie.ios nés Status, instituée par Nanek, né selon M. Hamilfou en i;to,dans la province de Lahure dois I'Iuduuslaii. On peut la regarder connue un mélange de Brahmanisme et d'Islamisme. Elle enseigne le déisme le plus pur. Les Sikhs adorent un Dieu, admettent des récompenses el des punitions futures, tolèrent toutes les religions, sur lesquelles ils ne veulent pas même entrer en dispute; croient une incarnation secondaire de la divinité, proscrivent le culte des images et s'abstiennent de manger du porc. Ces sectaires reconnaissent l'authenticité des Veda inJieus, qu'ils regardent, ainsi que le Koran, comme des livres divins; nuis ils prétendent «pie la religion des Hindous s'est corrompue par l'introduction du polythéisme, el que l'adoration des images a éloigné le peuple de l'adoration du vrai Dieu. Ils regardent les bains comme nu di s principaux devoirs à remplir. Leurs temples n'offrent aucune idole et leurs prières sont très simples. Celte religion a subi de grandes réformations sous le pontificat de Gourou Govind, qui mourut en 1707; les Sikhs le regardent comme un nouveau prophète et comme le fondateur de la puissance de leur natiou. I*'s sectaires de ce culte rejettent la distinction des castes, sont censés être tous soldats, doivent renoncer a l'usage du tabac, laisser croître leur barbe et leurs cheveux, l u corps nombreux de guerriers religieux nommés Akalïs est chargé de tout ce qui concerne les affaires du culte. Il y a nue espèc e de baptême ou d'initiation que l'on fait subir à tout sectaire adulte et par laquelle doit passer tout individu qui veut être admis dans cette religion , qui ne fait aucune difficulté pour recevoir de nouveaux sectaires. Ce culte est professé par la grande masse de la popu'ation du Labore et par tous les Sikhs qui sont établis dans d'autres parties de l'Inde.

Il est impossible de rien une Je positif sur le nombre de sectateurs que compte chaque religion actuellement existante sur le globe. In zèle maladroit engage les divers partis à exagérer leur nombre, comme si Séneque n'avait pas eu raison de dire qu'une grande majorité est souvent l'indice d'uue mauvaise* cause. Les incrédules surtout, vers la lin du xvii e, ont mis une importance ridicule à exagérer le nombre des mahométans

et des païens Le nombre de ces deruieis a été aussi cxlraordinaircment exagéré de nos jours par les missionnaires protestai» dans différens tableaux qu'ils ont publiés. Plus instruits dans leurs dogmes , que versés dans les calculs compliqués qu'exige la solution de ce problème, ces bous religieux ne se sont seulement pas doutés des dilficultés'qu'ils avaieut a surmonter pour asseoir leurs estimations sur des hases au moins probables , sinon certaines. Les longues recherches auxquelles nous nous sommes livrés pour connaître le nombre approximatif des peuples qui parlent les différentes langues du globe, et celles que nous avons dû faire pour déterminer la population des différeus étais, nous ont fourni une masse de faits assez nombreux pour que nous croyions ue pas nous éloigner beaucoup de la réalité en proposant les sommes suivantes, qui ne sont et ue peuvent être que de simples approximations :

Le CatuTiASirat- L'/'f'tM falint on OcrUtnlml* (catholique) 139,000,000?

h'EfUu Grtt.ju « ou Oritntmlé atrr tout» tr» branebr*. . . 6».ooo,ono??

L'« / l'rjUit.iute 1 axe louie» leur» mi l«li«i»ion». . . . S9.00o.00u?

Total. ..... 160,000,0000

L* Jctuiava . tout an plut. 4.000,000 1

L'I'i »■!»•■ me toute* »ri branche <. 96.000,000 ??

L* Bi»a«»»j»a*. .................. 60,000,000 ??

Le BorBOatiai rtee toute* •*.» brandira. 170.000,000 '''?

Le* iiucait ai Coarcciri, «*« Siaro , le i ci ri ou Eiratra, la aixtcioa bat

StUJ.at atiuaaa, etc. , el le r intimai 147. 000,000??

Tolal de loulet kt religioqi. . 7S7 000.000

Digitizod by.

Nous avons rédigé le tableau suivant pour offrir la comparaison de nos calculs avec ceux de quelques autres géographes très distingués. Toutes ces estimations peuvent être regardées comme contemporaines, puisque les deux plus anciennes, celles de Maltcllrun et de M. Graberg , ne remontent qu'à 1 8 1 u et 1 8 1 3 , et celle de MM. Walckenaer et Eyriès dans la nouvelle édition de la Géographie de Pinkerton et celte de Hasscl sont de Tannée 18*7.

Guano. Pi»

(,!iri«iiiniAm< a»e* loulf» le»

Judaïsme 3,ooo,i

lalaioiame '

)'r>lim»ntMue 60.000,

Bouddliiun* iTtc loutotaea braoebo*. i&o.ooo.i

Touie* 1** «ulrtt rtligiooi. too.ooo,

•S6,ooo,ooo i35,ooo,ooo a5i,ooo.ooo .000 »,ooo,ooo 3,9)0.000 110,000,000 Ito loS.ooo iu.353.ooo 3i».977,ooo i3«.4oo,ooo

l5o,ooo,o»o 1 li.ooo.ooo

4,ooo,.

Page 1