‹ Abrégé de géographie (volume 2)Chapitre 68 sur 320 · CONFEDERATION SUISSE · texte numérisé non relu

CONFEDERATION SUISSE

POSITION ASTRONOMIQUE. Longitude orientale. Entre 3° 43 et

8° 5'. Latitude , entre 45° 5o' et 47° 49 -

DIMENSIONS* Plus grande longueur. Depuis la Vattay, dans le canton deVaud «jusqu'à Martinsbrurk, dans le canton des Grisons, 180 milles. Plus grande largeur. Depuis Chiasso, extrémité méridionale du canton du Tessin , jusqu'à Ober-Bargen , extrémité septentrionale du canton de Schaffouse , 1 10 milles.

confins. Au nord, la monarchie Française, le grand-duché de Bade, Je royaume de Wurtemberg, et le Tyrot dépendant de l'empire d'Autriche; a l'est, le Tyrol et le royaume Lombard -Vénitien, dépendant de l'empire d'Autriche ; au sud, les royaumes Lombard- Vénitien et Sarde; â l'ouest, la monarchie Française, savoir les départemens de l'Ain, du Jura, du Doubs et du Haut-Rhin.

pays . La Confédération actuelle se compose de presque tous les payi qui formaient l'ancienne , moins quelques-uns qui ont été détachés en i8o3, et plus quelques autres qui , à la même époque, y ont été ajoutés. Voyessen les détails à l'article Gouvernement.

MONTAGNES. La Suisse n'est à proprement parler qu'un plateau très élevé, sillonné de plusieurs chaînes de montagnes qui appartiennent toutes au système Alpique. Leurs points culminans sont: le Montc-Leone ou Stmplon, élevé de i8o5 toises dans la chaîne P rincipate ; la Finster-Aar- J/orn, haut de 2106 , dans la chaîne Septentrionale on Alpes Bernoises; le Rccullet de 880, dans celle du Jura. Voyez l'article Montagnes aux pages 86, 87, 88, et 89.

LACS. Parmi les nombreux lacs de la Suisse il faut distinguer : ceux de Constance (Boden-See) , de Genève (Genfer-Scc) , le Majeur (Maggiore ou Langen-See) et de Lugano, dont une partie seulement lui appartient; et les lacs de Neufctuttel (Neuenburger-See), de Morat (Murtner^See), de Sienne (Bieler-See) , de Zurich (Zurcher-Seej, des Quatre- Cantons (Vier- "Waldstaetter-See) appelé aussi lac de Lucerne ; de Zug (Zuger-See), d<tVallenstadt (Wallen-See) , de Bricnz ( Brienzer-See) , de Thun (Thuner- Sçe], i\c Se mpach (Sempacher-See), qui lui appartiennent entièrement. Les lacs de Constance, de Genève, de Neufclultel , de Zurich et de Lucerne et le lac Majeur sont les plus grands.

FUUTis. Toutes les eaux qui arrosent la Suisse appartiennent a quatre fleuves, le Rhin, le Rhône , le Pô et le Danube , qui aboutissent à l'Océan- Atlantique, à la Méditerranée, à l'Adriatique et à la mer Noire.

L'OCEAN ATLANTIQUE on la MER DU NORl> reçoit :

Le Rmn qni est formé dan* les Grisons par la réunion de trois branches, le Rhik- \*T**ttvm ( VordVr Rhein ) , le Uni!f-i>u-Mii.i«u ( Mittler-Khcin ) et le Katn-Po&TKMM 1

[ Hinter-Rhein ) , traverse le ranton des Grisons , sépare celui de Saint-Call du Tyrol , tra- \ersc le lac de Constance, le canton de Schafibuse et touche la frontière de ceux de Zurich, dWrgovieet Bàle. Après avoir traversé la capitale de ce dernier, le Rhin poursuit son cours i ntro. la France et l'Allemagne, pour se rendre ensuite à travers les Pays-Bas dans la mer du Nord. Se* principaux affluens dans lu Suisse sont : la Th u r , qui traverse les cantons «le Saint-Gall et de Thurgovie et est grossit- à la droite par la Si (ter ; Y A ar, qui est le plus grand courant d'eau qui appartienne entièrement à la Suisse ; il prend sa source dans le canton de Berue , où il traverse rohcrhasli , les lacs de Brienz et de Thuu , passe par Thun , Berne et Arberg ; traverse les cantons de Solenre et d'Argovie en passant par les villes de Solenre, Aarau et Brugg. L'Aar reçoit à la gauche la Sartne ( Saane), qui traverse le canton de Frihourg , et la Thiele , qui décharge les lacs de Neufchâtcl, de Bienne et de Morat. Les principaux affluens de l'Aar À la droite sont : la Grande- Emmen ( Gross- F.mmen),qui traverse les cantons de Berne et de Soleure; la Rems% qui liait au mont Sainl- Guthard, traverse le canton d'iîri, le lac de Lucerne, baigne cette ville et traverse lecanton de ce nom et l'Argovie; la Limmat , nommée Linih dans la partie supérieure de son cours, baigne les cantons de Claris, Saint-Gall, Schwiz, Zurich et Argovie, en passant par Claris, Zurich et Baden ,ct en traversant le lac de Zurich; son embouchure est un peu au-dessous de celle de la Rcuss.

La MÉDITERRANÉE reçoit :

Le Rhôke , qui prend sa source au mont de la Fourche dans le Valais , traverse ce cauton ainsi que le lac de Genève et le canton de ce nom , en passant par Brigg, Martigny et Genève; ensuite il entre en France. Aucun de ses aflluens n'est assez considérable pour être décrit.

L'ADRIATIQUE reçoit

Le Pô, qui est le plus grand fleuve de l'Italie , reçoit à la gauche le Te ss in ( Tienne ). Celui-ci naît au pied du Saint-Gothard , traverse le canton auquel il donne sou nom ainsi que le lac Majeur et aboutit au Pô dans le royaume Lombard-Vénitien. La Maggia et autres rivières entrent dans le lac Majeur à droite , tandis que la Tresa y décharge à la gauche le lac Lugano.

La MER NOIRE reçoit

I^e Darubk , dont le cours supérieur appartient à l'Allemagne , reçoit à la gauche VI nn , qui prend sa source dans les glaciers de la Maloya , traverse la Haute et la Basse - Eugadine dans les Grisons et entre dans le Tyrol, où il poursuit son cours pour se joindre nu Danube dans le royaume de Bavière.

CANAUX* La Suisse n'en manque pas, quoique les géographes gardent presque tous le silence sur leur compte. A la vérité ils ne sont pas grands , «nais ils sont trop importans pour ne pas être mentionnés. Les plus considérables sont les canaux de ta lùnth, dont l'un, de 52yi mètres, conduit cette rivière depuis Mallis jusqu'au lac de Wallenstadt; l'autre, de i6,G/t5, mène cette même rivière, réunie à la Maagh, du lac de Wallenstadt h celui de Zurich. Ces travaux hydrauliques ont conté près de i,3oo,ooo francs, fournis par le patriotisme désintéressé de plusieurs Suisses. Viennent ensuite les travaux hydrauliques de la Kander et la partie de X Aar comprise entre le lac de Thun et la ville de Berne dans lecanton de ce nom; de la Retigbacft, dans relui de Lucerne, et du Glatt dans le canton de Zurich. On se propose aussi de corriger les défauts des lits actuels de la Thill inférieure et de Y Aar, pour baisser de 3 ou \ pieds le niveau moyen des lacs de Neùfchâtcl , de Bienne et Morat , ainsi que de reprendre les travaux commencés vers la moitié du xvme siècle pour faire communiquer le lac de Neufchatel avec celui de Genève.

ETHNûOEAPHIZ. Tous les habitans de la Suisse appartiennent à deux souches principales : à la Gf.rmaniqitf. et à la Grkco-Latinf. La première comprend les Snhsrs Allemand*, qui vivent dans les cantons de

DESCRIPTION DK LU ROPF ifii

/nrich , Je Incernc, d'Uri , de Schwitz, d'Unterwald , de Claris, de Zug, d'Appenzell, de Saint-Gall, de Thurgovie, de Schaffousc et d'Argovic; dans la plus grande partie des cantons de Berne et de Bàle; dans une partie assez considérable de ceux de Soleure, de Fribourg, du Valais et des Grisons, dans quelques communes de celui de Vaud, et dans celle de Bosco dans le canton du Tessin; ils forment presque 1rs i/j vingtièmes de la population totale de la Confédération. La souche Greco-Latise comprend : les Français , qui vivent dans 1rs cantons de NeufrhiUel et de Genève; dans presque tout celui de Vaud: dans une partie des cantons de Soleure, de Fribourg et du Valais, et dans les pays du Jura qui appartiennent à ceux de Bâle et de Berne; ils forment un peu plus des 4 vingtièmes de la population totale de la Suisse. Les Italiens sont beaucoup inoins nombreux; ils n'habitent que le canton du Tessin, quelques vallées des Grisons et quelques localités du Valais, sur le Siinplon et la belle route qui y mène. Les Romans ou Rhétiens sont encore en moindre nombre que ces derniers; on ne les trouve que dans les Grisons, dans l'Obcr- Lind, vers les sources du Rhin, et dans les doux Kngadiucs. La Soucnr. sKMiTryi £ ne compte que quelques centaines de Juifs, dont la plupart vit dans l'Argovie. Nous croyons devoir faire observer que la langue allemande est employée dans les affaires gcnéralcitdc la Confédération, ainsi que dans les affaires particulières de tous les cantons, excepté ceux du Tessin, de Vaud, de Neufchatcl et de Genève; que cette langue ne compte pas moins de trente-cinq dialectes principaux; qu'on en distingue quinze dans la française; et que l'italienne et la romane en ont deux chacune.

BXUOXOVSt ï^e calvinisme et le catholicisme se partagent inégalement la population Suisse: appartiennent au premier lWppen/.ell Extérieur, la presque totalité des cantons de Zurich, Berne, lîàle, Schaffousc, Vaud et Neufchatel ; la plus grande partie de ceux de Claris, des Grisons, d'Argovic, de Thurgovic et de Genève; et la minorité des hahitans de Fribourg, Soleure et Saint-Gall. La religion catholique est professée par tous les habitans des cantons de Lucernc , Uri , Schwitz , Lnterwald , Zug, Appenzell-Intéricnr , Tessin et Valais; et par la plus grande partie de ceux de Fribourg, Soleure et Saint-Gall; ensuite par la minorité dans les antres cantons. Environ ra vingtièmes de la population suisse sont calvinistes; le reste est catholique.

GOVTERjrSMEBTT. Avant 1798 la Suisse formait une confédération composée de trois parties très distinctes: Jes treize Cantons , les sujets ou vassaux des treize Cantons et les alliés ries treize Cantons.

Les treize cantons formaient quinze républiques. Huit étaient démocratiques, savoir : Uri, Schwitz, Haut et Bas- Untenvald , Claris, Zug et Appenzell-întérieur et Extérieur. Quatre étaient aristocratiques, savoir : Zurich, Lucernc, Bâlc et Schaffousc. ; et les trois de Berne, Fribourg €t SoUure étaient oligarchiques. Lenr population était estimée à 1,000,000 d'habîUns.

Les sujf.ts on vassacx des treize cantons étaient des pays possédés en commun par plusieurs cantons. Au nord et à Test on trouvait le comté de Bade avec Bade; les Offices libres avec Bremgarten et Mûri; la Thurgoi'ie avec Frauenfeld, le Rheinthal avec Reineck; \c comté de Sargans avecSargans; le Gaster avec l 'tznach et l;i ville de Rapprrsehtvyl sur le /ac de Zurich. A l'ouest on trouvait les bailliages de Morat , de

A11KÉGÉ DE GÉOGRAPHIE.

Gtanson, d'Orbe et de Schwarzemboutg, avec les villes du même nom. Au sud, il y avait les gouvernemens de Lugano, de Locarno , de Mendrisio et de fraltnaggia,el les trois bailliages de Bellinzona , de f^al-Bregno, et de Jîwiera. La population de tous ces pays était estimée à 3oo,ooo âmes.

Los alliés des treize cantons étaient associés à la confédération et sous sa protection. C'étaient lesrépubliquesaristocratiquesde&u/jf-Grt//, de Jîicnne et de Mulhausen; les républiques démocratiques du Haut- râlais, dont dépendait le Bas- Valais; de Gersau sur le lacdeLucerne, et des trois ligues des Grisons; la republique démocratique représentative de Genève; Vét>é</ue de Baie , l'abbé de Saint-Gall et celui d'Engelberg, qui étaient soin crains absolus; Yéverjue de Sion, qui commandait à la ville de ce nom et à d'autres endroits du Valais; enfin la principauté de Neufchâtcl, dépendant du roi de Prusse et régie constitutionnellement. On portait la population de tous ces pays à environ 5oo,ooo âmes.

Eu 1798 la Suisse changea sa constitution et subit quelques démembremens : l'cvèché de Baie, les républiques de Genève et de Mulhausen furent réunis à la France, et elle devint le théâtre de la guerre des puissances étrangères et de plusieurs désordres. En i8o3, par {acte de médiation, la Suisse se forma en confédération composée de dix-neuf cantons, savoir les treize anciens auxquels on ajouta ceux des Grisons, sans la Vallelline, d'Jrgovie, avec le Frickthal, de Vaud, de Saint-Gall, de Thurgtwic, et du Tessin: la Valtelline avec les comtés de Bormio et Chiavenna qui dépendait des Grisons fut réunie au royaume d'Italie, et les autres pays furent à différentes époques incorporés à l'empire Français. Le Frickthal, les deux villes ci-devant forestières Lauffenbourg et Rheinfelden, et les seigneuries de Trasp et Rezùns(dans la Basse- Engadine et dans la Ligue- Grise), pays jadis possédés par l'Autriche, furent les seuls dédommagemens à tant de pertes.

A la chute de Napoléon et par un acte du congres de Vienne en 181 5, la Suisse reprit non- seulement toutes les cessions faites à la France, à l'exception de Mulhausen, mais elle acquit aussi une fraction du pays de Gex et de la Savoie , qui servirent à arrondir le nouveau canton de Genève. Elle forma de la sorte une confédération de vingt-deux cantons.

Par ['acte fédéral du 7 août 181 5, les vingt-deux cantons se réunissent en confédération pour le maintien de leur liberté et de leur indépendance. La diète ( Tagsatzung) dirige les affaires générales de la confédération; elle se compose des députés des vingt-deux cantons qui votent d'après les insiructions de leurs gouvernemens respectils. Chaque canton a une voix. Elle se réunit alternativement deux ans de suite dans le chef-lieu du canton directeur. Le président de la diète, qui est censé être le chef de la confédération , a le litre de landmann. La diète a seule le pouvoir de faire des traités de paix et d'alliance; mais elle ne le peut qu'avec les trois quarts des voix; elle seule conclut des traites de commerce. Les cantons peuvent traiter en particulier avec les gouvernemens étrangers pour des capitulations militaires ainsi que pour des objets économiques et de police; mais ces conventions ne doivent blesser en rien ni le pacte fédéral ni les droits constitutionnels des autres cantons. La diète nomme et révoque les agens diplomatiques elle prend toutes les mesures nécessaires pour la sûreté intérieure et extérieure de la Suisse; elle règle l'organisation du contingent des troupes et en nomme le général. Lorsque la diète n'est pas reunie, le

directoire alterne de deux ans entre les cantons de Zurich , Berne et Lueerne. Ce tour de rôle a commencé le i*' janvier i8i5.

Les vingt-deux cantons forment réellement vingt-quatre états différent, même en ne tenant pas compte des trois lignes des Grisons et des treize decuries du Valais, qui à la rigueur pourraient être regardés comme autant d'états dtflférens. Sous le rapport du gouvernement ces vingt-quatre états peuvent ètrr» classes de la manière suivante :

Huit républiques démocratiques, savoir Vri , Schtvitz, Glatis, Zug , Àppenzell- Extérieur, Appenzell- Intérieur, Bas- Vnterwald, Haut-Untcnvald Le» deux républiques des cantons (TAppenzell et celle d'LIri alternent dans l'émission de leur voix à la diète fédérale;

Deux républiques démocratiques-représentative*, savoir les ligues des Grisons et les décuries du Valois;

Six républiques représentatives y savoir Sain t- G ail, Arçpvie , Thurgovie, Vaud , Genève et Tessin ; ce dernier, à la suite de la réforme constitutionnelle qui vient de s'opérer , jouit d'une constitution dont les hases sont plus libérales que celles des autres cantons.

Trois républiques représentatives, mais dont les capitales respectives jouissent de grands privilèges dans la représentation en comparaison <iu reste de leur territoire; ces républiques sont celles de Zurich, If die et Schaffoust: ;

Quatre républiques aristocratiques, savoir Berne, Lucerne , l'rihourg et Soleure;

Un état monarchique-constitutionnel , savoir le canton de Neufchdtcl, dont ïe chef est le roi de Prusse.

REVENUS» Dans la Confédération Suisse il faut distinguer le budget fédéral et le budget particulier de chaque canton. Le budget fédéral est destiné à couvrir les frais de l'administration générale, de la caisse militaire et de la caisse d'instruction; ce qui a lieu avec les intérêts de certains capitaux destinés a ce but. Pour les autres dépenses extraordinaires chaque canton doit fournir un contingent proportionné à ses ressources; la somme totale depuis 1818 a été fixée à 519,275 francs suisses, équivalant à environ 700,000, argent de France. Ce que l'on sait des budgets de n cantons permet de croire qu'on neso tromperait pas beaucoup en portant :*i 10,000,000 de francs le revenu total des 22 cantons. Il est même possible qu'actuellement (i83o) cette somme s'élève à 12,000,000, monnaie de France. Voyez le tableau statistique à la fin de l'Europe.

ARMÉE et FORTERESSES. La Suisse n'entretient aucune armée permanente. On estime que dans les vingt-deux cantons les troupes continuellement sous les armes montent à 1,200 ou i,1oo hommes, y compris les gendarmes. Genève en entretient le plus grand nombre. Mais chaque canton doit tenir toujours prêt à marcher son contingent, qui est proportionné à sa population. La totalité, sans l'état-major , est fixée à 3^,758 hommes de toute arme. Un nombre égal forme le mutinfrrnt fie réserve. La levée en masse est estimée à 200,000 soldats. 1rs Suisses ont des troupes au service des Pays-Bas , des royaumes des Deux- Sicile* et d'Espagne; avant les derniers évènemens ils en avaient aussi en Vrance; la totalité de toutes ces troupes était estimée à 18,000 hommes. Voyez le tableau statistique.

La Suisse n'a pas de forteresses fédérales. Elle n'a pas non plus de places

I ii « a URÉGÉ DE G KOGR A l»IUE.

fortes proprement dites, quoiqu'il y ait plusieurs villes qui ont quelques fortifications, comme Aarboiug dans l'Argovie, Genève et autres. La première renferme l'arsenal fédéral. Par* le traité de Paris, du 20 novembre 181 5, les gouvernemens européens ont reconnu la neutralité perpétuelle de la Suisse et d'une portion voisine du lac de Genève.

XNDUSTELXB. La Suisse offre un assez grand nombre de fabriques et de manufactures, mais elles y sont très inégalement réparties. Ce sont les cantons de l'ouest et du nord qui sont les plus industrieux. Depuis quelques années l'industrie y a repris l'essor que les guerres, les troubles et le système prohibitif des gouvernemens limitrophes lui avaient fait perdre. 11 est très commun en Suisse de trouver d'excellens artistes et manufacturiers parmi les agriculteurs. Les cantons de Zurich, de Baie, de Genève, de Neufchâtel , de Glaris et de rAppenzcll-Extérieur se distinguent sur tous les autres. Les montres et la bijouterie de Genève, de Locle et de Chauxde-Fond dans le canton de Neufchâtel, de Bienne et de Porentruy dans celui de Berne, et de Vevav dans le canton de Vaud, etc., etc.; les étoffes et les rubans de soie de Baie, de Zurich, de Gersau, de Genève et autres villes; les blanchisseries d' \SLVSk\i , de Langenthal, Zotingcn, de l'Emmenthal , de Berne et de Nidau; les draps légers de Zurich, Berne , Lucei 11c, Glaris et Bàle; les belles toiles de lin et de chanvre, dites de Constance, de l'Argovie, de la Turgovie, de Sainl-Gall et de l'Appenzell- Extérieur, etc.; les toiles de coton de Zurich, de l'Argovie, de Glaris, de Saint-Gall, de l'Appenzell-Extérieur; le fil de lin et de chanvre de Lucerne, de l'Appenzell-Extérieur et autres cantons; le papier à écrire et à tenture de Bàle qui soutient la concurrence des papiers anglais, français et hollandais, et ensuite celui de Zurich, Berne, Lucerne, Soleure et Zug; les tanneries, les cuirs et les peaux de Berne, Vaud , Zurich , Genève, Bàle et de l'Argovie ; les gants de Bâle et Liestall; les dentelles de Couvet, Flcurier et autres villages du canton de Neufchâtel, connues dans le commerce sous le uom de dentelles de France et de Lausanne ; les chapeaux de paille et autres ouvrages en paille de l'Argovie, de Lucerne et autres cantons; les instrutnens de musique de Glaris; les produits de la fabrique d'acier de Schaffouse qu'on compare à ceux d'Angleterre pour la bonté de la trempe, et IWer météorique de la même fabrique qui jouit des qualités éminentes auxquelles celui de Damas doit sa renommée ; les armes , X horlogerie et les ustensiles en bois de la vallée de Jouxet de plusieursendroits du canton de Berne; Yorfèvrcrie de Genève, Baie, Saint -Gall, Neufchâtel, etc., etc.; les instrumens de mathématiques du mécanicieu Scheuk de Berne; la poudre à fusil du canton de ce nom; tous cesdillérens articles et d'auties encore attestent combien les Suisses excellent dans les fabriques et les manufactures. Les villes qui se distinguent le plus par leur industrie sont : Genève, Baie, Zurich , Saint-Gall, h'ùitcrthur, Berne, Gersau, Ucrisau, Glaris , Chaux- de-Fond et Locle.

COMMERCE. Après la crise que le commerce a éprouvée, il commence à se relever; on peut dire même qu'il est florissant malgré les grands obstacles que lui oppose la nature du sol, la diversité des réglemens émanés des diffère!. s états, la différence d'idiomes et celle de religions. Depuis le commencement du siècle, des chemins magnifiques ont beaucoup diminue les iuconvenieiis qu'opposait le sol , et facilite les communications avec l'Italie et le Tyrol; des bateaux à vapeur parcourent

UPTION DE L'EUROPE.

déjà dans plusieurs directions les principaux lacs. Les principaux unit les d exportation consistent en bœufs, vaches et veaux, fromage, beurre, suif, langues salées, esprit de cerise (kirsch wasser) , extrait de gentiane , fruits secs, bois de construction, charbon, plantes officinales; perkales, toiles, étoffes et rubans de soie , dentelle, montres, bijouterie, ouvrages en bois, peaux tannées, papier et poudre à fusil. Les principaux articles d'importation consistent en blé et riz, sel , morue, harengs et autres poissons salés ou marines, vins, eau-de-vie, fruits secs des pays méridionaux, tabac, soie, coton, bois de teinture, sucre, cafe et autres denrées coloniales, plusieurs objets manufactures, surtout draps fins, ustensiles métalliques de toute espèce , livres et meubles de luxe.

Le commerce de transit est très important. Les villes qui y participent le plus sont: Bâle , Soleure , Coire , Genève, Zurich, Lucerne , Sdmffousc. Saint • Gail , Altorf, Ru n, bac h , Bellinzone , Lugano et Olten. Berne, Zurich et Lucerne sont les trois grands entrepôts du commerce intérieur; Bdle et Genève du commerce extérieur, ainsi que les villes principales des cantons de Zurich, de Claris, de l'Appenzell-Extérieur, de Saint - Gall, de l'Argovie et de Neufchatel.

Nous remarquerons aussi qu'un grand nombre de Suisses s'expatrient pendant un temps plus ou moins considérable, pour aller exercer le commerce ou quelque autre branche d'industrie dans les pays étrangers, d'où ils reviennent avec le gain qu'ils ont pu faire, et qui parfois est très considérable. Les cantons de Glaris, Vaud , Neufchâtel , Genève, (irisons et Tessin fournissent le plus grand nombre de ces émigrans.

DIVISION ADMINISTRATIVE. Le cadre de cet abrégé ne nous permettant pas de donner tes divisions administratives de chaque canton, nous nous bornerons à offrir dans le tableau suivant les principaux élémens de la statistique de chacun. Quelques observations nous paraissent indispensables pour faciliter l'intelligence de ce tableau. 1" Les xxn cantons y sont rangés d'après leur étendue. iu On a éerit en grandes lettres tous les chefs- lieux de chaque canton. 3" Les chiffres mis après les noms des chefs-lieux indiquent en milliers la population de la ville à laquelle ils se rapportent; les fractions décimales expriment les centaines d'habitans que comptent les chefs- lieux , dont la population est au -dessous de mille.

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