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DEPARTEMENT DE LA CORSE

La situation insulaire de ce département, et la position avantageuse qu'il occupe au centre de la Méditerranée , lui donnent une grande importance politique et commerciale, surtout depuis la conquête d'Alger. Quoique la France n'ait pas encore tiré tout le parti possible de ces avantages, nous ne croyons pas moins devoir consacrer à ce département une description toute spéciale.

La Corse est située entre le 41° et le 42° de latitude septentrionale et le 6° et 7° de longitude du méridien de Paris. Elle a environ 96 milles de long sur 43 de large, et sa superficie cadastrale est estimée à 874,745 hectares. Elle esta 76 milles des côtes de France , à 35 milles de Livourne, à 5 lieues de Pile de Sardaigne , et à 120 lieues de la baie de Tunis. Depuis plusieurs siècles la Corse était sous la domination de Gênes , mais en 1730, elle secoue ce joug, se déclare indépendante, et reconnaît six ans après un aventurier, le baron de IS'euliof pour roi. La France arme en faveur des Génois, soumet les rebelles et obtient pour prix de ses services la cession de l'île (1768). C'est de cette époque, que date l'incorporation de la Corse à la France , dont la trahison de Paoli la détacha en 1794 pour la livrer aux Anglais , qui ne ia conservèrent que deux ans. La moitié de la superficie de la Corse est inculte , et l'on

y compte 79,000 hectares de bois. Son sol, propre à toute espèce de culture, pourrait facilement nourrir un million d'habitans , et cependant la population de cette lie n'est que de 190,000 âmes. La Corse est couverte de châtaigniers et de noyers ; l'amandier, le citronnier, l'oranger, y sont d'une très belle venue ; l'indigo et le coton, dont la culture a été essayée , ont parfaitement réussi, et l'on pourrait y cultiver avec un égal succès le nopal, qui nourrit la cochenille , le cafeyer, la canne à sucre et la plupart des plantes tropicales. L'olivier sauvage croit naturellement dans les terres incultes. Si l'on apprenait aux habitans l'art de pratiquer la greffe, on pourrait exporter chaque année pour plusieurs millions d'huile ; la Corse n'en exporte cependant que pour 7 à 800,000 fr., et le total de ses exportations pour la France s'élève à peine à 1,000,000 fr. La culture développée et bien entendue des différentes espèces de mûriers constituerait une immense richesse pour cette lie, car la soie de Corse est préférable à la soie d'Italie. Les vins de cette lie sont exquis, et cependant ses vignobles n'occu-pent guère qu'une superficie de 16,000 hectares. Les forêts de chênes , de sapins et surtout de pins larix, dont ia Corse est peuplée , pourraient servir à alimenter les chantiers de construction de la marine marchande et militaire de la France. Ses côtes offrent plusieurs ports très surs; les cinq rades d'Ajaccio, de Calvi, de St-Florent, de Valinco, de Porto- Vecchio , pourraient contenir les flottes les plus nombreuses ; et cependant il n'y a pas un seul établissement maritime dans toute la Corse , et ses superbes forêts restent inexploitées. 11 en est de même de ses richesses minérales, de ses marbres, de ses porphyres , de ses granits et de ses mines de fer, dont seulement 10 forges à la Catalane exploitent l'abondant minerai. Telle est aujourd'hui la situation générale de la Corse. Voici quelles en sont les villes principales :

Ajaccio, sur la côte occidentale de l'Ile, petite ville épiscopale, assez bien bâtie, chef-lieu du département, avec un beau port défendu par une citadelle. -L'Adtel de la préfecture , la cathédrale , la caserne, le théâtre et le bâtiment destiné à recevoir un hospice civil, sont les principaux édifices de cette ville. Le collège, Y école royale de navigation , la

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société d'agriculture , la bibliothèque, Je jardin botanique et les pépinières doivent aussi être mentionnés. Ajaccio est la patrie de Napoléon Bonaparte. Population : 9000 habitans.

Nous citerons encore dans ce département : IUstia , sur la côte orientale de l'île , la pl us grande , la plus commerçante et la plus peuplée de toutes les villes delà Corse , autrefois capitale, aujourd'hui simple chef-lieu d'arrondissement, et résidence du gouverneur de la 17e division militaire, qui n'embrasse que ce département ; elle a un petit port, un collège, une société d'instruction et une bibliothèque. Calvi, avec un excellent port sur le golfe de ce nomelune pépinière ; Coûte , au milieu des montagnes et dans une position élevée, et Sartene, sont trois villes très petites et chefs-lieux d'arrondissement. Dans lej environs de Corte on voit le beau pont de Fec~ chio , qui s'élève a 120 pieds au-dessus d'un torrent. Ile Rousse, dans l'arrondissement de Calvi et Bonifac io dans celui de Sartène , très petites villes , assez commerçantes , avec un port. Dans les parages de Bonifacio, on fait la pèche

du corail t qui s'étend jusqu'au cap Corse. Porto Vecchio , dans le même arrondissemement, très petite ville, importante par son port spacieux et par sa saline , la seule qui existe en Corse.

possessions. Quoique les possessions de la monarchie Française hors de l'Europe ne soient pas de beaucoup aussi étendues qu'elles l'étaient avant le malheureux traité de 1763 , il lui reste encore des colonies importantes que le lecteur trouvera décrites dans les articles Asie, Afrique et Amérique françaises. La surface de tous les pays , formant la monarchie Française, peut être évaluée à 188, ooo milles carrés , et leur population montait au commencement de 1831 à 34,000,000 habitans. Si l'on voulait comprendre dans ces calculs tout le ci-devant état d'Alger, dont une partie seulement est occupée par les troupes françaises , on pourrait alors porter toute la superficie de la monarchie à 258,000 milles carrés.

position astronomique. Longitude orientale. Entre 3° 43' et 8° 5'. Latitude, entre 45° 50' et 47" 49'.

dimensions. Plus grande longueur.

Depuis la Vattay, dans le canton de Vaud, jusqu'à Martinsbruck , dans le canton des Grisons , 180 milles. Plus grande largeur. Depuis Chiasso , extrémité méridionale du canton du Tessin, jusqu'à Ober-Bargen, extrémité septentrionale du canton de Schaffouse, 120 milles.

confins. Au nord, la monarchie Française, le grand-duché de Bade , le royaume de Wurtemberg , et le Tyrol dépendant de l'empire d'Autriche; à Vest, le Tyrol et le royaume Lombard-Vénitien, dépendant de l'empire d'Autriche; au sud, les royaumes Lombard-Vénitien et Sarde ; à \' ouest, la monarchie Française, savoir : les départemens de l'Ain, du Jura, du Doubs et du Haut-Rhin.

pays. La Confédération actuelle se compose de presque tous les pays qui formaient l'ancienne, moins quelques-uns quiontété détachés en 1803, et plus quelques autres qui, à la même époque , y ont été ajoutés. Voyez-en les détails à l'article Gouvernement.

montagnes. La Suisse n'est à propre-

ment parler qu'un plateau très élevé, sillonné de plusieurs chaînes de montagnes qui appartiennent toutes au système Alimque. Leurs points culminans sont : le Monte-Leone ou Simplon, élevé de 1805 toises dans la chaîne Principale ; le Finster-Aar-Horn , haut de 2206, dans la chaîne Septentrionale ou Alpes B er noises ; le Recullet de B80, dans celle du Jura. Toutes ces montagnes , semblables à un vaste réseau, l'enveloppent et la coupent de tous côtés. « Les phénomènes gigantesques des glaciers y commandent puissamment l'attention du physicien; le géologue y interroge le gisement des roches primitives sur lesquelles le temps n'a pas encore gravé son empreinte destructive. Là, jaillissent les fleuves qui arrosent et fécondent l'Europe. Là, dans le cours de la même journée , on éprouve les chaleurs insupportables de l'Espagne et le froid glacial de la Laponie ; là aussi , le botaniste passe de la vigne au châtaignier, de celui-ci au rododendron, ensuite au lichen rabougri qui tapisse les rochers sur l'extrême frontière du règne végétal. La gentiane, le silène, le thym répandent des parfums délicieux dans tes régions élevées, où le voyageur re-

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cueille la fraise au pied du glacier. Le vacher conduit en été ses troupeaux sur ces sommets ; libre , robuste , gai , il a toujours près de lui sa fidèle compagne , dont la candeur et le visage riant rappellent le temps des patriarches.

« Les forêts alpines sont peuplées de gibier de toute sorte. Le Lammergeyer , le plus grand oiseau, après le condor d'Amérique , y a placé son nid ; le chamois, le daim, le cerf, le bouquetin, dont la race est presque éteinte , offrent au chasseur du Valais et de i'Oberland une source intarissable de gains et de dangers. Il est impossible de communiquer aux autres par la magie de l'éloquence, le doux- calme qu'on respire dans ces régions aériennes. On ne saurait jamais décrire l'aspect de ces colosses enveloppés de nuages et de glaces éternelles ; ni la multitude de fleurs qui émaillent les prairies alpines 'et contrastent par la vivacité de leurs couleurs avec le vert foncé des sapins; ni le châlet solitaire qui s'appuie au rocher , ni le troupeau qui paît sur le bord des précipices, ni les ruisseaux qui en découpent les parois noirâtres de filets argentins , ni les lacs en feu aux éclats du soleil naissant et semblables à des nappes d'argent liquide aux rayons de la lune. Pour pouvoir se former une idée exacte des Alpes il faut les avoir visitées. » C'est ainsi que s'exprime M. le comte Dandolo , auteur des Lettere sulla Svizzera , dans une note qu'il nous a fournie sur cette partie de l'Europe , qu'il connaît si bien et qu'il continue à décrire avec un talent remarquable.

lacs. Parmi les nombreux lacs de la Suisse il faut distinguer : ceux de Constance (Boden-See) , de Genève (Genfer- See), le Majeur (M aggiore ou Langen- Seejelde Lugano, dont une partie seulement lui appartient ; et les lacs de Neufchâtel (Neuenburger-See), de Murât (Murtner-See), de Bienne (Bieler- See), de Zurich (Zurcher-See), des Quatre Cflwftms(Vier-Waldstaetter-See) appelé aussi lac de Luceme; de Zug (Zuger-See), de Wallenstadt (VVallen- See), de #Wé?7^(Brienzer-See), de Thun (Thuner-See), de Sempach (Sempacher- See), qui lui appartiennent entièrement.

Les lacs de Constance, de Genève, de Neufchâtel, de Zurich et de Luceme et le lac Majeur sont les plus grands.

fleuves Toutes les eaux qui arrosent

la Suisse appartiennent à quatre fleuves : le Rhin, le Rhône , le Pô et le Danube , qui aboutissent à POcéan-Atlantique , à la Méditerranée, à l'Adriatique et à la mer Noire.

L'OCEAN ATLANTIQUE ou la MER DU NORD reçoit :

Le Rhin qui est formé dans les Grisons par la réunion de trois branches, le Rhin-Antérieuu ( Vorder-Rhein) , le Rhin-du-milieu (Mittler-Rhein) et le Rhin-Postérieup. (Hinter-Rhein). traverse le canton des Grisons, sépare celui de Saint-Gall du Tyrol , traverse le lac de Constance , le canton de Schaffouse et touche la frontière de ceux de Zurich, d'Argovie et de Bàle. Après avoir traversé la capitale de ce dernier, le Rhin poursuit son cours entre la France et l'Allemagne, pour se rendre ensuite à travers les Pays-Bas dans la mer du Nord. Ses principaux affluens dans la Suisse sont : la Thur , qui traverse les cantons de Saint-Gall et de Thurgovie et est grossie à la droite par la Sitter; YJar, qui est le plus grand cours d'eau qui appartienne entièrement à la Suisse; il prend sa source dans le canton de Berne , où il traverse l'Oberhasli , les lacs de Brienz et de Thun , passe par Thun , Berne et Arberg; traverse les cantons de Soleure et d'Argovie en passant par les villes de Soleure, Aarau et Brugg. L'Aar reçoit à la gauche la Sarine (Saane), qui traverse le canton de Fribourg,et la Tlùele, qui décharge les lacs de Neufchâtel , de Bienne et de Morat. Les principaux affluens de l'Aar à la droite sont : la Grande-Emmen ( Gross-Emmen ) , qui traverse les cantons de Berne et de Soleure-, \zReuss, qui naît au mont Saint-Gothard, traverse le canton d'Uri, le lac de Lucerne, baigne cette ville et traverse le canton de ce nom etl'Argovie; la Limmal, nommée Linlh dans la partie supérieure de son cours , baigne les cantons de Glaris, Saint-Gall, Schwitz, Zurich et Argovie, en passant par Glaris , Zurich et Baden, et en traversant le lac de Zurich; son embouchure est un peu au-dessous de celle de la Reuss.

La MÉDITERRANÉE reçoit:

Le Rhône, qui prend sa source au mont delà Fourche dans le Valais, traverse ce canton ainsi que le lac de Genève et le canton de ce nom , en passant par Brigg , Martigny et Genève ; ensuite il entre en France. Aucun de ses affluens n'est assez considérable pour être décrit.

L'ADRIATIQUE reçoit:

Le Pô, qui est le plus grand fleuve de l'Italie; celui-ci reçoit à la gauche le Te s s in (Ticinio), qui naît au pied du Saint-Gothard, traverse le canton auquel il donne son nom ainsi que le lac Majeur et aboutit au Pô dans le royaume Lombard-Vénitien. La Maggia et autres rivières entrent dans le lac Majeur à droite , tandis que la Tresa y décharge à la gauche le lac Lugano. La MER NOIRE reçoit:

Le Danube, dont le cours supérieur appartient à l'Allemagne ; ce fleuve reçoit à la gauche VInn , qui prend sa source dans le"s glaciers de la IVlaloya,

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traverse la Haute et la Bassc-Engadine dans les Grisons et entre dans le Tyrol , où il poursuit sou cours pour se joindre au Danube dan* le royaume de Bavière.

canaux. La Suisse n'en manque pas , quoique les géographes gardent presque tous le silence sur leur compte. A la vérité ils ne sont pas grands, mais ils sont trop importans pour ne pas être mentionnés. Les plus considérables sont les canaux de la Linth, dont l'un , de 5292 mètres , conduit cette rivière depuis Mallis jusqu'au lac de Wallensladt; l'autre, de 16,645, mène cette même rivière, réunie à la Maagh, du lac de Wallenstadt à celui de Zurich. Ces travaux hydrauliques ont coûté près de 1,300,000 francs , fournis par le patriotisme désintéressé de plusieurs Suisses. Viennent ensuite les travaux hydrauliques de la Kander et la partie de VAar comprise entre le lac de Thun et la ville de Berne dans le canton de ce nom; de la Rengbach, dans celui de Lucerne, et du Glatt dans le canton de Zurich. On se propose aussi de corriger les défauts des lits actuels de la Thill inférieure et de VAar , pour baisser de :î ou 4 pieds le niveau moyen des lacs de ÎNeufchâtel , de Bienne et Morat, ainsi <pie de reprendre les travaux commencés vers la moitié du xvme siècle pour faire communiquer le lac de Neufchàtel avec celui de Genève.

ethnographie. Tous les habitans de la Suisse appartiennent à deux souches principales : à la Germanique et à la Gréco-Latiine. La première comprend les Suisses Allemands , qui vivent dans les cantons de Zurich , de Lucerne, d'Uri, deSchwitz, d'Unterwald , de Glaris, de Zug, d'Appenzcll, de Saint-Gall, de Thurgovie,de Schaffouse et d'Argovie; dans la plus grande partie des cantons de Berne et de Bàle ; dans une partie assez considérable de ceux de Soleure , de Fribourg, du Valais et des Grisons, dans quelques communes de celui de Vaud , et dans celle de Bosco dans le canton du Tessin; ils forment presque les 14 vingtièmes de la population totale de la Confédération. *La souche Gréco-Latine comprend : les Français , qui vivent dans les cantons de Neufchàtel et &e Genève ; dans presque tout celui de Vaud ; dans une partie des cantons de Soleure , de Fribourg et du Valais, et dans les pays du Jura qui appartiennent à ceux

de Bàle et de Berne ; ils forment un peu plus des 4 vingtièmes de la population totale de la Suisse. Les Italiens sont beaucoup moins nombreux ; ils n'habitent que le canton du Tessin , quelques vallées des Grisons et quelques localités du Valais , sur le Simplon et la belle route qui y mène. Les Romans ou Rhéiiens sont encore moins nombreux que ces derniers ; on ne les trouve que dans les Grisons, dans l'Oberland, vers les sources du Rhin, et dans les deux Engadines. La Souche sémitique compte environ deux mille Juifs, dont la plupart vivent dans l'Argovie. Nous croyons devoir faire observer que la langue allemande est employée dans les affaires générales de la Confédération , ainsi que dans les affaires particulières de tous les cantons , excepté dans ceux du Tessin , de Vaud , de Neufchàtel et de Genève ; que cette langue ne compte pas moins de trente-cinq dialectes principaux ; qu'on en distingue quinze dans la française ; et que l'italienne et la romane en ont deux chacune.

religions. Le calvinisme et le catholicisme se partagent inégalement la population suisse : PAppenzell-Extérieur , la presque totalité des cantons de Zurich, Berne , Bàle , Schaffouse , Vaud et Neufchàtel ; lapins grande partie de ceux de Glaris , des Grisons , d'Argovie , de Thurgovie et de Genève ; et la minorité des habitans de Fribourg , Soleure et Saint- Gall professent le calvinisme. La religion catholique est suivie par tous les habitans des cantons de Lucerne, Uri, Schwitz, TJnterwald, Zug, Appenzell- Intérieur, Tessin et Valais; et par la plus grande partie de ceux de Fribourg , Soleure et Saint-Gall ; ensuite par la minorité des autres cantons. Environ 12 vingtièmes de la population suisse sont calvinistes ; le reste est catholique.

gouvernement. Avant 1798 la Suisse formait une confédération composée de trois parties très distinctes : les treize Cantons, les sujets ou vassaux des treize Cantons et les alliés des treize Cantons.

Les treize cantons formaient quinze républiques. Huit étaient démocratiques , savoir: Uri, Schwitz, Haut et Bas- Unlerwald , Glaris , Zug et Appenzell- Intérieur et Extérieur. Quatre étaient aristocratiques, savoir : Zurich, Lucerne, Bàle et Schaffouse ; et celles

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de Berne, Fribourg et Soleure étaient oligarchiques. Leur population était estimée à 1,000,000 d'habitans.

Les SUJETS OU VASSAUX DES TREIZE

cantons étaient des pays possédés en commun par plusieurs cantons. Au nord et à l'est on trouvait le comté de Bade avec Bade ; les Offices libres avec Bremgarten et Mûri ; la Thurgovie avec Frauenfeld ; le Rheinthal avec Reineck ; le comté de Sargans avec Sargans ; le Gaster avec Utznach et la ville de Rapperschwyl sur le lac de Zurich. APouest on trouvait les bailliages de Morat, de Granson, d'Orbe et de Schwarzenbourg , avec les villes du même nom. Au sud , il y avait les gouvernemens de Lugano, de Locarno, de Mendrisio et de Valmaggia, et les trois bailliages de Bellinzona , de Val-Bregno , et de Riviera. La population de tous ces pays était estimée à 300,000 âmes.

Les alliés des treize cantons étaient associés à la confédération et sous sa protection. C'étaient les républiques aristocratiques de Saint-Gall , de Bienne et de Mulhausen ; îes républiques démocratiques du Haut-Valais , dont dépendait le Bas-Valais ; de Gersau sur le lac de Lucerne , et des trois ligues des Grisons; la république démocratique représentative de Genève; Yévêque de Bâle , l'abbé de Saint-Gall et celui A'Engelberg, qui étaient souverains absolus ; Yévêque de Sion , dont l'autorité s'étendait non-seulement sur la ville de ce nom, mais encore sur plusieurs parties du Valais; enfin la principauté de Neufchâtel, dépendant du roi de Prusse et régie constitutionnellement. On portait la population de tous ces pays à environ 500,000 âmes.

En 1798 la Suisse changea sa constitution et subit quelques démembremens :

l'évêché de Bâle , les républiques de Genève et de Mulhausen furent réunis à la France, et ce pays devint le théâtre de la guerre des puissances étrangères et de plusieurs désordres. En 1803 , par Vacle de médiation, la Suisse se forma en.

confédération composée de dix-neuf cantons , savoir les treize anciens auxquels on ajouta ceux des Grisons, sans la Valteline, ftArgovie, avec le Frickthal , île Vaud, de Saint-Gall , de Thurgovie et du Tessin. La Yalteline, qui, avec les comtes de Bormio étChiavenna, dépendait

des Grisons, fut réunie au royaume d'Italie , et les autres pays furent à différentes époques incorporés à l'empire Français. Le Frickthal, les deux villes, cidevant forestières , de Laufenbourg et de Rheinfelden , et les seigneuries de Trasp et Reztïns (dans la Basse-Engadine et dans la Ligue-Grise) , pays jadis possédés par l'Autriche , furent les seuls dédommagemens à tant de pertes.

A la chute de Napoléon et par un acte du congrès de Vienne en 1815, la Suisse reprit non-seulement toutes les cessions faites à la France, à l'exception de Mulhausen, mais elle acquit aussi une fraction du pays de Gex et de la Savoie , qui servirent à arrondir le nouveau canton de Genève. Elle forma de la sorte une confédération de vingt-deux cantons.

Par Y acte fédéral du 7 août 1815 , les vingt-deux cantons se réunissent en confédération pour le maintien de leur liberté et de leur indépendance. La diète (Tagsatzung) dirige les affaires générales de la confédération; elle se compose des députés des vingt-deux cantons qui votent d'après les instructions de leurs gouvernemens respectifs. Chaque canton a une voix. La diète se réunit alternativement deux ans de suite dans le cheflieu du canton directeur. Son président, qui est censé être le chef de la confédération, a le titre de Landmann. La diète a seule le pouvoir de faire des traités de paix et d'alliance ; mais elle ne le peut qu'avec une majorité des trois quarts des voix; elle seule conclut des traités de commerce. Les cantons peuvent traiter en particulier avec les gouvernemens étrangers pour des capitulations militaires, ainsi que pour des objets économiques et de police ; mais ces conventions ne doivent blesser en rien ni le pacte fédéral ni les droits constitutionnels des autres cantons. La diète nomme et révoque les agens diplomatiques; elle prend toutes les mesures nécessaires pour la sûreté intérieure et extérieure de la Suisse-; elle règle l'organisation du contingent des troupes et en nomme le général. Lorsque la diète n'est pas réunie, le directoire alterne de deux ans entre les cantons de Zurich , Berne et Lucerne. Ce tour de rôle a commencé le 1er janvier 1815.

Jusqu'en 1830 , les vingt-deux cantons formaient réellement vingt-quatre états différens, même en ne tenant pas compte

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des trois lignes des Grisons et des treize décuries du Valais , qui à la rigueur pourraien t être regardées comme autant d'éta ts différens. Sous le rapport du gouvernement, ces vingt-quatre états pouvaient être classés de la manière suivante :

Huit républiques démocratiques , savoir: Uri , Schwitz, Glaris , Zug , Appenzell-Extérieur , Appenzell-Intérieur , Bas-Vnterwald , Haut-Unterwald. Les deux républiques des cantons d'Appenzell et celle d'Uri alternent dans l'émission de leur voix à la diète fédérale ;

Deux républiques démocratiquesreprésentatives, savoir : les ligues des Grisons et les décuries du Valais;

Six républiques représentatives , savoir : Saint-Gall , Argovie , Thurgovie, Vaud, Genève et Tessin,-

Trois républiques représentatives , mais dont les capitales respectives jouissent de grands privilèges dans la représentation, en comparaison du reste de leur territoire : ces républiques sont celles de Zurich , Bâle et Schaffouse ;

Quatre républiques aristocratiques, savoir : Berne , Lucerne, Fribourg et Soleure ;

Un état monarchique-constitutionnel, savoir : le canton de Neufchâtel , dont le chef est le roi de Prusse.

Les évènemens politiques de l'année 1830 ont introduit de notables changemens dans les constitutions de plusieurs états :

Les huit cantons démocratiques restent encore ce qu'ils étaient , à l'exception de celui de Schwitz, où les bailliages extérieurs demandent des droits égaux à ceux dont jouit le reste du canton. On peut même regarder cette partie de la confédération comme divisée de fait en deux étals différens.

Les deux cantons démocratiques-représentatifs ont modifié quelques parties de leur administration.

Les six cantons représentatifs ont tous élargi le cercle de leur représentation, en admettant un plus grand nombre d'électeurs et en diminuant le cens d'éligibilité.

Les trois cantons représentatifs ayant un chef-lieu prépondérant , ont été obligés d'admettre dans le conseil plusieurs habitans des campagnes. Bâle se ressent encore des dommages causés par la guerre civile. Ce canlon est définitivement partagé en deux états entièrement

indépendans l'un de l'autre , savoir : celui qui comprend Bàle avec plusieurs communes environnantes ; celui qui a pour chef-lieu Liestall avec toutes les autres communes de la campagne. Ces deux états se désignent aujourd'hui par Bâle-Ville et Bâle- Campagne.

Les quatre cantons aristocratiques sont devenus des cantons représentatifs.

Neufchâtel , après avoir subi les conséquences d'une insurrection armée , a repris son assiette ordinaire.

revenus. Dans la Confédération Suisse il faut distinguer le budget fédéral du budget particulier de chaque canton. Le budget fédéral est destiné à couvrir les frais de l'administration générale, de ia caisse militaire et de la caisse d'instruction. Les dépenses de ces trois services s'effectuent au moyen des intérêts provenant de certains capitaux destinés à cet objet. Pour les autres dépenses extraordinaires, chaque canton doit fournir un contingent proportionné à ses ressources : la somme totale, depuis 1818, a été fixée à 539,275 francs suisses, équivalant à environ 700,000 francs argent de France.

Ce que l'on sait des budgets de 15 cantons permet de croire qu'on ne se tromperait pas beaucoup en portant à 10,000,000 de francs le revenu total des 22 cantons. Il est même possible qu'aujourd'hui cette somme s'élève à 12,000,600 de francs.

Voyez le tableau statistique à la tin de l'Europe.

armée et forteresses. La Suisse n'entretient aucune armée permanente. On estime que dans les vingt-deux cantons les troupes continuellement sous les * armes montent à 1200 ou 1300 hommes, y compris les gendarmes. Genève en entrelient le plus grand nombre. Mais chaque canton doit tenir toujours prêt à marcher son contingent, qui est proportionné à sa population. La totalité , sans l'état-major , est fixée à 33,758 hommes de toutes armes. Un nombre égal forme le contingent de réserve. La levée en masse est estimée à 200,000 soldats. Les Suisses ont des troupes au service des Pays-Bas , des royaumes des Deux-Siciles et d'Espagne ; avant la révolution de 1830 ils en avaient aussi en France. La totalité de toutes ces troupes était estimée à 18,000 hommes. Voyez le tableau statistique.

La Suisse n'a pas de forteresses fédé-

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raies. Elle n'a pas non plus de places fortes proprement dites , quoique plusieurs villes aient quelques fortitications , comme Aarbourg dans l'Argovie , Genève et autres. La première renferme l'arsenal fédéral. Par le traité de Paris, du 20 novembre 1815 , les gouvernemens européens ont reconnu la neutralité perpétuelle de la Suisse et d'une portion voisine du lac de Genève.

industrie. La Suisse possède un assez grand nombre de fabriques et de manufactures , mais elles y sont très inégalement réparties. Ce sont les cantons de l'ouest et du nord qui sont les plus industrieux. Depuis quelques années l'industrie y a repris l'essor que les guerres , les troubles et le système prohibitif des gouvernemens limitrophes lui avaient fait perdre. Il est très commun en Suisse de trouver d'excellens artistes et manufacturiers parmi les agriculteurs. C'est sans contredit , grâces à cette circonstance, qu'elle peut soutenir avantageusement la concurrence avec les manufactures de l'Alsace pour les toiles de coton, et avec celles de Lyon pour les étoffes de soie unies. Les cantons de Zurich, de Bàle, de Genève, de Neufchàtel, de Glaris et de l'Appenzell- Extérieur se distinguent de tous les autres sous le rapport de l'industrie. Les montres tt la bijouterie de Genève, du Locle et de la Chaux-de-Fond dans le canton de Neufchàtel, de Bienne et de Porentruy dans celui de Berne , et de Vevay dans le canton de Vaud , etc. , etc. ; les étoffes et les rubans de soie de Bàle , de Zurich , de Gersau , de Genève et autres villes; les blanchisseries jft'Aarau, de Langenthal, Zoffingen, de l'Emmenthal, de Berne et de Nidau; les draps légers de Zurich , de Berne , de Lucerne, de Glaris et Bàle ; les belles toiles de lin et de chanvre , dites de Constance , de l'Argovie, de la Thurgovie,de Saint-Gall et de PAppenzell-Extérieur , etc. ; les toiles de coton de Zurich , de l'Argovie , de Glaris, de Saint-Gall, de l'Appenzell- Extérieur ; le fil de lin et de chanvre de Lucerne, de l'AppenzelI-Extérieur et autres cantons ; le papier à écrire et à tenture de Bàle , qui soutient la concurrence des papiers anglais, français et hollandais, et ensuite celui de Zurich, Berne, Lucerne, Soleure et Zug; les tanneries , les cuirs et les peaux de Berne, Vaud, Zurich, Genève, Bàle

de l'Argovie ; les gants de Bàle et Liestall ; les dentelles de Couvet, Moliers, le Locle , Fleurier et autres villages du canton de Neufchàtel, connues dans le commerce sous le nom de dentelles de France et de Lausanne ; les chapeaux de paille et les divers ouvrages en paille de l'Argovie, de Lucerne et autres cantons ; les instrumens de musique de Glaris ; les produits de la fabrique d'acier de Schaffouse qu'on compare à ceux d'Angleterre pour la bonté de la trempe, et V acier météorique de la même fabrique qui jouit des précieuses qualités auxquelles celui de Damas doit sa renommée ; les armes , V horlogerie et les ustensiles en bois de la vallée de Joux et de plusieurs endroits du canton de Berne ; l'orfèvrerie de Genève, Bàle, Saint-Gall, Neufchàtel, etc., etc. ; les instrumens de mathématiques du mécanicien Schenk de Berne ; la ])Oud?'e à fusil du canton de ce nom ; tous ces différens articles et d'autres encore attestent combien les Suisses excellent dans l'industrie manufacturière. Tous les ans on fait à Berne et à Genève une exposition publique des produits des beaux-arts et de l'industrie. Les villes qui se distinguent le plus par leur industrie sont : Genève , Bâle , Zurich, Saint-Gall, Winterthur, Bertte, Gersau , Herisau , Glaris, la Chauxde-Fond et le Locle.

En parlant de l'industrie manufacturière de la Suisse, on ne peut se dispenser de mentionner son industrie agricole , que la position géographique du pays semble devoir rendre nulle, et qui cependant est dans un état prospère. Il est vrai que la nature du sol , les grandes variations du climat, les changemens subits de température et divers fléaux tels que la grêle, les gelées du printemps et de l'automne et les brouillards humides viennent souvent détruire les espérances de l'agriculteur et forcer la Suisse à rester dans la dépendance de ses voisins pour un grand nombre d'objets de première nécessité ; mais ces obstacles mêmes prouvent en faveur de l'intelligence de ses habitans. Nulle part on ne sait mieux se régler sur la nature du climat, sur l'exposition particulière ou sur les qualités distinctives des diverses sortes de terrains, sur la manière de les améliorer, et sur l'emploi qu'il convient d'en faire. Il n'est peut-être pasunseul pays au monde, où les avanta-

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ges de l'agriculture se fassent mieux sentir qu'en Suisse. En traversant ces régions montueuses, on est frappé d'admiration, en voyant des rochers autrefois stériles, couverts de vignes ou de riches pâturages, et en apercevant les traces de la charrue sur les bords de précipices si escarpés qu'on a peine à concevoir qu'un cheval ait pu y monter. C'est surtout dans la culture des prairies naturelles et artificielles que triomphe l'intelligence des agriculteurs suisses. Leur sol parait plus particulièrement destiné par la nature à nourrir des bestiaux, et e'est là une de leurs plus grandes ressources, et l'une des branches les plus importantes de leur commerce extérieur. Aussi mettent-ils tout en œuvre pour faire prospérer cette industrie, et ont-ils poussé au plus haut degré de perfectionnement les méthodes d'irrigations et d'amélioration des prairies. De nombreux et fertiles pâturages nourrissent ces belles vaches suisses dont le lait fournit les excellens fromages que toute l'Europe recherche avec empressement. Ceux de Wadenschwyl dans le canton de Zurich, de Claris, des Grisons, de Sion, de la vallée de Bagnes dans le Bas-Valais, de celle tfUrseren dans le canton d'Uri, du canton de Fribourg, où se trouve Gruyères, des cantons de Soleure, de Lucerne, de Baie , de Neufchâlel, sont les plus estimés.

commerce. Après la crise que le commerce a éprouvée , il commence à se relever; on peut même dire qu'il est florissant malgré les grands obstacles que lui opposent la nature du sol , l'anomalie des réglemens émanés des divers états , la différence d'idiomes et celle de religions. Depuis le commencement de ce siècle , des chemins magnifiques ont beaucoup diminué les inconvéniens qu'opposait le sol, et ont facilité les communications avec l'Italie et le Tyrol ; des bateaux à vapeur parcourent déjà dans plusieurs directions les principaux lacs. Les articles d'exportation les plus importans sont: bœufs, vaches et veaux, fromage , beurre, suii, langues salées, esprit de

cerise {kirschwasser) , extrait de gentiane , fruits secs , bois de construction , charbon, plantes officinales, percales, toiles , étoffes et rubans de soie , dentelle, montres, bijouterie ,. ouvrages en bois, peaux tannées, papier et poudre à fusil. Les principaux articles d'importation consistent en blé et riz, sel , morue, harengs et autres poissons salés ou marinés, vins, eau-de-vie, fruits secs des pays méridionaux, tabac, soie, coton, bois de teinture, sucre, café et autres denrées coloniales, plusieurs objets manufacturés , surtout draps fins , ustensiles en fer et en cuivre de toute espèce, livres et meubles de luxe.

Le commerce de transit est très important. Les villes qui y prennent la plus grande part sont : Baie , Soleure , Coire, Genève, Zurich, Lucerne, Schaffouse , Saint-Gall , Altorf, Boschach, Bellinzona , Lugano et Olten. Berne, Zurich et Lucerne sont les trois grands entrepôts du commerce intérieur; Bâle et Genève servent d'entrepôts au commerce extérieur , ainsi que les villes principales des cantons de Zurich , de Glaris, de l'Appenzell-Extérieur , de Saint-Gall , de l'Argovie et de Weufchâtel.

Nous devons ici faire remarquer qu'un grand nombre de Suisses s'expatrient pendant un temps plus ou moins considérable, pour aller exercer le commerce ou quelque autre branche d'industrie dans les pays étrangers, d'où ils reviennent avec le gain qu'ils ont pu faire, et qui parfois est très considérable. Les cantons de Glaris , de Vaud , de Neufchàtel , de Genève , des Grisons et du Tessin fournissent le plus grand nombre de ces émigrans.

division administrative. Le cadre de cet abrégé ne nous permettant pas de donner les divisions administratives de chaque canton, nous nous bornerons à exposer dans le tableau suivant les principaux élémens de la statistique de chacun d'eux. Les cantons y sont rangés d'après leur étendue; et tous leurs chefs-lieux sont écrits en petites capitales.

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