Eglise des Auq
9 ZeKof
10 Le LTobe-Varkt
11 Le Grctben
12 Le Xeue Markt
TAl>ovli,mlèii
hamp dÏK-Va
lô Burqthor (la plus belle porte de Tienne )
14 Le Purqerspital
15 Lé folÂsqarten (Jardin du. Peuple)
16 Temple de Thésée x y Arsenal
18 Caserne d Infanterie Lo l Tnioersite 20 Bastion des Anqustins a 1 Porte Karnthner
2 2 Tljàlre de lûirnthner
3 3 Dépôt d Artillerie 22, Porte Carolmen
a 5 Porte Stuben
a6 Bastion Biber
j - P.'iil J'erdinand
a 8 Bastion Cons.aaa
an Pont Chartes
.î o Pûnt Aui/arten
"S 1 Porte -T>i/»f
Sa Porte Schoiten
"S ." Porte de François
."4 Caserne de Cavalerie
."> > J'ardai particulier de
UCmpereur ."(> Chambre obscure 7,- Cirque Gwmnasliquc 7>H Hôpital Militaire 7>i) Caserne d Infanterie
4 o Quartier de Cavalerie
4 1 Maqasin des Transports
militaires 4 a Quartier de In Carde Boy aie
Hongroise 4 ". Jnstitai Polytechnique 44 Palais du Peloédere 4 5 Jardin Botanique 4 G Collège Theresianum 4 - lié tel des In oa lides 48 Caserne d'Artillerie
4 (j A' Théâtre sur la Vienne 5o Chariaaes militaires
5 j. Caserne d Artillerie J>3 fabrique d Armes
33 Académie Joséphine de/ \ Chirurgie et de Médecine
">4 fabrique impériale de
porcelaine I
</<v l'éua: dArd/ice
EMPIRE D'AUTRICHE
impérial; le Hohe - Markt , décoré de deux fontaines et autres ornemens; le Josephsplatz, sur lequel s'élève la statue colossale équestre en bronze de Joseph II ; le Neue-Markt, remarquable par une belle fontaine , dont les quatre figures en plomb représentent les quatre principales rivières de l'Autriche; le Graben, situé presque au centre de la ville , décoré de deux fontaines ornées de statues en plomb et d'un monument consacré a la Sainte- Trinité en commémoration de la peste.
Sur celte place et sur le Kohlmarkt , grande et belle rue qui y aboutit, se trouvent les principaux magasins de modes et de nouveautés ; c'est le rendez-vous des élégantes Viennoises. On doit aussi citer le nouveau Burgthor, qu'on vient de finir, qui est la plus belte porte de Vienne et un des plus beaux bàtimens de ce genre qui existent en Europe.
D'autres édifices non moins remarquables se trouvent dans les faubourgs ; nous citerons entre autres , la caserne -pour la cavalerie ; le Belvédère, palais magnifique, appartenant jadis au prince Eugène et maintenant a l'empereur ; V hôtel des invalides ; Y église de Saint-Charles , la plus belle et la plus régulière de Vienne; le magnifique bâtiment de Y institut polytechnique, bâti en 1816; celui du collège Theresianum , jadis nommé Favorite, lorsqu'il servait de séjour d'été à l'empereur Charles VI; le Slarembergsches - Freyhaus , avec 6 cours, 301 habitations et plus de 1200 locataires; le théâtre sur la Vienne, un des plus grands de la ville; le bâtiment de Yacadémie Joséphine de chirurgie et de médecine; le grand hôpitalou Y hôpital commun, édifice remarquable par ses vastes dimensions et par sa belle tenue, renfermant 7 cours plantées d'ar- .bres, in salles contenant 2000 lits et recevant par an 15 à 17,000 malades; le vaste bâtiment de la fabrique impériale de porcelaine s enfin le palais d'été des princes de Schwarzenberg , Esterhazy, Lichtenstein , Auersberg , avec de magnifiques jardins , dont quelques-uns sont ouverts au public ; celui du prince Rasoumofsky avec des dépendances magnifiques et un jardin délicieux.
Plusieurs superbes promenades ornent la capitale de l'Autriche ; la plus belle et la plus renommée est le Prater , forêt naturelle de chênes et de hêtres dans une
ile du Danube; c'est le lieu où tout le monde se porte en foule, surtout au printemps,etoù les riches étalent leurs magnifiques équipages, en circulant par ses longues et larges allées ; un grand nombre de cafés et de restaurans , un panorama , un cirque gymnastique , des balançoires et plusieurs autres jeux populaires, de beaux feux d'artifice , etc., ajoutent au mouvement et au plaisir offerts par cette promenade, qui rappelle, mais sur une échelle beaucoup plus grande, les Tivoli de Paris et le Thiergarten de Berlin ; on y trouve aussi un manège et une école de natation. Les autres promenades les plus remarquables sont : Y Augarten, grand parc à belles allées et à bosquets dans la même île, consacré par Joseph II au plaisir de tout le monde ; le Brigitten-Au , qui fourmille de monde le jour de la Sainte- Brigitte ; le Rempart ou les bastions , la promenade la plus fréquentée, et le Volksgarten, jardin délicieux que l'empereur a ouvert au public , en reculant sur le glacis, près du Burg , le mur de la ville ; on y admire dans un temple, la statue de Thésée, travail de Canova.
Parmi le grand nombre d'établissemens scientifiques et littéraires qu'offr*; Vienne, les suivans méritent une mention particulière: Y université , une des principales de l'Europe spécialement pour la médecine, avec des collections magnifiques, surtout celle d'anatomie, une riche bibliothèque, et un beau théâtre anatomique; Y institut théologique , où les meilleurs étudians des différens séminaires ou instituts théologiques de l'Empire viennent achever leurs études, d'après un plan aussi vaste que bien entendu . Y école des orientalistes, destinée à former des interprètes pour faciliter les relations de l'Autriche avec la Turquie ; le Theresianum , excellent institut fondé par Marie-Thérèse pour avoir des employés instruits, et réorganisé sur un plan plus vaste et meilleur par l'empereur régnant ; Yacadémie Joséphine de chirurgie et de médecine, pour fournir aux armées des chirurgiens et médecins habiles; Yacadémie réunie des beauxarts, divisée en 4 classes avec 18 professeurs chargés d'enseigner la gravure, la peinture , la sculpture , la gravure sur pierres fines , et la mosaïque ; elle est présidée par le prince de Metlernich ; Yinstitut polytechnique, un des plus beaux
établissemens qui existent en ce genre ; V école normale, pour donner à la jeunesse des maîtres habiles ; V académie impériale des ingénieurs (Ingenieur- Akademie) avec 18 professeurs ; Vinstilut vétérinaire, une des meilleures écoles de l'Europe en ce genre ; V école polythecnique (Real-Schule)avec 14 professeurs et 4 rnaitres d'arts et métiers chargés de préparer les élèves qui veulent fréquenter les cours de l'institut polytechnique ; V école de musique ou le conservatoire , un des principaux établissemens de ce genre ; les cinq gymnases ou collèges , parmi lesquels se distingue celui de Lœvenbnrg; le nouvel observatoire, du à la munificence de l'empereur , qui y a joint une école d'astronomie pour encourager l'élude de cette science et la relever de l'état d'abandon où elle se trouvait ; quatre élèves y sont entretenus aux I rais de l'état ; le beau jardin botanique de l'université , celui du Belvédère, consacré à la flore autrichienne, le jardin particulier de l empereur, et le jardin botanique de l'académie Joséphine de chirurgie et de médecine ; Vacadémie impériale d'agriculture , sous la protection du prince héréditaire; la société des amis de la musique de l'empire d' Autriche, présidée par l'archiduc Rodolphe : le conservatoire de musique en dépend ; la bibliothèque impériale avec une immense collection de gravures et plusieurs milliers de manuscrits : on y conserve la célèbre Tabula Peutingeriana, un des monumens de géographie ancienne les plus précieux et les plus importais qui existent ; la galerie de tableaux au Belvédère ; le cabinet impérial d antiques , de pierres gravées et de médailles , et le cabinet d'histoire /naturelle auquel l'empereur vient d'ajouter un musée brésilien ; ces derniers établissemens figurent tous parmi les premiers de ce genre que possède l'Europe.
Dans les articles industrie et commerce on a déjà signalé la place distinguée qu'occupe cette ville sous ces deux rapports et les principaux produits de ses nombreuses et florissantes fabriques. Nous ajouterons ici que Vienne comme Paris , Londres , Pétersbourg , Berlin et autres grandes capitales de l'Europe est la première ville manufacturière de l'empire, et que son commerce est immense , surtout depuis la création de la Banque nationale dont l'étonnante prospérité est presque sans exemple dans les annales de ces institutions. Créée en 1818, dans le
court intervalle de 6 ans le nombre de ses actions monta de 5781 à 50,621 (en 1823). Son crédit, après avoir puissamment contribué à affermir celui d*» l'Etat et à éteindre une grande partie du papier monnaie, s'est tellement consolidé, que la valeur primitive de ses actions a beaucoup plus que doublé. En effet , une action de cette banque , qui en 1818 ne valait que 1000 florins en papier et 100 florins en argent comptant ou monnaie de convention, représentant ensemble la valeur de 500 florins en argent, valait au 12 septembre 1833 , 1203 florins en monnaie de convention.
Plusieurs châteaux de plaisance et plusieurs jolies petites villes embellissent , sur un rayon très étendu, les environs de Vienne. Nous citerons Schoenbrùnn , remarquable par la grandeur des bàtimens, par son magnifique./77/Y/m botanique et par sa ménagerie; pop. 400 âmes. Hitzing ou Maiua-Hitzing , charmant village près de Schœubrunn, avec un théâtre et un établissement de bains. Laxemburg, joli petit bourg avec environ mille habitans ; à son extrémité se trouve un cliàteau où l'empereur passe tous les ans quelques semaines de l'été. Cette résidence impériale n'offre rien de remarquable, ni sous le rapport de l'architecture, ni sous celui de l'étendue, mais elle mérite l'attention des voyageurs par la grandeur et la beauté de son parc, un desplus beaux de l'Europe. C'est au milieu de ce dernier que s'élève un château gothique entouré de fossés et de murailles crénelées, qui, par les embellissemens faits parla dernière impératrice et par l'empereur François Ier, est devenu une des curiosités principales de l'Allemagne. La disposition des appartenons, leurs meubles, leurs ornemens, tout y retrace fidèlement les usages et les coutumes des chevaliers du moyen âge. Miriabrunn , village important .par Vécole forestière qu'on y a établie. Meidling, remarquable surtout par ses bains d'eaux minérales. Penzing, par ses nombreuses fabriques et surtout par sa grande fabrique de rubans; dansson église paroissale on admire une belle statue représentant une femme qui semble s'élever vers le ciel ; elle a été achevée par un élève de Canova et passe pour un chef-d'œuvre de sculpture ; pop. 2000 âmes. Plus loin on trouve : au nord, Kloster-Neuburg sur le Danube, petite ville d'environ 3000 habitans, importante par les établissemens littéraires qui se trouvent dans le magnifique couvent de l'ordre de St-Augustin; et au sud , Baden , jolie petite ville , d'environ 3000 habitans domiciliés, fréquentée annuellement par 3 à 5000 étrangers qui viennent y prendre les eaux, ou jouir des amusemens qu'elle offre dans la saison des bains ; on loue beaucoup Y édifice des bains nouvellement bâti. C'est dans les environs de cette petite ville qu'est situé Weilburg , magnifique pa lais, construit récemment par l'archiduc Charles; la beauté des décorations, la richesse et l'élégance des ameublemcns, les jardins et surtout la beauté des environs qui offrent les sites les plus pittoresques, lontde cet endroitune desplusbelles maisons de plaisance de l'Allemagne ; la délicieuse vallée de Ste- Hélène , qui en forme partie, devient tous les dimanches le rendez-vous de tout le beau monde de Baden. Neuhaus . village renommé
EMPIRE D'AUTRICHE
par les grandes et belles glaces fondues dans sa verrerie impériale.
Plus loin encore et vers le sud est situé Neustadt , regardée comme la plus jolie ville de l'archiduché , remarquable par sa célèbre école militaire, qui renferme 500 élèves, par ses nombreuses et florissantes fabriques et par le canal qui la met en communication avec Vienne; sa population dépasse 8000 âmes. Neustadt est en outre le principal entrepôt des produits des grandes fabriques de quincaillerie de Steyer. A quelques milles vers le nord-est on trouve : Eisenstadt, petite ville delà Hongrie, remarquable par le beau cbàteau du prince Esterbazy, et par son magnifique jardin botanique, dont les serres sont peut-être les plus belles etles plus grandes qui existent ; population : environ 3000 âmes. Bruck, sur la Leitba, par sa fabrique de macbines anglaises pour filer, et surtout par le beau château du comte de Harrach , dont le jardin botanique est regardé parle savant rédacteur des Faterl'àndische Bldtler comme le plus beaude l'empire d'Autriche ; pop. 2500 âmes. ScHWiECHAT , par ses nombreuses manufactures d'indiennes, qui occupent plusieurs milliersdcpersonnes; pop. 2000 âmes. Haimburg, par sa grande fabrique de tabac , la plus considérable de tout l'empire ; pop. presque 3000 âmes. Du coté opposé et vers le nord-ouest on voit : Tuln, petite ville d'environ 2000 âmes, remarquable par quelques restes d'ant iquités romaines et par sa manufacture de rubans de laine; et vers le nord , Kornneuburc , parson école des arts elmétiers ; pop. 2000 âmes.
Nous devons signaler une particularité importante qui distingue avantageusement les environs de Vienne, mais sur laquelle les géographes et les voyageurs gardent le silence. C'est qu'ils offrent la partie de l'Europe qui, sur un même espace donné, possède peut-être le plus grand nombre de jardins botaniques. Vienne doit cet avantage au goût éclairé de l'empereur et des archiducs Jean , Charles, Antoine et Rainier pour la botanique, aux magnifiques établissemens que ces princes ont créés près de tous leurs palais et de leurs maisons de plaisance , ainsi qu'aux nombreux encouragemens accordés par l'empereur pour propager ce genre de connaissances utiles ; en moins de dix ans on vit naitre les magnifiques jardins des comtes Palfy et Harrach, des princes de Lichtenstein, Schwarzenberg, Esterhazy , des barons de Pronay, de Lang et de vingt autres. Pour encourager cette culture et pour en propager de plus en plus le goût , on a même institué une exposition annuelle botanique avec de riches prix accordés aux propriétaires des plantes les plus rares et les plus belles. Enfin , plusieurs de ces jardins particuliers sont tellement importans, soit pour le nombre et la variété des espèces qu'on y cultive, soit par la magnificence desserres qui les accompagnent, que, sous l'un ou sous l'autre de ces deux rapports, quelques-uns non-seulement égalent, mais surpassent même presque tous les plus beaux établissemens semblables qui ornent les princii pales métropoles de l'Europe.
Nous ferons enfin observer qu'en décrivant un cercle autour de Vienne, dont le rayon n'aurait que 35 milles, sa circonférence embrasserait une
foule de petites villes, de bourgs etde grosvillages, remarquables par leur industrie aussi florissante que variée ; ce qui a fait dire à quelques voyageurs instruits, que tout cet espace n'est qu'une vaste manufacture. Outre les lieux déjà mentionnés et ceux que nous passons sous silence , ce cercle comprend : Presbourg, Neusiedel, Rust et OEdeisburg en Hongrie ; Feldsberg , Làà , St-Poelten , Krems avec Steus , Mautern et Durrnstein dans la Basse-Autriche.
GrjEtz ( Niemetzki-Grad des Slaves), ville assez bien bâtie , au milieu d'une campagne fertile, sur les bords de la Mur, capitale de la Styrie , siège ordinaire de l'évêque de Seckau et du commandement général de la Styrie, de la Carinthie, de la Carniole et du Tyrol. Elle possède plusieurs édifices remarquables parmi lesquels nous citerons le château impérial, la cathédrale et le Johanneum.
Graetz tient une place distinguée parmi les villes de la monarchie par ses établissemens scientifiques et littéraires , parmi lesquels se distingue le Johanneum, ainsi appelé du nom de l'archiduc Jean son fondateur ; de savans professeurs y donnent des cours sur plusieurs sciences , et ses salles contiennent de précieuses collections d'histoire naturelle , d'objets d'art , etc. , une riche bibliothèque , et dans ses dépendances un beau jardin botanique.
Viennent ensuite l'université , fondée en 1826, le gymnase, Y institut des cadets, V école normale principale , le collège , la pension des demoiselles , Y observatoire , la bibliothèque publique, une des plus riches de rempire, la société pour l'encouragement de l'agriculture, de l'histoire naturelle et de la géographie nationale, présidée par l'archiduc Jean ; elle a 25 filiales établies dans les villes principales de la province; la société musicale de la Styrie, également présidée par ce prince. Nous avons signalé ailleurs l'importance industrielle et commerciale de cette ville , dont la population s'élève actuellement audessus de 40,000 âmes.
Tmeste, située à l'extrémité septentrionale de l'Adriatique et proprement au fond du golfe auquel elle donne le nom, La vieille ville est irrégulière, mais la nouvelle, dite aussi Theresienstadt, qui est beaucoup plus étendue et qui doit sa naissance au commerce favorisé par son -port franc, est très propre, avec des rues bien alignées, droites, larges et bien pavées. Presque toutes les maisons de cette
EUROPE
partie ont une belle apparence. La bourse, un des plus beaux édifices de ce genre et le nouveau théâtre, sont les bàtimens les plus remarquables de Trieste, dont les nombreux chantiers occupent un grand nombre d'ouvriers, ainsi que ses nombreuses fabriques de savon, de cordes , et les raffineries de sucre. La fabrique de savon de M. Chiozza est la plus grande de l'empire d'Autriche, et un des plus beaux établissemens qu'on puisse voir en ce genre. Cette ville est la capitale du gouvernement de son nom, la résidence d'un évéque catholique et d'un évêque grec; on la range au nombre des principales places maritimes commerçantes de l'Europe.
Parmi ses établissemens publics, nous citerons : Vécole polythecnique et de navigation (Real und Nautische Schuîe) avec 13 professeurs; V école supérieure pour les filles ( ÎM;;dehenhauptschule ) Vécole normale principale (Normal Hauptscliulc ) Vécole principale des Juifs (Hauptschule der lsraeliten) , la bibliothèque publique et le beau cabinet littéraire de la Minerva. La population dépasse actuellement 49,000 âmes en y comprenant ses environs immédiats , qui offrent une suite non interrompue de jardins et de vignobles délicieux et d'élégantes maisons de campagne. On a fait dernièrement d'importans travaux pour étendre le port , ainsi que pour en rendre l'entrée facile aux vaisseaux de haut-bord.
Dans ses envii ons immédiats et dans un rayon de 15 miDes on trou\ro : Zaule et Servola, très petits villages, importais par leurs salines. Basovizza , avec 71 habitans seulement, mais remarquable par la grotte de Corgnal, regardée comme une des plus belles de l'empire. Lipizza, très petit village, avec un beau haras de l'empereur.MuGGiA, misérable petite ville de lioo babitans , avec des salines : on la regarde comme la plus ancienne ville de l'Islrie. Capo d'Istria, autrefois capitale de ï'îstrie Vénitienne, petite ville de 5000 habitans, avec un gymnase , un collège et de grandes salines, Isola, beaucoup plus petite, n'a que 2800 habitans. Pirano, petite ville de 6200 âmes, importante par ses riches récoltes d'huile excellente et par ses pêcheries, mais surtout par les immenses salines deSizziole que nous n'hésitons pas à placer à côté des plus considérables du globe ; elles sont situées au fond du magnifique port dit délie Rose ou bien Porto Glorioso, assez grand pou r recevoir 200 vaisseaux de ligno. Sur la pointe méridionale de ce vaste bassin et proprement sur la partie du cap de Salvore dite délie Mosche, s'élève un des plus beaux phares de l'Europe-, c'est près de cette pointe que la flotte vénitienne battit en 1177 celle d'Otton.fils de l'empereur Barberoussc. Au nord-
ouest de Trieste, mais toujours dans le même rayon, l'on trouve les bourgs de Duino et >1onfalcone; ce dernier ne compte que 1300 âmes et est remarquable par ses eaux minérales.
Dans les pays qui formaient le ci-devant cercle d'Autriche et une partie de celui de Bavière, on trouve plusieurs autres villes remarquables sous plus d'un rapport ; nous signalerons les principales en suivant les divisions administratives actuelles :
Dans la H a u t e - A u t r i c h e : Linz , sur la rive droite du Danube , capitale de cette province , ville assez bien bâtie, avec un évêché, un lycée , un gymnase, une société musicale, une grande fabrique impériale de drap et autres manufactures ; un magnifique chemin de ferla met en communication avec Budweis en Bohême; un autre , qui est projeté la fera communiquer avec Gmund. Les tours Maximiliennes et autres fortifications élevées dernièrement en font une place forte très considérable. Sa population actuelle s'élève à 24,000 âmes. Steyer, ville de 10,000 habitans, remarquable par ses nombreuses et excellentes fabriques , qui donnent toutes les formes au fer, plusieurs milliers d'ouvriers sont employés dans celte ville et ses environs à la fabrication de limes, couteaux de poche, rasoirs, alênes, etc., objets dont on exporte d'immenses quantités, non-seulement pour la consommation des autres pays de l'empire d'Autriche , de l'Allemagne et de la Suisse, mais même pour la France, la Russie et le Levant. Ce grand débit est dû non-seulement à leur excellente qualité , mais encore au bas prix auquel les fabricans peuvent les livrer; ils donnent, par exemple, des rasoirs à moins de 2 francs et demi la douzaine , et des couteaux de poche pour 37 à 50 francs le millier.
Gmund (Gmiinden) importante par ses riches salines et par le chemin en fer qu'on y construit et qui doit aller à Linz; pop. 1000 âmes. Kremsmunster, par son monastère , un des plus beaux de l'Europe et par les importans établissemens littéraires qu'il renferme, dont le lycée, Xobservaloire et la bibliothèque sontles plus remarquables; pop. îooo âmes. Ischl, avec environ 2000 habitans, et Hallstadt, avec 1000, parleurs riches salines. Freystadt, parle chemin en fer, qui joint celte ville à Budweis en Bohême; pop. 2000 âmes.
Salzrourg, assez bien bâtie, autrefois capitale de l'archevêché souverain , plus tard de l'électorat , et actuellement du cercle de ce nom. La cathédrale, bâtie surle modèle de celle de St-Pierre de Rome, et le palais archiépiscopal sont les édifices les plus remarquables. Salzbourg est le siège d'un archevêque, et possède plusieurs établissemens publics dont les plus importans sont le lycée , auquel est joint un institut de théologie, de médecine et de chirurgie , le gymnase , le séminaire pour former des maîtres d'école , les deux bibliothèques publiques. Cette ville se distingue aussi par son industrie, et sa population s'élève à environ H 000 âmes. Dans ses environs on trouve : Léo-
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poldskron, maison de plaisance avec une bcïîo galerie de tableaux -, Ile llbrunn (Holienems) avec un bcaujardin , des jets d'eau et un théâtre creusé dans le roc ; et plus loin Ha lie in , petite ville remarquable par ses riches mines de sel ; pop. 6000 âmes ; et sur le territoire bavarois les importantes salines de Re i rhenhal l et la petite ville de B erchtes gaden. Plus loin encore, mais sur !c territoire autrichien, Gaslein, renommée par ses bains, par ses mines d'or et d'argent dont le produit, depuis le xvie siècle , a beaucoup diminué ; pop. permanente , 700 âmes. Ce village ou du moins une partie serait , selon M. Bruguici e , a 1050 toises au-dessus du niveau de la mer -, en admettant cette hauteur , ce serait un des lieux habités les plus élevés de l'Europe. Dans ses environs , près du village de K ri m ml , on admire une des plus belles cascades de l'Europe , formée par l'Ache , afîluent à la droite de la Salza ; c'est peut-être la plus haute de cette partie du monde; malgré cela, des géographies bien volumineuses et très récentes n'en font aucune mention.
Dans la Basse- Au triche : Saint-Poelten, jolie petite ville de 4300 habitans, sur leTrasen, avec un évéché, un séminaire théologique, un pensionnat pour les demoiselles, dirigé par des dames anglaises, et plusieurs fabriques. Baier isc H- W aidhofbh (le Bavarois) , par ses fabri ques de fer; pop. 2000 âmes. Mblk , par son magnifique couvent de bénédictins auquel est annexé un collège renommé , un gymnase, un jardin botanique et de belles collections scientifiques ; pop. îooo âmes. Mariatai t.r.L , par son célèbre pèlerinage.
Dans la Styrie : Eisenerz, remarquable par ses inépuisables et riches mines d'excellent fer, exploitées depuis le temps des Romains , et dont l'acier e>t réputé le meilleur de l'Europe : c'est des entrailles de YEisenberg qu'on tire ce métal ; on voit sur le sommet de celte montagne une croix colossale en fer que l'archiduc Jean y a fait élever ; pop. 1300 âmes. Zf.i.l ou JMariazell , parles forges et par sa magnifique église , qui est la Lorelte de l'empire d'Autriche; son trésor renferme beaucoup d'objets précieux ; plusieurs milliers de fidèles y accourent tous les ans -, pop. Soo âmes. Dans ses environs se trouvent une grande fonderie impériale, et un peu plus \o\x\Ilranhofe, maison de campagne de l'archiduc Jean , remarquable par sa simplicité et par la beauté de sa situation.
Dans le gouvernement de Laibac h: La ibacu {Lublana ou Lubiana), dans la Carniole, assez jolie pelite ville, capitale du nouveau royaume d'illyrie et du gouvernement de son nom, avec plusieurs fabriques et un commerce de transit très considérable. Le lycée, le gymnase, le séminaire épiscopal , Y école d'industrie pour les jeunes filles, la bibliothèque, la société impériale d'agriculture et des arts de la Carniole et la société philharmonique , sont ses principaux établissemens scientifiques et littéraires. Laibach est le siège d'un évéché, et sa population dépasse 10,000 âmes. Idri a, très importante par ses rir lies mines de mercure, qui ne sont inférieures qu'A celles d'Almadcn en Espagne ; populal. 5000 âmes.
Klagenfurtu, dans la Carinthie, chef-lieu du cercle de ce nom , assez jolie ville , siège de l'évèque de Gurk et du tribunal d'appel pour les gouvernemens de la Styrie et de Laibach. Le lycée avec une riche bibliothèque , le gymnase, X école supérieure pour les demoiselles , le séminaire théologique et la société impériale d'agriculture et des arts de la Carinthie sont ses établissemens scientifiques et littéraires les plus importans. Klagenfurth possède plusieurs fabriques, surtout de soie, de draps ; elle fait un commerce de transit très considérable ; pop. 10,000 âmes.
Hûttenberg, village important par ses riches mines de fer ; pop. 510 âmes. Ferlach , autre village, renommé par sa grande manufacture de fusils-, pop. 3000 àmes.S-r.-VEiT. entrepôt général des fers de la Carinthie; elle a été autrefois la capitale de la Carinthie.; pop. 1400 âmes. Bleiberg, importante par ses mines de plomb, rangées à côté des plus riches de l'Europe ; pop. avec sa banlieue , presque 4000 âmes.
Dans le gouvernement de TricsterGorice (Gorizia ; Gôrz), ville de plus deoooo habitans , qui vient d'être élevée au rang d'archiépiscopale, importante par ses manufactures de soie, ses tanneries, ses blanchisseries. Le séminaire central, le gymnase académique , la société impériale d'agriculture des arts et du commerce, et la bibliothèque publique sont ses principaux établissemens scientifiques et littéraires. Dans ses envii ons immédiats s'élève le Mo nle-Santo , renommé par l'excellent vin que fournissent ses vignobles. Aqeileja , très petite ville de 1400 habitans, riches en souvenirs historiques. C'était au temps des Romains le centre du commerce qu'on faisait alors entre le nord et le midi de l'Europe ; on portait au-delà de 100,000 âmes sa population avant qu'elle fût prise et brûlée par Attila. On l'appelait alors la seconde Rome, et l'empereur Auguste y demeurait souvent. Nous remarquerons que la ligne tirée de cette colonie au point d'embarquement d'Altino formait la base de toutes les opérations militaires que les Romains entreprenaient audelà des Alpes et vers l'Orient. Elle devint par la suite frontière de l'Italie et plus lard barrière insuffisante aux invasions des Barbares. On découvre continuellement dans ses environs de nombreux objets d'anliquités. Grado , très petite ville d'environ 2000 habitans-, c'était le portd'Aquileja et la station d'une division de la flotte romaine de Ravennc. Florissante au temps des Romains , elle devint très importante après la destruction d'Aquileja , et fut la résidence du patriarche délie renezie jusqu'en 1451 , époque où cette dignité fut transférée à Venise. Son ancienne cathédrale , ses mosaïques et quelques monumens attestent sa splendeur passée. Marano, petit château fort , dans la lagune de Grado , avec un millier d'habitans, la plupart pêcheurs Gradisca , sur le Lisonzo, importante par ses fortifications, ne compte que 800 habitans. Cittanova, très petite ville de l'istrie , avec 832 habitans , importante parsonbeau port. Parenzo, ville épiscopalede 2000 âmes, remarquable par l'antiquité des rao-
EUROPE
saïques de sa cathédrale , antérieures à celles de la basilique de St-Marc à Venise. Orsera, avec 500 habitans -, les carrières de pierre blanche, ex ploitées dans ses environs , ont fourni et fournissent encore une immense quantité de matériaux aux constructions de Venise. Rovigno, petite ville de 10,000 habitans, importante par son double port, par son commerce florissant , par ses pêcheries et par l'activité de ses chantiers. C'est le centre de la marine marchande de l'istrie , et ses matelots ont la réputation d'être les meilleurs caboteurs de tout l'empire d' Autriche. Pola , petite ville d'environ 800 habitans , située au milieu d'un territoire dépeuplé et malsain , mais importante par son port superbe , qui servait de station à une des divisions de la flotte romaine. Un grand nombre de débris , et trois monumens encore assez bien conservés attestent l'ancienne splendeur de cette ville, qui au temps de Septirae Sévère comptait 30,000 àmcs. Ces monumens sont : YArena, vaste amphithéâtre, construit de blocs immenses; sa capacité est d'un quart moindre que celle de l'arène de Vérone : l'empereur régnant l'a fait restaurer en 181G ; la porta aurea : c'est un bel arc-de-triomphe d'ordre corinthien; et le temple d'Auguste : ce de rnier est très petit. Nous nommerons encore le temple de Diane , presque entièrement couvert par les maisons. On ne doit pas oublier la cathédrale, bâtie au ixe siècle et ornée de colonnes enlevées aux anciens édiiices. Promontore, petit village de 4oo âmes, avec un port, situé à l'extrémité méridionale de l'istrie, sur laquelle l'empereur vient de faire construire un beau phare. Dignano, petite ville de 3500 habitans ; c'est le lieu le plus peuplé et le plus salubre de tout l'intérieur de l'istrie. Montona, avec un millier d'habitans est importante par sa grande lorél qui fournit d'excellent bois de construction à la marine militaire de l'empire ; elle est traversée par le Quieto , qui par ses inondations a beaucoup endommagé ses plus beaux arbres. Sovignacco, petit bourg de COO âmes, avec une grande fabrique d'alun établie en 178G par M. Turinî sur les bords du Quieto ; cet établissement rivalise avec celui de Comotau en Bohème , regardé comme le plus grand de l'empire. On ne doit pas oublier l'île de Veglia, dans le golfe de Quarnero, à cause de son étendue et de son bois de construction ; Veglia, très petite ville épiscopale de lioo âmes, en est le chef-lieu, et l'île d'OssEno jointe à celle de Cherso , beaucoup plus grande , parce qu'on y trouve Lussin-Piccolo, dont les 3700 habitans sont très adonnés au commen :e maritime, construisent beaucoup de navires eten possèdent un nombre assez considérable.
Dans le gouvernement du Tyrol : Innsbruck, petite ville d'environ 11,000 âmes, capitale du Tyrol , siège du tribunal d'appel de cette province. V université, rétablie depuis 1826; le gymnase, X école-modèle, la société de musique avec une école de cet art, le musée Ferdinandeum avec de belles collections d'histoire naturelle, d'antiquités et de beaux-arts sont ses principaux établissemens publics. Dans ses environs, on trouve : Ambras, magnifique châeau , où, il y a quelques années , on voyait encore
rassemblé tout ce que le luxe et la bizarrerie des grands seigneurs du xvie et du xvne siècle avaient pu imaginer de plus riche et de plus curieux. On admirait surtout son arsenal où l'on conservait les armures de plusieurs princes et guerriers célèbres, son musée, sa bibliothèque et sa galerie de tableaux. Quoique les pièces les plus importantes de toutes ces collections se trouvent maintenant à Vienne et dans d'autres villes, le château d'Ambras n'en est pas moins un des points les plus importans pour tous ceux qui s'occupent de recherches sur les usages et l'histoire du moyen âge. Hall , importante par ses salines, son hôtel des monnaies et son gymnase -, pop. 5000 âmes. Schwaz, par ses mines d'argent et de cuivre -, pop. 8000 âmes. Botzen (Bolzano) , par son industrie et ses foires; pop. 8000 âmes. Trente (Trient), sur l'Adige, ville de médiocre étendue , avec un lycée ou institut philosophique, un gymnase, plusieurs manufactures de soie, un château épiscopal avec de beaux jardins et presque 12,000 habitans. C'est dans X église de Santa-Maria-Maggiore que s'assembla le célèbre concile , qui en porte le nom , et qui y tint ses séances depuis 1545 jusqu'en 15G3. Son évêché, ainsi que celui de Brixen, formait un des principaux états ecclésiastiques du ci-devant empire germanique. Pergine (Pergen) , gros bourg florissant par ses fabriques de soie Roveredo (Rovereith), petite ville commerçante , d'environ 7000 habitans, remplie de filatures et de fabriques de soie, parmi lesquelles se distingue la grande filature à vapeur de M. Bettini. Elle a un gymnase , un pensionnat pour les demoiselles et une académie dite des Agiati. Brixen, petite ville, au confluent du Ricnz avec l'Eisak, avec un évêché, un institut théologique, un gymnase et G200 habitans ; c'est un des points militaires les plus importans du Tyrol ; les tours maximiliennes dont on l'entoure , en feront bientôt une place forte. On ne doit pas oublier deux petites vallées à cause de la grande industrie de leurs habitans,- ce sont: la vallée de Groden, dans le cercle de Botzen , où l'on confectionne tous ces ouvrages en bois qui sont expédiés ou col portés dans tous les pays de l'Europe et dans plusieurs contrées de l'Amérique; et la vallée de Tôfferegg, dans le cercle du Pusterthal, où l'on fabrique ces beaux tapis Ails à\\ Tyrol, destinés à couvrir les planchers, et colportés de même dans les pays les plus éloignées de l'Europe et jusqu'aux Etats-Unis.
Prague , située presque au milieu de la Bohème, dont elle est la capitale, ville forte, grande et généralement bien bâtie , siège d'un archevêché , du tribunal d'appel du royaume et du commandement général militaire. Les rives de la Moldau, qui la traverse, sont réunies par un des plus beaux ponts de l'Europe. Ses édifices les plus remarquables sont: le Burg ou château impérial, dont la construction dura plusieurs siècles et ne fut
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achevée que par Marie-Thérèse ; il contient plusieurs centaines d'appartemens et des salles très grandes ; Yhôlel-de-ville (Rathhaus) et le séminaire archiépiscopal, remarquables par leur étendue plutôt que par leur architecture; Y hôpital militaire, autrefois collège des jésuites , passe pour le bâtiment public le plus régulier de la ville ; la douane , le palais archiépiscopal et le grand hôpital.
La Kreutzhcrren Kirche ou V église de la Croix, vaste et beau bâtiment moderne , surmonté d'une coupole hardie ; la cathédrale ou Domkirche , remarquable par son antiquité, par son architecture et par son étendue; celle de Sl-Veil, par son antiquité, par ses monumens et par son clocher estimé le plus élevé de la ville; la superbe église du St-Sauveur ( Salvator Kirche ) et celle de Sl-Nicolas, sont les plus beaux temples des 48 que possède Prague. Parmi les palais appartenant à des particuliers et dont plusieurs sont construits dans le beau style italien, nous citerons ceux de VVallcnstcin ou Waldstein, du grand-duc de Toscane, de Schwarzenberg et de Czemin , remarquables surtout par leur immense étendue ; ensuite ceux de JSostitz , Salin, Coluredo, Clam-Galas. Prague possède un grand nombre d'établissemens scientifiques et littéraires à la téte desquels on doit placer son université , qui a joué un rôle si brillant dans le moyenâge , et qui , après être tombée dans la plus grande décadence à la suite des troubles causées par la révolte des Hussites, doit sa restauration à Marie-Thérèse et à l'empereur régnant. 8a bibliothèque est une des plus riches de l'Allemagne; ses collections scientifiques sont très remarquables, et son observatoire vient d'être restauré et doté de beaux iostrumens. NousnommeronsensuitelVcofe vétérinaire , celle à? accouchement , \ institut pour f jrmer des ch irurg iens, les trois gymnases, V institut polytechnique , V académie de peinture , le conservatoire de musique, V académie im]>ériale des sciences , la société patriotique économique de Bohême , la société pomologique du royaume de Bohême (Pomologisches Verein, etc.); la société du mmée national de la Bohême {GeseUschaft des vaterlandischen Muséums, etc.); elle publie deux journaux, et possède une riche bibliothèque, de
magnifiques collections de zoologie, de botanique, de minéralogie et d'ethnographie; la société particulière patriotique des amis des arts (Privât Geselischaft patriotischer Kuntsfreunde); la réunion pour V encouragement de la musique (Verein zur Befôrderung der Tonkunst ) ; la bibliothèque considérable et les belles collections d'histoire naturelle de Y Institut Slrahof; le musée national Bohême, avec les collections et la bibliothèque déjà mentionnée. Cette ville fait un commerce très considérable alimenté par ses nombreuses fabriques et parcelles des villes les plus industrieuses du royaume dont elle est le dépôt principal. Ce commerce prendra un grand accroissement par la construction du chemin de 1er qui se fait aux frais d'une compagnie formée dans ce but en 1828 ; il doit joindre celle ville à Pilsen. La population de Prague augmente rapidement ; dès l'année 1820 elle s'élevait à 90,000 âmes, sans la garnison estimée à 6500 hommes; actuellement elle est audessus de 120,000, en y comprenant les militaires.
Les autres villes les plus remarquables du royaume d3 Bohême sont :
Rexuenbeug , petite ville située sur la Neisse, pi es de la frontière septentrionale , dans le cercle de Bunzlau , très importante par ses nombreuses et florissantes manufactures de draps , de tissus de coton , de toile et ses tanneries ; l'exportation annuelle de ces seuls articles est estimée à plus de 17,000,000 de fr. Un nombre considérable d'ouvriers sont occupés à la confection des macbines pour filer le coton et pour d'autres objets. Quoique sa population dépasse à peine 10,000 âmes, Reichenbergn'en est pas moins la ville la plus peuplée de la Bobème après Prague. Trautenau , dans le cercle de Kbnigingraetz , importante par ses nombreuses fabriquesde toiles-, pop. environ 3000 âmes. Koenigingr£tz , par ses fortifications } par son institut ou séminaire théologique, et parce qu'elle est la résidence d'un évèque-, pop. civile eooo âmes. Josepiistadt, autrefois nommée Pef.ss, par ses fortifications ; popul. civile 1000 âmes. Adersbach, village d'un millier d'babitans, remarquable par sa longue allée de bauts roebers de formes les plus bizarres -, c'est, pour ainsi dire, un vaste labyrinlbe naturel ; un ruisseau , après être tombé d'une grande bauteur, coule au milieu et ajoute à l'impression produite par ce tableau extraordinaire. Sciilan, cbef-licu du cercle de Rakonitz, petite ville industrieuse de 33oo habilans, avec un gymnase et une école normale principale ( Normalbauptscbule). Veltrxs, petit village remarquable par le beau château et le magnifique parc dans une île de laMoldau, appartenant au comte de Cbotek. Chrudim , petite ville de 5300
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habitans, chef-lieu du cercle de Chrudim, avec une belle église; on y tient des marchés de chevaux très renommés. Landskron, avec 2700 habitans , plusieurs fabriques de toiles et un grand nombre de blanchisseries; parmi ces dernières se distingue celle de M. Erxleben, regardée comme la plus grande de tout l'empire d'Autriche. Leitomischei,, petite ville de 4700 habitans, avec un institut philosophique, des fabriques de mousseline et des papeteries. Kuttenberg, dans le cercle de Czaslau, ville de 8000 habitans, renommée par ses mines d'argent, qui sont maintenant beaucoup moins productives qu'autrefois, et par celles de cuivre et de plomb , dont le produit est encore très considérable. Budweis , au confluent du Malsch avec la Moldau , petite ville épiscopale , de presque 70oo habitans , chef-lieu du cercle de Budweis , avec plusieurs fabriques de draps , un institut théologique ou séminaire et un institut philosophique ; son commerce est très florissant et le deviendra encore plus par le chemin de /<?r quila met en communication avec Linz dans la Haute-Autriche. Krumau, ville industrieuse de 4500 habitans. On doit citer son institut économique (OEconomisches Institut) avec une bibliothèque , une collection de modèles et un jardin botanique. Pilsen, jolie ville, chef-lieu du cercle de ce nom, située au confluentde la Mies avec le Beraun, importante par ses nombreuses manufactures de draps, par son institut philosophique et autres établissemens publics, par son commerce florissant, et par les mines de fer et d'alun de ses environs -, pop.8000 âmes. Tepl, très petite ville de icoo habitans, remarquable par sa célèbre abbaye des Prémontrés , qui possède une belle église, une bibliothèque choisie et de riches collections de physique et d'histoire naturelle. Marienbad, petit village nouvellement bâti et florissant par ses bains , qui depuis quelques années sont fréquentés par un grand nombre d'étrangers; on exporte presque 200,000 bouteilles de ses eaux minérales. Eger, surl'Eger, dans le cercle d'Ellenbogen, assez jolie ville, industrieuse , avec un gymnase , un assez bel hôtel-de-ville et une belle église ; c'est la troisième ville de la Bohème pour la population , qui dépasse actuellement 9000 âmes. Dans ses environs on trouve -.Franzens brun ne n (Egerbrunnen) , bel établissement de bains très fréquentés; on exporte tous les ans un grand nombre de bouteilles de ses eaux. Joachimsthal, par ses mines d'argent et de cobalt , et parce qu'elle est le chef-lieu d'un district dont relèvent d'autres petites villes florissantes par leurs exploitations métalliques, surtout d'étain et de plomb; pop. 4000 âmes. Karlsbad, renommée par ses beaux établissemens de bains fréquentés tous les ans par un grand nombre d'étrangers qui y accourent de tous les points de l'Europe, ainsi que par ses ouvrages en acier et sa quincaillerie ; pop. permanente 2600 âmes environ. Leitmeritz, sur l'Elbe, petite ville épiscopale , avec un institut théologique ou séminaire , un gymnase et 3900 habitans ; son territoire est si bien cultivé et si fertile qu'on l'appelle le paradis de la Bohème. Dans son voisinage on trouve : There siens tadt , une des principales places fortes de l'empire ,
située au confluent de l'Eger avec l'Elbe ; sa population civile n'est que de looo âmes. Toeplitz , remarquable par sa position délicieuse et par ses bains célèbres ; populat. permanente 2600 âmes environ-, Rumbcrg, par ses fabriques de toile et par sa société commerciale , qui entretient des relations dans toutes les parties du monde pour faciliter le débit du produit de ses nombreuses fabriques et de celles des environs-, pop. 3000 âmes. Warnsdorf, Neuforstwald, Hirschenstand et. Steinschonau, gros villages très importans parleur industrie ; à Ncufortswald, M. JVorm a établi une grande fabrique de Manchester , dont les toiles rivalisent avec les plus beaux produits des métiers de la populeuse ville anglaise de ce nom ; à Hirschenstand on fabrique depuis 40 ans une immense quantité de dentelle vendue par la maison Gottschalk et compagnie-, cette fabrication, eu 1826 , n'y employait pas moins de 8500 personnes ; les habitans de Steinschonau se distinguent par leur grande adresse à polir et à travailler le verre , qui, façonné sous mille formes, est envoyé ensuile dans tous les pays de l'Europe et jusqu'en Amérique. Gitsciiin , petite ville de 3000 âmes , chef-lieu du cercle de Bidschow, dans une position charmante, avec plusieurs fabriques de coton, un gymnase el un beau château .Hoiieniielbe, sur l'Elbe, petite ville de 4000 âmes, importante par la grande quantitéde belles toiles qu'on y fabrique. Neuwelt, gros village sur le dos du Riesengebirge, renommé par sa verrerie, où l'on fabrique le plus ôeau cristal de Bohême, et par l'adresse et le bon goût avec lesquels ses habitans savent le polir et le tailler.
Brunn, au confluent de la Schwarza et de la Zwittawa, ville bien bâtie et qu'on peut regarder comme une création du commerce et de l'industrie , tant elle leur doit d'accroissement dans ces dernières années. On la regarde comme la première ville de l'empire pour les manufactures de laine. Les teintures , les soieries , le savon, le tabac, mais surtout ses manufactures de draps et de toiles de colon occupent le plus grand nombre de ses habitans. On doit citer les Églises SI- Jacques et de Sl-Pierre, le Palais du gouverneur, celui du prince Dietrichstein, Y hôtelde-ville, le théâtre, le monument en marbre érigé en mémoire des guerres do 1813 à 1815 ; la citadelle du Spielberg qui a servi parfois de prison d'état et dans laquelle existe un puits à 130 mètres dans le roc. Briinnest le chef-lieu du gouvernement de Moravie et Silésie, le siège d'un archevêché , du tribunal d'appel de cette province ainsi que de son gouvernement général militaire. Ses principaux établissemens scientifiques et littéraires sont • V Institut philosophique , espèce de lycée ; Y Institut théologique ou séminaire; le gymnase ; Yécole normale princi-
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pale (Normal-Hauptschule); V école des filles; la société impériale pour l'encouragement de l'agriculture , de l'histoire naturelle et de la géographie delà Moravie et de laSilésie ; le beau musée de Fra?içois{¥ r&nzehs Muséum) en dépend; [ejardin botanique et agricole ; la bibliothèque publique. Sa population dépasse actuellement 40,000 âmes. Dans ses environs on trouve Austerlilz, petite ville d'environ 2000 âmes , remarquable par un beau château avec de beaux jardins du prince de Kaunits-Rietberg , mais surtout par la célèbre bataille des trois empereurs , gagnée par Napoléon en 1805.
Les autres villes les plus remarquables du gouvernement de Moravie sont :
OlmStz, autrefois capitale de la Moravie, ville archiépiscopale, très importante par ses fortifications et par ses établissemens publics, dont I université créée dernièrement , le collège des nobles (Akademie der Stândc) et la bibliothèque sont les plus considérables ; sa population dépasse 19,000 âmes en y comprenant les militaires. Sternberg avec 8000 babitans, et Prosnitz avec 9000, petites villes remplies de fabriques de toile, i ■ . i. \ r , dont la population s'élève à 14,000 âmes , a de nombreuses fabriques de draps et des papeteries-, Neltitsciiein, petite ville de 8000 habitons, florissante par ses nombreuses fabriques de draps , ses manufactures de coton et ses toileries. Kremsier , avec 4000 babitans ; c'est une des plus belles villes de la Moravie; on doit citer le magnifique palais de l'archevêque d'Olmiitz, qui renferme une riche bibliothèque , une belle galerie de tableaux, de belles collections d'histoire naturelle et un jardin botanique. Bielitz, avec environ 5000 âmes, et Nscolsbchc , avec 7000, se distinguent par leurs nombreuses manufactures de draps. Troppau , par ses fabriques de draps et d'armes et par le beau palais du prince deLich- Umslein ; c'est la ville la plus considérable de la Silésie-Autrichienne , car sa population s'élève à ■Miviron 12,000 âmes. Tbschen , petite ville de C700 babitans , florissante par son industrie et son commerce, avec un gymnase ; c'est le chef-lieu du duché de Teschen, qui, depuis quelques années, appartient à l'archiduc Charles.
Milan ( Milano , Mailand ) , sur l'OIona , au milieu d'une grande plaine renommée par sa beauté et par sa richesse, résidence d'un archevêque et siège ordinaire du vice-roi du royaume Lombard-Vénilien , du tribunal d'appel pour les provin ces Lombardes , et capitale du gouvernement et de la délégation de son nom. De grandes rues, un grand nombre de palais cl de maisons élégantes et plusieurs bàtimens publics remarquables par leur masse
et par leur architecture, justifient le rang que les géographes lui assignent parmi les plus belles villes d'Italie, malgré le défaut qu'on lui reproche de manquer de belles places et d'avoir plusieurs rues étroites et tortueuses. Nous ajouterons qu'aujourd'hui on peut regarder Milan comme la première ville de toute l'Italie Septentrionale sous presque tous les rapports. Les rues sont pavées de petits galets ou cailloux roulés , et traversées dans toute leur longueur par plusieurs bandes de pavés larges et unis; les bandes des côtés servent de trottoirs; les voitures! roulent presque sans bruit et avec la plus grande facilité sur celles du milieu. C'est ici que nous devons nommer le magnifique passage (galleria) construit par la famille Cristoforis , et qui a coûté 1,500,000 francs; on peut le comparer aux plus beaux passages de Paris.
Parmi le grand nombre d'édifices et de constructions magnifiques qui décorent' cette cité, on admire surtout la cathédrale ou le Domo , regardé justement comme le temple le plus vaste et le plus somptueux de l'Italie, après la fameuse basilique de St-Picrre de Rome, et un des plus beaux de toute la chrétienté. Le gouvernement italien et l'empereur régnant ont dépensé plusieurs millions pour achever ce temple qui n'a pas d'égal pour le nombre de statues et d'aiguilles en marbre qui le décorent; on fait monter à plus de 4500 le nombre des premières, et à plus de loo celui des secondes; on loue beaucoup la magnifique chapelle de St- Charles Borromée et les deux immenses colonnes de granit d'un seul bloc qui s'élèvent des deux côtés de la porte principale. Viennent ensuite la Basilique de Sl-Ambroùe , le plus ancien temple de Milan; c'est un assemblage d'architectures différentes offrant des constructions de plusieurs siècles , depuis l'empereur Théodosc qui fit pénitence devant ses portes jusqu'à nos jours. Le sanctuaire de Notre-Dame de Sl-Celse ; on en loue l'architecture et les ornemens ainsi que les belles fresques d'Appiani qui embellissent sa coupole ; Ste-Marie de la Passion, Sl-Sébastieu et Ste-Marie des Grâces ; dans le réfectoire du ci-devant monastère de celte dernière église, on ae* mire encore le célèbre Cénacle de Léo-* nard de Vinci , malgré l'étaf*de dégradation auquel il est réduit. A la tète des
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monumens d'un autre genre , on doit mettre le Palais Royal des sciences et des arts, autrefois dit de Brera, aussi remarquable par son architecture et son étendue que par ses superbes établissemens. On y trouve Y Observatoire , un des principaux de l'Europe et le premier de ï Italie y la bibliothèque publique , une des plus riches et peut-être la plus complète de toutes celles de l'Italie; le jardin botanique; Y académie des beaux-arts , un des plus grands établissemens en ce genre que possède l'Europe : par ses habiles professeurs elle coopère aux progrès de toutes les branches de l'art du dessin ; et par ses académiciens elle préside à leur esthétique ^plusieurs centaines d'élèves fréquentent ses cours , et des collections superbes servent de modèle pour les études ; la galerie de tableaux , riche surtout en chefs-d'œuvre des anciens maîtres italiens, disposés en bel ordre dans plusieurs vastes salles éclairées par en haut; la collection des copies en plâtre des meilleurs morceaux de V antiquité ; le cabinet des médailles , collection magnifique, à laquelle est jointe une riche bibliothèque numismatique.
C'est aussi dans ce superbe local que tous les deux ans on fait l'exposition publique des produits de l'industrie et des beauxarts , et que l'institut italien des sciences , des lettres et des arts tient ses séances. Nous nommerons ensuite le palais roya l, remarquable surtout par la richesse des apparlemens et les belles fresques d'Appiani; le palais du Sénat ( autrefois collège Helvétique); le séminaire, dont on loue surtout les cours intérieures ; le palais de l'archevêque ; le théâtre de la Scala, un des plus grands et des plus beaux de l'Europe ; celui de la Canobiana ; l'immense bâtiment du lazaret et le grand hôpital; ce dernier ne renferme pas moins de 2200 lits , et est un des plus vastes et riches établissemens en ce genre qui existent; la Monnaie, où l'on admire les immenses laboratoires et plusieurs machines mises en mouvement par l'eau, dues au génie inventeur de l'illustre chevalier Morosi ; le palais de la Contabilità, le palais cidevant Marini , occupé par le ministère des finances et par l'administration de la douane. Parmi les édifices appartenant à des particuliers , il faut au moins citer les palais Litta , Bclgiojoso , Trividzi , Mel-
lerio , Clerici, Arese , Serbelloni , et celui qu'on appelle la Villa Bonaparte ; tous sont remarquables par leur belle architecture et par les riches ornemens dont ils sont décorés. On doit ajouter que les seize colonnes d'ordre corinthien , plus grandes que celles du Panthéon à Rome , et situées près de l'église de St-Laurent , sont les seuls débris de la grandeur et de la magnificence de l'ancien Milan ; selon les savantes recherches de l'abbé Guillon, elles seraient les restes des Thermes de Maximien Hercule.
Outre les établissemens littéraires et scientifiques dont nous avons fait mention en parlant du palais de Brera, on doit nommer les deux lycées et les deux gymnases ; Y école normale supérieure ; les deux collèges convicts pour les garçons, les trois pour les demoiselles ; le collège militaire de St-Luc pour les enfans des huit régimens italiens; Y école de mosaïque; le célèbre conservatoire de musique , auquel est annexée l'école de chorégraphie , d'où sont déjà sortis des sujets très distingués; Y école des sourdsmuets ; Y école vétérinaire , une des principales de ce genre; Y école d'accouchement; Y institut militaire géographique, fondé en 1801, qui a déjà publié des caries superbes ; la bibliothèque ambroisienne, si importante par ses précieux et nombreux manuscrits , parmi lesquels se trouvent les palimpsestes, où le célèbre Mai a découvert les passages qui manquaient à certains plaidoyers de Cicéron et les lettres de Marc-Aurèle à Fronton; on y conserve aussi le fameux Virgile de Pétrarque et le célèbre Jo~ sephe, traduit par Ruffin ; la société phylodramatique , qui possède une grande et belle salle construite par Canonica et peinte par Appiani; de jeunes amateurs des deux sexes y donnent des représentations une fois par semaine. Nous indiquerons ailleurs les collections littéraires les plus remarquables appartenant à des particuliers.
Par sa position , par les routes superbes du Simplon, du St-Gothard , du Spliigen et du Stelvio et par les canaux qui font communiquer Milan avec I'Adda et le Tessin , cette ville est devenue un entrepôt général de toute l'Italie Septentrional le. Son commerce embrasse non-seulement le trafic des produits de l'agriculture, mais aussi celui des produits de ses
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nombreuses fabriques d'indiennes , de rubans, de voiles, de velours, de mouchoirs , d'orfèvrerie , de bronzes dorés , de tleurs artificielles, de broderies et de galons. Les grandes fortunes de plusieurs de ses habitans et les grandes sommes d'argent comptant qu'ils possèdent y tiennent très bas le taux de l'intérêt de l'argent et ont rendu depuis quelques années Milan une place très importante même pour les opérations de change. On doit ajouter que son commerce de librairie est le plus important et le pins riche de l'Italie , et n'a de rivaux que ceux de Venise , de Turin et de Florence. Milan offre tous les agrémens des grandes capitales; les représentations qui se donnent au théâtre de la Scala sont justement rangées à côté de tout ce que l'Europe a de plus remarquable en ce genre. Le Corso, qui , partant de l'église St-Marc, ou par la Porte Orientale, va aboutir à une large et longue route bordée de peupliers; les jardins publics et les anciens remparts de la ville ombragés de beaux ehàtaigners, offrent aux Milanais des promenades superbes. On doit y ajouter celle de la place du Castello ( château) vaste espace, qui remplace la citadelle de Milan démolie comme inutile ; une caserne commode en occupe une partie ; le reste est disposé en pelouses et en larges allées plantées d'arbres , qui environnent l'immense place d'armes et T amphithéâtre. Ce dernier est un vaste édifice destiné aux spectacles publics , tels que courses de chars , de chevaux et même de barques ; les galeries et les dix rangs de gradins qui forment sa circonférence intérieure peuvent contenir plus de 24,000 personnes. Près de cette construction, la plus considérable en ce genre que l'on ait faite dans les temps modernes, s'élève Vare de triomphe, dit arc de lapaix> <pii doit servir de porte à la magnilique route du Simplon. Tout éblouissant de marbre et de sculptures et surmonté par un immense groupe en bronze d'une rare beauté, cet arc supérieur en étendue a ceux de Tite , de Septime Sévère et de Constantin à Rome, d'Auguste à Rimini et à ceux de Benevent et d'Ancône , est le chef-d'œuvre du célèbre architecte Cagnola, et le plus grand comme le plus beau monument de ce genre élevé depuis les beaux temps de Rome. On ne doit pas oublier d'autres constructions très re-
marquables qui embellissent cette métropole et qui furent exécutées de nos jours d'après les dessins des plus habiles architectes vivans ; nous voulons parler de IVdifice monumental qui orne la Porta, Ticinese , ouvrage de Cagnola ; de la Porta Nuova , de Zanoja ; de la Vercellîna , de Canonica ; et de la Porta Orientale , de Vantini. La population de Milan augmente avec rapidité ; elle monte actuellement au-delà de 205,000 âmes, sans comprendre sa nombreuse garnison et les étrangers.
Nous dépasserions les bornes que nous nous sommes imposées , si nous voulions indiquer seulement tous les lieux remarquables qui se trouvent dans les environs immédiats de Milan ou à quelques milles à la ronde. Nous ferons observer qu'en décrivant un cercle de 24 milles de rayon, ce ne serait pas seulement de gros bourgs et de petites villes que nous aurions à nommer, tels que Rho , Abbiategrasso, Binasco, Gallarale, Gorgonzola, Melegnano , Mo/iza, Cassano, Treviglio , Caravaggio , Crema, mais des villes et mêmedescités remarquables par leurs monumens, leurs nombreux établissemens littéraires, leur industrie et leur commerce, comme Lodi, Pavie, Corne, Bergame et Brescia. Nous décrirons cependant d'une manière ;ibiégéc quelques-unes de relies due nous venons de nommer, et qui se trouvent dans un rayon de 12 milles.
Gaiugnano , village remarquable par sa chartreuse dont les voûtes et les murs sont couverts de ebartreux peints par Daniel Crespi, avec une si grande vérité qu'elle semble peuplée et vivante. >on loin on voit à Linterno les restes de la maison habitée par Pétrarque. Simonetta , ancienne maison de campagne isolée , remarquable par son écho, qui répète jusqu'à 3G fois les sons qu'on y produit du haut d'une fenêtre du premier étage. Ruo, gros bourg, près duquel est le collège des Missionnaires et le beau temple de Nolre-Dame-des-Miracles , regardé comme une merveille de l'art. Monbello , jolie villa de la famille Crivelli de Milan, remarquable par le long séjour qu'y a fait Bonaparte entre les préliminaires de Leobenetle traité deCampo-Formio. Monza , sur le Lambro , offre les plus anciens et les plus nombreux souvenirs des Lombards dans sa riche basilique, où l'on conserve plusienrs objets précieux ou d'une grande antiquité ; nous nommerons au moins la couronne de fer, qui, depuis les Lombards jusqu'à nos jours, a servi au couronnement des rois d'Italie ; ^reliquaire de la reine Théodelinde, espèce de toilette du moyen âge , contenant sa couronne , sa coupe de saphir, son éventail de parchemin rouge, son peigne -, le graduel de St-Grégoire et le célèbre papyrus, contenant l'état des reliques envoyées par ce grand pape à Théodelinde , monument vénérable et fragile de 12 siècles , véritable roi des papyrus. Cettejolie petite ville, dont la population, y compris sûrement celle de sa banlieue
est portée par le dernier recensement à 1G,389 âmes, est le séjour d'été du vice-roi. Le palais où il réside est noble et régulier -, la chapelle passe pour un chef-d'œuvre ; la rotonde de l'orangerie offre l'histoire de Psyché, peinte parle célèbre Appiani. Les jardins, les serres, le parc sont vastes et magnifiques. Ce dernier, ceint de murailles, a près de 10 milles de circonférence , et un jardin botanique , naguère encore peu important , qui est devenu depuis quelques années le plus riche, peut-être, de l'Italie, par les sommes considérables qu'y a dépensées l'archiduc vice-roi , amateur passionné et intelligent des sciences naturelles , et surtout de la botanique. A une petite distance de Monza on trouve : Desio, bourg remarquable par la magnifique villa Traversi, autrefois Cusani, dont le jardin dit anglais , passe pour un des plus beaux de l'Italie supérieure. Lainate, gros village où l'on voit la belle maison de campagne des ducs Lilla, remarquable surtout par son jardin et ses jets d'eau. Inverigo encore plus loin , est un autre village, où l'on admire le magnifique palais que le marquis Cagnola s'est bâti sur le sommet de la colline, édifice dans lequel ce savant architecte , rival de Palladio , pour la belle symétrie des parties qui forment la rotonde , qui est semblable à celle de Capra, près de Vicence , a surpassé celui-ci dans le magnifique escalier, dans le choix des marbres et dans la richesse des sculptures et des ornemens; c'est une véritable demeure royale, et un chef-d'œuvre d'architecture et de bon goût. .
DÉLÉGATION DE MILAN. Gallakate, gros bourg de presque 4000 âmes, florissant par son commerce en soie et ses fabriques de bougie Somma, village remarquable par quelques antiquités , et surtout par un cyprès d'une grandeur extraordinaire; la tradition populaire le dit antérieur à l'époque de Jules César : ce qui est sûr, c'est qu'il doit compter plus de dix siècles d'existence. Gorgonzola, gros bourg renommé par ses excellens fromages qui sont envoyés à de très grandes distances et qui contribuent beaucoup à sa prospérité, important surtout par son canal navigable qui mène à Milan, nommé Naviglio di Martesana, et qui fait communiquer cette capitale avec l'Adda.
DÉLÉGATION DE COME. Côme, sur le bras occidental du lac de Corne , assez belle ville, commerçante etépiscopale , florissante par ses nombreuses manufactures de drap , d'étoffes de soie et par ses fabriques d'instrumens de physique et d'optique; plusieurs de ces dernières sont établies dans les villages voisins , et leurs habitans en colportent les produits dans presque tous les pays de l'Europe. Parmi les objets les plus remarquables de cette petite ville, dont la population, y compris les faubourgs, s'élève à 16,oooâmes, nous citerons : la cathédrale, vaste et beau monument en marbre de la renaissance ; c'est un des plus beaux temples de l'Italie supérieure; le théâtre, construit depuis peu; YJEdes Joviœ, dont le vestibule , les portiques de la cour et l'escalier sont, pour ainsi dire , un musée d'inscriptions; c'était la demeure du célèbre Jean-Bap
tiste Jovio-, le casino littéraire. Nous nommerons encore la grande manufacture de soie de .M. Bischoffel celle des casimirs de M. Guaila ; ensuite le lycée, les deux gymnases , le collège Convict et la bibliothèque. Dans ses environs immédiats on voit la vil la Ode se a le hi, regardée comme la plus vaste parmi celles qui couvrent les bords du lac- c'est presque une demeure royale , tant elle est décorée avec magnificence. Plus loin on trouve Torno , remarquable par les ruines du monastère des Umiliati, ordre livré au travail des mains, dont les couvens autrefois nombreux en Lombardie et sur les bords du lac de Côme, étaient de véritables manufactures de laine ; les ouvriers y vivaient . sous certaines règles , avec leurs femmes et leurs enfans.
Les rives du lac de Côme sont renommées par leurs beautés naturelles et par les points de vue admirables dont on y jouit-, mais c'est surtout à la rive occidentale , qui conserve le nom de lac de Côme, que convient tout ce que les voyageurs en ont dit dans leurs descriptions. La Cadenabbia et la Tremezzine , situées sur le même bord, vers le milieu du lac , sont, dit M. Valéry, pour le site, le climat et leurs belles et nombreuses villa , comme la côte de Baies de cette petite Méditerranée. Parmi les villes les plus remarquables qui embellissent les environs de ce lac, nous nommerons au moins : la villa Sommariva , autrefois Clerici , remarquable par sa superbe collection de tableaux et des sculptures de Canova et de Thorwaldsen ; la villa d'Esté (Garuo), jadis au général Pino, qui y fit construire sur une hauteur voisine des murs et des créneaux imitant assez bien les fortifications de Tarragone ; elle a été pendant trois ans la demeure de la princesse de Galles, à laquelle est due la construction de la salle de spectacle ; les belles villa Giula , Mellerio et Serbelloni ; la villa Tanzi, une des premières qui aient été embellies selon le goût moderne ; enfin la villa Pliniana , gros bâtiment carré, bâti en 1570 par le fameux Anguissola , et renommée par la /*<;«laine intermittente dont Pline nous a laissé la description , et qui conserve toute son abondance et son intermittence. La bruyante cascade du Fiume Lette , Yorrido di Bellano , ou la chute de la Tioverna , les mines de fer et les usines de M. Rubini , près de Dongo , et les terribles souvenii'S que réveillent les ruines du château de Musso , taillé dans le rocher aux environs de ce dernier, ajoutent à l'intérêt qu'inspirent les bords de ce lac délicieux. Nous nommeions encore , à cause de leur importance sous plusieurs rapports: Lecco, sur la branche orientale du lac de Côme, à laquelle il donne son nom ; c'est une petite ville de 2000 âmes, importante par son commerce et sa fonderie de fer. C'est ici que commence la magnifique voûte ouverte dernièrement pour joindre les deux routes superbes du Stelvio et du Splûgen ; elle longe la côte orientale du lac jusqu'à Colico, où une branche va au Splûgen par Cliiavenna , l'autre au Stelvio par Morbegno. Bellaggio , située à l'extrémité de la langue de terre qui paitage le lac
EMPIRE D'AUTRICHE
de Corne en deux brandies ; ses envii ons sont d'une beauté ravissante : on y \oit\avilla Melzi, magnifique demeure décorée avec le luxe moderne, et remarquable encore parles charmons points tle vue dont on y jouit , et par la beauté de son jardin. Dongo, bourg important par l'activité industrieuse et commerciale de ses habitans; leurs instrumens de physique et de mathémaliques sont colportés dans un grand nombre tle pays. Nous avons déjà parlé de l'établissement de M. Rubini et du château de Musso, situé dans son voisinage. Varese , jolie petite ville de plus de 3oco habitans , avec un théâtre et plusieurs palais ornés de jardins délicieux. C'est ici que feu le comte Dandolo forma ces beaux établisscmens agricoles qui eurent une si grande et si utile influence en Italie sur le perfectionnement de l'éducation desbétes ovines, des vers-à-soie et sur la culture de la vigne. Cette ville partage avec Corne, avec 1rs bords du lac de ce nom et avec les délicieuses co Itin é?f de la Brianza, qui appartiennent à cette province , l'avantage de posséder pendant la belle saison les plus riches familles < t le beau monde de Milan , attirés par la beauté enchanteresse de son territoire et par la bonté de son climat. Tout près s'élève un sanctuaire appelé la Madonna drl Mo nie, à cause de si situation sur le haut d'une montagne d'où l'on jouit d'une vue magnifique ; plusieurs chapelles, où sont représentés les mystères du rosaire, ornent le chemin qui mène au temple. Au débouché du lac Maggiore, dans le Tessin , Laveno , Porto et Lciso, jolis bourgs sur la rive orientale du même lac, sont florissans par leur commerce, surtout Luino-, Porto est en outre remarquable par sa grande verrerie.
DÉLÉGATION DE SONDfUO. — Sondrio , sur l'Adda, très petite ville de 4000 âmes, avec un gymnase; c'est le chef-lieu de cette délégation, composée de la Valtelineet d'autres pays détachés de la Suisse. Tirano, très petite ville d'environ 2000 aines, remarquable par son sanctuaire et par ses relations commerciales avec les Grisons parla vallée de Puschiavo. Bormio, très petite ville de 1200 âmes, remarquable par sa position élevée . par les bainë de St- Martin, situés dans son voisinage et plus encore par la magnifique route militaire ouverte dernièrement sur le dos du mont Slclvio (Stilfscrjoch); elle forme la communication entre Milan et Inusbruck : c'est la plus élevée de toutes les grandes routes de l'Europe , et les travaux qu'a nécessités sa construction sont estimés plus difficiles que ceux de la célèbre route du Simplon. Elle commence immédiatement après les bains de Saint-Martin; sa pente n'est que de l mètre sur K); 38 rampes sur ui.e longueur de 13,700 mètres portent à la hauteur de 15C1 mètres au-dessus de Bormio. On a creusé six galeries, dont les trois plus longues ont 136 , 137 et 198 mètres de long, 4 de haut et 4 et 2 décimètres de large. Le point culminant de la route est à 2814 mètres : c'est 2C0 au-dessus de la ligne des neiges. Pour protéger les voyageurs contre les avalanches et les éboulemens , on a construit sur la partie la plus élevée d« la route un portique en bois d'une
grande solidité, et long de 3000 mètres. De l'autre côté, sur le versant tyrolien , la route n'offre pas moins de 48 tourniquets. Le dessin de ce magnifique ouvrage a été tracé par l'ingénieur Donegana, et son exécution a coûté près de trois millions de francs. Ciiiavenna (Clefen), sur la Maira , très petite ville de presque 3000 habitans , importante par son commerce favorisé par les trois routes qui y aboutissent; celle du lac de Côme ou de Lecco, qui mène à Milan; celle de VEngadina , qui mène à Sainl-Moritz, dans les Grisons; et celle du Splilgen. Cette dernière, construite par le gouvernement autrichien sur les dessins de M. Donegana, a été ouverte en 1820; elle compte 54 rampes , cinq galeries dont l'ensemble forme une longueur de 1232 mètres ; sa pente n'est jamais plus forte de 1 mètre sur lu. C'est une des plus magnifiques que l'on ait construites sur le dos des Alpes; elle mène à Coire, dans les Grisons.
DÉLÉGATION DE PAVIE. Pavie, près de la rive gauche du Tessin , ville épiscopale de médiocre étendue, mais très importante par ses souvenirs du moyen âge, lorsqu'elle était la capitale des rois lombards , ou bien le chef-lieu d'un état républicain , par ses vieux monumens et par ses nombreux établissemens littéraires. Ses constructions les plus remarquables sont: la basilique de St-Micltele Maggiore, qu'on regarde comme bâtie au vu* et même au vie siècle, mais qui, selon M. San-Quintino , n'aurait été constr uite que vers la fin du xie ; les bas-reliefs qui ornent l'extérieur de ce beau temple sont intéressans pour l'histoire de la sculpture-, la cathédrale, où l'on vient de placer le magnifique monument en marbre du xrve siècle, dit vulgairement le tombeau de Sl-Jugustin ; le Château ou l'ancien palais des Fisco/Ui ; les superbes bassins du nouveau canal qui va à Milan. Parmi les importans établissemens littéraires de Pavie , nous nommerons : X université, qui jouit d'une grande célébrité et à laquelle sont annexés le jardin botanique , le jardin agricole ( orto agrario) , les cabinets de physique , d'anatomie, et d'histoire naturelle ainsi que la bibliothèque, la plus riche de l'Italie pour les mémoires et les actes des principales sociétés savantes de l'Europe; ensuite les trois collèges Ghislieri, Borromeo et Caccia. Pavie peut vanter de posséder dans son enceinte le premier établissement peut-être , qu'un simple particulier ait créé de nos jours pour former des artistes habiles; car M. le marquis Louis Malaspina de Sannazaro vient de construire près de son palais un vaste et bel édifice dans ce but philanthropique; on doit y disposer en bel ordre sa riche galerie de tableaux , qui offre des pièces de presque tous les grands mai très decha que école; une collection de gravures qui offre les plus belles estampes depuis l'origine de cet art jusqu'à nos jours -, une riche collection de platr ès et une autre encore plus considérable de minéralogie, riche surtout dans la classe des pierres précieuses , soit dans leur état de nature, soit travaillées ,une belle salle destinée à l'étude d<« la peinture d'après nature ou sur le nu. La popula-
EUROPE
Lion de Pavie s'élève à près de 24,ooo âmes. Dans ses environs immédiats on doit citer : le pont couvert sur leTessin , soutenu par cent colonnes de granit et précédé d'une élégante façade du côté de la ville : sa construction remonte au xive siècle ; et la Certosa (chartreuse). Cette dernière, destinée à recevoir les restes mortels. des ducs de Milan , est regardée par des juges très compétens, comme l'édifice orné avec le plus de goût et de richesse que possède l'Italie, parmi ceux qu'on y a élevé entre la fin du xve et le commencement du xvie siècle. On y voit encore les 24 réduits commodes des anciens religieux. Ce sont de petites maisons séparées , d'un seul étage , avec une fontaine et un petit jardin. Une somme annuelle est destinée parle gouvernement pour l'entretien de ce magnifique temple , tout couvert de sculptures exquises et de peintures superbes. Buffalora , bourg important par la douane qu'on y a établie et par le magnifique pont construit dernièrement sur le Tessin , aux frais communs desgouvernemens Autrichien et Sarde. Binasco et Abbiategrasso, gros bourgs , importans surtout par leurs canaux navigables qui mènent à Milan ; celui de Binasco, dit Naviglio diPavia, la met en communication avec le Tessin qui baigne cette dernière ville, et lui ouvre par conséquent la navigation du Pô et de l'Adriatique-, celui d'Abbiategrasso, la joint avec le Naviglio-Grande ou de Bereguardo, qui aboutit au Tessin, dans une autre direction et beaucoup plus haut. Abbiategrasso compte plus de 4000 habitans, très adonnés au commerce.
DÉLÉGATION DE LODI. Lodi, à la droite de l'Adda, ville épiscopale de médiocre étendue, importante par ses fabriques de faïence , ses nombreuses filatures de soie et par son grand commerce de fromage, dit improprement parmesan. VJncoronata est sa plus belle église et son principal édifice. On ne doit pas oublier son pont en pierre, qui rappelle un des plus beaux faits de la stratégie moderne. Cette ville possède un lycée y deux gymnases, un collège de demoiselles très renommé, une bibliothèque publique et 15,000 habitans. Crema , sur le Serio , petite ville épiscopale, florissante par le commerce de ses toileries et de son fil. Elle a un gymnase et compte presque 9000 habitans. San-Colomkano, avec plus desoooàmes, et Codogno , avec plus de sooo, sont deux bourgs florissans par leur commerce ; le second , possède en outre un tbéâtre , file une grande quantité de soie, et est le centre du commerce du fromage AMparmesan ; une grande quantité de ce dernier est fabriqué dans les fermes duBrcscian, du Bergamasc, du Milanais et du Crémonais, provinces dont les plaines offrent de vastes prairies artificielles, couvertes de superbes bestiaux.
DÉLÉGATION DE BEBGAME. Bergame , ville singulière par ses monumens, son aspect, sa situation sur une hauteur escarpée, et autour et au pied de cette même hauteur, florissante par un commerce très étendu et par de nombreuses fabriques surtout en soie. Ses principaux bâtimens sont : Véglise de Sta-Maria Maggiore, qui est la plus belle ; on loue beaucoup la chapelle
Colleoni, sépulture de ce guerrier célèbre , qui le premier fit usage de l'artillerie de campagne et inventa les affûts de canons; il appartient à celte grande école desSforza, des Braccio, des Carmagnola , des Trivulzio , des Malalesta , qui fondèrent en Europe l'art de la guerre ; la cathédrale, qui a été refaite à plusieurs reprises ; Si-Alexandre, dit in Colonna; la rotonde de St-Thomas , dit in Limine , beau temple, qui remonte au vme siècle; le palais appelé le Palazzo-Nuovo ; le théâtre, dans la ville haute ; et le bâtiment de la foire dans la ville basse ou les faubourgs; ce dernier, construit en pierres de tailles entre les faubourgs San-Antonio et San- Leonardo, contient plus de 600 boutiques symétriquement disposées avec une vaste place et une belle fontaine. Pendant le temps de la foire , dont l'institution remonte au commencement du x* siècle et qui s'y tient pendant les huit derniersjours d'août et les premiers de septembre , ce lieu offre un des plus beaux spectacles qu'on puisse voir. On y fait des affaires pour plusieurs millions de francs. Bergame possède plusieurs établissemens publics , dont les principaux sont : le lycée , les deux gymnases, l'athénée, la bibliothèque publique, le jardin botanique, et l'académie de Carrara, où des professeurs enseignent la peinture et l'architecture; une belle galerie, un cabinet d'estampes, une collection de médailles et de plâtres en dépendent. La population de Bergame , qui est siège d'un évêché , s'élève à 32,000 âmes. — Alzano Maggiore , [petit bourg important par son célèbre collège de demoiselles, tenu par les dames de la Visitation et renommé par l'excellente qualité des pierres à aiguiser et des pierres à moulin exploitées dans les carrières de ses environs. Zogno, avec plus de 2500 habitans et un collège pour les filles. San-Pellegrino , village de la vallée Brembana, avec des bains minéraux très fréquentés. San-Salvatore , village de la vallée Imagna, avec des mines de fer. Gandiko , bourg de la vallée Seriana, florissant par sa manufacture de drap et son commerce de soie. Trescore , remarquable par ses bains minéraux. Romano , dans la vallée de San-Martino, bourg de 3000 âmes , important par ses marchés. Martinenco, bourg de 3000 âmes. Caravaggio , remarquable par le voisinage du beau temple de la Madonna di Caravaggio, visité encore par un grand nombre de fidèles. Treviglio , gros bourg de plus de 6000 habitans , qui font un commerce étendu avec leur soie et leurs draps. Ghisalba , petit village près du Serio , remarquable par le beau temple qu'on vient d'y élever d'après les dessins et sous la direction de Cagnola-, ce chef-d'œuvre de l'architecte milanais reproduit au milieu des plaines de la Lombardie la merveille de Possagno que nous décrirons plus bas. Clusone , petite ville de la vallée Seriana; florissante par ses manufactures de draps et ses fabriques de quincaillerie-, elle a un gymnase et plus de 3000 habitans. Lovere, gros bourg delà vallée Cavallino , avec plHsieurs manufactures de drap, un gymnase et plus de 4000 babitans; sa grande fabrique de faulx, établie par le gouvernement italien n'existe
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plus. Pisogne , sur le lac d'isée , à l'extrémité de l'importante vallée Camonica, gros bourg de pr°sque 3000 habitans , dont une grande partie est occupée dans ses forges et à la confection de plusieurs articles de quincaillerie. Breno, dans la même vallée , avec environ 2000 habitans. Edolo, près de l'Oglio , petit bourg de 800 àmcs, remarquable par sa position élevée et par les ouvrages en fer qu'on y fabrique.
DÉLÉGATION DE BRESC1A. Brescia , située au milieu d'une campagne renommée par sa fertilité et par sa belle culture , ville épiscopale et commerçante, avec un lycée, deux gymnases, un collège, une bibliothèque assez considérable où l'on conserve le célèbre manuscrit des quatre Evangëlistes du vie ou vue siècle, un athénée et autres établissemens littéraires assez considérables. La coutellerie, la fabrication des armes à feu et la production de la soie occupent une grande partie de ses habitans, qui montent à 34,000. Ses principaux édifices sont : le palais Comune ou le Broletto, vaste bâtiment d'une belle architecture ; la nouvelle cathédrale qu'on vient d'achever, beau bâtiment surmonté d'une superbe coupole ; l'ancienne cathédrale, dont on fait remonter la construction au vue siècle; Yéglise de Ste-Marie-des- Miracles, et celle de Ste-Afra ; Xévèché, le nouveau, théâtre, le grand hôpital , le marché aux grains. On doit ajouter le musée lapidaria, construit sur l'emplacement et en restaurant les trois grandes salles et quelques autres parties du beau temple de Vespasien, découvert en 1822. C'est dans cette fouille importante qu'on trouva la Victoire, regardée par MM. Thorwaldsen et Cicognara , comme la plus belle statue en bronze que l'antiquité ait léguée à l'Europe moderne. Oa ne doit pas oublier le cimetière que depuis 1815 on bâtit hors de la ville d'après le dessin de M. Vantini; ce sera, lorsqu'on l'aura achevé un des plus beaux édifices de ce genre que l'on ait encore construits ; une colonne de dimensions colossales doit en occuper le centre ; elle sera surmontée d'une lanterne , dont la flamme visible pendant la nuit, indiquera à un;; grande distance l'emplacement de ce lieu d'éternel repos. La chapelle est achevée et quelques beaux monumens s'élèvent déjà contre ses murs dans la forme des columbarium antiques. — Travagliato, petit bourg, remarquable par le bel hôpital quel on vient d'y construire , sous la direction de M. Vantini. Gardone , dans la vallée Trompia, si importante par ses riches mines de fer; c'est un petit bourg de 1400 habitans , dont une grande partie est occupée à fabriquer des armes à feu très renommées. Gavardo, petit bourg de 1900 habitans, important par ses papeteries. Casti.nldolo, gros bourg de 4500 habitans. Calctnato , avec plus de 3000. Lonato, avec presque, cooo ; dans ce dernier on file beaucoup de soie. Monti chiari, gros bourg de 6000 âmes, florissant par ses nombreuses filatures de soie et par ses toileries. Dans ses environs on trouve le campo di Monte Chiari , destiné aux grandes évolutions militaires annuelles. Leno, avec 4000 habitons. Pievf. avec environ 1300 et des fabriques
d'armes. Rovato , avec sooo. Ciiiari, très gros bourg de plus de 8000 habitans , qui se distinguent par leur industrie et leur activité commerciale. Iseo , sur le délicieux lac de ce nom avec 1800 habitans. Salo, petite ville située au fond d'un petit golfe du lac de Garda , dans uno position charmante, jouissant d'un des plus beaux climats de l'Italie. Sa belle sole, son fil excellent , ses orangers , ses oliviers , sont généralement appréciés et forment les principaux articles d'un commerce florissant; elle a un gymnase et compte presque 4500 habitans. Gardone dit de Riviera, avec 1500 habitans, Toscolano, avec 2400 et Gargnano , avec 3400 : ces trois gros bourgs situés sur le lac au nord de Salo, se distinguent surtout par leurs papeteries et par d'autres branches d'industrie, particulièrement Toscolano. Desenzano, situé au sud, à l'extrémité occidentale du lac de Garda, dans une position délicieuse, compte 3600 habitans et fleurit par son commerce ; il possède un institut philosophique et est la station du bateau à vapeur qui va à Riva el Torbole ,'situésau nord du lac. Dans ses environs , à l'est s'étend la péninsule de Sermione, à l'extrémité de laquelle on voit le fo ride Se rmio ne , bâti par les Scaligers , et les restes delà prétendue vil la de Catulle ; ces ruines paraissent être plutôt les restes du palais de quelque richard romain , qui venait passer la belle saison dans cet endroit délicieux , car comme le remarque très judicieusement M. Valéry, la pauvreté de Catulle ne va guère avec le puissant possesseur de ces grandes et belles constructions, avec le vaste bain qui en dépend, avec leurs hauts pilastres et l'immensité de leurs voûtes souterraines. Verola-Nlova , avec plus de 4000 habitans. Pontevico , avec plus de 5000 , et Orzi-Nlovi, autrefois place forte avec 4700, sont des bourgs florissans par leur commerce et par leur industrie , surtout Pontevico. Bagolino , dans la vallée Sabbia, si importante par ses riches mines de 1er; c'est un gros bourg de 3700 habitans, dont une grande partie travaille dans ses usines et dans ses tanneries.
DÉLÉGATION DE CREMONE. Crémone, sur la rive gauche du Pô , grande et belle ville épiscopale, chef lieu de la délégation de ce nom, renommée par la bonté de ses violons et par la fabrique de ses cordes musicales en boyaux ; mais peu peuplée pour son étendue, ne comptant qu'environ 27,000 habitans. Le Domo ou cathédrale avec le Baptistère , est le plus bel édifice de Crémone, et en même temps un des monumens les plus intéressans de l'architecture gothique en Italie, et remarquable par ses vastes dimensions , par sa tour, une des plus hautes de l'Europe, et par les bas-reliefs qui ornent sa façade , illustrés dernièrement par un archéologue et orientaliste célèbre ; ils représentent un véritable zodiaque imité de ceux qui sont figurés sur les temples égyptiens. Tous les signes, un seul excepté , s'y trouvent dans l'ordre naturel , et les figures qui les représentent sont ornées des attributs de l'agriculture ou des travaux domestiques qui se rapportent aux différens mois de l'année ; seulement les douze signes ne se succèdent point
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dans l'ordre adopté en Europe, de gauche à droite, mais de droite à gauche. M. de Hammer fait observer que ce zodiaque,comme objet profane qui n'a aucun rapport avec l'iconographie chrétienne , se rapproche beaucoup des idées d'architecture des xiue et xive siècles , qui se retrouvent sur toutes les églises du moyen âge, et entre autres sur celles qu'il a visitées à Ferrare, Modène , Plaisance , Fuornovi , Borgo-di-San- Donnino et Parme. Nous nommerons encore les églises de St-Pierre dite al Pô, de St-Augustin, le palais public, le nouveau marché, XAbatloir (Macello) et le théâtre de la Concordia. Ses principaux établissemens publics sont : le lycée, le gymnase, la bibliothèque publique. La belle galerie de ML le comte Ala di Ponzone, mérite aussi d'être mentionnée. Pizzigiiettone, surl'Adda, petite ville de 4000 âmes , importante par ses fortifications , qui dernièrement ont été considérablement augmentées. Casal Maggiore , sur la gauche du Pô , petite ville commerçante, de 5000 habitans, avec un gymnase. Castelleone, gros bourg de 4000 âmes. Le Tonr.i, petit village, que nous nommons pour signaler â l'attention du lecteur la magnifique villa Sommi, autrefois Picenardi. Le bâtiment principal ou le palais; le bel édifice accessoire, construit dernièrement pour y disposer dans une salle magnifique la belle galerie de tableaux et une riche bibliothèque-, l'étendue et la beauté du jardin qui en dépend , font de ce village un des points les plus remarquables de celte province. Lès richesses végétales de ce jardin, l'ingénieux mouvement du sol au milieu d'une plaine entièrement unie , les beaux points de vue <|ue l'art y a su ménager en grand nombre , ses jolis petits temples, l'ermitage , le colombarium et une foule d'ornemens qui le décorent , placent justement la villa Sommi parmi les plus belles maisons de plaisance de l'Europe. Nous ajouterons que le chevalier Ilippolyte Pindemonli et autres savans ont démontré que ce genre de jardins, que l'usage appelle à tort anglais, doivent être nommés italiens, ou pour le moins jardins à paysages; car c'est l'Italie qui a vu construire les premiers , et c'est de cette contrée que ce génie d'embellissement s'est répandu dans le reste de l'Europe et surtout en Angleterre. Dès la fin du xvie siècle Charles- Lmmanueil, duc de Savoie, en avait fait construire un magnifique dans les environs de Turin ; le Tasse en a donné la description dans son immortelle épopée en décrivant les jardins d'Armide. Cependant il faut avouer que les Italiens pourraient bien avoir emprunté aux Chinois la première idée de ce genre de jardins, comme on le verra lorsque nous donnerons la description des fameux jardins de l'empereur de la Chine. De nos jours quatre architectes célèbres, UM.Jar pellih Padoue, Voghera à Crémone, Fanlini à Brescia et Canonica à Milan , ont déjà embelli et continuent à embellir les environs de plusieurs villes de l'Italie par la créalion de ces jardins , où sur un petit espace leur art admirable sait réunir avec un goût exquis tout ce que la nature et la civilisation des différentes époques offrent de plus curieux ou déplus attrayant.
DÉLÉGATION DE MANTOUE. Mantoue , cheflieu de la délégation de ce nom , grande et belle ville épiscopale , située au milieu d'un lac formé par le Mincio. Mantoue, si négligée par les géographes et les voyageurs, est une des villes les plus intéressantes de l'Italie supérieure: c'est la ville de Jules Romain comme Vicence est celle de Palladio, et Vérone celle de San- Micheli. Ses édifices les plus remarquables sont • l'ancien palais ducal, dit aujourd'hui Corle impériale; c'est un bâtiment vaste et irrégulier mais caractéristique ; trois pièces sont couvertes de tapisseriesexécutéescomme celles du Vatican , à Rome, sur les dessins et les cartons de Raphaël ; le célèbre appartamento dit di Troja , parce qu'il est couvert des peintures de Mantegna et de Jules Romain, représentant des sujets de l'histoire d'Uion, est maintenant un grenier. La cathédrale, qu'on peut mettre au rang des plus beaux temples de l'Italie ; Véglise de Saint- André , un des premiers et des plus purs ouvrages de la renaissance : son plan , tracé par l'AIberti, a élé imité dans la construction d'autres églises; l'élégante église de Sauta-Barbara , avec un superbe clocher -, le marché au poisson, les boucheries , la douane ; le théâtre dit de la Socielà ; le théâtre Firgilien ou Diurne, construit en pierre en 1818, et destiné aux spectacles de jour. On ne doit pas non plus oublier la maison de Jules Romain , où ce grand artiste mourut comblé de biens et d'honneurs par Frédéric Gonzaga; le château , les portes et les ponts qui sont d'un aspect imposant; et \ei fortifications f qu'on doit placer au premier rang parmi les constructions de leur genre, et qui jointes à l'avantage de sa position, font de Mantoue une des principales places fortes de l'Europe. Celte ville se recommande aussi par ses imporlans établissemens publics ; nous nommerons : le lycée , les deux gymnases , Xacadémie virgilienne , X académie des beauxarts qui possède quelques bons tableaux ; la bibliuLheque , une des plus considérables de l'Italie, et le musée des statues , qui n'est inférieur qu'à ceux de Rome , Florence et Naples. On y voit le célèbre bas-relief de Médée et un buste de Virgile, débris de cette statue antique élevée au poète par les habitans de Mantoue, et qu'un Malatesta renversa vers la fin du xiv' siècle. Parmi les places de celte ville intéressante, on doit nommer la Firgilianq : c'était autrefois une espèce de marécage que l'argent de la commune et l'enthousiasme du général Miollis pour Virgile changèrent en une agréable promenade , plantée d'arbres et garnie de nombreux bancs de marbre. L'air de Mantoue est encore mauvais , malgré les grandes dépenses faites dernièrement par le gouvernement autrichien pour son assainissement. Sa population , nullement proportionnée à son étendue, s'élève à 28,000 âmes. A une petite distance de l'enceinte de la ville on voit le superbe palais du Te, construit et peint presque entièrement par Jules Romain-, celte ancienneécurie des ducs de Gonzague est devenue une magnifique résidence royale et un monument merveilleux des beaux-arts. On y admire surtout
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la célèbre salle des Géans : une fois entré dans cette pièce, on n'y voit point d'issue ; vous n'êtes environné, dit M. Valéry, que de rochers qui tombent sur les géans biessés, écrasés, fuyant ou se défendant en vain ; le sol même est formé de débris , et le plafond est l'Olympe de Jupiter lançant la foudre. Plus loin , mais toujours dans les environs de Mantoue, on trouve San ta - Maria délie Grazie, sur le lac, magnifique église gothique, presque entièrement couverte des tableaux votifs offerts par les nombreux pèlerins qui visitent ce sanctuaire révéré, et dont le nombre s'est quelquefois élevé jusqu'à 80 et 100,000 : on y voit suspendues de grandes figures do cire habillées, représentant quelques-uns drs illustres visiteurs de ce temple. Pietole, pi es de la rive droite du Mincio, petit village important par son fort redoutable compris dans le système des fortifications de Mantoue et construit poursoutenir l'inondation de cette place, qu'on produit en dérivant au-dessus de la porte Pradella les eaux du Mincio. Par ce moyen, Mantoue, entièrement environnée d'eau , ne devient abordable que par quatre points défendus par de formidables batteries : ce sont le pont de Saint- Georges , la citadelle, la porte Pradella et le fort de Pietole; ce dernier est construit sur l'emplacement de l'ancien Andes, regardé comme le lieu natal de Virgile ; le bâtiment de la Virgiliana est très délabré, rt le jardin n'est qu'une espèce de potager assez uégligé.
Les autres lieux les plus remarquables de celte province que notre cadre nous permet de nommer sont : GONZAGA , gros bourg auquel le recensement de 1832 accorde 13,487 habitans , nombre qui nous parait exagéré , à moins qu'on n'ait voulu y comprendre tous les villages de son canton. Viadaha, bourg de 14,000 âmes, florissant par ses fabriques de toile et par son commerce. Sahionetta, avec plus de Gooo habitans et Casticlione, dit délie Sliviere , avec plus de 50ot> âmes, gros bourgs commerçans. Peschiera , petite ville de 1500 âmes, très importante par ses fortifications élevées primitivement par San-.Micheli, et beaucoup augmentées de nos jours par les Français et les Autrichiens.
Venise , chef-lieu du gouvernement et de la délégation de ce nom , une des deux capitales du royaume Lombard-Vénitien, où le vice-roi passe ordinairement une partie de l'hiver , siège du tribunal d'appel des Provinces Vénitiennes , du commandement général de la marine autrichienne, résidence d'un patriarche catholique, d'un archevêque arménien et d'un évoque grec ; place forte du premier rang par sa position, avec un vaste port déclaré franc depuis quelques années , et 103,000 âmes ; en y comprenant Murano, Malamocco , Burano et autres lieux qui forment son district, elle aurait 114,000 habitans ; dans ce nombre n'est pas comprise la garnison , qui est toujours peu
considérable. Venise est justement regardée comme une des plus belles villes do l'Europe ; par sa position et par ses constructions elle est unique dans son genre. Bâtie entièrement sur pilotis au milieu de la lagune de sôn nom, espèce de vaste lac séparé de la mer par une longue bande de petites îles couvertes de potagers et de belles plantations , cette ville se compose d'un grand nombre d'ilots. très rapprochés les uns des autres, divisés par des canaux et réunis par un grand nombre de ponts. Le plus remarquable de ces canaux est le Canal-Grande : il est bordé de palais magnifiques ; il sépare la ville en deux parties presque égales, réunies parle/w/t/ de Rialfo , qu'on peut ranger parmi les plus beaux de l'Europe. Les rues sont toutes très bien pavées en grandes dalles et très propres, mais aussi très étroites ; elles offrent tant de détours que, pour ainsi dire , elles font de Venise un vaste labyrinthe ; mais au milieu de cette irrégularité, on trouve un grand nombre de' vastes places qui forment un contraslo frappant avec les rues étroites qui y aboutissent. Presque toutes ont un magnifique temple ou un beau palais qui en fait l'ornement principal ; les plus remarquables par leurs dimensions sont : la place de San-Marco , une des plus belles et des plus régulières de l'Europe, soit pour les batimensqui l'entourent, soit par sa position pittoresque sur les bords de la mer ; une partie tourne à angle droit et forme une autre place de moindre étendue appelée Piazzetla. A l'angle formé par la place de San-Marco et la Piazzetta s'élève la tour de Saint-Marc, bâtiment isolé qui étonne par son élévation , quand on pense que cette masse énorme repose sur pilotis. Cette place, unique au monde, offre réunis tous les genres, toutes les beautés de l'art de bâtir ; là sont comme en présence et rapprochés , l'Orient et l'Occident: la grave simplicité de l'architecture greco-barbare, les bizarreries légères et hardies de l'architecture gothique, les formes les plus ornées et les plus pures du goût renouvelé de l'architecture greco-romaine. Malheureusement le joli petit temple de St-Giminien, dont la façade servait admirablement à unir les Procuratie-Nuove aux Procuratie-Vccchie, a été démoli, et au lieu d'y substituer le bel édifice savamment imaginé par M. le conseiller Pinali, on a réuni, sans aucun
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intermédiaire et contre loutes les règles de l'art, des lignes qui ne devaient jamais aboutir au même point. Viennent ensuite les places de San-Stefano, de San-Giovanni-Paolo, deSan-Paolo, de Santa- Margarita, de Santa- Maria-Formosa.
Cette ville, que sans exagération on pourrait appeler la Palmyre maritime , tant est grand le nombre de ses temples superbes et de ses magnifiques palais, ouvrages immortels des Lombardo, de Sansovino, de Scamozzi , de San-Micheii et de Palladio, tout recouverts des tableaux du Titien, et des fresques du Tintoret et de Paul Veronèse , a été pendant quatorze siècles la capitale de la célèbre république de Venise , la première puissance maritime et commerçante du monde au moyenâge , et un des foyers principaux de la civilisation européenne dans ces temps d'ignorance. Voici les principaux édifices que le cadre étroit de cet ouvrage nous permet de nommer : les Procuratie - Vecchie et les Procuratie- Nuove, magnifiques bàtimens qui entourent la plus grande partie de la place de Saint-Marc ; leur rez-de-chaussée offre une vaste galerie supportée par des colonnes et remplie de cafés élégans et de belles boutiques ; elle rappelle les galeries du Palais-Royal à Paris; une partie des Procuratie-JNuove est occupée par les bureaux du gouvernement général , et sert de logement au gouverneur ; une autre est réservée pour le vice-roi et les autres membres de la famille impériale pendant leur séjour à Venise ; la partie du côté de la Piazzetta est le chef-d'œuvre de Sansovino et un des plus beaux édifices qui existent ; l'ancienne bibliothèque de Saint-Marc occupait une salle magnifique; le reste est en partie occupé par les ateliers de la Zecca qu'un voyageur spirituel et savant appelle le plus beau et \eplus élégant hôtel, des monnaies. C'est là qu'en 1284 fut frappé pour la première fois ce célèbre ducat ou sequin de Venise, qu'on pourrait regarder comme la plus ancienne des monnaies courantes de F Europe proprement dite , et qui depuis tant de siècles est connue et recherchée par toutes les nations, depuis la Méditerranée jusqu'à la Chine. Le ci-devant Palais-Ducal, remarquable par son architecture, par sa masse imposante et par ses ornemens ; l'intérieur est d'une grande magnificence ; plusieurs chefs-d'œuvre du Tin-
toret, du Corrège, du Titien, de Paul Veronèse et d'autres grands maîtres ornent ses salles et ses appartenons, ainsi que quelques-uns de ceux des Proeuratie- Nuove ; le pont appelé dei Sospiri ( des Soupirsjoint ce palais au beau et solide bâtiment des Prisons ; les édifices que nous venons de nommer offrent réunis sur un petit espace toutes les écoles diverses d'architecture. Les autres palais les plus remarquables sont ceux des familles Vendramin-Calergi , Trevisan , Pesaro, Rezzoïiico , Grassi, Grimani, Corner, Balbi, Tiepolo , etc., etc., sur le canal-Grande; Pisani, Labia, Baglioni, etc., dans l'intérieur de la ville ; dans le palais Grimani , acheté par le gouvernement, on a établi le bureau de la poste, et dans celui de la famille Corner, les bureaux delà délégation.
Parmi les temples on admire principalement l'église de Saint-Marc , avec ses brillans compartimens , ses voûtes d'or, son pavé de jaspe et de porphyre, ses cinq cents colonnes de marbre blanc , noir, veiné, de bronze, d'albâtre, de vert antique, de serpentine; on y voit la célèbre Palla d'oro , espèce de mosaïque d'or et d'argent sur émail , faite à Constantinople à la fin du xe siècle, représentant, dans une suite de tableaux, des sujets de l'ancien et du nouveau testament ; au-dessus du portail de ce magnifique temple, on a replacé en 1815 les quatre fameux chevaux de bronze, qui fondus à Corinthe dans les beaux temps de la Grèce, ornèrent successivement Athènes , Rome , Constantinople, Venise et Paris. Dans le trésor de Saint-Marc, un des plus vastes reliquaires du monde , on conserve plusieurs objets précieux et un grand nombre d'antiquités et d'objets rares; presque tous les objets en or, argent et pierres précieuses sont conservés à la monnaie. Nous nommerons ensuite Saint- George-majeur ( S. Giorgio-Maggiore), et le Rédempteur, y érilabïes chefs-d'œuvre de l'architecture de ce genre ; le Zitelle dont on admire aussi la beauté ; Véglise de la Salute, remarquable par sa masse imposante et par sa belle coupole ; les églises des Scalzi, des Jésuites (Gesuiti ) et des Miracles (Miracoli), toutes éblouissantes de marbres ; cette dernière est remarquable par le goût exquis de ses ornemens, que plusieurs académies étrangères ont fait copier pour les donner
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comme modèle aux élèves ; Sainl-Siméon mineur (Piccoloj et Yéglise des Tolentùii, remarquables par leurs beaux prcnaos; Saint- Zacharie , bâtie au commencement du ixe siècle ; l'ancienne et vaste église de Saint-Pierre , qui depuis 1807 a cessé ti'ètre le siège patriarca I , t ra n s fé ré à Sa i nt-M a r c ; Sa in t-Fra n cois de ta vigne , qui se recommande par la beauté de son architecture ; et Yéglise et la confrérie de Saint-Roch, remarquables par la richesse des ornemens, par un magnifique escalier et par les superbes peintures qui les décorent; enfin les églises des Frari, de San-Giovanni-Paolà et de San-Salvador, qui se distinguent par leur étendue et par les monumens magnifiques qu'elles renferment; dans celle de Frari, on vient d'élever le beau monument de Canova, travail exécuté par les principaux artistes de Venise et de Rome, avec le produit d'une souscription européenne, et sous la direction de M. le chevalier Léopold Cicognara, que de savans ouvrages ont mis au premier rang parmi les littérateurs qui s'occupent des beaux-arts. Venise possède sept théâtres : celui de la Fenice, ouvrage du Vénitien Antonio Selva, et qui figurait a côté des plus beaux et des plus grandioses de l'Italie, a été détruit par un incendie, le 12 décembre 1836. 11 ne reste plus que les murs extérieurs d'un aussi magnifique monument, rendu célèbre par les compositions de tant de génies, et où l'on célébra un grand nombre tic solennités nationales. Il ne faut pas oublier Y ars en a l,siluè dans une île entourée de hauts murs crénelés ; il a été pendant long-temps le premier de l'Europe et conserve encore une partie de son importance ; c'est aussi un des plus beaux pour sa disposition intérieure. VArehivio générale, établi dans l'ancien couvent des Frari, est aussi une des curiosités les plus remarquables de Venise par la masse prodigieuse de documens qu'il renferme, par le savant classement que M. le directeur Chiodoasu leur donner et parla manière ingénieuse et éléganteavec laquelle on a su accommoder convenablement le local.
Ce magnifique établissement , dû à la munificence de S. M. l'empereur régnant, nous paraît être le plus grand qui existe. Il se compose de 1590 archives spéciales contenant les archives générales des nombreux magistrats de la répu-
blique de Venise , ceux des corporations religieuses et ceux des administrations qui se sont suivies depuis la chute du gouvernement vénitien jusqu'à ce jour.
Deux cent quatre-vingt-dix-huit salles et salons sont presque entièrement remplis de manuscrits, dont le plus ancien remonte à l'année 887. C'est une mine inépuisable pour tous ceux qui s'occupent de recherches historiques et statistiques. Pour que le lecteur puisse se former une idée de l'immensité de cette collection presque entièrement négligée par les voyageurs et les géographes, nous dirons que mettant ensemble tous les rayons contenus dans les différentes pièces de cet établissement, on formerait une ligne qui n'aurait pas moins de 77,238 pieds de long, correspondant à plus de quinze milles et demi de 60 au degré !
Les principaux établissemens scientifiques et littéraires de Venise sont : le lycée avec un riche cabinet de physique et un jardin botanique ; les deux gymnases royaux et le gymnase patriarcal ou le séminaire de la Sainte, établi dans le superbe local du ci-devant couvent de ce nom ; on pourrait le regarder comme un autre lycée par le nombre et la variété des cours qu'on y donne et que suivent plusieurs centaines d'élèves internes et externes; de belles collections scientifiques , une riche bibliothèque et la réputation dont jouissent quelques-uns de ses professeurs ajoutent à l'importance de cet établissement ;*le collège délie Salesiane pour les demoiselles; le collège des cadets de marine, Y école normale principale (Normal-Hauptschule), la section de l'institut impérial et royal des sciences et arts et Yateneo venelo, réunion des anciennes sociétés savantes de Venise, Y académie ou école des beaux-arts , dont les salles peuvent être rangées parmi les plus belles de l'Europe ; on y voit une belle collection de plâtres bien choisis ; une superbe pinacothèque, offrant surtout les tableaux des plus grands maîtres de l'école vénitienne ; une bibliothèque considérable composée des plus importans ouvrages relatifs aux beaux-arts, et la célèbre collection de dessins originaux des anciennes écoles formée par le chevalier Bossi : Quoique entièrement réorganisée en 1807, cette académie pourrait être regardée comme le plus ancien établissement de ce genre qui
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existe, car les statuts de la confrérie des ai*tistes,qu'elle représente, sont antérieurs à l'année 1345. Enfin la bibliothèque de Saint- Marc , une des plus riches de l'Italie, avec un beau cabinet d'antiques et un riche médaillcr ; elle est placée actuellement dans la salle du Màggior Consiglio au ci-devant palais ducal, et doit être rangée à côté des plus grandes de l'Europe ; on y a transféré la célèbre mappemonde de Framauro , commentée il y a quelques années, avec un talent remarquable par le cardinal Zlirla, qui a illustré aussi les grandes faites géographiques , tracées par Marco-Polo et exposées dans une autre salle de ce même palais : on y conserve un évangêliaire qui compte près de dix siècles et le célèbre camée de Jupiter egiocus ; on doit ajouter le musée Corner, collection immense de tableaux , de médailles, de livres et de curiosités de lout genre , léguée à la ville par un noble Vénitien de cette famille; il n'est pas même ouvert au public. Nous indiquerons ailleurs les collections lès plus remarquables appartenant à des particuliers.
Les promenades principales de Venise sont : la place de St-Marc et la Piazzetta; la Riva degli Schiavoni, long quai bordant une partie de la ville et aboutissant aux jardins publics ; la situation de ces derniers est délicieuse : la mer les environne presque entièrement, et on y jouit d'un des plus beaux points de vue qu'il soit possible de rencontrer; c'est sans contredit la plus belle promenade de Venise et une des plus belles de l'Italie. Le grand nombre de ponts , qui tous ont des marches, et la petite largeur des rues rendant l'usage des voitures impossible , un grand nombre de petites barques d'une forme particulière , nommées gondoles, les remplacent et forment un des princicipaux traits caractéristiques de cette ville.
Venise , étant environnée de la mer Adriatique , qui y forme les plus célèbres lagunes de son nom , ses environs n'offrent qu'une vaste nappe d'eau interrompue par plusieurs ilôts d'une étendue différente , sur lesquels sont situés plusieurs lieux remarquables. Quelques-unes de ces localités, aux beaux temps de Rome et même longtemps avant, un plus grand nombre pendant l'époque brillante de la république de Venise, < laient des villes si importantes, si riches et si populeuses , que ce serait faire connaître très imparfaitement celte partie de l'Italie, si, en décri-
vant Venise, on les passait entièrement s<u;s silence à cause de leur petite importance a. tuelle. Tous ces lieux, à l'exception de ceux qui sont à l'est du Taglimcnti et au sud du Po<!t Maestra, sont compris dans un rayon de 28 mil les. C'est dans cet espace si resserré qu'on trouve nun-seulement de petites villes et bourgs tels qu<- La Motta Oderzo, Coneociano, Asolo, Cittadklla, ?.Ionsf.lice, Adria et une foule d'auli es bourgs et lieux que nous décrirons dans les provinces de Trevise , de Padoue et de Rovigo , mais aussi des villes considérables comme Trevise , Cuioggia et Padoue.
Dans les environs immédiats de Venise, on trouve : St-Michel de Mcrano (San-Michiele-di- Iviurano) , joli petit ilot remarquable parla belle église tout ornée de marbres précieux, par la magnifique chapelle Miani qui en dépend, et par le beau courent des Camaldules , auquel appartenait ce point important de la lagune. C'est dans ce couvent que, vers le milieu du xviiie siècle, on rédigeait la Jiaccolta Calogeriana, espèce de journal qui, à celle époque, a puissamment contribué à conserver le goùl des études sérieuses en Italie. Là aussi, dans sa riche bibliothèque , était le précieux monument géographique de Framauro , mentionné dans la description de Venise. Ce même couvent, à l'époque de sa suppression, sous le gouvernement italien, avait pour abbé ce moine, illustre par son vaste savoir dans les sciences théologiques et mathématiques, qui siège aujourd'hui sur le trône de St-Pierrc; et pour recteur du florissant collège qu'on y avait établi , l'abbé Zurla, qui fut depuis cardinal, vicaire-général du pape, un des savans qui , plus que les autres, ont fait avancer la géographie du moyen-âge. Ces deux établissemens n'existent plus -, le vaste jardin du couvent et les portiques qui l'entourent ont été destinés à recevoir les monumens funéraires des habitansd? Venise , dont le cimetière général est dans Pllot voisin de St.-Cristoforo. Murano, petite ville d'environ 4ooo âmes , importante par ses verreries, qui pendant plusieurs siècles ont été les premières du monde, par les beaux ouvrages dt* toute espèce qu'on y faisait, et surtout par ses contarie ou perles fausses colportées par tout le globe. C'est dans ses fabriques que les peintres et vitriers Vivarini travaillaient ces beaux verres peints qui ornent les croisées de plusieurs temples de Venise et d'autres villes de l'Europe. Murano a été aussi renommée parla beauté de ses jardins , convertis plus tard en vergers. Quoique ses verreries soient maintenant inférieures aux grands établissemens de ce genre que possèdent la France, l'Angleterre, la Bohème , etc., etc. , elles sont encore très considérables : on y fait de très beaux ouvrages en verre et en émail de toute espèce, tels que tables, toilettes, chaises, armoires, fleurs, cloches, tubes pour les instrumens de physique et autres objets ; ses grandes glaces soufflées n'ont pu encore être exécutées nulle part. L 'église de St-Donato , qui est son principal édifice , est remarquable par son beau pavé à mosaïque et par son architecture extérieure, ouvrage greco-barbare du xne siècle. Le Lido (St-
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Andréa di Lido), petit îlot sur lequel s'élève le beau fort de Sl-André s construit par San-Miclieli : c'est une masse si bien établie , quoique sur un terrain marécageux et battu par les vagues de la mer, qu'on la prendrait pour un seul rocher ; il défend le port du Lido , qui est le plus voisin de Venise et est un des premiers construits selon les principes de l'architecture militaire moderne. C'est de ce port, qui n'est aujourd'hui abordable que par de très petits bàtimens, qu'au \u* siècle appareilla la grande flotte de 200 navires, commandée par le doge Michieli , et qu'en 1202 sortit l'armement bien plus considérable sous le commandement du doge Dandolo, composé de 240 gros vaisseaux de guerre , 73 navires de transport, 5o galères èt 120 Balandres , avant à bord 40,000 hommes et chevaux qui formèrent l'armée des croisés, qui fit la conquête de Constantinople. Burano, plus éloigné des marais; cetilota moins souffert que les autres -, sa population, qui dépasse 5000 âmes, s'occupe de la pèche , de la chasse , de la revente des chiffons recueillis dans les rues de Venise , et surtout de la fabrication de dentelles très estimées. Torcello, centre des opérations maritimes des anciens habitans d'Altino, devint d'autant plus peuplée et importante , que cette dernière ville vit diminuer sa splendeur. Dans les vuc et viue siècles, et les suivans , Torcello était une des villes les plus florissantes de la république de Venise , et un des grands entrepôts du commerce qu'on faisait dans ses lagunes. Sa cathédrale, construite au commencement du xie siècle, est empreinte de l'Orient et du moyen âge; la façade, la voûte, le pavé, sont incrustés de précieuses mosaïques représentant des symboles et des faits de l'histoire sacrée ; le bénitier parait avoir été un autel païen ; et une chaire de marbre s'élève derrière le chœur au milieu de degrés demi circulaires; de grandes planches d'albâtre, suspendues par des gonds en 1er, servent de volets à ses fenêtres. Le petit temple de Santa - Fosca , voisin , ouvrage du ix* siècle, fait d'anciens débris d'édifices romains, mérite aussi d'être signalé , ayant servi de modèle dans la construction des églises de St-Giminien et de St-Jean -l'Aumônier de Venise. Torcello, où dans le xiue et le xive siècle on envoyait les convalescens pour se rétablir, à cause de la bonté de son air, est maintenant un des lieux les plus malsains des lagunes, et ne compte pour habitans que quelques pauvres vignerons. Mazzorbo, autre petite ile remarquable par sa fertilité et par son ancienne prospérité, qui éprouva le sort de Torcello. Altino , ville populeuse et florissante au temps des Romains ; les grandes routes Emilia , Postumia, Claudia et Gallica, y passaient. C'est dans sa banlieue que ces anciens dominateurs du monde s'embarquaient pour aller à Ravenne et vice-versà. Ses villa , entre les embouchures du Sile et de la Piave , étaient comparées par eux aux célèbres villa de Baia par la beauté delà situation et par la fertilité du sol. Détruite en 650, elle ne se releva plus -, son évèque et ses habitans s'établirent définitivement à Torcello , Mazzorbo et autres îlots voisins, et contribuèrent à leur accroissement et à leur prospérité. Ces
villes, et surtout Venise s'embellirent avec les marbres et les colonnes de ses édifices , qui pendant plusieurs siècles furent pour ainsi dire des carrières inépuisables pour les Vénitiens. M. Lattis, propriétaire actuel d'une partie de l'emplacement d'Altino , y a établi une briqueterie et une fabrique de faïence. Cette partie de la lagune n'est plus reconnaissable par les grands changemens que la retraite de la mer y a produits. Dans une autre direction, au sud de Venise, nous nommerons : St-Lazare (San-Lazzaro dit degli Armeni), petite lie habitée par les moines Arméniens, qui publient en leur langue de bonnes éditions des livres les plus utiles et les plus estimés , et se livrent à l'éducation de leurs compatriotes. Ce collège célèbre , présidé par un archevêque et ayant de savans professeurs, est devenu depuis un siècle un foyer d'instruction pour l'Asie occidentale 5 il possède des collections scientifiques considérables, une riche bibliothèque où l'on conserve des manuscrits arméniens précieux du vme et du ixe siècle, une typographie où l'on imprime une gazette qui est lue à Constantinople, à Erzeroum , à Ispahan , à Calcutta et autres grandes villes où des Arméniens se trouvent en assez grand nombre. C'est avec ses presses qu'en 1818 on imprima la fameuse chronique d'Eusèbe t complétée d'après d'anciens codes arméniens. Malamocco (Methamaucum), petite ville située à l'extrémité occidentale du Lido , lie qui défend Venise des fureurs de la mer. Insignifiante jusque vers la fin du vie siècle , c'est aux nombreux réfugiés de Padoue qui y cherchèrent un asile à celte époque, qu'elle est redevable de la prospérité à laquelle elle parvint plus tard. Depuis 742 jusqu'en 810 , Malamocco a été la résidence du doge qui, après la guerre contre Pépin, transféra sa résidence de cette ville à Rialto ou Venise. Son port, défendu par deux forts, a été beaucoup amélioré par la grande digue commencée sous le gouvernement italien et continuée à grands frais par le gouvernement actuel ; lorsque ce grand ouvrage sera achevé , il aura 1400 mètres de long et aura coûté près tlo 1,400,000 francs. Malamocco ne compte que 8i« habitans, la plupart occupés à guider les vaisseaux qui entrent et sortent de cette partie de la lagune de Venise. Poveglia (Popilia), île autrefois beaucoup plus grande et très peuplée , située vis-à-vis de Malamocco. Ravagée pendant la guerre de Chioggia, en 1379, rongée par la mer, ses habitans s'établirent à Venise; réduite à une circonférence d'environ 400 pas, elle n'a plus que quelques maisons et un très petit nombre d'habitans permanens. Non loin est située l'île du Vieux Lazaret (Lazzaretto-Vecchio) , sur laquelle les Vénitiens, dont la ville était si souvent ravagée par la peste à cause de leurs fréquentes relations commerciales avec le Levant, fondèrent dans le xve siècle cet établissement utile connu sous le nom de Lazzaretto , dont les réglemens sanitaires firent cesser ce fléau qui moissonnait avec une effroyable fréquence la population de Venise, et furent adoptés plus tard par toutes les nations policées de l'Europe , dans la création des etablissemens du mcoie geiirç,
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Plus loin, et au nord-est de Venise , sont situés : Jesolo (Equilium) , près du port de Cortelazzo ; ancienne rivale d'Eraclce , dont elle partagea la destinée; c'est à ses chevaux estimés qu'elle dut lenomd'Equilio , sous lequel on la trouve citée. Elle est tellement détruite, qu'on est à peine en état d'en indiquer l'emplacement. San-Dona dit di Piave, gros bourg de 3900 âmes, situé sur la Piave. Eraclea, située sur une péninsule formée par les embouchures de la Livenza et de la Piave , lieu insignifiant jusqu'à l'année 626 ; elle devint une ville florissante par les nombreux réfugiés d'Oderzo , qui y cherchèrent un asile à cette époque. C'est dans cette ville qu'en 697 fut élu le premier doge de la république de Venise , dont elle fut la capitale jusqu'en 742 , année dans laquelle le siège ducal fut transféré à Malamocco. Déchue presque aussi rapidement qu'elle était devenue florissante, et détruite par les Hongrois dans le ixe siècle , Éraclée fut entièrement abandonnée; lesalluvions des fleuves changèrent tellement la configuration du sol qui l'environnait, que son emplacement est aujourd'hui à peine reconnaissable. Caorle (Caprule) , située vers la limite extérieure du littoral qui forme la lagune de son nom , près de l'embouchure de la Livenza et du Lemene. Au temps des Romains, son port était la station d'une escadre de bàtimens légers delà flotte de Ravenne. Quelques centaines de pêcheurs remplacent les nombreux habitans qu'elle comptait lorsque son port était un des principaux entrepôts maritimes de la république de Venise. Concordia (Julia Concordia) , florissante sous les empereurs romains, détruite par les Barbares et presque entièrement abandonnée pendant les derniers siècles de la domination vénitienne -, elle ne compte plus que 400 habitans ; son éveque réside à Portogruaro, petite ville voisine, de 2900 âmes, située sur le Lemene; quoique très déchue en comparaison de ce qu'elle était autrefois , elle est encore assez commerçante et possède un gymnase et un séminaire. De ce même côté , mais hors du rayon et dans la délégation d'Udine, on trouve Marano, ancien château fort, situé dans la lagune deGrado ; sa population, occupée presque exclusivement de la pèche, ne s'élève pas à un millier d'àmes.
Au sud de Venise , nous nommerons : Palestrina, gros bourg situé presque au milieu de l'ile longue et étroite, nommée Litorale di Palestrina. La navigation, la pèche , la culture des vergers, qui fournissent de légumes et de fruits excellens Venise et des villes beaucoup plus éloignées, forment la principale occupation des 7000 habitans que compte cette partie de la lagune. Nous ajouterons que les femmes de Paleslrina , douées d'un courage et d'une force peu commune, guident les barques et partagent avec leurs maris et leurs frères leslravaux delà pêche et les prix décernés dans les naumachies si renommées chez les étrangers. Ce littoral , autrefois coupé en deux parla mer , offrait le port de Pastene ou d' Albiola 3 près duquel, selon plusieurs historiens , les Vénitiens auraient remporté la première victoire navale sur les Francs commandés par Pépin; ce port est maintenant
tout-à-fait enterré ; son emplacement porte le nom de Porto Secco. C'est le long de la partie extérieure de ce littoral que, dans le siècle passé, les Vénitiens ont élevé à grands frais la magnifique digue appelée murazzi , afin de protéger leur ville contre la fureur des ondes, les connaisseurs la rangent parmi les ouvrages hydrauliques de ce genre les plus importans. Chioccia (Fossa Claudia ou Clugia Major) , ville épiscopale, située dans uneile, qu'un long pont en pierre réunit au Litorale di Sotto-Marina , surlequelse trouve le faubourg de S otto-Marina. On doit mentionner le gymnase , le séminaire et la bibliothèque. Le jardinage et surtout la navigation de long cours et le cabotage forment avec la pêche, la fabrication du sel et la construction des navires, l'occupation principale de ses habitans, dont le nombre s'élève à 24,000, en y comprenant ceux de ses faubourgs. Deux forts défendent l'entrée de son port; ils entrent dans le système des fortifications de Venise. Rrondolo ( Brundulum) , misérable petit endroit , avec un port où débouchait anciennement l'Adige, et où débouchent aujourd'hui la Brenta et le Bacchiglione. Dans le moyen âge, c'était unr petite ville populeuse, dont le célèbre sanctuaire de Si-Michel était visité par un grand nombre depélerins. Cette prospérité disparut en 1380, à la suite des ravages faits par les Génois. Des batteries et des barques canonnières défendent l'entrée du port de Brondolo, dont le climat est devenu si délétère qu'il peut passer en proverbe. Cavarzere. gros bourg partagé en deux par l'Adige ; il est assez commerçant et compte 7000 âmes. Loreo, petit bourg de 250o habitans, situé sur un canal qui joint l'Adige à la branche du Pô de Maestra.
A l'ouest de Venise nous nommerons : Malchera , misérable endroit important par les vastes fortifications qu'on y a faites pour défendre Ve nise; commencées pendant la domination italienne, elles ont été considérablement augmentées par les Autrichiens, qui y ont construit de vastes elbcïïès casernes. Mestre , gros bourg de 4600 habitans , assez commerçant , auquel aboutissent les belles routes qui , par Trévise et Padoue , mènent à Venise : en parcourant ces beaux chemins, on découvre le long de la Brenta d'un côtéetle long du Terraglio de l'autre, une longue suite de belles maisons de campagne, dont quelques-unes sont de véritables chefs-d'œuvre d'architecture. Flsina , très petit village sur le bord de la lagune de Venise : c'est la dernière station postale à laquelle aboutit la belle route qui longe la Brenta : c'est aussi celle qui offre le plus court trajet pour aller à Venise. La Mira , gros village de 2000 âmes , près de l'endroit où commence le canal Novissimo , ouvert pour conduire la Brenta dans le port de Brondolo; une suite de belles maisons de campagne joint ce village au gros bourg du Dolo; celui-ci compte plus de 3000 babitans, fait un commerce assez considérable : un autre canal artificiel, dit Brentone , et creusé avant le précédent , commence dans son voisinage ; il mèae la Brenta dans le port de Brondolo. Une seconde série de jolies maisons et de palais magnifiques, appartenant aux principales
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familles de Venise , orne les bords de la Brenta et s'étendjusqu'au beau village de Stiu , où l'on voit le superbe palais jadis à la famille Pisani, devenu, depuis quelques années, bien delà couronne du royaume Lombard-Vénitien.
Padoue ( Patavium), sur le Bacchiglione, grande ville épiscopale , industrieuse et commerçante, dont la population croit rapidement et dépasse aujourd'hui 01,000 âmes ; le canal , qui de cette ville va à la Brenta au-dessus de Stra, est celui , qui, par la Battaglia et Monselicc , la met en communication avec Este , facilitent beaucoup les relations commerciales.
Padoue est une des plus anciennes villes de l'Europe ; elle s'embellit tous les jours et se distingue avantageusement par ses nombreux et importans établissemeus scientifiques et littéraires à la tète desquels il faut placer sa célèbre université, une des principales et des plus florissantes de l'Europe , surtout depuis que restaurée par l'empereur régnant, on y a ajouté plusieurs chaires qui manquaient à ses cours ; parmi les établissemeus qui en dépendent , on doit nommer le cabinet de physique, remarquable par sa série complète des machines et des instrumens employés dans les démonstrations de celle science; le cabinet d histoire naturelle et Y observatoire, rangés parmi les principaux de l'Italie ; le jardin botanique , regardé comme le plus ancien de l'Europe; le jardin économique, destiné aux expériences agricoles ; la bibliothèque , une des plus riches de l'Italie pour les ouvrages des sciences; Y école vétérinaire , et le cabinet des préparations anato- ?niques. Viennent ensuite le séminaire épiscopal , avec une riche bibliolhè- * que, augmentée dernièrement d'une collection de gravures très rares, avec un cabinet de physique assez bien fourni et une typographie renommée; le gymnase royal, et le gymnase épiscopal; le collège des Israélites, où plusieurs villes de l'Italie entretiennent des élèves pour l'étude supérieure de leur religion et pour suivre les cours à l'université/ et huit autres collèges particuliers pour les garçons et pour les filles; Yacadémie des sciences lettres et arts , qui publie de savans mémoires ; le musée lapidaire , qu'on vient d'établir dans le bâtiment du Salon; la bibliothèque du chapitre , t elite mais importante par ses anciens
manuscrits et par ses éditions rares du xvc siècle; enlin la société du cabinet de lecture, qui malgré sa récente fondation, se distingue avantageusement par la beauté du local où elle est établie et par le nombre et le choix des journaux politiques et littéraires qu'elle reçoit.
Nous commencerons rémunération des édifices les plus remarquables de Padoue par la Sala délia Ragione ( la salle de la raison, ou de la justice), vaste édifice de figure rliomboidale, construit vers la fin du xne siècle , sur des arcades soutenues par quatre rangs de pilastres. Avant qu'on la déformât par l'addition des boutiques qui l'environnent, son rez-de-chaussée offrait une vaste place couverte , à l'usage du peuple ; sa partie supérieure était occupée par les tribunaux; c'est cette dernière qui offre la plus grande salle peut-être de l'Europe. Le célèbre Giotto y peignit sur ses parois intérieures, en 329 compartimens partagés en trois ordres ou rangs , les emblèmes des pensées du savant Pietro d'Abanosur le zodiaque, les planètes, les huit vents principaux et les occupations des hommes de son temps distribuées selon les saisons et les mois de l'année. Ces peintures ont été beaucoup détériorées par le temps et par la main des peintres qui ont continué le travail de Giotto et par ceux qui plus lard les ont retouchées. Deux Isis en granit, enlevées par Belzoni ù l'ancienne Thèbes et données par ce célèbre voyageur à sa patrie , flanquent la porte orientale de cette salle immense. En 1815, à l'occasion du passage de S. M. l'empereur François par Padoue, M. Japelli transforma ce salon en un jardin pittoresque et un salon de réception pour ce monarque et sa suite; les arbres étaient en pleine terre; ils formaient d'épais massifs illuminés ; on y représenta un petit opéra , et il y avait des cascades, un ruisseau, un petit temple et jusqu'à des mouvemens de terrain. Nous nommerons ensuite IVglise de Sainte-Justine , vaste temple, remarquable par ses huit coupoles, par« son élégante simplicité , par la profusion et la beauté des marbres employés dans ses autels et un pavé superbe. \J église de Saint-Antoine ou du Sanlo , presque aussi grande que la précédente et un des plus beaux ouvrages de Nicolas de Pise; la vue extérieure de ses coupoles produit un bel effet, augmenté encore par la pro-
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fusion des marbres et des bronzes d'un travail parfait qui la décorent au dedans; on admire surtout la chapelle du Santo, à cause de sa grande richesse, et le magnifique candélabre d'André Riccio, le plus beau peut-être qu'il y ait au monde ; près de la façade de ce temple est la statue équestre en bronze de Gattamelata , ouvrage de Donatello; on la regarde comme la première qui ait été fondue en Europe par les modernes ; V école dite del Santo, remarquable par les fresques du Titien et autres peintres célèbres; l'ancienne église des Eremilani renommée par les peintures de Mantegna, de Guido Reni et de Padoanino, et par le monument des princes d'Orange , ouvrage de Canova; la petite église de V Annunziata, dont les parois intérieures sont du haut en bas peintes par le Giotto , qui en différens compartimens y représenta l'histoire de l'Ancien et du Nouveau Testament , tirée selon d'Hancarville , d'un évangile apocryphe ; toute la façade antérieure au-dessus de la porte offre une vaste fresque où ce grand peintre , ami du Dante, représenta sous sa direction ses trois poèmes, le Paradis, le Purgatoire et l'Enfer ; enfin la cathédrale, remarquable par son étendue et jusqu'à un certain point par son architecture ; le Baptistère, qui en dépend, offre des fresques très anciennes. Parmi les édifices d'un autre genre , nous nommerons au moins : le théâtre dit Nuovo, pour le distinguer du Novissimo ; c'est le plus beau de Padoue et un des premiers parmi ceux du troisième ordre que possède l'Italie; le séminaire , le grand-hôpital, et le ci-devant couvent de Sainte-Justine, aujourd'hui hôtel des invalides, vastes et beaux édifices ; le palais dit du Capitanio, celui du Consiglio, le Montde-Piété, V abattoir , bâti dernièrement sur les dessins de M. Japelli. Parmi les édifices des particuliers, nous ne nommerons que le palais des comtes Trento- Pappafava , embelli par le goût exquis de ses nouveaux maîtres et remarquable par quelques chefs-d'œuvre des grands maîtres anciens et modernes; la belle villa M. l'avocat Piazza, dans l'enceinte même de Padoue; et le joli petit jardin pittoresque de MM. Trêves, attenant à leur belle maison. Le Prato délia valle, la plus grande place de Padoue et une des plus étendues de l'Eu-
rope, se distingue surtout par le délicieux ilot elliptique formé par un canal d'eau courante qu'on passe sur quatre ponts; une double rangée de statues, représentant des hommes célèbres, en ornent les bords; de petits obélisques , des vases, des banquettes en pierre de taille et des arbres plantés symétriquement achèvent d'embellir cette partie de la ville , qu'un voyageur spirituel appelle un Panthéon en plein vent, et autour de laquelle on fait tous les ans des courses de chevaux, qui y attirent un grand nombre d'étrangers , et rendent alors Padoue une des villes les plus brillantes de l'Italie. Et nous n'oublierons pas deux autres curiosités importantes qui distinguent cette ville ; nous voulons parler du café Pedrocchi et à\ipo?it en fer; celui-ci, suspendu entre huit barreaux de fer auxquels sont attachées les cordes composées de plusieurs fils de ce métal, qui le soutiennent, est un travail remarquable du célèbre ingénieur Galaleo ; c'est le premier pont suspendu construit en Italie ; des connaisseurs le regardent même comme unique par le procédé ingénieux et hardi employé dans sa construction ; l'autre est l'ouvrage de M. Japelli, un des plus grands architectes vivans, et est sans doute le plus magnifique et le plus beau café de l'Europe; toutes les colonnes, les murailles, le pavé sont de marbre, dont une partie provient des débris d'un ancien temple découvert dernièrement en creusant ses fondemens. Bouleversée par tant d'ennemis, Padoue n'offre presque aucun monument ancien ; tout ce qui appartient à l'époque romaine se réduit aux restes d'un grand amphithéâtre, aux traces d'un théâtre, aux antiquités conservées au musée lapidaire et chez quelques particuliers , et aux quatre ponts dits des Molinï, ttAltinate , de S.-Lorenzo, et de Ponte-Corvo.
Abano , petit bourg de 2600 habitans permanens, renommé et très fréquenté par ses bains sulfureux, connus des Romains sous le nom d'4ponus, dénomination qui comprenait probablement les lieux nommés aujourd'hui Monte-Ortone , Casa-Nuova, S. Pietro-Montagnone, Monte- Grotto , Santa-Elena, S.-Bartolomeo et Abano , tous très voisins et fournis d'eaux thermales. La partie la plus importante au temps des Romains parait avoir été celle qui correspond aujourd'hui à Monle-Grotto (Mons - JEgrotorum , montagne des Malades), à S. Pietro-Monta*
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gnone et à Casa-N uova, situés à deux milles d'Abano. Vers la fin du xviue siècle, on y trouva, en effet, des bassins en marbre, restes d'anciens thermes et les ruines d'un palais sur la colline, une statue qu'on croit d'Esculape, déposée à la bibliothèque de St-Marc à Venise, des fragmens d'autres statues, des mosaïques, des tuiles, des tuyaux en plomb avec des empreintes, des pierres votives, des inscriptions et autres débris d'à nciens édifices. T eolo , sur une colline, au milieu des Colli Euganei, chef-lieu d'un district, avec 2700 habitans; on a démontré dernièrement que c'est la patrie du célèbre historien Tite-Live. Tout près est situé Luv igliano , beau palais, oùl'évëquedePadoue passe une partie de la belle saison ; il a été construit primitivement par Falconelto pour le célèbre Louis Cornaro, auteur de l'ouvrage Délia t'ita sobria. La Battagli a , petit bourg de 2700 habita ns permanens , célèbre par ses bains sulfureux, visités tous les ans par un grand nombre d'étrangers, à cause de l'aménité du site et des commodités de toute espèce offertes aux baigneurs. Le canal sur lequel il est situé est un des ouvrages hydrauliques les plus anciens de l'Europe. Tout pies se trouve le magnifique château de Catlajo, devenu par legs, depuis quelques années, propriété de S. A. le duc de Modène ; on y voit un superbe musée, dont la création , duc au comte Abizzi , ancien propriétaire de ce palais, remonte à l'année 14G0; il se compose de plusieurs antiquités, d'une collection «rmstrumens de musique et d'une autre d'armes et armures anciennes. On y voit aussi quelques inscriptions en pierre nommées euganéennes parLanzi, que ce savant classe avec les monuinens de l'Etrurie circumpadanc , à cause de leur analogie avec les caractères de ces derniers. Ces inscriptions , encore si peu connues, seront bientôt publiés avec des explications par le célèbre antiquaire et lexicographe abbé Iurlanetto, dans un ouvrage où ce savant se propose d'expliquer aussi d'autres monumens euganéens existant à Padoue et dans le musée de Vérone. Un peu plus loin est situé Arqua, petit village de presque un millier d'habilans, remarquable par le tombeau de Pétrarque , et par la maison où mourut ce grand poète. Au pied de la colline d'Arquà on voit, la source sulfureuse froide dite Raineriana, du nom de S. Altesse impériale le vice-roi, qui l'a découverte en 1827; on l'emploie déjà avec succès dans plusieurs maladies. Mo>«seuce, très gros bourg dcSO'jc habitans , important par son industrie et son commerce, favorisé par le canal de la Battaglia. Sa citadelle, qui joua un si grand rôle dans les guerres du moyen âge, n'est plus rien sous le rapport militaire. On doit mentionner la célèbre fabrique de i /ns étrangers de M. Yabbé Baldi , dont les produits offrent, jusqu'à s'y méprendre, les qualités des vins qu'on a voulu imiter. Cokselve, bourg de 4000 âmes , florissant par son commerce. Pieve-di-Sacco , avec 5000 , se distingue par ses tanneries, ses toileries et son commerce; c'est la patrie du célèbre historien Davila. Saonara, village insignifiant par lui même, mais remar-
quable par le beau jardin pittoresque de M. le chevalier Vigo d'Arzere, ouvrage de M. Japelli; on loue surtout les collines artificielles et les restes aussi artificiels d'un édifice appartenant à l'ordre des Templiers, où se trouve un caveau et la salle des jugemens avec d'anciennes armures. Ponte-di-Brenta , gros village, important par sa grande manufacture de poterie ordinaire et par la belle maison de plaisance de la famille Giovanelli; au village de Noventa Padovana , qui en est tout près , on voit aussi plusieurs jolies maisons de campagne appartenant à différentes familles. Miraiso, gros bourg de presque cooo âmes, florissant par son commerce et justement renommé par la propriété qu'ont ses vins de résister à la navigation sans être soumis à aucun procédé préalable, qualité qu'on ne trouve point dans les autres vins des provinces Vénitiennes. Dans ses environs est situé Sala (Santa-Maria di Sala), petit village remarquable par la magnifique villa, bâtie par le commandeur Farsetti; son beau jardin botanique n'existe plus ; et ses serres sont bien loin d'être ce qu'elles étaient lorsqu'on les regardait comme les plus belles de l'Italie. M. Mircowich est le propriétaire actuel de cette belle possession. Campo-San-Pietro, petit bourg de 2500 habitans , avec des tanneries et des manufactures de toile. Tout près est le village de I.oreggia, remarquable par la belle maison de plaisance du comte Polcastro, dont \e jardin pittoresque , ouvrage de M. Japelli , se distingue surtout par l'abondance des eaux et l'ingénieux emploi que ce célèbre architecte en a su faire. Piazzola, petit bourg d'environ 3000 âmes, florissant par son industrie-, on y voit le beau palais de la famille Conlarini ; le projet gigantesque conçu par son ancien propriétaire de le ceindre d'une place semblable à celle de St-Pierre de Rome, n'a été qu'à moitié exécuté ; c'est dans ce vaste bâtiment accessoire que demeurent tous les employés et une grande partie de la population.
DÉLÉGATION DE PADOUE. Noale, joli petit bourg d'environ 2000 âmes, industrieux et commerçant. Montagnana , petite ville de 8000 âmes avec" un collège de demoiselles renommé; il y a plusieurs manufactures, et son commerce de ebanvre est très considérable. Este (A te s te), une des plus anciennes villes de l'Italie, assez industrieuse et assez commerçante, surtout en grains, située dans une contrée délicieuse et fertile. La luminara , belle illumination à dessin qui a heu tous les vendredis saints , y attire tous les ans un grand nombre d'étrangers. Este possède quelques restes d'antiquités , que M. Fracanzani, son maire actuel , se propose de réunir dans un musée Les morceaux les plus remarquables sont deux inscriptions sur pierre antérieures à la naissance de Jésus-Christ ; elles tracent les limites de son territoire du côté de Padoue et de Vicence ; la première de ces inscriptions était sculptée sur un rocher au sommet du Venda , le plus haut du col Euganéen. Cette petite ville dont la population actuelle ne s'élève qu'à 9000 âmes, a figuré beaucoup dans le moyen âge , ayant été la rési-
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rtence du marquis d'Esté , une des puissances prépondérantes de l'Italie à cette époque. Ces princes lurent la souche , non-seulement des ducs actuels de Modène, mais aussi des puissans marquis de Ferrare, et qui plus est des ducs actuels de Brunswick et des monarques puissans qui régnent aujourd'hui sur la vaste monarchie anglaise.
i DÉLÉGATION DE VICENCE. Vicence sur le Bacchiglione , jolie ville de 31,000 âmes, épiscovale et commerçante , avec un lycée, un séminaire épiscopal, deux gymnases, une riche bibliothèque, une académie de sciences, lettres et heaux-arts, connue sous le nom d'accademia olimpica, et une société de lecture, véritable cabinet littéraire, établi dans un beau local et fourni de nombreux journaux. Peu de villes de l'étendue de Vicence comptent un plus grand nombre d'édifices remarquables par leur architecture ; elle doit cet avantage au célèbre Palladio, qui y vil le jour et l'habita pendant longtemps; on y montre encore la maison qu'il occupait. Les plus beaux bàlimens dus à cet architecte célèbre sont : le palais public, appelé la Basilica : c'est une ancienne construction gothique, renouvelée sans disparate, d'une manière grande et magnifique par ce grand artiste; la loggia du' palais de la délégation ; le théâtre olympique, monument noble, élégant et curieux: il a la l'orme d'un théâtre antique ; nous rappellerons à ce propos que c'est à Vicence qu'on représenta en 1514 la Sop bonis be de Trissino, la première des tragédies régulières modernes, caria Rosmunda de Ruccellini ne l'ut jouée à Florence qu'en 1515. Parmi les palais des particulier s construits par Palladio , on doit nommer ceux des comtes Chiericalo, Porto, Barbarana, Tiene, Franceschini et Valmarana et le casino des comtes Trissino. On ne doit pas oublier les beaux palais Nievo et Trissino , construits par Scamozzi. Vicence se distingue avantageusement par son industrie variée et surtout par ses belles étoffes de soie -, une grande partie de la soie employée dans leur fabrication est filée et tordue par des machines hydrauliques ; on en recueille une quantité immense dans son territoire , justement renommé par sa fertilité extraordinaire et cultivé comme un jardin. Trois constructions remarquables sont situées dans la banlieue de Vicence -, ce sont : la fameuse R.otonda ou cas in capra, chef-d'œuvre de Palladio, que lord Burlington, architecte distingué lui-même , a fait imiter dans son parc superbe à Chiswick; le cimetière , qu'on doit ranger parmi les plus beaux de l'Italie, quoiqu'il ne soit pas encore achevé; enfin le beau sanctuaire de la Madonna del Monte, bâti mur le sommet du Mont-Berico , qui lui-même est devenu presque un monument , car c'est sous des arcades en pierre d'un mille de long qu'on arrive à cette église. Un peu plus loin on trouve Costosa, petit village de 750 habitans, remarquable par la grotte immense creusée dans l'intérieur d'une colline. C'est une ancienne carrière, d'où l'on a tiré les pierres qui portent encore le nom de ce village. Pendant les guerres du
moyen âge , cette vaste caverne servit d'asile * un grand nombre de réfugiés; c'est à cette époque que l'on doit faire remonter la construction du four et de quelques autres constructions en briques qu'on trouve dans ses galeries profondes. Longare, autre village de 800 habitans, remarquable pari' ouvrage hydraulique construit par les Carraresi. Cittadella, petite ville de plus de cooo âmes, importante par son industrie agricole et par son commerce.
Bassano, jolie petite ville de 10,000 âmes, située surlaBrenta, dans un canton renommé par ses beautés naturelles, importante par son industrie variée et par son commerce. Elle est la patrie du Bassano, émule à-la-fois du Titien, du Collège et de Ferracina, qui devina plutôt qu'il n'apprit les principes de la mécanique et est auteur d'un des plus beaux ponts de l'Italie. La typographie Remondini , qui comptait 50 presses et employait dans ses différens élablissemens plus d'un millier de personnes, est bien déchue depuis la mort de ses riches propriétaires, qui, par leurs vastes entreprises, ont donné tant de célébrité à cette partie de l'Italie. Le gymnase de la commune, auquel est annexé un pensionnat , le jardin botanique et le cabinet minéralogique , superbes établissemens créés par M. Parolini , naturaliste très distingué , méritent d'être mentionnés. Won loin on trouve Marostica, très petite ville de 2800 habitans, importante par la grande quantité de chapeaux de paille qu'on y fabrique, dont plusieurs rivalisent en beauté avec ceux de Florence ; et un peu plus loin , à la droite de la Brenta , est situé le village de Noue, avec 1800 habitans et une grande manufacture de faïence. Asiacq, gros bourg de presque 5000 âmes , clï<;f-lieu du district montueux, connu sous le nom des vu communes, dont les habitans parlent un dialecte allemand. L'origine de ces montagnards a été le sujet de longues discussions parmi les philologues dont plusieurs les regardent comme les descendans des Cimbres battus par Marius. M. le comte Giovanelli de Trente vient de démontrer dans un savant mémoire qu'ils descendent d'un corps d'Allemands battus par Clodovée , auxquels le grand Théodoric donna asile dans ces montagnes. Sous la domination vénitienne ils jouissaient des privilèges que la république avait accordés aux xm communes mentionnées à la page 312. Dans ce canton si intéressant pour le géographe , pour le géologue et pour l'ethnographe, on trouve : Valslagna , petit bourg près de la Brenta, important par son commerce en bois et centre de la fabrication de ces larges chapeaux imperméables en usage surtout parmi les montagnards Tyroliens-, et Oliero, petit village renommé par ses grottes remplies de pétrifications ; il en sort une si grande quantité d'eau , qu'elle suffit pour mettre en mouvement plusieurs machines employés à filer la soie et à la fabrication du papier. Tiene, petite ville de plus de 5000 âmes, importante par ses nombreuses manufactures de drap. Scnio, autre petite ville de plus de 6000 habitans ; c'est , avec La Follina dans la délégation de Trévise, le centre de
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la fabrication des draps dans les provinces Vénitiennes; les draps bleus sont les plus estimés. A SchiO commence la belle route ouverte dernièrement, qui, parValle dans le Vicentin, passe à Vallarsa dans le Tyrol ; elle a sept tourniquets. Dans les environs de Schio, on trouve : Magrè , village important par la grande quantité d'excellente terre a foulon qu'on exploite dans une carrière voisine; Tretti, dénomination commune à plusieurs petits villages où l'on exploite des carrières d'argile blanche dite terre de ricence, employée dans la fabrication de la faïence et de la porcelaine ; on en exporte à l'étranger des quantités considérables , à cause de sa qualité supérieure à celle des autres pays. Velo, village naguère encore remarquable par un des plus grands et des plus beaux jardins pittoresques de l'Italie; ce parc magnifique, dont la surface était quintuple de celle du jardin des Tuileries , et dont les seuls cbemins avaient coûté 75,000 francs au comte Velo, a été changé en champs labourés par ses héritiers. Valihc.no, près de l'Agno , petit bourg de plus de sooo habitans, avec des filatures de soie et des manufactures de drap. Reccoaro, gros village de 4ouo âmes , renommé par ses eaux minérales, fréquentées par un grand nombre d'étrangers; on en expédie tous les ans plusieurs milliers de bouteilles. Arzignano , bourg de 3500 habitans, dont une partie est occupée à la fabrication du drap et à lier la soie ; dans son voisinage on trouve et on exploite des carrières de pierre et des mines de houille ; on y trouve aussi des eaux minérales. Lonigo , petite ville , assez bien bâtie et commerçante , avec plus de cooo habit.
Vérose, surl'Adige, ville épiscopale, grande, industrieuse et commerçante, que décorent plusieurs beaux édifices anciens et modernes. Elle est le siège du sénat judiciaire suprême et du commandement général du royaume Lombard- Vénitien, ce qui lui assigne le troisième rang parmi les villes de ce royaume.
Celle capitale de Cane grande délia Scala, de cet Auguste du moyen âge , qui recevait à sa cour littéraire le Dante et d'autres poètes et écrivains proscrits, est une des villes les plus intéressantes de l'Italie par ses souvenirs historiques et par ses établissemens littéraires, par sa position et par ses monumens. San-Micheli semble en être le constructeur; portes, ponts, palais, fortifications, chapelles, tombeaux, partout on retrouve ce célèbre architecte , digne successeiw de Vitruve , son compatriote. Les principaux édifices qui décorent Vérone sont : V église de Sl-Zenon , Italie, selon les uns, au viie siècle, selon d'autres, auixe; ses portes de bronze, travail curieux , offrent des emblèmes gro-
tesques , ainsi que la grande roue de la Fortune, ouvrage précieux de Briolotto ; cette dernière sert maintenant de fenêtre à la façade. La cathédrale , bâtie au ixe siècle, riche en marbres; son beau presbytère est de San-Micheli. Véglise de St-Bemardin , où l'on admire la chapelle Pelle grini , regardée comme le chef-d'œuvre de San-Micheli. St-Nazaire et St-Celse , dont on fait remonter la construction au vie siècle ; c'est peut-être le plus ancien temple des Provinces Vénitiennes ; les grottes qui l'avoisinent servirent au culte des premiers chrétiens ; on y voit des peintures grossières du vne siècle, importantes pour l'histoire de l'art; Ste-Marie y dite in organo, d'une belle architecture, a une sacristie jugée par Vasari la plus belle de l'Italie ; Véglise. de Ste-Anastasie , remarquable par ses dimensions et ses monumens ; celle de Sl- George , par ses peintures des premiers maîtres veronais , à la têle desquels on doit mettre le célèbre Caliari, dit Paul Veronèse. Nous nommerons ensuite les portes Nuova et Stupa , regardées par les connaisseurs comme des chefs-d'œuvre dans leur genre ; les deux portes immenses , dites Portant délia Bra ; le palais de la Gran - Guardia ( Grande- Garde ) achevé seulement dans ces dernières années ; le palais du Consiglio; la douane et \epont delCastel Vecchio, remarquable par son premier arc , dont la corde a 49 mètres. Parmi les édifices appartenant à des particuliers, nous nommerons le palais Canossa, qu'on regarde comme le plus beau ; ensuite les palais Bevilacqua , Verza, Pompei, Giusti , Maffei; et à la tête des monumens anciens on doit placer le célèbre amphithéâtre, dit VArena , bâtiment d'une imposante grandeur, assez bien conservé; c'est le seul de celle espèce qui serve encore à l'usage des spectacles publics; les traces du théâtre ; une grande partie de V enceinte faite par l'empereur Gallien , et les deux portes géminés ou à doubles arcades, dans cette même enceinte. Varc des Gavi, monument funéraire de la famille Gavia, après avoir traversé tant de siècles, a été démolien 1805 pour mettre en état de défense la citadelle qui en était voisine. On ne doit pas oublier les tombeaux des Scaligers , espèces de longues pyramides gothiques , surmontées de la statue équestre de chaque prince ;
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ces monumens curieux du moyen âge sont en plein air, dans une place étroite. Vérone n'est pas moins intéressante sous le rapport littéraire : nous nommerons le lycée , avec de belles collections scientifiques ; le sémindire épiscopal ; la maison royale d'éducation des demoiselles , un des plus beaux établissemens en ce genre; les trois gymnases ; X école de peinture et de dessin ; V académie d'agriculture, commerce et arts, - V académie philharmonique , la société du cabinet de lecture , qui possède une bibliothèque assez riche et un assez grand nombre de journaux; la pinacothèque ; le musée lapidaire , remarquable surtout par ses inscriptions étrusques ; la bibliothèque de la ville ; celle du chapitre. C'est dans cette dernière, qui est la plus considérable, que M. Miebuhr a trouvé sous les épîtres de St-Jérôme, les commentaires des institutes de Gains, publiés depuis à Berlin par Goeschen , Bekker et Holweg ; il est possible que les palimpsestes de cette riche bibliothèque contiennent d'autres trésors littéraires. Placée près des gorges du Tyrol et au débouché de l'Adige dans la plaine, non loin de l'entrée du lac de Garda dans le Mincio et du confluent de l'Alpon avec l'Adige , dominant ce fleuve avec ses quatre ponts en pierre, située au milieu des gorges de la Chiusa et du passage important de Caldiero, et renforcée parles places de Peschiera , Mantoue et Legnago, la ville de Vérone a offert toujours une position importante pour une armée chargée de défendre la partie de la Haute-Italie située entre les Alpes et le Pô. Tant d'avantages vont être considérablement augmentés par les fortifications dont on la ceint d'après le nouveau système des tours Maximiliennes , inventées par le génie stratégique du savant archiduc dont elles portent le nom. Cette ville , dans les évènemens mémorables de l'histoire de nos jours, a été pendant quelque temps l'asile de Louis XVII I , et en 1822 on y tint le fameux congrès qui décida des affaires de la péninsule hispanique. Vérone, renommée par les nombreuses et délicates nuances de ses teintures , fait un grand commerce en soie à coudre et à tisser, travaillée par un grand nombre de machines mues par l'eau. Sa population s'élève à 47,000 âmes.
Dans ses environs immédiats et dans un rayon de 15 milles, on trouve : Blssoli^go, bourg de
presque 3000 habitans , avec des manufactures de toile. Azzano , gros village , remarquable par le château de la famille Nogarola, avec un parc h l'anglaise, de grandes prairies et une rivière artificielle; ce beau site remplace l'ancien manoir d'Isotta Nogarola, femme savante, philosophe et théologienne célèbre du moyen âge. Le Stelle, village remarquable par un souterrain appelé pompeusement le Panthéon, sujet de nombreux et incertains mémoires desérudits véronais; c'est un monument antique , pavé en quelques endroits d'une belle mosaïque, avec des inscriptions, espèce d'antre de Trophonius (comme l'appelle le chanoine Dionisi) , qui en 1187 devint une chapelle de la Vierge, connue aujourd'hui sous le nom de Santa Maria délie Stelle. San-Amrrogio, gros village où l'on dégrossit les beaux marbres tirés des carrières voisines, et où l'on fait aussi d'autres ouvrages. Villafranca , avec plus de Gooo âmes, et Valeggio , sur le Mincio , avec 4600, sont deux gros bourgs importans par la grande quantité de soie qu'on y file. Isola della Scala , compte 3600 habitans. Zevio, près de 5000, et S. Bomfacio, environ 3000 ; ce dernier ligure dans le moyen âge par les guerres de ses comtes contre le dernier des Eccelins et contre les Scaligers. Non loin de S. Bonifacio on trouve : Arcole , sur l'Alpon , village de icoo habitans, renommé dans les fastes militaires par la brillante victoire que Bonaparte y remporta en 1797 ; Soa ve , jolie petite ville et ancienne forteresse de 2500 âmes, où les Scaligers avaient leur maison de plaisance ; son célèbre vin santo vieux, ressemble à s'y méprendre au fameux tokay. Caldiero, gros village de icoo âmes , avec des eaux minérales, et remarquable par les bataille? données dans son voisinage. Illasi , gros village, où les familles des comtes Pompei ont de belles maisons de plaisance avec de beaux jardins. Badia Calavena , village de 1700 âmes, chef-lieu du district dit des xm communes , dont les habitans parlent un allemand corrompu , et for* niaient sous la domination vénitienne une espèce de république , tant étaient grands les privilèges dont ils jouissaient. Peu loin , mais hors du rayon tic Vérone, on trouve V estena , petit bourg dont les environs offrent plusieurs curiosités naturelles du plus haut intérêt pour les naturalistes; ce sont des teslacés pélriliés.des séries de colonnes naturelles dites les stanghelini, des torses d'autres colonnes de forme hexagone , le lapis numalis, et surtout, au pied du mont Purga de Bolca, une immense carrière de schiste calcaire, remplie de squelettes de poisons fossiles appartenant à des mers lointaines, d'espèces ignorées ou perdues ; c'est un des plus grands amas connus de poissons pétrifiés. C'est à l'aide de ces monumens curieux et d'autres semblables trouvés en France , en Angleterre et en Allemagne, véritables médailles géologiques, que les Cuvier, les Brongniart , les Buckland , les Schlolteim et autres illustres naturalistes purent expliquer de nos jours les catastrophes reculées de notre globe et indiquer même approximativement les époques différentes où elles eurent lieu. I ntre les villages de Prun et de Faune, on ad»
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mire le fameux pont naturel de Veja, un des plus beaux que l'on connaisse ; on dirait , dit M. Valéry, que la nature n'a pas craint de donner aussi son morceau d'architecture dans le pays même qui depuis Vitruve jusqu'à San-Micheli , Scamozzi et Palladio , semble la patrie des plus grands architectes. En admettant l'hypothèse de ce voyageur spirituel , que la vue des vallées arides et désolées dont il est environné ait donné au Dante l'idée des ponts de son Enfer, dont le pont jeté sur le chaos par Milton entre l'Enfer et la Terre , est une grande imitation , ce monument naturel aurait une rare importance poétique. Rivoli, petit village de 480 âmes, situé sur un plateau près de la rive droite de l'Adige , renommé par un des premiers faits d'armes de l'histoire moderne. Chiesa , sur la rive gauche de l'Adige , petite forteresse qui défend le passage du côté du Tyrol , en dominant la route , qui de Vérone , mène à Roveredo. Lazise, petit bourg de 1500 habitans , industrieux et assez commerçant, avec un port sur le lac de Garda. Peschiera a déjà élé décrit à la page 301.
Legnago, place forte sur l'Adige, assez bien bàlie et commerçante , avec près de 10,000 âmes, y compris son faubourg dit Porto-Legnaco. Ses fortifications, tracées primitivement parSan-Michefi, furent beaucoup augmentées par les Français et les Autrichiens. C'est dans ses environs, entre l'Adige et le Tartaro, que se trouve le canton si malsain , connu sous le nom de valli Veronesi, et dans lequel on recueille une immense quantité d'excellent riz. Colocna, qui comme la grande ville de Cologne en Allemagne, doit son nom à une colonie romaine ; c'est une jolie petite ville de près de cooo habitans, florissante par ses corderies, ses tanneries, ses lilatures de soie et surtout par son commerce de chanvre, dont la culture est portée au plus haut degré de perfection dans son territoire. Sur l'emplacement de son ancienne citadelle, s'élève actuellement un beau temple dessiné par M. Antoine Diedo, noble vénitien. Caprino , gros bourg de 5000 habitans. Incaffi , au pied du monte Naldo, village renommé par le long séjour qu'y a fait le célèbre médecin et poète distingué FracastorOj dont on montre encore la maison et la chambre d'étude -, on y voit le sanctuaire de la Madonna , dite de la Corona, remarquable surtout par sa position extraordinaire : situé dans un escarpement du mont Baldo , il n'est abordable que de deux manières , ou en y montant de la partie inférieure au moyen de 234 gradins taillés dans le rocher, ou en y descendant de la partie supérieure au moyen de cordes longues de 130 mètres.
DÉLÉGATION DE ROVIGO. Rovico , sur l'Adigetto. petite ville commerçante de 9000 âmes, autrefois capitale de la Polésine, et aujourd'hui de cette délégation , résidence ordinaire de l'évèque d'Adria. Le gymnase, le séminaire e'piscopal, V académie de i Concordi, qui s'occupe de sciences, lettres et beaux-arts, la riche bibliothèque de celte dernière doivent être mentionnés, ainsi que la belle pinacothèque léguée à la commune par M. Caselini. Lendinara, sur
l'Adigetto , gros bourg assez commerçant surtout en blé , avec plus de 5000 habitans. Badia j sur la rive droite de l'Adige , petit bourg de«8600 âmes , avec un collège et une fabrique de faïence. Adria {Hatria ou Atria) , très ancienne ville de l'Etrurie Circumpadane , florissante par son commerce maritime et terrestre, avant et pendant les beaux temps de Rome. Autrefois port de mer, elle en conserve encore le nom, bien qu'elle soit actuellement éloignée de 20 milles de la mer , a cause des attérissemens produits par l'Adige et le Pô. C'est à ses habitans, rivaux des Etrusques proprement dits , qui habitaient l'Etrurie moyenne (la Toscane actuelle) , dans les beaux-arts et dans la peinture des vases de terre , qu'on attribue l'invention des péristyles (Atrii). Ruinée par les Barbares , elle fut rebâtie sur le même emplacement. Adria dans le xne siècle possédait l'île d'Ariano , les ports de Goro et de Loreo et tous les marais qui s'étendent entre le Pô et l'Adige. Son importance diminua progressivement par l'exhaussement de son sol et par la prospérité toujours croissante de Venise ; cependant , depuis l'ouverture du canal dit Portovico , son climat, qui était devenu depuis long-temps délétère , s'améliora considérablement et son territoire , délivré des eaux qui l'inondaient , se couvrit de belles et fertiles campagnes. Adria est une ville épiscopale , dont le prélat réside alternativement ici et à Rovigo ; les antiquités étrusques et romaines découvertes dans ses environs forment la belle collection de M. Bocchi. Sa population s'élève à 10,000 âmes.
DÉLÉGATION DE TRÉVISE. Trévise {Tarvisium) , sur le Sile , ville épiscopale , chef-lieu de celte province, importante par ses nombreuses fabriques de toile , ses papeteries et son commerce florissant; on doit aussi mentionner la grande fabrique de M. Borlolan , où l'on confectionne un grand nombre d'ouvrages en cuivre et en fer au moyen de machines mues par l'eau. Le dôme et X église St-Nicolas sont ses principaux édifices. Parmi les établissemens littéraires on doit nommer le séminaire, le gymnase, le pensionnat des demoiselles , Ya- Uiénée , qui publie des mémoires et la bibliothèque. Le dernier recensement fait monter à 1S,G00 âmes la population de celle ville, dont Cooo appartiennent à la banlieue ; cette dernière est ornée de plusieurs maisons de campagne remarquables par leur beauté et parleur position chai mante ; on doit mentionner surtout la superbe maison de plaisance de M. Manfrin à St-A rlien. Oderzo (Opitergius) , petite ville très ancienne, de 3800 habitans assez industrieux et adonnés au commerce; c'est la patrie •les frères Amaltei, littérateurs très distingués ; la famille Tomitano y possède une riche bibliothèque. Conegliano , dans une situation délicieuse , très petite ville de 3500 habitans assez industrieux et adonnés au commerce; ses vins blancs sont exportés à l'étranger et ses vins rouges ont un grand débit dans l'intérieur. Dans son voisinage on voit le château de Collai to, remarquable parle rôle important que jouèrent dans le moyen-âge ses comtes , qui résident
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maintenant à Vienne; cette famille illustre est la souche des princes puissans qui régnent sur la monarchie Prussienne et sur les principautés <ie Hohenzollern. Peu loin de Collalto est Campardo y petit village renommé par sa grande foire aux chevaux , rangée parmi les plus grandes de l'Italie. Ceneda , petite ville épiscopale, de 4900 habitans, qui se distinguent par leur industrie et surtout dans la fabrication du papier; elle a un séminaire et un gymnase. C'est à Ceneda que commence la superbe route ouverte dernièrement à travers des montagnes et des vallées regardées comme inaccessibles ou d'un accès très difficile ; elle passe par Serravalle, Longarone , Perarolo, dans les provinces Vénitiennes; Cortina et Toblachdans le Tyrol , où elle se partage en deux branches, dont l'une va à Brixen et l'autre à Lienz; son point culminant est. aux Cimes-Blanches à 1300 mètres audessus du niveau de la mer; sa longueur est de G7 milles. Tout près de Ceneda est Serravalle, petite viile de 4700 habitans, assez industrieuse et commerçante. Va&,dorriadene , gros bourg de 2200 habitans, rempli de filatures de soie et patrie de Fenance Fortuné, évèque de Poitiers en France ; ce poète latin du vie siècle est l'auteur de presque touteslcs hymnes chantées dans les cérémonies du culte catholique. Monte- Belluna, bourg de 4300 habitans, dans le voisinage duquel se trouve la belle fo ré t du Montello, une des plus grandes de l'Italie. Lovadina , petit village , qui , avec Spr esta no, est un point militaire important pour la défense du passage de la Piave , qu'on passe sur un pont de bois dit de la Prinla , long de 450 mètres. La IMotta, petit bourg commerçant, patrie du célèbre Scarpa , dont la superbe pinacothèque vient d'y être transférée par ses héritiers. Asolo, petite ville de 3400 habitans, remarquable surtout par sa position délicieuse, par les restes d'un aqueduc romain cl par l'importance de quelques lieux situés dans son voisinage ; nous nommerons -.Barco, petit village , auquel le séjour de la célèbre Catherine Corner, reine de Chypre, a donné une grande célébrité ; son château est maintenant une ferme ; mais les traces de cette princesse y sont empreintes de toutes parts : quatre colonnes de la façade subsistent encore ; la grange , qui devait être le salon , est ornée au plafond d'élégans arabesques, et le grenier, placé au-dessus, est décoré de même; la chapelle existe encore. Af<?ser3 petit village, où l'on voit la belle villa que le savant Daniel Barbaro a fait dessiner par Palladio , décorer par Vittoria , et peindre par Paul Véronèse; elle appartient maintenant à la famille Manin, qui donna le dernier doge de Venise-, c'est un véritable monument; la petite église de ce palais a été construite par Palladio sur le modèle du Panthéon. Plus loin on trouve Crespano, petit village, où l'on passe un pont en briques , dont l'arche a 40 mètres de corde. Po s sagno , gros village de 1200 âmes, auquel la naissance de Canova et le beau temple bâti par le Praxitèle moderne a donné une grande célébrité ; de nombreux étrangers y accourent déjà
pour visiter cette merveille dans laquelle ce grand artiste réunit la coupole du Panthéon au péristyle du Parthénon , offrant ainsi dans un seul édifice les beautés qui caractérisent les deux temples les plus célèbres de Rome et d'Athènes. C'est à monseigneur Canova, évèque de Mindo, et frère du grand artiste, que Possagno doit l'avantage d'avoir vu achever ce beau monument commencé en 1819 ; ce savant prélat possède une bibliothèque considérable , riche surtout en ouvrages relatifs aux beaux-arts, une collection de plâtres et un précieux médailler. Castelfranco , petite ville de 3800 habitans , assez commerçante ; c'est la patrie du célèbre mathématicien lliccati et du grand peintre Giorgione.
DÉLÉGATION DE BELLUNE. Bellune, petite ville , près de la Piave , chef-lieu de cette délégation et siège de l'évêché de Bellune-Feltre , avec une bibliothèque assez riche , quelques manufactures considérables et 11,000 habitans, y compris ceux de ses environs ; c'est la patrie du pape régnant. Dans son voisinage on trouve Capo di Ponte, à la droite de la Piave, petit village remarquable par le beau pont sur lequel passe la route déjà mentionnée dans la description de Ceneda ; son arche a 50 mètres de corde ; une petite branche de cette route va jusqu'à Bellune. Plus loin et vers i'est commence la superbe for ét du Çansejo , déjà connue au temps des Komains, sous le nom ûe Sylva Cansilia; c'est peut-être la plus grande de toute l'Italie supérieure. Longauone et Perarolo, petits bourgs à la droite de la Piave, remarquables par leur commerce en bois et par la nouvelle route qui les traverse. Cadore (Pieve di Cadore), très petit bourg près de la Piave , avec 518 habitans, important par son commerce, et autrefois chef-lieu du Cadorino; c'est la patrie du grand peintre Titien, dont la famille existe encore. Acronzo, petit bourg de 3100 âmes , avec des mines d'oxide de zinc ou de calamine d'une excellente qualité et d'une richesse extraordinaire. Ce sont les plus importantes de l'Italie ; dans son voisinage on voit la belle forêt dite tiJuronzo, dont les sapins , qui atteignent la hauteur extraordinaire de 150 pieds avec un diamètre de 5, nous paraissent être les plus grands de l'Italie; cette forêt fournissait à l'arsenal de Venise la mâture pour les plus gros vaisseaux. Acordo, près du Cordevole , petit bourg de 2400 habitans ; ses célèbres mines de cuivre sont regardées comme les plus riches que possède l'Italie. Allègue , petit village de 700 habitans , important par ses forges et par sa grande fabrique de quincail lerie. Feltre , petite ville, assez industrieuse , et autrefois chef lieu du Feltrino ; elle a un gymnase, un séminaire épiscopal et presque 4000 habitans. Mel, petit bourg, près de la Piave, avec près de 3000 habitans. Dans ses environs est situé Sedico, petit village, remarquable par la belle maison de campagne et le vaste jardin pittoresque de M. Manzoni; on y voit une machine hydraulique, construite par M. Japelli; elle porte l'eau à 120 pieds de hauteur d'un seul
DELEGATION D'UDINE, qui embrasse ]>rcs-
EMPIRE D'AUTRICHE
que toute la province du Frioul ci-devant Vénitien. Udine , chef-lieu de la délégation de ce nom et autrefois du Frioul , ville épiscopale assez bien bâtie , avec un lycée, un séminaire, deux gymnases, une académie d'agriculture et autres établissemens littéraires , ainsi que plusieurs fabriques de toiles , filatures de soie, etc.; sa population s'élève à 20,000 âmes. Dans ses environs on trouve C ampo-Formido , petit village de 600 âmes , remarquable par le traité de paix signé en 1797 entre la France et l'Autriche. Cmdale {Forum Julii), petite ville de 3000 habitans , dont la bibliothèque du chapitre est remarquable parle célèbre évangéliaire qu'on y conserve. Des fouilles récentes ont attiré l'attention des antiquaires sur cette ancienne ville. Des vases , des urnes funéraires renfermant encore des os consumés dans l'amiante , des bas-reliefs, des inscriptions , un temple et surtout un vaste édifice , qui malgré les mosaïques dont ses nombreuses chambres sont décorées , parait avoir été le grenier public de cette ville, sont les principaux résultats des excavations faites dans son ♦■nceinte. Dans le village de Rua l is on a découvert un autre temple, plusieurs bâtimens ornés de mosaïques, une grande quantité de médailles d'or, d'argent et de bronze doré, du temps de la république et de toutes les époques de l'empire Komain; des lanternes, des bijoux, des colliers el autres ornemens , des armes de toute espèce, « 11 fi ti une multitude d'autres objets plus ou moins curieux, tant du moyen-àge que des temps anciens de la puissance romaine. Palma-ISova , petite ville de 2800 habitans civils; c'est une forteresse régulière , construite par les Vénitiens , et dont les ouvrages ont été beaucoup augmentés par les Français et par les Autrichiens. Passei;iano , village de presque 800 âmes , remarquable par le bcaïupalais de la famille Manin, où logeait Bonaparte pendant les transactions de Campo-Formido ; ce petit village donna ensuite le nom au département du Passeriano , le plus étendu du ci-devant royaume d'Italie. S. Dasiele, gros bourg , renommé par ses excellens jambons , qat rivalisent avec eeui deWestphalieetde Bayon- 11e ; non loin on passe le Tagliamento sur un magnifique pont de bois dW.de la Delizia, long de 1080 mètres. Ponteba , gros village de 1700 âmes , sur la rive droite de la Fella , dans une situation très élevée et sur la belle roule qui mène en Autriche par Tarvis et Villaco; de l'autre côlé du torrent est Ponlafel , où l'on parle déjà allemand. Tolmezzo , petit bourg de 1200 habitans, chef lieu de la Carnia , qui autrefois jouissait de grands privilèges et se gouvernait par ses propres lois; c'était naguère encore le centre d'une grande fabrication de toiles. Nous devons signaler ici un fait important de géographie physique , qui ne nous parait pas encore avoir été remarqué parles géographes; c'est que, d'après les observalions météorologiques laites pendant plusieurs années consécutives, ce bourg est avec Cercivento , petit village situé entre Paluzza et Rigolato , un des lieux de l'Europe où il pleut le plus; il n'est inférieur sous ce rapport qu'à quelques localités delà Garfagnana , où il tombe
quelques pouces de pluie de plus. La quantité moyenne de pluie tombée à Tolmezzo , a été pendant 10 ans de 78 pouces; elle égale presque celle qui tombe dans les lieux les plus pluvieux de la zone torride, où elle ne monte en général qu'à 80 pouces. On doit ajouter que ces mêmes observations dénotent que Udine, Feltre, Gorizia, Sacile, Valdobbiadene , Schio et Ceneda sont aussi des lieux extrêmement remarquables sous ce rapport; caria pluie moyenne qui y tombe dans l'année varie de 55 à 66 pouces. A Tolmezzo en I801 elle monta même à lo5 pouces et 8 lignes , et en 1S03 à 141 pouces et 11 lignes ; à Cercivento , elle s'éleva en 1795 à 94 pouces et 1 ligne, et en 1801 à 91 pouces 2 lignes. Pour que le lecteur puisse mieux arrêter ces idées sur ce point , nous lui rappellerons que la quantité moyenne de pluie tombée à Paris, de 1805 à 1814, ne s'éleva, selon M. Arago, qu'à 17 pouces et 8 dixièmes -, et de 1815 à 1822. à 19 pouces et 7 dixièmes. Dans la France méridionale, à Viviers, dans le département de l'Ardèche , elle ne monta, selon ce savant astronome, qu'à 34 pouces et 2 dixièmes de 1798 à 1807; et à 37 pouces et 4 dixièmes de 1808 à 1817. Des observations bien faites à Bombay dans l'Inde, ne font monter qu'à 87 pouces la quantité moyenne de pluie tombée de 1803 à 1822. Gemona, gros bourg de plus de 5000 habitans; c'est le centre d'un grand commerce d'expédition. Dans ses environs on trouve Fenzone , petit bourg, près du Tagliamento, remarquable par ses caveaux, qui ont la propriété de dessécher les cadavres; on y trouve quelques momies naturelles. Osopo , petit château appartenant autrefois aux comtes Savorgnan , situé sur une colline à la gauche du Tagliamento , et ceint d'importantes fortifications dans ces dernières années; il défend le débouché de ce torrent. Spilimbergo , près de la rive droite du Tagliamento , gros bourg de 4000 âmes-, ses habitans et ceux de ses environs fournissent la plupart des maçons qui travaillent les terrazzi dans les provinces Vénitiennes , et les ramoneurs qui parcourent leurs villes principales-, M. le conseiller Pelle grini y a une belle collection d'histoire naturelle. Maisiago, avec 3800 habitans, et Aviano, avec 4800, sont des bourgs importans ; près de ce dernier s'élève le Mont Cavallo, une des plus hautes montagnes de cette partie des Alpes. Sacile , petite ville, assez industrieuse et commerçante, avec 2300 habitans. Poudenone, autre petite ville de 47oo âmes , florissante par son commerce et surtout par ses filatures de soie et ses manufactures de toile -, on doit surtout mentionner la belle papeterie de M. Galvani, mécanicien très habile, dont les procédés ont beaucoup amélioré ce genre d'industrie ; ses produits rivalisent déjà avec les meilleurs papiers des pays étrangers. San- Vito dit del Tagliamento , gros bourg de 4400 âmes, florissant par son industrie-, on doit mentionner sa belle église, le pensionnai des demoiselles tenu par les religieuses salésiennes-, le collège , un des plus renommés de l'Italie supérieure au commencement du siècle, n'existe plus. Latisana , près de la rive gauchè
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du Tagliamento , joli bourg de 3100 âmes , florissant par son commerce et renommé par la fertilité extraordinaire des campagnes qui l'environnent; on doit citer le bel établissement agronomique de feu M. Bottari, et la belle bibliothèque de M. Gaspar Gaspari, agronome distingué. Dans ses environs est située Alvisopolij très petite ville bâtie par feu le comte Louis Mocenigo au milieu de ses vastes possessions; très déchue après la mort de son fondateur, Alvisopoli vit tomber tous ses établissemens ; la belle typographie que M. Bettoni y avait établie et où furent publiés les ouvrages de Winkelmann , a été transférée à Venise, où elle est devenue la propriété de M. Gamba , littérateur très distingué.
Lemberg ( Lwow , Leopol ) , capitale autrefois de la Russie-Rouge et aujourd'hui de toute la Pologne-Autrichienne , ville grande et bien bâtie, sur les bords du Peltew, affluent du Bug. Des rues assez larges, droites, bien pavées et propres , ce qui est rare en Pologne, et quelques beaux édifices, lui assignent une place distinguée parmi les villes de l'empire. Parmi ses édifices les plus remarquables, il faut mentionner Véglise des Dominicains où se trouve le beau monument de la comtesse Borowska par Thorwaldsen ; et hors de l'enceinte de la ville le palais de l'archevêque arménien. Lemberg est le siège du commandement -général militaire de la Galicie, de son tribunal d'appel, d'un archevêque catholique, d'un arménien et d'un archevêque grec , ainsi que d'un rabbin supérieur pour les Juifs qui sont estimés à environ 20,000. Cette ville compte aussi plusieurs établissemens littéraires, dont les principaux sont : Vu* niversilé avec une bibliothèque ; une académie , espèce de lycée; une école royale (Real Schule), où l'on enseigne ce qui est nécessaire aux personnes qui se destinent au commerce ; deux séminaires théologiques ; le musée national, fondé par le comte Ossolinski, avec une riche bibliothèque.
Lemberg se distingue aussi avantageusement des autres villes par son industrie, dont les produits principaux consistent en draps et toiles. Elle fait un commerce étendu , surtout d'expédition, avec la Russie, la Turquie et autres pays, et sous ce rapport elle n'est inférieure qu'à Brody. Ses faubourgs sont grands et bien bâtis; ses environs offrent une foule de vues riantes. On porte sa population actuelle au-dessus de 60,ooo âmes.
Les autres villes principales de la Galicie sont : Biu>dy, qui est la seconde ville du royaume sous le rapport de la population qui parait s'élever au-dessus de 22,000 âmes, dont les cinq sixièmes se composent de Juifs ; elle est aussi la première sous le rapport commercial , étant l'entrepôt du commerce de la Galicie avec la Pologne , la Russie et la Turquie ; cette ville possède deux écoles juives importantes et d'autres établissemens d'instruction moins considérables. Drohobicz devenue depuis quelques années la troisième ville de la Galicie , par l'infatigable activité de ses habitans, qui ont su tirer parti de la fertilité de son territoire et des riches salines de son voisinage. Dès l'année 1826 sa population s'élevait à 11,290 âmes ; ce nombre doit être encore plus grand aujourd'hui. Tarnopol, importante surtout par ses tanneries, son commerce et son école de philosophie (philosophische Lehranstalt) ; population au-dessus de 10,000 âmes. Sniatyn, par ses tanneries et ses foires aux bestiaux ; pop. 4000 âmes. Tarnow, petite ville de 5000 habitans , industrieuse et commerçante, avec un gymnase et une belle église collégiale, où l'on admire les deux superbes rnonumens en marbre du comte Tarnow-J'arnowsky et du prince Ostrog. Peu loin on voit le beauc hdteau de plaisance de la puissante famille Sangus zk o , et le beau jardin Gymniska. Czernowitz , près du Pruth , chef-lieu de la Boukowine , petite ville de 7000 âmes , qui se distingue par son industrie variée , son commerce florissant , par son institut philosophique et autres établissemens littéraires. Przmysl , avec 8000 habitans, siège d'un évèque catholique et d'un évéque grec-uni , et remarquable par son industrie, son institut philosophique et théologique et son beau pont sur le San. Jaroslaw, avec autant, se distingue par sa grande manufacture impériale de draps, par sa foire renommée et très fréquentée , et par son commerce. Stanislawow, par son commerce et par sa population estimée à 8000 âmes. Bochnia . avec environ 5000 âmes, et Wieliczka , avec environ 6000 , sont très importantes par leurs célèbres mines de sel. Celle de cette dernière offre une véritable cité souterraine , avec des rues, des places , des habitations , la plupart les unes audessus des autres. On remarque plusieurs jolies chapelles dont les colonnes et l'autel sont taillés dans le roc, c'est-à-dire dans le sel, et ornés d'un crucifix ou de quelque image de saint de la même matière, devant lequel brûle continuellement une lampe. A des époques déterminées on y célèbre la messe. Dans la chapelle de Ste-Cunégonde , on voit la statue du roi Auguste III, taillée dans le sel. Podgouze, ville nouvelle et industrieuse , à laquelle l'empereur régnant a accordé plusieurs privilèges pour favoriser ses manufactures et son commerce ; il y a des carrières de craie et de pierres à fusil dans ses environs-, population 2000 âmes. Biala, vis-à-vis de Bielitz en Silésie, importante surtoutparsesnombreuses fabriques de draps ; population au-dessus de400O âmes. Nous nommerons encore : Samror, avec un gymnase, plusieurs fabriques de toile et 9000 habitans. Kolomea sur le Pruth, ville comraei/
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çante de 7000 âmes, avec plusieurs tanneries. Rzeszow, avec un gymnase et presque Gooo habitans parmi lesquels on compte plusieurs juifs qui font un grand commerce de pierres précieuses , de pierres fausses et autres articles qu'on y fabrique. Zloczow, avec 8000 habitans ; enfin Andrychow, dans le cercle de Wadowice, très petite ville de 2800 habitans que nous nommons pour signaler le projet que l'on a d'en faire une place forte.
Blde ( Ofen des Allemands , Buda des Hongrois, Badin des Slaves), sur la rive droite du Danube dans le comilat de Pesth , située presque au milieu du royaume de Hongrie, dont elle est la capitale depuis 1784, et vis-à-vis de Pesth à laquelle la réunit un pont de bateaux. Le palais royal, où réside le palatin ou vice-roi de Hongrie , remarquable par son étendue et par sa situation délicieuse ; Yarsenal , où l'on conserve plusieurs objets curieux du moyen âge ; et Yobservatoire de l'université, bâti sur le Blocksberg, ainsi que quelques palais des magnats ou grands seigneurs hongrois, sont ses édifices les plus remarquables. Varchigymnase , les deux écoles principales (Hauptschulen) , V école de dessin et Y observatoire sus - mentionné sont les établissemens publics les plus importais. Bude est le siège d'un évèché grec et du commandement- général militaire de toute la Hongrie. La délicieuse lie Marguerite ou du Palatin, transformée par l'archiduc palatin en un charmant jardin, et les bains chauds très fréquentés méritent d'être mentionnés. La population s'élève actuellement au-dessus de 33,000 âmes; mais comme la grande ville de Pesth et la petite d'Alt-Ofen (de l'ancienne Ofen) peuvent être regardées comme formant partie de la capitale de la Hongrie , on peut porter au-delà de 95,000 âmes la population actuelle de la métropole de ce royaume.
Pesth (Pestum, Peslinum), sur la rive gauche du Danube , au milieu d'une plaine sablonneuse. On la regarde comme la plus belle ville de la Hongrie , qualification que justifient ses rues larges et droites , ses maisons généralement solides et propres et plusieurs bàtimens remarquables. Nous ajouterons que Pesth est aussi la ville la plus grande , la plus peuplée, la plus industrieuse et la plus commerçante du royaume. Pendant chacune de sesquatre foires annuelles, 20,000 étrangers environ accourent de toutes les par-
ties de la Hongrie et même des autres provinces de l'empire , ainsi que de celles de Turquie ; on y fait des affaires pour plus de 25,000,000 de francs. Ses édifices les plus remarquables sont ; Yhôtel des Invalides ou la grande caserne, où logent environ 3000 personnes , outre un bataillon de la garnison ; le Neugebàude { le nouveau bâtiment), autre caserne immense et qui sert de dépôt militaire pour toute la Hongrie; le nouveau théâtre , qui est un des plus beaux et des plus grands de l'Europe ; les bâtimens de l'université et Yédifice où se trouve le Musée national, créé par le comte Szecsengi. Quelques palais des magnats hongrois sont aussi remarquables par leur architecture et un grand nombre par leur étendue. Mais il faut aussi avouer que la ville manque encore de promenades publiques ; ce n'est que dans les environs qu'on en trouve de vraiment délicieuses; les jardins anglais du baron Orczy ouverts au public se font remarquer par leur beauté. On doit y établir la nouvelle école militaire. Pesth est le siège du tribunal suprême de tout le royaume ( Septemviral Tafel ) et du tribunal d'appel ( Kœniglichc Tafel), et le lieu où se rassemblent les états du comté de ce nom (General Congrégation der Gespannschaft). Parmi les nombreux établissemens scientifiques et littéraires que possède celle ville , qui est à la tête de la librairie et de la littérature hongroises, nous nommerons : Ywiiversité , une des plus richement dotées de l'Europe et remarquable par ses magnifiques dépendances, telles que la fonderie de caractères et l'imprimerie, la bibliothèque, les cabinets de physique, d'anatomie, d'histoire naturelle, des médailles et le jardin botanique ; les écoles vétérinaire et de chirurgie; les deux gymnases ; la société savante hongroise (societas erudita hungarica ) fondée de 1825 à 1827 , et présidée par le palatin ; elle est divisée en six classes, savoir : de philologie, de philosophie , d'histoire naturelle , de mathématiques , de jurisprudence et des sciences naturelles; enfin le musée national, qui est le principal établissement de ce genre de la Hongrie et un des plus remarquables de l'Europe par ses nombreuses et importantes collections, parmi lesquelles se distinguent surtout la riche bibliothèque , où l'on conserve la précieuse collection de
EUROPE
manuscrits du conseiller Keller , celle des poêles hongrois, depuis Janus Pannonius jusqu'à nos jours; {^pinacothèque composée des superbes galeries de Sankowitz. On peut regarder cette ville comme une création de nos jours , tant elle s'estagrandie dans ces derniers temps; depuis plusieurs années sa population augmente d'environ i ooo âmes par an ; actuellement elle doit s'élever au-dessus de 75,000 habitans.
Presbourg ( Posony des Hongrois , Pressburek des Slaves, Presburg des Allemands, Posonium en latin), assez grande ville , située sur la rive gauche du Danube et une des plus belles de la Hongrie, dont elle a été pendant long-temps la capitale, prérogative qu'elle a perdue depuis 1784, époque à laquelle toutes les autorités supérieures ont été transférées à Bude. Elle a été cependant depuis lors plusieurs l'ois le siège de la diète, comme en 1790, 1802, 1805, 1808, 1811 et 1826. Ses batimens les plus remarquables sont : le Landhaus , le Kammer , Vhôtel-deviile (Rathhaus), le palais primat 'i al , la halle aux blés, V église deSt-Martin, remarquable surtout par la grande élévation de sa belle tour, le théâtre avec des salles de redoute, la caserne. Presbourg possède plusieurs établissemens littéraires ; nous citerons V académie , espèce de petite université; Varchigymnase, fréquenté par plusieurs centaines d'étudians; le lycée évangélique , un des plus imporlans de la Hongrie ; Vécole nationale modèle ( national Musterschule) ; le séminaire ; la bibliothèque publique et celle bien plus considérable du comte A'Appony, que ce seigneur vient de faire transférer de Vienne dans cette ville, pour répandre les lumières dans sa patrie; un beau local, bâti tout exprès et ouvert au public , contient cette belle collection. Le voisinage de Vienne , le bas prix des vivres, des établissemens littéraires importans et la délicieuse situation de Presbourg, engagent à s'y établir un grand nombre de militaires pensionnés , de nobles peu riches et de magnats. Sa population dépasse actuellement 41,000 âmes.
Deureczin, ville la plus industrieuse de ïa Hongrie, quoiqu'elle n'ait ni sources d'eau potable, ni bois de chauffage, ni matériaux de bâtisse ; c'est à ses manufactures seules et au commerce qu'elle
doit sa prospérité. Debreczin ressemble par sa construction et par l'état de ses rues plutôt à un assemblage de villages qu'à une ville proprement dite. Les manufactures de draps grossiers et d'habits pour vêtir les paysans, les tanneries et la fabrication des bottes, la poterie, les savons sont les principaux articles de son industrie. Ses quatre foires annuelles y attirent plusieurs milliers d'étrangers : elles sont surtout renommées pour les chevaux. On peut regarder cette ville comme le chef-lieu de la Hongrie orientale , étant le siège du tribunal d'appel du cercle audelà de laTheiss. Debreczin possède aussi quelques établissemens littéraires importans , entre autres la bibliothèque et le collège réformé; celui-ci est le principal établissement scientifique que possèdent les calvinistes dans l'empire d'Autriche ; par le nombre des professeurs et par la variété des cours qu'on y donne, on peut le regarder comme une université.
Sa population doit dépasser actuellement 45,000 âmes.
Voici les autres villes principales de la
Hongrie :
Dans le cercle au-delà du Danube:
Gïns (Kœszœg), petite ville, siège du tribunal d'appel (Districtualtafcl) du cercle ; population 5000 habitans. OEdenrurg (Soprony), importante par son industrie, ses grands marebés de bestiaux, les bains de JVolfci les mines de houille dans ses environs, ainsi que par ses vins renommés et son lycée luthérien ; pop. 12,000 àmes. Esteriiaz , par le magnifique château du prince Esterhazy, où se trouvent Yécole forestière qu'il a fondée, une bibliothèque , de beaux jardins et de riches collections; mais le tout eu grande décadence depuis que le prince réside ordinairement à Eisenstadt que nous avons déjà décrit dans les environs de Vienne. Non loin est situé Fraknô ou Forchtenstein, petite forteresse appartenant au prince Esterhazy, où l'on conserve le riche trésor de la famille de ce nom, consistant en une grande quantité de pierres précieuses, de tables et candélabres, etc., d'argent massif ; ses environs doivent être rangés parmi les plus pittoresques de toute la Hongrie. Raab, ville épiscopale, remarquable surtout par son académie, espèce de petite université ; pop. 14,ooo àmes. Komoun (Komarom) , par ses vastes fortifications dont on peut dire qu'elles n'ont jamais été prises par aucune armée ennemie; pop. 11,000 àmes. Dotis (Tata) , par ses nombreuses manufactures d'étoffes , ses moulins , ses scieries etseseawo: thermales très fréquentées; pop. plus de 9000 âmes. Stein-am-Anger (Sabaria; Claudia- Jugusta; Szombathely), très petite ville épiscopale de 2500 habitans, avec une belle église, un séminaire, un gymnase et un musée oix l'on
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conserve plusieurs antiquités romaines trouvées dans son enceinte et dans ses enviions. Stmilweissen burg ( Szekes-Fejervar , Albe-Royale) , ville épiscopale , où plusieurs rois de Hongrie ont été couronnés et ensevelis-, pop. 13,000 âmes. Keszthely, remarquable par le beau château du comte Festelils et par le célèbre georgicum ou école agriculture que ce magnat hongrois y a ttablie ; pop. 4000 âmes. Funfkirciien (Focs , Cinq-Eglises), par sa cathédrale regardée comme la plus ancienne de la Hongrie , par des restes de constructions turques , par son siège épiscopal et par les riches mines de houille de ses environs; pop. 9000 âmes. Papa, très gros bourg, avec une belle église et un gymnase catholiques, un collège réformé ou calviniste florissant, et un beau château du prince Esterhazy, auquel ce bourg appartient. Quoique les géographes n'accordent que de 4 à f>ooo âmes à Papa , nous porterons avec M. Csaplovics sa population à près de 14,000 âmes.
Dans le cercle en-deçà du Danube:
Tyrnau (Nagy-Szombalh , tyrnavia), siège du tribunal d'appel du cercle; elle fait un grand commerce de vin ; on doit mentionner sa grande maison des invalides et les caves immenses de M. de Waltz, dans lesquelles ou trouve un tonneau dont la capacité est plus que double de celle du célèbre tonneau de Heidelberg; si population dépasse 7000. Keszkemet, très gros boarg situé au milieu d'une lande immense à laquelîe il donne son nom ctcouveite de sable et de coquillages-, ses savonneries , ses tanneries, ses marchés 1res fréquentés et sa grande population qu'aujourd'hui on porte au-dessus de 34,ooo âmes , lui donnent une grande importance. Tiieresienstadt (Szabadka, Theresianopel) , grande ville qui n'est à proprement parler qu'un amas de plusieurs villages ; elle doit sa nombreuse population, qu'on porte à 40,ooo âmes, à ses nombreuses fabriques de draps, de bottes, à ses tanneries et à son commerce ; c'est de toutes les villes de l'empire celle dont le territoire est le plus étendu ; les eaux du lac Paltisch, situé dans ses environs, déposent une grande quantité de sous-carbonate de soude ; nous ferons même observer que cette importante elllorescence saline se trouve surtout en grande abondance sur les bords de plusieurs petits lacs situés entre Debreczin et Gross-Wardein. Waitzen , ville épiscopale , remarquable par sa belle cathédrale bâtie sur le modèle de la basilique de St Pierre de Rome, par son école militaire, par celle des sourds-muets, par Yacademia Ludovica qu'on vient d'y créer, et par plusieurs restes d'antiquités romaines et du moyen-âge ; pop. 10,000 âmes. Kolotscha , au milieu de vastes marais et peu loin de la rive gauche du Danube, petite ville de 4000 âmes, avec un siège archiépiscopal , une belle cathédrale, un séminaire , un gymnase, un collège des piaristes et une bibliothèque considérable. Zomror avec X école pédagogique illyrienne est importante par sa grande population estimée au-dessus de 18,000 âmes et par son commerce facilité par le voisinage du canal de François. Nelsatz (Nco-Planta, UiVidek), par
son commerce , par son gymnase grec très fréquenté et par son pont de bateaux sur le Danubiqui la met en communication avec Peterwardein. Neusatz est le point intermédiaire du riche commerce, que Vienne, Leipzig et autres places de l'Allemagne font par terre avec Ambelakia , Saloniki et autres villes de la Turquie d'Europe ; sa populationdépasse 17,000 âmes. On ne doit pas oublier le village deDemenfalv dedans le comitat de Liptau , à cause de la vaste grotte du Dragon (Drachen Hôhle) remplie d'ossemens d'animaux gigantesques.
Meusohl (Besztercze-Banya , Banska-Bistricza), ville royale et épiscopale remarquable surtout par la grande quantité de cuivre qu'on y recueille par le procédé de la cémentation, et par ses fabriques d'ustensiles-, pop. avec la banlieue audessus de 10,000 âmes : dans ses environs on trouve une grande manufacture d'armes et plus loin à Rhonitz les forges royales, où l'on fait aussi annuellement d'immensesquantitésdecharbon. SciiEM.MTz(Slmetz-Banya, Stjawnitza), remarquable surtout par ses mines d'or et d'aï' gent les plus riches de la Hongrie , et par sa célèbre académie ou école royale de minéralogie ; pop. au-dessus de 22,000 âmes. Gran (Esztergom, Strigonia), petite ville , mais importante par ses bains, par son pont-volant sur le Danube et parce qu'elle est le siège de l'archevêque primat de Hongrie. La magnifique église qu'on construit sur une hauteur est presque achevée ; les beaux et vastes bàlimens qui en dépendent et son dôme orné extérieurement de colonnes lui assignent une place distinguée parmi les temples les plus considérables de l'empire d'Autriche. Kremmtz (Kœrmœtz-Banya), par ses riches mines d'or et d'argent et par un hôtel des monnaies; pop. 10,000 âmes.
Dans le cercle en-deçà de la Theiss:
Epbries, siège du tribunal d'appel du cercle et d'un évèché grec uni -, son collège luthérien, la saline de So var et la célèbre mine d'opale près du village de Czerv e nieza , située dans ses environs, ajoutent à son importance; pop. environ 9000 âmes. Bartfeld, petite ville de 4Coo âmes, avec un gymnase, une grande fabrique de poterie et des eaux minérales très fréquentées. K/Esmark , importante par sa grande fabrication de toiles et par son lycée luthérien; pop. 50O0 âmes. Rosenau , par son évèché et surtout par ses nombreuses blanchisseries de toile, par ses mines de cuivre , de fer, d'antimoine, de plomb et par ses bains ; pop. 5000 âmes. Agtelek, petit bourg, remarquable par le voisinage de la célèbre grotte de Baradla , subdivisée en plusieurs cavernes remplies de superbes stalactites et traversée par trois ruisseaux. Schmoelmtz, par son industrie, ses machines hydrauliques, par son hôtel de $ monnaies , et surtout par ses mines d'argent et de cuivre ; pop. 5000 âmes environ. Erlau (Eger), par son siège archiépiscopal , son lycée avec une bibliothèque et un observatoire, par les magnifiques bàlimens de la ci-devant université, dont la construction a coûté, à ce qu'on dit, 5,000,000 de francs-, la cathédrale, le palais de l'archeve-
EUROPE
que , méritent d'être mentionnés ; les manufactures de draps, le commerce, les bains ajoutent à l'importance de cette ville , qui compte au-delà de 17,000 âmes ; ses vins jouissent d'une grande célébrité; on doit nommer dans ses environs le magnifique château de l'archevêque. Kascuau (Kassa , Cassovia), ville épiscopale , florissante par ses nombreuses fabriques et par son commerce avec la Pologne-, elle possède une académie, espèce de petite université ; un archigymnase , un collège, une école de dessin, un joli théâtre et un arsenal ; on la regarde comme la capitale de la Haute-Hongrie ; pop. au-dessus de 9000 âmes . Saros-Patak, gros bourg, bien bâti, important par ses fabriques de draps, par ses carrières et par son célèbre collège calviniste, son école supérieure catholique, et sa riche bibliothèque-, le collège calviniste pourrait être regardé comme une petite université à cause du nombre et de la variété des cours qu'on y donne , pop. au-delà de 8000 âmes. Tokay, renommé par ses vins ; pop. 4000 âmes. Misciikolocz (Miskolz), très gros bourg, assez bien bâti, important par son commerce en vin , blé et cuir, par son industrie , par ses deux gymnases catholique et réformé , par ses carrières et par sa grande population qu'on porte aujourd'hui au-delà de 28,000 âmes. Dans ses environs se trouve le florissant bourg de D ios-Gyœr, renommé dans toute la Hongrie par ses forges où l'on fabrique le meilleur fer et acier du royaume, par ses verreries et par sa papeterie ; la délicieuse vallée où il est situé est comparable, pour la beauté des sites, à la fameuse vallée de Tharandt près de Dresde. Beregh , bourg du cornitat de ce nom, remarquable par le prodigieux développement que prennent quelques végétaux qui croissent dans ses environs ; M. Csaplovics assure qu'il y a des sapins de 21c pieds de haut sur plus de 6 de diamètre , et qu'on y voit des chênes très droits dont le diamètre est de plus de C pieds et qui atteignent, une hauteur de plus de 114 .
Dans le cercle au-delà de la Theis s : SziGETn , chef-lieu de l'administration des sels et entrepôt de l'immense produit des mines de sel gemme exploitées dans les environs du village de Pihonaszek ; on lui accorde 7000 âmes. Nelstadt ( Nagy- Banya , Uj - Yaros) , importante par ses riches mines d'or, d'argent et de plomb, par ses eaux minérales et par son hôtel des monnaies , pop. au-dessus de 4000 âmes. Gross-Wardein (INagy-Varad), résidence d'un évèque catholique, et d'un évéque grec-uni ; on doit mentionner son académie, espèce de petite université, Yarchigymnase , la cathédrale catholique , ses belles fortifications et les bains des environs ; pop. 7000 âmes. Szarvas , sur le Kœrœs , remarquable par son école d'industrie pratique ; pop. 14,000 âmes. Csaba , dans le même comitat , n'est qu'un simple village , quoique sa population dès l'année 1825 se soit élevée à 20,187 âmes -, c'est sans contredit le plus grand village de l'empire d'Autriche et un des plus grands de l'Europe. Temisvar, une des villes les plus belles et les
plus régulières de l'empire , dont elle est une des places les plus fortes, mais aussi des plus mal saines ; c'est le siège du commandement-général des Confins Militaires Hongrois ; les canaux qui y aboutissent , favorisent son commerce; elle a un gymnase, une école normale, et compte plus de 14,000 habitans. Versetz se distingue par son commerce , ses vins , sa soie et sa population évaluée au-delà de 16,000 âmes ,• c'est le siège d'un évêché grec. Szegedin, avec un institut philosophique des Piaristes , par son commerce étendu, par la grande fabrication de tabac, de savon, de drap, de bottes (tchismes); pop. 32,000 âmes. Vasarhely , très gros bourg de plus de 2500 habitans , situé près des vastes marais traversés par la Theiss. Alt-Arad (Vieux- Arad) sur le Marosch , résidence d'un évêque grec , avec un gymnase , une école pédagogique vallaque et près de 5000 habitans ; on y tient le plus grand marché aux bestiaux de la Hongrie. Tout près on voit l'importante place de Neu-Arad (Nouvelle-Arad.)
Dans la Slavonie civile: Eszek , siège du tribunal d'appel pour les trois comitats de la Slavonie, petite ville importante par son commerce et encore plus par ses fortifications et par ses immenses casernes et casemates qu'on dit pouvoir loger 30,000 hommes ; une superbe chaussée mène à la seigneurie de Bellye appartenant à l'archiduc Charles , et où l'on fait un vin {villaner Wein) regarde comme le bourgogne de la Hongrie ; pop. 10,000 âmes ; en 1825 on a ouvert dans ses environs le nouveau pont sur le Danube ; il joint la Slavonie à la Hongrie.
Dans la Croatie civile: Agram (Zagrab), résidence du ban ou vice-roi de la Croatie, et du commandement-général des Confins Militaires Croates , etc. , du tribunal d'appel pour la Croatie et la Slavonie , et d'un évêque; elle possède une académie, espèce de petite université, un gymnase, une société de musique , et fait un commerce étendu ; pop. avec sa banlieue 17,000 âmes. Karlstadt , très petite ville sur Ja Kulpa , de plus de 3000 âmes, importante par ses fortifications , son gymnase et par les belles routes qui mènent à Fiume, à Segna et à Carlopago ; elles facilitent beaucoup son commerce.
Dans le Littoral Hongrois : Fiume (St.- Veit, Reka) , petite ville dont la partie nouvelle est bâtie avec élégance et ornée de quelques édifices remarquables, tels que le théâtre, et hors de la ville le magnifique bâtiment de la compagnie des sucres , qui était un des plus grands établissemens de ce genre. La fabrication du tabac et du rosolio et surtout son commerce , favorisé par le port franc et par la superbe route de Louise (Louisenstrassê*) , ajoutent à l'importance de cette ville. Cette route, longue de 72 milles , va jusqu'à Karlstadt , en passant sur le dos des montagnes et entre des précipices affreux ; elle a été faite par une compagnie d'actionnaires, et ouverte en 1820; sa construction a coûté près de 5,000,000 de francs. Fiume est le chef-lieu du gouvernement du Littoral Hongrois , et compte plus-dc 9000 habitans. Ses environs sont délicieux; on y trouve Tersatwec un sanctuaire
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célèbre bâti au sommet de la petite montagne de ce nom.
La Transylvanie , les Confins Militaires et la Dalmatie offrent plusieurs villes trop importantes sous plus d'un rapport pour ne pas être mentionnées. Voici celles que notre cadre nous permet de signaler à l'attention du lecteur ; nous les classons d'après les divisions administratives auxquelles ces villes appartiennent.
^Rns la Transylv a n ie on trouve : Klausenburg (Koloswar des Hongrois et Klus des Valaques), située près d'une gorge et du Petit- Szamos ; c'est une ville de médiocre étendue , mais à laquelle le siège du gouvernement-général de la Transylvanie et celui des Pays Hongrois de cette principauté , le lycée catholique, qu'on peut comparera une petite université , le gymnase, le collège des nobles, ceux des réformés et des unitaires, et d'autres établissemens , donnent une grande importance; pop. au-dessus de 20,000 âmes. Depuis 1826 on y tient une foire pour les chevaux, fréquentée par un grand nombre de seigneurs hongrois et transylvains , et par plusieurs milliers d'étrangers. A quelques milles de distance vers le nord-est , on trouve le village de B o nzhida ', remarquable par le beau château du comte Banfy, où l'on voit des serres magnifiques et quelques beaux édifices ; et vers l'est je village de K olos près duquel on exploite des mines de houille et de sel.
Karlsburg ( Alba-Julia , Gyula-Fejervar , Weissenburg et Belograd) , petite ville de Gooo âmes, importante par ses fortifications, par son hôtel des monnaies, par son observatoire, sa bibliothèque , et parce qu'elle est le siège de l'évèché catholique de la Transylvanie, et surtout qu'elle offre dans ses environs et a quelques milles de distance les plus riches mines d'or de tout l'empire ; nous citerons entre autres : Zalathna (Goldenmarkt, Marché-d' Or) , renommée par ses lavages d'orles plus riches de la Transylvanie ; Abrudbanya ( Gross-Schlatten) , par les riches mines de ce métal. Nagy- Ag,. village important par le voisinage de Szeheremb , où l'on exploite la plus riche mine d'or de la Transylvanie-, elle fournit aussi du tellure. Nagt-Emted, gros bourg de Gooo habitans , avec un collège académique célèbre, regardé comme le principal établissement d'instruction des réformés dans la Transylvanie. fcrœspatak , par ses riches mines d'or et d'argent jadis exploitées par les Romains, et encore très productives ; on doit ajouter le village ûeBulum, remarquable par ses basaltes d'une forme extraordinaire.
Variiei.y (Gredischtje ou Gredistye) , village dans la grande vallée de Hatszeg dans le comitat de Hunyad, situé sur l'emplacement de Zarmizegethusa , capitale des anciens Daces sur lequel plus tard les Romains bâtirent Ulpia Trajana. Dans ses environs on trouve plusieurs antiquités romaines; on y a découvert dernièrement
les débris d'un amphithéâtre, beaucoup de pierres avec des inscriptions romaines et une grande quantité de médailles d'or. En 1823 , en bâtissant une auberge sur les terres de M. de Nopcsa, on découvrit les restes d'un bâtiment romain ; le pavé de deux de ses chambres était en mosaïque représentant des sujets empruntés à la mythologie grecque.
Thorenburg (Thorda) , importante par ses riches mines de sel; pop. 7000 âmes. Maros-Vasarhely (Neumarkt), par son tribunal d'appel (Gerichtstafel), par son gymnase catholique, par son collège réformé, avec un cabinet de minéralogie, et surtout par la belle bibliothèque nationale renfermée dans le plus bel édifice de la ville et léguée parle comte Teleki à sa patrie; pop. 10,000 âmes. Sciioesburg (Segesvar) , par ses manufactures de draps et ses filatures de coton; popul. 6ooo âmes.
Hermannstadt (Nagy-Szeben , Szibie) , chef-lieu du Pays des Saxons ét de toute la Transylvanie sous le rapport financier ,• elle est aussi le siège du commandement-général des Confins Militaires de cette principauté et d'un évêque grec. Ses deux gymnases , son beau musée national , avec de riches collections de tableaux , de médailles , de minéraux et une bibliothèque assez considérable, son industrie variée et son commerce assez étendu, ajoutent à son importance; pop. au-dessus de 18,000 âmes.
Kronstadt (Krùhnen ou Brassow, Braschon) , située à l'extrémité d'une vallée, ville la plus peuplée, la plus industrieuse et la plus commerçante de la Transylvanie. C'est le siège d'une société de commerce composée des plus riches négocians grecs, qui tous les ans fait des affaires pour la valeur de 13 à 17 millions de francs. Kronstadt possède un gymnase luthérien, une école normale principale et d'autres établissemens littéraires ; son imprimerie est la plus ancienne de toute la principauté; pop. au-dessus de 25,000 âmes. Bisztriz (Besztercze) , importante par ses toileries, ses tanneries, ses savons et son commerce ; pop. 5000 âmes.
Dans les Confins Militaires on trouve:
Peterwardein , petite ville importante par ses fortifications, et par son pont de bateaux sur le Danube qui la joint à Neusatz en Hongrie-, t'est le siège du commandement-général des Confins Slavons.
Semlin , devenue depuis quelques années très importante par son commerce avec la Turquie; on pourrait même la regarder comme la troisième ville de tous les Pays Hongrois sous le rapport commercial ; pop. au-dessus de 9000 âmes. Karloavitz (Karlovacze) , siège de l'archevêché grec dont relèvent tous les sujets autrichiens attachés à l'église grecque , importante par son commerce et par les établissemens d'instruction que les Grecs possèdent dans cette ville; pop. 6000 habitans. Tittel, par ses chantiers et par son arsenal; dans ce dernier l'on conserve plusieurs objets d'antiquités romaines trouvés dans son territoire, où l'on voit encore les débris des ouvrages élevés par les Romains pour défendre la pointe de la péninsule formée par la Thciss et le Danube; pop. 3000
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âmes. Mebadia , petit bourg d'environ 1400 habitans, remarquable par les fameux bains d'Hercule fréquentes jadis par les Romains et par les débris des constructions élevées par ce peuple, qu'on rencontre encore dans leur voisinage; on y a construit dernièrement des édifices pour la commodité des baigneurs qui y accourent de tous les pays limitrophes et dont le nombre augmente tous les ans-, à quelques milles de distance on voit un bel aqueduc turc près du village de Top le tz.V ancsova , peu loin de la rive gauche du Danube , ville commerçante, avec 9000 habitans. Dansle royaume de Dalmatie on trouve :
Zara, capitale du royaume, siège du tribunal d'appel et d'un archevêché, renommée par son marasquin, et importante par son industrie, sou commerce, ses fortifications et son port; elle possède un séminaire central pour tous les ecclésiastiques delà Dalmatie , un lycée, \m gymnase, un collège, une école d'accouchement et environ 5000 habitans. On doit mentionner dans ses environs le bel établissement agricole de M. le docteur Horace Pinelli , surtout à cause de la belle soie qu'on y file. Nona , très petite ville , ancienne , remarquable par le vaste établissement agricole fondé par Man l'rin, pour y cultiver en grand le tabac ; il coûta plusieurs millions de francs à son fondateur tant pour l'achat des terres que par les nombreux édifices qu'il y a élevés. Obrovazzo , gros village sur la Zermagna, qui acquiert une grande importance par la superbe route que l'empereur vient d'y faire ouvrir pour faciliter la communication entre la Dalmatie et les Confins Militaires. Les difficultés qu'il a fallu vaincre , le grand nombre de mines et les grands ouvrages qu'a nécessités sa construction , doivent la faire ranger , à côté des routes du Splugen et du Simplon. C'est surtout dans l'épouvantable passage du Pragh, sur le dos même du Vellebit, qu'on admire les étonnans travaux que le génie et la hardiesse de l'homme ont opposés à la nature. De longues et fortes cordes soutenaient les ouvriers au - dessus d'abimes profonds; et dans la seule année 1832 on a fait sauter 41,215 mines. La longueur de cette route est de 12,000 klafter, et son point culminant est à 3184 pieds au-dessus du niveau delà mer Adriatique. Sebemco, près de la Kerka, petite ville d'environ 3000 âmes , avec un port , un évèché catholique et un évèché gr^c , importante par ses pêèheries et remarquable par la beauté de sa situation , par la hardiesse du toit de sa cathédrale formé de larges dalles de marbre , par le fort St-Nicolas, ouvrage de San-Micheli , par son ancienne civilisation et parle voisinage de la magnifique cascade de la Kerka, une des plus belles de l'Europe. Trau, très petite ville, dans une des plus belles situations de la Dalmatie et dans un de ses cantons les mieux cultivés; on doit mentionner le jardin de MM. Garagnin, regardé comme le premier établissement de ce genre de cette province.
Spalatro, la plus commerçante et la plus peuplée des villes de la Dalmatie, naguère encore siège d'un archevêché , et aujourd'hui d'un simple évèché, avec un port et environ 8000 habitans. L'en-
ceinte delà ville proprement dite, correspond aux murs du magnifique palais bâti par Dioclétien -, lorsque après avoir abdiqué l'empire il choisit celte partie de la Dalmatie pour sa retraite qu'il décora de plusieurs édifices dignes de la grandeur romaine. C'est en grande partie des immenses débris de ce palais ctde ses vastes dépendances qu'est sortie la ville moderne de Spalatro. Tout près on voit les ruines de Sa Ion e , détruite au vu" siècle par les barbares. L'œil y distingue autant de vignes qu'il y a eu autrefois de maisons , et les murs à demi écrtfufês de ces maisons leur servent de clôture. La vigne jette souvent ses racines à vers un pavé mosaïque composé de marbres pr cieux. Chaque jour on y découvre des médailles, des ornemens d'or, des ustensiles de ménage, des vases d'onyx et autres objets curieux. L'empereur ayant visité ces ruines en 1815 destina des fonds à des fouilles qu'on y devait faire sous la direction du savant professeur Lanza , et ordonna la formation d'un musée pour recevoir les objets qui pouvaient être découverts. On a déjà déblayé une portion de l'emplacement de l'antique Salone. Parmi les décombres on vient de découvrir une fort belle tête de Junon, en marbre, plusieurs pierres portant des inscriptions et une foule d'ob^ jets divers, tels que de petites chaînes et des anneaux en or, des pierres gravées, des flacons de cristal pour contenir des essences, des miroirs et des encriers métalliques; ces derniers contiennent encore l'encre à l'état de dessiccation. Les restes les plus remarquables du palais de Dioclétien qui subsistent encore sont: les murailles dont nous avons déjà parlé et qui sont d'une épaisseur prodigieuse ; un portique soutenu par des colonnes en granit, à l'entrée duquel est placé un sphinx en syénite : dans cet édifice on a établi le café des nobles-, trois belles portes d'une grande solidité ; le temple de Jupiter qu'un archevêque, dans le vne siècle, a changé en une église en y ajoutant un beau clocher ; le vestibule avec sa colonade , elle temple d'Esculape , qui sert aujourd'hui de baptistère; les ruines de Vaqueduc de Dioctétien construit avec des pierres de taille énormes, et les ruines d'un autre vaste bâtiment situé entre le palais et une grande muraille percée de plusieurs fenêtres. Outre le musée déjà indiqué, Spalatro possède un gymnase et un institut philosophique particulier. Le fort de C lis sa, situé dans ses environs, défend le passage des montagnes, et forme la plus grande défense terrestre de cette ville, qui est l'entrepôt du commerce entre la Bosnie et la Dalmatie. Nous nommerons encore Knin et Sign, à cause de leurs fortifications; etOpus, forteresse surla Narenta , remarquable parles immenses marais de son voisinage qui rendent l'air malsain et qui pourraient devenir des campagnes d'une grande fertilité en les desséchant.
Raguse (Dubrownik), naguère capitale de la république aristocratique de ce nom , était dès et moyen âge un foyer de civilisation , d'industrie de commerce dans ces contrées encore si arriérées sous ces trois rapports. Sa marine marchande qui avant l'occupation franç/iisc comptait 303 navires de long cours était réduite à 80
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en 1814 ; quoiqu'elle se soit un peu relevée sousla domination autrichienne elle est bien loin encore décompter les 300 vaisseaux que des géographes naturalistes lui accordent aujourd'hui. Le commerce de Raguse est assez étendu; son industrie consiste principalement dans là fabrication du savon et la construction des vaisseaux. Cette ville n'est plus que le siège d'un évèché , quoique de volumineuses géographies publiées en 1833 lui conservent encore son siège archiépiscopal supprimé trois ans auparavant; elle a un gymnaseet quelques autres établissem ns littéraires; ses fortifications sont importantes et sa population s'élève à près de cooo âmes. Dans ses environs se trouve le beau port de Gravosa environné de plusieurs villages dans une position délicieuse, avec un beau chantier et plusieurs maisonsde campagne appartenantaux principaux habitans de Raguse. Cattaro , siège d'un évèché, très petite ville, d'environ 3000 âmes, mais importante par son beau port , ses vastes casernes, son commerce maritime et ses fortifications qui embrassent les hauteurs environnantes. Selon le savant auteur de la Stalistica délia Daimazia, le petit canton des Bouches du Cattaro, en 1805, ne comptait pas moins de 399 navires de long cours et 290 de cabotage, nombre immense , dit M. le conseiller de Brodmann, quand on pense à la petite population qui devait fournir les équipages de tous ces navires. Les Bocchesi, continue cet habile administrateur, sont regardés avec les Raguséens comme les meilleurs matelots de toute l'Adriatique pour les voyages de long cours. Dans les nombreuses îles qui longent la i.ôte de la Dalmatie, il n'y a que de très petites villes. Voici les iles et les lieux que notre cadre nous permet d'indiquer. Paco, une des plus grandes iles de la Dalmatie , remarquable par ses nombreuses et profondes coupures , et importante par ses vastes salines situées dans le voisinage de Pago, qui en est le chef-lieu. Arbe , importante par ses bois de construction-, son diocèse vient
d'êlre réuni à celui de Veglia. Isola Grossa, riche en vins , huile et sel , mais dépourvue d'eau. Coronata , dont le fromage passe pour le meilleur de la Dalmatie. Solta , où l'on recueille du miel excellent. Bua, riche en asphalte. Brazza, une des plus importantes par l'étendue, la population et les vins qu'elle produit. Miln a , petite? ville avec des chantiers où l'on construit beaucoup de navires. Lésina (Phasos) , regardée comme la plus grande de toutes; Lésina, petite ville épiscopale, avec un port, en est le chef-lieu. Ciirzola , où l'on construit beaucoup de navires ; le diocèse de Curzola vient d'être réuni à celui de Raguse. Lissa , avec de beaux ports et d'importantes fortifications -, on pourrait l'appeler la Malte de 1'Jdriatique ; dans ses parages on fait une pèche très riche. Meleda, dont la population n'arrive pas à un millier d'âmes , est remarquable par les précipices qu'elle offre eu forme d'entonnoirs et parles détonnations souterraines qui s'y font entendre ; le gouvernement autrichien envoya une commission scientifique pour examiner ce phénomène, qui en 1823 et 1824 avait jeté l'alarme parmi les insulaires. Lagosta, beaucoup plus petite que Meleda , mais presque trois fois plus peuplée, est remarquable par sa grotte , par ses prétendues inscriptions phéniciennes et par ses remparts naturels. possessions. L'empire d'Autriche n'a ni colonies ni possessions hors de ses confins; mais plusieurs princes de la maison d'Autriche possèdent des étals en Italie. Ces princes sont : le grand-duc de Toscane, la duchesse de Parme et le duc de Modèle. Nous avons vu à l'article forteresses les places dans lesquelles cet empire a le droit de mettre garnison. Il faut aussi ajouter que l'empereur est, avec le roi de Prusse et l'empereur de Russie, protecteur de la république de Cracovie.
Les pays dont se compose cet état ne sont pas contigus. En négligeant la principauté de Neufchàtel et quelques petits districts isolés dans la Saxe, ils forment deux grandes masses distinctes et très inégales qu'on pourrait appeler Partie Orientale ou Pays à l'est du Weser , et Partie Occidentale ou Pays à l'ouest du Weser. Les possessions des maisons de Brunswick, de Hesse , de Waldeck, de Lippe et de Nassau forment cette séparation. Les pays possédés par la maison d'Anhaltet une partie de ceux de la maison de Schwarzbourg sont au contraire entièrement enclavés dans la partie orien-
tale , mais n'y forment qu'une interruption pour ainsi dire imperceptible. Nous croyons indispensable d'appeler l'attention du lecteur sur cette circonstance topographique particulière à cet état, afin qu'il puisse comprendre plus facilement les détails donnés dans les différens articles qui la concernent.
position astronomique. Longitude orientale ( de la Partie Orientale et Occidentale ensemble ), entre 3° 30' et 20° 30'. Latitude, entre 49° et 56°.
dimensions. Plus grande longueur des deux masses ensemble. Depuis l'extrémité orientale de la Prusse dans le gou-
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vernement de Gumbinnen près de Schirwind jusqu'à Saarlouis dans la province Rhénane , 690 milles. Plus grande longueur de la partie orientale seulement.
Depuis la rive gauche du Szerzuppe, affluent gauche du Niémen dans le gouvernement de Gumbinnen, jusqu'à la rive droite de la Werra , affluent du Weser, au sud-ouest de Heiîigenstadt dans le gouvernement d'Erfurt, 609 milles. Plus grande largeurde la partie orientale seulement. Depuis la rive gauche de l'Oder surla frontière de la Silésie-Autrichiennc jusqu'à la Baltique près de Cœslin,272 milles.
gonfzns. De la partie orientale. Au nord, les grands-duchés de Mecklembourg-Schwerin et Mecklembourg-Strelitz , et la Baltique. A Vest, l'empire Russe, le royaume de Pologne et la république de Cracovie. Au sud, le royaume de Pologne , l'empire Autrichien (Silésie, Bohême) et les possessions de la maison de Saxe. A Y ouest, le royaume de Hanovre elle duché de Brunswick.
De la partie occidentale, kwnord, le royaume des Pays-Bas ou de Hollande et les royaumes de Belgique et de Hanovre. AYest, le royaume de Hanovre, les possessions des maisons de Lippe, de Waîdeck, de Hesse et de Nassau. Au sud, la monarchie Française, la petite enclave dépendant d'Oldenbourg , et !e cercle bavarois du Rhin. A Youest, la monarchie Hollandaise.
pays. La monarchie Prussienne comprend actuellement les payssuivans : dans le cercle de la Haute -Saxe , la Marche ou électoral de Brandebourg; la Poméranie, y compris la partie occidentale qui, avec l'île de Rùgen, appartint à la Suède jusqu'en 1814 ; les cercles de Wittenberg, de Naumbourg, de Thuringe, de Querfurt, partie de ceux de Misnie etMersebourget quelques fractions de celui de Leipzig avec leurs enclaves respectives hors de leurs confins, entre autres avec Shula, pays appartenant autrefois à l'électorat et au royaume de Saxe ; le pays d'Erfurt, le Haut-Eichsfeld et Treffurt, dépendant auparavant de l'électorat de Mayence ; les villes impériales de Mlilhausen et Nordhausen. Dans le cercle de la Basse- Saxe , le duché de Magdebourg et la principauté de Halberstadt. Dans \e cercle de Westphalie , les évêchés de Paderborn et de Corvey , la plus grande partie de -celui de Munster, et partie de celui de
Liège ; le duché de Westphalie dépendant autrefois de l'électorat de Cologne, et pi us tard du grand-duché de Hesse ; les duchés ci-devant bavarois de Juliers et Berg av^c leurs dépendances ; le duché de Clèves , la principauté de Minden , les comtés de Ravensberg, Marck, Tecklembourg et partie de celui de Lingen , appartenant depuis long-temps au roi de Prusse ; les abbayes de Werden, Essen , Elten, Erford; une partie des pays ci-devant dépendant de la maison de Nassau-Orange ; les villes impériales de Dortmund et d'Aix-la-Chapelle. Dans le cercle du B as-Rhin, presque tous les électorats de Trêves et de Cologne , une fraction de celui de Mayence, et une petite partie du Bas-Palatinat autrefois possédé par la Bavière. Dans le ce?-cle du Haut-Rhin , quelques petits territoires, entre autres la principauté de Lichtenberg, achetée, en 1834, au duc de Saxe - Cobourg - Gotha , contre une rente perpétuelle de 80,000 écus de Prusse. A tous ces pays il faut encore ajouter les possessions des princes médiatisés, dont les principales sont indiquées dans le tableau des divisions administratives de la monarchie. En outre toute la Basse-Lusace et environ trois cinquièmes de la Haute; presque tout le du ché de Silésie avec le comté de G la tz ; toute la Prusse, savoir YOrientale depuis long-temps possédée par le roi de Prusse, et Y Occidentale séparée plus tard du royaume de Pologne; la partie occidentale de la Grande-Pologne , formant partie du ci-devant royaume de Pologne savoir : le palatinat de Posen et partie de ceux de Culm, de Gnesen et Kalisch; la ville et le territoire de Dantzick , dans la Prusse-Occidentale ; le canton de Saarlouis et quelques autres fractions de la Lorraine en France,- enfin le canton de NeufchâtelAans la confédcrationSuisse.
montagnes. La plus grande partie de cette monarchie est un pays de plaines. On n'y trouve de montagnes que dans la partie méridionale des pays à l'est du Weser et dans les parties moyenne et méridionale de ceux à l'ouest de ce fleuve. On peut les ranger toutes dans le système Hercynio-Carpathientt le Gallo-Francique. Voyez aux pages 85, 98 et 90.
Nous nous bornerons ici à faire observer que le plus haut point de toute la monarchie Prussienne , le Schneekoppe ou Riesenkoppe , ne s'élève qu'à 825 toises ;
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qu'il se trouve sur sa frontière méridionale dans le Rie seïig ebirge , une des chaînes principales du système Hercynto-Carpathien ; que le Broken , point culminant du II arz, autre chaîne dépendant du même système et élevé seulement de 572 toises , est situé à l'extrémité occidentale des pays à l'est du Weser; et que Les Fagnes , point culminant de l' E ife l , élevé de 444 toises , est le plus haut sommet de toute la partie du systè3ie Gallo-Francique, comprise dans les confins de la monarchie Prussienne.
îles. Celles de Riigenvis-h-v'is de Stralsund et A'Usedom et Wollin à l'embouchure de l'Oder , toutes les trois dans la Baltique , sont les seules qui nous paraissent mériter une mention.
lags et lagunes. Peu de pays en ont plus que les deux provinces de Prusse et celle de Poméranie ; mais à l'exception des trois grandes lagunes nommées Kurische- Haff , à l'embouchure du Niémen, Fr&± sche-Haff, aux embouchures du Pregel et de la Vistule , el Stettiner-JIaff h celle de l'Oder , ainsi que des lacs deSpirding et Mauer , dans le gouvernement de Gumbinnen, de Leba , dans celui deCœslinet de quelques autres lacs beaucoup moins étendus , toutes ces masses sont très petites et ne valent pas la peine d'être nommées. Plusieurs diminuent tous les jours par les dessèchemens artificiels , comme le lac Maduc dans le gouvernement de Stettin.
fleuves. Tous les fleuves qui parcourent cet état se rendent ou dans la. mer Baltique ou dans la mer du Nord ; pour éviter les répétitions nous renvoyons à l'article fleuves de la confédération germanique , les détails relatifs aux aflluens des grands fleuves qui traversent les provinces allemandes de la monarchie Prussienne. Voyez à la page 221.
' La MER BALTIQUE reçoit :
Le Memel ou Niémen. Il vient de l'empire Russe , traverse la partie septentrionale de la Prusse-Orientale, baigne Tilsitt, se partage audessous de cette ville dans les deux bras Russe et Gilge , et entre dans le Kuriscbe-Haff.
Le Pregel, formé par l'union de I'Inster. avec I'Angerap dans le gouvernement de Gumbinnen , traverse celui de Kœnigsberg et se jette dans le Friscbe-Haff. Le Pregel passe par Insterburg et Kœnigsberg ; il reçoit à la gauebe VA lie, qui baigne Heilsberg.
La. Vistule (Weicbsel) prend sa source dans l'empire d'Autriche , traverse le royaume de Pologne , les gouvernemens de Maricnwerdcr et de l'autzick , en passant par Tuorn, Culm , Grau-
denz; à Montau elle se divise en deux bras : I'Orientàl nommé Nogat qui se rend dans le Frische-Haff, en baignant Marienburg, et I'Occidental qui continue à porter le nom de Vistule ; ce lui-cise subdivise encore en deux branches, dont l'orientale entre aussi dans le Friscbe-Haff, tandis que l'occidentale passe par Dantzick et audessous de cette ville se jette à Weichselmunde dans la Baltique.
La Stolpe, la Persante et la Rega sont de petits fleuves qui traversent les gouvernemens de Cœslin et de Stettin.
L'Oder, vient de la Silésie-Autrichienne, traverse les provinces de Silésie , de Brandebourg et de Poméranie en passant par Ratibor, Oppeln, Brieg , Breslau , Glogau , Francfort , Kiistrin et Stettin , et au-dessus de cette ville se jette dans la lagune de ce nom. Ses principaux affluens à la droite sont : la W art ha, qui baigne Posen et Landsberg, etYlhna; à la gauche , la Neiss e de Glatz ou Neiss e Supérieure, la IVeistritz, la Kalzb ach qui passe par Liegnitz, le Bober, la Neisse de G'orlilz ou Neisse Inférieure et ïaPeene.
La MER DU NORD reçoit:
L'Elbe qui vient du royaume de Saxe, traverse la province de Saxe , touche celle de Brandebourg . entre dans le royaume de Hanovre, etc., etc., et se jette dans la mer du Nord; sur le territoire prussien elle baigne Torgau , Wittenberg, Magdebourg et TangermUnde. Ses principaux affluens , sur ce même territoire , à la droite sont: YElster-Noir (Schwarzc-Elster) , et le Havel qui passe par Spandau , Potsdam et Brandebourg, et est grossi par la Sprée ; celleci baigne Berlin et Charloltembourg. Les principaux affluens à la gauche sont: la Mulde, la Saale qui baigne Mersebourg et Halle, et est grossie par r/s/fter-i?/ûrtC(Weisse-Elster), YUnstrut(\\x\ passe parMulhausen et reçoit lui-même VUelme, le Wipper Bode.
Le Weser, vient de la Hesse-Electorale , touche l'extrémité du gouvernement de Minden et entre dans le royaume de Hanovre , où il se jette dans la mer du Nord. Dans les limites prussiennes il baigne Minden ; mais il ne reçoit que de petits affluens parmi lesquels le D ieme l et la Werra à la gauche sont les plus importans.
L'Ems, prend sa source dans la province de Westphalie et après l'avoir traversée entre dans le royaume de Hanovre.
Le Rhin vient du grand-duché de Hesse-Darmstadt et du duché de Nassau, traverse les gouvernemens de Coblentz , et de Dusseldorf et entre dans le royaume des Pays-Bas. Dans les limites prussiennes il baigne Coblentz, Bonn, Cologne , Dusseldorf et Wesel. Ses principaux affluens dans ces mêmes limites sont à la droite : le Wied, la Sieg, le Wipper (Wupper) qui baigne Barmen et Elberfeld, laRoer (Ruhr), la L ippe. Ses principaux affluéns à la gauche sont : la Nahe, la Moselle qui passe par Trêves et est grossie par la Sarre.
La Meuse ne touche pas le territoire prussien , mais elle reçoit des affluens qui le traversent,, et parmi lesquels la Roer est le principal.
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Canaux. La lJrusse avait naguère 201 milles de canaux. Celui de Klodnitz, le plus long, n'avait que 28 milles. Le canal de Bromberg joint l Oder à la Vistule parla réunion de leurs affluents, la Bralie et la Netze. Le canal de Finow et celui tiePlauen réunissent l'Oder au Havel, affluent de l'Elbe. Le canal de Frédéric-Guillaume réunit, au-dessus de Francfort, l'Oder avec la Sprée, affluent du Havel. Voyez les canaux des Pays-Bas.
Chemins de fer. Dans la Confédération Germanique et la monarchie Prussienne que nous réunissons à cause du croisement de leurs routes, Berlin est le centre d'où partent 5 chemins, dont 4 traversent la monarchie Prussienne pour joindre d'un côté la mer et pour se rattacher de l'autre aux grands chemins des Etats limitrophes ; ce sont : ceux de Berlin à Hambourg et de Berlin à S tellin. -celui de Berlin à Oppeln par Francfort. Glogau et Breslau, qui doit joindre à Oswieczim, le grand chemin autrichien AeYempei^eur Ferdinand ; enlin celui de Berlin a K'othen par LUckenwald, Wiltenberg et Dessausk Kiïthen il se rattache au grand chemin Prusso-Saxon; ces ( liemins ne sont que commencés, sauf le dernier qui est ouvert, ainsi que celui de Berlin à Postdam, le premier construit dans la monarchie Prussienne. Vient ensuite le grand chemin que nous proposons de nommer Prusso-Saxon , un des plus importans sous le rapport commercial, politique et stratégique ; il va de B-resde à Magdebourg par Oscliatz, Leipzig, Halle, K'othen t'XSclioenbeck;\\ doit joindre le grand chemin autrichien de tienne à Prague. A Leipzig viendra aboutir le chemin Bavaro-Saxon, qui de Nurnberg, en Bavière, passera par Bamberg, llof, Plauen et Altenbourg ; une branche partant de Nurnberg le rattachera à celui û'Augs bourg,qui aboutit à Munich. A Halle, commencera le chemin Prusso-Hessois, dont Cassel sera le centre et qui aboutira à Franc forl-sur-le-Mein, où d'un côté il va à Wiesbaden et à Mayence par le chemin déjà ouvert, de l'autre il ira à Lipstadt en Westphalie. A K'othen vient finir un des grands chemins partant de Berlin; enlin à Magdebourg se rattachera le chemin Prusso-llanovrien, dont le centre sera Hanovre, et qui, par Brunswick, ira aboutir à Minden sur le Weser, où viendront expirer les routes du réseau qui s'étend sur la Prusse Rhénane et la Belgique. 2 autres chemins iront de Hanovre, l'un à Brème, sur le Weser, par Verden, l'autre à Boilzenbourg, sur l'Elbe, par Zelle et LUnebourg, se prolongeant par Schwerin, jusqu'à JVismar, sur la Baltique. Les chemins de Dilsseldorfa Elberfeld, et de Cologne a Aix-la-Chapelle , dans la Prusse Rhénane, ne sont pour ainsi dire que le noyau de la grande ligne, qu'on pourrait nommer chemin PJiénano-Weslphalien ; ce chemin, de Minden sur le Weser, se rattachera à la frontière belge à Verviers en passant par Bielefeld, Lippstadt, Dorlmund, Barmen, Elberfeld, Cologne, Aix-la-Chapelle et Eupen. Nous nommerons encore le grand chemin badois de Mannheim a Bdle,eï passant par Heidelberg, Bruchsal, Caiisruhc et près de Freibourg ; la section de
Mannheim à Heidelberg est déjà ouverte. Le Holstein aura sous peu un chemin qui joindra Alloua ù Kiel sur la Baltique.
ethnographie. Les habitans de cet état appartiennent aux 2 souches suivantes:
Souche Germanique, comprenant ceux des provinces allemandes qui n'appartiennent pas à d'autres souches, et les Allemands des provinces hors l'Allemagne, comme la Prusse Orientale et Occidentale, etc. Ces peuples, les plus nombreux, formentàeux seuls les 5 6 de la population de la monarchie. Souche Slave, à laquelle appartiennent les Polonais et leurs subdivisions . dans le grand-duché de Posen , la Prusse-Occidentale, une partie de la Haule-Silésie et quelques endroits de la Basse, et les Cassubes du gouvernement de Cœslin ; les Sorabes, nommés improprement Wendes, dans la Haute et Basse- Lusace comprises dans le gouvernement de Francfort ; les Lithuaniens , des environs d'Insterburg, Gumbinnen, Pliikallen, Tilsilt, etc., dans le gouvernement de Gumbinnen- les Kures, subdivision des Lettons, habitant le long du Kurische- Nehrung dans le gouvernement de Kœnigsberg. Les Juifs, de la Souche Sémitique et les Français de la Souche Gréco- Latine, ne forment qu'une très petite fraction de la population de cet état. Les Juifs sont en grand nombre dans le gouvernement de Posen , les Français moins nombreux se trouvent tous, à quelques milliers près, sur les frontières ouest et sud de la province du Bas-Rhin et principalement dans les cercles de Bitbourg et de St.-Vith ; ils peuplent aussi le canton de Neufchâtel de la confédération Suisse.
religions. On peut regarder l'Église éuangélique (V. pages 68 et 223) comme la religion de l'état ; les autres y jouissent de la plus grande liberté et de droits presque égaux. Les premiers ecclésiastiquesde Berlin, de Stettin, de Potsdam, ont le tilre d'évêque; celui de Kœnigsberg a été élevé par le roi à la dignité d'archevêque ; nous avons indiqué dans la topographie les résidences des évêques et archevêques catholiques. Le luthérianisme proprement dit et la religion évangélique sont professés par la grande majorité des habilans des provinces de la Prusse Orientale , de Brandebourg, de Poméranie et de Saxe ; le catholicisme , par la grande majorité des habitans des provinces de Westphalie et du Rhin , ainsi que du grand-
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duché de Posen ; Véglise évangélique et le catholicisme se partagent entre eux la population de la Silésie et de la Prusse- Occidentale. Les Juifs, les MennanùeSj les Frères Moraves et autres sont trop peu nombreux pour mériter de figurer dans notre cadre. En ne tenant pas compte de ces petites fractions de la population de cet état, on peut dire que les trois cinquièmes de ses habitans professent la religion évangélique et que les deux autres cinquièmes appartiennent à la catholique.
gouvernement. Par décision du roi régnant, le principe constitutif des états provinciaux s'est établi dans les pays qui forment la monarchie Prussienne , et l'appl ication s'en est faite successivement dans toutes les provinces. C'est pour atteindre ce but que les députés des trois ordres se sont déjà réunis dans plusieurs provinces ; les assemblées auxquelles ils ont donné lieu ont été présidées par un commissaire de la couronne et par un maréchal du prince nommé par le roi. Comme souverain des provinces de Brandebourg, de Poméra-, nie , de Silésie , de Saxe , de Weslphalic , et de la province Rhénane, le roi de Prusse fait partie de la confédération Germanique. Il est aussi avec les empereurs d'Autriche et de Russie prolecteur de la république de Cracovie.
places fortes. Les principales forteresses sont : Kuslrin et Spandau dans le Brandebourg; Glalz , Glogau, Schweiduitz , Neisse , Silberberg et Kosel, en Silésie. Graudenz , Pillau, Thorn, Dantzick avec Weichselmunde en Prusse; Posen, qu'on fortifie actuellement, dans le grand-duché de ce nom ; Colbeî'g et Sletlin en Poméranie ; Magdebourg, Wittenberg , Torgau et Erfurt en Saxe; Minden en Westphalie; Wesel , Cologne , Julicrs, Saarlouis , Coblentz avec Ehrcnbre liste in dans la province Rhénane. Le roi de Prusse a aussi le droit de former une partie de la garnison de Luxembourg , dans le royaume des Pays-Bas , et en commun avec l'empereur d'Autriche, de former une partie de celle de Mayence.
industrie. Plusieurs gouvernemens se distinguent par leur industrie , qui a pris un grand essor depuis la fin du dernier siècle, et surtout depuis quelques années. Les gouvernemens les plus remarquables sous ce rapport sont ceux de Cologne, Dusseldorf, Aix-Ia-Chapcllc , Minden,
Arensberg , Breslau et Licgnitz. Les manufactures de laine et de coton et ensuite celles de toile sont les trois branches principales de l'industrie prussienne ; viennent après les manufactures de soie et celles (d ouvrages en cuivre, fer , lai-r ton et autres articles de quincaillerie. Voici quelques-uns de leurs principaux articles les toiles deHirschberg, Schmiedeberg, Landshut etGreifenberg en Silésie; celles de Bielefeld, Barmen, Elberfeld, Wahrendorf en Westphalie ; les draps fins de Berlin et ceux d'Eupen, Aix-la- Chapelle, Montjoie, Malmedy, Stolberg, Burtscheid, etc., dans le gouvernement d'Aix-la-Chapelle; les sia?noises , nankins, toiles de coton, mouchoirs, bas, futaines et piqués d'Élberfeld , Barmen, Crevelt, Huckeswagen, Bonn et Berlin; les soieries de Berlin, Barmen, Elberfeld, Cologne, Mulheim sur le Rhin, Crevelt, Iserlohn , Schvvelen et Potsdam ; les tanneries de Malmedy et Cologne , MUlhausen, Berlin et Magdebourg; les peausseries de Berlin , Halbersladt , Magdebourg, Kcenigsberg et Dantzick; les maroquins de Berlin, Stettin, Halle, Magdebourg et Halberstadt; les lames de Solingen et Suhl ; les fabriques d'armes d'Essen, Burg, Suhl, Solingen, Potsdam et Spandau; les imporlans et nombreux produits des fabriques de fer de Hagen et ses environs ; les grandes fabriques de faux 'à. Remscheid; N aiguilles à Aliéna,
aiguilles et épingles à Iserlohn , Aixla-Chapelle, Burschcid, Jacobswakl, Hegermuhle et Stolberg dans le Harz ; de cuivre faune à Stolberg près d'Àix-la- Chapeile ; les ouvrages d'or et d'argent de Berlin, Cologne, Breslau et Dantzick ; les verreries de Zcchlin et Warmbrunn ; les glaces de Neustadt sur la Dosse et de Friedrichsthal ; les lustres de Wiesen ; la porcelaine , le bleu de Prusse , les carrosses , les bijoux en fer fondu et les montres de Berlin. Nous ferons aussi observer que Berlin et Halle sont les deux villes principales de la monarchie pour les produits de la librairie.
commerce. Malgré les entraves que doit opposer aux entreprises commerciales le morcellement de la monarchie Prussienne , il y a peu d'états en Europe qui, proportionnellement à leur étendue et à leur population , aient un commerce plus actif et plus important que les états Prussiens. Les principaux articles d'EXPon-
EUROPE
tatiopï consistent en grains , toiles et fil , draps , zinc, ouvrages en fer , cuivre et laiton , porcelaine , bois de construction, ébénisterie, quincaillerie, aiguilles, armes, bleu de Prusse, tabac, viande salée: vin de la Moselle et du Rhin , liqueurs , eau-de-vie, eau de Cologne, cire, jambons de Wcstphalie, montres, voitures, instrumens de musique et de mathématiques.
Les principaux articles d'iMPORTATiON consistent en or, mercure , étain , sucre, café, thé et autres denrées coloniales, vins de France et de Hongrie, coton, soie, tabac en feuilles.
Les principales villes commerçantes dans l'intérieur sont: Berlin, qui est le centre du commerce de toute la monarchie et le siège de la grande banque nationale ; Elberfeld, qui est le siège de la compagnie rhénane des Indes occidentales et la première place pour le commerce lointain ; Breslau, qui est l'entrepôt du commerce de la Silésie , et Cologne de celui des pays le long du Rhin. Viennent ensuite : Francfort sur l'Oder, Naumùourg, Magdebourg , Erfurt , Nord-
hausen, Mûlhausen, Aix-la-Chapelle, Cable nlz , Saint - Goar , Remscheid , Iserlohn, Soest, Bielefeld, Neuwied, Wesel, Duisbourg , llirschberg en Silésie, Lissa, Fraustadt, Posen et Thorti .
Les principaux ports marchands sont :
Dantzick , Memel , Kœnigsberg avec Pillau , Elbing , Stralsund, Qreifswalde, Stettin avec Swinemiinde , Rû~ genwalde, Wolgast, Colberg et Slolpemûnde.
division. Après l'incorporation de la Prusse-Occidentale à la Prusse-Orienlale, et du grand-duché du Bas-Rhin à la province de Clèves-Berg; après la suppression des gouvernemens de Berlin, de Clèves et de Reichenbach, et celle de plu- Sieurs cercles , changemens qui eurent lieu dans ces dernières années , toute la monarchie Prussienne est actuellement partagée en 8 provinces , divisées en 25 gouvernemens ( Regierungsbezirke ), subdivisés en 328 cercles. Le canton suisse de Neufchàtel n'est compris dans aucune de ces divisions administratives.
Voyez aux pages 205, 208, etc.
TABLEAU DES DIVISIONS ADMINISTRATIVES DE LA MONARCHIE PRUSSIENNE. Provinces et Gouvernemens. Chefs-lieux , Villes principales et principaux États médiatisés. PAYS A L'EST DU WESER, BRANDEBOURG.
Potsdam Berlin, Slralau , Schôneberg t RUdersdorf Franz'osisch-
Buchholz, Schônhausen, Charloltenburg, Spandau, Oranienburg, Tegel, Kopnick, Straussberg, Potsdam, Brandenburg, Liebenwalde, Rathenau, Trauenbriezen, Luckenw aide , Wrietzen, Neustadi-Eberswaldé , Neu-Ruppin, Freienwalde , Neustadt . Rheinsberg , Perleberg, JVittstock, Havelberg , Prenzlow , Schweat, Templin, Strassburgj Neu-AngermUnde , Belzig, IUUerbock, Dahme.
Francfort. Francfort, Mallrose, Fars te nw aide , Cottbus , Beeskow,
Cressen , Zallichau , KUstrin , Landsberg, Wietze , Friedberg. Soldin , Kônigsberg , Guben , Neuen-Zelle , Sorau, Friedrichslhal. Labben, Luckau.
POMERANIE.
Stettin Stettin, Passewalk t Golnow , Greifenhagen , Treptow
Stargard, Demmin, Anclam, Ukermunde. L'île Usedom avec Swinemiinde , et l'ile Wollin avec Wollin.
Stralsund. Stralsun d, Barth , Greifswalde Wolgast. L'ile Rugen où se
trouve Bergen , Putlbus , le cap Arkona.
Coesiin. Cœslin, Colberg, Neu-Stettin, RUgenwalde , Stolpe.