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PROVINCE RHÉNANE

Cologne Cologne (Kœln), Deutz , Altenberg , Mahlheim , Brahl ,

Bonn , Poppelsdorf , K'onigswinter, Siegberg, ZUlpich.

D iissELDORF. Dusseldorf, Jœgerdorf ', Neuss , Crefeld , Benrath , Dor-

magen , Mahlheim , Essen , Werden , Wesel , Xanten , Ruhrort , Duisburg , Mors (Meurs) , Geldern , Cleves, Emmerich , Fort de Schenk , Elberfeld , Barmen , Remscheid , Solingen , Lennep.

Coblentz. Cob I e ntz (Coblence), Ehrenbreitstein dans la vallée , Rhense,

Winningen , Wallendar, Bendorf, Sayn , Engers , Andernacli , Tônestein , Laach , Ober et Nieder-Mendig , Boppard , Kreuznach, Sobernheim, Bacharach, Oberwesel , St-Goar , Simmern, Trarbach , Alf, Kochem, Betrich, Mayen, Arweiler, Linz , Unkel , Datte nbe rg , Alsauer, felzlar. Les possessions du prince de Wied-Neuwied , où se trouvent Neuwied et Dierdorf; celles du prince de Salms- Braunfels, avec Braunfels.

Aix-la-Chapelle. Aix-la-Chapelle (Aachen), Borcette (Burscheid), Barden-

berg, Corne lius-MUns ter , Stolberg, Eschweiler , Herzogenrath, Juliers (Jùlich) , DUrren, Eupen (Neau) , Montjoie ( Monlschau) , Ingenbroich (Ingenbruch) , Malmedy, Moresnet, Roggcndorf.

EUROPE

Trêves.

Trêves (Trier) ■ ? allie n , lgel, Ehrang, Neumagen , WiUïtch, Berncaslel , Priim , Hillesheim , Gerolstein , Saarbrilcken avec St-Jean, Saarlouis , Sulzbach , Fredericksllial , Dullweiler, St-JVendel.

topographie. Berlin , bâtie sur les bords de la Sprée, au milieu d'une plaine sablonneuse. La JSeustadt ou la Ville- Nouvelle, commencée par Frédéric-le- Grand, est .bâtie très régulièrement; son ensemble offre un aspect vraiment imposant. Des rues larges et bien alignées, dont quelques - unes sont éclairées au gaz, un grand nombre d'édifices publics et particuliers magnifiques , plusieurs belles places et une quantité de maisons élégantes justifient la réputation dont elle jouit. Berlin est la capitale de la monarchie , la résidence ordinaire du roi et la résidence d'un évéque évangélique ; elle surpasse toutes les autres villes du royaume pour l'étendue, l'industrie, le commerce et la population ; cette dernière s'élevait à 220,000 âmes en 1826 ; maintenant elle dépasse. 300,000.

Parmi les nombreux édifices qui décorent cette capitale on remarque surtout:

le palais du roi, vaste bâtiment , rangé parmi les plus belles résidences des monarques de l'Europe ; le pal ais de l'université; ceux de V académie royale des sciences, du prince Charles, ci-devant palais des chevaliers de l'ordre de Saint^Jean; le superbe bâtiment du nouveau musée ouvert au public depuis plusieurs années : on y admire surtout les belles galeries de sculptures et des tableaux qui entourent une magnifique rotonde, dont la coupole est fermée par un immense vitrage ; les écuries roy aies ; le théâtre de l'opéra, un des plus vastes de l'Europe, et le nouveau théâtre royal, remarquable surtout par sa magnifique et vaste salle de concert; V arsenal, un des plus vastes établissemens qui existent en ce genre et remarquable aussi par son architecture ; le bâtiment de la bibliothèque royale; le superbe édifice destiné pour Vécole d'artillerie et du génie; le palais de la reine des Pays-Bas; le palais-royal de Monbijou; la bourse; la fonderie royale ; la douane; la nouvelle monnaie; enfin la nouvelle garde royale (Kônigswache), construite sur le plan d'un ancien camp {castru?n)-y vis-àvis on voit les deux statues colossales en marbre des généraux Scharnhorst et Bûlow,Qt\e monument élevé à Blûchcr :

ce dernier est une statue en bronze de 11 pieds de haut posée sur un piédestal élevé de 13. Plusieurs beaux palais appartiennent à des particuliers ; nous citerons ceux des princes Sacken, Hardenberg et Radzivil, et celui du comte de Schulenbourg. Parmi les bâtimens consacrés au culte , on distingue surtout : Yéglise de la garnison , qui est la plus grande de toutes ; V église de Sainte-IIedewige, construite sur le modèle du panthéon de Rome; celle de Sainte- Marie , remarquable par sa tour qui est la plus haute de Berlin; V église dite Friedrichswerd , bâtie en 1821 dans le style gothique avec deux grandes tours et plusieurs petites ; celle de Saùit-Nicolas remarquable par sa haute antiquité etsesornemens gothiques; la cathédrale (Dom), dont les caveaux ont servi de sépulture à plusieurs princes de la maison royale : elle vient d'être restaurée.

Berlin compte vingt-deux places , dont les plus belles sont les suivantes : laplace Guillaume , ornée des statues en marbre des cinq grands capitaines de la guerre de sept ans , savoir : Schwerin , Seidlitz , Keitli,Winterfeld et Ziethen ; la place de la Parade; la place Belle-Alliance, cidevant Rondel ; la place d'Alexandre et celle des Gens d'Armes : cette dernière est la plus grande et une des plus belles; au milieu on a bâti le nouveau théâtre; le Lustgarten , jolie place ornée de la statue du prince Léopold de Dessau. On doit aussi mentionner le Pont- Long ( Lange-Brucke ), orné de la magnifique statue du grand électeur Frédéric- Guillaume ; le beau pont en fer de Frédéric , et celui également en fer nommé Weidendammer-Brûcke , achevé en 1826; la porte de Brandebuî'g, qui par sa forme et son architecture rappelle le propylée d'Athènes et sur laquelle on a replacé le fameux quadrige ; les rues Frédéric, Guillaume et Unter den Len~ den (sous les tilleuls) réputées les plus belles de Berlin : cette dernière , ornée de six rangées de tilleuls est une des plus belles de l'Europe. Devant la porte de Halle on admire sur le Krenzberg le magnifique monument de g\ierve(Ki*iegsde//ff}nahl) élevé en 1820. A l'extrémité des tilleuls,

Ma /cite

Manufacture de Porcelain

RKWOl

i liqlise de S.'.Xicolas ■ ("> Théâtre du Roi

a Poste Royale 17 Institution Itoi/ali- de

7> Vairon des Cadets ) 8 Gymnase de Frédéric

4 Banque 1<) Eglise de Dorothée

o Eglise de S^Marie

G Maqasin

7 F.tflise Ï2 Manufacture dor et dArjenl

8 Eglise Catholique 2.~> Palais du l'rince Frédéric <) Eglise Bohémienne ai Palais dit Due de Cumber/and

10 F.qlise de Jérusalem a 5 Synagogue

w Ecole dAiiaionue -2e-, Ecole d Artillerie

12 Académie 27 Maison d assemblée

10 Arsenal 2& Radinerie <le Sucre

l4 Palais desPc"de Prusse 29 Bourse

ij Ecuries du Roi 3o Vieil LTotel des Monnaies

A tWoi </<- Zoologie .">i Bibliothèque.

MONARCHIE PRUSSIENNE

entre le château et la porte de Brande- joignent à leur fête annuelle des exj)osibourg, on construit actuellement un mo- lions de fleurs et de fruits et distrinument à la mémoire de Frédéric-le- buent des prix. Les plus belles jusqu'à Grand; c'est une colonne surmontée de présent nous paraissent avoir été celles la statue colossale en fer de ce héros et de Berlin et de Vienne. En 1831 on a semblable à celle de Trajan.On ne doit pas fait la première exposition à Paris dans oublier les quatre jardins d'hiver, qui les tuileries. On pourrait dire que le dans celte saison sont le rendez-vous de la magnifique établissement de MM. Lodbonne compagnie et le plus bel ornement dige à Londres, celui de M. Parmende Berlin. Ce sont de vastes serres ou tierà Enghien dans la Belgique, et le orangeries , chauffées par des poêles jardin botanique tfEdinbourg offrent placés au dehors, et garnies de caisses d'o- une exposition permanente. Berlin est rangers , de myrtes et de plantes de la riche en bibliothèques ; nous nomme- Nouvelle-Hollande ; on y trouve des ta- rons : la bibliothèque royale , une des bles dressées sous le feuillage pour les plus riches et des mieux fournies de rafraîchissemens , des journaux et des l'Europe; la bibliothèque de V académie brochures , des salles de billard , un or- royale des sciences et des beaux-arts ; chestre, un lecteur, un professeur, et sou- celles du bureau de statistique, du Vivent même on y joue la comédie; le soir nistère de la justice, du ministère de

La capitale de la monarchie prussienne étrangères et 23 autres bibliothèques a un grand nombre d'établissemensscien- publiques ou appartenant à des corporatif iques et littéraires parmi lesquels on dis- tions . Nous nommerons ensuite : Yobsertingue : l'université, qui est une des vatoire , le cabinet d'histoire natupremières de l'Europe ; V école militaire; relie, un des plus riches de l'Europe, V académie militaire de chirurgie et surtout pour les oiseaux et les poissons ; de médecine; le séminaire théologigue le jardin botanique, qui est peut-être et philologique ; Y école d artillerie et le plus riche qui existe; le cabinet du génie; celle de minéralogie (Berg- des médailles, la galerie de tableaux werks-Eleven-Institut ) ; le séminaire et de statues au musée , etc. ; le mupour former des missionnaires ; celui sée égyptien formé par le roi régnant -pour les maîtres décote; le collège de en achetant la belle collection que le géné- Louise pour former les institutrices • le ral Minutoli a recueillie dans ses voyages gymnase de Joachim, celui de Fredé- et la collection bien plus considérable rie-Guillaume avec les écoles royales formée en Egypte par M. Passaîacqua ; (Realschulen) et quatre autres; V école cette dernière, très riche en objets relaroy aie vétérinaire, une des plus célèbres tifs aux usages religieux, civils et funéde l'Europe; V école des métiers, celle des raires des anciens Egyptiens, en meubles beaux-arts ;V académie de chant, Vin- et ustensiles de tout genre, est surtout stitut des sourds-muets, etc. , et une remarquable par l'ensemble des objets foule d'autres établissemens d'instruction découverts dans une chambre sépulcrale, publique. Viennent ensuite Y académie où ce jeune voyageur a pénétré le preroyale des sciences; Y académie des mier. Ce tombeau, qui est sans contredit beaux-arts et celles des sciences mé- une des découvertes archéologiques les caniques et d'architecture ( mecha- plus intéressantes qu'on ait faites de nos nische Wissenschaften und Baukunst), jours, se compose de trois grands ceravec les écoles que nous avons déjà men- cueils en bois, concentriques ou emboîtés tionnées;la société d'histoire naturelle, l'un dans l'autre, dont le dernier l'enfercelles de médecine et de chirurgie, mait la momie d'un grand-prêtre. Les de physique, pharmacie et médecine; deux barques, peintes et sculptées en les sociétés philomatique et germani- bois de sycomore, pourvues de tous leurs que; celle de géographie; et la société agrès et surmontées de figurines, troud horticulture, qui malgré sa récente in- vées dans la chambre sépulcrale, sont de stilution a déjà publié 17 volumes de mé- la plus grande importance, parce qu'elles moires. Il est bonde rappeler au lecteur, nous donnent une idée positive de la plus à propos des sociétés botaniques, que ancienne navigation sur le Nil, à l'égard de presque toutes les réunions de ce genre, laquelle on n'avait que des transcriptions

ces jardins sont illuminés.

EUROPE

trop générales ou des peintures et des basreliefs sur les anciens manuscrits et sur les monumens, qui laissaient encore beaucoup à désirer ; ce sont des modèles précieux qui nous retracent fidèlement tous les détails des cérémonies en usage chez les Egyptiens dans un convoi funèbre sur le INil , ainsi que la construction des barques qui servaient à naviguer sur ce lleuve il y a trois mille ans et les manœuvres employées pour les conduire. On doit ajouter que si le musée égyptien de la capitale du Piémont se distingue de tous les autres par ses monumens historiques, et si celui du Louvre mentionné à la page 136, est supérieur aux autres par la richesse des matières, par sa magnifique collection de manuscrits sur papyrus et par quelques morceaux de sculpture d'un intérêt sans égal, tels que le fameux zodiaque de Denderah, le tombeau de Rhamsès IV et la muraille numérique du temple de Karnac, véritable statistique en tableau des revenus de l'Egypte pour trois époques comparées, le musée de Berlin les surpasse tous par le choix des objets relatifs aux usages du peuple égyptien.

Hors de la porte de Brandebourg on trouve d'un côté le Thiergarten qui est pour Berlin ce que sont le Prater pour Vienne et le bois de Boulogne pour Paris ; et de l'autre côté YExercier- Platz , espèce de Cliamp-de-Mars , où les troupes font leurs manœuvres. Plus loin encore dans les environs immédiats et dans un rayon de 20 milles on trouve: Stralau, très petit village de 76 habitans, sur la Sprée, dont la pêche au mois d'août attire un grand nombre de personnes; plusieurs Berlinois y ont des maisons de campagne. Schôneberg, village de 700 babitans, avec nu jardin botanique, une école de jardinage et plusieurs maisons de campagne des Berlinois. Rëdersdorf, village de 450 âmes, important par ses grandes carrières de pierre calcaire et par ses immenses fourneaux à chaux. Potsdam, que nous décrirons plus bas; et Straessberg, petite ville de 3700 âmes, importante par ses nombreuses fabriques de draps et par sa maison d'Invalides. Franzoesisch-Buchiiolz, petit endroit charmant, habité en grande partie par une colonie de Français. Schoeniiausen , avec un château et un jardin du roi. Charlotteneourg , sur la Sprée, petite ville de 5000 âmes , remarquable, par le magnifique palais royal bâti par Frédéric II , et par le beau mausolée élevé dans ses jardins en l'honneur de la reine Louise. Spandau , forteresse importante , au confluent de la Sprée avec le Havel ; pop. 7000 âmes. Oranienbourg , sur le Havel, remarquable par sa maison d'orphelins et sa grande fabrique d'acide sulfurique. Tegel, par la belle maison de campagne des barons Alexandre et

Guillaume de Humboldt. Koepnik , sur une île de la Sprée, avec un château, un beau jardin et environ 2000 babitans.

Potsdoi, sur le Havel, chef-lieu du gouvernement; c'est la seconde résidence royale; on pourrait l'appeler le Versailles de la Prusse , par l'imposante beauté des façades dé ses maisons , par son magnifique château royal et par plusieurs autres constructions remarquables. Nous citerons au moins : Y hôtelde-ville; la maison des exercices (Reit-und-Exercierhaus) ; V hôtel des invalides; le casino, bâti dans le style grec ; le théâtre; la maison des cadets et les deux magnifiques ponts en fer. Cette ville se distingue aussi par son industrie variée et par ses établissemens littéraires; on doit nommer surtout : le gymnase; le séminaire pour les maîtres d'école ; IVcole d'industrie ; celle de jardinage avec une pépinière des plantes indigènes ; la société économique de la Marche, avec une bibliothèque et une collection de modèles. On porte actuellement sa population au-dessus de 32,000 âmes , nombre dans lequel sont compris les militaires , comme dans l'estimation de la population de toutes les autres villes de la monarchie.

Dans ses environs immédiats on trouve : le château de Sans-Souci, séjour favori de Frédéric -le-Grand ; le Palais-NeufÇRùue- Pallast) et le Palais de Marbre; ces trois maisons royales ainsi que le jardin doivent fixer l'attention particulière du voyageur: dans celui de Marbre qu'on regarde comme le plus beau , on voit une salle immense tapissée de toute sorte de coquillages. Pfauen Inse l (l'île des Paons) est remarquable par la belle maison royale de plaisance , séjour favori de feu la reine Louise ; lesenvirons«du lac où cette île est située offrent un cdup-d'œil superbe; c'est une véritable oasis au milieu des sables de la Marche.

Klein-Glienike , petit village remarquable par son pont sur le Havel et par la belle maison de plaisance du prince Charles de Prusse.

On doit citer encore : Brandebourg, troisième ville du gouvernement de Postdam. Perleberg. Rathenau , petite ville, près du Havel, avec un gymnase et 5600 babitans. Trauknbriezen, avec 4200. Luckenwalde, avec 4600 et de nombreuses fabriques de drap. Wrietzen, sur le Vieil-Oder, avec 5300 babitans. Dans ses environs est situé le village de Môgelin. remarquable par le célèbre institut d'économie ruraie fondé par Thaercu 1804 et continué après sa mort par son fils et par le professeur Kôrte. On le regarde justement comme le plus ancien et un des plus importans de l'Europe. C'est à

MONARCHIE PRUSSIENNE

l'instar de cetle célèbre école d'agriculture , instituée d'abord à Celle dans le royaume de Hanovre , que l'on vit naître l'institut de M. Fellenberg à Hofwyll près de Berne , celui de Hohcnheim près de Stuttgard , les écoles de Schleisshehn dans les environs de Munich et d'Idslein dans le duché de Nassau , ainsi que celle de Tkarandt, près de Dresde, et celle de Tieffurl près de Weimar, à laquelle a succédé celle de Jena, créée dernièrement par le professenr Schulze. Le roi de Prusse, dès l'année 1819, a élevé le bel établissement de M. Thaer au rang d'académie royale d'agriculture. Neustadt- Eberswalde, petite ville de 4200 âmes, florissante par son industrie , par ses eaux minérales et par le canal de Finow qui en est voisin. L'académie royale forestière de Berlin (Konigliche Forst- Académie), à laquelle on a ajouté un institut forestier (Forstlehr-Institut), y a été ■transférée en 1830. Dans ses environs on trouve !une grande forge royale de cuivre et de zincei le (village ù'E germUh le, important par la grande fabrique royale de laiton. Neu-Ruppin , jolie ville industrieuse de 8G00 âmes, sur le lac de Ruppin, avec un gymnase. Freienwalde , avec 3100 habitons , importante par les eaux minérales de son voisinage, et par la grande fabrique d'alun iqu'nn y a établie ; INeustaut dit an der Dosse, par son haras royal, par sa grande verrerie , et par l'établissement métallurgique de Hohenofen situé dans son voisinage : on y sépare l'argent du cuivre; Neustadt n'a que 846 habitans. Wittstock , sur la Dosse , avec de nombreuses manufactures de drap , et 4700 habitans. Dans ses environs on trouve Zechlin , petit bourg de 400 âmes, avec une verrerie renommée par la beauté de ses produits. Prenzlow, près de l'Ucker, avec un gymnase 3 un établissement de bains à vapeur et 8800 habitans. Iutterbock, avec plusieurs fabriques de toile et 4L00 habitans.

Francfort , sur l'Oder , belle ville , de médiocre étendue , chef-lieu du gouvernement de Francfort et siège du tribunal d'appel. Son industrie et son commerce florissans sont favorisés par trois foires et par les canaux qui font communiquer l'Oder avec la Vistule et l'Elbe. Francfort compte 22,000 habitans. Elle possède un gymnase , un institut pour les sagesfemmes , une société d' économie rurale et une grande maison de correction et de travaux forcés. On doit nommer dans ses environs un bel établissement de bains près de la source minérale découverte en 1821.

Les autres villes et lieux les plus remarquables du g ouv er ne ment de Franc fort sont: Fùrstenwalde, sur la Sprée , petite ville de 4300 habitans ; Cottbus , sur le même fleuve, avec un gymnase et 6600; Zullichau, avec un pedagogium et 4700; Landsberg, surleWartha, avec 9000, mi gymnase, une maison de correction et de tra-

vaux forcés, et une pépinière d'arbres fruitiers. Toutes ces petites villes sont remarquables par leur industrie, et surtout parleurs nombreuses fabriques de drap. Dans les environs de Landsberg on trouve Wietze , gros village de lioo âmes , important par sa grande forge et parla quantité d'ouvrages en fer fondu qu'on y fabrique. KUstrin, sur l'Oder, petite ville de 4700 âmes , avec ungymnase, et très importante par ses fortifications. Friedberg, avec 3300; dans ses environs est située la mine de fer et la grande forge royale de Zanzhausen. Guben, sur la Neisse, ville industrieuse, avec un gymnase et 7300 habitans. Konigsberg, avec un gymnase } une belle église et 4200 âmes; Sorau, avec 4400; etLijBBEN, avec 3900 . sont de petites villes importantes par leur industrie. Zuckau, avec un gymnase, une maison de correction et 3100 habitans ; elle a été la capitale de la Lusace.

Stettin, sur l'Oder, assez jolie ville, place forte , capitale de la province de Poméranie, chef-lieu du gouvernement de Stettin et siège de son tribunal d'appel. Le château royal et V hôtel des Etats ( Landschafthaus ) avec une bibliothèque considérable sont ses principaux édifices. Stettin se distingue par son industrie et surtout par son commerce ; nous avons déjà vu qu'elle est une des premières places maritimes de la monarchie. Parmi ses établissemens publics on doit nommer le gymnase avec une bibliothèque et un observatoire ; le séminaire pour les maîtres d'école; V école supérieure (Seminarium fur hô'here Schulen) ; Y école de navigation , la société d'histoire et d'antiquités de la Poméranie et la bibliothèque dans l'hôtel des Etats. Sa population actuelle dépasse 32,ooo âmes.

Dans les environs immédiats, et dans un rayon de 23 milles, on trouve : Damm (Alt-Damm), petite ville de 2400 habitans , importante par ses fortifications, qui entrent dans le système de celles de Stettin. Golnow, avec plusieurs fabriques de drap et 3600 habitans. Stargard ,• surl'lhna, avec un gymnase etoooo habitans, qui se distinguent par leur industrie variée. Passewalk , sur l'Ucker, petite ville assez commerçante , avec 4600 habitans.

Les autres villes et lieux les plus remarquables du gouvernement de Stettin sont : Anclam, sur la Pcene , petite ville d'environ 6000 âmes, importante par son commerce maritime. Demmin, avec 4200 habitans , Greifenhagen , avec 4300 , et Treptow, avec autant, se distinguent par leur industrie. Swinemunde, sur l'île d'Usedom, est une jolie petite ville de 3600 habitans , avec une belle église , florissante par son commerce et par ses bains de mer très fréquentés ; on y construit des navires marchands -, son port, qui dernièrement a été beaucoup amélioré et agrandi , est regardé comme le port de Stettin.

EUROPE

Stralsuhd, chef-lieu du gouvernement de ce nom, et autrefois de la Poméranie Suédoise , place forte , industrieuse et commerçante, située sur le détroit de Gellen qui la sépare de Pile de Riigen ; elle ne tient au continent que par des ponts. \J église de Marie , le gymnase avec une bibliothèque et un médailler, les bains de mer, le bateau à vapeur , qui fait régulièrement le trajet de Stralsund à Ystadt en Suède et vice versâ , les chantiers et le port doivent être mentionnés. Pop. 17,000 âmes.

Les autres villes et lieux les plus remarquables du gouvernement de Stralsund sont :

Greifswalde, petite ville de 8000 habitans, assez commerçante. L 'université , avec une riche bibliothèque, un cabinet d'histoire naturelle, un jardin botanique, un observatoire et autres établissemens qui en dépendent ; le gymnase, le séminale pour les maîtres d'école, sont ses principaux établissemens littéraires. Wolgast, avec un port et 4000 habitans; et Barth, avec 38oo. Dans Vile de R ilgen, la plus grande des îles appartenant à l'Allemagne, nous nommerons:

Bergen, petite ville de 2400 habitans; Puttbus, beauchâteau appartenantau prince de Puttbus, remarquable par sa collection d'antiquités nationales, de vases étrusques , et par sa galerie de tableaux. Arkona , pointe la plus septentrionale de l'Allemagne, près de laquelle s'élève un beau phare ; on y voit encore les restes des murailles de l'ancienne forteresse slave, dont ce cap conserve le nom.

Le gouvernement de Cœslin n'a que de petites villes; nous nommerons les suivantes, qui en sont les plus remarquables : Coeslin ( Kbslin ), petite ville de presque 6000 âmes , assez bien bâtie et industrieuse, chef-lieu du gouvernement; elle a un gymnase , un séminaire pour les maîtres d'école , et la société économique de la Poméranie. Colberg , place forte et commerçante située sur la Persante, peu loin de son'embouchure dans la Baltique , qui y forme un port ; elle possède une saline , et compte près de cooo habitans. RiiGENWALDE , avec un port et 3200 habitans ; Stolpe , avec un port, et presque 6000 habitans qui se distinguent par leur industrie et font un commerce assez étendu.

Breslau , au confluent de l'Ohlau avec l'Oder, ville très marchande et industrieuse , capitale de la province de Silésie et du gouvernement de son nom, siège du tribunal d'appel de ce dernier , ainsi que d'un évéché catholique. Ses principaux établissemens scientifiques et littéraires sont : Yuniversité avec sa riche bibliothèque , le musée, Y observatoire, le jardin botanique, V amphithéâtre d'anatomie , les cabinets de médailles , de tableaux et d anti-

quités , V école des beaux-arts , d architecture et des métiers ( Kunst- Bau und Handwerksschule ) ; celles de sourds-muets , de chirurgie, accouchement; les deux séminaires poulies maîtres d'école , et les quatre gymnases, la société pour V instruction nationale (fiir vaterlœndische Kultur), la société d'histoire et d'antiquités de la Silésie, la société des artistes et la société philomatique ; on doit ajouter que la société nomade des naturalistes allemands y a tenu sa séance annuelle en 1833. Parmi les édifices les plus remarquables qui décorent Breslau , on doit nommer la cathédrale , d'une architecture gothique aussi hardie que simple ; la belle église de Notre-Dame , celle de la Croix la ci-devant église des Jésuites ;

Y église évangélique de Ste-Elisabeth , avec sa tour élevée et' son énorme cloche ; les superbes bàtimens du ci-devant couvent des Augustins ; l'élégant palais de Schœnborn , autrefois Halzfeld ; le palais épiscopal , le château royal , Y hôtel du gouvernement , Y hôtel-de-ville, Yuniversité , la douane, la bourse ,

Y hôtel de la monnaie. Parmi ses places on doit nommer celle de Trauenzien, avec la statue de ce général , et celle de Bliicher, autrefois dite Salzring , sur laquelle on voit le monument en bronze élevé à ce guerrier. Ses plus belles rues sont celles d'A Ibrecht dans la ville et de Friedrich-Wilhelm dans les faubourgs.

Breslau jouit du titre officiel de troisième capitale de la monarchie ; elle est réellement la seconde sous tous les rapports ; sa population dépasse aujourd'hui 90,000 âmes.

Dans ses environs immédiats et dans un rayon de 26 milles on trouve : Altscheitnig , sur l'Oder, petit village de 323 âmes, avec un beau jardin ; c'est un lieu de plaisir pour les habitans de Breslau. Dyhrneurt , petit bourg de 1200 âmes , avec une célèbre typographie juive , une fonderie de caractères et un beau parc. Neumarkt , petite ville de 3200 habitans. Zopten , avec 1300 et un sanctuaire ; tout près s'élève en forme de cône le Zobtenberg , sur le sommet duquel on a construit une chapelle visitée par un grand nombre de pèlerins. Strehlen , avec 3400 habitans. Ohlac, avec 3700 et Namslau , avec 3500. se distinguent par leur industrie. Brieg , sur r Oder, avec 11,000 habitans , fleurit par ses fabriques et par son commerce ; l'église de St-Nicolas est remarquable surtout par de grandes et belles orgues. Oels, petite ville de 5300 âmes, capitale de la principauté d'Oels, appartenant au

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duc de Brunswick ; elle a un gymnase célèbre, et un beau château ducal, avec une bibliothèque assez riche. Trebisitz , avec 3600 habitans, et une belle église , appartenant au ci-devant monastère de l'ordre de Citeaux. Plus loin, mais toujours dans le rayon et vers le sud-sud-ouest on trouve : Schweidnitz , sur la Weistritz , place forte , ville assez industrieuse , située dans un des /dus beaux cantons de la Silésie; elle a un gymnase,un théâtre etplusde9000âmes;lafowrde son église catholique paroissiale passe pour être la plus haute de toute la province après celle de Ste- Elisabeth à Breslau. Reichenbach, avec une école de dessin pour les ouvriers et 4300 habitans. Dans ses environs on voit B ielau (Langen-Bielau), regardé comme le plus grand village de la monarchie Prussienne , et renommé par l'industrie de ses habitans, qui montent au-delà de 8000. Pe te rsw aldau, autre grand village, non moins industrieux, en compte 4200.

Les autres villes les plus remarquables du gouvernement de Breslau sont Munsterberg , petite ville de 3300 âmes , avec des bains sulfureux ; Glatz , sur la Neisse , place forte , avec un gymnase et 6400 habitans sans les militaires. Dans un rayon de 9 milles on trouve : S ilberberg, petite ville d'un millier d'habitans, près de laquelle s'élève, au sommet d'une montagne, la célèbre forteresse de SU berberg s dont tous les ouvrages sont taillés dans le roc; elle a trois rangs de casemates et peut contenir 5000 hommes. Fra nkenstein, avec 5500 habitans, qui se distinguent par leur industrie. W art ha, dont la population n'arrive pas àDooàmes, est remarquable par son église de Ste-Marie , sanctuairevisité annuellement par un grand nombre de pèlerins. Re iche nste in , située au pied du Jauersberg , est importante par sa riche mine d'arsenic ; sa population n'arrive pas à 1500 âmes. Reinerz en a 2100, des eaux minérales et une grande forge. Neurode compte 4500 âmes et possède plusieurs fabriques. Nous nommerons encore du côté de Schweidnitz: Walde.nburo , jolie petite ville de 2100 habitans , avec des mines de houille. Salzbrunn , avec 1700 ; et Altwasser avec 1500, gros villages importans par leurs eaux minérales et leurs mines de houille.

Liegnitz, au confluent du Schwarzwald avec la Katzbaeh, ville assez industrieuse et commerçante, chef-lieu du gouvernement de Liegnitz , avec un gymnase /un collège royal avec une bibliothèque et des collections scientifiques. Sa population s'élève à 11,000 âmes.

Dans ses environs immédiats, renommés par leur belle culture et par les abondans produits de leur jardinage et dans un rayon de 12 milles, on trouve: Waiilstatt , village de 350 habitans , remarquable parla bataille donnée parles Tataresen 1241, et parla victoire que le maréchal Blucher y remporta en 1813 ; un monument érigé dans le village voisin d'Eichho Iz, transmetà la postérité cet événement. Goedberg , ville de Cloo habitans ,

importante surtout par ses nombreuses fabriques de drap. Jauer, avec 5400, possède la société patriotique d'économie de la principauté de Schweidnitz et Jauer.

Les autres lieux et villes les plus remarquables du gouvernement de Liegnitz sont:

Hirschberg, jolie petite ville , près du Bober, florissante par son industrie et son commerce ; elle a un gymnase et presque 7000 habitans ; son église évangélique a une des plus grandes orgues de l'Allemagne. Dans ses environs et dans un rayon de 8 milles on trouve : Warmbrunn, petit bourg de 1900 habitans , dont un grand nombre sont employés à polir le verre et les pierres; ses bains chauds sont très fréquentés. Schreibergschau, regardé comme le village le plus étendu de la monarchie , à cause de la position isolée de presque toutes ses maisons-, ses habitans , au nombre de 2200 , se distinguent par leur adresse à polir le verre et à confectionner des instrumens de musique -, le Rabenstein, rocher très élevé , la cascade du Zacken et du Kocher, et la Quekerschaale, rocher pesant 200 quintaux, qui reste immobile sur une base de 2 pieds carrés, sont des curiosités naturelles qu'on trouve dans les environs de Schreibergschau.

Landshut , près du Bober, petite ville industrieuse et assez commerçante , avec 3500 habitans; dans ses environs est situé Grttssau, ci-devant abbaye de l'ordre de Citeaux, avec deux belles églises. Gorlitz, sur la Neisse, ville industrieuse et assez commerçante , avec 11,000 habitans; parmi ses établissemens scientifiques et littéraires on doit nommer : le gymnase, la société des sciences de la Haute-Lusace , divisée en deux classes :1a physique et l'historique; elle possède une riche bibliothèque , et des collections d'antiquités , de gravures , d'histoire naturelle, et un médailler -, elle publie un journal -, la société d'histoire naturelle, qui n'est peutêtre qu'une branche de la précédente, avec des collections relatives aux sujets de ses recherches. On ne doit pas oublier l'église de Sl-Pierre et St-Paul, remarquable par ses grandes et belles orgues et par son énorme cloche. Lauban, sur le Queis, avec un gymnase et 5400 habitans; on doit mentionner la belle église de la Ste-Croix , bâtie depuis peu. Muskau, petite ville d'environ 1600 âmes, remarquable par le château, avec un beau parc du prince de Puck 1er; la société des Abeilles de la Haute-Lusace , et la grande fabrique d'alun située dans son voisinage. Gross- Glogau, sur l'Oder, ville forte et commerçante, avec deux gymnases , une société pour* l'histoire de Glogau, et 11,000 habitans, sans les militaires ; avec ces derniers sa population s'élève à 15,000 âmes. Grunberg , ville de plus de 9000 âmes, florissante par son industrie variée, et spécialement par ses nombreuses fabriques de drap. Neusalz, petite ville de 2300 habitans , qui se distinguent par leur industrie. Sagan , près du Bober, capitale de la principauté de Sagan, appartenant à la duchesse de Courlande , mariée avec le comte de Schulenburg; elle a un progymnase , un château ducal avec un beau jardin pittoresque, et 5500 habitans.

EUROPE

Dans le gouvernement d' Oppeln , qui ne possède que de petites villes, nous nommerons : Oppeln , sur l'Oder, petite ville de 6300 hnbitaus, avec un gymnase y une école pour les sages-femmes ; c'est le chef-lieu du gouvernement. Dans un rayon d'environ 9 milles , on trouve: Kônigshuld, petit village de 260 habitans, important par sa grande fabrique de plusieurs articles en fer fondu et en acier. Malapane, grande forge royale qui fournit annuellement une énorme quantité d'articles en fer J'ondu, ainsi que du fer en barres et à l'état de gueuse. Gleiwitz, petite ville de 5000 habitans, avec un gymnase et une grande fonderie royale qui emploie plusieurs centaines d'ouvriers. En 1826 elle fournit 29,137 quintaux de fer fondu sous toutes les formes, depuis les ponts en fer jusqu'aux bijoux et les travaux les plus fins que l'on parvient à y faire avec ce mêlai. Dans ses environs, on voit la grande forge dite Kreuzburger-HUtte. Ratibor , sur l'Oder, avec un gymnase , et presque 6000 habitans-, Nlustadt , avec 4800. Kosel , sur l'Oder, très petite ville forte, avec 2000 babitans, sans la garnison. Leocschïstz, petite ville de presque 5000 âmes, industrieuse, appartenant au prince de Lichtenstcin; elle a un gymnase et une école des métiers (Handwerksscbule). Neisse , place forte, au confluent de la Biclaavccla Neisse, dans un terrain marécageux, avec un gymnase , une fabrique royale d'armes , plusieurs fabriques de drap et de toile, et au-delà de 10,000 babitans. Pless, chef-lieu de la principauté dePless, appartenant au duc d'Anbalt-Kolhen ; elle a un beau château et 2200 habitans. Beltiien, cheflieu de la seigneurie de ce nom, appartenant au comte de Henkcl de Donnersmark ; elle a 3000 habitans ; il ne faut pas la confondre avec une autre Beuthen située sur l'Oder, dans le gouvernement de Licgnilz. Tarnowitz, avec 2800 habitans et des mines de fer, de calamine, d'argent et de plomb dans son voisinage. Non loin, on trouve KonigshUtte , grande forge où l'on fabrique une grande quantité de fer en gueuse et de zinc. Friedric hs hutte , avec des mines de plomb argentifère.

Posen (Poznan), jadis capitale de la Grande-Pologne et aujourd'hui chef-lieu du grand-duché et du gouvernement de ce nom, ville assez grande et florissante par son commerce ranimé par ses trois foires annuelles, située sur la Wartha , siège de la cour supérieure de justice du grandduché et résidence d'un archevêque qui a le titre de Posen-et-Gnesen. Elle possède un gymnase, une école de métiers , un séminaire pour les maîtres décote , un séminaire pour les prêtres , une école d' accouchement , et d'autres établissemens littéraires. La cathédrale z\V hôtelde-ville sont ses édifices les plus remarquables. Depuis quelque temps on tra-

vaille à ses fortifications pour en faire une place de guerre. Sa population, qui a beaucoup augmenté dans ces dernières années, dépasse actuellement 28,000 âmes.

Les autres villes et lieux les plus remarquables du gouverne ment de Posen sont : Meseritz, petite ville de 4000 âmes ; Schwerin, qui en a autant ; Fraustadt , avec 5800 et un gymnase ; Lissa (Polnisch-Lissa), avec 7500 , un gymnase et un château du prince Sulkowsky, auquel cette ville appartient -, Bawitsch, avec 7600 et un gymnase ; toutes ces villes se distinguent par leur industrie variée et par leurs nombreuses manufactures de drap, surtout Fraustadt, Lissa et Rawitsch. Sous ce rapport, on doit aussi nommer Birnbaum, avec 2100 habitans ; Bojanow, avec 2300; Zdwsy, avec 3200 ; Kempen, avec 4800, et Ostrowo, avec 3700; celte dernière appartient au prince Radzivil. Krotoschin , avec 5300 , est le chef-lieu de la principauté de ce nom , appartenant au prince de Thurn et Taxis.

Le gouvernement de Bromberg n'offre que des villes peu considérables-, nous en décrirons les plus importantes : Bromberg, chef-lieu du gouvernement, petite ville située sur la Brahe, au commencement du canal de Bromberg ou de la Nelze-, elle a un gymnase , un séminaire poulies maîtres d'école, et 6500 babitans civils. Schônlanke, très petite ville de 3700 habitans, remplie de fabriques de drap. Gnesne (Gniesno; Gnesen), petite ville de 5600 habilans , mal bâtie , regardée comme la plus ancienne ville de toute la Pologne ; elle donne le litre à l'archevêque qui réside à Posen ; on y lient une foire très renommée. Inowraclaw (lung-Breslau des Allemands), très petite ville industrieuse, avec 3700 habitans, dont plus de la moitié sont juifs.

Koenigsberg, sur le P regel , près de son embouchure, chef-lieu de la Prusse et du gouvernement de son nom, ainsi que du tribunal d'appel. C'est une grande ville avec des rues droites , généralement larges et plusieurs maisons bâties sur pilotis. Parmi ses nombreux établissemens scientifiques et littéraires , nous nommerons : Vuniversité , le jardin botanique , le cabinet d histoire naturelle , V observatoire, qui est un des plus célèbres de l'Europe, la bibliothèque publique de l'université, celle de Wallenroth, les deux gymnases, V école des métiers, le séminaire pour les théologiens et pour les maîtres d'école, Yinslitut des sourds-et-muets , la société royale de littérature allemande , qui s'occupe aussi d'histoire , enfin la société de phy~. sique et d'économie, avec une bibliothèque, une collection de modèles et d'histoire naturelle. Ses plus beaux édifices sont • la salle de spectacle, la bourse,

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Y hôtel-de-ville de Kneiphof , le château avec sa tour très élevée, V arsenal et le salon moscovite , remarquable seulement par son immense étendue. Kœnigsberg fait un commerce considérable et possède une population qui dépasse actuellement 68,000 âmes.

Parmi les lieux remarquables situés dans un rayon de 26 milles , nous nommerons : Fischhausen , petite ville de 1500 habitans. Pillau , située sur une péninsule à l'entrée du Frisch-Haff -, c'est pour ainsi dire \eport de Kœnigsberg , car c'est ici que s'arrêtent les vaisseaux, auxquels le peu de profondeur du Friscli-Haff et du Pregel ne permet pas d'aller jusqu'à Kœnigsberg. Cette circonstance la rend très commerçante, malgré le petit nombre de ses habitans , qufn'arrive pas à 4ooo. On y construit beaucoup de navires marchands. Tapiau , sur le Pregel, petite ville de 3000 âmes ; Wehlau , de 3100; Labiau, de 3300; Preussisch-Eylau, de 2100 : c'est dans son voisinage qu'en 1807 on donna la mémorable bataille qui dura deux jours.

Les autres villes et lieux les plus remarquables du go uv er ne ment de Kœnigsberg sont: Memel , ville florissante par son industrie et surtout par son commerce, située à l'entrée duCurisch-Haff; elle possède une école d'industrie , une société de musique , plusieurs chantiers, et le phare, le plus beau peut-être de la monarchie prussienne , dont elle est la ville la plus septentrionale. Sa population actuelle atteint presque 10,000 âmes. Braunsberg , sur la Passarge , petite ville de 7300 habitans, assez commerçante; on doit mentionner la faculté théologiqu? et philosophique pour les catholiques (Lyceum Hosianum), le gymnase, le séminaire épiscopal, le collège royal et le séminaire pour les maîtres d'école. Non loin est située la petite ville do Frauenburg, avec environ 2000 habitans; c'est la cathédrale de l'évêque d'Ermeland ; on y voit le tombeau du célèbre Copernic , mort en 1543. Heilsberg, sur l'Aile, petite ville de 4100 habitans, avec un beau château où réside l'évêque d'Ermeland, qui demeure aussi quelque temps dans le château de Se hmolainen, village situé dans ses environs. Moruisgen, très petite ville de 2400 âmes, avec une société économique; c'est la patrie du célèbre Herder. Rastenburg, avec un gymnase et 3800 habitans.

Voici les villes et les lieux les plus remarquables du gouvernement de Gumbinnen:

Gumbinnen , sur la Pissa, petite ville de 6200 âmes, avec un gymnase , une bibliothèque et une école d'accouchement; c'est le chef-lieu du gouvernement. lNSTERBURG.au confluent de l'Angerap et de l'Inster, ville assez industrieuse, avec une école supérieure (Hbhere Stadtschule), et74oo habitans. Lyk, avec un gymnase et 3300 habitans. Tilsit, au confluent de la Tilse avec le Memel, ville industrieuse et assez commerçante, avec un gymnase et environ 12,000 habitans ; c'est dans son enceinte qu'en 1807 on signa le traité de paix entre la France , la Prusse et la Russie.

Dantzick (Danzig des Allemands et

Gdansk des Polonais ) , près de l'embouchure de la Vistule , dans une situation charmante , mais bâtie irrégulièrement et sans goût. Ses édifices les plus remarquables sont : la cathédrale , V église de Ste- Marie , Y hôtel-de-ville , V arsenal et VArthur-Saal. Parmi ses établissemens scientifiques et littéraires nous citerons : le gymnase académique , et un autre gymnase moins considérable, V institut royal de navigation , X école d'accouchement, celle des arts et de dessin, la société de physique et d histoirenaturelle avec un bel observatoire, la bibliothèque publique et la collection d objets d'art. Le port de Dantzick est le centre des exportations des produits de la Pologne. Cette ville possède plusieurs fabriques, et est maintenant la première place maritime de commerce de la.

monarchie Prussienne et une de ses principales places fortes ; jadis capitale de la république , elle est aujourd'hui le cheflieu d'un vaste gouvernement de son nom. Sa population, qui en 1814 était descendue au-dessous de 40,000 âmes, dépasse à présent 62,000 âmes.

Dans so« environs immédiats, et dans un rayon de 16 milles , on trouve : Neufahrwasser , petit bourg de 1400 habitans; c'est le port de Dantzick; il estdéfendu par la forteresse de MU nde (Weichselmunde). Ohra, beau village de 2700 àmes, situé sur la Radaune; on y voit plusieurs belles maisons de campagne appartenant aux Dantzikois. Zoppot, petit village de 350 habitans, avec un bel établissement de bains de mer Hela, très petite ville de 340 habitans , située à l'extrémité de la péninsule de son nom, et remarquable par le beau phare qu'on y a construit. Oliva, petite ville de 1300 habitans, avec des forges et plusieurs belles maisons de campagne appartenant aux Dantzikois. On doit mentionner la grande et belle église de la ci-devant abbaye de Citeaux.

Les autres lieux les plus remarquables du go uvernement de Dantzick sont : Elbing, assez grande ville située sur l'tlbing , importante par son industrie, et plus encore par son commerce et par sa population , qui dépasse actuellement 20,000 âmes; elle possède un gymnase et quelques chantiers. Marienburg, sur le Nogat, petite ville assez commerçante , avec 5600 habitans, et un séminaire pour les maîtres d'école. On loue beaucoup le magnifique château où résidaient autrefois les grands-maitres de l'ordre Teutonique ; le roi vient de le faire restaurer. Stargard, petite ville de 3000 âmes-, à quelques milles on trouve Pelplin, petit village de 400 habitans, avec une abbaye , siège do l'évêque de Culm.

Dans le w v ernement de M arien werder , qui ne comprend que des villes peu consi-

EUROPE

dérables, nous nommerons : Marienvverder, petite ville située à deux milles de la rive droite de la Vistule, qu'on passe sur uh pont de bateaux; elle a un gymnase , une école de dessin, et est le chef-lieu du gouvernement ; on doit mentionner sa vaste et belle cathédrale. Graudenz , située sur la Vistule, avec un progymnasium, une grande maison de correction qui sert pour toute la Prusse occidentale, et 5500 habitans, sans comprendre les militaires et les prisonniers. Tout près , au nord, on voit la grande et forte citadelle de Graudenz. Konitz , avec un gymnase et 2700 habitans. Culm, avec un gymnase, un séminaire pour les prêtres, un collège des Cadets (Cadettenhaus), et 5300 âmes. Thorn, place forte sur la Vistule, assez industrieuse et commerçante, avec 11,000 habitans, sans les militaires-, elle en aurait l4,ooo si on en tenait compte. C'est la patrie de Copernic.

Magdebourg , sur l'Elbe, qu'on y passe sur trois ponts , ville bâtie à l'ancienne mode, mais ornée de plusieurs édifices remarquables ; c'est la capitale de la province de Saxe , du gouvernement de son nom , le siège du tribunal d'appel de ce dernier et une des plus fortes places de l'Europe. Ses principaux bàtimens sont : la cathédrale ( Domkirche ), remarquable par son étendue , par son architecture, par ses deux tours très élevées, dans l'une desquelles se trouve une des plus grandes cloches de î Europe , et par d'autres curiosités. Le roi régnant a dépensé près de 800,000 francs pour restaurer ce beau monument. Viennent ensuite le palais du gouvernement ; V arsenal; la douane; le grand magasin ou entrepôt; Y hôtel de la poste; le Furstenwall , rempart immense de 600 pas de long, presque tout casematé ; la citadelle et autres travaux considérables appartenant aux fortifications. Parmi les établissemens scientifiques et littéraires on doit nommer surtout le pedagogium, le gymnase, V école de commerce , le séminaire pour les maîtres d'école , X école des beaux-arts et d'architecture (Kunst-und Baugewerksschule), celles d; accouchement et ùe médecine et de chirurgie. Magdebourg se distingue aussi par son industrie variée et par son commerce étendu.

Sa population en 1828 s'élevait à 44,ooo ames, y compris près de 5000 militaires; en y comprenant les deux petites villes de N eusta dtm nord et àeSude?iburg au sud, regardées comme des faubourgs à cause de leur proximité, la population de Magdebourg s'élevait dans la même année a 5l,000 âmes.

Dans ses environs immédiats, et dans un rayon de 20 milles, on trouve : le pont de Frédéric- Guillaume ( Friedrich - Wilhelmsbriicke ) , sur l'Elbe , sur la route de Berlin, remarquable par sa longueur. Grossalza, petite ville de 2000 âmes, importante par sa maison de travaux forcés et par les grands travaux hydrauliques faits dans sa saline i Schonebeck, par sa grande fabrique de produits chimiques , où l'on prépare jusqu'à 200 articles différens, et plus encore par ses salines, rangées parmi les plus grandes de l'Europe ; elles occupent un millier d'ouvriers ; sa population dépasse aujourd'hui 6000 âmes. Barby, sur l'Elbe, très petite ville de 3000 âmes-, son célèbre pedagogium et sa colonie deHerrnhuters n'existent plus. Calbe (Kalbe), petite villç sur la Saale, avec 4200 habitans; Stassfurt, avec 1600, et une saline. Alt-Haldensleben, sur le Beber, village de 1800 habitans ; c'est le théâtre des entreprises industrielles et philantropiques du célèbre Nathasius, qui acheta le couvent $ Alt- Haldensleben , où il établit en peu d'années des fabriques de porcelaine, de poterie anglaise, de pâtes, de briques, de bière, de produits chimiques, une lithographie , une vaste pépinière , une bibliothèque , une collection d'instrumens de physique , et changea les 200 pauvres qui habitaient ses environs en 1300 ouvriers industrieux et habiles. Hundisburg , village situé dans ses environs , et appartenant à M. Nathasius, qui y a formé un beau cabinet d'objets d'art etd' histoire naturelle. Neu-Haldensleben (Nouvelle- Haldensleben) , petite ville industrieuse de 4200 habitans , située dans le voisinage d'Alt-Haldensleben. Burg , ville florissante par son industrie , et surtout par ses nombreuses fabriques de drap ; elle compte plus de 12.000 habitans, et possède une belle maison d' éducation pour les pauvres.

Les autres villes et lieux les plus remarquables du gouvernement de Magdebourg sont : Halberstadt, sur l'Holzemme, ville industrieuse et assez commerçante , avec environ 17,000 habitans; sa superbe cathédrale, le gymnase, le séminaire pour les maîtres d'école, et l'institut pour former des sages-femmes , doivent être mentionnés. Dans un rayon de 14 milles on trouve : Quedlinburg, ville industrieuse de 13,000 habitans, avec un gymnase , un institut de sourds-et-muets et des eaux minérales. A schersleben , autre ville industrieuse, avec un beau cimetière nouvellement construit, et 9000 âmes. W ernigerode , avec 5000 habitans; dans le beau château du comte de Wernigerode on voit une riche bibliothèque et un cabinet d'histoire naturelle ; le Brocken , qui s'élève dans ses environs, et les forges d'Ilsenburg et de Schierke ajoutent à l'importance de cette petite ville. Stendal, autrefois capitale de la Vieille-Marche (Ait-Mark), est une petite ville industrieuse de 5600 habitans. Nous nommerons encore Gardeleben, avec un séminaire pour les maîtres d'école , et 4300 habitans; et Salzwedel, avec un gymnase, et plus de 6000 habitans qui se distinguent par leur industrie.

Halle , ville bâtie à l'ancienne mode sur

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les bords de la Saaîe , dans le gouvernement de Merseburg, dont elle est la ville principale. Sa population, en y comprenant celle des deux villes de G l au c h a et de Neumarkt, autrefois séparées et aujourd'hui réunies à sa commune, s'élevait à 26,000 âmes en 1828. Parmi les objets les plus remarquables qu'offre cette ville qui se distingue par son industrie variée , par son commerce , par ses nombreux et importans établissemens littéraires et par la grande activité de ses presses, nous nommerons : V église de Ste-Marie; la tour rouge; le Moritzburg ; la machine hydraulique ( Wasserkunst ) pour élever l'eau nécessaire aux besoins des habitans $ le bâtiment de l'université ; les mines de sel, si remarquables par le costume , le langage et les usages des mineurs qui les exploitent, connus sous le nom de Halloren. Parmi les établissemens scientifiques et littéraires on doit citer surtout : ^université , une des plus célèbres de l'Europe, avec un musée, un observatoire, une riche bibliothèque et des séminaires pédagogique et philologique; le Waisenhaus t grand établissement des orphelins , fondé par Franke , avec un pédagogium, une école royale supérieure, une bibliothèque, des collections d'arts et d'histoire naturelle , une typographie biblique et une librairie; un institut de missionnaires en dépend ; les deux gymnases ; V école des arts et d'architecture ; Vinstitut ou école des mines (Bergwissenschaftliches Institut), la société d'histoire naturelle, et la société pour la recherche des antiquités nationales (Thuringiseh-S"chsisches Verein fiir Erforschung der vaterlàndischen Alterthumer) fondée d'abord à Naumburg et transférée ensuite dans cette ville; elle a déjà publié plusieurs savans mémoires.

Dans ses environs immédiats , et dans un rayon de 22 milles , on trouve : Giebchenstein , petit village de 705 habitans , remarquable par les traditions populaires débitées sur son château, et parce qu'on le regarde comme le domaine royal le plus important de toute la monarchie. Merseburg, que nous décrirons plus bas. Naumburg, sur la Saale, ville industrieuse, siège du tribunal d'appel pour le gouvernement de Merseburg et pour une partie de celui d'Erfurt, avec un gymnase et ll,ooo habitans. Dans ses environs est situé Pfo rta (Schulpforta), petit endroit, renommé dans toute l'Allemagne par son célèbre collège, un des plus anciens de l'Europe, et où furent élevés

Wolf, Klop stock , et autres grands hommes. Weissenfels, ville industrieuse de 5600 âmes, avec un pont sur la Saale et un séminaire poulies maitres d'école. Non loin, Rosbach, village important par ses mines de houille , et remarquable par l'éclatante victoire remportée en 1757 par Frédéric-le-Grand. Mansfeld, petite ville de 1200 âmes ; elle donne le nom au comté de Mansfeld ; dans son voisinage on exploite les carrières de S ieb i gerode. Un peu plus loin on trouve . au sud, Eisleben , ville d'environ 7000 habitans , avec un gymnase , un séminaire pour les maîtres d'école , et des mines et des forges de cuivre dans son voisinage; on y montre la maison où naquit Luther en 1483 ; au nord , Hetts £ao?£(Heckstà'dl), petite ville de 3200 âmes, avec une grande forge et des mines voisines, d'où l'on tire beaucoup d'argent et de cuivre. Wettin , sur la Saale , petite ville de 2800 habitans , importante par ses mines de houille -, les mines de Lôbejun, ville de 2000 âmes , et surtout celles de Langenbogen , sont de beaucoup plus productives. Le village de Rothenbur g est aussi important par sa mine de cuivre et par ses carrières. Dans ce même rayon de Halle , mais hors delà monarchie prussienne, on trouve les villes de Bernbourg, de C'otiien et de Leipzig, décrites aux pages 273 et 265.

Merseburg, sur la Saale, ville de médiocre étendue et commerçante, avec un gymnase, une belle cathédrale , où l'on voit une des plus grandes orgues de l'Allemagne; c'est le chef-lieu du gouvernement de Merseburg; elle possède une grande pépinière, plusieurs fabriques, et compte plus de 8000 habitans ; tout près se trouve un haras royal. Dans un rayon de moins de 9 milles on trouve : Littzen, très petite ville de 1400 âmes; une grande pierre marque la place où Gustave-Adolphe , roi de Suède, fut tué à la bataille qu'il livra en 1632. DUrrenbe rg, village important par sa saline et par les travaux hydrauliques faits pour en faciliter l'exploitation. Lauchst'ddt , avec un millier d'habitans et des eaux minérales assez fréquentées. Zeitz, sur l'Elster, petite ville industrieuse de plus de 7000 habitans , avec un gymnase. Kôsen (All-Kôsen), village d'environ 600 âmes , important par ses bains minéraux et par sa saline. Sangerhausen, petite ville industrieuse de 4200 habitans, avec une mine de cuivre dans son voisinage. Wittenberg , sur l'Elbe , qu'on y passe sur un grand pont , ville forte de 6000 habitans, avec un gymnase , un séminaire pour former des prédicateurs, et une école d'accouchement. Dans Y église du château on voit les tombeaux de Luther et de Melanchton , et sur la place du marché la statue colossale en bronze de Luther. Eilenburg, sur la Mulde, petite ville industrieuse de presque 5000 âmes. D uben , sur le même fleuve, avec un institut forestier et d' 'agriculture^ orstund OEkonomie Institut), et 2300 habitans. Dans ses environs est Schwemsal, village de 480 habitans, avec une grande fabrique d'alun. Torgau , place forte sur l'Elbe , avec un lycée et 5300 habitans. Muckenberg, petit bourg de presque 600 habitans, dans le voisinage duquel se

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trouve Lauc tihammer , grande forge où 300 ouvriers confectionnent de très beaux ouvrages en fer fondu -, on y voit un grand obélisque en fer élevé en 1825. Stolberg , dans leHarz, petite ville de 2200 habitans , avec un lycée ; le beau château où réside le comte de Stolberg-Stolberga une riche bibliothèque-, dans ses environs se trouve le vaste parc qui en dépend.

Erfurt, sur la Géra, ville forte, bâtie à l'ancienne mode et très peu peuplée pour son étendue, surtout en comparaison de ce qu'elle était à la fin du xvie siècle. Ses édifices les plus considérables sont : la cathédrale ou Y église de Ste- Marie , remarquable par son architecture et par son étendue , avec un lustre colossal et une haute tour dans laquelle se trouve une des plus grandes cloches de l'Europe; le palais du gouvernement; et lePackhof où se trouve la bibliothèque publique. Erfurt est le chef-lieu du gouvernement de ce nom et compte plus de 25,000 habitans, qui se distinguent par leur industrie et par le commerce qu'ils font avec les article}» de leurs fabriques et les produits de leurs campagnes remarquables par leur fertilité et parla manière intelligente avec laquelle on les cultive. Les principaux établissemens scientifiques et littéraires sont : le gymnase catholique et le gymnase évangêlique; le séminaire pour les maîtres d'école ; Yinslitut des sourds-etmuets ; V école d'arts et d'architecture; Vécole des métiers; Yécole de mathématiques et celle du commerce ;Y école supérieure des filles (hohere Tôcliterschule); celle accouchement , Y académie royale des sciences , la riche bibliothèque publique , la collection d'objets d'art et d'histoire naturelle et le jardin botanique qui appartenait à l'université supprimée en 1816. Erfurt, avec son petit territoire immédiat, forme une enclave, étant environnée de pays soumis au grand-duc de Saxe-Weimar , au duc de Saxe-Gotha-Cobourg et aux princes de la maison de Schwarzbourg. Dans un rayon de 12 milles on trouve les villes de Weimar, d' Arnstadt etde Gotha décrites aux pages 267, 271 et 268.

Les autres villes et lieux les plus remarquables du gouvernement d* Erfurt sont: Langensa^za, petite ville florissante par son industrie et par son commerce , avec une école latine , la société d'économie rurale de la Thuringe, et ôooo habitans. Norduausen, située au sud du Harz, avec un gymnase , de nombreuses fabriques, et io.ooo habitans qui font un commerce étendu.

Mi'LHAusEN , sur l'Unstrut, ville assez commerçante, avec un gymnase, plusieurs fabriques, et presque 10,000 habitans. Heiligenstadt , sur la Leine , autrefois capitale de l'Eichsfeld , avec un gymnase et 3800 âmes; dans son voisinage la Leine forme une cascade embellie par l'art. Suhla (Suhl), petite ville sur la Lauter, dans un canton du Thuringerwald, entièrement séparé du reste du territoire prussien, et proprement une enclave dans les possessions des maisons ducales de Saxe ; ses 6000 habitans se distinguent par leur industrie variée, qui fournit un grand nombre d'excellens articles à leur commerce étendu. Sch le usingen , qui se trouve dans la même enclave, possède un gymnase , une forge de cuivre, et2400 habitans.

Munster, sur l'Aa, non loin de l'Ems, autrefois capitale de l'évêché souverain de ce nom et maintenant de la province de Westphalie et du gouvernement de son nom. C'est une ville de 21,000 habitans, assez industrieuse et commerçante , assez bien bâtie, siège d'un évèché catholique et du tribunal d'appel du gouvernement.

V académie Maximiliana - Fredericiana, avec une faculté philosophique et théologique pour les catholiques; le séminaire épiscopal ; le gymnase avec une riche bibliothèque; Yécole de chirurgie ; Yécole vétérinaire ; Yinstitut des sourds-et-muets ; le séminaire pour former des maîtres pour l'instruction de la jeunesse israélite, Yécole desmétiers, le jardin botanique sont ses principaux établissemens publics. La cathédrale , Y église de St-Lambert et le palais cidevant épiscopal sont ses édifices les plus remarquables; c'est à Munster qu'en 1648 on signa le fameux traité de paix de Westphalie.

Dans un rayon de 16 milles on trouve : Warendorf , sur l'Ems , avec un progymnasium, plu- I sieurs fabriques de toile, et 3900 habitans. Steinfurt , avec un château du prince de Bentheim, et 2300 habitans qui se distinguent par leur indus- 1 trie. D'Olmen, avec 2200, appartenant au duc de Croy. Koesfeld , avec un gymnase , un château j et 3ooo habitans autrefois régis par le prince de i Salm-Horstmar.

Les autres villes les plus remarquables du go u- \ vernement de Milnste r sont : Rheina, j sur l'Ems, petite ville de 2500 âmes, et un château du duc de Looz- Cors w are n Rheina- \ Wolbeck. Bocholt, petite ville de 4200 habitans, j florissante par ses nombreuses fabriques de coton j et de laine , avec un château où réside le prince j de Salm-Bocholt. Recklinghausen , chef-lieu de r la seigneurie de ce nom, appartenant au duc j d'Aremberg; elle a un gymnase et 2300 ha- I bitans.

Dans \e gouvernement de Minden, !

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qui ne compte que de petites villes, nous nommerons: Mïnden, sur le Weser, qu'on y passe sur un beau pont en pierre ; c'est le chef-lieu du gouvernement, une ville fortifiée et commerçante, et sa population dépasse 7000 âmes. La cathédrale , le gymnase , X école d'accouchement , celle des métiers , la société westphalienne pour les progrès de l'instruction nationale (Westphalische Gesellschaft zur Beforderung der vaterlândischen Cultur), doivent être mentionnés. Dans ses environs immédiats on voit la Porte - Westphalienne ( Westphalische Pforte), formée par les deux montagnes de Ja~ kobsberget de Witiekindsberg; sur cette dernière s'élève une tour , et à son pied on a érigé un obélisque en pierre à la mémoire de Wittekind. Plus loin, on trouve B o hl h or si, village important par la riche mine de houille qu'on y exploite.

Les autres villes les plus remarquables de ce gouvernement sont : Herford , petite ville de 6600 habitans qui fabriquent beaucoup de toiles de coton et de lin; elle a un gymnase , un musée d'antiquités westphalienne s , et une société historique , qui est une section de la société westphalienne de Minden. Bielefeld, avec un gymnase et 5200 habitans -, on y fabrique une grande quantité de toile , et de ces pipes en magnésie carbonatée , connues sous le nom écume de mer. Paderborn , petite ville de cooo âmes , siège d'un évêché catholique et du tribunal d'appel du gouvernement de Minden, avec un gymnase, un séminaire épiscopal, avec une faculté théologique et philosophique, une école d'accouchement et une société d'histoire et d'antiquités westphalienne s. On doit citer la cathédrale, sous laquelle sourditle Pader, qui traverse la ville , et qui à vingt pas de sa source est assez fort pour faire aller des moulins. A moins de 10 milles de distance est située Driburg , petite ville de 1700 habitans, remarquable par ses eaux minérales très fréquentées et par ses beaux bains.

Dans le gouvernement d' Arensberg nous nommerons : Arensberg , sur la Ruhr, petite ville de 3200 habitans, avec un gymnase ; c'est le chef-lieu du gouvernement. Iserlohs , petite ville d'environ 6000 habitans, qui se distinguent par leur iadustrie. Une immense quantité d'articles en laiton , en bronze et en fer , tels que garnitures de meubles, serrures, aiguilles, boucles, dés, cuirasses, fil d'archal, objets plaqués, sont expédiés de cette ville dans toutes les contrées de la Terre. A 2 milles se trouvent les riches mines de Calamine , qui fournissent la matière à plusieurs de ses nombreuses fabriques. Dans un rayon de moins de 12 milles on trouve plusieurs villages et maintes petites villes , toutes remarquables par leur industrie ; nous nous bornerons à nommer les suivantes : Aliéna , petite ville de 3700 habitans , dont plusieurs centaines sont occupés à la fabrication du fil de fer, des épingles, d'aiguilles à tricoter, et d'un grand nombre d'autres articles de quincaillerie. Hagen , avec 3000 habitans et des eaux minérales dans le voisinage. Ici nous ferons observer que tout le chemin , jusqu'à

Schwelm, est rempli de fabriques où l'on façonne le 1er sous toutes les formes. Unna, petite ville de 4000 âmes ; dans ses environs on trouve la riche saline de Kônigsborn.

Les autres villes et lieux les plus remarquables de ce gouvernement sont : Schwelm , jolie petite ville de 3000 âmes , florissante par son industrie et par ses eaux minérales ; elle a un gymnase. Dans ses environs est située la caverne dite Klutert, remarquable par son immense étendue, par ses nombreuses galeries et par ses détours variés. Dortmund, avec un gymnase , des eaux minérales et 4500 habitans -, c'était autrefois une ville impériale. Dans ses environs est Horde, avec 1200 habitans et une riche mine de houille. Soest, ville bâtie à l'ancienne mode, et industrieuse , avec presque 8000 habitans, un gymnase et un séminaire pour les maîtres d'école ; on vient d'y découvrir une saline ; il y en a une autre non loin , à Sas s endorf, village de 600 âmes. Plus loin on trouve Werl , petite ville de 2800 habitans, remarquable par sa saline et par 17mage miraculeuse de la Ste-Vierge , visitée annuellement par beaucoup de pèlerins. Hamm , petite ville de 5000 âmes , avec un gymnase et une société économique. Brilon , avec un progymnasium et 2800 habitans, dont plusieurs sont occupés dans ses nombreuses fabriques de clous, d'outils et autres articles. Siegen , sur la Sieg, petite ville de 4000 âmes , importante par ses fabriques et par les mines de fer de son voisinage. Non loin est situé Mils s en, village de presque 700 âmes, situé sur le Westerwald, remarquable par ses mines de fer, de cuivre et ^argent, et par les travaux faits pour en faciliter l'exploitation. A la page 252 , nous avons déjà décrit la ville de Lippstadt , possédée en commun parle prince de Lippe-Detmold et parle roi de Prusse.

Cologne , sur la rive gauche du Rhin , autrefois capitale de l'électorat de ce nom et aujourd'hui de la province Rhénane, ville forte, industrieuse et très commerçante, siège d'un archevêché catholique et de la cour d'appel supérieure pour cette province. Cette grande ville, jadis une des plus florissantes de l'Allemagne, correspond à Colonia Agrippin a des Romains ; c'était la capitale de la Gaule- Rhénane inférieure. Le Burghofest peutêtre l'emplacement de Vancien palais impérial des Romains, où plus tard résidèrent quelquefois les rois des Francs. Les colonnes, les statues, les inscriptions, etc., qu'on y a trouvées ont été transportées en partie dans le moyen âge, à Ingelheim pour orner le palais de Charlemagne ; d'autres objets ont été transférés à Aix-la-Chapelle, et d'autres ont été détruits par les Huns. Cologne avait conservé jusqu'à la prise de possession par les Français, le patriciat , la toge des

consuls , les licteurs et autres usages qui rappelaient la domination romaine. L'aqueduc souterrain , qu'on dit s'étendre de Cologne à Trêves , et quelques restes des piliers du pont construit par Constantin , visibles aux eaux-basses , sont les seules ruines romaines. La cathédrale, le plus magnifique monument de l'architecture allemande, sera enfin achevée, grâce aux fonds fournis, tant par le gouvernement que par de nombreux souscripteurs; les nouveaux travaux ont été inaugurés par une fête en 1842. On a retrouvé les plans originaux de sa façade dessinés en double surdes parchemins de 13 pieds de hauteur.Ses voûtes très hantes sont portées par des colonnes colossales; le précieux et riche monument des Trois-Rois restauré dans ces dernières années, les vitraux peints, la table du maître-autel, et la grande cloche, suspendue dans une des deux tours, qui d'après les plans primitifs devaient avoir 600 pieds de haut , sont les objets les plus remarquables de ce temple magnifique , qui domine par sa masse énorme tous les édifices de la ville. Viennent ensuite l'église de Notre-Dame, dont le chœur supérieur est du vnr siècle ; Y église de St-Géréon, avec sa grande coupole, remarquable par sa hardiesse ; V église des Sis-Apôtres , bâtie dans le xie siècle ; celle de St-Pantaléon , dans le xc , avec les débris d'un pont en pierre qui joignait Cologne à Deutz ; enfin celle de St-Cunibert, belle et grandiose ; sa tour est tombée en 1830. Parmi les bâtimens d'un autre genre on doit nommer : Vhôtel-deville, avec son beau portail et sa grande salle , où se réunissaient jadis les membres de la puissante confédération commerciale connue sous le nom de Hanse, une des puissances prépondérantes de l'Europe au moyen âge ; la bourse neuve, bâtie dernièrement et ouverte en 1820 , la ci-devant grande douane-Gurzenich , aujourd'hui entrepôt des marchandises et balance publique : on y voit une salle immense; le théâtre rebâti tout à neuf en 1828 sur l'emplacement de l'ancien ; le palais de justice , dont les fondemens ont été posés en 1824; le vaste bâtiment, ci-devant collège des Jésuites. Cologne possède plusieurs établissemens scientifiques et littéraires ; on doit nommer surtout : le gymnase catholique, le gymnase évangélique, le séminaire archiépiscopal, la haute école bourgeoise, instituée de-

puis peu pour l'enseignement des sciences nécessaires aux classes qui n'ont pas besoin d'études philologiques; la bibliothèque du gymnase catholique, celle du séminaire archiépiscopal, qui sera augmentée des nombreux livres qui forment la bibliothèque de l'archevêque actuel ; la riche bibliothèque et le superbe musée légué à la ville par le professeur Wallraf, consistant en tableaux, gravures, antiquités, minéraux et autres curiosités ; le cabinet de physique du gymnase catholique et le jardin botanique. Nous indiquerons ailleurs les nombreuses collections appartenant à des particuliers. On peut regarder Cologne comme la capitale de la partie occidentale de la monarchie prussienne.

Un pont de bateaux la réunit à Deutz, considéré comme un de ses faubourgs; c'est le Tuitium des Romains ; il compte 3700 habitans, et possède quatre grands ateliers d'artillerie; ses fortifications sont comprises dans le système de celles de Cologne. Sa grande étendue, qui la rend très propre à en faire un magasin central pour les approvisionnemens de tout genre nécessaires aux grandes armées ; sa position sur le Rhin entre Coblence et Wesel, et au point où aboutissent plusieurs grandes routes, donnent à Cologne une grande importance stratégique pour toutes les opérations des armées allemandes , dirigées contre la France et les Pays-Pas. Le gouvernement prussien l'a senti, et depuis 1815, nonseulement on a restauré ses vieilles fortifications, mais on les a considérablement renforcées par la construction de plusieurs tours maximiliennes ; de manière que , sans être aussi forte que Coblence, elle est devenue une place d'armes très considérable. Cologne se distingue aussi par son industrie variée , et est le centre d'une immense fabrication de cette eau spiritueuse, connue depuis si long-temps sous son nom et dont on exporte annuellement un million de flacons. Son commerce est très florissant, et son port a été déclaré franc. Elle est aussi le siège de la compagnie de navigation à vapeur du Bas-Rhin. Pendant l'été , un bateau à vapeur et un bateau accéléré y arrivent tous les jours de Mayence, et vont tous les deux jours à Coblence. Quatre fois par semaine, un bateau à vapeur part pour Nimègue

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et Rotterdam et de Rotterdam vient à Cologne. On s'occupe déjà de la construction d'un chemin en fer qui doit la mettre en communication avec les principales villes du royaume de Belgique. Sa population , qui dans le moyen âge, était assez grande pour pouvoir armer 30,000 hommes, et avait extraordinairement diminué pendant l'occupation française, s'est beaucoup augmentée dans ces dernières années ; elle s'élève aujourd'hui à 71,000 âmes, en y comprenant les habitans de Deutz et les militaires.

Dans un rayon de moins de 8 milles on trouve : Deutz, déjà mentionné comme faubourg de Cologne; Altenberg , ci-devant abbaye , remarquable par son église , regardée comme un des plus beaux monumens de l'arcliitecture allemande , bien que d'une moyenne étendue ; le roi de Prusse l'a t'ait réparer en 1817. Muiilheim, près du Rhin , petite ville assez commerçante , avec 4loo habitans. BrUhl, avec 1600 seulement, mais avec un séminaire pour les maîtres d'école catholiques, et un beau Jardin. Dans ses environs est situé Jiois dorf, village de 500 habitans, avec un château appartenant au prince de Salm-Dyck, et des eaux minérales semblables à celles de Selters; en 1826 on en a exporté 100,000 bouteilles. Si l'on étendait le rayon seulement à 22 milles de Cologne, on trouverait dans le cercle qu'on décrirait : SOLINGEN , ElEERFELD , BARMEN , DiiSSEL-

dorf, Neuss, Juliers, BoNN.etla plupart des villes et des lieux compris dans les rayons respectifs de chacune de ces villes qui sont décrites plus bas, ainsi que celles qui sont comprises dans la partie orientale du cercle tracé autour d' Aix-la-Chapelle

Bonn ( Bonna des Romains) , jolie ville, située dans une position charmante sur la rive gauche du Rhin , qu'on y passe sur un pont de barques. Lesbâtimens les plus remarquables sont : le château, où résidaient autrefois les électeurs de Cologne ; le roi de Prusse a dépensé des sommes considérables pour les réparations et la disposition de ce vaste édilice, destiné aux cours de l'université, à sa riche bibliothèque , au musée des antiquités rhénanes et westphaliennes et à la collection des plâtres des plus belles statues antiques; la cathédrale ou Munster, qui a été bâtie dans le xne siècle sur remplacement d'un temple élevé par l'impératrice Hélène; Y hôtel- de-ville > V hôtel de la direction des mines pour la Prusse - Rhénane ; le théâtre d'anatomie, bâti dernièrement. Parmi les nombreux établis^mens scientitiques et littéraires de Bonn nous citerons : Yu-

niversité , une des plus célèbres de l'Allemagne, avec la bibliothèque, le musée et la collection de plâtres déjà mentionnée; le gymnase; V école de commerce; celle N accouchement ; Y observatoire; Y académie des naturalistes v et la société d'histoire naturelle et de médecine du Bas - Rhin. Bonn avait autrefois une célèbre école de musique et cet art y fleurit encore. C'est ici que Bethoven, Salomon et autres maîtres célèbres ont reçu leur première éducation. La librairie musicale de M. Simrock , avec un institut lithographique, est une des plus considérables de l'Allemagne. La population de Bonn a augmenté dans ces dernières années; en 1828 , elle dépassait 12,000 âmes.

Dans ses environs immédiats, et dans un rayon de moins de 6 milles, on trouve : Pofpelsdorf, joli village de 850 âmes , avec le château de Clemensruhe et un beau jardin ; on y a établi les auditoires pour les cours de minéralogie , de botanique et de zoologie de l'université; les appareils de physique et de chimie , le riche cabinet et la bibliothèque d'histoire naturelle, ainsi que le vaste et beau jardin botanique. KoNicswiNTER, petite ville de 1900 habitans, importante par ses carrières de pierres, dont on exporte des quantités considérables. Siegberg (Siegburg), par ses vignobles et par la belle église de l'abbaye de ce nom , changée en un hos pice pour les fous; elle a 2500 âmes. Hors du rayon, vers l'ouest, et à 18 milles de Bonn, est situé Zulpich (Tolpiacum, Tolbiac), très petite ville d'environ 1200 habitans-, ses environs sont classiques dans l'histoire de l'Allemagne , par la victoire éclatante remportée sur les Allemands par Clovis, roi des Francs, et par d'autres faits non moins remarquables.

DiissELDORF, chef-lieu du gouvernement de ce nom et siège d'un tribunal d'appel , bâtie sur le Rhin et le Diïssel , dans une position agréable ; c'est une des plus belles villes que l'on trouve le long du Rhin. Siège de l'électeur Charles- Théodore (mort en 1799), pendant près d'un demi-siècle , elle doit à ce prince instruit et protecteur des beaux-arts, la plupart de ses embellissemens. Plus tard , elle fut la capitale du grand-duché de Berg, et depuis 1821, elle est la résidence du prince Frédéric de Prusse , neveu du roi régnant. Le vieux château; Y église collégiale , la grande caserne de cavalerie, la statue équestre colossale de V électeur palatin Guillaume et la grande et belle rue de. Neusladt méritent de fixer l'attention. Parmi ses cta-

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blissemens publics, on doit nommer le gymnase, V école polytechnique , la nouvelle académie des beaux-arts, qui, en 1822, a succédé à celle qu'avait fondée, en 1777, l'électeur Charles-Théodore; elle possède de belles collections de tableaux, d'estampes et de plâtres moulés sur les chefs-d'œuvre de l'antiquité ; on doit cependant faire observer que les plus beaux tableaux sont passés à Munich ; on y fait des expositions régulières des plus belles productions de l'art; l'enseignement qu'on y donne comprend le dessin, la peinture, la gravure en tailledouce, l'architecture et l'histoire des beaux-arts; V institut architectonique du professeur Schaefer en fait une branche particulière; il y a, en outre, une école pour les artisans constructeurs, ouverte tous les dimanches et les jours deféte. Viennent ensuite la bibliothèque, V observatoire, la riche collection d'instrumens de physique dans l'ancien collège des Jésuites, et la société des beaux-arts pour les pays rhénaniens et westphaliens (Kunstverein fiïrRheinland und Westphalen). Dusseldorf a beaucoup d'amateurs de musique; en 1818, on y a célébré la première grande fête musicale du Rhin -Inférieur, qui a été réitérée depuis le jour de la Pentecôte alternativement à Cologne, à Elberfeld, à Aix-la-Chapelle et à Dusseldorf.

Cette ville possède un hôtel des monnaies et se distingue par son industrie variée ; elle fait un commerce d'expédition et de commission très considérable. Sa population dépasse aujourd'hui 24,000 âmes.

Dans ses environs immédiats, et dans un rayon de moins de 16 milles, on trouve une foule de lieux florissans parleur industrie; en le prolongeant seulement de 4 milles on y comprendrait Elberfeld, Barmen , Remscheid , Solingen, et autres villes remarquables et renommées sous ce rapport. Nulle part en Allemagne, dit M.Schreiber, on ne rencontre sur une surface de la même étendue autant d'industrie que dans cette contrée. On compte au-delà de lioo fabricans , et la valeur des produits de ces établissemens est estimée à 30,000,000 d'écus. Elle doit ce rang distingué parmi les pays industriels, à ses mines de fer, de cuivre , de plomb et de bouille; à la communication intérieure facilitée par plusieurs petites rivières, à la cbute des eaux qui mettent en mouvement un grand nombre d'usines , et enfin à l'industrie des habitans laborieux , dont la prospérité repose sur l'exploitation et la fabrication du fer et de l'acier. La quantité de fer exploitée dans le pays même ne suffisant pas pour les besoins des fabriques, on

en tire beaucoup du pays de Nassau. L'industrie s'étend aussi à d'autres objets : les manufactures de laine , les blancliisseries de fil de lin , les teintureries de fil de Turquie , les ateliers de filature de coton , les fabriques de rubans , de soieries et de dentelles sont de îa plus haute importance. On peut dire que le pays entier ne forme pour ainsi dire qu'une seule fabrique t dont le commerce s'étend sur toutes les parties de la Terre. Voici les lieux les plus remarquables que notre cadre nous permet de décrire dans les environs de Dusseldorf et dans un rayon de moins de 16 milles : Hofgarten , avec de belles plantations et un jardin botanique. Jaegerdorf , beau château appartenant au prince Frédéric de Prusse, agrandi et embelli depuis qu'il est devenu son séjour d'été. Neuss , petite ville industrieuse de presque 7000 âmes-, c'est le Noves ium ou No va- Castra des Romains; elle a un progymnasium et une église remarquable par son antiquité. Crefeld , jolie ville florissante par ses nombreuses manufactures de soie , de laine et autres articles , qui emploient une grande partie de sa population , estimée au-dessus de 13,000 âmes, et à près de 18,000 en y comprenant tous les lieux de sa mairie. Ses environs sont couverts de jardins et de maisons de campagne. Benrath , petit village remarquable par le magnifique château bâti vers le milieu du xvuie siècle par l'électeur, avec une dépense de Too.oooécus; Dormagen, parce qu'il parait occuper l'emplacement AxxDurr orna g us des Romains, comme le prouvent les antiquités trouvées dans ses environs , et dont une partie forme l'intéressante collection de M. Delbofen ; il est situé sur la rive gauche du Rhin. M lu lu ci m , sur la Ruhr, petite ville de 6400 âmes, florissante par ses manufactures de coton, parsa fabrique de machines à vapeur, et par l'exploitation de ses houillères , dont elle fait un commerce considérable. Tout près est situé le village de Sarem, avec une manufacture royale d'armes. Plus loin on voit JVerden, sur la Ruhr, petite ville de 2900 habitans; son abbaye princière a été changée en une maison de correction, et dans ses environs on exploite une riche mine de houille. Enfin Essen, petite ville de 5300 habitans, appartenant autrefois à l'abbaye de ce nom ; elle a un gymnase , une église remarquable par son antiquité , une fabrique de machines à vapeur et des mines de houille.

Elberfeld , située entre des montagnes d'une hauteur médiocre , dans la belle vallée du Wipper. Lieu encore insignifiant vers le milieu du xvin6 siècle, Elberfeld a vu sa population monter audelà de 30,000 âmes, et est devenue une des villes les plus industrieuses, les plus riches et les plus commerçantes de l'Allemagne. Les toiles, les draps, les étoffes de soie et de coton, les dentelles, les rubans de fil, de soie, de laine; les boutons, les poêles en fonte et une ioule d'autres objets de quincaillerie occupent

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la plus grande partie de ses nombreux ouvriers. Le nouvel hôtel-de-ville qui sera bientôt achevé , le gymnase, Y école d'industrie, le musée où l'on célèbre la fête musicale, mentionnée dans la description de Diisseldorf et la nouvelle promenade sur le Haardt ne doivent pas être oubliés. Elberfeld est le siège de la société -pour V exploitation des mines du Mexique et de la compagnie rhénane des Indes-Occidentales cette dernière ne borne pas à l'Amérique ses expéditions; depuis quelques années elle en fait aussi pour les Indes-Orientales, pour la Malaisie (Archipel indien) et pour la Chine.

Les dernières maisons d'Elberfeld touchent aux premières maisons qui appartiennent à cet assemblage de jolis villages situés sur le Wipper, remplis de fabricans et de manufacturiers, que le roi vient d'élever au rang de ville, sous le nom de Barmen. Ces villages sont, outre Barmen, Gemarke , Wupperfeld , Rittershausen, Heckinghausen, Wuhlinghausen et Unterbarmen. Leur population réunie dépasse 20,000 âmes. Ce que nous venons de dire de l'industrie d'Elberfeld est applicable à Barmen. Nous ajouterons que des calculs récens portent à 50,000,000 de francs le produit annuel des fabriques de ces deux villes réunies.

Dans un rayon de moins de 7 milles, on trouve autour d'Elberfeld , outre Barmen que nous venons de décrire comme une ville distincte: Remscueid, grand et beau village situé sur une montagne; il vient d'obtenir le rang de ville. La population de toute sa commune s'élève au-dessus de 9000 âmes; c'est le siège de l'industrie en fer de cette intéressante partie de l'Allemagne. Dans un rayon de moins de 7 milles, on compte 45 martinets qui forgent tous les objets de fer nécessaires pour la construction des vaisseaux, dont la plus grande partie passe en Hollande ,• ils fournissent en outre près de 800 articles d'instrumens tranchans et autres outils, des faux , des serrures, des forces , des patins. La quincaillerie , dit M. Schreiber, comprend près de 2000 articles; depuis l'enclume jusqu'à la lime de l'horloger, le fer et l'acier y reçoivent mille formes diverses. Le commerce de ces marchandises s'étend dans toutes les parties du monde. Ses fabricans et ceux de Solingen emploient ensemble annuellement dix millions de livres d'acier et vingt-et-un millions de livres de fer, et produisent parla fabrication une valeur d'un million et demi d'écus. Solingen, petite ville située sur une montagne baignée par le Wipper, renommée depuis long-temps par ses fabriques de lames d'épée , de couteaux et de ciseaux recherchées dans toute l'Europe-, on en

envoie beaucoup en Améririque et même en Asie. On y fabrique annuellement environ 300,000 lames d'épées de différentes espèces, 500,000 douzaines de couteaux et200,ooo douzainesde ciseaux. Quoique la population de Solingen ne soit que de 3500 âmes, celle de sa commune seule, toute remplie de fabriques et d'ouvriers, va au-delà de 9000. Lennep, petite ville de 4500 habitans; c'est le siège principal des manufactures de Casimir , de drap , de castorine, de circassienne , de siamoise ; on y compte aussi plusieurs centaines de chapeliers et de teinturiers.

Les autres villes et lieux les plus remarquables du gouvernement de D Us se Idorf sont:

Wesel , place forte sur la rive droite du Rhin ; un pont de barques la réunit au fort de BlUcher, situé de l'autre côté du fleuve, et compris dans le système de ses importantes fortifications. Wesel est assez commerçante , et a été déclarée port franc en 1832 ; elle a un gymnase, eleompte plus de 13,000 habitans, y compris les militaires qui montent ordinairement au-delà de 3000. Dans un rayon de 15 milles on trouve : Xante n (Santen) , petite ville de 3000 âmes , avec un progymnase et une belle église. Nous ferons observer que le Rhin y passait autrefois. C'est dans ses environs qu'il faut placer Vetera-Castra et Colonia-Trajana. Partout, dans la ville de Xanten et dans ses environs, on trouve des murs, des pierres sépulcrales, des urnes, des lampes, des armes, des monnaies et autres objets qui attestent le séjour des Romains dans ces lieux. R u h ro ri , au confluent de la Ruhr avec le Rhin , très petite ville de 1700 habitans, dont la plus grande partie est occupée à la construction des bateaux qui naviguent sur le Rhin , et à l'exportation de la houille exploitée dans ses environs. Duisb UT g, petite ville de 4400 âmes , non loin de la rive droite du Rhin , avec un gymnase qui remplace son université supprimée depuis plusieurs années ; on vient de la déclarer port franc. Meurs (Mors), petite ville de 3000 âmes, à 3 milles de la rive gauche du Rhin-, ses environs sont un pays classique pour l'histoire de l'Allemagne-, les antiquités qu'on y a trouvées justifient l'opinion des antiquaires, qui placent dans son voisinage YJsciburgiumde Tacite. Ge Idem, petite villede 3600 âmes , importante par son industrie. Ci.eves, jolie petite ville située à quelque distance du Rhin , auquel un canal la réunit; elle a un gymnase et 7400 habitans ; de jolies allées, des jardins et des bosquets l'environnent. Dans ses alentours on trouve : E m me rie h, sur le Rhin , petite ville de 5000 âmes , avec un progym nasium et un port qu'on vient de déclarer franc. Non loin, on voit les débris du fort de Se lien k (Schenkenschanze), vis-à-vis duquel, immédiatement au-dessous de Lobith, se fait la première bifurcation du Rhin , à droite , sous le nom de Rhin ou Vieux-Rhin , et à gauche sous celui de JVahal. Les travaux hydrauliques entrepris pour régulariser cette séparation sont les plus importans qu'on puisse trouver, car l'existence physique de la Hollande en dépend en grande partie.

Coblejstz (Coblence), au confluent de la

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Moselle avec le Rhin, chef-lieu du gouvernement de ce nom. Ses principaux édifices sont le château où résidaient les électeurs de Trêves, l'église de Notre-Dame , celle de St- Castor, le théâtre, les palais de Boos, de Metternich et de Leyen. On doit aussi mentionner le beau pont sur la Moselle et les immenses travaux faits depuis quelques années pour rendre cette ville le boulevart de l'Allemagne et de la monarchie prussienne du côté de la France, et offrir un camp retranché susceptible de recevoir 100,000 hommes. Ces fortifications, uniques dans leur genre, réunissent les deux systèmes de Montalembert et de Carnot combinés ensemble. Elles consistent en quatre parties principales, savoir : la Ville; la Chartreuse, appelée aujourd'hui Fort de l'empereur Alexandre; le mont St-Pierre , connu maintenant sous le nom de Fort de l'empereur François; et Ehrenbreitstein , appelé depuis peu Fort Frédéric- Guillaume .

La Chartreuse domine la route de Mayence et celle de l'Hundsriick; le Pétersberg, celles de Trèveset de Cologne ; et Ehrenbreitstein domine le Rhin et la roule de Nassau. Deux fortsséparés: l'un sur le Nellenkopf, dans la direction de Neuendorf; l'autre, sur la hauteur de Pfaffendorf, nommée Bonacken, ajoutent une nouvelle force à ces superbes fortifications, qui, à cette heure, ont coûté des sommes énormes. Coblentz est une ville commerçante, et le siège du tribunal d'appel du gouvernement de ce nom ; son port a été déclaré franc; elle possède un gymnase, avec une bibliothèque et un institut de musique. Sa population, en 1828, s'élevait au-dessus de 12,000 âmes, sans comprendre les militaires qui y sont en grand nombre. Un pont de barques forme la communication entre la ville proprement dite et la forteresse d'Ehrenbreitstein, au pied de laquelle se trouve la petite ville d'EArenbreitstein , dite dans la Vallée ( Thal-Ehrenbreitstein); cette dernière ne compte que 2400 habitans; elle a une source minérale.

Dans les environs immédiats, et dans un rayon de 12 milles , on trouve plusieurs lieux remarquables, parmi lesquels nous choisirons les suivans, en passant sous silence Ehrenbreitstein, déjà nommé dans la description de Coblentz, et regardé généralement comme un de ses faubourgs : Ruense, petit bourg de 1500 àmes , re-

marquable par le voisinage de Kônigssthul (siège royal), situé à 400 pas près du bord du Rhin-, détruit pendant la révolution française, quatre pierres marquent son emplacement. C'est là que se réunissaient les électeurs du Rhin pour délibérer sur les affaires de l'empire ; c'est là que fut conclue la paix publique ; c'est là enfin que plusieurs empereurs furent élus et que quelques autres furent détrônés , comme Venceslas en 1400. Ce siège extraordinaire formait un octogone très simple et sans ornemens ; il était porté par sept piliers placés en cercle , et un huitième se trouvait au milieu ; on y montait du côté du midi par 14 degrés-, il avait 24 pieds du Rhin de diamètre, et 17 pieds de haut. On l'avait érigé en cet endroit, parce que les quatre territoires des quatre électeurs du Rhin s'y touchaient. On dit que le gouvernement prussien a l'intention d'y ériger une colonne monumentale. Wallendar , petite ville de 2700 habitans-, Bendorf, bourg de 1900, avec des carrières et des forges. Engers , avec près de 900 habitans, un château, des carrières importantes, et les restes d'un pont romain sur le Rhin. Sayn, village d'un millier d'babitans où l'on fabrique un grand nombre d'articles en 1er fondu très bien travaillés ; on y voit le château du comte de Boos-Waldeck , avec une belle galerie de tableaux et de beaux jardins.

Plus loin , mais toujours dans le rayon de Coblentz, on voit Neuwied, sur la rive droite du Rhin, jolie petite ville de 5200 habitans, avec un progxmnase,un séminaire pour les maîtres d'école, et un beau château du prince de Neuwied, remarquable par sa bibliothèque et par ses belles collections de médailles , d'antiquités l'omaines et d'histoire naturelle ; cette dernière est en grande partie le résultat de l'important voyage au Brésil fait il y a quelques années par le prince Maximilien de Neuwied. Cette petite ville se distingue parses nombreuses fabriques de soie, de coton , et surtout par ses articles d'ébénisterie , ses ustensiles en ferblanc et plusieurs objets de quincaillerie. Cette grande industrie est due presque entièrement aux Herrnhuters, qui s'y sont établis depuis long-temps et qui possèdent la plupart de ces fabriques. Neuw ied offre la réunion d'un grand nombre d'individus appartenant à presque toutes les sectes religieuses de l'Europe , vivant en paix et exerçant leur culte respectif avec la plus grande liberté. L'importance archéologique de la collection d'antiquités romaines du prince de Neuwied nous engage à sortir de notre cadre pour en signaler au lecteur les morceaux les plus intéressans : Exposée dans un grand bâtiment latéral du château , elle ne contient que des objets trouvés dans les environs de la ville et dans la Germania Transrhenana ou Magna ; tous les autres objets en sont exclus-, c'est cette circonstance qui ajoute à l'intérêt qu'elle inspire. Sans parler des deux grandes pierres avec les numéros des co^ hortes, et des inscriptions qui remontent auf me siècle de l'ère vulgaire, ainsi que d'une foulej; de débris d'argent, de bronze , de poterie et dqî bas-reliefs, nous nous bornerons à mentionner les instrumens de forgeron , de maréchal , de serrurier, qui, ne différant pas des nôtres, prouvent

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que déjà dans ces temps reculés on satisfaisait aux mêmes besoins par les mêmes moyens; de cette espèce sont : les clefs , les serrures ordinaires , les cadenas avec des chaînes , les verroux , les gonds , les loquets , les crampons , les sonnettes , des poids de romaine , des pincettes, des spatules , des scies, des rabots , des ciseaux , des forets , des tarières , des enclumes, des dés pour coudre. On y voit aussi un soc de charrue , avec les chaînes qui y appartiennent ; une étrille , des ouvrages de poterie qui portent le nom du fabricant, des plats, des assiettes, des écuelles, des gobelets, des cruches. Nous ajouterons à propos de ces antiquités, que les recherches faites jusqu'à présent démontrent la grande importance militaire que mettaient les Romains à conserver la possession du bassin dans lequel Neuwied est située. Ils eurent soin d'établir une communication sûre entre les deux rives du Rhin, en construisant un pont solide, avec des pilliers en pierres, dont on voit encore la culée magnifique au-dessus d'Engers. Ils construisirent un vaste camp fortifié près du village de Biber , lequel peu-à-peu donna naissance à Victoria, ville très étendue et florissante , qu'on doit regarder comme la capitale de la colonie des Vétérans t établie entre la Sieg et les montagnes du Taunus. Les fouilles faites dans l'enceinte même du camp en ont fait connaître l'étendue, les quatre portes et les rues transversales. Dans le quartier supérieur étaient les thermes 3 et vis-à-vis le prétoire , édifice très vaste, avec deux cours spacieuses enfermées par deux murs parallèles, entre lesquels sont des chambres et des salles. Dans une chambre de devant, on a trouvé une inscription qui dit qu'elle servait d'archives (tabularium ). A gauche du prétoire , il y avait un autre grand bâtiment séparé du prétoire par une rue; on suppose que c'était le logement du questeur (quaestorium). En 1829, l'importance monumentale des restes qu'on trouve à Engers engagea le gouvernement prussien à les faire mettre sous la surveillance de la direction des jardins royaux. Ce sont, dit M. Schreiber, les plus anciens ouvrages des Romains sur le Rhin , car le pont dont nous avons parlé a été bâti 38 ans avant Jésus-Christ. Andermach (Jntunacum) , située sur la rive gauche du Rhin, et dans le rayon de Coblentz, petite ville , avec un gymnase, où se trouve une collection d'antiquités romaines -, elle compte 2700 habitans qui font un commerce très considérable avec les meules et le Iras s qu'on retire des carrièresvoisines , renommées par leurs excellentes qualités. Le trass est un tuf volcanique , qui , pilé et mêlé dans une proportion convenable avec la chaux, produit un mortier qui résiste à l'eau et forme une pierre nouvelle très durable ; la Hollande en est le marché principal , à cause des constructions hydrauliques qu'elle est obligée d'exécuter continuellement ; on en expédie même aux Indes-Orientales. Les meules sont une autre production volcanique , et les auteurs romains en font déjà mention sons le nom de meules du Pihin; elles sont exportées par la Hollande aux villes Anséatiques, en Angleterre, en Russie et jusqu'en Amérique. Les autres curiosités d'Andernacll sont : les ruines de X ancien palais

(Pfalz) , qui touche à une tour ronde plus ancienne, bâtie probablement par les Romains, et X église paroissiale des derniers temps des Carlovingiens. Nous ne parlerons pas des grands radeaux de bois dont le port de cette ville était le rendez-vous , parce que , depuis quelques années, cette manière de transporter le bois a éprouvé de grands changemens. Dans les environs d'Andernach, on trouve: Tônestein, petit endroit, remarquable par ses eaux minérales , dont on exporte un grand nombre de bouteilles. Ober- Mendig, avec noo habitans et Nie de} -Me ndig3 avec autant, sont des villages importans par l'exploitation des meules dont nous venons déparier. Laach, petit endroit, sur les bords du lac de ce nom , remarquable par X abbaye de Laach, vaste édifice, et par ce lac même qui ne gèle jamais; c'est le cratère d'un volcan éteint, renommé dans les sciences naturelles par les savantes recherches de Deluc , Forster, de Humboldt, Faujas deSt-Fond etNoeggerath. Boppard, petite ville sur le Rhin , avec un progymnase et 3700 habitans. Dans ce même rayon , mais à l'est et dans le duché de Nassau, on trouve Camp, Braubach, Nassau, Ems et autres villes décrites aux pages 250 et 251.

Les autres villes et lieux les plus remarquables du gouvernement de Coblentz sont: Kreuznach , sur la Nahe , petite ville d'environ 8000 âmes, avec un gymnase, une école des métiers et d'importantes salines, dont les puis riches cependant appartiennent au grand-duché de Hesse , sous la souveraineté de la Prusse. Dans son voisinage on voit les fondemens d'un camp romain, nommé vulgairement le mur des païens; et plus loin les ruines du château de PJie ingrafe nstein , remarquable par la hardiesse de sa construction. A la distance d'environ 7 milles , au nord , on voit sur les bords du Rhin le château ruiné de Vog tsberg , acheté dernièrement par le prince Frédéric de Prusse , et restauré à grands frais dans le goût antique. Tout ce qui pouvait servir a été conservé, et les nouvelles constructions ont été mises en harmonie avec les anciennes jusque dans les moindres détails. On se sent comme transporté dans le moyen âge, quand on parcourt ces salions antiques éclairés par des vitraux peints , et quand on voit ces arrangemens magnifiques, exécutés dans le goût de ces temps reculés , ainsi que les antiquités recueillies le long du Rhin. C'est une des curiosités les plus intéressantes de ces contrées. Ober-Wesel (Fesalia ou Vesovia; Haut-Wesel ) sur le Rhin , petite ville de 2300 habitans , avec une ancienne église et de grandes carrières d'ardoises exploitées dans ses environs , où l'on trouve aussi le fameux écho de Lurley, qui répète jusqu'à 15 fois les voix des passans. Trarbach , sur la Moselle , avec un progymnasium et presque 24oo habitans, dont une partie est occupée à l'exploitation des mines de cuivre et de plomb et des carrières d'ardoise de son voisinage. Dans ses environs on voit encore les vestiges de la route romaine qui conduisait de Trêves au Rhin. Kochem avec ■2300 halitans et un progymnasium- dans ses

environs sont situés les bains de Betrich , qui rivalisent avec ceux d'Ems dans le duché de Nassau , surtout depuis les restaurations faites par le gouvernement prussien. Mayen , avec 3600 habitans et un progymnasium; dans son voisinage on exploite une carrière d'où l'on tire des meules très renommées. Dattenberg , petit village de 540 habitans, près duquel est situé Alsauer j, important par l'exploitation de ses mines de plomb argentifère. Wetzlar, sur la Lahn, presque au milieu d'un petit territoire environné par les possessions de Hesse-Darmstadt et de Nassau. Celte petite ville de 4500 habitans a une cathédrale remarquable et un gymnase ; elle a été pendant long-temps le siège d'une cour d'appel de l'empire Germanique. Dans ses environs on voit près de 300 tombelles, qui diffèrent de celles de Rossleben en Saxe, parce que dans leurs chambres sépulcrales on n'a pas trouvé de squelettes.

Trêves ( Civilas Trevirorum ouAugusta Trevirorum des Romains ; Trier des Allemands), ville de médiocre étendue , située sur la Moselle , autrefois capitale de Pélectorat de Trêves et aujourd'hui du gouvernement de ce nom. C'est avec Soleure en Suisse une des plus anciennes villes de l'Europe; car lorsque les Romains s'avancèrent sur le Rhin, Trêves était déjà une ville ornée de beaux édifices, et ses citoyens étaient déjà parvenus à un certain degré de civilisation. Son importance engagea les Romains à en faire le chef-lieu de la Belgique Première, et les empereurs romains y séjournaient souvent. Plus tard, elle devint la résidence du préfet du prétoire des Gaules, dont relevaient les Gaules, l'Espagne et la Bretagne Romaine. Les lois romaines, dit M. Schreiber, étaient rendues à Trêves ; on y frappait des monnaies impériales ; on habillait les légions de drap fabriqué dans cette ville, et on leur donnait des armes provenant de ses manufactures. Elle possédait une école où professèrent des hommes célèbres, tels que Claudius Mamertinus, Eumenius. La civilisation et les connaissances y étaient tellement répandues que Trêves rivalisait avec Rome. On y aperçoit encore les traces de la domination romaine, malgré les destructions qu'elle a dû subir pendant le ve siècle , et malgré le grand nombre d'objets intéressans qu'on en a emporté , tant à l'époque de sa destruction que plus tard, sous Charlemagne. Le nom de Trêves se rencontre très souvent dans les anciennes traditions allemandes; on pourrait presque l'appeler la Troie des Gaulois et des

Allemands. Les édifices les plus remarquables de cette ville si intéressante sous tant de rapports sont : le dôme ou la cathédrale de St-Pierre , dont la partie antérieure et le côté oriental sont d'origine romaine ; on prétend qu'ils ont fait partie du palais de l'impératrice Hélène, ou d'une grande basilique bâtie par Constantin-Ie-Grand. A côté des traces du style romain-byzantin , on remarque des constructions du moyen âge, telles que le cloître bien conservé, situé près de l'église. V église de Notre-Dame (Liebfrauen Kirche) , un des plus beaux monumens de l'architecture allemande , bâti de 1227 à 1243; au milieu s'élève une coupole majestueuse. La Porte-Noire ( Porta Martis, ou Nigra), dont la construction parait remonter à la période gallo-belge. C'est un édifice de 115 pieds de long, 47 de large dans le corps du bâtiment et 67 pieds dans les deux parties latérales ; la hauteur primitive de la partie principale était de 70 pieds. Des colonnes entourent le rez-de-chaussée et les quatre faces des deux étages. Tout l'édifice est composée de blocs de grès liés , sans mortier, par des crampons cachés. En 1035, l'archevêque Poppe le convertit en une église qu'il dédia à St-Siméon. Le gouvernement prussien a fait débarrasser ce précieux monument des ruines qui l'encombraient et des constructions qu'on y a ajoutées postérieurement. On y a déposé provisoirement les fragmens trouvés dans les environs de Trêves, depuis 13 ans; le roi vient même de le désigner pour local du musée central, où doivent être déposées toutes les antiquités qu'on découvrira dans le gouvernement de Trêves. Le pont sur la Moselle, de 8 arches, construit en pierres de lave, taillées et jointes sans mortier; les piliers ont 66 pieds de longueur moyenne sur 21 de largeur, et datent, selon les uns, de la période gallobelge; selon d'autres, de l'époque romaine. Pour ne pas séparer des choses qui doivent être réunies, nous mentionnerons ici, malgré la position de Quelquesuns hors de l'enceinte de la ville , les monumens suivans : Y amphithéâtre , situé au pied du mont de Mars ; on présume qu'il a été bâti peu de temps après l'établissement d'une colonie romaine en ces lieux; le gouvernement prussien a racheté les terres qui l'environnaient et l'a entièrement fait déblayer. En

MONARCHIE PRUSSIENNE

face, vers le sud, était sur un terrain assez étendu , le cirque, dont parle St- Augustin dans ses Confessions ; aujourd'hui il n'en existe plus aucune trace.

Entre le cirque et l'amphithéâtre était la ISaumachie ; on en distingue encore le bassin qui renfermait l'eau , et quelques parties des murs qui l'entouraient. Les ruines du palais de Constantin, dans lesquelles on remarque encore des formes hardies et colossales; il sert aujourd'hui de caserne. La partie antique encore subsistante était la façade occidentale. Vers le nord-ouest s'élève une tour demi circulaire , appelée aujourd'hui Tour des Païens. Tout cet édifice est construit en briques. Les Thermes bâtis en briques et en moellons alternativement; malgré les démolitions faites pendant le moyen âge et dans les temps modernes, ils doivent être rangés parmi les mon u mens les plus intéressans qui nous restent de la grandeur romaine. Le gouvernement prussien a fait déblayer ces ruines; une enceinte les entoure pour les conserver. Les fouilles ont fourni une foule d'objets intéressans. V aqueduc romain,- il vient de la Ruwer et se prolonge jusqu'à l'amphithéâtre ; il est encore assez bien conservé dans sa partie souterraine. Les principaux établissemens littéraires de Trêves sont : le gymnase , qui remplace Vuniversité supprimée depuis plusieurs années ; le séminaire épiscopal; la bibliothèque de la ville, qui est très considérable ; elle compte parmi ses curiosités le codex aurus des quatre évangiles , écrit en lettres d'or sur parchemin ; il a été donné par Ada, sœur de Charlemagne, au ci-devant couvent de St-Maximin ; un manuscrit écrit en lettres majuscules de l'année 692 ; il contient les prophéties relatives au Messie. La société des amis des recherches utiles ; elle possède un beau musée d'antiquités et d'objets d'histoire naturelle , un riche herbier , un cabinet technologique, et une précieuse collection de monnaies de Trêves. La population de cette ville, qui est le siège d'un évêché catholique , n'est pas proportionnée à son étendue ; elle ne monte qu'à 14,000 âmes sans les militaires ; avec ces derniers elle serait de 16,600.

Les environs de Trêves sont charmans et en plusieurs endroits on croit voir des paysages suisses. Voici les lieux les plus remarquables qu'on

trouve à une très petite distance : Pallien , peti* village dans un site romantique. Imitant les Troglodytes, plusieurs de ses habitans ont creusé les rocs et y ont établi leurs habitations. On regarde avec étonnement les énormes masses de rocher qu'il a fallu percer dans son voisinage pour établir la chaussée. Un pont d'une seule arche, très large et taillé dans le rocher, y joint deux rocs immenses. La grande et belle ferme de M. Nell, qui a appartenu ci-devant au couvent de Sl-Mathieu, est remarquable par les essais importans que ce riche et intelligent agronome y a faits en grand pour les progrès de l'agriculture ; on pourrait la regarder comme la fermemodèle de cette province. La ci-devant abbaye de St-Mathieu , remarquable par sa belle église, dont le crypte spacieux est visité tous les ans par un grand nombre de pèlerins. Igel , petit village , que nous mentionnons pour signaler à l'attention du lecteur le monument sépulcral de la famille des Secundins , érigé dans le siècle des Antonins; il ressemble à une tour haute de 72 pieds et large de 16 ; son toit est en forme pyramidale ; une colonnade et des bas-reliefs en forment le pourtour. Ehrang, petit bourg, d'un millier d'habitans, important par le voisinage d'une mine de fer et d'une grande forge. Plus loin et dans un rayon de 20 milles on trouve : Neumagen (Noviomagum) , petite ville de 1100 âmes, située sur la Moselle , et remarquable par une tour en pierre de taille, ouvrage des Romains; elle est ornée d'inscriptions effacées et de bas-reliefs. Wittlich , avec 2300 habitans et des eaux minérales; dans ses environs on voit les restes d'un bain romain. Berncastel , avec 2000 habitans; hBleinerze, dans son voisinage, on expioite une mine de plomb.

Les autres villes et lieux les plus remarquables du gouvernement de Trêves, sont:

Prum , petite ville de 2100 habitans. Hillesheim, petit bourg de 700 âmes , situé dans l'Eifel ; on exploite des mines de fer dans son voisinage. Gerolstein, autre bourg de 700 habitans, situé au pied d'un volcan éteint; dans ses environs et à quelques milles à la ronde on voit plusieurs volcans éteints, et on trouve plusieurs sources minérales plus ou moins fortes. SaarbrOckex , petite ville sur la Sarre, florissante par son industrie variée; elle a un gymnase et 7200 habitans, en y comprenant ceux de S t- Je an, petite ville située de l'autre côté de la Sarre, que le gouvernement vient de réunira sa commune, pour n'en former qu'une seule ville. Dans ses environs immédiats on exploite des mines de houille. Dans un rayon de 12 milles on trouve : Saarlouis , petite ville et place forte, située sur la Sarre, avec un progymnasium et 4400 habitans; on exploite des mines de plomb et de fer dans sa banlieue. Sulzbach et Fredericks thaï, importans par leurs verreries, et Duttw e iler , village de 1300 âmes, par sa fabrique d'alun; on y voit la montagne brûlante: c'est wnemine de houille qui brûle depuis plusieurs années.

Aix-la-Chapelle ( Aachen des Alîe-

EUROPE

mands, AquUgranum des Romains), ci-devant ville impériale et maintenant chef-lieu du gouvernement de ce nom , ville assez bien bâtie, siège d'un évêque et d'un tribunal d'appel. Aix-la-Chapelle est une des villes les plus intéressantes de l'Europe par ses souvenirs historiques.

Seconde capitale de l'empire de Charlemagne, ce monarque et ses successeurs lui accordèrent un grand nombre de privilèges. Depuis l'empereur Louis I jusqu'à Ferdinand I en 1558, trente-six rois et dix reines y ont été couronnés , 17 diètes ( de 953 à 1380 ) et 10 synodes ( de 799 à 1022) y ont été tenus. Aix-la-Chapelle peut être regardée, dit M. Schreiber, comme la plus ancienne résidence de la Monarchie des Francs. Ses principaux monumens anciens sont : le Dôme ou Munster, bâti par Charlemagne en l'honneur de la Ste-Vierge ; c'est un octogone, imposant par son caractère sévère et par sa hauteur considérable. Plusieurs chapelles bâties à différentes époques sont adossées contre l'église. Au milieu du dôme est le tombeau de Charlemagne ; un escalier de pierre conduit au second étage appelé Hochmûnster. On y voit aussi le siège royal de pierre, sur lequel plusieurs empereurs étaient assis lors de leur couronnement, époque où il était couvert de plaques d'or avec des basreliefs que l'on conserve dans la sacristie avec d'autres objets précieux nommés les petites reliques. On conserve dans une châsse magnifiquement ornée les grandes reliques, qui ne sont montrées au peuple que tous les sept ans ; leur exposition, qui dure pendant quinze jours, attirait autrefois une foule immense de pèlerins de toutes les parties de l'Europe. La chronique de la ville rapporte qu'en 1496 on en vit réunis en un seul jour 142,000, et qu'à la fin des solennités on a trouvé dans le tronc 80,000 florins d'or, somme énorme pour les temps. Quoique cette ferveur soit bien diminuée , le nombre des pèlerins et des curieux s'élève encore à plusieurs milliers , et contribue à la prospérité de la ville. A la dernière exposition qui eut lieu en 1832 on évalua à 60,000 le nombre des personnes attirées dans la ville par cette solennité. On doit nommer ensuite V hôtel- de-ville , bâti en 1353 sur l'emplacement d'un ancien fort romain , sur lequel plus tard avait été élevé le palais où naquit Charlemagne. La forme

antique de cet édifice , construit en pierres de taille, et les souvenirs qui s'y rattachent, le rendent intéressant sous plus d'un rapport. Au troisième étage se trouve la grarfde salle, où en 1748 a été tenu le célèbre congrès qui conclut le traité de paix d'Aix-la-Chapelle; en 1818 le roi de Prusse y donna une féte aux monarques assemblés en cette ville. Pendant l'époque de son indépendance le sénat y tenait ses séances. Aix-la-Chapelle s'est beaucoup embellie de nos jours. Parmi les beaux édifices qu'on y a élevés , on doit mentionner le superbe bâtiment des bains , ou la Fontaine d 'Elise , dont la façade d'ordre dorique a 266 pieds de long; au milieu s'élève une belle rotonde , et à ses deux côtés touchent des colonnades de 180 pieds de long; elles communiquent avec les ailes et forment des promenades couvertes non interrompues. Dans la colonnade se trouve la fontaine, dont on boit l'eau , que des tuyaux y amènent depuis le bain impérial. Le théâtre neuf, dont on loue beaucoup le magnifique fronton , soutenu par huit colonnes colossales et orné de belles sculptures. V hôtel de la régence, un des plus beaux ornemens de la ville; la nouvelle redoute , avec une salle magnifique. On ne doit pas oublier la belle fontaine qui orne la place du Grand-Marché ; son bassin énorme est en cuivre ; la statue en bronze de Charlemagne s'élève au milieu. Aix-la-Chapelle possède un gymnase , une école des métiers , une collection de modèles relatifs aux arts et à l'industrie, une école de commerce et une bibliothèque publique. Elle se distingue aussi avantageusement par son industrie variée, qui date des temps de Charlemagne : ce prince y attira des artistes et des artisans de tous les côtés, et y établit une foire fréquentée par toutes les nations. Déjà en 1171 ses manufactures de laine étaient si célèbres, qu'elles ne pouvaient pas fournir à toutes les demandes. Encore aujourd'hui cette ville et celle de Borcette livrent tous les ans au commerce pour la valeur d'environ trois millions de thalers de marchandises fabriquées par 4000 ouvriers. Les manufactures d'aiguilles, qui égalent les meilleures d'Angleterre , donnent de l'ouvrage à plusieurs centaines d'individus, ainsi que les fabriques de cotonnade , d'indienne , d'horlogerie, d'orfévrerie et la carrosserie. Ses sources mi-

MONARCHIE HOLLANDAISE

nérales aussi y attirent tous les ans un grand nombre d'étrangers, et ajoutent au mouvement produit par son commerce florissant. Sa population en 1828 s'élevait déjà à 37,000 âmes.

Dans ses environs immédiats on trouve : Borcette (Burscheid), petite ville, très industrieuse , située à 500 pas seulement d'Aix-la-Chapelle , avec des bains célèbres et 5000 habitans. Les sources dites supérieures fournissent l'eau chaude en si grande quantité , que , réunies , elles forment une rivière considérable nommée le ruisseau chaud. Tout près de ce ruisseau coule un ruisseau froid; ils se réunissent ensuite à moins de 2 milles au-dessous de Borcette, dans un étang nommé Yélang chaud , à cause de la température de son eau ; il ne gèlejamais et contient un grand nombre de carpes, de brochets, de tanches et autres poissons très gros , mais d'un goût désagréable , que leur chair ne perd que lorsque, avant de les manger , on les a fait rester pendant quelques semaines dans un réservoir d'eau douce et froide. Bardenderg, village de 1600 habitans, avec des mines de houille. Cornélius-Munster , petit bourg de 800 âmes, avec des carrières et une ancienne abbaye, où M. Kolb, qui en est devenu le propriétaire, a établi une bergerie et une manufacture de drap. Stolberg, petite ville de 2800 habitans, importante par ses nombreuses fabriques de laiton, qui sont beaucoup déchues en comparaison de ce qu'elles étaient en 1816, lorsqu'elles fournissaient 30,000 quintaux de ce métal , et qu'elles employaient 1300 ouvriers. Escuweiler , petite ville de 2500 habitans , dont une grande partie est employée dans ses fabriques d'épingles , de fil de fer et autres articles ; dans son voisinage on exploite de riches mines de houille. Herzogenrath, petit bourg de 800 âmes , avec une grande mine de houille. Plus loin d'Aix-la-Chapelle et dans un rayon de 14 milles seulement on trouve : Juliers (Julich) , place forte, située sur la Roer, avec 2800 habitans civils. Durren, petite ville de presque 6000 habitans, florissante par ses nombreuses fabriques de quincaillerie , de clouterie , de papier, etc.; elle a un gymnase. Dans les tourbières de ses environs on trouve les restes de forêts de pins englouties par d'anciennes révolutions du globe ; on en a retiré souvent des troncs entiers, dont l'intérieur était encore très bien conservé. Neau

(Eupen), petite ville de presque 10,000 habitans, importante surtout par ses nombreuses fabriques de drap. Entre cette ville et celles de Malmedy et Montjoie , s'élève la petite chaîne de montagnes connue sous le nom de Hohe-Veen (Hautes- Fagnes). Malgré leur petite hauteur , ses montagnes sont couvertes presque toute l'année de brouillards épais , qui, au lever et au coucher du soleil , empêchent la vue des objets. En hiver les neiges s'y ammoncèlent et des orages terribles mugissent autour de leurs sommets ; quelquefois , surtout sur le chemin entre Malmedy et Neau , ils entraînent les voyageurs dans des marais et des tourbières. Henri Fischbach3 poussé par des sentimens d'humanité, fit placer sur la limite, au milieu des Hautes-Fagnes et près de la maisonnette isolée de Michel, une cloche, qui est sonnée par ses habitans pendant les brouillards, les fortes neiges et à l'entrée de la nuit. Plusieurs voyageurs égarés ont été sauvés par ce moyen, car le son de la cloche est entendu à la distance de 2 lieues. Montjoie (Montschau) , petite ville de 3000 âmes , florissante par ses nombreuses manufactures de drap, casimirs et autres étoffes. I ng en broie h {Ingenbvuch), village qui en est voisin, compte 800 habitans, dont la plupart sont occupés à la fabrication du drap.

Les autres villes et lieux les plus remarquables ùugouv e même nid* A ix-la- Chapelle sont : Malmedy, petite ville de 4100 habitans, florissante par ses tanneries et autres fabriques; la superbe église de la ci-devant abbaye des Bénédictins doit être mentionnée. Moresnet, petit village de 350 habitans, remarquable par ses riches mines de calamine. Roggendorf, autre village encore plus petit, dont la population ne monte qu'à 180 âmes, mais important parle voisinage duBleyberg, montagne renommée par ses riches mines de plomb.

possessions. Les rapports intimes qui lient le canton de Neufchàtel à la confédération Suisse , les grands privilèges dont il jouit, et sa position géographique relativement aux autres parties de la monarchie, nous ont engagé à le décrire avec la Suisse , dont il forme une partie intégrante, malgré sa dépendance du roi de Prusse. Voyez aux pages 205, 208 et 216.

position astronomique. Longitude orientale, entre 1° et 4° 48'. Latitude, entre 51° et 53°. Dans ces calculs on n'a

Eas tenu compte du grand-duché de uxembourg.

confins. Au nord, la mer du Nord. A Vëst, la confédération Germanique (le

royaume de Hanovre, les provinces prussiennes de Westphalie et du Rhin ). Au sud, le royaume de Belgique. A V ouest, la mer du Nord.

pays. Le royaume actuel des Pays-Bas ou de Hollande, qui formait les Provinces Septentrionales de la monarchie

EUROPE

Néerlandaise , créée par le Congrès de Vienne et dissoute par la révolution éclatée à Bruxelles eu 1830, se compose des parties suivantes : 1° Les Pays qui formaient LES SEPT RÉPUBLIQUES OU prO-

vinces souveraines étroitement liguées entre elles; on les appelait communément les VII Provinces-Unies ; quelquefois , mais improprement la Hollande du nom de la province la plus considérable; ces sept républiques ou provinces étaient la Hollande, la Gueldre, la Zélande, VUtrecht, la Frise, VOver-Yssel et la Groningue ; la petite province de Drenthe formait un état séparé , confédéré avec les sept autres.

2° Les Pays de la Généralité ou des Etats -Généraux ainsi nommés parce que, ayant été conquis par les Provinces- Unies pendant les guerres civiles des Pays- Bas, ils étaient administrés par les Etats- Généraux ; leurs habitans n'avaient aucune part au gouvernement ni aux privilèges dont jouissaient les VII provinces souveraines. Ces pays comprenaient le Bradant Septentrional et plusieurs districts où se trouvaient les villes de Bois-le-Duc , Oosterhout , Tilburg , Eindhoven, Hehnont, Osch, Grave, Kuik , Breda, Willemstadt , Steenbergen; le district de Maestricht avec Maestricht et le petit comté de Vroenhove dont le prince - évêque de Liège était co-souverain avec les Etats- Généraux; une partie du duché de L imbourg , où se trouvaient Walkenbourg ou Fauquemont et Gulpen; une partie de la Gueldre-Supérieure , où étaient Werrioo et le fort de Stefanswerd; une partie de la Flandre où étaient situés Sluis ou V Ecluse , Aardenburg , Ysendyk sur l'Ile Kadzand , Hulst, Axel et Sas-de-Gand. Dalem qui appartenait à cette catégorie doit former partie du territoire de Belgique.

3° La moitié orientale du grand-duché de Luxembourg.

4° Une fraction du ci-devant évêché souverain de Liège , avec Weerdt.

montagnes . On peut dire qu'il n'y en a aucune dans le royaume proprement dit ; car on ne voit que des collines dans la Gueldre et dans la province d'Utrecht. Le grand- duché de Luxembourg en offre quelques-unes , mais elles sont toutes peu élevées ; c'est dans la partie Belge où il y en a le plus. Voyez le royaume de Belgique.

îles. Même en ne tenant pas compte des tles formées par les travaux des hommes , cette contrée en offre un grand nombre. On peut les ranger en deux groupes ■ le Groupe Méridional, qui comprend les iles formées par les divers bras de la Meuse et de l'Escaut; le Groupe Septentrional, qui comprend les iles rangées à l'entrée du Zuyderzée et le long des côtes de la Frise. Kadzand, Nord et Sud-Beveland , Walcheren , Tholen , Schouwen , Over-Flakee , Voorn et B ey erlan d sont les plus considérables du groupe méridional ; Wieringen , Texel, Vlieland, Ter-Schelling et Amelland méritent d'être mentionnées dans le groupe septentrional.

lacs. Ce petit royaume en a un grand nombre, surtout dans les provinces de Frise, de Groningue et d'Over-Yssel; mais ils sont tous d'une petite étendue. Celui de Harlem , que l'usage décore du titre de mer, les dépasse tous de beaucoup. Les autres sont trop peu considérables pour mériter d'être mentionnés dans un traité aussi élémentaire que le nôtre. Les trois provinces que nous venons de nommer, celle de Drenthe et la Hollande-Septentrionale ont un grand nombre de marais , dont plusieurs sont très étendus. Le Bourtang, dans les provinces de Groningue et de Drenthe, et le Peel dans le Brabant-Septentrional et le Limbourg, paraissent être les plus grands. On en a desséché quelques-uns : on appelle polders leur ancien fond. La ci-devant mer de Narden offre un des polders les plus considérables, ainsi que les deux rives de l'Escaut vers ses embouchures ; sur ces derniers il règne des fièvres connues dans le pays sous le nom de maladie des polders.

fleuves. Ce pays est peut-être la contrée de l'Europe qui offre relativement à son étendue le plus grand nombre de fleuves. Ils ont tous leur embouchure dans la mer du Nord, à l'exception de deux branches du Rhin et de quelques petites rivières qui se rendent dans le Zuyderzée.

Nous tracerons le cours des principaux du sud au nord.

L'Escaut (Schelde) sort du territoire de la Belgique .baigne le fort de Bath ,près duquel il se partage en deux branches : I'occidentale , dite aussi Hont, et I'orientale; elles forment la plupart des îles dont se compose la Zélande.

La Meuse (Maas) vient du royaume de Belgique , passe par Maestricht, Roermonde, Venloo-, et,

MONARCHIE HOLLANDAISE

après avoir formé un grand nombre de bras , elle se jette par deux embouchures principales dans la mer du Nord. Son principal affluent, dans les limites du royaume, est la Roer à la droite. Il faut aussi observer que la Meuse reçoit à la droite le Wahal et le Leck, qui sont les deux branches principales du Rhin , et qu'elle prend le nom de Merwe après sa jonction avec le Wahal , dénomination qu'elle perd ensuite pour reprendre son premier nom vers son embouchure septentrionale; cette branche baigne Rotterdam, Schiedam et Brielle. Une partie de sa branche méridionale reçoit aussi dans le pays la dénomination de Moekdyk , du village de ce nom , situé dans le Brabant-Septentrional , ou l'on passe ce fleuve sur des pontons-, celle-ci baigne Helvoetsluis.

Le Rhin sort de l'Allemagne , et proprement de la monarchie prussienne; à peine entré dans le royaume de Hollande, ce fleuve se partage en deux bras : celui de la gauche prend le nom de Wahal , court à l'ouest, passe par Nimègue et se réunit à la Meuse -, le bras droit se divise au-dessus d'Arnhem en deux autres; celui de droite ou I'Yssel va au nord, baigne Doesburg, Zutphen , Deventer, reçoit une petite rivière nommée Yssel, qui vient de la Westphalie et se jette dans le Zuyderzée-, le bras gauche , qui conserve le nom de Rhin , envoie à Wyk-by-Duerstede une autre branche nommée Leck , à la Meuse , tandis que le Rhin, appauvri par tant de partages , sé dirige au nord versUtrecht, où il détache encore un de ses bras, qui sous le nom de Vecht entre à Muiden dans le Zuyderzée. Enfin le véritable Rhin court vers l'ouest à Leyde, où il n'a plus que la largeur d'un grand fossé , et parvient au village de Katwyk, où depuis 1807 on lui a frayé une embouchure que les sables avaient obstruée depuis long-temps. La Moselle , un des affluens du Rhin , ne fait que toucher pendant quelques milles la frontière orientale de la partie hollandaise du grand-duché de Luxembourg.

• Le Hunse , petite rivière qui traverse les provinces de Drenthe et deGroningûe , baigne Groningue et entre dans le golfe de Lauwerzee.

L'Ems , dont l'embouchure seule touche le royaume.

canaux, et chemins de fer. Notre cadre ne nous permet pas d'entrer dans les détails qu'exigerait la description des nombreux canaux qui coupent ce royaume dans toutes les directions. Nous nous bornerons à faire mention des deux suivans , comme des plus remarquables : le canal du Nord, dans la Hollande , commencé en 1819 et fini en 1824 : il joint le port d'Amsterdam à celui de Nieuw- Diep par une ligne navigable pour les vaisseaux de guerre et les vaisseaux marchands du plus fort tonnage. Par un trajet de 20 lieues , toujours sûr et facile, il leur fait éviter les longs détours souvent contrariés par les vents et les hauts-fonds qui les obligeaient de s'alléger en prenant le

Zuyderzée. C'est le plus beau canal que l'on connaisse. Ses grandes écluses ont 190 pieds de long, 24 de profondeur et 55 d'ouverture entre leurs portes. La qualité du sol a obligé à les fonder sur des pilotis enfoncés jusqu'à 30 pieds au-dessous du niveau du flux ordinaire de la mer. Le canal dit le Zederik , qui allant de Vianen à Gorkum, abrège de huit jours le trajet d'Amsterdam à Cologne ; ' c'est dans sa construction que, selon M. Huerne de Pommeuse, on a pratiqué pour la première fois ces belles écluses dites à éventail, qui par des appareils de construction particulière, peuvent voir ouvrir leurs portes dans les hautes eaux par l'effet même de la pression du biez supérieur. Le canai dit Zuid-Williems-Waast , qui fait communiquer Bois-le- Duc avec Maestricht :

il reçoit les grandes barques de la Meuse , quichargentjusqu'àsoo tonneaux, et présente près de cette dernière ville une des plus belles écluses. Enfin celui qui, en passant par Groningue et Leeuwarden , s'étend depuis l'Ems jusqu'à Harlingensur le Zuyderzée. Dans presque toutes les provinces et surtout dans les deux Hollandes les villes communiquent par des canaux comme elles communiquent ailleurs par des routes; ces canaux sont parcourus par des barques qui passent à des heures établies et y remplacent assez généralement les diligences. Mais on ne saurait passer sous silence un autre genre de construction hydraulique qui est de la plus grande importance pour ces mêmes provinces, et qui forme un de leurs principaux traits caractéristiques : nous voulons parler des fameuses digues réparées tous les ans avec des frais énormes, pour protéger contre les fureurs de la mer du Nord et du Zuyderzée, la Zélande, la Frise, la Groningue et une partie de la Hollande, dont le sol est bien au-dessous du niveau de ces deux mers. Ne pouvant nommer tous ces ouvrages dus au génie de l'homme, nous nous bornerons à citer la digue de West-Cappel à la pointe occidentale de File de Walcheren, regardée comme la plusmerveilleusede ces jetées artificielles.

Un chemin de fer d' Amsterdam à Leyde par Harlem, déjà ouvert, sera prolongé jusqu'à Rotterdam par La Haye et Delft. Celui Amsterdam à Arnheim sur le Rhin, est moins avancé.

ethnographie. Sans tenir compte des Juifs, qui ne forment qu'une petite frac-

EUROPE

tion de la population du royaume, on peut partager tous ses habitans entre les deux souches suivantes : la Germanique, à laquelle appartiennent les Hollandais , qui forment la grande masse de la population des anciennes sept provinces ; les Allemands , qui ne se trouvent que dans une partie de la province de Limbourg, dans le grand-duché de Luxembourg et dans les grandes villes des autres provinces; les Frisons , qui occupent quelques cantons de la Frise et quelques lies qui en dépendent. La Souche Gréco-Latine , qui comprend les Vallons; ceux-ci vivent dans une partie de la province de Limbourg, dans le grand-duché de Luxembourg et dans quelques autres localités où l'on parle le vallon proprement dit et le flamand français , dans deux dialectes de la langue française.

religion. Tous les cultes sont professés librement dans le royaume , qui ne reconnaît point de religion dominante. Le plus grand nombre des habitans professe la religion calviniste; le roi et sa famille y sont attachés. Viennent ensuite les luthériens et les catholiques. Après eux les mennonites , les juifs , les remontrons et autres prosélytes dont le nombre est encore plus petit.

gouvernement. Il est constitutionnel et ressemble beaucoup à celui de la France. Le roi partage le pouvoir législatif avec les Etats-Généraux , divisés en deux chambres : la -première chambre est composée des membres nommés à vie par le roi , parmi les personnes les plus distinguées par leurs services , leur naissance ou leur fortune; la seconde chambre se compose des députés nomméspar les provinces; ces deux chambres forment ce qu'on appelleles Etats- Généraux ; elles s'assemblent au moins une fois l'an. La constitution assure et garantit les mêmes droits à tous les citoyens. Chaque province a ses états particuliers, composés de membres élus par les trois ordres de l'état, qui sont la noblesse ou Y ordre équestre, V ordre des villes et Y ordre des campagnes.

Ils s'assemblent au moins une fois l'an, et chaque fois qu'ils sont convoqués par le roi. Le gouvernement des colonies appartient exclusivement au roi.

FORTERESSES et PORTS MILITAIRES . Les

principales forteresses du royaume sont : Maestricht , Breda , Berg-op-Zoom,

Bois-le-Duc, Flessingue,Le Helder, Cœ-

vorden. Nous ne parlons pas de Luxembourg , parce que cette ville, sous le rapport militaire, appartient à la confédération Germanique. Voyez à la page 228.

Les principaux ports et chantiers militaires sont : Amsterdam avec Medenblik ; le Texel et Nieuw-Diep; Rotterdam avec Helvoetsluis; et Flessingue.

industrie. Ce royaume est un des pays qui se distinguent le plus par leur industrie. Les toiles de Hollande, la céruse d^msterdam , Rotterdam , Schiedam , Dordrecht, Utrecht, etc. , etc. , qui est encore supérieure à celle qu'on fabrique dans tous les autres pays ; le borax et le salpêtre d'Amsterdam ; la cirerie de Harlem ; le genièvre de Schiedam , Gouda et Amersfort ; le vermillon d'Amsterdam , que depuis long-temps on a essayé en vain d'imiter dans différens pays; les blanchisseries de Harlem , dont la réputation s'est répandue dans toutes les parties du monde et qui n'ont été encore surpassées nulle part; les papiers^ laHollande - Septentrionale , surtout ceux de Saardam ; les draps de Leyde ; les étoffes de soie de Harlem, d'Utrecht et surtout les velours de cette dernière ville ; les tanneries de Maestricht ; les fabriques de tabac d'Amsterdam et de Rotterdam ; la faïence de Delft ; lespipes de Gouda ; les aiguilles de Rotterdam et de Bois-le-Duc ; les raffineries de sucre d'Amsterdam, Rotterdam et Dordrecht, et parmi lesquelles celles d'Amsterdam seulement travaillent au-delà de 40 mil-* lions de livres par an ; les livres et les gravures d'Amsterdam; la belle taille de diamans de cette ville , et une foule d'autres objets démontrent l'active industrie des habitans de ce royaume.

commerce. Les ci-devantVII Provinces- Unies ne se trouvent plus en possession du commerce du monde comme autrefois.

La cause en est due à la concurrence des autres nations commerçantes , aux évènemens qui se sont succédés et à la perte de plusieurs centaines de millions qui s'en est suivie. Quoique le commerce soit bien déchu en comparaison de ce qu'il était au xvi* siècle, il est encore très considérable , et il s'est beaucoup relevé depuis la restauration. On doit ajouter qu'aucune partie du globe, l'Angleterre seule exceptée , n'offre relativement à son étendue plus de capitaux que ces provinces ; leurs habitans possèdent 3,400,000,000 de

MONARCHIE HOLLANDAISE

francs chez différens peuples, ce qui les met en état d'entreprendre les affaires commerciales les plus étendues et les plus importantes. Les principales importations du royaume consistent en grains , sels, vins, bois de construction, bœufs maigres pour y être engraissés , chiffons , fer et une foule d'autres objets qui sont les matières premières de plusieurs manufactures , outre plusieurs autres articles fabriqués que l'on importe pour en faire le commerce de commission. Ce dernier est encore très important ainsi que le change, qui donne un bénéfice annuel très considérable aux banquiers de ce royaume. On doit aussi ajouter que si le commerce de fleurs continue de conserver une très grande importance, la pêche de la baleine et du hareng n'est que l'ombre du passé , quoiqu'elle ne soit pas pour cela délaissée.

Les principales exportations consistent en toiles , fromage , beurre , poissons salés , papier , viande salée , épiceries et autres articles des Indes-Orientales et Occidentales ; garance dont la seule exportation pour l'Angleterre a dépassé derniè-

rement la valeur de 4 millions de francs ; tabac , pipes à fumer , fleurs , huiles , genièvre , semences , peaux , borax et camphre.

Les principales villes commerçantes du royaume sont: Amsterdam, Rotterdam , Middelbourg , Flessingue, Briel, Dordrecht , Enkhuizen , Zierikzee , Groningue et Utrecht.

ville capitale. Amsterdam est la ville principale du royaume ; La Haye est la capitale réelle , puisque le roi , la cour, les chambres et les administrations générales y résident habituellement.

DIVISION ADMINISTRATIVE. Tout le

royaume est divisé en dix provinces subdivisées en districts et ceux-ci en cantons. La province de Hollande r relativement à son administration intérieure, est subdivisée en Hollande-Méridionale et en Hollande-Septentrionale. La province de Luxembourg est décorée du titre de grand-duché , et appartient au roi, qui, en sa qualité de grand-duc de Luxembourg, est membre de la confédération Germanique. Voyez aux pages 225 et suivantes.

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