DOMAINES EN-DEÇA DU PHARE
Naples Naples (Napoli), Pozzuoli, Somma, Ottajano , Casoria , Port/ci ,
B.esina, les restes A'JIerculanum, Torre del Greco , Torre de II' Annonziata, les restes de Pompe ia, Castellamare, Sorrento. Les îles Procida, Ischia, Capri.
Terre de Labour (Terra di Caser ta, Piedimonle, San-Germano et Monte-Cas si no, Sora,
Lavoro) Arpino, Alina, Gaële, Capoue, Ste-Marie, Nola, Acerra, Aversa,
Maddaloni. Le groupe dçs iles Ponza.
Principauté Citérieure . Sale me, Campagna, Sala, les ruines de Pœstum, Fallo, Amalfi, Nocera, Caca.
Principauté Ultérieure . Avellino, San- Angelo de' Lombardi , Ariano , l'hermilage de Monle-Vergine , Atripalda, Monlella, Solofra.
Molise Campobasso, Isernia, Larino, Termoli, Agnone.
Aiuiuzze-Ultérieure IIe. . A q u i I a , Avezzano, Capislrello, Angizia, CivUà-ducale, Peseina, Sulmona.
abruzze-Ultérieure lTe. . Teramo, Campli, Penne (Civita di Penne), Civitella del Tronto,
Senarica.
arruzze-Citérieure .... Chieti (Cività di Chicti) , Lanciano, Ortona a Mare, Pescara, Vasto, l'ancien couvent deSàn-Fito.
Capitanate - Foggia, Ascoli, Bovino, Lucera, Manfredonia, Monte San- Angelo, San-Severo. Le groupe des iles Tremitioù se trouve l'ile San-
Ni cola, etc.
Bari Bari, Andria, Terlizzi , Bilonlo , Allamura , Gravina, Barletla ,
Trani, Bisceglia, Molfetta, Giovenazzo, Monopoli.
Terre d'Otrante Lecce, Sta-Maria di Leuca, Alessanot Olrante , Brindes (Brin-
disi) , Francavilla, Tarenle, Manduria, Gallipoli, Nardo, Galatina.
Basil icate P o t e n z a , Lagonero, Tursi, Matera, Monlepeloso, Melfi, Oppido,
Muro.
Calabre-Citérieure . ... Cosenza, Bisignano, Cassano, Castrovillari, Corigliano, Rossano, Scigliano, Paola ou Paula, Longobuco.
Calabre-Ultérieure 11e . Cata nzaro, Sta-Severina , Colrone, Nicastro, Pizzo, Monte- Leone, Parghelia, Tropea, Nicotera, Stilo, Serra.
Calabre-Ultérieure Ire . Reggio, Scillat Seminara, Palmi, Gerace, Bova et les ruines de Locri, Oppido.
DOMAINES AU-DELA DU PHARE (Sicile).
Palerme Palerme , Montreale, Corleone , Terminit Cefalù, Bisacquino.
L'ile Ustica.
Messine Me s s in e (Messina) , Melazzo , Patti , Mistretta, B.andazzo, Taor-
mina, Castroréale. Le groupe de Lipari, où se trouvent les iles Lipari avec Lipari, Fulcano, Salini, Stromboli, etc., etc.
ITALIE
Catane. . Catane (Catania), Aci-reale, Mascali, Paterno, Broute, Nicosia,
\ Caltagirone.
Syracuse Syracuse (Siragosa) , Agosta (Augusta), Noto , Spaccaforno ,
\ Ispica, Modica, Scicli, Ragusa, Comiso. L'ilot Marzamene. Caltamsetta Galtanisetta, Léon forte , Mazzarino, Terranova , Piazza ,
Castro- Giovanni } Pietra-Perzia.
Gjugenti Gi rge n t i , Palma . Naro, Mussomeli, Siacca, Sambucca , Jlicata ,
Cannigati, Cattolica, Bivona. Les îles Pantellaria, habitées, Li-
nosa et Lampedouse , désertes.
Trapani Trapani, Monte-Giuliano, Castellamare , Alcamo, Calatafimi,.
Salemi, Castelvetrano, Mazzara, Marsala. \.e groupe des Egades .
où se trouvent les îles Favignana, Maretimo, Levanso, etc., etc.
topographie. Naples, située dans une lais s'élèvent à ses côtés : à gauche, celui
position magnifique, à la droite de la pe- prince de Salerne, dont l'élégance
tite rivière Sabeto, et s'élevant en am- des appartenons et les vastes jardins
phithéàtrc jusqu'à la hauteur d'environ font la principale beauté ; à droite celui
cinquante toises, entre le Vésuve à l'est et que le roi destine pour le logement des
le Pausilippe à l'ouest, au fond du golfe princes étrangers. Le palais royal de
auquel elle donne son nom. La fertilité de Capo di Monte, qui domine la ville el
son territoire, la douceur du climat, la auquel aboutit le nouveau chemin de
beauté incomparable de ses alentours , Capo di Monte par un pont magnifique
les nombreuses et imposantes antiquités hardiment jeté par-dessus les maisons du
qui l'environnent, une foule de phéno- faubourg Sanità; ce palais a été dernié-
mènes physiques offerts à l'observation du rement beaucoup embelli et augmenté;
naturaliste et du philosophe, la masse de tout près se trouve une cascina, établis-
sa population qui n'est inférieure qu'à cel- sèment champêtre, où l'on forme depuis
les de Londres, de Paris et de Constantino- quelque temps une flore superbe , sur le
pie, lemouvementqu'imprimeaucommer- modèle de celle que le dernier roi a formée
ce l'approvisionnement et les amusemens à Bocca di Falco, près de Palerme ;
d'une grande métropole , les nombreux enfin le petit palais royal de Chiata-
établissemens philantropiques qui la met- mone, remarquable par sa situation dé-
tent sous ce rapport aux premiers rangs licieuse et par son jardin suspendu,
parmi les capitales de l'Europe, et ses Le grand édifice des Studj , où se
importans instituts littéraires, dont quel- trouvent la bibliothèque Borbonica, l'école
ques-uns rivalisent avec les principaux des arts et les musées; V université , le
des plus grandes métropoles; tout cela Reclusorio » ou hôtel des pauvres , Vhô-
rend le séjour de Naples un des plus pital des incurabili et celui de VAn-
agréables que l'on puisse imaginer. Mais, nunziata, auquel est annexée la riche
pour être impartial, il faut aussi avouer maison des enfans trouvés; Y arsenal ,
que cette ville, relativement à son étendue le palais archiépiscopal , le théâtre
et à son importance, offre moins d'édifices de St-Ferdinand, réputé pour l'archi-
remarquables en comparaison des autres tecture le plus beau des dix que possède
grandes villes de l'Italie; ses églises, cette ville, et la Vicaria ou Caslel Ca~
surchargées dans leur intérieur de doru- puano> ancienne demeure des rois occu-
res, de tableaux des grands maîtres et pée maintenant par les tribunaux ; les
d'ornemens, sont peu recommandables par archives générales du royaume, dont
leurs dimensions et par leur architecture; une partie est changée en prison; tous
on peut en dire presque autant des pa- ces bàtimens doivent être rangés parmi
lais et des autres édifices publics. Nous les principaux de Naples. Mais deux édi-
allons cependant citer les principaux bà- fices construits depuis quelques années mé-
timens publics et particuliers qui méritent ritent surtout une mention particulière;
d'être signalés à l'attention du voyageur, ce sont : le magnifique théâtre de St-
Le Palaù-Royal , remarquable par Charles, qui est un des plus beaux et
ses vastes dimensions, l'architecture de des plus grands du monde; et le palais
son frontispice, son magnifique escalier, des ministères royaux (reali ministeri)
la beauté et la richesse de ses apparte- ou des finances, achevé en 1826 , et
mens ; c'est la résidence ordinaire du roi. remarquable par son architecture et par
Une partie de ce palais vient d'être dé- ses vastes dimensions. On doit aussi
truite par un incendie. Deux autres pa- mentionner parmi les principaux édifices
EUROPE
publics quelques-uns des nombreux couvens que celte ville renferme. Nous citerons le couvent de Ste-Claire, où vers la fin du siècle passé on comptait plus de 350 religieuses outre les domestiques des deux sexes ; ceux de Sie-Marie des Carmes , de la Trinité , de Sl-Dominique-le-grand , de Mont-Oliveto et celui des Chartreux , occupé maintenant par les invalides; c'est un bâtiment vaste et richement décoré , dans une position vraiment superbe ; du haut de sa tour on découvre toute la ville, et ses deux golfes se dessinent dans toute leur étendue ; ce point offre encore un effet d'acoustique remarquable : on y entend le bourdonnement, les voix, les cris de la population, le bruit des voitures, etc., etc. On ne doit pas oublier les catacombes, qui occupent les cavités d'une montagne dans la partie septentrionale de la ville; elles servaient de sépultures dans les premiers siècles de l'Eglise, et on prétend qu'elles sont plus étendues que celles de Rome et de Syracuse.
Parmi le petit nombre de palais particuliers qui méritent une mention sous le rapport de l'architecture, nous citerons d'abord ceux de Bisignano et (YOrsini ou Gravùia , ensuite les palais Colonna ou Sligliano, Imptriali ou Francavilla , Fcrrandina , Filomarino ou délia Torre , Boria ou Angri , San- Buono, délia Riccia et de Tarsia,- ce dernier renferme une bibliothèque ouverte au public.
Parmi les églises de Naples nous nommerons : la cathédrale , dédiée à saint Janvier et renommée par la richesse de ses deux chapelles , dans une desquelles on conserve dans deux ampouies le sang de ce saint ; Y église de Gesu-Novo , qui passe pour la plus belle de Naples ; celle du couvent de Ste-Claire , qui ressemble plus à une salle de bal qu'à un temple; elle est destinée à recevoir les dépouilles mortelles du roi et de sa famille ; celles de St-Dominique, de Sl-Philippe Neri, de St-Paul Majeur, de St-Martin des Chartreux, de Sle-Marie des Carmes, des Apôtres. 11 faut aussi ajouter celle de St-François de Paola , que l'on bâtit actuellement , et qui paraît devoir les surpasser toutes sous plus d'un rapport , malgré les défauts de son archixecture.
Cette ville , à laquelle des voyageurs
ignorans ou de mauvaise foi et des géographes peu instruits font le reproche banal de ne contenir qu'une population ignorante et de manquer d'établissemens scientifiques, n'avait, en 1827, pas moins de 4 écoles secondaires , 55 écoles -primaires , 1581 maîtres publics sans compter ceux qui dépendent des autorités ecclésiastiques et un grand nombre d'établissemens scientifiques et littéraires , dont quelques-uns peuvent rivaliser avec les principaux des autres capitales de l'Europe. Nous nous bornerons à citer Y université , le lycée del Salvaiore , Yécole de paléographie attachée aux archives générales du royaume ; Yinstituto ou Yécole de peinture, de sculpture, et Y établisse ment pour dérouler et déchiffrer les manuscrits découverts à Herculanum {officine di papiri) le collège militaire, Yécole militaire, Y académie de marine, Yécole vétérinaire , les deux grandes écoles pour tes filles, aux Miracoli et à San- Marcellino , dont la pension annuelle monte à 200,000 francs ; les collèges de musique pour les hommes à Sa?i- Pielro à Majolla et pour les filles à la Coucordia ; Y hôtel royal des pauvres (real albergo de' poveri) où près de 6000 enfans apprennent tous les arts et les métiers, et qui coûte près de 500,000 fr. au gouvernement ; les chaires de clinique, d'accouchement, A'ophthalmologie et de chirurgie, attachées aux grands hôpitaux de la ville. Viennent ensuite le jardin botanique, un des plus riches de l'Italie ;' Y observatoire de Miradois , pourvu d'instrumens magnifiques de Reichenbach et de Herschel , et celui de la marine à San-Gaudioso ; le bureau to- \ pographique avec une riche collection 1 d'instrumens géodésiques; les quatre bibliothèques publiques , parmi lesquelles figure la Borbonica , une des plus riches de l'Europe, et où en 1795 le célèbre astronome Cassella a tracé une grande méridienne ; les cabinets de minéralogie, j d'histoire naturelle , de physique et de chimie ; le musée royal des antiques, formé des objets trouvés à Stabia, Herculanum et Pompéia, des collections de la maison Farnèse de Rome, des musées Borgia , Vivenzio et d'autres monumens dispersés de l'art classique des Grecs et des Romains ; sous bien des rapports cet établissement est le plus riche qui
ITALIE
4on
existe; ses nombreux tableaux antiques surtout lui assurent une supériorité incontestable ; Y académie Bourbonique (acadeniia Borbonica) , divisée en trois sections, Ereoianenseoii des antiquités, des sciences et des beaux-arts, à laquelle le roi assigne près de 60,000 fr. par an; Y institut à encouragement ; les sociétés Ponlaniana etSebezia.
Naples a plusieurs places, niais elles sont presque toutes irrégulières ; les principales pour leur architecture sont : la place du Palais Royal décorée par les deux statues équestres en bronze de Charles III et de Ferdinand I ; la -place degliStudj (des Etudes) et celle du Spirito *Sa/ito(duSt-Esprit). Les plus grandes sont laplace du Caslello (du château), des Pigne, de Fontana Medina , de Monte Calvario, de la Trinità Maggiore, de Y Arcivescovado (de l'archevêché) , de San-Lorenzo , de San-Domenico, de la Carità et du Mercalo (marché); cette dernière est la plus fréquentée par le peuple et celle où l'infortuné Corradin a été décapité. La principale rue de Naples est celle de Tolède ; longue presque d'un mille, large, bien alignée, bien pavée et ornée de beaux édifices , elle est toujours remplie de monde, et présente une foire perpétuelle. Viennent ensuite la Ridera di Chiaja, Santa-Lucia, Monteoliveto. Carbonaro et F oria. Plusieurs rues du centre sont étroites et rendues obscures par la hauteur des maisons, mais elles sont toutes pavées en dalles de lave noire et très propres.
Parmi les délicieuses promenades qu'offre cette métropole, celle de Chiaja est la plus belle et la plus fréquentée ; il faut y distinguer le jardin du Roi nommé Villa Reale, et la Riviera di Chiaja, qui est la rue; celle-ci, que nous venons aussi de ranger parmi les plus belles rues de Naples, est un quai immense. On y a planté trois rangées d'arbres en berceaux, défendues par des parapets et des grilles, ornées de fontaines, de statues, de treillages, de gazons, de parterres et d'orangers; on y a bâti des terrasses, des casinos, des cafés et des billards. Depuis quelques années on y tient la foire du mois de juillet ; Chiaja est sans contredit une des plus belles promenades du monde. Celle de Villa-Reale a été beaucoup embellie depuis quelque temps ; on y voit depuis 1825 le fameux bassin de granit
oriental d'une seule pièce, quoique ayant 66 palmes de circonférence ; il occupe la place où s'élevait autrefois le fameux groupe du Taureau Farnèse, transnorté dans le musée. On doit aussi faire mention du mole, continuellement fréquenté par un grand nombre de personnes. C'est là qu'on entend des improvisateurs qui attirent le peuple en récitant des morceaux de poésie; la tour de la lanterne ou phare et une belle fontaine ornent cette jolie promenade.
Naples, siège d'un archevêché et de toutes les autorités supérieures, est partagée en 12 quartiers; celui du Mercato (marché) est le plus peuplé; leur population s'élève à 364,000 habitans, non compris la population flottante consl animent de plusieurs milliers. La population relative des environs est supérieure à celle des environs de toutes les villes de l'Europe.
Un chemin de fer joint Naples à Castellaraare par Portici, et d'un autre côté par un embranchementà Nocera; un autre la rattachera bientôt à Caserta et plus tard à Capoue.
Les fortifications de Naples sont peu importantes sous le rapport militaire.
Elles consistent en cinq forts, dont les trois principaux sont : St-Elme, qui domine toute la ville, et qui paraît plutôt destiné à contenir les habitans qu'à les défendre contre un agresseur étranger; le château de ÏOEuf, qui s'élève sur un rocher au milieu de la mer, et célèbre dans l'histoire du royaume ; et le château Neuf, remarquable par son arc de triomphe et par plusieurs objets curieux qu'il renferme. Le port de Naples , ouvrage de l'art , est petit, mais la rade est très étendue ; on pense généralement qu'elle pourrait servir à former un second port très sûr.
Les environs de Naples offrent un grand nombre d'endroits importans. Du côté de l'ouest on voit le fameux mont Pau s ilipp e ; c'est une colline de tuf a volcanique ou pipérine, percée d'un bout à l'autre sur une longueur de plus d'un mille : celte magnifique galerie, qu'on pourrait regarder comme le plus ancien ouvrage de ce genre , porte le nom de Grotla di Posilipo ; un des grands chemins qui mènent à Naples y passe. Non loin se trouve la Fil la Floridia , donnée par Ferdinand 1 à la princesse Partana , qui en prit le titre et qu'il épousa secrètement; l'élégance, la richesse, le luxe, les arts et la nature semblent s'être réunis pour embellir cette magnifique habitation Près de la côte de la Mergellina est situé le
EUROPE
tombeau de Virgile, dont il ne reste que les ruines de quatre murailles en briques, recouvertes par une riche végétation ; l'authenticité de ce monument lui donne une grande importance.
Pouzzole (Pozzuoli), petite ville épiscopale de 8000 habitans, remarquable par ses antiquités et par sa délicieuse situation , qui avait engagé les Romains à y élever un grand nombre de maisons <ie campagne. On y voit encore les restes de son ancien amphithéâtre qu'on appelle le Coloseo , presque aussi grand que le Colisée de Rome; l'arène est aujourd'hui convertie en jardin ; on distingue encore les portiques qui servaient d'entrée, les caves où l'on renfermait les bêtes , et autres parties. On doit citer aussi les restes d'un temple qui devait être de la plus grande beauté , consacré selon les uns aux Nymphes , selon d'autres à Sérapis ; ses colonnes percées par des pholades ont été et sont encore le sujet de grandes disputes parmi les géologues. Les environs de cette petite ville offrent en outre plusieurs curiosités naturelles remarquables, tels que le lac ù'Averne et celui de Lucrino , le lac Fusaro renommé par ses excellentes huîtres, la grotte du Chien et le lac d'Agnano, la Solfatara (soufrière ), petite montagne dont le sommet est continuellement environné d'une vapeur épaisse , et de laquelle on retire beaucoup de soufre ; enfin le Monte-Nuoi>ot assez haute montagne formée dans une seule nuit par une éruption volcanique en 1538 ; elle s'élève sur l'emplacement qu'occupait le gros bourg de Tripergola , englouti lors de cette catastrophe.
Bayes (Baia), près du cap Misène , misérable endroit presque désert, avec une rade et un port assez sûrs, mais remarquable parce qu'il a été le séjour délicieux des grands de Rome; les femmes les plus galantes ne manquaient pas de s'y rendre pour y passer l'automne ; il n'y avait pas de Romain un peu riche qui ne voulut y avoir une maison. La côte est couverte de magnifiques ruines -, la mer en recouvre une grande partie et empêche les fouilles. On y voit encore les restes des bains de Néron , d'un palais de Jules César, et ceux des temples de Vénus , de Diane et de Mercure ; ce dernier est une grande rotonde; celui de Vénus offre encore la coupole , les petites chambres des côtés et les bains des ministres ; au-dessus sont plusieurs chambres ornées de stucs et de bas-reliefs, qu'on croit avoir été l'asile de la débauche. Le marquis d'Acerno Mascaro fait faire depuis quelque temps de grands travaux pour assainir cette contrée et la rendre à la culture. Dans ses environs, dont une partie se confond avec ceux de Pouzzole , on voit une foule d'objets curieux ; nous nommerons : les Cento Camerelle; la Piscina Mirabile , qui n'est plus qu'un réservoir-, les restes du théâtre de Lucullus ; les ruines de la ville de Cumes, si renommée parmi les Romains par le luxe et la richesse de ses habitans-, la grotte de la Sibylle , dont l'entrée était à Cumes, 'mais qui n'offre plus rien de remarquable , l'intérieur étant presque comblé par l'éboulenient des terres; le tombeau d'Agrippine , dont les sculptures et les bas-reliefs sont encore assez bien conservés; les Champs-Elysées, où l'on
respire un air empesté qui contraste singulièrement avec la description qu'en ont faite les anciens-, le fameux cap Misène , où était la station de la flotte romaine destinée à maintenir la sûreté des mers et des côtes , depuis le détroit de Messin» jusqu'à celui de Gibraltar ; la ville qui s'élevait sur le promontoire n'existe plus , ainsi que les grands travaux faits parles Romains pour la commodité de leurs marins.
A l'est de Naples on trouve : Portici , petite ville bâtie au pied du Vésuve, avec un palais du roi, beaucoup embelli depuis quelques années , et prés de 5000 habitans. Les objets précieux qui formaient son musée ont été réunis au musée Borbonico de Naples. Rf.sina , gros village d'environ 9000 habitans, presque contigu à Portici; on y voit la Favorila, belle maison de plaisance du prince de Salernc. C'est de Résina qu'on part ordinairement pour aller visiter le Vésuve -, c'est aussi à Résina qu'on descend pour visiter l'ancienne Herculanum, que la terrible éruption du Vésuve ensevelit l'an 79 de Jésus-Christ sous une couche épaisse de grapilio, espèce de petite pierre-ponce de la grosseur d'une noisette. Les premières fouilles qui annoncèrent son existence remontent à l'an 1713 celles qui sont postérieures ont amené à différentes époques les résultats les plus importons pour l'archéologie ; elles donnèrent non-seulement une idée des artsdes anciens Romains, mais même de leur manière de vivre-, elles démentirent ou confirmèrent les conjectures que divers commentateurs ont pu hasarder d'après quelques passages obscurs des anciens écrivains. Les monumens les plus curieux retirés de cette ville, ainsi que de celles de Pompeïa et de Stabia, ont été rassemblés d'abord dans le musée de Portici, el ensuite dans le Borbonico à Naples; une académie littéraire a été créée pour s'occuper de l'examen et de la description des pièces provenues des fouilles , et les résultats de ses discussions ont été publiés dans un magnifique ouvrage. On voit par la partie déjà explorée de cette ville que les rues d'Hcrculanum sont tirées au cordeau ; elles ont de chaque côté des trottoirs pour les gens a pied, et sont pavées, de laves semblables à celles que jette actuellement le Vésuve. Quelques maisons sont pavées de marbre de différentes couleurs , d'autres de mosaïque. Il y a autour des chambres un gradin d'un pied de haut, où l'on croit que se tenaient les esclaves. Les murs sont pour la plupart peints à fresque; ces peintures présentent des cercles, des losanges, des colonnes, des guirlandes, des oiseaux. Cet usage s'est conservé en Italie , où jusqu'à ces dernières années l'on ne voyait presque pas de tapisseries dans les appartemens ordinaires. Les fenêtres étaient fermées avec des volets pendant la nuit et ouvertes pendant le jour -, on n'a trouvé de vitres qu'à un petit nombre de maisons ; le verre en était très épais. Les deux édifices les plus considérables découverts à Herculanum sont : le théâtre , situé sous Résina , et le Forum. Le théâtre est grand et magnifique , sa façade est ornée de belles colonnes de marbre et ses décorations étaient très riches. Le Forum était un vaste bâtiment dans lequel on rendait la justice ; il est de forme rectangu-
laire , avec un péristyle orné de colonnes , le portique d'entrée était orné de plusieurs statues équestres en marbre, parmi lesquelles figuraient les deux deBalbus qui sont d'une grande beauté t'tles seuls monumens antiques de cette matière qu'on ait dans ce genre ; on y trouva aussi les statues colossales en bronze de Néron et de Germanicus dans des niches ornées de peintures. Le Forum communique par un portique à deux temples voûtés et intérieurement décorés de peintures à fresques.
Parmi les objets les plus curieux qu'on a trouvés dans cette ville, on doit rangerles manuscrits sur des feuilles de papyrus (cyperus papyrus), collées les unes à côté des autres et roulées sur un cylindre de bois. 11 n'y a qu'un côté qui soit chargé de petites colonnes d'écriture lesquelles ont àpeu-près la hauteur de nos in-12. Ces manuscrits étaient rangés les uns sur les autres dans une armoire de marqueterie. L'humidité avait pouri ceux qui n'avaient pas été saisis par la chaleur des cendres du Vésuve ; ils tombèrent comme des toiles d'araignées, aussitôt qu'ils furent exposés à l'air. Les autres étaient réduits en charbon ; c'est ce qui les a conservés; ils ressemblent à un bâton de deux pouces de diamètre qui a été brûlé. On est parvenu à en dérouler quelques-uns par un procédé aussi ingénieux que délicat. Les quatre premiers manuscrits grecs qui ont été développés sont un traité de la philosophie d'Epicure , un ouvrage de morale , un poème sur la musique et un livre de rhétorique.
Les fouilles suspendues depuissi long-temps ont été reprises au commencement de 1828 , par ordre du dernier roi, sur un nouveau plan , sous la direction de l'architecte Bonucci, si connu par sa belle description de Pompeïa ; elles ont déjà donné des résultats importans. On a mis à découverte plusgrande maison particulière desanciens que l'on connaisse jusqu'à présent. On y trouve mie suite de chambres avec une cour au milieu; puis une division pour les femmes , un grand jardin entouré d'arcades et de colonnes, enfin de grandes salles qui servaient probablement aux réunions de famille. Une autre maison qu'on a mis aussi à découvert est remarquable par les provisions qu'on y a trouvées dans des magasins encore fermés; elles consistent en dattes, châtaignes, en grosses noix, figues sèches, amandes, prunes, grains, ail, pois, lentilles et petites fèves, de la pâte, de l'huile, des jambons. On y a aussi trouvé plusieurs tableaux , des vases et autres objets en verre , en bronze et en terre cuite , ainsi que des médaillons en argent représentant en relief Apollon et Diane. En outre on a découvert la maison entière d'un barbier; la boutique de cet artisan , les ustensiles, les bancs où les citoyens se plaçaient en attendant leur tour, l'étuve et jusqu'aux épingles qui servaient à la chevelure des femmes , tout est dans un état de conservation extraordinaire. Précédemment on avait trouvé plusieurs instrumens de chirurgie et entre autres des sondes droites en argent dans la maison d'un chirurgien située dans une autre partie de la ville. On continue les fouilles dans toute la rue -% on se propose de pénétrer ensuite
dans les boutiques et les maisons qui la bordaient des deux côtés, ainsi que dans les ruelles qui y aboutissent.
Torre dell' Annunziata , avec 9000 habitans , remarquable par sa grande fabrique d'armes el surtout par son voisinage de Pompeïa , ancienne ville de la Campanie , découverte en 1755 ; les fouilles ne se firent d'une manière régulière que depuis 1799, et surtout dans ces dernièresannées. par le zèle infatigable du jeune marquis de Ruffo , directeur des arts au ministère de la maison du roi, et sous la direction de l'architecte Bonucci et de l'estimable savant M. Arditi , directeur des musées royaux. On a le projet de déblayer entièrement cette ville unique dans son genre, qui sort, pour ainsi dire, tout entière du sol pour nous dévoiler les plus petits détails de la vie domestique et des arts mécaniques et libéraux chez les Romains à l'époque de leur plus grande puissance ; aussi son enceinte offre-t-elle aujourd'hui le meilleur cours d'antiquités qu'on puisse faire. 11 n'y a point de ruines qui inspirent plus d'intérêt que celles de Pompeïa ; tout s'y trouve tel qu'il était le jour de la terrible catastrophe qui l'an 79 la fit disparaître sous une couche de cendres volcaniques qui s'élève à peine de quelques pieds audessus du faîte de ses édifices. Les ornières tracées par les roues des voitures sont encore empreintes sur le pavé. Déjà on se promène dans ses rues garnies de trottoirs de chaque côté et dans ses places ornées de beaux bàtimens; déjà on visite ses temples et les palaisdes grands ; on entre dans ses théâtres , on examine les boutiques , les cabarets et les maisons des particuliers de toutes les classes. Ces dernières se ressemblent toutes; les plus grandes comme les plus petites ont une cour intérieure au milieu de laquelle est un bassin ; cette cour est ordinairement décorée d'un péristyle à colonnes, ainsi qu'on le voit encore en Italie. Leur distribution est fort simple et uniforme. Toutes les chambres donnent sur la cour ou sur les péristyles ; toutes sont très petites, isolées, et ne communiquent point entre elles; beaucoup sont sans croisée et ne reçoivent le jour que par la porte ou par une ouverture pratiquée au-dessus. Le goût italien pour la peinture à fresque ,se retrouve encore ici comme à Herculanum ; il y a fort peu de murailles sur lesquelles il n'y ait quelques peintures ; les couleurs doivent avoir été bien bonnes, puisque dès qu'on jette un peu d'eau dessus , elles reparaissent avec quelque vivacité. Les anciennes fouilles et celles qu'on fa/t actuellement ont fourni une foule d'objets précieux ou intéiessans sous plusieurs rapports. On y a trouvé des statues, des médailles d'or et d'argent , des vases de toute espèce, des chaînes pour les criminels, des bracelets pour les jeunes filles, des candélabres élégans, des boites contenant des pillules et autres préparations pharmaceutiques , une balance avec son poids , ayant la forme d'un Mercure , une bague avec le mot ave, tous les ustensiles de l'établissement d'un foulon , la bibliothèque de Salluste, les parchemins du consul Pansa, etc.
Parmi les plus belles maisons de Pompeïa, il faut distinguer celle de Marius-Arrius Diomè-
EUROPE
de; elle se compose de Irois étages-, le rez-dechaussée seul contient huit chambres; sa cour est grande , environnée d'un portique avec des colonnes en stuc ; un jardin et un bassin en marbre font partie de l'habitation -, au-dessous se trouve une vaste cour où l'on voit encore les amphores, vases dans lesquels les anciens conservaient le vin; on a trouvé des squelettes dans cette cave. Cet édifice est situé à l'entrée de la ville, où l'on aperçoit plusieurs tombeaux et des monumens funéraires d'une grande beauté. La maison qui se distingue le plus par son élégance , la richesse et la beauté de ses mosaïques est celle qui portait l'inscription de Caïus Sallustius. Dans celle dite du fauno à cause du beau faune en bronze qu'on y trouva, on a découvert la plus belle mosaïque que l'antiquité ait léguée à l'Europe moderne ; c'est un grand tableau historique représentant à ce qu'on croit la bataille entre Alexandre et Darius. Vingt-six guerriers et quinze chevaux de dimensions presque naturelles forment ce groupe admirable. Cette mosaïque dont la surface est de 198 palmes carrés sans comprendre le cadre , est composé de morceaux de marbre de différentes couleurs tellement petits , que chaque palme carré en contient 6942, ce qui fait 1,374,510 morceaux pour la totalité du tableau. Les plus beaux édifices publics sont : le grand portique , le forum, le Panthéon ou temple d'Auguste , le temple d'isis, le temple d'Esculapc, le théâtre tragique, le théâtre comique mieux conservé ; mais celui qui surpasse tous les autres édifices par sa magnificence, son bon goût, son luxe et par le peu de dégâts qu'il a éprouvés, est sans contredit le bâtiment des bains. Pour donner une idée de l'importance de cette ville, il suffit de citer une affiche de loyer trouvée à Pompeïa par laquelle Julie Felicia, fille de Spurius, offrait pour cinq ans la location de ses biens consistant en un bain et neuf cents boutiques.
La certitude acquise par les fouilles précédentes que la partie dans laquelle on travaille actuellement est le plus beau quartier de celte antique cité , se trouve confirmé par l'étendue d'une maison que l'on y a découverte depuis quelques années, et par l'abondance et la perfection des peintures dont elle est décorée. En voici la description succincte. On trouve d'abord, sur le devant, Yatrium toscan, membre ordinaire, et, pour ainsi dire , obligé des habitations de Pompeïa. Cet atrium est entouré de petites chambres très agréablement décorées, d'où l'on passe dans un petit jardin , autour duquel sont pareillement disposés des appartemens à l'usage des hôtes de la maison. A la gauche de l'atrium , se trouve un passage qui conduit à d'amples portiques, soutenus par des colonnes peintes en rouges et embellies , jusqu'à profusion , de tout ce que l'antique peinture nous a conservé de plus exquis et de plus gracieux. Ces portiques servaient uniquement pour les promenades ; ils enferment un petit jardin , au centre duquel est un bassin , où l'on nourrissait des poissons , et dans le fond se trouve un vaste triclinium. Le gynécée, ou la partie de l'habitation réservée aux femmes , consiste en
un péristyle, pareillement ceint de portiques, entouré de petits appartemens, où se déploie un luxe de peintures toutes du premier ordre. L'exèdre, qui est le membre le plus important, est décoré d'admirables peintures ; le style des tableaux représentant un Achille, déguisé en femme et reconnu par Ulysse à la cour de Lycomède, et celui d'Ulysse, mendiant, recevant les secours du fidèle Eumée , est supérieur à tout ce qu'on connaît de la peinture antique. On passe enfin dans un troisième jardin , aussi entouré de colonnes peintes en rouge et décoré de beaux tableaux.
Tout autour et au pied du Vésuve on trouve : Torre del, Greco, avec i3,ooo âmes-, Somma, avee 7000; Ottajano , avec 15,000, et Sakta-Anastasia, avec cooo ; tous ces lieux produisent le fameux vin connu sous le nom de Lacrima Christi.
Castellamare , ville maritime et épiscopale, d'environ l5,ooo âmes, bâtie dans une position délicieuse au-dessus des ruines de l'ancienne ville de Stabia, dont les fouilles ont produit quelques manuscrits , des statues et des peintures qu'on admire au musée de Naples. Tout près est situé le bourg de Quis isana, avec un beau palais où le roi passe une partie de l'été; c'est ici où se trouve le principal chantier pour la marine du royaume. Plusieurs grands seigneurs y ont des maisons de campagne.
Sorren ro , petite ville archiépiscopale d'environ 5000 âmes, renommée par sa belle soie; on admire la beauté de sa situation et ses antiquités ; elle est la patrie du Tasse.
Au nord de Naples ou trouve :
Aversa , jolie ville dont on porte à 16,000 âmes la population, et remarquable par sa grande maison d'enfans trouvés (orfanotrofio) , véritable pépinière d'artistes et d'artisans pour le royaume. On doit aussi mentionner sa maison des fous, un des plus beaux établissemens de ce genre qui existe , surtout par la manière philanthropique avec laquelle ces malheureux y sont traités. Il se compose de plusieurs appartemens meublés et ornés de différentes manières selon les divers degrés d'aliénation. Chaque malade y trouve toutes sortes de moyens de distraction. 11 y a des instrumens de musique, des jeux gymnastiques , des instrumens d'agriculture, des armes, qui sont en fer-blanc ou en étain , pour éviter les accidens. On donne du travail selon leur inclination ou leur profession aux hommes comme aux femmes; celles-ci sont dans un quartier séparé. Une grande partie du service intérieur est fait par les aliénés mêmes ; ce sont eux aussi qui cultivent un beau jardin qui sert de promenade. Ceux qui sont furieux et ne sont pas susceptibles de distraction , sont soumis à la camisole de force. On doit ajouter que c'est ce bel établissement qui a servi de modèle à ceux de Reggio , de Modène et de Palerme, ainsi qu'à plusieurs autres fondés depuis quelques années dans plusieurs villes hors d'Italie. Aversa est le siège d'un évêché qui passe pour être le plus riche du royaume.
Afragola , importante par sa population estimée à 13,000 âmes et par ses fabriques de chapeaux. Nola , ville épiscopale d'environ 9000 ha-
ITALIE
bitans , située près des fameux campi Flegrei, remarquable par quelques restes d'antiquités et surtout par d'anciens tombeaux où l'on a trouvé un grand nombre de vases italo-grecs et d'autres objets curieux. On prétend que c'est dans les églises de cette ville que vers la fin du ive siècle un de ses évêques a introduit l'usage des cloebes pour appeler les fidèles à l'office divin; Nola possède une belle caserne.
Plus loin, mais toujours dans un rayon de 25 milles autour de Naples on trouve :
■ Capoue , ville archiépiscopale , importante par ses fortifications, par quelques beaux bàtimcns, entre autres sa cathédrale et par sa situation délicieuse ; pop. environ 8000 âmes. Dans ses alentours se trouvent les ruines de l'ancienne Capoue, parmi lesquelles on distingue les restes du fameux amphithéâtre illustré par Mazzocbi. Tout près et à un seul mille plus loin est située Santa- Marià , importante par ses marebés , par sa population estimée au-dessus de 9000 âmes et parce qu'elle est le siège du tribunal de la province de la Terre de Labour ; on y a construit une vaste prison.
Caserte ou Caserta Nuova , petite ville d'environ 5000 âmes , bâtie dans une situation délicieuse , avec le plus magnifique palais royal du royaume et un des plus grands et des plus beaux de l'Europe; ses jets d'eau, ses vastes et beaux jardins et surtout Yaqueduc long de 27 milles sont des ouvrages superbes. Ce dernier traverse la vallée de Maddalone sur un pont, dont on admire autant la bardiesse que la belle architecture; il n'a pas moins desoo mètres de longueur et près de 56 de bautcur ; il se compose de trois rangs d'arcs les uns sur les autres ; le supérieur en compte 43. La différence de niveau a rendu nécessaire la perforation du montGarzano; c'est un des passages souterrains les plus remarquable qui existent, ayant plus de mille mètres de long. On doit aussi mentionner le palais de l'intendant et l'intéressante colonie de San Leucio, fondée par le roi Ferdinand IV; elle offre sur une petite échelle le modèle de tout ce qui peut contribuer à l'éducation du peuple.
Piedimonte, importante par son industrie et surtoutpar sa grande manufactureoù l'on emploie le coton recueilli dans le royaume et où travaillent 700 personnes; pop. environ 5000 âmes. Maddalone, jolie ville, avec un collège royal; le grand marché qu'on y tient deux fois par semaine fournit le principal approvisionnement à la capitale. Monte-Vergine , abbaye et sanctuaire célèbres, importante surtout par ses archives. Avellino , ville épiscopale , siège du tribunal civil et criminel de la Principauté-Ultérieure, et importante par son industrie, son collège royal et surtout par son commerce ; pop. 13,000 âmes ; Nocera , dite aussi Nocera de Pagani , ville épiscopale d'environ 7000 âmes; on y admire sa belle église de Santa-Maria-Maggiore , ressemblant au Panthéon de Rome et une des plus anciennes de l'Italie. Cava, ville épiscopale , importante par son industrie et par sa célèbre abbaye , qui possède une belle bibliothèque, riche surtout
de manuscrits lombards rés par la beauté de 1 dans les beaux village* ville dont la populatio âmes. Salerne, ville a" çante, siège du tribu
Anglais atlie sont établis ieue de cette stimée à 19,000 pale et commprcrtftiitflMn la
Principauté-Citérieure avec un port sue» golfe de son nom, et renommée par son ancienrie^k y école de médecine; le palais de l'intendant?^* est la plus belle des résidences des gouverneurs des provinces du royaume ; Salerne a un lycée et compte environ 11,000 habitans. Amalfi , petite ville archiépiscopale , qui joua un grand rôle dans le moyen âge par sa nombreuse marine marchande répandue dans tous les ports du monde alors connu, et ù laquelle la découverte desPtfttdectes, le perfectionnement de la boussole , l'origine de l'ordre militaire de Malte et les tables qui portent encore son nom assignent une place distinguée parmi les villes remarquables de l'Europe, malgré la petitesse de sa population qui n'atteint pas même 3000 âmes.
A l'entrée du golfe de Naples on trouve les délicieuses îles de Capri, Ischia et Procida; celle-ci remarquable par le costume de ses femmes , qui ont presque conservé les habillcmens des anciennes grecques , par le grand nombre de marins qu'elle possède et par l'activité de ses chantiers où l'on construit plus de navires marchands que dans aucune autre localité du royaume. Ischia, par sa grande fertilité, par sa nombreuse population , par ses eaux minérales très fréquentées, et par une maison champêtre du roi ; Capri, par la beauté , par la salubrité de son climat , par ses souvenirs historiques et par ses antiquités ; on y voit encore les restes du palais, des aqueducs et des bains d'Auguste qui y passa quelque temps-, ceux des douze palais élevés aux douze divinités majeures, par Tibère , ainsi que les ruines du forum, des thermes, de la belle chartreuse fondée parla reine Jeanne, transformée aujourd'hui en une caserne. Depuis quelque temps on fait des fouilles sur l'emplacement d'une des villas de l'empereur Tibère, dont les infâmes débauches et la mort rendirent à jamais célèbre cette petite île. En 1826 , MM. Kopitch et Frisi y ont découvert l'entrée de la grotte des Nymphes, aujourd'hui appelée grotte d'à \Z ur, regardée comme la mystérieuse retraite où ce tyran allait s'ensevelir pour oublier ses crimes. C'est une vaste voûte de pierre toute couverte de stalactites; son aspect intérieur surpasse en beauté toutes les grottes connues , à cause de l'étonnant effet produit parla réfraction et la réflection de la lumière qui l'éclairé de bas en haut, d'un bleu éclatant, en traversant la nappe d'eau qui en forme le fond et qui communique avec la mer.
On doit ajouter qu'à 20 milles au sud-sud-est de Salerne et près de la côte , au milieu d'une plaine marécageuse et au sud du Silaro se trouvent les magnifiques ruines de Poestum nommé Possidoma jusqu'à l'an 480 de Rome, époque où une colonie romaine s'y établit. Horriblement pillée par les Sarrasins en 930 , et entièrement détruite par les Normands en 1080, les restes de cette ancienne colonie grecque, autrefois si renommée
EUROPE
par ses campagnes aussi fertiles que délicieuses, ne furent déa^yerts par hasard qu'en 1755. Les débris de ses rm^^àhn amphithéâtre et d'autres édifices . mâik^SJ|ut la porte septentrionale de la ville raHps trois temples de climensioj^jjcolossales et frappa n s par la beauté et la perfection de leur architecture, sont les morceaux que l'on y admire le plus. Le fronton qui couronne la façade du temple du milieu rappelle celui du Panthéon à Rome. Les fouilles faites au commencement de 1830 ont fait découvrir une rue entière, une longue colonnade et un vaste temple enseveli sous ses propres décombres ; les métopes de ce dernier, qui paraissent être contemporaines de celles de Selinonte, promettent de remplir une importante lacune dans l'histoire de la sculpture.
Aquila , ville fortifiée et épiscopale , bâtie sur une colline près de PAterno , chef-lieu de l'Abruzze- Ultérieure IIe, siège de son tribunal civil et criminel et d'un tribunal d'appel; c'est une des villes les mieux bâties et des plus commerçantes du royaume. Le lycée est son établissement littéraire le plus important; on ne lui accorde qu'environ 8000 habitans.
Chieti, assez belle ville, située sur la Pescara , chef-lieu de l'Abruzze-Citérieure, siège d'un archevêché, du tribunal civil et criminel de la province. La cathédrale et le séminaire sont ses plus beaux édifices ; le collège royal et la société d'agriculture, des arts et du commerce, sont ses principaux établissemens littéraires ; pop. environ 13,000 âmes.
Foggia, chef- lieu de la Capitanate , sur la Cervara, ville commerçante, assez bien bâtie, mais dont l'air est malsain. Elle est le siège d'un tribunal de commerce et compte environ 26,000 habitans y compris ceux de sa banlieue. La douane est son plus bel édifice, et IVcole d'économie rurale son principal établissement scientifique.
Bari, chef-lieu de la Terre de Bari , ville archiépiscopale, fortifiée et commerçante, avec un port sur la mer Adriatique, un lycée, plusieurs manufactures et environ 19,000 habitans ; on y construit un beau théâtre. Trapu , joli ville archiépiscopale bâtie sur les bords de l'Adriatique, avec un port et environ 14,000 habitans. Elle est le siège d'un tribunal d'appel. La tour de sa cathédrale est une des plus hautes de l'Italie. Barletta , jolie ville agréablement située sur le bord de l'Adriatique avec une belle plaee dé-
corée d'une statue colossale en bronze, une belle cathédrale et d'autres édifices remarquables. Sa population qu'on porte au-dessus de 18,000 âmes, son commerce florissant et plus encore les riches salines de son voisinage la rendent très importante.
Lecce, chef-lieu de la terre d'Otrante , ville fortifiée, assez bien bâtie, industrieuse et commerçante, siège d'un évèché et d'un tribunal civil et criminel , avec un collège et environ 14,000 habitans. Cette ville donne le nom à la pierre qu'on trouve dans ses environs et dont on fait une foule d'ouvrages au tour et au rabot, et ces vases immenses où l'on conserve l'huile. Tarente, ville archiépiscopale, forte, industrieuse et commerçante, avec de vastes salines , un port qui se comble tous les jours et environ 14,000 habitans. Tarente a donné le nom à la tarentule (lycosa tarentula), si connue par les récits populaires des effets produits par sa piqûre.
Catanzaro, chef-lieu de la Calabre- Ultérieure IIe , située sur une éminenee entre les montagnes et la mer Ionienne, siège d'un évèché , du tribunal civil et criminel de la province et d'un tribunal d'appel. Elle a un lycée et on porte à 11,000 âmes sa population.
Les autres villes les plus remarquables du royaume de Naples sont :
Teramo , ville épiscopale , chef-lieu de l'Abruzzc- Ultérieure lre, avec un collège royal, le tribunal de la province et 9000 âmes. Giulia-Nova, très petite ville, importante par sa douane. Civitella del Tronto, par ses fortifications. Lanciano, siège d'un archevêché; on la regarde comme la plus commerçante de toute l'Abruzze : pop. tion 9000 âmes. Solmona, ville épiscopale, renommée par ses confitures ; c'est la patrie d'Ovide ; pop. 8000 âmes. Avezzano , près du lac Celano; on y admire le canal creusé par les Romains, pour décharger ce lac; on travaille à le désobstruer ; pop. 6000 âmes environ.
CAMro-BAsso, petite ville, chef-lieu duMolisc, importante par son collège royal, son tribunal civil et criminel et surtout par les produits de ses nombreuses fabriques parmi lesquels sa coutellerie est très renommée ; la belle route qui la traverse et qui forme la communication entre Naples et les villes situées sur l'Adriatique , l'a rendue la première place commerçante du royaume; pop. 8000 habitans. Agnose, par des manufactures de cuivre estimées les meilleures du royaume ; pop. environ 7000 habitans. Isernia , petite ville épiscopale, fort intéressante à cause de ses nombreux monumens d'antiquité.
Manfredonia, petite ville delà Capitanate , re-
ITALIE
inarquable parce qu'elle donne son nom à un golfe de l'Adriatique, et parce qu'elle est le siège d'un archevêché; pop. 5000 âmes environ. San- Severo, ville épiscopale, importante par sa pop. qu'on porte à 16,000 âmes. Lucera, par son tribunal civil et criminel, par son collège royal, et parce qu'elle est le siège d'un évêché; pop. environ 8000 âmes.
Molfetta, ville épiscopale de la Terre de Bari, importante par ses nombreuses fabriques de toile et par son commerce; pop. 11,000 âmes. AltasiuRA, par ses restes d'antiquités, par ses foires et par sa population qu'on estime à iG,ooo âmes. Moxopoli , ville épiscopale , remarquable par son industrie et par les habitations souterraines qu'on trouve dans ses environs et qu'on suppose avoir été creusées dès la plus haute antiquité, ainsi que par les ruines de l'ancienne Egnatia dont on voit encore les restes à quelques milles plus loin. Giovenazzo, petite ville d'environ 6000 habitans, importante par sa grande maison d'enfans trouvés , qui, par l'éducation qu'on donne à ces malheureux, est une véritable pépinière d'artisans pour le royaume. Canosa , petite ville très ancienne d'environ 4000 habitans , située non loin de l'Ofante. C'est dans son voisinage qu'Annibal remporta à Cannes cette grande victoire sur les Romains qui le rendit maître de presque toute l'Italie. On y voit encore de beaux restes d'un aqueduc et d'un vaste amphithéâtre, et hors de son enceinte, et sur le chemin qui mène au pont de Canosa sur l'Ofante , on voit un arc de triomphe. Dans une montagne voisine il y a un grand nombre de tombeaux creusés dans les rochers-, en 1813 on en a découvert un très remarquable par ses dimensions, par ses sculptures, par plusieurs vases peints et autres objets tous illustrés par Mollin.
Gallipoli , petite ville épiscopale de la Terre d'Otrante, importante par ses fortifications , son port et son commerce ; pop. 9000 âmes. Galat i >" a , par sa beauté et son commerce. Brindes (Brindisi), par son antiquité, son port et surtout par son commerce -, elle est le siège d'un archevêché ; pop. 6ooo âmes.
Potenza, ville épiscopale , chef-lieu de la Basilicate, avec un tribunal civil et criminel et un collège royal; pop. oooo âmes. Matera, ville archiépiscopale , avec un collège et environ 11,000 habitans.
Cosenza, chef-lieu de la Calabre-Citérieure , ville archiépiscopale, industrieuse et commerçante , siège du tribunal civil et criminel de la province , avec un collège royal, une belle cathédrale, un beau palais de justice et quelques autres édifices remarquables; pop. intfamuros 8000 âmes.
Castrovillari , petite ville importante par ses nombreuses plantations de coton, de mûriers et de fruits; dans ses environs on fait près du mont Pollino le fameux fromage appelé Caccio cavallo; pop. près de 5000 âmes, Longobuco , petit endroit, remarquable par ses mines de fer.
Monte-Leone , ville épiscopale , industrieuse et commerçante de la Calabre-Ultérieure 11e, avec un collège royal, et environ 7000 habitans. Co-
trone , petite ville épiscopale, très ancienne, importante par son port sur la mer Ionienne par quelques fortifications et surtout par son commerce ; pop. environ 5000 âmes. Stilo , petit endroit de la Mongiana, important par l'exploitation de ses mines de fer.
Reggio, sur le détroit de Messine, ville archiépiscopale , chef-lieu de la Calabre-Ultérieure IT", avec un tribunal civil et criminel, un vollège j-oyal et une bibliothèque publique assez considérable. Reggio passe pour être la ville de province la plus riche du royaume de Naples proprement dit, avantage qu'elle doit à l'industrie et au commerce de ses habitans-, pop. I7,ooo âmes. Gerace, petite ville épiscopale, de plus de 3000 âmes ; dans son voisinage on trouve des eaux thermales et les ruines de l'ancienne Locri.
Arpino, ville de médiocre étendue , dans la Terre de Labour, à laquelle on accorde plus de 8000 habitans qui fabriquent beaucoup de drap et de parchemin et entretiennent un commerce assez actif; c'est la patrie de Cicéron, de Marius et S Agrippa. On y voit encore les restes de Vancienne ville et de ses mars cyclopéens , entre autres une porte entièrement semblable à celle de Messène dans le Péloponèse. Dans ses environs se trouve la papeterie mécanique de M. Lefebvrc, qui occupe 200 ouvriers et dont l'établissement a coûté 280,000 francs. La machine à papier est établie dans une grande salle ; en moins d'une minute , dit un voyageur qui l'a visitée, la bouillie arrive à l'état solide et sec du papier; 60 rames en sortent par jour. San-Germano , petite ville d'environ 5000 habitans , remarquable par le voisinage du Monte Cassino , au pied duquel est situé le célèbre monastère de Monte-Cassino, regardé comme le plus ancien de l'Europe, et le premier où des hommes, d'un esprit élevé et contemplatif réunirent aux pratiques de la religion la culture des arts et des sciences. C'est à ces cénobites que l'Europe est redevable de la conservation de plusieurs auteurs classiques et l'Italie du défrichement d'une partie de son sol fertile. Les bàtimens immenses de ce monastère , à peine suffisans lorsque les rois, les papes et des milliers de pèlerins y trouvaient l'hospitalité pendant leur visite, ne sont plus visités que par quelques artistes et quelques savans. On y entre par une porte qui rappelle les constructions cyclopéennes et par un long corridor en partie taillé dans le roc. L'église est belle et ornée de marbres précieux et de peintures superbes. La bibliothèque est riche et contient de précieux documens.
Atina, petite ville d'environ 4000 âmes, remarquable par ses restes de constructions cyclopéennes. Fondi , ville épiscopale très ancienne, remarquable par ses antiquités , parmi lesquelles on doit compter les restes de la voie Appienne, qui en forme la rue principale et dont le pavé s'est conservé dans son état primitif, ainsi qu'une partie de ses anciennes murailles. Les grands travaux entrepris dans ces dernières années pour le dessèchement progressif des marais situés dans ses environs ont eu le résultat le
EUROPE
plus heureux ; de vastes terrains ont été rendus à 1? culture et l'épidémie endémique qui moissonsait leur population a cessé sa funeste influence; pop. 5000 âmes. Tout près de Fondi se trouve Porte lia, petit endroit remarquable par sa grande douane et parce qu'il donne le titre à la principauté appartenant au prince de Metternich.
Gaete, petite ville épiscopalc, importante par ses fortifications, par son port et par plusieurs antiquités-, pop. 3000 âmes sans les militaires.
Solofra , petite ville de la Principauté-Ultérieure , importante par ses nombreuses tanneries et d'autres fabriques-, pop. environ 6000 âmes.
Palerme, grande et belle ville, fortifiée et agréablement située sur la côte septentrionale de la Sieile , dans une plaine fertile et bien cultivée , au fond du golfe qui porte son nom et y forme un port. Les maisons sont construites comme dans toute l'Italie méridionale ; les toits sont presque entièrement plats ; au lieu de fenêtres il y a des balcons avec des portes vitrées. Les rues sont bien alignées et viennent presque toules aboutir aux deux principales, la rue Cassaro ou Toledo et la rue Neuve.
La plus belle promenade de Palermc est celle de la Marina, le long de la mer; elle aboutit à la Flora vaste jardin botanique, un des premiers et des mieux entretenus de l'Italie. Ici, comme dans plusieurs autres villes du royaume des Deux-Siciles, les boutiques des marchands d'eau à la glace contribuent à l'ornement des rues. On vend ce liquide dans de petites boutiques, où sont empilés de chaque côté , en assez bon ordre, des citrons, des oranges des brugnons et toutes sortes de fruits du midi; entre ces tas sont placés de grands bocaux de verres remplis d'eau, dans lesquels se jouent des poissons dorés. Une multitude de petits jets d'eau s'élancent d'entre les fleurs odorantes, et tout, au milieu de la rue dont la chaleur est brûlante, exhale une agréable fraîcheur. Plusieurs beaux édifices , sept places principales , de belles promenades, plusieurs élablissemens littéraires, une population d'environ 180,000 habitans et un commerce assez actif, mettent Palerme au rang des principales villes de l'Europe.
Ses plus beaux édifices sont: le palais royal, bâtiment imposant par sa masse, mais dont les parties, construites à différentes époques, ne sont nullement en harmonie ; on y distingue la magnifique chapelle, bâtie par le roi Roger, et l'ob-
servatoire construit en 1791 dans la partie la plus élevée du palais et fourni d'instrumens excellens, avec lesquels le célèbre Piazzi découvrit le 1er janvier 1801 la planète Cérès ; la Vicaria ou le palais de justice; le grand hôpital ,■ la cathédrale, un des plus beaux monumens gothiques de la Sicile ; l'église de Jésus, qui vient immédiatement après pour Par chitecture et pour la richesse de ses décorations; celle des Capucins, remarquable par ses caveaux où l'on conserve les morts placés debout, tout habillés , dans des espèces de niches, et qu'on revêt d'habits magnifiques tous les ans le jour des Trépassés ; Véglise de St-Joseph, remarquable par son temple souterrain aussi grand que le supérieur et soutenu par un grand nombre de colonnes colossales en marbre ; Véglise de l'Olivella, appartenant au couvent des Olivetains; et celle de la Casa Professa, qui appartient aux jésuites. On ne doit pas oublier le**bel établissement pour les fous existant depuis quelques années ; il rivalise avec celui d'Aversa mentionné à la page 412 ; et la fontaine qui décore la Piazza Grande (Grande Place) remarquable autant par ses dimensions colossales , que par la bizarrerie de son architecture et de ses ornemens.
Les principaux établissemens scientifiques et littéraires sont : V université , le lycée, le séminaire , le collège des jésuites regardé comme un lycée, six autres maisons d'éducation ou collèges , les trois bibliothèques publiques, le jardin botanique, et V observatoire déjà mentionnés. V académie royale de médecine, celle del Bu on Gusto ou de littérature, et les belles collections scientifiques annexées à quelques-uns des établissemens que nous venons de nommer ajoutentà l'importance de cette belleville, qui estlesiège d'un archevêché, d'un tribunal de commerce, d'un tribunal d'appel et de la cour suprême de justice ou de cassation pour toute la Sicile, ainsi que de son gouverneur-général , qui maintenant n'a plus que le titre de lieutenant ( luogotenente ).
La fête de Ste-Rosalie attire à Palerme tous les ans dans le mois de juillet, un peuple immense de tous les points de l'île, et donne une grande activité à son commerce, qui d'ailleurs est très considé-* rahîe.
ITALIE
Les alentours de Palerme offrent plusieurs lieux qui méritent d'être mentionnés. Nous citerons : Montréal , ville archiépiscopale , avec un collège royal et environ 13,000 habitans, y compris ceux de Roc ca et deSan-Martino ;on y admire sa magnifique basilique, qui est peutêtre le plus beau temple de toute la Sicile. La Bagheria, petite ville de 4000 âmes, agréablement située et environnée de jolies maisons de campagne de la noblesse de Palerme. Bocca m Falco, remarquable par les établissemens agricoles, philanthropiques et d'industrie , créés par le dernier roi lorsqu'il n'était que prince héréditaire; on y distingue surtout un jardin botanique, riche d'un grand nombre de plantes exotiques. Sa population jadis de* 400 habitans s'est élevée à 4000 dans l'espace de huit ans. La Favorita et Ficuzza, charmantes maisons de plaisance avec de beaux parcs.
Plus loin et dans un rayon d'environ 20 milles on trouve : vers l'ouest, Alcamo, ville médiocre d'environ.12,000 habitans, dans les environs de laquelle on voit les restes de l'ancienne Segesta, réduits à un tas de pierres dont on ne peut deviner l'ancienne forme ; et tout près de celte dernière , les restes d'un temple qui doit avoir été un des monumens les plus parfaits et les plus grands de l'antiquité: les colonnes, l'architrave et le fFonton sont assez bien conservés ; vers le sud, Corleone , importante par son collège royal; on lui accorde 12,000 habitans -, et vers l'est, Termini, par son port, par ses fortifications, par son collège royal, son école de navigation (seminario nautico) et par ses eaux minérales renommées; pop. 14,000 âmes environ.
Messine, chef- lieu de l'intendance de ce nom, grande et belle ville épiscopale , forte, assez industrieuse et très commerçante, avec le plus beau port du royaume des Deux-Siciles et un des plus beaux de PEurone, sitiiée dans une position délicieuse sur le détroit auquel elle donne son nom. Le palais Senatorio ou hôtel-de-ville, d'une architecture simple et imposante, mais pas encore achevé ; V arsenal, la cathédrale , avec son fameux autel dédié à la sacra letlera (la lettre de la Vierge aux Messinois); le palais épiscopal ; la loggia; le séminaire , et îe grand-hôpital sont ses plus beaux édifices. Le collegeroyal , le séminaire et la bibliothèque royale sont les principaux établissemens littéraires de cette vilie , qui est la plus industrieuse et la plus commerçante de la Sicile , et dont la population est estimée au-dessus de 84,000 âmes. Messine, dit M. Quattromani, est peut-être la seule ville de la Sicile qui n'offre aucune antiquité ; elle a été entièrement détruite par îe tremblement de terre de 1783. Cette ville est
le siège d'un tribunal de commerce et d'un tribunal d'appel ; ses belles et vastes fortifications , sa citadelle et son arsenal méritent d'être vus ; ses environs offrent une des parties les plus peuplées et les mieux cultivées de l'ile ; on doit ajouter que Messine est le point stratégique le plus important du royaume des Deux-Siciles.
Catane (Catania), chef- lieu de l'intendance de ce nom, grande et belle ville , avec un port et des rues tirées au cordeau , larges et propres partout ; sur tous les points on yjouit de la vue soit de la mer, soit de l'Etna. Si des torrens de lave n'avaient pas renversé et englouti plusieurs fois ses monumens, et si de nouveaux édifices ne s'étaient pas élevés en si grand nombre à leur place, Catane serait aussi sous ce rapport une des villes les plus remarquables de la Sicile. On y voit encore les restes de V amphithéâtre le plus vaste que l'on connaisse , puisque sa circonférence dépasse de presque un tiers celle du fameux Colisée de Rome; on doit citer aussi les resLes d'un théâtre, d'un odeum ou théâtre comique, et de vastes bains chauds et froids. La cathédrale , Vhôlel-de-ville (palazzo dcl Senato ) et le magnifique et vaste couvent des Bénédictins sont ses édifices modernes les plus remarquables.
Parmi ses établissemens littéraires on doit citer surtout ['université , le lycée , la bibliothèque publique et le musée. Catane doit ce dernier ainsi que plusieurs statues, un éléphant en basalte et la plupart des beaux restes d'antiquités qui la décorent, au prince de Biscari, Ce riche seigneur employa sa fortune à faire des fouilles, et grâces à son intelligente persévérance l'on put jouir de la vue du théâtre, des bains, de l'amphithéâtre et d'autres monumens cachés sous plusieurs couches de lave et de dépôts d'alluvions. Le médailler et le musée particuliers du prince Biscari, le cabinet d'histoire naturelle de M. Gioeni méritent d'être mentionnés ainsi que l' académie Giojena qui s'occupe de tout ce qui concerne les trois règnes de la nature. Les étofies de soie de Catane rivalisent avec celles des meilleures fabriques du royaume. Cette ville est le siège d'un archevêché, d'un tribunal de commerce et d'un tribunal d'appel ; elle compte environ 52,000 habitans.
EUROPE
Dans ses environs, remarquables par la beauté de la campagne , la douceur du climat et l'étonnante fertilité du sol , on trouve plusieurs petites villes importantes sous plus d'un rapport ; nous citerons : Aci-Real , bâtie sur un énorme massif de laves basaltiques ; elle est remarquable par son voisinage de l'Etna qui est le plus grand volcan de l'Europe , par son industrie et par la régularité de sa construction. Agosta ou Augusta, ville de médiocre étendue, mais très importante par ses fortifications , par son port et par sa situation délicieuse; on lui accorde 1 0,000 habitans. Taormwa, petite ville, qui, par la beauté de sa position , l'emporte , selon M. Kephalides , sur les autres villes de la Sicile; on y admire surtout le théâtre, qui malgré ses grandes dimensions est presque tout taillé dans le roc ; viennent ensuite la naumachie, la citerne et Yaqueduc. Nous rappellerons que dans le moyen âge cette ville soutint contre les Sarrasins un siège qui est peutêtre le plus long dont l'histoire ancienne ou moderne fasse mention , puisqu'il dura , selon le savant M. Botta, environ 80 ans.
Les autres villes les plus remarquables de la Sicile sont :
Caltanisetta , chef-lieu de l'intendance de ce nom; c'est une ville assez grande, bien bâtie et une des plus importantes de la Sicile ; pop. 17,000 habitans environ. Girgenti , ville épiscopale, mal bâtie et située peu loin de la côte sur une colline, dansle voisinage de l'ancienne A grigente , avec un port, quelques fortifications et environl8,ooo habitans. La cathédrale etle couvent de St-Nicoïas sont ses principaux édifices; la bibliothèque publique et le médailler sont ses principaux établissemens littéraires. Dans son voisinage on trouve à Girgenti Fecchio (Vieux Girgenti) le temple de la Concorde, qui ayant été consacré à S t- Grégoire est presque entier; celui de Junon et les restes de ceux de Cérèset de Proserpine, d'Hercule, $ Apollon, de Diane, de Castor et Pollux, d'Esculape et de Jupiter Olympien, que Diodore de Sicile regardait comme le plus grand de l'antiquité . quoique sa longueur n'égalât que la moitié de celle de St-Pierre de Rome. On sait qu'il ne fut jamais achevé, car les Carthaginois le détruisirent lorsque l'on allait y poser le toit. Il avait intérieurement trois nefs ; des colonnes de 120 pieds de hauteur supportaient des géansen guise de canailles.Le môle du port de Girgenti a été construit avec jne partie des ruines de ces temples magnifiques. Aragona , petite ville d'environ 6000 habitans , remarquable par sa galerie de tableaux, par ses antiquités et par le voisinage du volcan vaseux de Macaluba, le plus connu parmi ceux de ce genre. Castro-Giovanni , par sa position sur une haute montagne , située presque au milieu de la Sicile et par son collège royal; elle occupe l'emplacement de l'ancienne Enna, célèbre par le culte qu'on rendait à Cérès dans un temple magnifique; pop. 11,000 âmes.
Trapani, ville forte, industrieuse et commerçante , bâtie sur une presqu'île , avec un collège royal, un tribunal de commerce et 22,000 habitans • sa mariné marchande, quoique encore
peu considérable , est regardée comme la plus nombreuse de nie, surtout pour les voyages de long cours. Marsala , assez grande ville , avec un collège royal, un port encombré de sable et environ 21,000 habitans; ses vins renommés forment un article important d'exportation. Mazzara , ville forte et épiscopale , à laquelle on accorde 8000 habitans. Castel-Vetrano , ville d'environ 13,000 habitans , remarquable par ses fabriques de corail , par ses ouvrages en albâtre et surtout par le voisinage des restes de l'antique Selinonte ; on y voit d'énormes monceaux de ruines quelesgensdu pays ayneïïent pilieri de' giganti ou piliers des géans. Les superbes métopes sculptées , découvertes dernièrement en fouillant à la base de larfaçade du temple central, et le savant ouvrage publié par MM. Harris et St- Angell pour illustrer ces magnifiques ruines, ont ajouté à leur importance. M. Angell suppose que les six temples de Selinunte furent construits avant la 3e année de la 92e olympiade , et fait remonter la construction du temple central à la 32' ou à environ 50 ans avant la date assignée aux fameux marbres d'Egine et à 150 ans avant l'érection du temple de Thésée à Athènes. M. Kephalides regarde ces ruines comme les débris des plus grands monumens de l'Europe ; leur aspect frappe d'étonnement; on ne peut le comparer qu'à celui du Colisée de Rome. Du milieu de la masse énorme de débris qui ressemblent à des quartiers de rochers, s'élèvent quelques colonnes gigantesques; toutes les autres sont étendues pêle-mêle à terre ; le style de leur architecture est dorique comme ceux de Ségesle et de Girgenti.
Cefalu , ville épiscopale , d'environ 9000 habitans , dans l'intendance de Palerme , importante par son port, son commerce , son école de navigation et ses pêches. Dans ses environs immédiats, dans la direction de Tindari, on voit une maison de construction cyclopéenne , que de savans archéologues croient être contemporaine à la construction des murailles de Tirinthe dont nous parlerons dans la description du nouveau royaume de Grèce.
Syracuse , ville de 17,000 âmes , forte et épiscopale , avec un port , un collège royal, deux séminaires, une bibliothèque et un musée où l'on admire une Vénus d'un travail exquis dé couverte il y a quelques années. La vue de peu de villes inspire des sentimens plus pénibles que ceux que font éprouver la solitude , les décombres et la destruction qui environnent cette ancienne métropole de la Sicile. Des cinq quartiers magnifiques et populeux Ortygie, Achradine, Tyché, Neapolis et Epipole dont l'ensemble formait la superbe Pentapole, la seule Ortygie est en^ core habitée-, cette petite île, berceau de l'ancienne Syracuse est tout ce qui reste d'une ville immense qui osa braver la puissance d'Athènes , de Carthage et de Rome. Des masses énormes , des décombres d'environ 20 milles de circonférence et quelques monumens sont tout ce qui reste pour attester sa grandeur passée ; son port, jadis un des plus beaux de la Méditerranée, est ensablé et ne peut plus recevoir que des chebeks
ITALIE
ou brigantins ; la célèbre fontaine d'Aréthuse a tellement diminué le volume de ses eaux qu'elle est devenue un des lavoirs de la ville moderne. Parmi les magnifiques restes qui annoncent son ancienne splendeur nous citerons : la cathédrale, qui est l'ancien temple de Minerve, défiguré par différentes constructions de mauvais goût ; V amphithéâtre, qui est un des plus grands que l'on connaisse ; le théâtre, qui, malgré son immense étendue, est tout taillé dans le roc; il a 66 rangs de sièges, et pouvait contenir 40,000 spectateurs; on le regarde justement comme un des ouvrages les plusétonnans que les anciens nous aient laissés ; l'oreille de Denys, qui n'est qu'une voûte de la grande latomie du Paradiso, située entre le théâtre et l'amphithéâtre ; elle se recourbe en l'orme d'un S et l'écho y est très fort ; on y distingue encore les traces des anneaux auxquels on attachait les malheureux prisonniers-, mais les passages par où l'on pouvait entendre leurs cris sont entièrement détruits. Cette latomie et plusieurs autres encore plus grandes sont justement ce que Syracuse offre de plus étonnant. Ces immenses cavités , taillées dans le roc, forment des galeries hautes et larges avec lesquelles les catacombes de Rome, percées dans une terre sans consistance , ne peuvent entrer en comparaison. Souvent leur partie supérieure est disposée en petites coupoles coniques, dont le sommet offre un trou qui servait à y faire pénétrer le jour, ou peut-être à y descendre des vivres. Il est indubitable qu'elles ont fini par servir de sépulture , quoique dans l'origine ce ne fussent que des carrières-, nous avons déjà mentionné celle du Paradiso destiné par Denys à servir de prison. Elles offrent encore plusieurs tombeaux très bien conservés et des inscriptions qui remontent aux premiers temps du christianisme ; les premiers sont creusés par rangées dans les galeries ; on peut très bien distinguer les sépultures de familles qui sont pratiquées dans les niches des parois : quand la nécessité l'exigeait, on creusait plus profondément ces niches dans le roc. Dans une de ces latomies on a découvert une église assez grande. On débite à Syracuse les histoires les plus extraordinaires pour prouver que ces excavations immenses se prolongent jusqu'à Catane. Sans admettre ces contes absurdes, nous ferons observer qu'on s'accorde généralement à les regarder comme les plus grandes du monde, quoique celles de St-Janvier à Naples soient bien plus hautes , et que personne n'ait encore parcouru ni ces dernières ni celles de Rome dans toute leur étendue. Caltagirone , assez grande ville épiscopale , importante par son industrie , son commerce, son collège royal et sa nombreuse population qu'on porte à près de 20,000 âmes. Modica, qui en compte 26,000 , est remarquable surtout par le voisinage de la vallée d'Ipsica dite aussi la vallée des Troglodytes , parce qu'on croit que ses grottes innombrables, creusées
dans le roc et formant une rue longue de plus d'un mille , ont servi de demeure à une des plus anciennes tribus qui habitaient la Sicile. De chaque côté et à l'extrémité supérieure de la vallée , on voit un grand nombre de petites chambres disposées par étages ; elles s'étendent jusqu'à Spaccafurno. Cette disposition ne permettait d'atteindre à celles d'en haut que par des échelles. Ces chambres singulières ont la forme d'un carré ordinairement régulier, quelquefois oblong; l'entrée en est très large, mais très basse-, dans quelques-unes , la partie supérieure de l'entrée est voûtée. Toutes ces différences provenaient sans doute des destinations diverses de ces grottes, ainsi que du rang et de la richesse de leurs habitans; quelques-unes ont plusieurs subdivisions; d'autres ne consistent qu'en une pièce -, cependant elles se ressemblent toutes non-seulement entre elles , mais aussi avec celles qu'on a découvertes dans les environs de Castro-Giovanni et même avec les fameuses catacombes de Syracuse. Noto, petite ville d'environ il ,000 habitans ; elle domine la vallée du même nom , qui donnait la dénomination à une des trois anciennes divisions administratives delà Sicile-, le musée de M. Astuto, baron deFargione, offre le plus beau médaiiier de la Sicile; on y voit les médailles de toutes les anciennes villes de cette île. Parmi les iles qui dépendent de la Sicile sous le double rapport physique et politique, et que nous avons déjà indiquées dans le tableau de ses divisions administratives , nous ne signalerons que les suivantes à l'attention du lecteur : LiPAm dans l'Archipel volcanique de ce nom , dont elle est la plus grande; la petite ville de Lipari en est le chef-lieu , et est la résidence d'un évêque; sa montagne de Campo-Bianco est renommée dans toute l'Europe par les pierres ponces qu'elle fournit. Salifia est importante par ses salines et par ses vins ; V u le a no est remarquable par sa montagne fumante; Stromboli, par l'étonnante régularité des éruptions de son volcan, qui ont lieu deux fois dans chaque quart d'heure ; Fe licudi , par sa vaste cavité connue sous le nom de grotte du Bœuf-Marin. Dans le groupe des Egades, nous ne nommerons que Maretimo, à cause de sa petite forteresse qui sert de prison d'état. Plus loin et vers l'Afrique , nous citerons Panlellaria } remarquable par sa position isolée , par ses cavernes et par ses pentes abruptes , par ses eaux thermales et par son vaste lac d'une immense profondeur Entre Pantellaria et la côte de Siacca en Sicile , et proprement dans le parage appelé la Sccca del Corallo , une éruption volcanique qui eut lieu au commencement de juillet 1831 , produisit une île nouvelle d'environ deux milles et demi de circonférence; les Siciliens la nommèrent Ferdinandea ; dans le mois de décembre de la même année , elle disparut dans les abîmes de la mer d'où elle était sortie ; mais en 1832 elle reparut de nouveau.
EUROPE
Cette vaste partie de l'Europe Méridionale, considérée sous le rapport politique, n'offre que trois états seulement, mais très différens entre eux pour l'étendue, la population et les ressources. Ces
Monarchie
occidentale, entre 8° 46' et 11° 51'. Latitude, entre 36 > 58' et 42° T.
dimensions. Plus grande longueur, depuis les environs de Melgaço dans le Minho jusqu'aux environs de Faro dans l'Algarve, 309 milles. Plus grande largeur, depuis les environs de Campo- Maiordans l'Alem-Tejo jusqu'au cap Roca dans l'Estremadura, 129 milles.
confins. Au nord et à Vest , la monarchie Espagnole, et particulièrement les provinces de Galice, de Valladolid, de Zamora , de Salamanca , d'Eslremadura ou de Badajoz, et de Séville.
Au sud et à Y ouest, l'Océan Atlantique.
pays. Le royaume de Portugal proprement dit, celui d'Algarve et l'archipel des A: ores.
montagnes. Les montagnes de cette contrée ne sont que la continuation des chaînes du système Hespérique , qui traverse la monarchie Espagnole. Les points culminans sur le sol portugais sont : la Foya dans l'Algarve appartenant au groupe méridional , haute de 638 toises ; la Serra d'Eslrella, dans le Beira, dans le g r o u p e central, haute de 1077 toises; le Gaviara, dans le group e s epten trional , dans le Minho, haut de 1230? Voyez aux pages 84 et 85.
îles. Les côtes du Portugal n'offrent que des ilôts. Les plus remarquables sont le groupe des Berlengas, vis-à-vis de Péniche dans l'Estremadura , et celui de Faro, vis-à-vis de Faro, dans l'Algarve. Mais au milieu de l'Océan et à environ 800 milles des côtes du Portugal , s'élève l 'important archipel des Açores , dont la superficie est estimée à 800 milles carrés. Voyez l'article Division.
lacs. Ce royaume n'en a aucun assez
étendu pour mériter d'être nommé dans
cet abrégé.
trois états sont : le royaume de Portugal et celui Espagne, qui forment les noyaux des monarchies Portugaise et Espagnole, et la petite république d'Andorre.
Portugaise.
fleuves. Si le Portugal manque de lacs, il a en revanche beaucoup de fleuves, dont les plus grands viennent de l'Espagne; les autres prennent leur source dans ses propres montagnes. Tous ces fleuves ont leur embouchure dans l'Océan-Atiantique. Les principaux sont :
Le Minho, qui vient d'Espagne et ne fait que toucher la frontière septentrionale du Portugal, en baignant Melgaço , Valeoça et Caminha. La Lima, vient d'Espagne et traverse le Minho en passant par Ponte-de-Lima et Viana.
Le Douro , vient d'Espagne , sépare le Tras-os- Montes et le Minho du beira , passe par San- Joâode Pesqueira , Peso da Regoa et Porto-, audessous de celte dernière ville il entre dans l'Océan; ses alïlucns sur le territoire Portugais sont : le Sabor, la Tua et la Tamega à droite; VAgueda et la Coa à gauche.
La Vouca nait dans les montagnes du Beira, traverse celte province et entre dans l'Océan au-dessous d'Aveiro.
Le M on d ego est le plus grand des fleuves qui naissent en Portugal. 11 prend sa source dans l'Estrella, traverse le Beira et les grandes plaines de Coimhra, et forme les ports de Figueira et de Buarcos.
Le Tage (Tejo des Portugais) vient d'Espagne, sépare l'Estremadura de l'Alem-Tejo , baigne Abrantes, Sanlarem, Aldea-Gallega et Lisbonne, et au-dessous de celte dernière ville il entre dans l'Océan. Ses principaux atïkicns sur le territoire portugais sont: VElga, le Ponsel et le Zezere à la droite; le Se ver, le Zalas et le Cunha ou A Imans or à la gauche.
Le Saado ou Sadao que quelques cartes nomment improprement Caldao dans la partie supérieure de son cours. Il prend sa source dans l'Alem-Tejo, traverse cette piovince et l'Estremadura , passe par Alcacer-do-Sal et Setubal , et après avoir formé une lagune au sud de celte dernière ville, il entre dans l'Océan.
La Guadiana vient d'Espagne , touche la frontière orientale de l'Algarve , et passe par Jerumenha , Castro Marim , et au-dessous de Villa- Pveal entre dans l'Océan.
canaux. Ce royaume n'en a aucun qui mérite d'être mentionné.
ethnqgrafhie. On peut dire que tous
PENINSULE HISPANIQUE
les habitans du Portugal appartiennent à Y&souche Grée o-Latine , puisqu'à l'exception de quelques milliers d'étrangers établis dans les grandes villes de Lisbonne et de Porto , tout le monde parle portugais, langue sœur de l'espagnole et comprise dans la famille grécolatine.
religion. La catholique est la religion de toute la nation ; les autres croyances religieuses sont tolérées.
gouvernement. Lors de l'insurrection de Pile de Léon en 1820, une révolution ne tarda pas à éclater aussi en Portugal. Des coriès extraordinaires se réunirent et proclamèrent une constitution accueillie par le roi régnant .lean VI, et modelée sur la constitution Espagnole de 1812, mais plus démocratique encore ; car elle n'admet qu'une chambre nommée par le suffrage universel et investie de tout le pouvoir législatif et d'une grande partie du pouvoir exécutif. Le roi n'a point de veto; il peut suggérer des amendemens à une loi votée par les cortès ; mais si celles-ci persistent dans leur vote après une seconde discussion , le roi est censé avoir sanctionné la loi. Il ne peut proroger ni dissoudre les cortès qui se réunissent et se séparent a des époques fixes. Trois ans après, une insurrection dirigée par Dom Miguel, second fils du roi, renversa ce nouveau régime politique ; et en mai 1823, Jean VI protesta contre tout ce avait été fait jusqu'alors. A la mort du roi, arrivée €111826, Dom Pedro, son fils aîné, proclamé précédemment empereur du Brésil , abdiqua la couronne de Portugal en faveur de sa fille Dona Maria , et donna aux Portugais une charte qui rétablissait les anciennes coriès. Suivant cet acte constitutif, le pouvoir législatif réside dans la personne du roi et des coriès qui sont divisées en 2 chambres : celle des Pairs nommés par le roi en nombre illimité et dont la dignité est héréditaire ou à vie, et celle des Députés, dont les membres sont nommés tous les 4 ans par les électeurs des provinces, élus eux-mêmes par tes assemblées primaires de paroisses. En 1828 , Dom Miguel que son frère avait nommé régent, s'empara du trône de sa nièce, se fit proclamer roi absolu, et régna par la terreur. Mais Dom Pedro , obligé d'abdiquer la couronne du Brésil et de se réfugier en Europe, parvint en 1833 à reconquérir
le trône de sa fille et à rendre au Portugal la constitution qu'il lui avait donnée en 1826. Le régime politique fonde par cet acte dura jusqu'au 10 septembre 1836, époque où la garnison et la garde nationale de Lisbonne proclamèrent la constitution de 1820 que la reine fut forcée d'accepter, sauf les changemens que les cortès jugeront à propos d'y faire.
FORTERESSES et PORTS MILITAIRES.
Parmi le grand nombre de lieux du royaume que les Portugais et les géographes qualifient du titre pompeux de places fortes, il n'y a que les suivans qui méritent cette qualification : Elvas avec ses dépendances dont le fort la Lippe ou da Graça est la principale ; Jerumenlw , Campo - Maior et Marvâo dans l'Alem-Tejo ; Péniche et les forts qui défendent l'entrée du Tage dans i'Estremadura ; Monsanto et Almeida , dans le Beira ; Valença, dans le Minho. Tous les autres ne sont que des stations militaires , où des corps de l'armée sont en quartier.
On peut dire que Lisbonne est le seul port militaire du royaume. C'est aussi le seul où se trouvent les chantiers pour la construction des batimens de la marine militaire. On en construit aussi à Porto , mais seulement de très petits.
industrie. Tous les géographes , les économistes et les voyageurs font aux Portugais le reproche banal de manquer presque entièrement de fabriques et de manufactures, et d'être obligés d'acheter des étrangers tous les objets non-seulement de luxe , mais même les objets nécessaires pour l'habillement le plus grossier et pour l'ameublement de leurs maisons. Pour toute réponse et pour donner une idée de l'industrie de celte contrée, nous ferons l'extrait du tableau que nous avons publié dans le premier volume de la Statistique du Portugal, nous bornant à citer : les fabriques d armes de Lisbonne ; celles de draps et ^étoffes de laine de Portalegre, Co~ vilhan etFundào; la faïence de Lisbonne, Porto, Coimbra, Beja, Estremoz, Cercal et Caldas ; les toiles peintes de Lisbonne , Porto et leurs environs ; les ouvrages en fer-blanc de Lisbonne et de Porto ; les excellentes confitures de Lisbonne , Porto, Coimbra etGuimaràes ; l&grande filature de coton de Thomar , dont le fil est pour le moins égal à celui d'Angle-
EUROPE
terre et de France ; les galons , les rubans, les savons fins et grossiers de Lisbonne, et les pierres fines taillées dans cette ville ; l'orfèvrerie et la bijouterie de Lisbonne et de Porto ; la verrerie de Marinha-Grande; la grande papeterie d'Alemquer , celles de Gui— maràes, Louzan, Feira et celles des environs de Lisbonne ; les grandes raffineries de sucre de cette dernière ville et de Porto ; les toiles du Minho, du Beira et de Tras-os-Montes ; les tricots d'AScobaça et de Thomar ; les tanneries de Lisbonne, Setubal, Porto, Coimbra, Beja, Evora, Guimaraes, etc., etc.; la chapellerie de Lisbonne, Porto, Elvas, Coimbra, Evora et Thomar ; les vanneries de Lisbonne , Porto , Coimbra et de leurs environs , dont les produits sont aussi parfaits que solides. Enfin les soieries de Porto et de Braganca et surtout les étoffes en soie de Campo-Grande , près de Lisbonne , qui imitent parfaitement celles de Lyon.
commerce. Quoique très déchu de ce qu'il était dans les dix années qui ont précédé le départ du roi pour le Brésil, le commerce de ce royaume était encore assez important avant, les évènemens de 1820. Les troubles et les changemens de gouvernement qui ont eu lieu depuis lors l'ont réduit presque à rien. Les principaux articles exportés à celte époque étaient: vins, citrons, oranges, figues , amandes et autres fruits secs, sel commun , huile , sumac , liège et laine. Les principaux articles importés étaient : froment, seigle, orge et mais; morue sèche, viande salée, beurre, fromage , bœufs , chevaux, mulets et autres animaux ; drogues médicinales et de teinture , huile de lin , planches, solives, merrain, mâts, douves; beaucoup de fer et d'acier, plomb, étain, cuivre, laiton, charbon de terre, goudron et poix ; lin , chanvre et soie ; ensuite un grand nombre d'articles des fabriques et manufactures étrangères dont la plus grande partie était réexportée pour les possessions d'outre-mer. Les princi-
paux articles consistaient en étoffes légères de laine, draps fins, toiles d'Allemagne et d'Irlande, toiles à voile, cordages , étoffes de soie , bougies , montres , pendules, instrumens de physique, de mathématiques, de chirurgie et de musique, quincaillerie anglaise , aiguilles, cristaux et faïence fine d'Angleterre. Il faut ajouter à cela tous les produits importés des colonies , tels que sucre , café , cacao , etc., etc.
Les villes les plus marchandes de Tintérieur sont : Elvas , Evora , Viseu , Braga, Peso da Regoa, Guimarâes, Abrantes , Leiria, Braganca , Beja , Covilhan et Coimbra. Viseu , Evora, Golegan, Lamego et Peso da Regoa ont des foires très riches et très fréquentées. Les ports de mer les plus importans pour leur commerce sont : Lisbonne, Porto et Setubal; ensuite Faro , Figueira, et Viana.
DIVZSïONS ADMINISTRATIVES. D'api'èS
le projet de la nouvelle division territoriale du royaume adopté par les cortès en 1823, le Portugal avec les îles Acores et Madère devait être partagé en douze provinces divisées en 26 comarcas ou arrondissemens , subdivisées chacune en plusieurs cantons ou julgados.
Les troubles qui depuis lors ont agité cette contrée n'ont pas permis de mettre à exécution ce décret utile, et le Portugal offre encore ses anciennes divisions administratives, véritable chaos géographique. Comme il est très probable que lorsque ce royaume jouira d'un gouvernement régulier on réalisera la division projetée, nous allons la donner à la suite de celle qui subsiste actuellement. Nous croyons aussi indispensable de faire observer que les six provinces, entre lesquelles nous répartissons les 44 comarcas, ne forment pas comme on le croit généralement , des provinces administratives, militaires ou ecclésiastiques, mais de simples divisions géographiques , répétées, on ne sait pourquoi, par tous les géographes et les cartographes routiniers.