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Hôpital S.1 Th

38 Hôpital de I

r l/uirtcr/wuse

<-ter.

Uuvuv

o<) Hôpital de Bethlehem 60 Prison du banc du Roi ■ (ii Wauaehall .

62 Jardin du Temple .

65 Jardin de Gray's-inn ■ 64 Jardin Zooloqique .

60 Ranelcuj/i

66 Hospice des Sourds et Muets ■ 6- Ecole des aoeuy les iudù/ens.

6fl Théâtre de Surreyou Cirque Bayai ■

fi jj Theati ■<■ d Ist/ey ou Dazou .

-o Théâtre du Jtoi ou de /'Opéra Italien

~i Théâtre de Covent-yarden .

~-2 Jliéalre de Urury-lane .

Jà Le lycéum ou l'Opéra Anglais.

-4 Théâtre Ade/p/ii ■

-ô Théâtre de l'Ouest ■

"G Panthéon .

Yonumen t de Londres.

78 S! George.

7y S.1 Tant .

80 Hôpital de Londres.

Stepney Chape l .

Hôpital des Juifs ■ S1 Léonard.

Alms Ho use ■ S/ Tubes Work -Bouse .

Théâtre Sadler .

Polygone ■ far h Square .

Statue du Due de Lient .

Marie le fione , WewChurch .

Monument du Due de Wellington Hospice S? George .

J/ospice de Loch .

Roy .Jfilitary Asyàtm .

Wem Bridetoell .

Palais Lambath ■ Eléphant Castle .

S' Jean .

S¥ Marie Madeleine .

Pépinière de Jeu ht n .

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gnifique, le King's Palace , s'élève déjà dans le parc de St-Jacques (St-Jame's Park) ; il est destiné «à servir de résidence aux rois d'Angleterre; le plafond, le toit et les colonnes sont en fer de fonte ; la façade sur le jardin est la seule qui puisse satisfaire complètement l'observateur; les masses en sont simples , faciles a embrasser d'un coup-d'œif et pourtant suffisamment enrichies de détails pour foire reconnaître à i'instant le séjour de ta magnificence et de la grandeur. On doit citer aussi Whitehall, vaste bâtiment carré, ancienne résidence des rois, dans laquelle Charles I a été exécuté.

Viennent ensuite : la Tour de Londres (Tower), ancienne et vaste forteresse, qui, il y a quatre siècles, était la demeure des rois ; elle sert maintenant ^arsenal et quelquefois de prison d'élat; dans la soirée du 30 octobre 184 1 un incendie en a détruit une partie ; c'est un assemblage de plusieurs bàtimens très remarquables, parmi lesquels se distinguent surtout les suivans : le grand magasin (the grand Store-House) , édifice immense ; le petit arsenal (the small Armory), qui nous parait être la plus grande salle de l'Europe ; elle est remplie d'armes disposées dans le plus bel ordre et formant des groupes de formes très variées et dhine grande élégance ; le rez-de-chaussée de cette vaste salie est occupé par une partie du train de l'artillerie royale (the royal train of artillery) ; l'arsenal des volontaires qui est peut-être le plus grand amas d'armes modernes qui existe; la chambre aux joyaux (the jewel office), où l'on garde les diamans de la couronne ; la ménagerie (the lion's lower) ; la collection d'armures anciennes, une des plus belles et des plus curieuses qu'on puisse voir. Nous nommerons ensuite la banque d'Angleterre, bâtiment immense, avec de vastes souterrains, où est déposé l'or monnayé et en lingots; ia valeur des sommes qu'on y conserve est estimée au-dessus de toute pitre masse métallique existant dans un autre local quelconque sur le globe. Le palais de Westminster (Westminster hall) , où siège le tribunal dit King's bench et où s'assemble le parlement ; sa vaste salle est une des plus grandes de l'Europe; Y hôtel de la compagnie des Indes- Orient aies (East-India-House), où se trouve un beau musée asiatique el une

riche bibliothèque ; la bourse (royal Exchange), beau bâtiment carré incendié en janvier 1838 ; le nouvel hôtel de la monnaie (mint) ; le Trinity house ; le nouveau bâtiment de la poste (gênerai postoffice); la douane (Custom-house) , qui déploie sa magnifique façade sur la Tamise, au-dessus d'un large quai; elle renferme une des plus grandes salles de l'Europe ; le bureau de l'excise (Excise-office) ; le trésor (Treasury), bâtiment superbe, réparé depuis peu ; V hôtel du lord-maire (Mansion-house) ; le palais de l'archevêque de Canterbury (Lambelh palace); Somerset- house, vaste carré, où se trouvent le bureau du timbre (stamp office) , les bureaux de la marine (navy office) et les salles où la société royale des sciences, celle des antiquaires et l'académie royale des beaux-arts tiennent leurs séances ; on on y expose aussi annuellement les plus beaux tableaux exécutés dans l'année. On doit citer aussi les beaux bâtimens de l'institut de Londres (London Institution), du musée anglais (British Muséum), de ia nouvelle université, du King's collège, de YAthenœum clubhouse, du Royal institution, de la société géologique, du collège royal des chirurgiens, du nouveau collège des médecins, etc., etc.; les hôpitaux de Bedlam, de St-Barlhélemi , de New- Fundling et de Guy; les deux vastes prisons Coldbathfîeld prison, dite aussi House of correction, et Millbank penilenliary, construites il y a quelques années avec une énorme dépense ; et celle de Newgate , où la célèbre madame Fry est chargée d'instruire les femmes qui y sont détenues.

Parmi les treize théâtres que renferment Londres , nous citerons d'abord Y Opéra Italien ( King's théâtre), qui a une assez belle façade sur Haymarket ; la salle contient' environ 2400 personnes; celui de Drury-Lane, qui contient 3600 personnes; celui de Covent-Garden, dont la façade rappelle celle du temple de Minerve'à Athènes. Nous indiquerons ensuite les théâtres d' Haymarket, de X Opéra anglais, du Cirque royal; et enfin le Diorama où les tableaux qu'on a exposés dans celui de Paris viennent ensuite faire l'admiration des habitans de cette métropole.

Londres possède un grand nombre d'églises, dont quelques-unes sont comptées

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justement parmi lesplus belles et les plus magnifiques du monde. Les plus remarquables sont les suivantes : la cathédrale de St-Paul, qu'on peut regarder comme le temple le plus somptueux et le plus vaste que l'église protestante ait encore élevé ; c'est un immense édifice construit en pierres de Portland sur le modèle de St-Pierrede Rome ; on admire surtout son majestueux portail et les belles proportions de son dôme hardi ; un grand nombre de statues et de monumens décorent son intérieur; la galerie circulaire, qui domine autour de la partie inférieure de Ja coupole, a reçu la dénomination de galerie sonore, par sa propriété de faire entendre le moindre chuchotement à une distance de cent pieds. Viennent ensuite V abbaye de Westminster, un des plus beaux édifices gothiques de l'Europe ; on pourrait le nommer le Panthéon Anglaisy c'est dans la magnifique chapelle de Henri VII, réparée en entier il y a quelques années, que reposent les cendres de plusieurs princes du sang royal ; dans d'autres chapelles de ce temple se trouvent les monumens élevés aux grands hommes de l'Angleterre ; V église de St- Etienne (St-Stephens, Waalbrook), regardée comme le chef-d'œuvre de Christophe Wren, le célèbre architecte de la cathédrale de St-Paul ; celles de St-Martin, de Si- Jean - Evangéliste , de Si- George, de Sl-Paul (Covent-Garden).

On trouve à Londres un grand nombre de places dites squares , renfermant un jardin entouré de grilles qui ne s'ouvrent que pour les habitans des maisons qui en forment l'enceinte ; on rencontre ce genre de places dans les autres grandes villes de l'Angleterre. Les squares les plus remarquables de Londres sont : Grosvenorsquare, regardé comme le plus beau -? au milieu s'élève la statue équestre de George II ; Cavendish-square , orné de celle de Guillaume duc de Cumberland ; Bloomsbury -square, décoré de la statue colossale de Charles - James Fox ; Honover - square , avec une semblable statue de Pitt ; Leicester - square et Oueen - square , ornés aussi chacun d'une statue ; Belgrave - square , et Eaton - square , bâtis par le comte Grosvenor; Portman-square et MancheUer-square , par M. Portman; Lincoln's- Inn-Fields et Russel- square, remarquables par leur étendue ; la statue

du duc de Bedford orne le dernier ; Soho^ square, où se trouvent de beaux magasins de librairie étrangère. On doit aussi mentionner le petit emplacement où s'élève la magnifique colonne de 202 pieds anglais de haut, nommée le monument de Londres, destinée à perpétuer le souvenir de Thorrible incendie qui en 1666 consuma la plus grande partie de cette ville. On ne doit pas oublier parmi les places, celle de Smithfield , à cause de son étendue, et parce qu'on y vend tous les bestiaux qui servent à la consommation de Londres, évaluée annuellementà 1,240,000 moutons et agneaux, 163,000 bœufs et veaux, 200,000 porcs et 60,000 cochons de lait, ce qui autorise à la regarder comme le plus grand marché de ce genre qu'on tienne sur le globe. Nous indiquerons ensuite les marchés de Leadenhall, où se vend la volaille et le gibier ; celui de JSewgate , pour la viande de boucherie et autres provisions; celui de Billinsgate , pour le poisson ; le marché au charbon (coalmarket) dont la consommation est de plus de 40,000,000 de boisseaux par an ; et le superbe marche de Covent-Garden , qui appartient au duc de Bedford ; il est construit en granit.

Six ponts magnifiques traversent la Tamise : celui de Waterloo , en granit , est le plus grand et le plus beau ; viennent après ceux de Westminster et de Black-Friars ; celui de Southwark est en fer, et offre dans son arche du milieu un des arcs le.s plus larges que l'on connaisse; le nouveau pont de Londres, achevé depuis quelques années, sedistingre par sa beauté et par le grand développement de ses arches. Mais on ne peut parler des ponts de Londres sans faire mention du Tunnel ou passage souterrain qu'on creuse au-dessous de la Tamise, d'après le plan du célèbre Rrunnel, ingénieur français; cette étonnante construction, aussi hardie qu'unique dans son genre , est déjà très avancée, et ne laisse plus aucun doute sur son entière réussite, malgré les retards que son exécution a éprouvés. Les fameux docks , bassins entourés de vastes magasins pour recevoir les vaisseaux et les marchandises , sont aussi une autre construction gigantesque qu'on trouve dans plusieurs ports du Royaume- Uni; ceux dits de Londres, des Indes- Occidentales et des Indes-Orientales , les surpassent tous par leur étendue im-

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mense et par les vastes édifices qui les accompagnent ; on vient de finir le nouveau dock de Ste- Catherine , qui, sous certains rapports , est encore supérieur aux précédens.

On doit compter parmi les plus belles rues de Londres : la magnifique Regent- Street, VOxford-Street, Piccadilly , Pall-Mall, Portland-Place , Tottenham-Court-Road , High-Holboim, Stéames-Street et le Haymarket. Plusieurs belles promenades ornent cette capitale : celles du Green-Park , de Sl- James , de Hyde-Park et du Régents Park sont les plus belles et les plus fréquentées. Environ une trentaine de jardins publics ( tea gardens ) offrent leurs délicieux ombrages aux diverses classes de la société. Mais rien au monde ne surpasse en magnificence, en variété, en élégance cet ensemble de constructions monumentales qui entourent le Regeni's Park , au milieu duquel est situé le magnifique jardin de la société zoologique : ici les colonnades et les portiques rappellent ces lignes de perspective si recherchées chez les Grecs et les Romains; là des coupoles , des minarets , des kiosques , des ogives retracent le goût fantastique , bizarre, poétique des peuples de l'Orient ; et lorsqu'un beau soleil ( ce qui est rare à Londres ) vient refléter ses rayons sur la pelouse du parc , sur les eaux de son canal et sur le stuc brillant de ces magnifiques palais, on jouit d'un spectacle que toutes les pompes du style ne sauraient décrire.

La métropole de l'Angleterre possède un grand nombre d'édifices remarquables qui appartiennent à de riches particuliers; resserrés par l'espace , il nous serait impossible d'en nommer seulement les principaux; nous en signalerons cependant quelquesuns à l'attention du lecteur, tels que la magnifique habitation du duc de Wellington, dont la construction a coûté 5,000,000 de francs: tout près les dames de Londres ont fait poser sur un piédestal de granit très haut, une statue colossale d'Achille sous les traits du noble duc ; les hôtels des ducs de Northumberland, île Marlborongh , de Bedford, du marquis de Staff or d, de M. Burlington , îles lords Spencer et Grosvenor , les vastes et beaux bàlimens qui forment le Portman-square et le Manchestersquare appartenant à l'opulent M. Port-

man, et ceux de Bel grave-square et Eaton-square bâtis par le comte Grosvenor; le marché au bétail ( cattle market) que M. Perkîns vient de construire avec une dépense de 100,000 liv. sterling; sa surface est de 22 acres anglais ; le centre est occupé par une vaste place formée par des hangars couverts d'ardoise et supportés par 244 colonnes doriques ; c'est sans nul doute le plus beau comme le plus magnifique marché de ce genre. C'est ici qu'il faudrait aussi parler de certaines fabriques qui étonnent par l'étendue, par la beauté des édifices et par l'immensité de leurs appareils. Nous nous bornerons à citer seulement la fabrique de bière de Barclay-Perkins et compagnie et celle de Reid et compagnie , qui sont les plus grands établissemens en ce genre qui existent ; on y admire la beauté des édifices , l'ingénieuse manière par laquelle on y emploie la force de la vapeur aux différentes manipulations et l'immensité des caves et des tonneaux. Le seul établissement de Barclay et compagnie fabriqua 380,000 ohom ou barriques en 1825 !

Parmi les établissemens appartenant à des particuliers, on doit aussi mentionner le Panthéon , construit sur le modèle de celui de Rome , mais destiné aux objets de beaux-arts , tels que Panorama , Diorama , etc. ; le Vauxhall et le Ranelagh, qui sont des jardins magnifiques, ouverts au public pendant l'été depuis 7 1/2 du soir, moyennant une rétribution; et surtout le Colosseum , vaste établissement qu'une société particulière a formé dans le Regent's Park. Ce dernier, qui a été entièrement terminé en 1830, fait le plus bel ornement de Londres par la magnificence et par la beauté de ses différentes parties; on y admire la salle de promenade, qui se prolonge sur toute l'aile du bâtiment; la chaumière suisse, construction charmante, d'où l'on jouit de la vue de trois cascades , dont la plus élevée a environ soixante pieds de hauteur ; et surtout le panorama gigantesque de Londres, qui est le plus grand tableau qu'on ait jamais entrepris de peindre, offrant une superficie de quarante mille pieds carrés de peinture.

Mais ce serait donner une idée bien incomplète de la ville de Londres, si Âous passions sous silence et son système d'é^ clairage, et celui surtout qui a pour but

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de procurer de l'eau à chacun de ses lia— bitans.

Londres, en 1828, avait sept à huit compagnies d'éclairage pour le gaz, dont les tubes conducteurs, par les nombreuses sinuosités qu'ils sont obligés de décrire, parcouraient une étendue de plus de 300 milles. Ces compagnies réunissaient ensemble 52 gazomètres de la capacité de 104,000 pieds cubes de gaz qui étaient fournis par 1417 cornues. Elles ont consommé cette année 43,000 chaudrons de charbon de terre qui ont produit 432,000 pieds cubes de gaz qui ont alimenté 70,400 becs particuliers et 7800 réverbères des rues.

Mais ce qui distingue surtout Londres et la met au-dessus de presque toutes les capitales du globe , c'est l'extrême facilité avec laquelle on peut avoir de l'eau , nonseulement dans toutes les maisons , mais encore à tous les étages. Ne pouvant pas donner ici le détail de cet admirable système hydraulique , que depuis longtemps Ton s'efforce d'introduire à Paris, et dont la dépense énorme effraie les plus hardis entrepreneurs, nous nous bornerons à dire que des tuyaux distributeurs, dont le diamètre varie de 24 à 30 pouces, sillonnent les principales rues sur un développement de plus de 300 milles ; à ces grandes artères viennent s'adapter des tuyaux répartiteurs qui portent l'eau dans les maisons. En 1828 , huit compagnies hydrauliques faisaient ce service avec dix ou douze machines à vapeur de la force de cent chevaux , et à l'aide de ces puissans moteurs, elles ne distribuaient pas moins de 4,650,000 pieds cubes d'eau par jour. C'est grâce à cet ingénieux système que l'on parvient à Londres, plus aisément que partout ailleurs, à maîtriser l'action des incendies. Au moyen d'un soupirail pratiqué perpendiculairement sur chacun des tubes qui passent sous le sol des rues, et que l'on ouvre à volonté, la rue où l'incendie s'est manifesté devient bientôt un lac, et les pompes y trouvent un aliment inépuisable qui paralyse aussitôt les ravages du feu.

La capitale de l'Angleterre offre une foule d'établissemens scientifiques et littéraires , dont plusieurs sont les premiers dans leur genre que possède l'Europe, et beaucoup d'autres rivalisent avec les établissemens semblables qui décorent ses plus grandes villes. Nous

nous bornerons à indiquer les principaux : X université de Londres , qu'une société de riches philanthropes a fondée sur un vaste plan, en évitant les inconvéniens qu'on reproche aux universités d'Oxford et de Cambridge , et en excluant les études théologiques, afin d'admettre à ses cours indistinctement tous ceux qui veulent les suivre; le collège royal ( King's collège ) , autre université fondée en même temps , mais qui diffère de la précédente en ce qu'on y enseigne la théologie, et qu'on n'y admet que les étudiansqui professent la religion anglicane ; le Sion-college , destiné spécialement à l'instruction du clergé anglican, avec une assez riche bibliothèque qui a le droit de recevoir un exemplaire de tous les ouvrages que l'on publie dans le royaume ; le collège de Charterhouse ( Charterhouse school ), un des plus renommés de l'Angleterre ; il possède une bibliothèque assez riche ; les collèges dits Westminster school, Merchant Taylor's school et St Paul school, et les deux moindres SI - Saviour's Grammar school et Sl-Olave's school ; le Gresham-college , où l'on enseigne la théologie, le droit, la physique et les autres sciences; les cours scientifiques donnés dans le magnifique local de Vinstitut de Londres ( London institution); ceux de physique et de chimie qu'on donne dans le bâtiment encore plus beau de V institutroyal de la Grande-Bretagne (royal institution of Great-Britain ), ainsi que les cours donnés par les professeurs attachés aux instituts de Russel et de Surrey et à ceux connus sous les dénominations de Western literary and scienfific institution , City of London literary and scieniific institution , Metropolitan literary institution et Souihwark literary and scientific institution ; les écoles de droit dites Inner et Middle Temple, Lincoln' s Inn, Gray Inn et Scrgeants Inn '; Vinstitut militaire de Black w ater ; la grande école des arts et métiers ( mechanic's institution ) , les deux moindres instituées plus tard dans le Spilalfields et dans le Southwark. ; et les écoles élémentaires de l'hôpital du Christ (Christ's hospital ou bluecoat boys school), où 5 a 600 garçons sont entretenus, vêtus et instruits dans les connaissances les plus indispensables aux ouvriers; les cours

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d'anaiomie au grand hôpital de St- Barthélemi ( St-Bartholomeu hospital), ceux de médecine des quatre autres grands hôpitaux dits Guy hospital, St- Thomas hospital, Middlesex hospital et London hospital , ainsi que les cours sur cette science que Ton donne dans des édifices situés dans George-Street, Great Windmill- Street , Blenheim- Street , Webb-Street , Maze Pond et Borough ; enfin Y école vétérinaire et celle des sourds-muets. Nous signalerons dans la description des environs de Londres les écoles royales de Chelsea , de Greenwich et Sandhurst; ici nous ajouterons que cette capitale offre plusieurs centaines d'écoles élémentaires publiques, et un grand nombre de pensionnats particuliers, et que, dans plusieurs de ces derniers , ainsi que dans les principaux établissemens publics d'instruction, on enseigne la gymnastique.

La capitale de l'Angleterre dépasse toutes les villes du monde , Paris seul excepté, par le nombre de ses sociétés savantes, dont plusieurs ont été fondées dans ces dernières années; voici celles qui plus que les autres méritent d'être mentionnées : la société royale de Londres ; elle s'occupe spécialement des sciences et est justement regardée comme un des établissemens de ce genre les plus anciens et les plus remarquables que possède l'Europe ; la société de mathématiques,- la société des antiquaires; V académie royale des arts ; Y académie royale de peinture ; elle préside à l'exposition qu'on fait à Londres des meilleures productions des peintres, graveurs et lithographes nationaux ; la société Linnéenne , qui lient ses séances dans une salle beaucoup plus belle que celle de la chambre des communes , et qui possède un magnifique herbier et une bibliothèque où l'on trouve des ouvrages que l'on cherche en \ain dans les collections bibliographiques les plus riches; la Compagnie des Indes Orientales vient de lui donner la totalité des précieux herbiers amassés depuis son origine par ses agens dans l'Inde ; c'est, dit M. de Candolle , un des points centraux des collections botaniques du monde ; la société phrénologique ( phrenological socicty ) ; elle publie les mémoires les plus intéressans sur la cranologie , et ses membres se livrent

à des recherches immenses pour donner à cette science tous les aeveioppemens dont elle est susceptible ; la société de minéralogie; Y institut royal delà Grande- Bretagne ( royal institution of Great Britain ), fondé en 1799 pour la formation de cours appliqués aux principes philosophiques et raisonnés des sciences ; le célèbre Davy y a professé , et le savant chimiste Brande l'a remplacé ; on admire surtout son magnifique laboratoire , le cabinet de physique et la salle des modèles ; la société entomologique ( entomological Society ) , pour encourager les progrès de l'étude des insectes ; la société zoologique, à laquelle sont annexés une riche mé< nagerie et de beaux jardins; ces derniers sont visités annuellement par plus de 30,000 personnes , malgré la rétribution que chacun doit payer pour y être admis ; la société pour ï encouragement des arts, des manufactures et du commerce, qui compte environ 5000 membres , parmi lesquels figurent son président, le duc de Susse x, et les personnes les plus distinguées du royaume ; elle possède une belle collection de modèles et d'inslrumens de physique , et a beaucoup contribué par la distribution de ses prix annuels à quelques inventions et à plusieurs perfectionnemens ; la société médico-botanique ; la société de médecine et de chirurgie ; la société médicale de Londres ; la sociétémédicale de Westminster; Y académie royale de musique; la société philharmonique et Y institut royal harmonique , pour l'encouragement de la composition musicale; la société des artistes anglais ; la société d 'architecture , destinée à donner des encouragemens à l'art de bâtir; la société d'architecture navale , créée dans le but de faciliter le perfectionnement de la construction des navires ; la société des apothicaires ( apothecaries company) , qui possède un superbe jardin botanique à Chelsea ; la société pour les découvertes dans l'intérieur de l'Afrique, à laquelle la géographie doit la connaissance de beaucoup de nouveaux pays découverts par les voyageurs qu'elle a envoyés dans ces régions inhospitalières; la société dite de Palestine , instituée pour encourager les progrès de la géographie et de l'histoire naturelle de la Syrie et de la Palestine ; la société Biblique, à laquelle on doit la

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traduction de la Bible en 140 langues différentes ; la société d'horticulture ( horticultural soeiety ) fondée en 1805 pour encourager le perfectionnement de ja culture des plantes les plus utiles; elle a formé un beau jardin à Turnham- Green pour les essais agricoles , 'et étendu sa correspondance sur toutes les parties les plus reculées du globe ; elle a déjà introduit en Angleterre beaucoup de végétaux exotiques , et dès l'année 1819, elle comptait 851 membres ; Vinstitut de Londres (London institution), fondé par 1000 membres en 1819 ; il possède une bibliothèque qui s'accroit rapidement , et dans son beau local ont lieu les cours scientifiques dont nous avons déjà parlé ; la société géologique (geological soeiety), dont les mémoires ont beaucoup contribué aux progrès de celte science; elle compte plus de 500 membres , et possède une petite bibliothèque bien choisie et une superbe collection de minéraux disposés d'après les différens pays auxquels ils appartiennent et riche surtout en morceaux de l'Inde et de l'Himalaya ; la société royale d'astronomie, qui a exercé une si heureuse influence sur les progrès de cette science par les grands travaux qu'elle a fait entreprendre ; la société royale de littérature ; la société royale asiatique, fondée en 1823, et qui compte parmi ses nombreux membres les savans les plus distingués du monde civilisé; elle possède une bibliothèque choisie et a fait des publications très importantes pour la géographie de l'Asie et pour la philologie; Vinstitut mécanique (mechanic's institution ) : nous avons déjà mentionné la grande école d'artistes qui lui appartient ; la société de statistique; la société de géographie, formée en 1830, et qui compte les noms anglais et étrangers les plus illustres dans les fastes de la science dont elle a entrepris de faire reculer les bornes; la société pour la propagation des connaissances utiles ( soeiety for the diffusion pf useful knowledge), présidée par le célèbre lord M. Brougham; elle a presque atteint le but de son institution en publiant chaque année le Campait ion io the Almanac et autres ouvrages utiles qu'on vend à très bas prix; la société pour la propagation des connaissances utiles , dans le Pays de Galles; elle doit publier tous les

mois des brochures à bon marché , écrites en gallois, et contenant des abrégés de l'histoire d'Angleterre, du Pays de Gale les , etc. ; des essais sur l'agriculture , detraités élémentaires d'arithmétique , d'histoire naturelle, etc. ; VAthenœum, réunion des hommes les plus distingués appartenant aux principaux corps savans du Royaume-Uni; il compte plus de mille membres, possède une riche bibliothèque, une collection remarquable des principaux journaux publiés dans les différentes parties du monde ; ses réunions ont lieu dans le magnifique local qui lui appartient; les princes du sang, le corps diplomatique et les étrangers les plus distingués y assistent souvent ; on y apprend les découvertes les plus récentes faites dans toutes les branches des connaissances humaines. On doit ajouter que plusieurs de ces sociétés publient des mémoires plus ou moins intéressans et des journaux , et que presque toutes possèdent une bibliothèque plus ou moins riche , mais presque toujours bien choisie. Nous ne pouvons enfin nous dispenser de citer dans cette nomenclature une autre société qui , quoique étrangère aux sciences , aux lettres et aux beaux-arts, est cependant d'une trop grande utilité pour ne pas mériter qu'on fasse une exception à son égard; nous voulons parler de la London association for the promotion of coopérative knowledge , qui a pour but de répandre et de faire goûter le système des sociétés coopératives industrielles dans le Royaume-Uni. Déjà , grâces à ses utiles conseils et à sa sage direction , des milliers d'ouvriers sortent de la misère abjecte où ils étaient plongés pour entrer dans une nouvelle vie qui leur procure de l'aisance.

Parmi les établissemens littéraires d'un autre genre, qui sont aussi très nombreux et non moins importans à Londres, nous citerons au moins les suivans : le musée britannique, qui est le plus riche dépôt d'objets littéraires et scientifiques du Royaume-Uni et un des principaux de l'Europe ; on y remarque surtout de riches collections d'histoire naturelle bien disposées dans de nouvelles salles bâties tout exprès ; le prétendu fossile humain, trouvé dans les parages de la Guadeloupe, la collection de minéraux de Cracherode et celle de Greville , regardée comme la plus belte

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qu'un particulier ait encore rassemblée en forment partie ; le médailler et la galerie de tableaux se distinguent par leur richesse ; on en doit dire autant des collections d'antiquités grecques, romaines et égyptiennes rangées parmi les premières de leur genre en Europe; on y remarque la célèbre inscription bilingue de Rosette, le sarcophage dit de St-Athanase, la tête colossale dite du jeune Memno?i; la précieuse collection de vases grecs de William Hamilton, et les fameux marbres d'Elgin , dont Tacha t a coûté au gouvernement 875, ooo f. ; la collection ethnographique , formée d'un grand nombre d'armes , d'ornemens et d'ustensiles en usage chez les indigènes de l'Océanie et d'autres parties du monde ; la bibliothèque qui s'est extraordinairement accrue dans ces dernières années et qui doit être regardée comme la plus riche de l'Archipel Britannique et une des plus grandes de l'Europe ; on y voit Voriginal de la Magna Charla daté de 1215 et une collection de gazettes, unique dans son genre, composée de plus de 6,000 volumes, et offrant une série non interrompue de ces écrits périodiques depuis 1603 jusqu'à nos jours. Viennent ensuite les collections scientifiques et celles des beaux-arts , etc. ; enfin la collection des manuscrits , formée par la réunion des précieuses collections particulières de Lansdowne , de Sloane , de Birch , de Harley , de Cotton , etc. ; c'est une des plus riches qui existent. Nous ajouterons comme une preuve incontestable des progrès des lumières dans toutes les classes de la nation et de l'importance des collections réunies dans ce monument magnifique élevé aux sciences, à la littérature et aux beaux-arts, que les seules personnes admises dans les salles de lecture pour y travailler s'élevèrent en 1810 à 1950, en 1815 à 4300, en 1820 à 8880, en 1825 à 22,800, en 1830 à 31,200, et en 1831 à 38,200 ; que le nombre des artistes et des élèves admis dans les galeries de peinture et de sculpture pour y étudier fut de 4398 en 1831 , et que celui des personnes qui ont visité le musée seulement pour satisfaire leur curiosité s'éleva à 71,336 en 1830 et à 99,712 en 1831; les laboratoires, les jardins botaniques, les bibliothèques, etc. , que nous avons déjà indiqués en parlant des principaux établissemens d'instruction publique et des

principales sociétés savantes. Parmi les dernières on doit citer surtout, après la grande bibliothèque royale au musée britannique, les bibliothèques du collège des médecins ( collège of physicians ), du collège des chirurgiens (collège of surgeons ) , du collège de Sion , de V archevêque de Canterbury à Lambeth, de la compagnie des Indes-Orientales , riche surtout en manuscrits précieux dans les principales langues de l'Asie. On doit aussi mentionner la superbe ménagerie et le riche musée de la société zoologique ; les superbes préparations anatomiques en cire et les objets précieux d'histoire naturelle appartenant au collège royal des chirurgiens ; le musée phelloplastique , où l'on voit le modèle en liège des édifices anciens les plus célèbres; la galerie nationale , et celle de {'institut britannique et de la société des artistes anglais , ainsi que le musée naval et terrestre, créé par une association composée des principaux officiers de terre et de mer , parmi lesquels se trouvent sir Sydney Smith, Howard, Douglas, etc. Notre cadre ne nous permet pas de nommer les magnifiques collections scientifiques et de beaux-arts qui appartiennent à des particuliers ; nous ferons seulement observer, en passant, que la collection minéralogique de M. Greville est peutêtre la plus précieuse qui existe ; que la bibliothèque de lord Spencer et les galeries de tableaux du marquis de Staffordetâe lord Grosvenor , figurent parmi les plus remarquables de l'Europe ; que la bibliothèque et Vherbier de feu M. Banks étaient comptés parmi les plus précieuses collections de leur genre ; que Vherbier formé par un simple particulier, par M. Lambert, avec la magnificence d'un souverain , en mettant à contribution ou en achetant les principaux herbiers connus , compte aujourd'hui plus de 36,000 espèces , et offre par conséquent une des plus grandes et des plus magnifiques collections botaniques que la main de l'homme ait encore réunies sur tout le globe. On doit ajouter que dans les palais des plus grands seigneurs à Londres, et dans leurs magnifiques châteaux situés dans les différens comtés du Royaume-Uni, mais surtout dans ceux de l'Angleterre, se trouvent maintenant réunis les plus grands trésors

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peut-être que la peinture, la gravure, la sculpture et la typographie aient encore produits.

Près de 900 librairies, parmi lesquelles on compte celles de Murray, le riche éditeur des ouvrages de lord Byron, de Jones et Comp. , remarquable surtout par son vaste et magnifique magasin dit Temple of muses , et de Longman et Comp., qui vend annuellement plusieurs millions de volumes et paie environ un million de francs pour les seules annonces ; 300 magasins de musique, parmi lesquels se distinguent les vastes ateliers de Broadwood et de démenti ; 180 imprimeries avec plus de 1000 presses dont un grand nombre, dites presses mécaniques, sont mues par la vapeur, et représentent chacune environ 8 presses ordinaires ; la publication d'environ 100 écrits périodiques et de 1600 ouvrages de toute espèce, communique un mouvement immense au commerce de librairie de cette ville, qui n'a de rivale que la capitale de la France.

Pour la richesse, l'étendue et l'activité du commerce terrestre et maritime, Londres n'a et n'a jamais eu de rivale dans le monde. Il y a vraiment de quoi s'étonner lorsqu'on veut en mesurer l'importance en comparant celle ville non-seulement aux plus grandes places commerçantes du globe, mais même à la totalité des états qui se distinguent le plus par leur activité commerciale. les faits suivans que nous empruntons à notre tableau publié sous le titre The world compared witk the Brilish Empire , prouveront qu'il n'y a pas d'exagération dans ce que nous venons de dire.

Au 31 décembre 1825 Londres possédait 4921 navires jaugeant 876,400 tonneaux ; l'année suivante les 14,497 navires, qui Sonnaient toute la marine marchande de la France, ne jaugeaient que 689,448 tonneaux ; par conséquent le seul port de Londres dépassait de presque un quart toute la marine marchande de la troisième puissance commerçante du monde! Dans la même année, New-York, qui est "la première place commerçante de l'Amérique, ne possédait que 304,500 tonneaux; JSewcasUe, qui est le second port de l'Archipel Britannique et le troisième du globe pour le nombre des vaisseaux qu'il possède, ne comptait que 193, 100 tonneaux; les ports de Liverpoolet de Sunderland,en avaient 137.200 et 94,500,

tandis que Baltimore, qui dans les Etats- Unis vient immédiatement après New- York, n'en avait que 92,000, et que Bordeaux, qui, sous ce rapport, est la première ville de France, n'en comptait que 78,000. A la même époque 5732 bàlimens du port de 1,061,000 tonneaux arrivèrent à Londres chargés des produits de tous les pays du monde ; le commerce étranger, ou la grande navigation, n'employa en France que 8704 bàtimens et 942,000 tonneaux ; ce même commerce n'employa que 1,048,000 tonneaux dans les Etats- Unis, 572,000 dans la monarchie prussienne, 559,000 dans le royaume des Pays-Bas et 310,000 dans tout Vempire Eusse et tandis que le cabotage ou la petite navigation de la ville de Londres compta 19,500 navires du portde 2,360,000 tonneaux entrés dans la Tamise , tout le cabotage de la France ne s'éleva qu'à 2,223,000 tonneaux répartis sur 76,537 navires. On ne peut quitter ce sujet sans dire un mot sur l'immense développement qu'a pris la navigation à vapeur dans la Grande-Bretagne et surtout à Londres, quoique celte branche d'industrie n'y air commencé qu'en 1814. En 1829 l'Angleterre et l'Ecosse ne comptaient pas moins de 331 batimens à vapeur jaugeant 30,566 tonneaux, et employant 2S70 hommes.

De ce nombre environ 170 naviguent en tous sens sur la Tamise entre Londres , Gravescnd , Margate, Ramsgatc , Newcastle, Leilh, Calais, Boulogne, Ostende, Hambourg et St-Pélersbouig. En disant que dans tout le reste de l'Europe, à la même époque, on n'en comptait qu'environ 60, et que dans tous les Etats-Unis, où ce genre de navigation a commencé, il n'y en avait que 320 montés par environ 2100 hommes, on aura le moyen d'assigner à la capitale de l'Angleterre le rang éminent qui lui est dû même sous ce rapport.

Passant à comparer la valeur des exportations de Londres avec celle des exportations des principales places de commerce, et les principaux états det'Europe, nous trouvons qu'en 1815 les exportations de la capitale du Royaume-Uni s'élevèrent à la somme énorme de 22,183,950 livres sterling, et celles de Liverpool , qui de nos jours est devenue la seconde place du monde sous ce rapport, à 17,657,439 ; les exportations du Havre, qui, pour lu valeur des marchandises, est le premier

MONARCHIE ANGLAISE

port de France , ne s'élevèrent en 1824 qu'à 2,720,000 livres sterling; celles de Triesteen 1826, à 3,024,760 ; de St~Pétersbourg , dans la même année , à 3,398,080 ; de Lisbonne, en 1819, à 2,804,520 ; de New-York , en 1824 , à 4,660,680 ; de La Havane , en 1826 , à 2,012,080. La France, pendant les trois années de 1825, 1826, et 1827, n'exporta année moyenne, que pour la valeur de 54,402,720 livres sterling ; V empire d'Autriche, en 1826, pour 8,240,000 ; le Portugal en 1819, pour 4,861,951; la monarchie prussienne , année moyenne des deux années 1822 et 1823, pour 12,751,360; les Etats-Unis, en 1826, pour 18,507,840 ; dans la même année, YEspagne, pour 1,469,113, et Yempire Russe , pour 8,683,800. Par conséquent les exportations maritimes de Londres ont été inférieures d'un tiers seulement à celles de toute la France , ont presque égalé celles des Etats-Unis , et ont dépassé de beaucoup non-seulement les exportations des places les plus commerçantes du globe, mais même la totalité de celles de tous les autres états ! L'esprit se perd lorsqu'on pense que des calculs approximatifs faisaient monter la valeur totale des marchandises de tout genre importées et exportées dans cette ville immense par terre, par mer, et sur les bateaux, à la somme énorme de 120 millions sterling. En admettant l'exactitude de cette évaluation, qui se rapporte à l'année 1810, quoique des auteurs nationaux et quelques géographes la répètent comme si elle se référait à l'époque actuelle , l'étonnement sera encore plus grand, en pensant à l'augmeniation que doit subir cette somme pour être exacte en 1837; car depuis lors la population , l'industrie et le commerce de Londres ont pris un développement immense.

Centre du commerce intérieur et extérieur du pays le plus commerçant du monde, et environnée d'une foule de villes florissantes, on ne doit pas s'étonner de voir la capitale de l'Angleterre devenir de nos jours la ville la plus peuplée nonseulement de l'Europe, mais de tout le globe. Dès l'année 1821 sa population avait atteint 1,275,000 âmes; nos recherches nous l'ont fait porter à 1,350,000 pour la fin de 1826, et nous croyons qu'on ne se tromperait pas beaucoup si l'on portait

sa population actuelle à 1, 400,000. C'est ce que nous disions en 1830 dans la première édition de cet ouvrage. Le recensement dont les résultats ont été publiés en 1831, la porte à 1,474,069 ; et en y comprenant certaines communes le Diamond-Ga2etteer publié à Glasgow en 1832, l'estime à 1,624,034. Enfin le recensement officiel de 1841 la porte à 1,870.727 ; en rejetant donc les exagérations ridicules des auteurs orientaux et les estimations erronées des voyageurs et des géographes sans critique qui les répètent, nous trouvons que la population de Londres dépasse considérablement celle de Pékin, qu'avec M. Klaproth, nous ne portons au plus qu'à 1,300,000 âmes; celle âeJeddo, que nous croyons pouvoir estimer à autant ; celle de Paris, qui s'élevait au 1er janvier 1842, d'après le recensement officiel, à 935,261; el celles de Constantinople et de Hangtcheou qui paraissent flotter ent re 600, ooo et 700,000 âmes. Si l'on voulait pousser plus loin ces comparaisons, on trouverait que la population de Londres dépasse considérablement la population réunie de Paris, Lyon, Marseille, Bordeaux et Rouen, qui sont les plus grandes cités de la France , et celle de Naples, Païenne, Rome, Milan, Turin, Venise, Florence, Gênes, Bologne et Livourne, qui sont les dix plus grandes villes de l'Italie; qu'elle est presque double du nombre d'habitans assignéauxquatre villes les plus populeuses de l'Allemagne, Vienne, Berlin, Hambourg, et Prague, et des trois grandes capitales de PEurope-Orienlale, Constantinople d'un côté, et St-Pétersbourg et Moscou de l'autre ; qu'elle dépasse enfin d'un septième la population réunie de toutes les grandes villes de l'Europe septentrionale au-delà du 65e parallèle, c'est-à-dire la population réunie de St-Pétersbourg, Moscou, Copenhague, Stockholm, Glasgow et Edimbourg. Mais ce ne sont pas seulement les plus grandes villes du monde auxquelles la capitale de l'Angleterre est supérieure sous le rapport de la population ; le plus grand nombre des Etats de l'Europe comptent moins d'habitans que cette ville immense. Un simple coup-d'œil sur le tableau statistique qui termine la description de l'Europe fera voir tous les états qui comptent moins d'habitans que Londres. Nous nous bornerons ici à rappeler

EUROPE

que la population de cette métropole égale celle du royaume de Saxe, est de peu inférieure à celles des royaumes de Wurtemberg et de Hanovre , dépasse considérablement le nombre d'habitans des grands-duchés de Toscane et de Bade, du royaume de JSorwège, et que les populations réunies du grand-duché de Hcsse-Darmstadt , de la H esse - Electorale et du landgraviat de Hesse, d'un côté, et de l'autre la somme des habitans des grands-duchés de Mecklembourg - Schwerin , de Mecklembourg - Strelitz , de Holstein- Oldenbourg, et des duchés de Nassau et de Brunswick sont encore bien inférieures à la population de Londres.

Cependant un jeune voyageur français qui a visité avec attention et avec impartialité cette métropole , et dont les conseils nous ont beaucoup aidé dans sa description, croit devoir ajouter à cette esquisse les modifications suivantes. «Mais quelque imposant, dit-il, quelque magique que soit ce tableau, quelque surprenantes que soient les conquêtes de l'industrie anglaise, la puissance de ses mille voiles, la richesse de ses produits, l'immensité de son commerce, si les profits qui en résultent sont si mal répartis que la généralité de la population ne reçoive qu'une portion insuffisante de ce que produit son travail; si elle est condamnée à des efforts continuels qui n'aboutissent qu'à une pauvreté sans remède, et si elle ne soutient sa misérable existence que par les secours de charité que détermine la crainte qu'elle inspire, il y a dans un pareil état de choses plus de sujets de regrets que d'orgueil , de désespoir que d'exaltation. En effet , au milieu de la capitale même , la plaie du paupérisme se montre escortée de tout ce qu'elle a de plus hideux et de plus repoussant. A côté de ces immenses rues où s'étale toute la pompe du luxe, on est péniblement surpris de voir ces petits passages, ces sombres allées, ces étroites ruelles où la lumière du jour ne plonge jamais, et dont les misérables hôtes sont aussi remarquables par leur indigence que par la bassesse de leurs habitudes. On ne peut rien imaginer de plus hideux que ces familles de pariahs, hommes, femmes, enfans entassés dans le même taudis, reposant ensemble sur un pavé de briques mal jointes ; forcés de mendier pour vivre, et de voler pour suppléer aux lacu-

nes de l'aumône. Mais il faut pénétrer dans le quartier de St-Giles, dans les environs' de Wapping, de Smithfield , du Barbican, etc. , etc. , où se tiennent les clubs des résurrecteurs , des mendians, des escrocs et des voleurs; il faut y voir grouiller cette population de boxeurs, de matelots, de recéleurs , de filous et d'embaucheurs, et Ton aura un panorama vivant de tout ce que Londres contient de taré, d'infâme, de crapuleux ! En 1830 , on a évalué que plus de 4000 individus exerçaient dans Londres le métier de voleur, d'escroc, de filous ou de résurrecteurs ; que 6800 adultes , et 7400 enfans vivaient d'aumônes recueillies sur la voie publique ; et dans ce nombre ne se trouvaient pas comprises les familles qui recevaient des secours de leur paroisse; la société d asile a constaté que, pendant l'hiver de 1829 à 1830, elle a reçu tous les soirs dans les salles plus de 8000 individus hors d'état de se procurer un gîte ! Aussi ce n'est que lorsque la nuit tombe, et que le crépuscule voile en partie ces taches hideuses, que Londres offre un spectacle vraiment magique. Une longue chaine de feux suspendus éclaire ses rues larges et populeuses ; ici des magasins éclatans de lumière étalent leur magnificence; ailleurs le reflet pourpré , violet et bleu des boutiques des pharmaciens se projette au loin sur les murailles et le pavé ; et dans les airs, de distance en distance , s'élèvent comme des phares les cadrans illuminés des églises. Ces mille voitures qui sillonnent les rues, cette foule variée , active , convoquée de toutes les parties du globe , qui se presse sur les trottoirs ; le bourdonnement qui s'en échappe, le bruit des roues; les cris des marchands , la voix timbrée des chanteurs de ballades ; le son de leurs instrumens ; ce mouvement onduleux , ce brouhaha , cette clarté oscillante, concourent à mettre en extase les sens de l'étranger qui se croirait transporté dans un palais de féerie , si la main furtive de quelque adroit filou ne lui faisait apercevoir qu'il est réellement à Londres.»

Ce grand mouvement ne se borne pas seulement à la ville de Londres , mais il s'étend à tout ce qui l'environne. On ne saurait en déterminer exactement les limites, puisqu'elles n'ont aucune marque extérieure ; il n'existe que les divisions municipales ; aussi pourrait-on marcher pendant plusieurs heures sans s'apercevoir qu'on en est

sorti. Les villages qui autrefois se trouvaient à 4 ou 5 milles de Londres sont changés en villes considérables, réunies à la capitale par une suite non interrompue de maisons élégantes, de belles places, de rues larges, propres et régulières, de plusieurs milles de long; nous mentionnerons les ci-devant villages de Hammersmith , Highgate, Kentishtown, Deptford, Camberwell, etc. Le vaste espace qui, il a quelques années, formait les campagnes nommées Marylebone fieldset Tothill fields, est déjà couvert déplaces, de rues et d'édifices d'une architecture moderne. Plusloin on trouve des villages élégans, bien différens des amas de chaumières et de maisons mesquines qui forment presque partout ce qu'on appelle des villages sur le Continent Européen. La plupart des villages aux environs de Londres , comme ceux qui sont autour des autres grandes villes de l'Angleterre, sont formés au contraire de maisons agréables, d'une architecture moderne et riante , ornées de terrasses et accompagnées de jardins. Leurs rues pavées sont toujours propres et bien entretenues. Beaucoup de leurs maisons sonthabitées par des familles de la classe moyenne, qui, retirées du commerce et des affaires, vivent en paix loin du tumulte des villes. Elles sont aussi la demeure de quantité de négocians qui sont encore dans les affaires , qui se rendent tous les matins à la ville avec leurs gigs ou sur les diligences et les omnibus élégans , qui partent et arrivent à toute heure de l'église de St-Paul , de la Banque, de la Maison des Indes-Orientales, de Piccadilly, etc. Voici les villes et les lieux les plus remarquables situés dans les environs immédiats de Londres et dans un rayon de 36 milles. Chelsea, que le grand accroissement de Londres a déjà réuni aux maisons de cette ville , dont il était encore séparé il y a quelques années ; on y voit le grand établissement pour les invalides de l'armée de terre, où 4oo militaires sont logés et dont relèvent 10,000 autres répandus dans les campagnes -, le bel édifice du Royal MilitaryJsylum,o\\ sont élevés aux frais de l'état 1200 enfans de soldats, et le beau jardin botanique de la société pharmaceutique de Londres, où l'on cultive plus de Gooo plantes officinales, dont plusieurs ne se trouvent dans aucun autre jardin. Kensington , qu'on peut regarder aussi comme une partie de Londres; on y remarque un palais royal, dont on loue la magnificence des appartemens, la belle forêt et les beaux jardins qui en dépendent. C'est une des promenades les plus à la mode pendant l'été; les fashionables et la haute noblesse se réunissent habituellement à l'ombre de ces allées romantiques. Le duc de Sussex, frère du roi, la duchesse de Kent et sa fille , la princesse Victoria, héritière présomptive de la couronne d'Angleterre, y demeurent. Le duc de Sussex y a formé une des plus riches bibliothèques du Royaume-Uni , et M. James South y a fait construire en 1827 un observatoire sur îa colline de Campden-Hill ; c'est peut-être le plus splendide de tous ceux qui existent, par le nombre et la qualité des instrumens qui y sont renfermés. C'est là que se trouvent la belle lunette méridienne de Trouglhon , de 7 pieds ; le wesi

bury circle , célèbre par les premières observations de M. Pond ; et l'équatorial de Troughton , de 5 pieds de distance focale ; enfin c'est là que doit être établi le gigantesque équatorial construit par Troughton et Simms, ainsi que la grande lunette achromatique de Cauchoix , de 18 pieds de distance focale. M. South a fait bâtir exprès par M. Brunei fils , pour l'usage de cet instrument , une tour de 30 pieds de diamètre munie d'une coupole mobile en bois de cèdre; malgré son énorme poids de 33,ooo livres , un effort équivalant à 16 livres suffit pour la mettre en mouvement; la seule construction de cette tour a coûté 1 00,000 francs.

Kew, petit village , remarquable par son observatoire et parsonmagnifique./a/vfr>i botanique royal, un des plus riches du monde. Non loin de Kew , à Turnham-Green , est situé le jardin de la société d'horticulture , dont nous avons parlé dans la description de Londres. Toutes les parties de l'art du jardinier, à l'exception de celles dont l'ornement est le séul but, sont ici l'objet de recherches éclairées par tout ce que les sciences physiques et l'histoire naturelle ont acquis jusqu'à ce jour. Une étendue de 33 acres, entourée d'un mur peu élevé , est consacrée aux expériences; une quarantaine d'ouvriers y trouvent une occupation continuelle sousla direction de M. Munro, jardinier très habile. C'est dans ce jardin que M. Sabine, secrétaire delà société , a réuni la plus belle collection de roses qui existe en ce moment.

Hackney, village immense où se trouvent les célèbres pépinières de M. Conrad Loddiges , les plus vastes et les plus belles du Royaume- Uni. Un observateur impartial , qui est en même temps un juge compétent, le professeur Schultess, trouve que les serres de ce magnifique établissement sont supérieures, pour l'étendue, la magnificence ét l'ingénieuse construction , à celles de tous les jardins botaniques connus. La chaleur y est distribuée par le moyen de la vapeur. Dans la serre principale, qui offre un dôme parabolique, dont la solidité réelle contraste singulièrement avec son apparence d'une légèreté presque aérienne, M. Loddiges a rassemblé toutes les plantes les plus remarquables des contrées les plus chaudes du globe; il est parvenu à y imiter parfaitement une pluie fine et bienfaisante qui tombe du haut des vitrages et arrose beaucoup mieux qu'on ne le fait par les procédés ordinaires. Outre la serre immense qui renferme ces merveilles, il y en a une vingtaine d'autres, dont l'une a 150 pieds de long. De spacieuses orangeries complètent les moyens de conserveries plantes qui ont besoin d'abri. Pour donner une idée de la richesse et de l'importance de ce magnifique établissement , nous ajouterons que la seule acquisition d'un échantillon de chaque plante, comprise dans le catalogue publié par M. Loddiges, exigerait la somme énorme d'environ 5 millions de francs! Aussi le commerce fait par les pépiniéristes de Londres est-il d'une étendue immense; plusieurs entretiennent des voyageurs chargés de rassembler des plantes et des graines de tous les pays, et la géographie profite souvent des courses de

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ces intrépides spéculateurs en horticulture. Hamptoncourt, palais royal, avec de beaux jardins et des appartemens superbes. Brentford , petite ville, remarquable par le canal Grand- Jonction qui y commence, et par ses nombreuses maisons de campagne et d'éducation. Hammersmith , par son beau pont suspendu et par sa maison d' éducation pour les demoiselles catholiques (nunnery). Islewortii , par le voisinage de Sion house , un des plus magnifiques châteaux de l'Angleterre, appartenant au duc de Northumberland. Richmond, petite ville, sur la Tamise, près d'une vaste et antique forêt, et entourée de jolies maisons de campagne; sa position est si pittoresque qu'on la nomme le Montpellier de l'Angleterre. Harrow-on-the-hill, remarquable par son collège célèbre où fut élevé lord Byron, et parce qu'il est situé sur la plus grande hauteur du comté de Middlescx , d'où l'on jouit d'une vue magnifique.

Windsor, sur la Tamise, dansle comté de Berks, jolie petite ville de 6000 hab. résidence ordinaire des rois d'Angleterre , qui ont beaucoup agrandi et embelli leur magnifique palais; on y admire surtout la richesse des appartemens, la chapelle, la grande terrasse, les deux parcs, les jardins et les parties qui ont élé ajoutées au bâtiment principal ; ces dernières ne sont pas encore achevées et leur construction a coûté des sommes énormes ; on doit mentionner aussi la belle ferme expérimentale établie par George 111 pour les progrès de l'agriculture. Dans les jardins on a élevé sur une masse énorme de pierres, représentant un rocher, la statue colossale de George III ; elle nous parait être la plus grande qu'il y ait en Angleterre ; la tète de ce beau travail de M. Westmacott ressemble tellement à ce monarque qu'on peut la regarder comme un portrait. Eton , situé de l'autre côté de la Tamise et vis-à-vis de Windsor, remarquable par son collège, le plus considérable de l'Angleterre , fondé en 1141, et dans lequel furent élevés plusieurs grands hommes des temps passés et de l'époque actuelle. Non loin se trouve Slougli , hameau du comté de Buckingham , que nous nommons pour faire connaître l'emplacement de Yobservaloire du célèbre Herschel ; cet astronome y inventa et y établit le plus grand télescope que l'on ait exécuté; c'est à l'aide de ce magnifique instrument de 40 pieds de long, 4 et 1/2 de diamètre, et du poids de 2118 livres, qu'il enrichit l'astronomie des plus importantes découvertes que cette science ait faites dans les derniers temps. Sir John Herschel , qui marche sur les traces de son illustre père, a continué à enrichir les sciences par ses nombreuses revues du ciel, faites avec un télescope de 20 pieds de dislance focale, et à l'aide duquel il a observé près de 2000 étoiles multiples, dont un grand nombre n'étaient pas encore reconnues et dont il a déterminé les positions respectives.

Croydon, petite ville du comté de Surrey, remarquable surtout par son chemin en fer et par le voisinage iïAddiscombe , où se trouve l'école militaire; la compagnie des Indes y fait instruire 120 élèves pour en former des officiers

d'artillerie et du génie. Epsom, très petite ville, renommée dans toute l'Angleterre par ses courses de chevaux. Farnham , autre petite ville, remarquable par son école militaire et par son grand marché de houblons, estimés les meilleurs de tout le royaume; Sandhurst , par la nouvelle école militaire qu'on y a établie pour 280 élèves.

Deptford , gros bourg remarquable par ses anciens chantiers de la marine royale , dans lesquels Pierre-le-Grand se plut à travailler ; par ses immenses magasins, et par le grand nombre de bâtimens qu'on y construit pour le commerce. Une suite de maisons et le nouveau chemin de fer, le rattachent à Greenwich , non moins remarquable par son magnifique hôpital, où 2400 marins invalides sont logés et entretenus, et 200 de leurs enfans instruits dans les mathématiques, la nautique et la gymnastique, et dont relèvent 30,000 autres invalides distribués dans les campagnes, ainsi que parle bel observatoire royal, d'où les astronomes et les géographes anglais comptent leur premier méridien , et d'où l'on jouit de la vue de Londres et d'une grande partie du cours de la Tamise. C'est dans cet établissement , muni de superbes instrumens, que l'on suit la marche des chronomètres, dont les auteurs aspirent au prix annuel décerné par les lords de l'amirauté aux meilleurs instrumens d'opliqucet de navigation. Les instrumens confectionnés par MM. Cotterell, Frodsham et Webster, qui ont obtenu le prix en 1831 , ont à peine varié d'une seconde dans une année ! Woomvich, remarquable par son célèbre parc d'artillerie, et son arsenal qui étonne par l'immensité des provisions de toute espèce qu'il rassemble; par les nombreuses machines employées dans les constructions; 2500 à 3000 personnes y sont employées en temps de paix ; ce nombre est double pendant la guerre. On y voit aussile grand laboratoire des fusées à la Congrève ; tout près se trouvent la nouvelle école du génie , où six professeurs instruisent 300 cadets dans l'art des ingénieurs ; la magnifique caserne de l'artillerie , et une vaste pièce d'eau pour exercer les militaires de la marine aux évolutions desbombardes et des chaloupes canonnières. Deptfort, Greenwich et Woolwich ne forment plus qu'une seule ville dont la population s'élevait dès 1831 à G4.000 âmes.

Graveseni) , petite ville du comté de Kent , à la droite de la Tamise-, on y examine les papiers de tous les vaisseaux qui vont à Londres , ce qui lui donne un grand mouvementcommercial; visà-vis se trouve l'importante forteresse de Tilbury, qui protège Londres du côté de la mer. Rochester , ville épiscopale, avec une magnifique cathédrale, uu beau pont en pierre et un canal ouvert en 1824, dont le tunnel est le plus grand de l'Angleterre. Chatam, qu'une série de maisons réunit à Rochester, compte maintenant 25,000 habitans ; elle est importante par son immense arsenal , ses beaux chantiers et ses formidables fortifications. Sheerness, sur Pile Sheppey, par ses fortifications qui protègent l'entrée de la Tamise et de la Medway, et par ses chantiers de la marine royale, Maidsto.ne, re«

marquablepar sa position romantique, par quelques beaux édifices, et surtout par sa vaste prison dont la construction a coûté plus de 5,000,000 de francs.

Rickmanswortu , très petite ville du comté de Hertford, remarquable par son industrie et par le voisinage du magnifique cbàteau de feu lord Anson. Saint-Albans, par son antiquité et par sa célèbre abbaye assez bien conservée. Hertford , très petite ville du comté de ce nom dont elle est le chef-lieu, remarquable surtout par son école d'arts et métiers, où l'on élève 400 garçons et 60 filles, et par le voisinage du collège (ÏJIaileybury ; douze professeurs y dirigent l'éducation d'une centaine d'élèves qui se destinent aux emplois civils de la compagnie des Indes- Orientales ; c'est un des plus beaux établissemens en ce genre qui existent. Luton, petite ville du comté de Bedford , à laquelle le voisinage de Luton hoe park , un des plus beaux chàteaux de l'Angleterre, appartenant au marquis de Bute , donne une certaine importance. A quelques milles plus loin , et hors du cercle que nous avons décrit autour de Londres , se trouve W oburn, encore plus petite, mais non moins remarquable par le voisinage de JVoburn Abbey , magnifique château du duc de Bedford; le parc est un des plus beaux et des plus grands de l'Angleterre; les superbes établissemens agricoles de ce château , et la fête champêtre qu'on y solennise tous les ans au mois de juin , accompagnée de la distribution des prix aux meilleurs agronomes, méritent une mention particulière. Ciielmsford, dans le comté d'Essex, petite ville d'une belle apparence. Maldon, importante par sa marine marchande qui compte au-delà de 8000 tonneaux.

Douvres, dans le comté de Kent, ville de médiocre étendue , très ancienne et très importante par ses fortifications, beaucoup augmentées dans ces derniers temps, surtout la citadelle, située sur un roc escarpé , dont une partie parait être de construction romaine ; son petit port sur la Manche est le passage le plus ordinaire de France en Angleterre et vice versa; de beaux bassins suppléent à sa petitesse et plusieurs bateaux à vapeur sont constamment employés pour le transport des nombreux passagers.

Dans un rayon de 15 milles on trouve : Canterr.DRY, importante par les nombreux vestiges d'antiquités romaines qu'on y a découverts; par son siège archiépiscopal, dont le prélat a les titres de primai d'Angleterre et de premier pair du royaume , et par sa magnifique cathédrale , une des plus vastes de l'Europe. Margate , une des plus jolies villes de l'Angleterre, qui doit son état florissant à ses beaux et nombreux établissemens de bains de mer, fréquentés annuellement par 30 à 40,000 baigneurs. Ramsgate, autre jolie ville dont on admire la magnifique chaussée ; sa construction a coûté plus de 5,000,000 de francs; elle

protège le port et les établissemens des bains de mer. Faversiiam, petite ville , importante par sa nombreuse marine marchande qui compte 670O tonneaux, et par la grande fabrique de poudre qui se trouve dans son voisinage et qui appartient au gouvernement. Bradburn , village remarquable par 1'// immense qui ombrage son cimetière. Le savant botaniste M. deCandolle, considérant le lent accroissement de ce végétal et la grosseur de son tronc, qui n'a pas moins de 28S0 lignes ou près de 20 pieds de diamètre, estime son âge de (28 à 30 siècles! Ce vétéran de la végétation européenne a donc été contemporain des antiques monarchies de l'Orient ; il vit la gloire de la Grèce , la splendeur de Carthage, la toute-puissance de Rome, la naissance du christianisme et les étonnantes conquêtes de ses intrépides martyrs et de ses paisibles missionnaires; il assista à la chute terrible de l'empire Romain , à la fondation de toutes les monarchies modernes, aux triomphes des califes , aux trophées de Charlemagne et aux sanglantes victoires de tous les conquérans du moyen âge. Le temple de Salomon, les constructions gigantesques de l'Inde, les monumens de Persepolis , d'Alexandrie et dePalmyre, et toutes les merveilles enfantées depuis les temps historiques par tous les peuples policés des deux hémisphères , ont disparu ou n'offrent plus que de tristes ruines -, mais cet arbre extraordinaire , toujours debout au milieu des révolutions qui tant de fois ont bouleversé la terre, et des débris de ses plus puissans empires , ombrage encore de ses rameaux séculaires cette enceinte delà mort! on dirait que la nature s'est plue à le conserver plein de vie , pour montrer aux hommes combien leurs ouvrages les plus magnifiques sont périssables à côté des œuvres du Créateur.

Hors du rayon de Douvres et sur la mer du Nord on trouve : Harwich, petite ville du comté d'Essex, importante par ses chantiers, où l'on construit de petits bâtimens pour la marine royale; avant l'établissement des bateaux à vapeur, c'était le centre des communications avec Hambourg et la Hollande. Dans un rayon de 16 milles, ou trouve : Colchester, ville de médiocre étendue , mais importante par son port et son industrie ; elle possède une société de médecine. lpswich, par ses chantiers et par son port; quelques vieux édifices ornés de bas-reliefs et de statues rappellent son ancienne splendeur.

Norwich , chef-lieu lieu du comté de Norfolk, grande ville épiscopale, renommée depuis le xne siècle par la fabrication de ses tissus de laine ; un grand nombre de manufactures, de nombreuses écoles, une bibliothèque publique, un musée, quelques beaux édifices, parmi lesquels se distinguent sa vaste cathédrale, et surtout les superbes travaux hydrauliques entrepris pour faciliter ses communications avec Yarmouth et Lowestoft ajoutent à son importance. Nous ajouterons que peu de villes attirent plus

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que Norwich l'attention des botanistes ; elle le doit au magnifique musée botanique du célèbre J.-E. Smith, le fondateur de la société Linéenne de Londres ; il offre une des collections les plus riches et les mieux choisies qui existent; on y voit plusieurs livres de la bibliothèque du grand Linné, quelques-uns de ses manuscrits encore inédits et son herbier tel qu'il était à Upsal , dans les mêmes cases et aussi bien tenu ; les insectes, les coquilles et les minéraux qui ornaient le cabinet du naturaliste suédois sont à côté de cette précieuse collection , objet de la vénération et des recherches de tous ceux qui cultivent la botanique.

A quelques milles de Norwich est située Yaruooth , avec un port qui s'encombre tous les jours, et qui était autrefois une des stations principales de la marine royale-, c'est une des plus jolies villes d'Angleterre, dont le commerce maritime est aussi actif qu'étendu , et dont la marine marchande ne compte pas moins de 40,ooo tonneaux. Cette ville est aussi le principal débouché maritime des produits des manufactures de Norwich , et prend une part très active aux pêches du hareng et du maquereau qui rapportent des sommes si considérables à l'Angleterre. Lowestoft, très petite ville, qui ne tardera pas à prendre un grand accroissement , grâces aux importans travaux entrepris il y a plusieurs années pour lui donner un port auquel aboutissent deux importantes lignes de navigation intérieure ; c'est le premier et jusqu'à présent le seul port artificiel que possède le Royaume-Uni -, on admire surtout les portes immenses de la grande écluse du côté de la mer , elles sont en fer; chaque porte pèse près de 80 tonneaux, offre une surface de 1G50 pieds carrés anglais et tourne sur un pivot d'une seule pièce en fer fondu du poids de plus de 10 tonneaux. Le pont en fer fondu qui passe par- dessus cette écluse n'est pas moins remarquable : il s'ouvre au milieu pour laisser une ouverture de 50 pieds an glais aux vaisseaux; chaque moitié mobile pèse 125 tonneaux; un seul homme peut l'ouvrir facilement dans l'espace de deux minutes ; une seule minute suffirait en y employant deux hommes. Hors du rayon de Norwich, et sur le golfe de Wash, on trouve : Lynn-Regis, petite ville du comté de Norfolk , importante par son port sur le golfe de Wash et par sa marine marchande estimée à l4,ooo tonneaux et employée à l'exploitation des produits de cinq comtés avec lesquels elle communique par des fleuves ou des canaux navigables.

Dans un rayon de 22 milles autour de Ljnn on trouve : Wells, très petite ville, avec un petit port dont les vaisseaux marchands jaugent près de 4000 tonneaux, et remarquable par le voisinage de Holkham hall, grand établissement agricole appartenant à M. Th. Coke , un des plus riches propriétaires de l'Angleterre; tous les ans au mois de juin on y célèbre une grande fête

champêtre à laquelle accourent les plus riches agronomes et toutes les personnes les plus distinguées du royaume-, elle dure trois jours, pendant lesquels ce riche propriétaire expose les perfectionnemens qu'il a pu faire pendant l'année, et étale dans son magnifique château un luxe qus rivalise avec celui des cours les plus brillantes. Wisbeach, dans le comté de Cambridge, avec un port et un canal qui la met en communication avec Peterborougli. Boston, dans le comté de Lincoln, importante par son port sur le golf*: de Wash et par sa marine marchande estimée a 7500 tonneaux, dont la plus grande partie est employée aux pêches et au commerce avec la Baltique ; on doit mentionner sa belle église gothique de St-Botolph, surmontée d'une tour rangée à côté des plus élevées de l'Angleterre.

Hull, sur la rive gauche de l'Humber, dans le comté de York, grande et belle ville, un des quatre grands ports commerçans de l'Angleterre, le premier pour la pêche de la baleine et le cinquième pointa marine marchande ; à la fin de 1825 elle jaugeait 70,000 tonneaux. Les magnifiques rues George-Street et Charlotte-Street, la douane, le théâtre, la place ornée de la statue de Guillaume 111, l'école de marine, la société de littérature et des sciences naturelles, mais surtout ses magnifiques bassins méritent d'être mentionnés. Ces derniers figurent justement parmi les plus beaux travaux de ce genre qu'offrent l'Angleterre et l'Europe; VOld-Dock (l'ancien bassin) , fini en 1778, dont on a rebâti l'écluse en 1814, n'a pas moins de dix acres de surface ; Vllumber-Dock , achevé en 1809 en a sept, et le Junction-Dock commencé en 1826 et ouvert en 1829 en a plus de six. On ne doit pas oublier les vastes et beaux quais bordés de boutiques, de magasins et de toutes les commodités nécessaires à une place maritime commerçante du premier ordre. Nous avons déjà signalé à l'article canaux les nombreuses communications hydrauliques qui mettent cette ville en rapport avec Manchester, Liverpool, Bristol, Londres et autres villes du royaume. Nous ajouterons que Hull est le grand entrepôt du commerce de tout le nord de l'Angleterre et de celui que ce royaume fait avec le nord de l'Europe.

A quelques milles de distance on trouve : Goole, situé sur l'Ouse, peu loin de son embouchure dans l'Humber, lieu très important par son commerce florissant, par son beau bassin, et par ses deux vastes docks environnés de grands magasins. Ce port, que le gouvernement a mis,

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sous le rapport administratif, sur le même rang que Londres, Liverpool et Dublin, ne se trouve pas indiqué sur les cartes générales du Royaume-Uni, et on le cherche en vain dans les géographies et les dictionnaires géographiques.

Dans un rayon de 45 milles on trouve York , Leeds , Sheffield, Lincoln et autres villes que nous décrirons ailleurs, ainsi que Whitby. Cette dernière est une ville de médiocre étendue, mais très importante par son port, par ses chantiers, ses mines d'alun et sa nombreuse marine marchande qui compte 40,000 tonneaux.

Dans un rayon de 24 milles autour de Whilby on trouve : Scarborough, ville de médiocre étendue, importante par son port, dont la marine marchande jauge 2C,ooo tonneaux , par ses beaux chantiers et par ses eaux minérales qui y attirent un grand nombre d'étrangers; les bâtimens qui en dépendent sont d'une grande beauté. Stockton, jolie petite ville, importante par son port, ses forges , et par le chemin en fer de 24 milles anglais de long , qui depuis 1824 la met en communication avec les mines de houille d'Etherly et Wilton-Park en passant par Darlington.

Newcastle {Gabrosentum ; Moulchester) , grande et ancienne ville, chef-lieu du comté de Northumberland, située sur la rive gauche de la Tyne, qui y forme un port sûr et commode. La ville ancienne est sale et mal bâtie , mais la nouvelle offre de belles rues et de beaux bâtimens. V hôtel-de-ville (Town-hall), le palais de justice (county-hall), la mansionhouse, le théâtre, le casino <assembly rooms), Y église de St-Nicolas sont ses plus beaux édifices ; on doit citer aussi le magnifique pont en pierre formé de 9 arches elliptiques dans la viile basse et l'autre dans la ville haute, ainsi que le beau quai le long de la Tyne, qui est un des plus longs et des plus larges de l'Angleterre. Le gymnase (royal free grammar school), fondé en 1525, la bibliothèque publique, les sociétés de belleslettres , philosophique et médicale et celle des antiquaires, sont ses principaux établissemens scientifiques et littéraires. La marine marchande de Newcastle jaugeant 193, ooo tonneaux , cette ville se trouve être le second port de l'Angleterre et le troisième de tout le globe considéré sous ce point de vue ; elle le doit aux mines de charbon de son territoire qui emploient 40,000 personnes et produisent annuellement 42,000,000 de quintaux.

Oateshead, située sur la rive droite de la Tyne, et appartenant sous le rapport

administratif au comté de Durham, est regardée communément comme un faubourg de Newcastle. La muraille d'Adrien se terminait à cette ville; celle de Sévère la traversait. Sa population, qui, en 1821, en y comprenant Gateshead, s'élevait à 49,ooo âmes , parait être actuellement de près de 60, ooo.

Dans un rayon de 14 milles on trouve : Wallsend, village près de Newcastle , remarquable par sa mine de houille , une des plus riches que l'on exploite, et dont les produits sont portés jusqu'aux bords des vaisseaux par des voitures mises en mouvement par la vapeur et parcourant un beau chemin en fer. North-Shields , sur la rive gauche de la Tyne, South-Shields, sur la rive droite, et Tynemouth, à l'embouchure de ce fleuve , importantes par les nombreux vaisseaux occupés à l'exportation du charbon exploité dans les mines des environs et dans celles de Newcastle; dans South-Shields il y a aussi neuf grandes verreries. On doit faire observer que la Tyne , depuis Tynemouth jusqu'à Newcastle, est pour ainsi dire couverte de navires, et que tout le pays offre la plus grande activité. On a le projet de construire un pont en fer entre South et North- Shields ; il offrira l'arche la plus large que l'on connaisse, puisqu'elle aura 400 pieds de corde.

Sunderland , dans le comté de Durham , sur le Wear, jolie ville , formée de l'union de trois villes distinctes : Sunderland proprement dite , et Bishop-Wearmoulh , situées sur la rive droite, et Monk-Wearmouth , sur la gauche , réunies par un pont en fer de loo pieds de haut, et dont l'arche en a 236 d'ouverture. C'est l'entrepôt de l'immense exploitation des mines de houille situées dans le bassin du Wear; elles occupent 30,000 personnes , et leur produit annuel s'élève à 30 millions de quintaux. Sunderland est aussi remarquable par ses nombreux chantiers, et plus encore par sa nombreuse marine marchande qui s'élève à 94,000 tonneaux : elle lui assigne le quatrième rang parmi les villes de l'Angleterre, qui sont les plus importantes considérées sous ce point de vue. Swalwel , près do Winlaton , village important par son immense forge qu'alimente la riche mine de fer exploitée dans son voisinage. Durham, ville de médiocre étendue , remarquable par sa position sur une colline baignée par le Wear, par sa grande cathédrale, dont l'évèque est regardé comme le plus riche de l'Angleterre , et par sa belle prison (county gaol), une des plus belles du royaume.

Beaucoup plus loin , et à 40 milles à l'ouest de Newcastle, on trouve: Carlisle, jolie ville épiscopale , remarquable par sa grande antiquité , par la muraille élevée par Adrien et par ses nombreuses fabriques de coton. Dans ses environs on trouve quelques vestiges d'antiquités romaines et le beau monument druidique long Meg and fier daughlers (la grande Megue et ses filles) composé d'un grand cercle de grosses pierres brutes. A 45 milles au nord de Newcastle est située Berwick, petite ville, qui joue un grand rôle dans

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les guerres qui ont agité l'Ecosse et l'Angleterre, sur les frontières desquelles elle est située ; son commerce florissant, sa marine marchande estimée à 4400 tonneaux, sa grande exportation de saumons pour Londres et son long pont sur la

Tweed méritent d'être cités.

Hors du rayon deNewcastle et sur la côte opposée on trouve : Whitehaven, jolie ville de mé- •liocre étendue, la plus importante du Cumber- )and , avec un port sur la mer d'Irlande ; elle doit presque tous ses embellissemens à la famille du comte de Lonsdale (lord Lovvtlier) à laquelle appartient la plus grande partie de ses riches mines de houille. Ces mines sont peut-être les plus extraordinaires du globe, puisque plusieurs s'étendentà 2400 étjusqu'à 3000 pieds au dessous du niveau de la mer et à la profondeur de 160 fathoms ; c'est à leur exploitation , aidée par plusieurs machines ingénieuses , que Whitehaven doit sa nombreuse marine marchande , qui , s'élevant à C7.000 tonneaux, lui assigne le sixième rang parmi celles des villes de l'Angleterre. A quelques milles se trouve : Workington , importante par ses mines de charbon , les grandes forges et les salines de son voisinage.

Lancaster , ville de médiocre étendue et autrelois très commerçante , mais à laquelle la qualité •le chef-lieu du comté de son nom conserve encore »ine certaine importance. La prison qui est une des plus grandes de l'Angleterre , le canal de Lancaster et le magnifique aqueduc sur lequel il passe nu-dessus du Loyne , méritent d'être mentionnés.

Dans un rayon de 18 milles, autour de Lancaster, on trouve : K e n d a 1 , petite ville , renommée depuis long-temps par ses fabriques de draps et remarquable parce qu'elle se trouve au commencement du canal de Lancaster qui aboutit à Liverpool. P resto n , jolie ville, florissante par ses nombreuses manufactures de coton renommées dans tout le royaume.

Liverpool , grande et belle ville du comté de Lancaster, située à l'embouchure de la Mersey. De belles rues larges, propres et bien alignées, plusieurs belles places , un grand nombre de maisons élégantes et quelques beaux édifices, tous construits depuis la seconde moitié du dernier siècle, ornent cette ville véritable création du commerce et de l'industrie. La prospérité actuelle de Liver- } ool n'est pas seulement le résultat de l'intelligence et de l'activité de ses habilans ; elle lui vient de sa situation géographique, qui la rend l'intermédiaire obligée de l'Irlande avec l'Angleterre, etsurlout de sa proximité de Manchester, l'un «les centres manufacturiers les plus importans du Royaume-Uni. Sans ces cireoustances , il n'est guère probable que ce port eût pris l'importance qu'il a acquise; car c'est en s'assimilant aux districts manufacturiers, et à force de zèle et d'acti-

vité , qu'il est devenu un de leurs plus utiles auxiliaires. Jamais tâche aussi difficile et aussi importante n'a été accomplie avec plus de sollicitude et d'intelligence. Liverpool ne se contente pas d'avoir d'excellens navires; il est en correspondance avec toutes les places commerçantes du monde ; il entretient des agens sur les points principaux, et chaque jour, par leur intermédiaire, il sait tout ce qui peut intéresser le commerce et la fabrique : les sécheresses du Bengale; la crue inespérée du Nil; les bonnes ou les mauvaises récoltes de la Mobile ou de Savannah ; la prospérité des troupeaux de l'Australie; les besoins des habitans de Singapour et de Malacca, ou l'apparition subite, sur les marchés , de nouveaux concurrens. Un compte en partie double est ouvert à chaque subdivision du globe; et, chaque jour, tout ce qui le concerne s'y trouve minutieusement enregistré. Puis la correspondance particulière et les journaux propagent ces rcnseignemens , et apprennent aux manufacturiers de l'intérieur les nouveaux débouchés qui s'ouvrent à leurs produits; les espérances qu'ils peuvent réaliser; les dangers qu'ils ont à éviter; les essais qu'ils peuvent tenter. II n'y a pas de négocians au monde mieux renseignés que ceux de Liverpool , et rien n'est plus curieux et plus varié que les neuf journaux qui se publient danscette ville. Mais aussi il ne lui a f>as fallu moins de 150 ans pour se préparer ù remplir ce rôle et à fonctionner avec tant de précision. En 1561, Liverpool ne dispose que de 177 tonneaux; en 1648 , ce chiffre s'élevait à peine à 462. Ce n'est qu'en 1699, avec l'ouverture du premier dock que l'importance de ce port commence à se dessiner ; alors son tonnage décuple, et, dès ce moment, Liverpool grandit à vue d'œil ; il serait difficile de suivre son accroissement rapide ; c'est une ville qui marche sans s'arrêter, sans regarder derrière elle, et qui échappe à toutes les supputations des arithméticiens politiques. Cependant on est parvenu à constater le mouvement progressif de la population de cette ville depuis plus d'un siècle. Nous ne donnerons ici que les deux termes extrêmes de cette progression : en 1700, la population de Liverpool était de 5714 habitans ; elle est aujourd'hui de 165,000. Sous le rapport de l'importance commerciale , de la navigation maritime , de la valeur des produits qui passent par

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la voie de Liverpool, ce port est, sans contredit, après Londres, le pins important de tous ceux de la Grande-Bretagne. Newcastle semble le dépasser par le chiffre numérique de ses navires , mais Liverpool lui est bien supérieur par le résultat définitif de ses opérations. Liverpool n'a pas de port, dans l'acception de ce mot. La Mersey à l'embouchure de laquelle il est situé, facilite les arrivages ; mais 25 bassins {dock) larges, commodes, spacieux, occupant une superficie de 112 acres ou 450,000 mètres carrés, protègent Jes navires contre l'inconstance des marées et contre la violence des vents. Ce sont ces ports artificiels qui, en rendant les chargemens et les déchargemens plus faciles , ont fait la fortune de Liverpool. Plusieurs canaux font communiquer cette ville avec celles de l'intérieur. Le pins important est le Leeds and Liverpool canal, qui n'a pas moins de 140 milles de parcours. Il commence à l'extrémité nord de Liverpool , suit le cours de la Douglas jusqu'à Vigan qui fournit aujourd'hui à cette ville, 250,000 tonnes de charbon, et communique par l'Aire et l'Ouse avec Hull et la mer du nord. Les divers canaux qui rayonnent autour de Liverpool et qui composent le système hydraulique dont cette ville est comme le centre, ont un parcours d'environ 412 milles ; mais comme ils se rattachent, soit directement , soit indirectement aux divers «•anaux dont le reste de l'Angleterre est sillonné, les relations de Liverpool avec Londres, Hull, Birmingham. et les principales villes de l'intérieur , sont toujours faciles et assurées par cette voie, malgré la distance et les chaînes de montagnes (jui les séparent. Mais la voie lente des canaux et du roulage répondant mal à l'impatience des spéculateurs ainsi qu'à l'accroissement des affaires des négocians et manufacturiers de Liverpool et de Manchester , on chercha de nouvelles combinaisons pour accélérer les rapports et rendre plus faciles et moins coûteux les moyens de transport d'une ville à l'autre. On fit choix du système de rails usités dans l'intérieur des mines , et en 1828 le chemin de fer de Manchester à Liverpool fut livré à la circulation ; la distance qui sépare ces deux villes n'est plus aujourd'hui que de 2 heures et ij2 pour les marchandises ,et d'une heure 20 minutes pour les voyageurs.

Liverpool s'élève doucement en amphithéâtre sur la rive droite de la Mersey, et offre de toutes parts une masse compacte de constructions hérissées çà et là de flèches, de clochers et de coupoles , audessus desquels plane un nuage de fumée entretenu dans son impénétrable densité par 30 ou 40 cheminées d'usines. Lorsque l'on est sur la rive gauche de la Mersey, on n'aperçoit qu'une forêt oscillante de mâts, de vergues et de cordages, qui cachent et découvrent par intervalles les édifices de la ville qui avoisinent les docks : la douane , l'hôtel des bains, l'entrepôt des tabacs, les magasins du commerce, vastes constructions à sept étages, percées de mille fenêtres; voilà Liverpool, au premier aspect , vu à vol d'oiseau. Si l'on pénètre dans l'intérieur, on trouve de belles rues, larges, bien aérées, bordées de trottoirs, unies comme les allées d'un parterre, sur lesquelles les voitures roulent sans fracas avec une admirable facilité. Mais en parcourant ces voies somptueuses, pavées à la Mac-Adam, ornées de magnifiques boutiques, sillonnées sans cesse par de brillans équipages, on est surpris de voir tout à côté, de petits passages, d'étroites ruelles, de sombres allées, où la lumière du jour ne pénètre jamais, où une boue noire et grasse séjourne constamment. C'est là que le petit commerce s'agite ; c'est là que la misère étale ses guenilles, que des enfans à (terni nus se vautrent dans la fange : pénible contraste qu'offrent toutes les grandes villes industrielles, reproche sanglant adressé à notre civilisation, si fière, si orgueilleuse de ses produits.

Liverpool possède un assez grand nombre d'édifices publics; mais en général leurs proportions manquent d'élégance.

Les plus beaux sont : les églises de Si- Paul et de St-Luc, celle de St-George, dont le toit, les fenêtres, les portes, les pilastres, la galerie et la tribune sont tous en fer fondu; le marché, le plus beau peut-être de l'Europe et dont le vaste toit est soutenu par 120 piliers en fonte ; il est éclairé au gaz pendant la nuit et est destiné à la vente du poisson, de la viande, des légumes, des fruits et du beurre; le marché aux grains (corn market) ; le théâtre ; le nouveau casino (Wellington rooms) avec des salles d'une grande beauté où l'on donne des concerts et des bals; Yinûrmary; Y hôtel-de-ville ftown

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hall), d'un beau style grec et surmonté d'une grande coupole; la bourse bâtie sur ie plan de la place St-Marc à Venise et au milieu de laquelle se trouve le beau monument en fer fondu élevé à la mémoire de Nelson ; les bàtimens du musée appartenant à la société d'histoire naturelle , de V athénée , du lycée et de V Union news rooms; la prison de la ville (borough gaol). La façade de la station du chemin de fer (dans Lime Street) ressemble à un palais royal : cette façade est belle , mais elle est surchargée d'ornemens. La Prince''s parade sur les bords delà Mersey; l'avenue de St-James walk, qui domine la ville et ses environs; et le Zoological Garden, où l'on n'entre qu'en payant un shilling, sont les principales promenades publiques de Liverpool. Sur remplacement de l'ancien bassin (Old-Dock) on a construit la nouvelle douane (custom house), qui est un des plus magnifiques édifices en ce genre, offrant dans son intérieur une des plus grandes salles de l'Europe. Les bains sur les bords de la Mersey sont justement placés parmi les pins beaux de l'Angleterre ; on y admire surtout l'immense et ingénieux appareil construit pour filtrer l'eau salée et la purger de la boue dont elle est chargée dans cet endroit. Comme la plupart des grandes villes de l'Angleterre, Liverpool a ses distributions d'eau et de gaz à domicile. Deux compagnies distribuent l'eau dans toutes les maisons moyennant une somme annuelle fixée d'après le prix des loyers. Deux compagnies sont également chargées de l'éclairage de la ville : non-seulement les boutiques , mais les églises, les théâtres et tous les lieux de réunions publiques sont éclairés au gaz. Nous mentionnerons aussi le beau phare achevé en 1830 et le magnifique tunnel qui, creusé sous une partie de la ville, joint le chemin de fer de Manchester à Liverpool, au port de cette dernière ville. Cette belle galerie souterraine a plus d'un mille d'étendue ; sa largeur est de 22 pieds et sa hauteur de 16 ; elle est parcourue par une double ligne de rainures ; la route est éclairée par le gaz, dont les rayons projettent d'une manière admirable les différens arceaux qui la composent. Les principaux établissemens scientifiques et littéraires de cette ville sont : Vlnstitution royale de Liverpool , où l'on enseigne les belles-lettres et les mathéma-

tiques ; le lycée, avec la bibliothèque la plus considérable de la ville ; V athénée, avec une autre bibliothèque assez riche ; la société philosophique médicale ; la société d'histoire naturelle, avec un beau musée où se trouve une collection remarquable d'antiquités égyptiennes, et un jardin botanique , regardé comme le plus beau et le plus riche de l'Angleterre , quoique sa fondation ne remonte qu'à l'année 1801. Parmi les nombreux établissemens de bienfaisance de Liverpool, il en est un surtout qui mérite d'être cité : c'est le Night Asylum for the houseless poor (asile de nuit pour les pauvres qui sont sans demeure); au-dessus de la porte, on lit cette inscription : Frappez et on vous ouvrira ; touchantes paroles de St-Luc , dont il n'a jamais été fait une plus ingénieuse et plus juste application. Dans cet établissement, plus de 6000 individus trouvent annuellement un asile , et y passent, terme moyen, cinq nuits.

Près de 70 bateaux à vapeur et un grand nombre de de paquebots entretiennent des communications fréquentes et régulières entre cette ville et les principaux ports de l'Irlande, Pile de Man, le Portugal, l'Italie, les Etats-Unis, les Antilles et l'Amérique du Sud. Les deux principaux articles importés à Liverpool sont le coton et le tabac ; la quantité moyenne du premier dépasse annuellement 700,000 balles ; la plus grande partie est consommée par les fabricans de Manchester , dont cette ville est regardée comme le port et le grand débouché.

Dans un rayon de 14 milles on trouve un grand nombre de lieux et de villes remarquables que nous décrirons dans les environs de Mancbester; ici nous citerons les suivans : Runcorn , où aboutit le canal Grand-Tronc et le chemin en fer qui mène à St-Helen, ce qui rend ce petit endroit très commerçant-, ses bains de mer, sa douane et les carrières du voisinage ajoutent à son importance. Chester, chef-lieu du comté de ce nom , ancienne ville épiscopale, importante par son industrie et son commerce favorisé par plusieurs canaux; c'est le grand entrepôt du fromage de Chester et des salines de ce comté ; la prison est l'édifice le plus remarquaWe ; le magnifique pont sur la Dee, qu'on y construit, offrira, quand il sera achevé, la plus grande arche peut-être qu'on ait encore exécutée en pierre ; elle n'aura pas moins de 200 pieds anglais d'ouverture. Holywel, dans le comté de Flint , importante par ses mines de plomb , de calamine et de cuivre , dont la plus, grande partie appartient au comte Grosvenor-, le

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moteur de la plupart de ces établissemens est la célèbre source appelée le Puits de St-Winifred. Caerwys , très petite ville, remarquable parce que jusqu'au règne d'Elisabetb elle a été le rendez-vous des bardes, qui, en présence des juges nommés par le prince , venaient chaque année y disputer le prix du chant.

Hors du cercle que nous avons tracé autour de Liverpool, et dans la principauté de Galles, on trouve: Caermartuen, petite ville, chef-lieu du comté de ce nom , regardée comme la capitale du Galles-Méridional ; le monument élevé au général Picton en 1826 et la nouvelle prison méritent d'être mentionnés. Dans un rayon de 28 milles tracé autour de Caermarthen on trouve : Milford , dans le comté de Pembrok, très petite ville, à laquelle son port, un des plus beaux de l'Europe, et les chantiers de la marine royale qu'on y a dernièrement établis et auxquels travaillent 6 à 800 ouvriers, donnent une grande importance; c'est îe point auquel doit aboutir le grand chemin en fer d'Occident qui commence à Londres. Swansea , jolie petite ville, très importante par le mouvement de son port auquel aboutit le vaste système de routes en fer et de canaux construits pour l'exploitation et le débit des mines de fer et de houille du Galles-Méridional et surtout du comté de Glamorgan, dont les usines, maintenant les plus riches de l'archipel Britannique , livrent tous les ans à la consommation 2,500,000 quintaux de fer en fonte ou en barres et 150,000 de cuivre ; de jolis bains de mer attirent pendant l'été beaucoup d'étrangers dans Swansea. Cardigan , petite ville , chef-lieu du comté de son nom , importante par son commerce florissant, par sa nombreuse marine marchande qui compte 12,300 tonneaux , et par la société Cynirei Giddion, instituée pour encourager la culture et le perfectionnement de la langue galloise.

Bristol (Cœr Brito,- Brightslowe) , au confluent de l'Avon avec la Severne , ville épiscopale , qui forme à e!le seule avec sa banlieue un pelit comté, <jue l'usage réunit à celui de Gloucester dont depuis quelque temps elle a été séparée. C'est une grande ville, bâtie irrégulièrement; la partie ancienne qui passe pour être antérieure de quatre siècles à l'ère chrétienne, a des rues étroites et des maisons d'une triste apparence; la ville nouvelle au contraire est très bien bâtie et possède plusieurs beaux édifices et de belles places. C'est surtout le faubourg de Clîfton qui offre les plus beaux bàtimens dans les deux demi-cercles nommés Royal York Crescent etLoicer Orescent. L'église de S te- Marie Redcliffe, beaucoup plus grande et plus belle que la cathédrale ; le beau bazar couvert, livré au public en 1825 ; le nouvel hôtelde-ville (new council house); achevé en

1826 ; la bourse, semblable à celle de Londres, mais sur des proportions plus petites; le beau palais des négocions (commercial rooms), où se réunissent tous les négocians pour lire les journaux et où sont affichées les listes des navires arrivés dans le port, sont les bàtimens les plus remarquables. Nous ajouterons que l'on doit construire un pont suspendu sur l'Avon , assez vaste pour que les navires de toutes les grandeurs puissent passer dessous à voiles déployées; il aura 30 pieds anglais de large et 210 pieds de hauteur au-dessus de l'eau ; i I s'appuiera sur deux piles ou plutôt deux tours gothiques qui s'élèveront de 150 pieds au-dessus du port, et formeront comme deux colonnes colossales de 260 pieds perpendiculaires. V université , fondée par souscription et ouverte en 1829 ; la literary institution, fondée en 1822, avec des collections scientifiques et où Ton donne des cours sur les sciences naturelles, et la bibliothèque, sont les principaux établissemens littéraires. Bristol est un des quatre grands ports marchands du royaume, quoique tous les vaisseaux qui lui appartiennent ne jaugent que .38,000 tonneaux, ce qui assigne le neuvième rang à sa marine marchande.

Dans ses environs immédiats on trouve les eaux minérales de Cliflon , un de ses faubourgs, et ci lles dites Hotwell. Plus loin , dans un rayon de 2G milles , on trouve : Bath , ville épiscopale* une des plus belles de l'Angleterre. Les plus beaux édifices sont ceux qui forment la superbe place Queeiïs Square , le Royal Circus et surtout le Crescent, le palais de justice (Guildhall), le nouveau bazar aussi beauquele Burlington arcade de Londres , quoique plus petit; le théâtre qui est un des plus beaux de ceux des provinces ; YUpper Piooms dont on admire la magnifique salle de bal , les bàtimens des bains où l'on voit une salle d'une grande beauté et la cathédrale. Le gymnase } la société d'agriculture (Batii and West of'England agricultural society) présidée par le marquis de Lansdovm; la société des lettres et des sciences (literary scientific institution); la société philosophique et la société musicale de Balh (Bath harmonie society) sont ses principaux établissemens littéraires. Nous rappellerons au lecteur que c'est ici que le célèbre Hcrschel découvrit la planète Uranus. Depuis le temps des Romains cette ville est renommée par ses eaux minérales qui y attirent une foule d'étrangers-, c'est une ville déplaisir et de fêtes dont le principal commerce est dû à la consommation. On y voit encore des vestiges d'importantes constructions romaines et les restes d'un temple consacré à Minerve. Tout près de Bath est située

ELuOPE.

prior Park house, superbe maison de campagne de M. Allen. Viennent ensuite : Frome et Calne, impor tantes par leurs fabriques de draps et de casimir; Calne est remarquable par un immense cheval sculpté sur des collines de craie situées dans son voisinage; on lui donne 157 pieds anglais de long. Wells, remarquable par son siège épiscopal et par sa belle cathédrale gothique; Berkely, par le magnifique canal à grandes dimensions nommé de Berkely et G loucesler qui s'y décharge dans la Severn.

Gloucester, chef-lieu du comté de ce nom , ville épiscopale, de médiocre étendue, remarquable par sa superbe cathédrale et par son immense fabrication d'épingles , dont on estime la valeur à plus de 25,000,000 de francs par an ; on doit mentionner aussi la société d'agriculture , le nouveau palais de justice (new county hall) où se trouve la vaste salle de bal et de concert (assembly room), qui peut contenir 2500 personnes; la nouvelle prison (county gaol), et le magnifique pont en pierre, d'une seule arche , sur lequel on passe la Severne à O ver dans ses environsimmédiats; il a 150 pieds anglais d'ouverture. A quelques milles de cette ville et à 34 de Bristol est située Che Itenham , naguère très petite ville, formée d'une seule rue, et qui , dans l'espace de moins de trois lustres, est devenue une des plus belles de l'Angleterre, comptant déjà une popu lation qui dépasse 20,000 âmes. Elle doit son étonnante prospérité à sa délicieuse situation et à ses eaux minérales qu'on peut comparer à celles de Spa , et qui , devenues à la mode de nos jours , y attirent annuellement environ 12,000 étrangers. I-e théâtre et les hâlimejis des bains méritent surtout d'être mentionnés.

Chepstow, très petite ville du comté de Moninouth , remarquable par son port , par ses beaux chantiers, et par ses marées les plus grandes peut-être de l'Europe, puisqu'elles montent jusqu'à 70 pieds anglais. Carduf, très petite ville du comté de Glamorgan, importante par son poi l , où l'on embarque tous les ans environ 30,000 caisses de ferblanc provenant de la grande fabrique de Melyn Griffin, et plus de 100,000 tonneaux de fer en fonte et en barres des forges de Merthyr- Tydv il. Cette dernière ville est devenue depuis quelques années la plus grande usine de l'Angleterre et peut-être du monde; on y forge annuellement au-delà de 1,000,000 quintaux de fer; toute la vallée au milieu de laquelle elle est située est remplie de mines de charbon et de fer exploitées par un grand nombre d'ouvriers.

Falmouth , petite ville du comté de Cornwall ou Cornouailles, importante par .sa baie, une des meilleures et des plus grandes de l'Angleterre. C'est la station ordinaire de plusieurs navires de la marine royale et depuis long-temps le point de départ des paquebots qui entretiennent la correspondance régulière entre l'Angleterre, l'Espagne et le Portugal, par les ports de La Corogne et de Lisbonne, et avec les Antilles et l'Amérique-Mé-

ridionale; sa marine marchande s'élève à 7000 tonneaux.

Dans un rayon de 18 milles on trouve plusieut s petites villes très importantes parles produits de leurs mines de cuivre et d'étain ; ces dernières , quoique beaucoup moins productives qu'autrefois , sont encore les plus riches de l'Europe. Nous nommerons : Penryn, importante par ses carrières de granit; Truro , regardée comme le cheflieu du Cornouailles ; elle possède une bibliothèque assez riche et une société de minéralogie et de géologie; St-Austle, Helston et Reduutu, avec des mines d'étain et de cuivre, St-Just , remarquable par le voisinage de la mine de cuivre de Botallock, dont les galeries s'étendent à plusieurs centaines de pieds au-urssous de la mer; Penzance, la plus florissanle peut-être de tout le Cornouailles , et remarquable par sa belle collection des minéraux de l'Archipel Britannique et par sa société de minéralogie et de géologie.

Plymouth , ville la plus considérab!e du comté de Devon , formée par la réunion de trois villes naguère encore séparées et maintenant presque entièrement réunies par le grand nombre de maisons qu'on y a bâties; ces trois villes sont Plymouth, proprement dit, Slonehouse et Devoïi-Port. Plymouth a aussi , à proprement parler, trois ports dil'férens , nommés Catwater , Sutton pool et Hamoaze , dont l'ensemble forme un des plus beaux ports de l'Europe ; le dernier est destiné spécialement aux navires de la marine royale , qu'on y voit toujours au nombre d'une centaine. D'importantes fortifications protègent ces trois ports contre les attaques des hommes, tandis ({lie la digue Breakwater , commencée en 1812, et maintenant presque achevée, malgré la grande profondeur de la mer, les a déjà protégés contre ce terrible élément ; c'est avec le fameux phare d' Eddijstone , construit au milieu des Ilots de la Manche, un des ouvrages hydrauliques les plus hardis que la main de l'homme ait encore exécutés.

Malgré des rues généralement étroites, irrégulières et assez mal pavées, surtout dans Plymouth proprement dit, cette ville se distingue par l'élégance et la propreté de ses maisons , par un grand nombre d'embellissemens qu'on y a faits dans ces dernières années et par plusieurs édifices d'une beauté remarquable. Nous nommerons le nouveau théâtre, regardé comme le plus beau des théâtres des provinces , et dans lequel se trouve une magnifique

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auberge (royal hôtel) ; le bâtiment de l'athénée, construit en 1818 sur le modèle du Parthénon ; le grand hôpital pour les marins (naval hospilal ), vaste édifice construit en granit ; les deux casernes , remarquables par leur étendue ; V église de Devon-Port et les vastes et magnifiques bàtimens dont l'ensemble forme V arsenal te la marine royale, où l'on admire surtout les docks ou bassins, et les chantiers couverts, où travaillent continuellement de 3 à 4000 ouvriers. On doit aussi mentionner la belle colonne de 112 pieds anglais de haut élevée à Devon- Port pour transmettre à la postérité le changement de son ancien nom Plymouth-Dock en celui qu'elle porte à présent, changement arrivé en 1827; et le vaste réservoir à l'extrémité de la baie Boveysand où l'on conserve toujours assez d'eau pour approvisionner une flotte de 50 vaisseaux de ligne. V athénée, espèce d'université où l'on fait des cours sur toutes les sciences, à l'exception de la théologie ; V école royale de marine et Y observatoire sont les principaux établissemens publics de cette ville, dont la population dépasse actuellement 70,000

A quelques milles de distance on trouve: Tav'istock, petite villé, importante surtout parles riches mines de cuivre et d'élain découvertes il y a quelques années dans ses environs et exploitées par ses iiabitans. Plus loin vers l'est se trouve la prétendue forêt de Dartmoor, qui n'est à proprement parler qu'un vaste espace couvert de marais et de bruyères traversé par le Dart, et dont les Iiabitans appelés Moormen (hommes du marais) passaient jadis pour être le peuple le plus ignorant et le plus grossier de l'Angleterre ; on y a établi une colonie agricole pour les pauvres, sur le modèle de celles des Pays-Bas. Plus loin encore et dans un rayon de 20 milles est située Dartmoutii, petite ville importante par son beau port et par sa marine marchande qui compte 24,000 tonneaux y compris les navires de Brixiiam, que l'on considère à cause de son voisinage , comme un faubourg de Dartmoutii ; cette dernière est habitée en grande partie par des pêcheurs qui possèdent un grand nombre de navires.

Hors du rayon de Plymouth et à 30 milles de cette ville on trouve : Exeter , ville épiscopale de médiocre étendue , chef-lieu du comté de Devon , remarquable surtout par sa vaste cathédrale. La société littéraire connue sous le titre Institution for promoting science, literature and other arts, mérite d'être mentionnée ainsi que le bel hôpital des pauvres, la maison des fous et le beau pont en pierre. Un canal la met en communication avec Topsham, petite ville dont le port sert à l'exportation des produits de

son industrie. On regarde cette ville commerçante, qui possède 17,000 tonneaux , comme la capitale des comtés de l'Ouest; les rois y ont résidé avant l'invasion et la conquête des Normands. Depuis quelques années une société de capitalistes y a établi la Compagnie d' assurance dite de V Ouest d' Angleterre.

Entre les rayons de Plymouth et de Portsmouth on trouve la petite ville de Dorciiester , que nous ne nommons que parce qu'elle est le chef-lieu du comté de Dorset , appelé avec raison le jardin de l'Angleterre, et parce qu'on trouve dans son voisinage plusieurs lieux trop importans pour pouvoir les passer sous silence. Ces lieux sont : Weymoutii , petite ville, dont la partie moderne nommée Melcombe Régis, est jolie et beaucoup plus grande que Weymouth proprement dit-, c'est une des villes les plus fréquentées de l'Angleterre pour ses bains de mer; sa marine marchande compte 7000 tonneaux. Les prétendues îles de Portland et de Purbeck , qui sont réellement de petites péninsules remarquables par les nombreuses carrières de pierres très dures et de marbres , dont on exporte une grande quantité pour le pavage et pour les constructions de Londres et d'autres villes. Dans celle de Purbeck se trouvent aussi d'immenses carrières d'argile; un chemin en fer de trois milles anglais de long, facilite le transport des 20,000 tonneaux qu'on exporte annuellement à Liverpool pour les envoyer de là aux grandes manufactures de poterie du comté de Stafford.

Portsmouth, dans le comté de Southampton ou Hampshire, ville la plus importante de tout l'Archipel Britannique sous le rapport militaire, étant une des plus fortes places de l'Europe et le premier établissement maritime de l'Angleterre. Ce magnifique arsenal occupe une surface de 100 acres; 3000 à 4000 ouvriers y sont constamment employés en temps de paix; il y en a au moins le double en temps de guerre. On y admire plusieurs mécaniques et particulièrement celles pour faire les poulies, pour scier les planches et pour tailler des plaques de fer épaisses de deux pouce î; on y emploie la vapeur comme mo teur principal. Dans son enceinte se trouve V école d'architecture navale (architectural academy) et le collège roy al de marine ( royal naval collège ), ainsi qu'une belle collection de modèles de toutes les constructions navales les plus importantes. La magnifique rade de Spithead qui se développe à l'entrée du beau port de Portsmouth , ajoute à l'importance maritime de cette ville, qui se compose de deux villes distinctes : Portsmouth , proprement dit, petite et sans aucun bâtiment remarquable ; et Portsea, beaucoup plus grande et très bien bâtie ; c'est dnu$

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cette dernière que se trouve l'arsenal. On doit ajouter que dans son port se trouvent en temps de paix 100 vaisseaux de guerre, et que sa marine marchande compte 9000 tonneaux.

Dans un rayon de 32 milles on trouve : Newport , petite ville , chef-lieu de l'île de Wight ; sa vaste et belle maison de correction et de travaux forcés (house of indnstry) mérite d'être mentionnée. Southampton , importante par sa marine marchande estimée à 8000 tonneaux , par son école d'industrie pour 300 enfans de militaires (military asylum), par la société qui a pour but Y instruction et l'amélioration morale des Bohémiens et par son bel établissement de bains de mer; Chiustchurch , par sa vaste église gothique; Poole, par son port et sa nombreuse marine marchande estimée à 15,000 tonneaux. Salisrlry , petite ville épiscopale, chef-lieu du comté de Wilt, remarquable par sa vaste et belle cathédrale, dont le clocher est le plus élevé de tout le Royaume-Uni et l'un des plus hauts de l'Europe , et par le Slonehenge, célèbre monument druidique situé à quelques milles au nord, au milieu d'une bruyère, et consistant en plusieurs blocs énormes en situation verticale , sur lesquels reposent d'autres blocs posés horizontalement, le tout environné d'autres pierres de moindre dimension et de tombeaux. Winchester, petite ville épiscopale , chef-lieu du comté de Southampton , remarquable par sa vaste cathédrale, dont l'intérieur surtout est d'une grande beauté , et par son célèbre collège, dont la fondation remonte à l'année 1387.

Chicuester , chef-lieu du comté de Sussex , petite ville épiscopale , dont le haut clocher de la cathédrale est le bâtiment le plus remarquable. Brighton, ville de médiocre étendue, mais trop remarquable pour ne pas être décrite avec quelques détails. Elle a été créée pour ainsi dire de nos jours par Georges IV lorsqu'il était prince royal , en attirant un grand concours d'étrangers aux bains minéraux et de mer qu'il allait y prendre régulièrement tous les ans. C'est, comme le dit un voyageur qui l'a visitée récemment, un des lieux les plus beaux qu'il y ait sur la terre. a Qu'on se figure un rivage escarpé, un quai infini, où d'un côté s'étend à perte de vue une ligne de maisons et pour mieux parler de palais magnifiques, où de l'autre régnent l'Océan et sa masse immense. La grève étroite qui sépare des eaux de la mer le rocher sur lequel la ville s'élève, est un jardin d'où s'élance au-devant des navires une jetée en fil de fer qui va chercher, pour ainsi dire, les passagers à 600 pas au milieu des vagues. Toutes les architectures sont là réunies : l'Italie, Constanlinople , la Chine , la Grèce , le moyen âge , l'Espagne moresque ont tour-à-tour inspiré les créateurs de ces merveilles. Le Pavillon ou le palais bâti par George IV est un bâtiment magnifique qu'on ne saurait comparer à aucun autre, offrant des groupes de dômes, de minarets, de lanternes, de coupoles, de girandoles, dont

l'élégance bizarre semble créée par l'imagination d'un conteur des Mille et une Nuits. » La jetée dont nous avons parlé, les magnifiques bâtimens des bains, surtout ceux nommés bains de Mahomet (Mahomed baths); les beaux édifices le long du quai dit Marine Parade, et ceux encore plus beaux qui composent le Kemp Town, supérieurs peut-être à tout ce que l'Angleterre possède en ce genre, sont avec la belle église des Unitaires les édifices les plus remarquables de cette ville unique dans son genre , mais dont les alentours et le sol même sur lequel s'élèvent ses beaux édifices, n'offrent que des sables stériles. On ne doit pas oublier XAnthée, magnifique musée d'horticulture, dont la con struction a commencé en 1832, sous la direction du savant botaniste M. Philipps; son dôme, le plus vaste que l'on eut encore construit, était tout en 1er; il est tombé depuis, avant d'être entièrement achevé. La population permanente de Brighton est évaluée à la moitié de celle qu'elle possède pendant la saison des bains.

Les villes les plus remarquables de l'intérieur de l'Angleterre sont :

Oxford, chef-lieu du comté de ce nom, ville épiscopale de médiocre étendue , mais une des plus belles de l'Europe. Située sur une éminence presque entièrement entourée de prairies, au confluent du Charvvel avec la Thames nommée Isis par les étudians, cette ville est de forme circulaire. Vue des hauteurs voisines, elle présente un aspect superbe par le nombre et la variété de ses tours, dômes et autres édifices, dont la grandeur et la beauté de l'architecture frappent ceux qui les voient de près. Oxford, jadis résidence des rois d'Angleterre , passe pour être la ville la plus savante de ce royaume, avantage qu'elle doit à sa célèbre université, une des plus anciennes de l'Europe. Ce superbe établissement, qui étonne par la simplicité des beaux bàtimens qui en dépendent, par les riches collections de tout genre qui lui appartiennent, considéré sous le rapport purement scientifique, est bien loin cependant d'être au niveau des établissemens correspondans de l'Allemagne, de la France , de l'Italie et du nord de l'Europe. Après la suppression du collège cVHertford et de la New Inn hall, l'unhersité consiste en 19 collèges et 4 halls ou bàtimens destinés aux logemens des étudians. Parmi ces 23 édifices, tous construits en pierre de taille et plus ou moins remarquables par leur architecture et leur étendue, nous citerons le collège de St-John, pour ses jardins, les plus grands et les plus

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beaux de la ville; celui de Christ-Church, le plus grand de tous et remarquable par sa belle architecture gothique et par sa riche bibliothèque ; le Queen's collège et le New collège d'une architecture moderne ; le second possède une des plus riches bibliothèques de l'université ; VAll Soûls collège, presque exclusivement occupé par les fils de la noblesse anglaise et remarquable par sa belle chapelle gothique, sa riche bibliothèque et par le luxe extraordinaire avec lequel vivent les étudians qui y demeurent. La précieuse et célèbre bibliothèque Bodleyenne , dont, par une singulière méprise, tous les géographes exagèrent le nombre de volumes, est toujours la plus riche d'Oxford et la seconde du Royaume-Uni ; elle appartient en commun à tous les collèges de l'université; elle est surtout remarquable par sa belle collection de manuscrits, une des plus riches de l'Europe, parmi lesquels on en trouve beaucoup d'arabes , de sanscrits , de persans et trois mexicains. Vient ensuite la bibliothèque de Radcliffe, riche en livres de jurisprudence, demédecine et desciences naturelles ; on admire la belle et vaste rotonde dans laquelle elle est située; ces deux bibliothèques reçoivent de droit un exemplaire de tous les nouveaux livres que I on imprime en Angleterre. Près de la bibliothèque de Radcliffe se trouve le théâtre Sheldonien (Sheldonian-Thea- Ire), construit par le célèbre Wren sur le modèle du théâtre Marcellus à Rome ; il peut contenir 3000 personnes, et il est uniquement destiné aux cérémonies qui accompagnent la distribution annuelle des prix et aux représentations dramatiques , où , dans les grandes occasions , les étudians jouent des pièces grecques et latines. On ne doit pas oublier la riche galerie de tableaux qui se trouve dans le local de la bibliothèque Bodleyenne ; la célèbre imprimerie Clarendon ; le musée asmoléeri ; la salle des niarbres d Arundel ; l'observatoire, un des plus beaux de l'Europe; et le jardin botanique situé près du superbe pont en pierre qui traverse le Charwell/ C'est le plus ancien de l'Angleterre ; les herbiers, les manuscrits et les livres appartenant autrefois à Dillenius, Sherard et Sibthorpe, conservés dans la bibliothèque, compensent en quelque sorte le petit nombre de plantes cultivées

dans cet établissement dont on admire surtout la magnifique enceinte.

Dans un rayon de 18 milles on trouve : Woodstock , très petite ville , remarquable par son industrie et surtout par le voisinage de Bleinheim, magnifique château du duc de Marlborough, un des plus beaux de l'Europe-, on y voit dans le jardin une colonne de 130 pieds de haut, surmontée de la statue du célèbre guerrier et offrant à sa base la description des mémorables victoires qui lui valurent ce riche présent de la part du parlement anglais; son parc est un des plus grands de l'Angleterre. Buckingham, très petite ville, que nous ne citons que parce qu'elle est le chef-lieu du comté de ce nom, et surtout parce qu'elle se trouve dans le voisinage de Stowe, maison de plaisance du marquis de Buckingham , qu'on doit ranger à côté des plus beaux et des plus magnifiques châteaux de l'Europe. Wantace, petite ville du comté de Berks, remarquable par les vestiges d'un camp romain quadrangulaire, et surtout par son voisinage de la célèbre vallée du Cheval-Blanc; c'est une rangée de collines crayeuses sur laquelle un espace dépourvu d'herbes représente la figure colossale d'un cheval au galop , encore plusgrand que celui dont nous avons lait mention en parlant de Calne ; on croit que cette singulière sculpture qui a donné le nom à cette vallée , est un monument élevé pour rappeler la victoire remportée en 871 par Alfred sur les Danois ; on sait que son étendard représentait un cheval blanc. Depuis cette époque les habitans des environs se rassemblent tous les ans à la St-Jean, pour nettoyer, comme ils le disent, le cheval (scouring the horse) , c'est-à-dire , pour enlever toutes les herbes qui pourraient en altérer les traits ; des l'êtes champêtres occupent le reste de lajournée. En prolongeant le rayon jusqu'à 32 milles d'Oxford, ou trouve vers le nord-nord-est Nokthiiampton , assez jolie ville, chef- lieu du comté de son nom , importante par son antiquité , par son commerce et par le voisinage à! A Ithorpe, magnifique château de lord Spencer-, il renferme une superbe galerie de tableaux } une riche bibliothèque c\ d'autres collections remarquables.

Birmingham, dans le comté de Warwick, dont elle est la ville la plus considérable. Depuis la seconde moitié du dernier siècle, cette ville a pris un accroissement extraordinaire, grâces à son immense industrie , dont les productions sont aussi parfaites que variées ; c'est le grand atelier du royaume pour les fabriques d'armes, de bijouterie et surtout pour la confection des machines à vapeur et pour les articles de quincaillerie grosse et fine. A Soho, qu'on peut regarder comme un de ses faubourgs , se trouvent les immenses ateliers de Bolton et Watts, où l'on admire plusieurs machines ingénieuses entre autres celle pour

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battre la monnaie , avec laquelle on frappe 30 à 40,000 pièces par heure ; on y fabrique une immense quantité d'armes et un grand nombre de machines à vapeur. Quoique Birmingham se trouve presque au milieu de l'Angleterre, dont elle est la plus centrale de toutes les grandes villes , elle n'en communique pas moins avec tous ses principaux ports par le moyen des canaux qui y aboutissent. Le canal de Fazeley, qui se joint à celui d'Oxford et de Grand-Tronc, met Birmingham en communication avec Londres, Hull, Manchester et Liverpool , tandis que le Vieux-Canal lui facilite les arrivages des produits des mines de fer et de charbon du comté de Stafford. Cette ville se trouve ainsi en communication avec les mers qui entourent l'Angleterre : la mer du Nord, le canal Britannique, la mer d'Irlande et le canal St-Christophe. Cette heureuse situation, que l'art a su rendre encore plus favorable , fait que Birmingham est parvenu à concentrer dans son sein les branches les plus diverses des arts métallurgiques; et elle donne, en outre, une étendue immense à son commerce, el facilite l'exportation des produits de ses fabriques, qui se répandent dans toutes les parties du monde.

Birmingham est généralement parlant moins belle et moins propre que les attires grandes villes de l'Angleterre. Ses bâtimens les plus remarquables sont : le théâtre , qui est le plus grand parmi ceux qu'on trouve dans les provinces; le magnifique magasin de M. Jones (manulactory and show rooms), qui peut soutenir la comparaison avec tout ce qu'il y a de plus beau en ce genre à Londres et à Paris; celui de M. Thomassen, qui vient immédiatement après ; les batimens de la fabrique de Soho, où les escaliers, les planchers et le toit sont en fer fondu ; les églises Chrisl-Chitrch et Si-George ; le bâtiment de V athénée.

La société philosophique ; la bibliothèque de la ville une des plus riches parmi celles des provinces ; Y athénée ; ['institut des sourds-?nuets et la société philosophique sont ses principaux établissemens publics. D'après le recensement de 1831, la population de Birmingham était, à cette époque, de 147,000 âmes.

Les environs de Birmingham, jusqu'à plusieurs milles a la ronde , ne sont pour ainsi dire

qu'une série non interrompue d'usines el d'ateliers , où l'on donne toutes les formes aux mctaux et aux terres. Du côté du nord-ouest jusqu'à Wolverhampton , tout le long du chemin, on ne trouve que des mines de houilles et de ter -, partout on ne voit que des roues, des machines à vapeur, des forges, et les huttes et les villages enfumés de leurs ouvriers ; les Anglais, en plaisantant, appellent cette contrée infernal région (région infernale). En traçant un cercle de 24 milles de rayon autour de Birmingham, on trouve une foule de lieux remarquantes , parmi lesquels nous signalerons les suivans à l'attention du lecteur : Dudley, jolie ville, importante par ses mines de houille , ses verreries et ses clouteries , et par le voisinage de l'immense forge de Bradle y qui emploie de 3 à 4000 ouvriers-, Wolverhampton, renommée dans toute l'Angleterre par l'adresse de ses serruriers et par son industrie qui produit les mêmes articles que Birmingham, mais à meilleur marché. Staffokd , petite ville , cheflieu du comté de ce nom, auquel appartiennent les villes que nous venons de nommer, et remarquable par son industrie et par le canal qui la met en communication avec Birmingham.

Lichfield , jolie petite ville épiscopale , qui avec son petit district forme, sous le rapport judiciaire , un comté séparé, mais que l'usage réunit à celui de Stafford-, on admire sa vaste et belle cathédrale gothique, où l'on voit le fameux groupe the sleeping children (les enfans dormans), chef-d'œuvre de Chantrey. On doit citerson gymnase , fondé par Edouard VI , où furent élevés Johnson , Addison , Garrick et. autres hommes célèbres. Rbgby, très petite ville du comté de Warwick, renommée par son ancien collège fondé en 1567 , qui compte 3 à 400 élèves et 13 professeurs et maitres. Coventiw, ancienne ville épiscopale, qui a beaucoup perdu de son importance, dont l'industrie se distingue encore favorablement dans la fabrication des rubans de soie et des montres. Wauwick Jolie petite ville, chef-lieu du comté de ce nom, importante par son industrie. Tout près, sur un rocher au-dessus de la ville, s'élève le c lia te a u des comtes de Warwick , une des plus belles constructions du moyen âge; on y monte par un large chemin taillé dans le roc ; on y admire les beautés romantiques de ses jardins, plusieurs morceaux précieux d'antiquité, de beaux tableaux et une foule de curiosités. Un peu plus loin se trouve : Leaminglon , joli petit bourg, avec des bains minéraux très fréquentés et de beaux bâtimens pour loger les baigneurs.

Woucester , ville épiscopale , de médiocre étendue, avec un beau pont sur la Severne, et chelllieu du comté de son nom. La nouvelle prison (new gaol), Y hôpital (infirmary), le théâtre, sont, avec sa magnifique cathédrale gothique, ses bâtimens les plus remarquables. Dans cette dernière on admire plusieurs chefs-d'œuvre de sculpture, entre autres le mausolée d'Elise Digby, par Chantrey, et celui de l'évèque Hough. par Roubillac, regardé par Chantrev comme le plus beau de l'Angleterre. Cette ville se distingue surtout par sa grande et belle manufacture de

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porcelaine et par ses nombreuses fabriques do gants. A quelques milles au nord on trouve : Uroitw ich , très petite ville, mais aussi très importante par ses sources salées , beaucoup plus riches que celles de Namptwich, et dont le produit annuel est estimé au-dessus de 3 millions de francs. Kidderminster , jolie ville , depuis longtemps importante par ses fabriques de laine , surtout ds tapis pour les pieds (carpets), et depuis quelques années par celles de soie.

Shrewsbury , chef-lieu du comté de Salop ou Shrop, ville ancienne, assez grande, mais en général assez mal bâtie, dont plusieurs maisons sont encore en bois , les unes peintes , les autres ornées de sculptures. Elle est traversée par la Severne qu'on y passe sur deux ponts. Le nouveau marché ( free market hall ) , le palais de Justice (county hall), IVfflise St-Chad, bâtie dernièrement en forme de rotonde avec quatre énormes colonnes de fer fondu, et la maison des travaux forcés ( house of industry ) sont de beaux édifices; il faut aussi mentionner la superbe colonne de 133 pieds anglais de haut , surmontée de la statue colossale du général Hill , élevée en 1816 par sa famille à ce guerrier mort en Espagne. Le gymnase , avec une centaine d'élèves, et la bibliothèque de la ville sont les principaux établissemens publics de cette ville qui se recommande aussi avantageusement par son industrie.

Dans un rayon de 16 milles on trouve : Broseley, gros bourg, sur la Severne, important par ses mines de bouille et de fer, et encore plus par le voisinage des célèbres forges connues sous le nom de Ketley iron works. Colebookdalf.. • gros village renommé par ses grandes forges , qui cependant sont un peu déchues depuis l'établissement de celles de Carron en Ecosse ; on y admire sur la Severne un beau pont en fer, d'une seule arche de loo pieds de corde. Welliisgton, petite ville, importante par ses forges; Ellesmere, par le beau canal auquel elle donne son nom ; Oswestry, petite ville industrieuse , remarquable surtout parle voisinage des deux superbes aqueducs qui conduisent le canal d'Ellesmere au-dessus de la Dee et du Chirk ou Ceiriog ; on les classe justement parmi les plus beaux ouvrages hydrauliques de ce genre.

Manchester, sur PIrwell , grande ville du comté de Lancaster , dont el le est le centre de l'industrie et la cité la plus populeuse. Manchester occupe un grand espace ; mais il s'en faut de beaucoup qu'il soit tout couvert de maisons. Plusieurs rues étroites et mal pavées, un grand nombre de vilaines maisons où logent les

nombreux manufacturiers qui, souvent, sont dans la plus grande détresse, plusieurs fabriques d'une chétive apparence et la fumée continuelle qu'exhalent les nombreuses machines à vapeur mises en activité par ses ateliers , rendent l'aspect général de cette ville peu agréable. Il faut cependant avouer que la plupart de ses parties nouvelles offrent de belles rues et plusieurs bàtimens d'une grande beauté ; nous citerons le New-London road (la nouvelle rue de Londres ); YArdwick green , espèce de place; les'aientours du grand-hôpital ( infirmary ) et la nouvelle Market street, bâtie entièrement, depuis 1825, à la place de l'ancienne rue étroite de ce nom ; ce sont des rues qui peuvent soutenir la comparaison avec les plus belles des villes les mieux construites.

Les édifices les plus remarquables sont : le nouvel hôtel-de-ville (Town hall), bâtiment imposant par son étendue et par sa belle architecture ; la bourse (Exchange), en forme d'une grande demi-rotonde , et surmontée d'une belle coupole ; la grande salle des concerts (the gentleman's concert room ), qui peut contenirjusqu'à 1200 personnes; la nouvelle salle de bal {New assembly rooms ) ; le grand-hôpital (Infirmary); le beau marché couvert, construit, en 1824, sur le plan de celui de Liverpool,mais dans des proportions plus petites ; et la nouvelle prison ( New Bailey ou Penilentiary ) dans le faubourg de Saalford , remarquable par ses dimensions et par sa force. Les principaux établissemens publics sont : le nouveau collège ( New collège ou Free grammar school) , fondé en 1520, dont la bibliothèque assez riche est ouverte au public; le collège proprement dit, attaché à l'hôpital de Chetham ; la société philosophique et médicale de Manchester ; celles de littérature, de philologie , histoire naturelle et agriculture ; et la société des antiquaires du comté de Lancaster, qui s'est formée récemment dans le but de recueillir et d'expliquer les antiquités de leur pays natal. Manchester est la ville la plus populeuse du royaume d'Angleterre après Londres , puisque sa population dépasse actuellement 180,000 âmes. Elle doit cet accroissement prodigieux aux canaux qui y aboutissent , aux mines de houille , aux forges et aux fabriques de toute sorte dont elle

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est environnée, ainsi qu'à l'étonnante activité de ses industrieux habitans. Trois cents machines à vapeur et plus de 30,000 métiers, dont 6000 à la vapeur, étaient naguère en activité , soit dans son enceinte même , soit dans les villes voisines. On peut regarder cette ville comme la première place du monde pour les manufactures de coton, et comme le centre de cette branche importante de l'industrie et du commerce anglais. C'est au port de Liverpool qu'arrive de l'Orient et de l'Occident le coton en laine, qui alimente ses fabriques, et c'est du même point, qu'après avoir été filé et manufacturé en étoffes de tout genre , il repart pour être envoyé dans les différentes parties du monde. On estime l'échange moyen des marchandises entre Manchester et Liverpool à 1200 tonneaux par jour, qui emploient dans l'année, comme moyen de transport, près de 12,000 barques ou navires. C'est pour faciliter cet immense commerce, qu'on a construit le chemin enfer le plus magnifique que l'on ait encore exécuté.

Les travaux nécessités par cette entreprise gigantesque commencée en 1825 et achevée en 1830, inspirent une juste admiralion ; des rocs furent creusés , des passages souterrains construits , de magnifiques ponts en pierre jetés sur des cours d'eau , des montagnes creusées, des vallées aplanies ; enfin une tourbière d'une vaste étendue et si marécageuse , qu'une barre de fer posée sur sa surface s'enfonçait de son propre poids , fut comblée par dés milliers de charretées de pierres et de graviers , et métamorphosée en une chaussée assez solide pour y établir les blocs de pierre qui reçoivent les ornières saillantes.

Dans un rayon de 17 milles seulement on trouve : Bolton , ville assez grande, mais aussi assez mal bâtie et malpropre; c'est un des grands ateliers de l'Angleterre pour les étoffes de coton ; elle doit sa prospérité à l'immortelle découverte d'Arkwright, qui vers la fin du siècle passé inventa l'ingénieuse machine pour filer le coton. Bury , renommée dans toute l'Angleterre par ses étoffes de laine et de coton. Blackburn , autre grand atelier pour les fabriques de coton.

Hors du rayon de Manchester, mais à quelques milles seulement de Blackburn , est situé le cé- Ychve, collège de S tonyhurst, le plus grand établissement d'éducation que les catholiques possèdent dans la Grande-Bretagne. Dix professeurs logés dans un superbe local , dont le riche propriétaire , M. Weld , a fait don au commencement de ce siècle aux jésuites chassés de Liège, sont clnrgés de l'instruction de 200 élèves; ce lieu aura

bientôt le temple catholique le plus magnifique des trois royaumes. Oldham , ville florissante par ses fabriques de laine , de coton et par les carrières d'ardoises et de pierres , et surtout par les abondantes mines de houille exploitées dans son voisinage. Rochdale, jolie ville, importante surtout par ses nombreuses fabriquesqui pourvoient de flanelle presque toute l'Angleterre ; la population de toute sa paroisse s'élevait en 1821 à 80,000 âmes. Harrowgate , joli village du comté de York, situé dans une position romantique, avec de beaux bâtimens pour les nombreux étrangers qui le fréquentent tous les ans pendant la saison des bains, et dont les eaux sulfureuses passent pour être les plus fortes de tout le royaume.

Stockport , assez grande et jolie ville du comté de Chester, située sur la Mersey, importante surtout par ses fabriques et son commerce ; toute la belle vallée qui s'étend depuis celte ville jusqu'à Ashton et Oldam est remplie de fabriques de coton ; tous les soirs les vastes et nombreux bâtimens qui renferment ses 50,000 métiers offrent l'apparence d'une superbe illumination. Macclesfield, ville florissante par ses fabriques de laiton, ses forges, et surtout par ses nombreuses manufactures de soie ; on la regarde comme le centre de cette branche d'industrie. Nortiiwich , très petite ville, chef-lieu des salines qui se trouvent le long du Weaver; les sources salées sont la plupart situées à la gauche de celte rivière, et les mines de sel à la droite ; la mine qu'on exploite dans le voisinage de Northwich offre en petit le spectacle magnifique que nous avons signalé dans la description de Wieliczka , à la page 316 ; les mineurs ont soin d'allumer plusieurs flambeaux à l'arrivée des étrangers, pour augmenter l'éclat de la lumière réfléchie sur les piles et les voûtes étinrelantes de ces vastes souterrains. Depuis la grande diminution des droits sur l'exportation du sel gemme, arrivée en 1824, le produit de cette mine s'est accru d'une manière extraordinaire.

A quelques milles au sud de cette petite ville, hors du rayon de Manchester, et à 26 milles de cette côte , on trouve : Nantwicii ou Namptys'ich , jolie petite ville, importante par ses riches salines; ensuite Burslem , petite ville du comté de Stafford, mais très importante, étant le cheflieu du district que les Anglais appellent Stafforshire potteues district. Les nombreux villages qui environnent Burslem ne forment, pour ainsi dire , qu'une seule ville , dont toute la population , qui s'élevait il y a quelques années à 60,000 âmes, n'est occupée que de la fabrication de la faïence. La grande fabrique ÏÏEtruria , établie parle célèbre Wedgwood , dont les produits se distinguent par leur beauté et par leurs formes imitées des anciens ; un petit chemin en fer y aboutit ; et celle de M. Spode à Stoke, surlecanal Grand- Tronc, sont les plus remarquables. On estimait il y a quelques années que l'exportation annuelle de toutes ces fabriques , pour l'Angleterre et pour l'étranger, s'élevaità la valeur de 12,500,000 francs.

Si l'on étendait le rayon jusqu'à 32 milles autour de Manchester, outre les villes et les lieux ci-dessus indiqués, on trouverait les cités populeuses

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de Liverpool, SheflBeld, Leeds, et une grande partie des villes importantes situées autour d'elles et dont nous avons donne la description.

Sheffield, au confluent du Sheaf avec le Don , grande et florissante ville du comté de York , mais d'une apparence triste et sans aucun bâtiment public remarquable, à l'exception du grand-hôpital (General Infirmary), C'est un des grands ateliers de l'Angleterre, étant remplie de forges, d'aciéries et de tréfileries; sa clouterie, ses instrumens de physique, ses ouvrages en plaqué, sa poterie et surtout sa coutellerie supérieure à celle de Birmingham, sont renommés depuis long-temps. Dans ses environs on exploite de riches mines de fer et de houille. La plus grande partie de cette ville appartient au duc de Norfolk.

Dans un rayon de 18 milles on trouve : Barnsley, petite ville remplie de forges et de fabriques d'acier-, à quelques milles de distance est situé Wentworth- house , un des châteaux les plus grands et les plus beaux de l'Angleterre , avec des collections d'antiquités, une grande bibliothèque et plusieurs monumens remarquables ; il appartient au comte Fitz-William. Doncaster , jolie petite ville, remarquable surtout par ses courses de chevaux rangées parmi les premières du royaume ; le cirque est un des plus beaux de l'Angleterre. Chesterfield , petite ville , mais importante par ses mines de plomb, de houille et ses fabriques de poterie, ainsi que par ses fabriques de soie et ses filatures de coton.

Matlock , Bakewell et Buxton , très petits lieux du comté de Derby, mais remarquables sous plusieurs rapports-, le premier par ses mines de plomb et par ses bains ; Bakewell par ses mines de plomb, de houille, de zinc et ses carrières, ainsi que par le voisinage de Chats worth house , magnifique château appartenant au duc de Devonshire ; Buxton par ses bains sulfureux très fréquentés, par les magnifiques logemens vthe Crescent) que le duc de Devonshire y a fait bâtir pour les baigneurs, et par le superbe tunnel du chemin en fer qu'on y construit et qui mène à Cromford. Dans le voisinage de Buxton on trouve la célèbre caverne de Pool (Poole's Hole) ; et près du village de Castleton il y en a une autre non moins célèbre et d'une longueur très considérable.

Leeds , ville grande et populeuse du comté de York , située sur l'Aire ; le grand canal de Leeds -et -Liverpool y aboutit et la rend le centre de la navigation intérieure du nord de l'Angleterre, communiquant d'un côté avec Liverpool et de l'autre avec Hull. La ville ancienne est mal bâtie , avec des rues étroites et irrégulières, mais en revanche

la ville nouvelle a de belles places , des rues spacieuses et plusieurs beaux bàtimens. Les édifices les plus remarquables sont : les deux grands marchés couverts, savoir : le marché des draps blancs (white cloth hall), avec 1200 boutiques et une belle et vaste salle de bal dans une de ses ailes, et le marché des draps colorés (mixed cloth hall) avec 1800 ; le nouveau bazar,- le nouveau marché, bâti en 1826 avec de beaux portiques; le marché de la Rotonde ; le théâtre ; le nouveau palais de justice ( New court house ) avec la prison et la nouvelle bourse (commercial Building) achevée en 1829. La société philosophique litléraire (philosophical and literary Society), établie dans un beau local et avec un petit musée d'histoire naturelle; le musée d'histoire naturelle, dans la belle rue de Briggate, institué depuis peu et beaucoup plus riche que le précédent; la bibliothèque publique , fondée par Priestley, sont ses principaux étabiissemens scientifiques et littéraires. On doit remarquer que Leeds est non-seulement le centre des filatures de laines, des fabriques de draps et de lainages, mais même le plus grand marché du royaume pour ces articles.

Dans un rayon de 12 milles on trouve : Wakefield, assez jolie ville, dont la prison (house of correction), le marché et la halle aux draps sont les édifices les plus remarquables; elle est, comme Huddersfield et Halifax , le centre d'une grande fabrication de draps, de casimirs, de flanelle et de châles. Huddersfield , jolie ville , avec une belle halle à deux étages, où les fabricans de draps des environs viennent étaler leurs étoffes le jour du marché. Halifax, avec une vaste et belle halle aux draps (pièce hall); le beau canal de Rochdale se joint dans cette ville au Calder. Bradford , jolie ville , avec une grande halle aux draps ; tout près se trouve la grande forge Low moor et Bowling, qui emploie 1500 ouvriers , et la fabrique des machines à vapeur la plus considérable de l'Angleterre après celle de Bolton et Watts. Selby, petite ville, où l'on construit beaucoup de navires marchands, et à laquelle aboutit le beau chemin en fer qui mène à Leeds.

York (Eboracum) , au confluent du Foss avec l'Ouse, ville très ancienne, remarquable par ses souvenirs historiques et par le premier parlement anglais qui en 11G0 y tint ses séances. Malgré sa médiocre étendue, on la regarde, sous le rapport administratif, comme la seconde ville du royaume , étant la seule dont le premier magistrat ait le titre de lord Major comme Londres-, son archevêque occupe aussi le second rang dans l'église anglicane ; il a pour suffragans les évè-

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ques de Durham , de Carlisle et de Chester. York possède plusieurs édifices remarquables-, nous nous bornerons à nommer le nouvel hôtel du comté (new county hall), la salle de bal (assembly room) et surtout sa magnifique cathédrale (Minster), rangée justement à coté des églises gothiques les plus vastes et les plus belles de l'Europe ; on loue surtout la beauté de son intérieur, quelques-uns de ses monumens, la muraille qui sépare le chœur de la nef, ornée des statues de tous les rois d'Angleterre , depuis Guillaume-le-Conquérant jusqu'à Henri VI; le vaste partout en mosaïque; les grandes orgues, dont le buffet a 3000 tuyaux, et les beaux vitraux peints. On a déjà réparé les ravages faits à sa partie intérieure par l'incendie de 1829. 11 est bon de rappeler au lecteur que dans cette cathédrale, ainsi que dans quelques autres de l'Angleterre, on donne tous les trois ans un grand concert exécuté par les plus grands musiciens du Royaume-Uni ; c'est dans cette circonstance que York offre la réunion de tout ce que le beau monde de l'archipel Britannique possède de plus remarquable; l'oratoire de 1823, auquel chanta madame Catalani, fut exécuté par 400 musiciens, et les billets d'entrée s'élevèrent à la somme énorme de 250,000 francs! York est une ville assez industrieuse et commerçante; elle se distingue aussi par ses établissemens scientifiques et littéraires , parmi lesquels on doit nommer le célèbre pensionnat des démoiselles dans un couvent catholique; X école de théologie s qui en 1803 y a été transférée de Manchester; la bibliothèque , X observatoire , le cabinet d'histoire naturelle , la société philosophique et la société pour la conservation des monumens nationaux. C'est aussi dans l'enceinte de celte ville qu'en 1831 les principaux savans du Royaume-Uni, au nombre de 350, ont tenu la première session de la société britannique nomade formée pour l'avancement des sciences; elle a organisé des comités spéciaux pour les diverses séances et pour les villes de Londres, Edinbourg , Dublin et Calcutta.

Tout semble promettre que cette immense coopération des forces intellectuelles de l'Angleterre, formée à l'instar de celles que nous avons signalées dans la description de la Suisse , de l'Allemagne et de la France , donnera une utile impulsion aux travaux scientifiques. La société a tenu une seconde séance à Oxford en 1832, et sa troisième à Cambridge en 1833.

Dans les environs immédiats de York, et dans un rayon de 20 milles , on trouve une foule de lieux remarquables, dont plusieurs ont été décrits dans les rayons de Lekds et de Hull. Nous nous bornerons à nommer ici Ripon , petite ville , remarquable par sa position romantique, par sa vaste et belle église gothique et par son pont sur PUre , un des plus longs de l'Angleterre. Nottingham , chef-lieu du comté de son nom, non loin du Trent et sur le canal Grand-Tronc, qui la met en communication avec Liverpool, Hull et Londres. Sa position pittoresque, ses rues en

général larges et bien pavées, plusieurs beaux édifices, sa belle place, dont les maisons sont presque toutes supportées par de hautes colonnes en pierre, la rangent parmi les plus belles villes de l'Angleterre. La bourse , V hôtel-de-ville (Town hall), le beau château du duc de Newcasfle et les nombreuses voûtes et celliers taillés dans le roc, sont ce qu'elle offre de plus remarquable. Notlingham est regardée comme le princi pal entrepôt des plus beaux bas de laine de soie et de coton, et des dentelles ; elle fabrique aussi beaucoup de faïence or dinaire et de bierre excellente, et possède quelques verreries. On doit remarquer que cette ville forme à elle seule un comté, et envoie deux députés au par lement.

La ville la plus importante qu'on trouve dans un rayon de 13 milles est Derby, chef-lieu du comté de son nom , assez jolie ville , dont la nouvelle prison du comté (new county gaol), le grand hôpital (gênerai inlirmary) et Xéglise de tous les Saints (Ail Saints), sont les édifices les plus remarquables. Derby se distingue avantageusement par son industrie, dont les branches principales sont les étoffes de soie, la porcelaine qui, par la beauté de sa pâte et la vivacité de ses couleurs, rivalise avec celle de la Chine, et les ouvrages faits avec le marbre tiré des carrières du comté. Nous ajouterons que pour la fabrication des étoffes de soie on y emploie une machine qui a été inventée en Italie et perfectionnée en Angleterre; elle est construite de telle sorte qu'une seule roue met en jeu cent mille mouvemens que l'on peut arrêter séparément; cette roue fait trois tours par minute, et dans ce court espace de temps elle confectionne 660,000 pieds de fil de soie pour la chaîne des étoffes. La société d'agriculture (agricultural society) et la société littéraire philosophique (literary and philosophical society) sont ses principaux établissemens scientifiques. Dans le voisinage de Derby se trouve Kedleslonhall , magnifique château de lord Scarsdale.

En prolongeant le rayon jusqu'à 26 milles autour de Nottingham, on trouve, outre Mallock, Chesterfield et Bakewell que nous avons décrits dans les environs de Shefhcld, les villes suivantes : Leicester, chef- lieu du comté de son nom et centre d'une immense fabrication de bas de laine , la voie romaine qui la traverse et plusieurs objets qu'on y a trouvés attestent sa grande antiquité. La prison du comté , le casino (assembly room), la société d'agriculture (agricultural society ) et la société littéraire (literary society) méritent d'être mentionnés. Cromford, petite ville du comté de Derby, importante par son industrie et surtout par le grand canal qui la met en communication avec Nottingham, et parle magnifique chemin en fei dit Cromford and High-Peak-

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Railway, qui est achevé et qu'on doit ranger parmi les plus beaux de l'Angleterre ; il a près de 33 milles anglais de long.

Lincoln, ancienne petite ville épiscopale, clief-lieu du comté de son nom , et jadis résidence de plusieurs rois normands, remarquable surtout par sa cathédrale , une des plus belles de l'Angleterre et des plus vastes de l'Europe ; son clocher, un des plus hauts du royaume, est d'une grande beauté.

Cambridge , chef-lieu du comlé de ce nom, ville épiscopale, de médiocre étendue , mais très importante sous le rapport littéraire , à cause de sa célèbre université , qui se compose de 18 bàtimens tous plus ou moins remarquables , savoir : 13 collèges, 4 halls, et le senate home. Parmi ces bàtimens on distingue surtout le collège de St- Pierre (Peter house), à cause de son antiquité; ceux de la reine (Qaee^s collège;, d'Emmanuel, de Downing et la halle de Catherine (Catherine hall) par leur beaulé, mais surtout le collège de la Trinité (Trinity collège;, par son architecture et son étendue ; dans ce dernier se trouve aussi la bibliothèque la plus considérable après celle de l'université , placée dans une salle superbe , et la célèbre chapelle royale (King's Chapel) , une des plus grandes et des plus belles de l'Europe ; le bâtiment du sénat ou hôtel de l'administration de l'université, dont on admire la vaste et belle salle avec une galerie pour 1000 personnes. La bibliothèque de l'université , une des plus riches de l'Angleterre, V observatoire, le musée (Fitzwilliam muséum) qui renferme la collection de livres, de tableaux, de dessins et gravures léguée en 1815 par le vicomte Fitzwilliam, et l'énorme globe céleste, en cuivre, de 18 pieds de diamètre méritent une mention toute particulière.

On doit ajouter que celte université se rapproche davantage des autres grands établissemens de ce genre que possède l'Europe, depuis les utiles innovations qu'on y a introduites dans ces dernières années. On ne doit pas oublier son jardin botanique , qui est pour le moins aussi considérable que celui d'Oxford.

Dans un rayon de 24 milles on trouve : Newmarket, remarquable par ses courses de chevaux que plusieurs auteurs nationaux regardent comme les premières du royaume ; malgré son extrême petitesse, une partie de cette ville appartient aii eomté de Cambridge et l'autre à celui de Suffolk. Elv, petite ville épiscopale , remarquable par sa

vaste et belle cathédrale, un des plus grands temples du christianisme. Peterborocgh , petite ville épiscopale du comté de Northampton , remarquable surtout par sa vaste cathédrale.

Nous avons déjà vu à l'article îles et aux pages 469, 47Ô et 471 quelles sont les villes principales des dépendances administratives de l'Angleterre. Il ne nous reste plus qu'à parler de :

Gibraltar , jolie ville de l'Andalousie en Espagne, bâtie dans le goût anglais, sur la côte occidentale et au pied du célèbre promontoire dit Calpe par les anciens et Gibraltar par les modernes, une des colonnes d'Hercule. La rue principale, fort longue et garnie de trottoirs et de boutiques d'un bout à l'autre , le palais du gouverneur avec un assez beau jardin qui sert de promenade publique les casernes, Y hôpital de la mar'ine , Y administration des vivres , ainsi qu'un magnifique palais en marbre blanc construit par un Juif , méritent d'être cités. La franchise de son porl qui n'est , à proprement parler , qu'une rade mal sûre , et le commerce de contrebande avec l'Espagne avaient rendu cette ville une des plus commerçantes de l'Europe ; l'ouverture du port franc de Cadix menace sa prospérité , qui d'ailleurs a beaucoup souffert des ravages causés par la fièvre jaune.

Mais Gibraltar restera toujours une des plus fortes places du monde par sa position et par les immenses travaux qu'on y a faits depuis le siècle dernier sous la direction du général O'Hara; on doit les ranger parmi les ouvrages de fortification les plus remarquables que l'on ait encore exécutés. Tout le promontoire auquel est adossée la ville, et dont la hauteur est de 1200 à 1400 pieds, est hérissé de batteries sur tous les points où le rocher n'a pu être coupé perpendiculairement pour en rendre l'accès impossible. Les excavations pratiquées dans le centre de la montagne et dans le roc vif, forment des voûtes assez hautes et assez étendues pour contenir toute la garnison en temps de siège ; on peut les parcourir toutes à cheval. De ces voûtes, par une route souterraine praticable aussi pour des cavaliers, on communique à toutes les batteries établies sur tout le promontoire. L'art est parvenu à couvrir d'arbres et de fleurs cette montagne stérile , et à y former même quelques prai-

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ries artificielles. Des routes ont été pratiquées sur la pierre vive , et l'on peut parvenir en voiture jusqu'aux points les plus élevés de cette montagne où l'on trouve plusieurs cavernes ; celle de St- Michel est la plus grande ; elle est renommée par ses curieuses cristallisations. La population de Gibraltar est estimée à 16,000 âmes.

LE ROYAUME D'ECOSSE, malgré sa haute latitude et son sol généralement stérile, offre plusieurs villes importantes. Nous commencerons par :

Edimbourg (Edinburgh), grandeet belle ville, chef-lieu du comté de Mid-Lo- Ihian ou d'Edinburgh et capitale du royaume d'Ecosse, bâtie sur trois collines. Des rochers arides et sauvages l'entourent de tous côtés , excepté vers le nord où le sol s'abaisse vers le golfe de For th. Une vallée la divise en deux parties, dites la Vieille-Ville et la Nouvelle-Ville. La première est bâtie irrégulièrement; quelques-unes de ses rues sont très sales, telles que la Canongate et la Cowgate; c'est aussi dans cette partie d'Edimbourg que l'on voit des maisons excessivement hautes ayant jusqu'à dix étages et des rues très étroites. La nouvelle ville au contraire, est bâtie d'une manière régulière ; ses rues sont larges, propres et bien alignées; les maisons sonten pierres; de vastes places , des bâtimens magnifiques, des boutiques d'une grande élégance permettent de comparer cette ville aux plus belles capitales de l'Europe. Le High-street dans la Vieille- Ville ; le Prince-slreei, le George' s-strcet et le Queen's-street dans la Nouvelle-Ville sont des rues d'une grande beauté et d'une longueur remarquable. Trois ponts , le South-bridge (pont du sud) , le JSorthbridge (pont du nord) et le Waterloobridge (pont de Waterloo) réunissent les différentes parties de la ville séparées par des vallons d'une grande profondeur, et offrent des coups-d'œil magnifiques en passant par dessus les rues inférieures.

A la tête des bâtimens publics on doit placer le château d'Holyrood, ancienne résidence des rois d'Ecosse; c'est un vaste édifice, d'une grande solidité, dans lequel on voit encore au second étage les apparlemens qu'occupait l'infortunée Marie Smart; on y conserve encore quelquesuns de ses anciens meubles. On y re-

marque aussi une longue galerie décorée des portraits imaginaires des rois d'Ecosse depuis Fergus 1er. Autour de ce vieux château, qui, pour la seconde fois, a servi pendant quelque temps de retraite à Charles X, s'est établie depuis le départ de Jacques Ier pour l'Angleterre, une colonie de débiteurs insolvables que les lois du pays y protègent contre leurs créanciers. L'enceinte qui leur offre un asile s'étend à 4 milles de circonférence autour de l'édifice. Holyrood et ses dépendances forment une espèce de palatinat isolé, qui se régit par ses propres lois ; il contient ordinairement 500 débiteurs qui sont considérés comme de simples banqueroutiers.

Les autres bâtimens les plus remarquables sont : le Parliament house ; la nouvelle bourse (Exchange building) ; le bâtiment de l'université, achevé en I827r, qu'on regarde comme le plus beau en ce genre que possède l'Europe ; celui du gymnase ou collège ; la inaison de correction ( Bridewell ) ; la nouvelle prison (New prison); le collège (Grammar school) ; les archives (Regisler office) ; la salle de bal (assembly room) ; la magnifique église que l'on bâtit sur le modèle du Parlhénon d'Athènes; la Cathédrale ou église de Sl-Gilles : les tourelles qui l'environnent sont disposées de manière à imiter une couronne impériale ; le monument de Nelson, bâti sur le Callonhill , belle tour à quatre étages construite dans le goût chinois ; un beau chemin garni de banquettes en fait le tour et offre aux promeneurs le plus beau panorama de cette ville. Edimbourg a aussi une citadelle (Castle), qui n'est remarquable que par sa position très pittoresque et par son étendue.

Ses 25 sociétés savantes ; sa célèbre université , une des premières de l'Europe, surtout pour la médecine ; l'activité de ses presses qui ont produit et produisent encore tant d'ouvrages importans; ses nombreux journaux , parmi lesquels figure V Edinburgh - Review , qui ne nous parait pas encore avoir été surpassé par aucun autre ouvrage périodique du môme genre ; et l'importance de son commerce de librairie qui, dans l'Archipel Britannique, n'a de rival que celui de Londres, justifient la qualification honorable que plusieurs auteurs ont donnée à celte ville en l'appelant Y Athènes moderne.

Voici les établissemens scientifiques et lit-

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téraires qui plus que les autres méritent d'être mentionnés : l'université , à laquelle sont annexés une riche bibliothèque remarquable surtout pour la partie qui concerne les sciences médicales ; le musée d> histoire naturelle , qui se distingue surtout par ses collections d'oiseaux, de mammifères et de minéralogie ; le jardin botanique , qui a été beaucoup agrandi dans ces dernières années ; les deux gymnasesovL collèges (high schools), l'un dans l'ancienne ville fréquenté par environ 800 élèves et l'autre dans la ville nouvelle; les deux établissemens HerrioVs hospital et Watson's hospital, où plusieurs enfans pauvres sont instruits dans tout ce qui peut faire de bons ouvriers ; et celui pour l'éducation des filles pauvres , connu sous le nom de Mer chant' s?naiden hospital, dont le but est de former des ouvrières aussi vertueuses qu'habiles; IVcole des arts (school of arts), où Ton enseigne la mécanique; V institut des sourds-muets ; les cours de clinique au grand hôpital royal (royal infirma ry); V école d'équitation ; Y académie militaire; la société royale de médecine ; (royal médical sociely), qui ne compte pas moins de mille membres et possède une bibliothèque choisie; la royal phy sical sociely , qui s'occupe surtout d'expériences chimiques dans un beau local , où se trouve aussi une bibliothèque ; la royal society of Edinburgh , fondée en 1738 sur le plan de celle de Londres, et qui a déjà publié plusieurs volumes de savans mémoires sur les sciences et la littérature ; la Wernerian natural society , qui possède le musée d'histoire naturelle annexé à l'université, sous l'inspection du célèbre professeur Jameson ; elle a déjà publié plusieurs volumes de mémoires ; Sociely of antiquaries of Scottand , qui s'occupe spécialement de l'histoire et des antiquités de l'Ecosse, sur lesquelles elle a fait d'importantes publications; la Plinian society, fondée en 1823 pour encourager l'étude de l'histoire naturelle, des antiquités et des sciences physiques en général; la société diagnostique ; la Hunterian médical society ; la Harveian society ; la Caledonian horlicultural society , dont le but est le perfectionnement de l'horticulture ; la société phrénologiue, avec une des plus riches collections e crânes qui existent ; la société philosophique,- la société pour les progrès

de V agriculture et V amélioration des bestiaux et des moutons dans les Highlands : l'Ecosse lui doit les importans défrichemens faits pendant ces dernières années ; la société celtique fondée en 1820 ; Vastro?io?nical institution of Edinburgh, qui a fait construire en 1812 un magnifique observatoire, fourni d'excellens instrumens ; la bibliothèque des avocats, qui est la meilleure et la plus riche collection de livres que possède l'Ecosse ; la bibliothèque des notaires (writers to the signet), beaucoup plus ï stite, mais remarquable par sa belle disposition et le choix de ses livres.

Edimbourg se distingue aussi par son industrie et son commerce ; ce dernier est beaucoup facilité par le Union canal qui joint cette ville à Falkirk et de là par le canal de Forih et Clyde, la met en communication avec Glasgow. On doit aussi mentionner le système hydraulique qui, commencé en 1814, pourvoit abondamment cette ville d'eau : il a coûté plusieurs millions de francs ; l'aqueduc a près de 8 milles de long.

Dans les environs immédiats et dans un rayon de 30 milles, on trouve un grand nombre de lieux imporlans, parmi lesquels nous choisissons les suivans :

Leitii , qui peut être aujourd'hui regardée comme un faubourg d'Edimbourg depuis que l'augmentation de cette dernière ville d'un côté et celle de Leith de l'autre a rempli de maisons l'espace qui les séparait. Leith est une jolie ville ; elle possède 25,000 tonneaux et a un port sur le golfe de Forih , fréquenté par un grand nombre de navires qui entretiennent ses relations avec toutes les parties du monde. La nouvelle bourse, la nouvelle douane, Yhôpilal des marins, les nouveaux docks ou bassins, les chantiers sur lesquels on construit un grand nombre de vaisseaux marchands, et surtout la Eastern Piercl le Western breakwater, digues immenses que l'on construit pour augmenter le port et offrir une station sûre à la marine militaire, méritent d'être mentionnés. Le gymnase, Yinslilut mécanique (mechanic's institution), où l'on enseigne les mathématiques, la mécanique et la chimie, et la bibliothèque sont des établissemens publics qu'on doit citer. Le plus beau bateau à vapeur peut-être que possède l'Angleterre va régulièrement de Leith à Londres et vice versa ; il est aussi grand qu'un vaisseau de ligne et du port de mille tonneaux -, le salon de compagnie a lio pieds anglais de long sur 10 de hauteur; on y trouve souvent une table de 130 couverts-, la beauté de ce bâtiment , les commodités et les agrémens variés qu'il offre aux voyageurs ont rendu cette traversée, autrefois si longue et si difficile, une véritable partie de plaisir.

Dbnfermline, petite ville du comté de Fife, importante surtout par ses nombreuses fabriques de toile. Kirkaldy, par sa nombreuse marine marchande qui compte 10,000 tonneaux ; sa bibliothèque, les mines de bouille et Yobservatoire de M. Fergusson qui se trouvent dans son voisinage doivent être mentionnés. St-Andrew , remarquable surtout par son université, la plus ancienne de l'Ecosse et la plus renommée pour les études théologiques , ainsi que par les restes de sa vaste et magnifique cathédrale, dont la construction avait duré près de 150 ans et qui a été détruite en un jour pendant les troubles religieux qui ont désolé ce royaume. Une bibliothèque assez riche est annexée à l'université. Dundee , assez jolie ville , la plus importante du comté d'Angus ou Forfar, surtout par sa marine marchande qui compte 19,400 tonneaux ; son commerce est florissant. On doit mentionner le nouveau théâtre, Y hôpital des fous et les docks ou bassins.

Perth , jolie ville , environnée de sites délicieux, jadis résidence des rois écossais et maintenant siège d'une grande industrie , dont les articles principaux sont les étoffes de coton et les toiles. Le nouveau palais de justice, le casino (assembly room), l'immense caserne capable de loger 4000 soldats et le beau pont sur le Tay, sont ses constructions les plus importantes. Ses principaux établissemens littéraires sont : le gymnase, \ 'académie ou l'excellent pensionnat tenu par un particulier et la literary and antiquarian society, qui après 40 ans d'existence a publié un volume de mémoires, et possède un musée et une bibliothèque assez remarquable. Cette ville est le chef-lieu du comté de Perthjustement célèbre : «là, dit un éloquent écrivain , sont en grand nombre , avec leurs noms antiques, les lieux illustrés par Ossian, et le tombeau de ce barde fameux ; sur le mont Dunsinan le château de Macbeth, immortalisé par Shakespeare; le lac Katrine, rendu célèbre par le barde des temps modernes, par sir Walter Scott, dans son poème de la Dame du Lac ; des monumens druidiques, composés de pierres disposées en cercle, et debout encore, depuis l'élévation et la chute de tant d'empires. Des camps, des voies militaires, œuvres des PiOmains; des tours construites par les Pietés; les fondemens et les ruines des monastères et des temples chrétiens dévastés par l'implacable Knox; des huttes habitées par des montagnards demi nus ; près des mêmes lieux , comme des oasis dans les sables africains , des maisons de plaisance bâties avec goût , embellies par des plantations pittoresques et variées, par des eaux et des prairies d'une fraîcheur délicieuse. »

Alloa, sur le Forth, petite ville, la plus importante du comté de Clackmannan, avec un port qui possède 17,200 tonneaux. Stirling , jolie petite ville , chef-lieu du comté de ce nom , remarquable surtout par sa position roiaantique , par sa citadelle et par l'ancienne résidence des rois d'Ecosse; Grangemouth , très petite, mais importante par son port et sa marine marchande qui s'est beaucoup accrue dans ces dernières an-

nées et qu'on porte aujourd'hui à 24.327 tonneaux; Carron, parce qu'elle possède la forge qu'on regarde comme la plus considérable de toute la monarchie Anglaise; les caronades y furent inventées; Faliurk, par un grand marché de bestiaux et parce qu'elle est le point auquel aboutissent les deux canaux Union canal qui va à Edimbourg et Clyde-Forlh canal qui va à Glasgow. Boness , petite ville du comté de Linlithgow, importante surtout par son port qui possède 8000 tonneaux.

Glasgow, grande et belle ville du comté de Lanerk. située en partie dans une plaine sur la rive droite de la Clyde et en partie sur des hauteurs qui longent la rive gauche de ce fleuve. De belles rues droites , larges , propres , bien pavées et la plupart garnies de trottoirs; des maisons généralement bien bâties, de belles places , plusieurs bàtimens publics et particuliers magnifiques , doivent la faire ranger parmi les plus belles villes de l'Europe septentrionale. La place de St- George (George's square) celle de Si- Andrew sont les plus remarquables; YArgyle-street est la plus belle rue. Les bàtimens les plus remarquables sont : le nouveau palais de justice avec la prison (Court house and gaol), édifice imposant par sa masse et par son architecture ; la banque d'Ecosse (Royal bank of Scotland); le théâtre , le casino (assembly room) ; le Trade's hall , V hôtel-deville (town hall), le Tontine hoiel, la bourse, l'antique cathédrale, regardée comme le plus beau temple d'architecture gothique de l'Ecosse ; la vaste et belle église catholique, bâtie en 1815; le vaste hôpital des aliénés ; on doit mentionner aussi le monument de Nelson , bel obélisque qui orne une grande esplanade ; ensuite les ponts et les quais sur la Clyde.

Parmi les établissemens scientifiques et littéraires , nous signalerons surtout : l'université , qui est la seconde de l'Ecosse ; le beau musée de Hunier avec une petite bibliothèque et une superbe collection de préparations anatomiques; le médailler; V observatoire , fourni d'excellens instrumens et d'une petite bibliothèque , et le jardin botanique , riche d'un grand nombre de plantes exotiques , ajoutent à l'importance de ce bel établissement ; viennent ensuite V institution fondée par le professeur Anderson , où l'on enseigne les sciences à ceux qui ne veulent pas sui-

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vi e les cours de l'université ; le gymnase avec quatre professeurs ; l' institut des sourds-muets ; la bibliothèque de la ville; la société de littérature celle des sciences naturelles et de leur application aux arts utiles ; la société pour le perfectionnement de l'industrie et les -progrès du commerce ; c'est la première qui se soit formée dans la Grande-Bretagne; elle jouit d'une grande considération par les importans services qu'elle a rendus à l'Ecosse j et V institution pour l instruction spéciale de la classe ouvrière, fondée vers 1820; c'est d'après cet utile établissement qu'ont été fondées des écoles semblables à Edimbourg, Kilmarnock, Ayr , Mussclburgh, Stirling, Lanerk, Perth , Dumfries, Inverness, Aberdeen, Greenock, Paisley, etc., etc., en Ecosse, ainsi que celles de Londres, Richmond, Leeds , Birmingham, Manchester , Bath , Sheffield , Liverpool , Notlingham , Norwich , Portsmouth , Newcastle, Kendal, Hull, Ipswich, Bollon, Halifax, etc. , eic, en Angleterre $ et celles de Dublin, Cork, Belfast, etc., en Irlande.

Glasgow est la première ville de l'Ecosse pour l'étendue, la population , l'industrie et le commerce; elle est surtout le centre des manufactures de coton de ce royaume. Trois canaux y aboutissent :

celui de Forth-et-Clyde, qui la met en communication avec Falkirk, Grangemouth et Edimbourg ; celui de Monkland, qui lui fournit abondamment et à bas prix la houille nécessaire aux 310 machines à vapeur continuellement en activité dans la ville et sa banlieue ; et le canal d'Androssan qui, par Paisley, la fait communiquer avec ce port. Sa marine marchande est la plus nombreuse de l'Ecosse après celle d'Aberdeen, puisqu'elle jauge 38,000 tonneaux; dans ce nombre est comprise celle qui appartient à Port-Glasgow. C'est dans cette ville qu'en 1810 on a construit le premier bateau à vapeur qu'on ait vu en Europe. Glasgow, plus qu'aucune autre ville de l'Ecosse, a vu augmenter rapidement sa population ; on l'estime actuellement au-dessus de 202,000 âmes.

Nous mentionnerons ici une particularité qu'offre cette ville ; elle est digne de fixer l'attention , surtout à cette époque où, dans presquetoutes les grandes villes de FEurope, on s'occupe de plusieurs projets pour augmenter la quan-

tité moyenne d'eau à fournir à chaque habitant d'une manière commode et peu coûteuse. Des calculs qui paraissent être assez exacts portent à 100 litres par personne la quantité moyenne d'eau consommée tous les jours à Glasgow ; ces mêmes calculs ne l'estiment qu'à 84 à Manchester, 80 à Londres, 61 à Edimbourg, 56 1/2 à Greenock, 27 1/2 à Liverpool et 5 seulement à Paris.

Voici les lieux et les villes les plus remarquables qu'on trouve dans un rayon de 30 milles ; plusieurs sont communs au cercle que nous avons tracé autour d'Edimbourg , comme Stirling , Carron , Grangemouth , Boness et quelques autres :

Paisley, jolie ville, la plus importante du comté de Renfïew et la troisième de toute l'Ecosse par son industrie et par sa population , qui actuellement est beaucoup au-dessus de 50,000 âmes, Elle doit sa grande prospérité à ses nombreuses fabriques de soie , de coton ; à ses distilleries , à ses fonderies, etc., qui occupent la plus grande partie de sa population. Le nouvel hôtel-de-ville, la nouvelle prison(nevt gaol and bridewcll) sont ses édifices les plus remarquables -, on doit citer sa société' philosophique. Port-Glasgow, sur la rive gauche de la Clyde, jolie petite ville, très importante par son commerce et par son port, où s'arrêtent tous les gros vaisseaux qui ne peuvent pas remonter jusqu'à Glasgow; c'est la station principale des 25 bateaux à vapeur qui vont et viennent de Greenock à Glasgow, et vice versa. Greenock, à l'embouchure de la Clyde, assez grande et jolie ville, qu'on peut regarder comme une création du commerce et de l'industrie, tant elle s'est agrandie depuis l'établissement de ses raffineries de sucre, de ses fabriques de savon, de ses forges , etc., et de ses nombreux chantiers. C'est une des villes les plus commerçantes de tout le Royaume-Uni, et une des stations principales des bateaux à vapeur ; il en part tous les jours pour Belfast en Irlande, et d'autres à des intervalles très rapprochés pour Liverpool , Fort-William, etc. Sa marine marchande jauge 29,000 tonneaux. On doit signaler à l'attention du lecteur les immenses réservoirs pour fournir l'eau dont manquaient ses habitans-, leur capacité est estimée à 310 millions de pieds cubes anglais.

Dunbarton, petite ville, chef-lieu du comté de ce nom, remarquable surtout par sa citadelle, dont la position peut être comparée à celle d'Ehrenbreitstein près de Coblentz, mais qui est bien loin d'être aussi forte. Kilpatrick , petite ville, mais importante par ses papeteries, par ses forges, et parce qu'elle est située à l'endroit où le canal de Forth-et- Clyde aboutit dans ce dernier fleuve-, dans ses environs on exploite des mines de houille , et on voit encore les ruines de la muraille d'Antonin.

Kelvin et Kirrentullocd , remarquables seulement par les magnifiques aqueducs sur lesquels passe le canal de Clyde-ct-Forth. Lanerk , très pe

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tïle ville , que nous ne nommons que parce qu'elle €St le chef-lieu de l'important comté de son nom, remarquable par les superbes cascades que la Clyde forme à quelques milles de distance , et par le voisinage de Y établissement philantropique et industriel fondé à New-Lanerk par le célèbre M Owen. Oed-Monkland, petit endroit, important par son canal , par ses mines de houille et par ses poteries. Clyde-Iron-ïyorks A Caeder-Iron-works , autres petits lieux remarquables par leurs grandes forges. Hamilton , petite ville, avec un beau château appartenant au duc de Hamilton.

Irwine, ville de médiocre étendue, la plus importante et la plus commerçante du comté d'Ayr; elle possède de nombreuses filatures de coton, et 10,000 tonneaux appartiennent à son port. Kilmarnock, assez jolie ville , de médiocre étendue, qui s'est beaucoup agrandie dans ces derniers temps par ses nombreuses fabriques de drap , de coton et de soie. Ayr, chef-lieu du comté de ce nom, avec une école de commerce où l'on instruit 300 élèves. Androssan, encore très petite, mais remarquable par son port et par son canal, qui, la mettant en communication avec Paisley, contribue tous les jours à son agrandissement.

Aberdeen, située à l'embouchure delà Dec, chef-lieu du comté de ce nom, ville en général assez mal bâtie , mais à laquelle plusieurs belles maisons et quelques beaux édifices publics donnent un aspect agréable. C'est la quatrième de l'Ecosse pour la population, la troisième pour le commerce et la première pour la marine marchande, puisque les navires qui appartiennent à son port jaugent 42,800 tonneaux. Ses constructions les plus remarquables sont : la digue 9 formée de blocs de granit d'une grandeur extraordinaire ; le nouveaupalais de justice (new county room), V hôpital des fous, le nouvel édifice du collège de médecine (surgeons and physicians' hall), et, dans ses environs immédiats, le magnifique pont en pierre que l'on vient de construire sur le Don : chacune de ses 5 arches a 75 pieds anglais d'ouverture. Considérée sous le rapport littéraire, Aberdeen est aussi la ville la plus importante de toute PEcosse- Moyenne et du Nord, à cause de ses nombreuses librairies et de son université ; cette dernière est composée de deux collèges , celui du Roi (King's collège ) situé à Old-Aberdeen, et celui de Maris chai (Marischal collège); tous deux possèdent une bibliothèque. On doit aussi mentionner {'observatoire , le gymnase et Y école de musique. La plus grande activité règne dans la ville et dans les environs; c'est surtout la fabrication des étoffes de

coton qui occupe le plus de monde ; sous ce rapport, Aberdeen ne le eède qu'à Glasgow. Nous ajouterons qu'elle est aussi une des quatre villes du Royaume-Uni qui , plus que les autres , prennent part à la pêche de la baleine dans le détroit de Davis; qu'un canal, construit depuis plusieurs années , la met en communication avec Inverary; et que Old-Aberdeen (Vieux-Aberdeen ), qui en est séparé sous le rapport administratif, doit, d'après l'usage, être regardé comme le plus considérable de ses faubourgs.

Dans un rayon de 28 milles on trouve : Peterhead , jolie petite ville , importante par son poil et par ses eaux minérales assez fréquentées. Montrose Jolie ville commerçante, dans le comté d'Angus, avec un beau port, deux docks ou bassins et une bibliothèque publique; sa marine marchande jauge 14,000 tonneaux. Hors du rayon d'Abcrdeen , et à quelques milles au sud de Montrose, est située Arbroath, petite ville, remarquable par son port et surtout par le phare de JJell-Rock, qui s'élève sur un rocher au milieu de la mer, et qui, pour les difficultés qu'il a fallu vaincre dans sa construction , est rangé parmi les ouvrages hydrauliques les plus extraordinaires.

IiWertness, ville de médiocre étendue, assez bien bâtie , située sur la rive droite de la Ness et chef-lieu du comté d'inverness , qui est le plus grand de l'Ecosse. h'hô tel- de-ville , le palais de justice , V hôpital, \a prison ( Tolbooth ), et le bâtiment du collège ( academy ) sont ses édifices les plus remarquables ; le collège ( academy ) avec une petite bibliothèque et un petit cabinet de physique ; la société a" horticulture et celle d'agriculture sont les principaux établissemens scientifiques de cette ville qui est la plus industrieuse, la plus commerçante et la plus remarquable de toute l'Ecosse Septentrionale dont elle est, pour ainsi dire, la capitale. Le magnifique canal Calédonien vient aboutir à cette ville.

Dans ses environs immédiats, et dans un rayon de 30 milles, on trouve plusieurs petites villes im portantes sous plus d'un rapport; nous nommerons: Fort-George, place forte, la plus régulière de l'Ecosse. Cromarty, importante par son beau port, et chef-lieu du comté de son nom. Tain , chef-lieu du comté de Ross , avec un petit port; malgré sa haute latitude elle a quelques édifices assez beaux. Dornoch, chef-lieu du comté de Sutherland, remarquable par ses mines de houille.

Elgin , chef-lieu du comté de Murray , ville la plus importante de toutes celles que nous venons dénommer-, on y voit encore les ruines de sa vaste

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tathédrale , construite sur le modèle de celle de Lichfield. A quelques milles d'Elgin se trouve le Suenosslone , obélisque couvert de figures grossières d'animaux et d'hommes armés , dont l'origine remonte aux temps des Danois. A quelques milles d'Elgin à l'est, mais hors du cercle, est située Fochabers , jolie petite ville du comté de Banff, remarquable surtout par le voisinage du magnifique château du duc de Gordon.

Voici les autres villes les plus remarquables de l'Ecosse; nous les indiquerons en faisant le tour de ce royaume et en parlant du comté de Banff sur sa cote septentrionale.

Banff, jolie petite ville , chef-lieu du comté de son nom , importante par son petit port et par sa marine marchande qui compte 5G00 tonneaux. VVick , dans le comté de Cailhness, par son port, où l'on arme un grand nombre de bateaux pour la pèche du hareng. Tuurso , par son activité commerciale et par les progrès qu'a faits l'agriculture dans ses environs, malgré sa haute laliludc (58e 32') ; elle les doit aux nobles efforts du célèbre agronome et statisticien sir John Sinclair, propriétaire d'une grande partie du comté de Caithness et possesseur du plus beau château de cette partie de l'Ecosse.

Ulupol et Carron ou Loch Carron , dans le comté de Ross, très petits lieux, remarquables par leurs ports qui envoient un grand nombre de bateaux à la pèche du hareng : Ullapol est en outre le siège de la compagnie anglaise formée pour l'exploitation de cette branche importante de l'industrie nationale.

Fort-William , forteresse insignifiante du comté d'Inverness , mais remarquable par le voisinage du Beins-Nevis , la plus haute montagne de tout le système Britannique , et des ruines (Vlnverlochy castle , résidence du roi écossais qui autrefois fit alliance avec Charlemagne; elle l'est aussi par le grand canal calédonien qui y aboutit, et par le bateau à vapeur qui va à Glasgow régulièrement deux fois par semaine pendanll'été.

Isverary, très petite ville, chef-lieu du comté d'Argyle , importante par la part active qu'elle prend à la pêche du hareng, et par le beau canal qui met son port en communication avec Aberdeen; tout près se trouve le magnifique château du duc d'Argyle, chef de la famille Campbell et le plus grand propriétaire de cette partie de l'Ecosse. Campdelton , petite ville florissante par son commerce et par la part active que prend son port à la pêche du hareng.

Port-Patrick , très petite ville du comté de Wigton, mais importante par son port qui est le passage le plus court pour aller à Donaghadee en Irlande et vice versa ; la traversée sur le paquebot à vapeur ne dure que de 2 à 3 heures , tandis que le bateau à vapeur de Holyhead à Dublin en met C , celui de Liverpool à Dublin 12 , et celui de Greenock à Belfast autant. Keiso, petite ville du comté de Roxburg, remarquable par son élégance , par la fertilité et la beauté de ses environs , parsemés de vieux châteaux habités par d'an-

ciennes familles. C'est dans son voisinage, à Ma ke rstoun , que M. Brisbane , astronome distingué et ancien gouverneur de la Nouvelle-Galles dans l'Gcéanie.a établi son observatoire, où il continue ses savantes observations. Melrose, très petite ville , où l'on voit les restes de son célèbre monastère , monument du xue siècle et décrit par Walter Scott.

Dumfries , chef-lieu du comté de ce nom, importante par son industrie, son commerce et son port; Moffat , par ses eaux minérales assez fréquentées et les plus renommées de l'Ecosse. Gretna-green , village renommé dans toute l'Angleterre par le grand nombre de mariages clandestins qui s'y concluent , que l'on porte à plus de 300 par année, parce que, d'après les lois écossaises, il suffit du certificat d'un employé quelconque pour rendre valable la cérémonie de ce contrat civil et religieux. Malgré l'assertion de M. Capper, qui parle de cet usage extraordinaire comme ayant cessé depuis quelque temps , nous n'hésitons pas à le mentionner comme encore existant, sur l'autorité de la dernière édition de YESinburgh Cazelteer.

Les principales villes du ROYAUME D'IRLANDE sont :

Dublin {Eblmia Portas; Dublana; Balla-na-Cleib), dans une position vraiment pittoresque au fond de la vaste baie de son nom , chef-lieu du comté de Dublin , capitale du royaume d'Irlande, siège d'un archevêque catholique et d'un archevêque anglican. De larges quais, soutenus par un mur en pierres de taille, bordent les deux rives de la Liffey qui traverse la ville. Plusieurs constructions anciennes assez remarquables, un grand nombre de nouvelles et les élargissemens successifs des rues les plus étroites ont rendu Dublin une des plus belles villes de l'Archipel Britannique. La place verte de St~ Etienne (St-Stephen's Green) est la plus belle de Dublin et une des plus grandes de l'Europe; c'est un vaste carré, orné de la statue équestre de George II et entouré d'une grille en fer; le milieu est occupé par une belle pelouse. Le plus beau quartier est la partie septentrionale ; il est tout bâti dans le goût des plus belles villes anglaises; le Royal Circus y dans le cidevant faubourg Summer Hill, lorsqu'il sera achevé , rivalisera en beauté avec les bâtimens semblables qui forment l'ornement de Bath et de Brighton. C'est de ce point que partent plusieurs belles rues, dont Sackville street est la plus remarquable par ses beaux édifices , par sa longueur et sa largeur ; au milieu s'élève le monument de Nelson; c'est une colonne cannelée de 130 pieds anglais de haut,

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surmontée par la statue de ce grand amiral. Celte belle rue est le rendez-vous ordinaire du beau monde, qui tous les soirs se porte dans le jardin du Lying in hospital, où pendant l'été il y a tous les jours illumination et de la musique ; l'entrée ne coûte que six pence, et ce produit augmente considérablement les ressources de ce bel établissement. Le Phœnix Park est aussi une autre promenade très fréquentée ; on y admire sur une petite hauteur l'immense colonne de 210 pieds anglais de liant , élevée en l'honneur du duc de Wellington ; c'est ici que se trouve la maison de plaisance du vice-roi. On doit aussi mentionner la belle rue de Westmoreland et la vue magnifique dont on jouit du pont de Carliste ; on la compare à tout ce que l'Europe peut offrir de plus beau en ce genre.

Les bàtimens publics les plus remarquables de Dublin sont : la douane , vaste et beau carré entouré de portiques, dont la façade principale est surmontée d'une coupole ornée de la statue colossale de Mercure ; sa construction a coûté 500,000 1. st. ou environ 12,500,000 fr. ; le palais de justice ( Four courts), autre vaste édifice d'une architecture majestueuse , surmonté d'un dôme qui domine toute la ville; la banque nationale , qui est l'ancien palais où s'assemblait le parlement; on vante ses beaux portiques et la grande salle; le magasin de tabac ( King's tobacco w arehouse), qui, malgré ses vastes dimensions, est tout couvert en fer et soutenu par des piliers de ce métal ; le bâtiment des archives , construit par la société des jurisconsultes; Yuniversité ou le collège de la Trinité, vaste édifice composé de deux grands carrés; la bourse, remarquable par la beauté de la façade principale et de la promenade circulaire au-dessous de son dôme; le théâtre royal, le bâtiment des postes, celui du timbre, la mairie (Mansion house) ; l'église de St-Patrick, qui est la cathédrale; celle du Christ, qui est la plus ancienne ; celles de St-Werburgh et de Si- George, regardées comme les plus belles. D'autres constructions sont encore remarquables sous divers rapports; nous citerons : Y hôpital pour les femmes eu couches ( Lying in hospital ) , bâtiment immense qui, recevant, année moyenne , 8300 femmes, est supérieur à l'établissement semblable de la maternité à Paris ;

Y hôpital des fiévreux ( house cf recovery), qui compte jusqu'à 1000 lits, la maison des enfans trouvés, qui reçoit, année moyenne, 5000 enfans, dont une grande partie est élevée dans l'établissement même ; le magnifique hôpital royal à Kilmainham , où 500 soldats ou officiers sont entretenus , et où se trouve une école pour l'instruction des enfans des militaires pauvres; les casernes, vastes édifices qui peuvent loger plus de 4000 soldats; la maison des travaux forcés ( house of industry ) , assemblage de plusieurs bàtimens, qui renferment 1800 individus ; la halle aux toiles ( linen hall ), construite dans le genre de la halle aux draps de Leeds; la nouvelle halle au blé ; le bazar ; le palais du lord-lieutenant , remarquable surtout par son étendue, son antiquité, par sa belle chapelle gothique et par la grande magnificence de son intérieur. On ne doit pas oublier le pont dit Island-Bridge , dont l'arche est une des plus larges que l'on connaisse.

Dublin offre plusieurs constructions remarquables, la plupart exécutées pour encourager le commerce en facilitant les communications soit avec l'Angleterre et l'Ecosse , soit avec les différentes parties de l'Irlande. On doit citer surtout les docks, assez grands pour contenir plusieurs centaines de navires; les vastes bassins où commencent le Canal Royal et le Grand-Canal , dont nous avons parlé à la page 474; les deux superbes digues en granit, qui s'avancent dans le golfe de Dublin, dont la plus longue a près de 5 milles de long sur 30 pieds de large ; on les a construites pour empêcher la réunion des deux bancs de sable North- Bullei South-Bull, qui menaçaient de combler tout le port; le Casoon , bâtiment circulaire qui semble sortir du sein des flots; le phare. Nous ajouterons que la marine marchande de cette ville compte 18,100 tonneaux , et que la compagnie des bateaux à vapeur emploie constamment 30 navires de 2 à 300 tonneaux dans ses différentes stations.

Plusieurs établissemens scientifiques et littéraires ajoutent à l'importance de cette ville qui est la seconde de tout le Royaume-Uni pour la population et l'étendue , et la première de rirlande pour le commerce et pour l'industrie. Les principaux sont : Yuniversité ( Trinity collège), une

des plus richement dotées de l'Europe et dont les annexes les plus remarquables sont la bibliothèque qui est la plus riche de l'Irlande, les salles d'anatomie où l'on voit une superbe collection de modèles en cire, et l'observatoire pourvu de bons instrumens et établi à Dunsink dans les environs de la ville ; Y école des sciences naturelles , établie par la société pour les progrès des sciences ; six professeurs enseignent gratis la chimie, la minéralogie , la botanique , la zoologie , l'architecture, la sculpture, le dessin, la gravure, l'agriculture et la mécanique, dans le magnifique bâtiment qui lui appartient ; on y trouve une belle collection de modèles de machines et de bàtimens, de statues en plâtre , de minéralogie , un petit musée d'histoire naturelle , une belle collection des minéraux de l'Irlande, une bibliothèque ; le grand jardin botanique à Glassnevin appartient aussi à cette société, qui compte plus de 600 membres pris dans toutes les notabilités sociales de l'Irlande; la Feinaiglian institution, fondée en 1813 par le professeur Feinaigle; Y académie royale hibernique de peinture ( royal Hibernian academy of painting ) , où l'on enseigne tout ce qui concerne les beaux-arts; IVcole de pharmacie ( apothecaries hall of Ireland), où l'on fait des cours de chimie pharmaceutique, de matière médicale; de pharmaeie , de botanique médicale , on prépare un grand nombre de médicamens dans son vaste laboratoire; V école de chirurgie avec cinq professeurs. Viennent ensuite Vécole dite bine coat hospital où 170 garçons apprennent différens métiers ; Y institut des sourds-muets à Claremont près de Glassnevin, dans les environs de Dublin. Parmi les sociétés savantes on doit citer : Yacadémie royale Irlandaise (Roy al Irish Academy), qui s'occupe de tout ce qwi concerne les sciences en général, la littérature proprement dite et les antiquités; elle possède une bibliothèque assez considérable ; la société royale de Dublin , créée en 1742 pour les progrès de l'agriculture et autres arts utiles : l'Irlande lui doit beaucoup ; la société Irlandaise (Hibernian society); elle entretient plusieurs écoles élémentaires ; la société bibliophile de Dublin (Dublin library society), fondée en 1791 pour la création d'une bibliothèque, qui tst devenue la plus riche du royaume

après celle de l'université ; la société pour propager l'instruction parmi les pauvres (for promoting the éducation of the poor of Ireland) ; elle a fondé plusieurs écoles élémentaires et a le même but que la société qui s'est formée à Londres sous le titre de the London Hibernian society ; le musée (Dublin society house) , remarquable par ses riches collections scientifiques.

Les environs de Dublin offrent la population concentrée et les belles campagnes qu'on rencontre dans les alentours des grandes villes de l'Angleterre. On y trouve plusieurs endroits remarquables sous divers rapports ; nous signalerons les suivans à l'attention du lecteur : le magnifique parc du comte de Charlemont, à 2 milles de Dublin; Clontarf, village important par ses bains de mer; Finglas s , autre village, avec des eaux minérales; Ho wth, remarquable par les grands travaux exécutés avec peu de succès pour améliorer son port; Glassnevin , par le heau jardin botanique appartenant à la société pour les progrès des sciences de Dublin ; Claremont, par V institut des sourds - muets déjà mentionné; Dunsink, par le bel observatoire de l'université ; Leixlip , par sa situation romantique et par le grand aqueduc sur lequel le Grand-Canal passe au-dessus d'un ruisseau; Celbridge , par ses fabriques de drap et de coton , et par la belle maison de campagne de la famille Connolly ( Castletown ); Dunleary , nommé actuellement K ings town , par les travaux immenses faits depuis 1817 sous la direction de l'babile ingénieur Rennie , afin d'offrir aux navigateurs un port qui les mette à l'abri des dangers qu'offre la baie de Dublin; la dépense est évaluée à environ 25 millions de francs; enfin May nooth , très petite ville, où se trouve le premier établissement littéraire des catholiques en Irlande-, on peut même le regarder comme leur université; dix professeurs , richement rétribués par le gouvernement, sont chargés de l'instruction de 300 élèves.

Belfast, au fond du golfe du même nom, chef-lieu du comté d'Antrim, jolie ville qui s'est extraordinairenient agrandie depuis le commencement du siècle actuel, par son commerce et l'état florissant de ses manufactures de toile et de coton. Les églises de Si- George et de Ste-Anne , le commercial building, la bourse et la halle aux toiles sont ses bâtimens les plus remarquables. Les principaux établissemens publics sont : le collège (New collège ou Academical institution), où l'on enseigne même les sciences naturelles, le grec et l'hébreu ; la société littéraire et celle pour les progrès des connaissances (society

for promoting knowledge), avec un musée et une petite bibliothèque. Belfast est l'entrepôt du commerce des toiles d'Irlande, la résidence de l'évêque catholique de Down-et-Connor , et son port possède 15,100 tonneaux. On doit faire observer que la plus grande partie de cette ville et du grand lac Neagh appartiennent au marquis de Donegall qui possède près de Belfast Bever , une des plus belles maisons de campagne de l'Irlande.

Dans un rayon de 20 milles on trouve : Donaghadee, petite ville du comté de Down, avec un beau port artificiel construit à grands irais il y a quelques années -, les bains de mer, l'exportation du bétail et le passage annuel de G0,ooo à 70,000 voyageurs sur les paquebots la rendent très florissante et contribuent à son rapide agrandissement. Down-Patrjck , jolie petite ville , siège de l'évêque anglican de Down-et-Connor. Strangford, très petite ville , remarquable par la superbe lagune de ce nom et par son port. Lisburn, dans le comté d'Antrim, une des plus jolies villes de l'Irlande , environnée de blanchisseries et de fabriques de coton auxquelles elle doit sa prospérité. Antrim, très petite ville, sur les bords du lac Neagh , remarquable surtout par une haute tour ronde, dont la construction parait devoir être attribuée aux Danois , ainsi que plusieurs autres semblables qu'on rencontre en Irlande; Carrickfergus, par son port et sa citadelle ; Larne, par ses salines et son port.

Hors du rayon , et à 32 milles environ de Belfast, on trouve: Armagh, assez jolie petite ville, résidence de l'archevêque anglican primat de l'Irlande, avec une grande cathédrale, un beau palais de justice, un observatoire, un gymnase , une société littéraire et une bibliothèque ; elle est le chef-lieu du comté de ce nom , remarquable par sa grande population relative, supérieure à celle de presque tous les pays les plus peuplés de l'Europe , et par ses campagnes très bien cultivées. Newry, jolie ville du comté de Down, florissante par son commerce et son industrie ; sa marine marchande compte , avec Strangford, 8700 tonneaux.

Galway, chef-lieu du comté de ce nom , assez grande ville, située presque au milieu de la côte occidentale, dont elle est la ville principale pour l'industrie , le commerce et la population. Son port est vaste, mais peu profond ; aucun de ses bàtimens publics ne nous parait être assez remarquable pour mériter une mention particulière. Galway est la résidence de l'évêque catholique de Kilmacduagh-Kilfenora-et-Warden. Depuis 1826 les jésuites y ont fondé un collège.

Dans un rayon de 22 milles on trouve : Bal-

linrobe, très petite ville du comté deMayo, remarquable par ses blanchisseries de toile, par sa belle caserne, et surtout par le canal que le marquis de Clanrickarde a fait creuser pour la mettre en communication avec Loughrea. Tlam, jolie petite ville du comté de Galway , résidence d'un archevêque catholique et d'un archevêque anglican ; ce dernier réside dans un beau palais ; les catholiquesy ont un séminaire. Loughrea , jolie petite ville , appartenant au marquis de Clanrickarde , importante par son industrie et parle canal qui la réunit à Ballinrobe. Hors du rayon et à l'est de Galway est située Ballinasloe, le plus grand marché de toute l'Irlande pour le bétail; à la foire d'octobre l'on y voit souvent rassemblés 120,000 brebis et 40,ooo bœufs-, la société d'agriculture de Dublin y distribue des prix aux propriétaires des plus beaux bestiaux. Ballinasloe est la résidence de l'évêque catholique de Clonfert.

Limerick , grande ville, chef-lieu du comté de ce nom , résidence d'un évêque anglican, située sur le Shannon, qu'on y passe sur cinq ponts et qui y forme un port aussi vaste que sûr. Elle est divisée en trois parties : la ville Irlandaise (Irish town), la ville anglaise (English town) et la ville nouvelle ou New-tow?i- Pery ; cette dernière est la mieux bâtie ; de belles rues droites, larges, bien éclairées pendant la nuit, de beaux édifices , des boutiques élégantes , de beaux quais et des bassins attestent sa supériorité sur les deux autres parties. Les bàtimens les ! plus remarquables sont c le palais de j justice (county court house); la douane, le commercial building où se rassemblent les négocians; la bourse; Véglise des Dominicains (Dominican chapel); la halle aux toiles ; le marché au blé (corn market), la nouvelle prison (new county gaol), vaste et bel édifice. On doit mentionner V hôpital (county infirmary) ; Yhôpital des fozts (lunatic asylum) achevé en 1826 ; la nouvelle caserne (new barrack); la caserne des artilleurs (artillery barrack) ; le Pery square et le magnifique pont de Welles* ley, sur lequel on passe le Shannon ; mais surtout les magnifiques jardins suspen* dus , construits en 1808 par M. Roche; j on peut les regarder comme une des eu-, riosités les plus remarquables, non-seulement de l'Archipel Britannique , mais de toute l'Europe. Ils rappellent par leur construction les fameux jardins de Babylone ; leur surface est de plus d'un acre anglais ; leur terrasse supérieure est élevée de 70 pieds anglais au-dessus du i

MONARCHIE ANGLAISE

niveau de la rue. On y cultive avec succès, dans de vastes serres, la vigne et plusieurs plantes des pays chauds ; la terrasse du milieu est destinée aux végétaux et aux arbres fruitiers de haute tige ; dans la terrasse inférieure on cultive des fleurs de toute sorte. Tout le dessous de ce bâtiment extraordinaire est converti en un vaste magasin que M. Roche a loué au gouvernement. Limerick possède une des plus riches bibliothèques <le l'Irlande ; elle appartient à Vinstitut de Limerick. On doit ajouter que cette ville est située au milieu d'un pays riche et d'une fertilité extraordinaire, et qu'elle est le quatrième port marchand de l'Irlande ; c'est le grand entrepôt du commerce de blé, de bœufs, de beurre et autres articles.

Dans un rayon de 27 milles on trouve : Kiliiush , petite ville du comté de Clare , près de l'embouchure du Shannon , et florissante par son commerce et par ses bains de mer. Ennis, cheflieu du comté de Clare; Thurles, petite ville du comté de Tipperary , résidence de l'archevêque catholique de Cashel; Casiiel, assez jolie petite ville, résidence d'un archevêque anglican; elle a une belle cathédrale moderne et une bibliothèque de livres choisis et beaucoup de manuscrits, dont quelques-uns très précieux.

Cork, chef-lieu du comté de son nom , située sur les bords de la Lee, presque au milieu de la côte méridionale de l'Irlande, au fond d'un petit golfe qui forme un des ports les plus beaux et les plus grands de l'Europe. Une partie de la ville est située sur plusieurs ilôts. A l'exception de quelques rues nouvelles, on peut dire que Cork est bâtie irrégulièrement, que ses rues sont sales et étroites. Ses bàtimens les plus remarquables sont : \'hôtel-deville; le commercial building, où se rassemblent les négocians; la nouvelle douane ; la bourse, ornée de colonnes et d'une coupole; le palais de Pévêque anglican ; Véglise de Ste-Anne, avec un dôme et une tour assez haute ; Yassemblij rooms ou casino , avec une belle . salle pour les bals; le théâtre principal précédé d'un assez beau péristyle ; le palais de justice du comté et celui de la ville (Town hall); la grande caserne capable de loger 3000 hommes d'infanterie et de cavalerie ; le marché et la halle aux toiles. Cork .est le siège d'un évêché catholique et d'un évêché anglican , et possède plusieurs établissemens scientifiques dont les plus remarquables sont :

Cork institution fondé en 1807 pour étendre les progrès des manufactures, des arts et surtout de l'agriculture ; une petite bibliothèque, une collection de minéraux et une autre d'instrumens aratoires situées dans un beau local , sont annexées à ce bel établissement ; trois professeurs sont chargés d'enseigner la chimie, la botanique et l'agriculture; la société littéraire de Cork, fondée en 1790 ; elle possède la bibliothèque la plus considérable de la ville ; la scienlific and literary society, fondée en 1820 ; et la bibliothèque de la ville. Cork est la seconde place commerçante de l'Irlande , quoique sa marine marchande ne compte que 5400 tonneaux. Elle approvisionne de viande salée presque tous les navires de commerce et de guerre de la Grande-Bretagne. Son port est le rendez-vous d'un grand nombre de vaisseaux et surtout de ceux que l'Angleterre expédie pour les Antilles. Son entrée profonde et étroite est défendue par des batteries formidables, surtout depuis que l'on a transféré sur la Grande-Ile ou à Cove, les établissemens de la marine royale qui étaient à Kinsale. Un bateau à vapeur va régulièrement à Bristol et vice versa toutes les semaines; un autre fait le voyage de Bordeaux.

Plusieurs jolies maisons de campagne et plusieurs jolis villages couvrent les alentours immédiats de Cork, et plusieurs villes assez remarquables se trouvent dans un rayon de 26 milles. Voici les lieux qui plus que les autres méritent d'être mentionnés.

Blackrock, joli village, remarquable par sa situation délicieuse. Blarneycastle , autre village, qui doit sa naissance aux blanchisseries de toile, aux moulins à papier et aux filatures de coton qu'on y a établies. Cove, petite ville, sur la Grande-Ile ( Great-Island) , qui s'élève au milieu du port de Cork , siège de l'évèque catholique de Cloyne-et-Ross, et importante par le grand chantier de la marine royale qu'on y a transféré de Kinsale ; plusieurs bàtimens de guerre y sont toujours en station. Yougall , petite ville , importante par son port qui possède 5900 tonneaux, et par ses poteries. Micheltown, par le beau château du comte de Kingstown et par les grandes plantations de mûriers blancs qu'a fait l'aire dans ses environs la British , Irish and Colonial Silk Company, pour introduire la culture de la soie dans l'Archipel Britannique ; en 1827 on y comptait déjà 500,000 plants. Mallow, par ses eaux minérales assez fréquentées et ses belles promenades. Bandon , assez jolie ville, avec plusieurs filatures de coton et quelques fabriques de toile-, tout près se trouve C asile Ber-

EUROPE

nard, beau château du comte de Bandon, un des plus riches propriétaires de l'Irlande. Kinsale , assez grande ville , avec une citadelle et un port qui a beaucoup perdu de son importance depuis que les chantiers de la marine royale ont été transférés à Cove-, ses bassins, ses chantiers, ses nombreux navires employés à la pêche du hareng, et surtout sa position tout-à-fait singulière, doivent être mentionnés; bâtie sur une montagne, sa principale rue en fait exactement le tour, et reçoit sur un grand nombre de points l'extrémité de chacune des autres rues.

Lismore, assez jolie petite ville du comté de Waterford , avec un beau château du duc de Devonshire qui l'a embellie de plusieurs beaux édi fices.

Waterford , chef-lieu du comté de ce nom, assez grande vil le, située sur le Suire, peu loin de son confinent avec leBarrow ; ces deux courans forment à leur embouchure un port vaste, sûr et profond. Son quai, un des plus beaux, de l'Europe, le pont en bois d'une longueur remarquable, le commercial building , Vassembly room, le nouveau palais de justice , la prison du comté, la douane, Vhôtel-de-ville, le palais de l'évêque anglican, la cathédrale nouvellement bâtie par les anglicans , l'église catholique de la Trinité, méritent d'être mentionnés. Les travaux entrepris depuis quelques années pour faciliter ses communications avec Dublin, Cork et Limerick, et sa position si avantageuse pour le commerce maritime, l'ont rendue une des villes les plus commerçantes de l'Irlande, et lui promettent une prospérité toujours croissante. Ses vieilles constructions, ses rues sales et étroites sont remplacées tous les jours par d'autres constructions modernes et par des rues propres et bien aérées.

Dans un rayon de 26 milles on trouve : New- Geneva , joli village , bâti par le gouvernement en 1780 pour y établir une petite colonie de Suisses. TuAMor.E, autre village, avec des bains de mer. Dungarvan, petite ville, remarquable par son aqueduc , par son bel établissement des bains de mer et autres améliorations qu'elle doit au duc de Devonshire, qui en est le plus grand propriétaire.

Wexford, chef-lieu du comté de ce nom, assez jolie ville commerçante, avec un port vaste mais peu profond; on îa. regarde comme la première colonie que les Anglais aient fondée en Irlande; son pont en bois, construit en Amérique, est un des plus longs de l'Archipel Britannique; il sert de promenade aux habitans. Bannow, où l'on voit les débris de la ville de ce nom ensevelie par les sables aussi complètement que Pompcïa et Hernjlanum (voyez aux pages 411 et 412) le furent 'adisparles cendres du Vésuve. Enniscorthy, im-

portante par les mines de fer et les forges situées dans sa banlieue ; c'est la résidence de l'évêque catholique de Ferns.

Kilkenny, chef-lieu du comté de ce nom , siège d'un évêché catholique et d'un évêché anglican , assez jolie ville, la sixième de l'Irlande pour la population , et remarquable par sa grande manufacture de draps et par quelques beaux édifices , entre autres par sa cathédrale anglicane-, elle possède un collège renommé où furent élevés Swift et autres hommes célèbres. Tout près se trouvent: le magnifique château du ci-devant duc catholique d'O smond , qui, avant les guerres civiles, à la suite desquelles il fut obligé d'émigrer, y vivait avec plus de luxe que le vice-roi; dans ce château , rendu ensuite avec une partie de ses biens à son neveu , se trouve la plus belle galerie de tableaux de toute l'Irlande ; la fameuse caverne de Dunmore et un peu plus loin le village de Bennets bridge , avec une fabrique de châles de mérinos. A quelques milles de Kilkenny on voit d'un côté C a rlo w , jolie ville industrieuse, résidence de l'évêque catholique de Kildare-et-Leighlin , dont le séminaire est une des principales écoles catholiques de l'Irlande pour les sciences ecclésiastiques ; de l'autre côté, Cas lie Corner, très petite ville; ses mines de houille sont les plus considérables du royaume.

Clonmel, chef-lieu du comté deTippcrary , as' sez grande ville, jolie, industrieuse, et un des grands entrepôts pour le commerce du beurre. Carrick, petite ville, florissante par son commerce , et remarquable par le chemin en fer qui de Waterford doit aller jusqu'à Limerick ; on vient de finir la partie située entre cette ville et Waterford.

L'Irlande offre encore plusieurs autres villes que le géographe ne doit pas passer sous silence, et que nous signalerons en commençant au nord de Dublin et en faisant le tour de cette île.

Dundalk , chef-lieu du comté de Louth , le second de l'Irlande pour la population relative, assez jolie ville , florissante par son industrie et son commerce, surtout en blés qu'en grande quantité on exporte de son port pour la Grande-Bretagne. Coleraine , petite ville du comté de Londonderry, remarquable surtout par le voisinage de la fameuse chaussée des Géans ; c'est un amas de plusieurs milliers de colonnes basaltiques de forme angulaire et d'une hauteur égale, qui, à 2 petits milles du village de B ushmill , s'avance indéfiniment dans la mer-, plusieurs des plus beaux' piliers sont coupés et envoyés à Londres par un des habitans de ce village qui en fait un petit commerce. Londonderry, chef-lieu du comté de ce nom, assez jolie ville, commerçante, avec un port , siège d'un évêché catholique et d'un évêché anglican; le pont en bois, d'une longueur remarquable et construit en Amérique ; le palais de justice, la halle aux toiles, la prison et la cathédrale méritent d'être mentionnés.

Enniskillen, assez jolie ville, fortifiée, chef-

EMPIRE DE RUSSIE

lieu du comté de Fermanagh , remarquable surtout par sa position sur une lie du lac Earn , et par son collège très richement doté. Sligo, chef-lieu du comté de ce nom , résidence de Pévèque catholique d'Elphin , importante par son industrie et son commerce florissant, favorisé par son beau port; on a le projet de l'aire communiquer ce dernier avec le Shannon, en profitant des lacs GUI* Clean, Allen et Boyle.

Banagher , petite ville fortifiée du comté de Kings (du Roi), remarquable surtout parle voisinage du Grand-Canal, qui , à quelques milles de là, entre dans le Shannon. Atholone, dans le comté de West-Meath , avec une grande caserne, et importante par ses fortifications. Boyle , petite ville du comté de Roscomon, remarquable par son école militaire, par les ruines de l'abbaye de Boyle, une des plus belles de l'Irlande, et par son ancienne tour ronde, dont l'origine paraît remonter aux temps les plus reculés. Tullamore , jolie petite ville du comté de Kings , importante par ses chantiers sur le Grand-Canal, qui l'a rendue assez commerçante.

Tralee, jolie ville, florissante par son commerce et chef-lieu du comté de Kerry; sa société d'agriculture , la belle rue du Mail ou de la Parade, son beau square, son assemblyroom et sa belle église catholique méritent d'être cités. Dingle , ancienne colonie espagnole, comme l'indique encore le style de plusieurs de ses édifices. Killarney, remarquable par sa position sur les bords du lac de son nom ; un grand nombre d'étrangers y accourent tous les ans pour visiter ses environs pittoresques ; ses cascades, le mont Mangerton, le nid des aigles avec ses nombreux échos , la prison d'Cf Donaghoe et autres curiosités naturelles; Killarney est la résidence dcrévèquc catholique de Kerry. Valentia, beau

port sur la petite île de ce nom, regardé comme le plus occidental de l'Europe; il est aussi remarquable par le projet conçu il y a quelques années par une compagnie d'y établir la station principale des bateaux à vapeur, qui, par Halifax dans la Nouvelle Ecosse et par Kingston dans la Jamaïque, entretiendraient une communication régulière et fréquente entre le Royaume-Uni et les principaux ports de l'Amérique.

possessions. Depuis la séparation des colonies espagnoles de la mère-patrie, celles de l'Angleterre sont les plus vastes et les plus peuplées de toutes. Voyez les articles Asie, Afrique, Océanie et Amérique Anglaises. On doit ranger, sinon parmi les possessions britanniques, du moins parmi les dépendances politiques de cet état, le royaume de Hanovre et la république des Iles Ioniennes. Le premier, quoique compris dans la Confédération Germanique , appartient au roi d'Angleterre qui le fait gouverner par un viceroi ; la seconde , quoique ayant un gouvernement de droit indépendant, n'en est pas moins sous la protection militaire de la Grande-Bretagne ; ses soldats en président les places fortes , et le lord Haut- Commissaire exerce une grande influence dans son administration. La totalité des possessions Britanniques y compris les dépendances politiques , offre une surface de 4,470,000 milles carrés et une population de 142,180,000 âmes.

position astronomique. Longitude orientale, entre 16° et 62*. Latitude, 40° et 70°. Dans ces calculs on a compris le royaume de Pologne, mais on a exclu le groupe de la Nouvelle-Zemble et l'archipel de Spitzberg. Voyez pour ce dernier à la page 84.

dimensions. Plus grande longueur :

du revers septentrional du Caucase, près des sources de la Samoura jusqu'aux rives du Mounio, dans les environs d'Enontekis dans la Botnie orientale, 1840 milles. Plus grande largeur : depuis le revers occidental de l'Oural, près des sources de la Silva dans le gouvernement de Perm , à la frontière occidentale de la Volhynie à l'ouest de Loutsk, 1300 milles. Dans ees calculs on n'a pas compris le royaume de Pologne.

confins. Au nord, l'Océan-Arctique.

A l'est, la Russie-Asiatique et la mer Caspienne, km sud, la Russie-Asiatique, la mer Noire , les empires Ottoman et Autrichien, et la république deKrakovie.

A Y ouest, la principauté de Moldavie et l'empire d'Autriche , la monarchie prussienne, la mer Baltique et la monarchie Norwégiéno-Suédoise.

pays. La Russie proprement dite qui forme le noyau de l'empire, nommée malà-propos Moscovie ; les territoires des Cosaques du Don et de la mer Noire ; 'es ci-devant royaumes de Kazan et

Astrakhan , conquis depuis longtemps sur les Tatares ; la Biarmie ; presque toute la Laponie ; Ylngrie, la Carélie, la Finlande, Y Ostrobotnie , VEslhonie , la Livonie, les archipeh

EUROPE

d'jbo, et d' jland et les îles Dago, OEsel, etc., pays appartenant autrefois au royaume de Suède ; la plus grande partie du cidevant royaume de Pologne , savoir :

les gouvernemens de Vitebsk, de Mohilev, de Minsk, de Volhynie, de Grodno , de Wilna , de Podolie , la province de Bialystok et le nouveau royaume de Pologne ; le ci-devant Khanat de Crimée avec la Petite-Tatarie , la Bessarabie et partie de la Moldavie, contrées conquises sur l'empire Ottoman ; toute la partie de la Région Caucasienne au nord de la chaîne principale du Caucase, pays enlevés aux indigènes , aux Turks et aux Persans.

montagnes. On peut regarder la Russie d'Europe comme un vaste plateau d'une médiocre élévation, sillonné de quelques hauteurs. Les véritables montagnes se trouvent vers ses frontières orientale et méridionale. Toutes les hauteurs de cette vaste contrée peuvent être classées entre les systèmes suivans : Scandinavique , auquel appartiennent les hauteurs de la Finlande et des gouvernemens d'Olonets, d'Arkhangel et autres ; Slavique , qui embrasse toutes les hauteurs de la Russie Centrale , et dont le point culminant , dans les prétendus monts Waldai , ne s'élève qu'à 175 toises ; Hercykio-Carpathien, auquel appartiennent les hauteurs du sud-ouest de la Russie , et les petites montagnes de la partie méridionale du nouveau royaume de Pologne ; le Katharinenberg , haut de 333 toises, et le Lysa , de 320, sont les points culminans de ce système dans celte partie de l'Europe; Caucasien, qui comprend, outre la chaîne qui sépare l'Europe de l'Asie, les hautes montagnes de la Crimée méridionale, dont le point culminant est la pointe sud-ouest du Tchatyr-dagh, haute de 790 toises; enfin I'Ouralique , qui sépare l'Europe de l'Asie et auquel appartiennent toutes les montagnes et les hauteurs de la Russie Orientale au nord de la mer Caspienne. Voyez aux pages 89 , 90 , 91 , et les montagnes de l'Asie.

îles. Parmi les nombreuses lies qui appartiennent à cet empire, on doit surtout distinguer les suivantes :

Dans l'OCÉ AN-ARCTIQUE : le groupe de la Nouvelle-Zemble {Novaya-TLemlia , la Nouvelle Terre) et V archipel de Spilzberg, qui sont déserts et que leur seule position nous engage à

ranger parmi les dépendances géographiques de l'Europe. Voyez à la page 84 pour la colonie temporaire du Spitzberg ; à la page 93 nous avons signalé dans le groupe de la Nouvelle-Zemble, l'existence du volcan le plus septentrional que l'on connaisse sur le globe ; ici nous ajouterons que les affreuses solitudes de la Nouvelle-Zemble sont fréquentées par un nombre prodigieux de vaches marines et d'autres animaux semblables, que les armateurs d'Arkhangel et de Mezen y vont chasser; quelquefois ils y passent l'hiver. Viennent ensuite l'île Kalgouïev et celles de Waigats : ces dernières donnent le nom au détroit de Waigats.

Dans la MER BLANCHE : les îles Solovetskoï, célèbres par le monastère situé dans une des principales.

Dans la MER BALTIQUE : l'ile OEsel (Saare-ma des indigènes), qui est une des plus grandes de la Baltique-, elle dépend du gouvernement de Riga, ainsi que celle de Mon qui en est voisine; les iles Dago et Wormô, qui relèvent du gouvernement de Rcvel; Kronstadt, au fond du golfe de Finlande, remarquable par ses fortifications , son port et ses chantiers ; \ archipel d'jbo, qui se développe devant cette ville et le long de la cote méridionale et d'une partie considérable de la côte occidentale de la Finlande; composé presque entièrement de rochers innombrables peu élevés, pointus ou taillés à pic de diverses variétés de granit et de calcaire , il offre un labyrinthe redoutable aux marins et une des merveilles de la géographie physique aux géographes; enfin Yarchipel d' Jland, ainsi nommé de l'ile principale ; il est situé à l'entrée du golfe de Botnie et est pour la Russie d'une grande importance politique et militaire.

LA MER NOIRE n'offre aucune île assez étendue ou assez remarquable pour mériter d'être mentionnée dans cet Abrégé.

lacs et lagunes. La Russie offre les plus grands lacs de l'Europe dans sa partie septentrionale, et plusieurs lagunes dans la méridionale ; celles-ci se trouvent dans la partie septentrionale de la Crimée et le long des côtes du gouvernement de Kherson et de la province de Bessarabie , aux environs de Perekop , d'Otdhakov et aux embouchures du Danube. Parmi le grand nombre de lacs de la Russie on doit mentionner surtout pour leur étendue : le Ladoga, qui est le plus grand de toute l'Europe ; viennent ensuite VOnéga, dans le gouvernement d'Olonets; leSaïma, le Payana et le Kolkis dans la Finlande ; le Péipous entre les gouvernemens de Revel , de Riga, de Pskov et de Pétersbourg; les Russes depuis long-temps le connaissent sous le nom de Tchoudskoïe ; Yllmen dans le gouvernement de Novgorod, et VEnara dans la Laponie dépendante de

EMPIRE DE RUSSIE

la grande principauté de Finlande. Nous ajouterons les lacs bien plus petits nommés Bielo (Blanc) dans le gouvernement de Novgorod , et Koubinskoe ou Koubensk dans celui de Vologda, à cause de leur grande importance pour les communications hydrauliques de l'empire. Il y a aussi un grand nombre de lacs salés dont on retire une immense quantité de sel ; parmi ceux-ci il faut nommer surtout le lac Elton dans le gouvernement de Saratov.

fleuves. La Russie est traversée par les plus grands fleuves de l'Europe. Voici les principaux rangés d'après les mers auxquelles ils aboutissent.

La MER BALTIQUE reçoit :

La Tornea , qui nait dans la Laponie suédoise , trace la frontière de l'empire de ce côté , baigne Tornea et se jette dans le golfe de Botnie; elle reçoit le Mounio à la gauche , qui trace également la frontière et passe par Enontekis.

Le Kemi, I'Uleâ, le Pyhajoki , qui traversent la partie septentrionale du grand-duché de Finlande et se jettent dans le golfe de Botnie-, ces fleuves prennent naissance dans des lacs considérables d'où ils tirent leurs noms.

Le Kumo, qui décharge les eaux du lac Pykajervi et a son embouchure dans le golfe de Botnie.

Le Kvmen ou Kvnmene, qui décharge les eaux du lac Pajana ou Pecnde et se rend dans le golfe de Finlande.

La Neva, dont le cours est peu considérable, mais dont la masse d'eau est immense , étant l'émissaire du grand lac Ladoga et de tout le vaste système d'eau qui lui appartient , et qui s'étend sur une grande partie de la Finlande et des gouvernemens de Pétersbourg , d'Olonets, de Novogorod et de Pskov. La Neva baigne Schlussclbourg, St-Pétcrsbourg et entre dans le golfe de Finlande. Les principaux affluens du lac Ladoga sontle Swir , qui lui amène le tribut des eaux du lac Onéga-, le Wolkhov , qui sort du lac llmen et baigne Novgorod-Veliki -, et le Woxa ou JVuoxa, qui décharge le vaste lac Saima et les abondantes eaux qui lui appartiennent. On doit ajouter que ce beau fleuve qui contribue tant à l'embellissement de la capitale de l'empire , et qui lui est d'une si grande utilité par sa profondeur et par sa largeur , menace quelquefois son existence par les terribles inondations auxquelles il l'expose -, celle de 1825 a laissé des traces funestes.

La Nauva ou Narova , qui sort du lac Peipus ou Peïpous , baigne Narva et aboutit au golfe de Finlande.

La Duna (Drugowa des Lettons , et Dvina- Méridionale de quelques géographes russes et d'autres nations), qui naît dans un marais du gouvernement de Tver, non loin des sources du Volga ; elle traverse les gouvernemens de Smolensk, Witebsk, Mitau et Riga, en baignant Witebsk , Polotsk , Dunabourg et Riga, et entre

dans le golfe de Livonie. Ses principaux affluens sont : la Drissa et la Pedelz à la droite ; la Meia, YOula et la Disna à la gauche; mais tous sont très peu considérables relativement à leur fleuve principal.

Le Niémen , qui prend sa source dans le gouvernement de Minsk, traverse celui deGrodno, sépare celui de Wilna du palatinat polonais d'Augustov , et après avoir baigné Grodno etKovvno, il entre dans la Prusse-Orientale , où sous le nom de Memel il aboutit au Curischc-Haff (Voyez à la page 325). Son principal affluent à la droite dans l'empire Russe est la Wilia, qui passe par Wilna.

La Vistule , qui vient de l'empire d'Autriche , touche les palatinats polonais de Krakovie, de Sandomirz , de Lublin , de Podlaquie, traverse celui de Masovie , touche le palatinat de Plock et entre dans la Prusse-Occidentale dans la monarchie Prussienne, où il aboutit au Frische-Haff. Dans le royaume de Pologne la Vistule baigne Sandomirz, Pulawy, Varsovie, Modlin et Plock. Ses principaux affluens sur le territoire polonais sont : à la droite le JVieprz, au bassin duquel appartiennent Lublin et Zamosc; le Bug, qui passe par Brzesk-Lilewski et reçoit la Narew ; à la gauche, la Pi lie a ct\a Bzura ; celle-ci passe par Lowitz et reçoit la Rawa à la droite. La MER NOIRE reçoit :

Le Danube , dont seulement l'extrémité inférieure appartient à l'empire ; il y baigne Ismaïl et Kilia. Le Pruth est son principal affluent sur le sol russe ; il sépare l'empire de Russie de la principauté de Moldavie. (Voyez aux pages 221 et 274.)

Le Dniester , vient de l'empire Autrichien , sépare la Bessarabie des gouvernemens de Podolie et de Kherson, baigne Choczim, Mohilcv , Bender et Akerman ; il entre dans la mer Noire. Ses affluens sont trop peu considérables pour mé* riter une mention dans cet Abrégé.

Le Dnieper , naît dans le gouvernement de Smolensk , traverse celui de Mohilev , sépare les gouvernemens de Minsk, Kiev et Kherson de ceux de Tchernigov et de Poltava , coupe inégalement celui de lekaterinoslav , et après avoir séparé le gouvernement de Kherson de celui de la Tauride se jette au-dessous d'Otchakof dans la mer Noire. Les villes principales baignées par ce grand fleuve sont: Smolensk, Mohilev, Kiev, lekaterinoslav et Kherson. Ses principaux affluens à la droite sont : la B erezina , qui passe par Bobrouisk , et qui, moyennant un canal qui la réunit à l'Oula , affluent de la Duna, forme la jonction entre le Dnieper et la Duna ; le P>r ipet ou Pripec k , qui traverse la partie méridionale du gouvernement de Minsk et les marais peutêtre les plus vastes de l'Europe; il est grossi par plusieurs affluens , parmi lesquels on doit citer le Styr, le Gorin à la droite , et la Pina et la Isiolda à la gauche ; ces deux derniers ont un cours borné , mais ils sont remarquables par les canaux de Muchavice et d'Oginski qui réunissent le bassin du Dnieper à ceux de la Vistule et du Niémen; le Teterov , qui passe par Jitomir; le B og, qui baigne Nikolaev et reçoit YIngoui? ce dernier passe par Elizabetgrad. Les princi-.

EUROPE

paux affluens du Dnieper à la gauche sont : la Desna, qui baigne Briansk et Tchcrnigov , et reçoit le Selm; celui-ci passe peu loin de Koursk et baigne Putivl; la Sou la, qui passe par Lubny-, le Psol, par Soumy; la W or skia, par Akhtyrka et Poltava , et VOuriel, par Constantinograd. On a projeté des travaux pour vaincre les obstacles qu'opposent à la navigation de ce fleuve les fameuses cataractes situées au-dessous de Kiev.

Le Don , auquel quelques géographes conservent encore son ancien nom de Tanaï; il touche ou traverse les gouvernemens de Toula , Riazan , Tambov , Orel , traverse celui de Voronéje et le pays des Cosaques auxquels il donne son nom. C'est à Azov, dont le territoire appartient au gouvernement de lekaterinoslav , qu'il aboutit dans la prétendue mer d'Azov. Dans ce long cours le Don baigne Donkov , Pavlovsk, Tcherkask et Azov. Ses principaux affluens à la droite sont : la Sosna, qui baigne Livni; leDonez, qui passe par Bielogorod, Tchougaïev etlzioum , et au bassin duquel appartient l'importante ville de Kharkov. Les principaux affluens à la gauche sont: le Voronéj e , qui baigne Lipezk, et Voronéje; le Khoper; la Me d v ieditsa et le Manitch; ce dernier traverse le lac Bolchie, et est remarquable non-seulement par la longueur de son cours , mais aussi parce qu'il a été choisi par Malte-Brun pour déterminer avec la Kouma une partie de la frontière orientale de l'Europe. (Voyez à la page 31.)

Le Kouban, qui prend sa source sur le versant septentrional de la haute chaîne du Caucase, traverse le pays des Pctits-Abasses et partie de celui des Tcherkevses, sépare le territoire de ces derniers de la province du Caucase et du territoire des Cosaques de la mer Noire. Vers l'extrémité de son cours il se partage en deux branches principales , dont l'une se rend dans la prétendue mer d'Azov et l'autre dans la mer Noire. Le Zelenlchouk et le Laba sont ses principaux affluens à la gauche-, ceux de la droite sont tous trop peu considérables pour être mentionnés.

L'OCE AN-ARCTIQUE reçoit :

Le Paswig, qui sort du grand lac Enara , et qui, d'après le dernier traité définitif entre la Russie et la Suède , trace les contins de ce côté entre les deux états.

La Kola, qui traverse la Laponie-Russe, et après avoir passé à Kola , entre dans l'Océan- Arctique.

La Petchoua , qui naît sur le versant occidendal de l'Oural dans le gouvernement de Pcrm, traverse les solitudes des gouvernemens de Vologda, et d'Arkhangel, et après avoir reçu à la droite YOusa qui est son plus grand affluent , entre par une large embouchure dans un golfe de l'Océan-Arctique.

La MER BLANCHE , qui n'est qu'un grand golfe de l'Océan-Arctique , reçoit :

Le Vig, le Ki atm ou Kem et le Kovda, qui traversent les solitudes de la partie occidentale du gouvernement d'Akhangel et apportent à cette mer le tribut de plusieurs lacs considéra-

bles de ce gouvernement et de celui d'OIonels.

L'Onega , que quelques géographes regardent à tort comme U débouché du grand lac de ce nom , prend sa source dans son voisinage , traverse les gouvernemens d'Olonets et d'Arkhangel , passe par Kargapol , Onega et se jette dans le golfe auquel elle donne son nom.

La Dvina, dite aussi Dvina-Septentiuonale , pour la distinguer de la Duna ou Dvina Méridio- I nale , est formée par la réunion de la Soukho.na avec le Ioug , traverse les gouvernemens de Vologda et d'Arkhangel, et après avoir baigné Krasnoborsk, Kholmogori et Arkhangel , entre dans le golfe qui en reçoit le nom : la Soukiiona ou SouKuoMA , reçoit les eaux du lac Koubinskoe et celles delà Fo logda, qui baigne l'importante ville de ce nom ; elle passe ensuite par Totma-, I'Ioug se réunit à la Soukiiona à Velikioustioug. Les principaux affluens de la Dvina àla droite sont: la V itchegda et tePinega ; la première passe par Iarensk et est grossie par la Keltma; la seconde passe par Pineg. Parmi les affluens à la gauche nous ne nommerons que la Vaga, qui baigne Viatlsk et Schenkonesk. La Keltma est remarquable par le canal qui établit la communication entre le bassin de ce fleuve et celui du Volga.

Le Mezen , qui prend sa source dans les marais du gouvernement de Vologda , traverse celui i d'Arkhangel, et après avoir baigné la petit? ville de Mezen, entre dans un golfe de la "mer Blanche , presque sous le cercle polaire ; ses bords sont encore presque partout inhabités.

La MER CASPIENNE reçoit :

L'Oural, aussi nomrrié le Iaïk; il naît sur le versant oriental de la chaîne qui porte son nom , trace en très grande partie les frontières orientale et méridionale du gouvernement d'Orenbourg , ainsi que les limites orientales de l'Europe. Dans son long cours il baigne Troïtskaïa , Orenbourg , Ouralsk , et près de Gouriev , il entre dans la mer Caspienne-, la 5' a k m ara àla droite et VII ek à la gauche sont ses principaux affluens.

Le Volga , nommé Idel ou Atel par les peuples Turks, dont il traverse le territoire, prend sa source dans la forêt de Volkonski , qu'on pourrait regarder comme la plus vaste de l'Europe, aux environs d'Ostachkov dans le gouvernement de Tver. Dans son cours immense , ce fleuve , le plus grand de l'Europe, touche le gouvernement de Moscou et traverse ceux de Tver, laroslav, Kostroma, Nijneï-Novgorod, Kazan , Simbirsk, Saratov et Astrakhan, en passant par un grand nombre de villes, dontlesplusremarquablessonl: Rjev, Tver, Ouglitch, Rybinsk, laroslav, Kostroma, Nijneï-Novgorod, Makariev, Kazan, Simbirsk, Samara, Sizran, Khvalinsk, Volsk, Saratov,Tsaritsin, Sarepta, Astrakhan et Krasnoyarsk. C'est par 65 embouchures, et selon d'autres par 70, que ce grand fleuve entre dans la mer Caspienne , où il forme un delta très considérable. On doit faire observer qu'aucune cataracte n'en interrompt la navigation; que plus de 5000 barques chargées de productions le descendent annuellement ; que ses pêches sont d'un produit immense, et qu'on doit le regarder comme le premier sous le rapport des

EMPIRE DE RUSSIE

communications hydrauliques , devenues si importantes depuis les grands travaux exécutés pour faciliter les communications par eau dans l'intérieur de toute la partie européenne de l'empire. Les principaux aïfluens du Volga à la droite sont : YOka, qui passe par Orel, Bielev, Kalouga, près de Serpoukhov, Kiazan, Spask, Kasimov, lelatom et Mourom; l'Oka reçoit à la droite YOupa, qui passe par Toula, et la Zna, qui baigne Tambov et Morchansk ; à la gauche il est grossi par la Moskva, qui passe par Mojaïsk, Moscou et Kolomna et la Kliazma qui arrose Vladimir, la Soura, qui passe par Penza, Alatyr et Iadrin, et est grossie par YAlatyr à la gauche. Les principaux affluens du Volga à la gauche sont: la Tvertza, qui passe par Vychni- Volotchok, Torjok et Tver; le canal de Vychni- Volotchok qui la réunit à la Msta affluent du Volkhov, lui donne une grande importance; laMologttj qui passe par Ouslioujna et Mologa ; le canal de Tikhvin la met en communication avec le lac Ladoga-, la Cheksna, qui sort du lac Blanc (Bielo-Ozero) et passe par Tchcrepovets -, des travaux hydrauliques l'ont rendue très importante de nos jours; \aKama, qui est le plus grand de tous les affluens du Volga ; elle est remarquable par la direction presque circulaire de la partie supérieure de son cours, par la profondeur de son lit et la masse de ses eaux qui la rendent plus utile à la navigation que le Volga ; Kaï , Solikamsk , Perm , Okhansk et Sarapoul sont les villes principales situées sur ses bords ; ses principaux affluens sont: la Vialka à la droite; elle passe par Slobodskoï, Viatka et Malmych; a la gauche, la SU fa, qui baigne Koungour, et la Bielaïa, qui passe par Ouzianskoï, Oufa et Birsk ; à Oufa elle est grossie par Y Oufa, qui arrose Krasnooufimsk;la Samara, qui passe par Bouzoulouk.

La Koima , qui prend sa source sur le versant septentrional du Caucase , traverse la petite Abasie , passe par Koumskaïaet, par plusieurs embouchures, entre dans la mer Caspienne. La Podkouma à la droite est son principal affluent; elle baigne Georgicvsk.

Le Ti'.rek , qui prend sa source au pied duMqinvari, dit improprement Kazbek par les Russes, traverse le pays des Osètes , sépare les deux Kabarda , touche la province du Caucase et entre dans la mer Caspienne. Dans son cours , le Terek baigne Vladikavkas , Mozdok et Kyzliar. Ses principaux affluens à la droite sont : la Soundja et YAksaï; à la gauche YArredon , YOuruakh , le Tcherek, la Malka.

Le Soulak , qui descend du versant septentrional du Caucase , traverse les cantons d'Avar, d'Endery, etc. , et , après avoir reçu le Koï-sou, entre dans la mer Caspienne.

La Samoura, qui descend du versant septentrional du Caucase, traverse le Daghestan méridional, et par plusieurs embouchures entre dans la mer Caspienne.

canaux. Malgré les reproches que les géographes peu instruits adressent aux Russes sous le rapport de leurs voies com -

merciales, nous n'hésitons pas à dire que la Russie d'Europe offre maintenant le plus vaste système de canalisation de cette partie du monde, et un des plus remarquables qui existent sur tout le globe. Elle doit ce grand avantage à Pierre Ier. En fondant sa nouvelle capitale, ce monarque se proposa de faire de la ville deSt-Pétersbourg le centre de tout le commerce de la Russie avec les pays étrangers, un magasin général et le débouché commun de toutes les productions de l'intérieur. Embrassant d'un seul regard les lacs de Ladoga, d'Onéga,d'Ilmen et Bielo-Ozero (le Lac-Blanc), avec toutes les eaux qui les alimentent et les principaux affluens des grands fleuves qui sont peu éloignés de leurs bassins , Pierre Ier imagina de réunir par des canaux, non-seulement entre eux leurs systèmes hydrauliques respectifs , mais aussi de les mettre en communication avec des rivières appartenant à d'autres systèmes entièrement différens. Ses successeurs ayant marché sur ses traces, il en est résulté que la Baltique , la mer Blanche, la mer Noire et la mer Caspienne communiquent entre elles par plusieurs canaux depuis long-temps livrés à la navigation intérieure. Le tableau suivant offre les canaux les plus importans.

Un triple système de canaux principaux établit de trois manières différentes la communication entre la mer Baltique et la mer Caspienne ; la ville de Rybinsk sur le Volga, gouvernement de Iaroslav, est le nœud de cette communication. Ces canaux sont :

Le canal de Vychni-Volotchok , ainsi appelé de la petite ville de ce nom dans le gouvernement de Tver; il joint au moyen de la Zna affluent de la Tvertsa et de la Chlina affluent de la Msta , qui entre dans le lac d'ilmen, le Volga au Volkhov (affluent du lac Ladoga ) , et par conséquent le Volga à la Neva et la mer Caspienne à la mer Baltique. Ce canal a presque 3 milles de long et trois écluses; il est resserré à Vychni-Volotchok entre de magnifiques quais en granit. Ouvert en 1711, •ce n'est qu'en 1818 que d'importans travaux l'ont •mis en état d'atteindre entièrement le but que l'on s'était proposé dans sa construction.

Le canal de Tikhvine , projeté par Pierre Ier, mais commencé et achevé par Alexandre, unit laTikhvinka , affluent du Sias (affluent du lac Ladoga), avec le Volga , par l'intermédiaire de plusieurs rivières, telles que la Somnia , la Gourounia, la Tchagoda et la Mologa; il a 15 écluses, dont 11 appartiennent au cours de la Somnia.

Le canal de Marie, projeté par Pierre Ier, mais commencé en 1799 et achevé en 1808, unit deux rivières rendues navigables dans la partie supérieure de leur cours: la Kovja affluent du lac

EUROPE

Blanc (Bielo), et la Vytegra affluent du lac Onéga. Il a près de 4 milles de long et 12 écluses ; un aqueduc de presque 2 milles de longueur l'alimente. Deux canaux accessoires très importans se rattachent au canal de Marie : celui que l'on a creusé il y a quelques années sur un développement de près de 40 milles , entre la Cheksna et la Kovja pour écarter la navigation du lac Blanc, et un autre d'environ 26 milles de long, dit canal de Svir, entre le Svir affluent du lac Ladoga, et la Vytegra affluent du lac Onéga, pour écarter les dangers et les relards de la traversée de ce dernier lac , et pour éviter les cascades du Svir.

Plusieurs canaux rentrent dans ces trois systèmes principaux , et servent soit à les rendre plus praticables , soit à les rattacher à un autre système, qui tend à former la jonction entre la mer Blanche et la Baltique , entre la mer Blanche et la mer Caspienne. Nous avons déjà parlé de ceux qui dépendent du canal de Marie ; voici les autres plus importans :

Le canal de Ladoga, commencé en 1718 et ouvert à la navigation en 1731; il forme le point de réunion des trois systèmes sus-mentionnés. Il côtoie le lac Ladoga , en réunissant le Volkhov à Nouveau-Ladoga , à la Neva , à Schlusselbourg. On l'a construit pour éviter les dangers et les basfonds du lac ; 16 écluses y conduisent les eaux de plusieurs rivières-, 16 autres servent à faire écouler dans le Ladoga les eaux superflues. Ce canal est le plus fréquenté de l'empire , et sous ce rapport est un des plus importans du monde. D'après des calculs officiels, 25,ooo transports de toute espèce , portant une valeur de 200 millions de francs, franchissent annuellement sa principale écluse, celle de Schlusselbourg.

Le canal de Novgorod ou de Sievers, long d'environ 5 milles , réunit directement dans les environs de Novgorod la Msta et le Volkhov , pour éviter la navigation souvent dangereuse du lac Jlmen.

Le canal de Sîas réunit la rivière de ce nom au Volkhov après sa sortie du lac Ilmen. Les canaux suivans ouvrent la communication entre la mer Blanche et la mer Caspienne, et par conséquent ils joignent aussi la Baltique à ces deux mers.

Le canal de Koubensk , dit du duc Alexandre de Wurtemberg depuis 1828. En joignant la Cheksna, affluent du Volga, près de Kirilov, ville du gouvernement de Novgorod, au lac de Koubensk, qui se décharge dans la Soukhona ou Soukhonia, une des branches de la Dvina septentrionale, ce canal établit la communication entre la mer Caspienne et la mer Blanche. La Cheksna, par le canal de Marie, forme la communication avec la Baltique.

Le canal du Nord, dit aussi Sévéro-Iékalerlnski, commencé sous Catherine Ire, n'a été achevé qu'en 1820 ; il forme la jonction delà mer Blanche avec la mer Caspienne , en faisant communiquer la Keltma, affluent de la Vitchcgda (affluent de la Dvina), avec le Dgouritch qui appartient au bassin de la Kama (affluent du Volga). Les canaux suivans établissent la communication entre la mer Baltique et la mer Noire.

Le canal de Lepel ou de la Rërèzina, achevé en 1801, joint la Duna avec le Dnieper, en unissant entre eux les petits lacs de Berechla , qui parl'Oulla, appartiennent au bassin de la Duna et de la Plava , compris dans le bassin de la Bérézina, affluent du Dnieper. Ce canal n'a que 4 écluses et une longueur d'environ 5 milles.

Le canal d'Oginski , commencé en 1765, et achevé en 1787 aux frais du grand général de Lithuanie , Michel-Kasimir Oginski , qui dépensa 7,800,000 francs- dans sa construction. D'importans travaux , faits depuis 1801 parle gouvernement russe, le rendirent complètement navigable. Il a 10 écluses et 36 milles de long. En unissant la Iasialda , affluent du Prypec (affluent du Dnieper), avec la Szczara ou Chtchara, affluent du Niémen, il établit la communication entre la mer Noire et la Baltique.

Le canal Royal , dit autrefois de la République , parce qu'il fut creusé en 1775 aux frais du gouvernement polonais , et de Muchawice ou Muchaviec , à cause de l'affluent de ce nom, ouvre une autre communication entre la mer Baltique et la mer Noire, en unissant la Pina, affluent du Prypec, avec la Muchaviec, affluent du Boug.

Deux canaux établissent la communication directe entre la mer Noire et la mer Caspienne -, ce sont :

Le canal qu'on pourrait appeler de Pierre 1" , parce que le projet primitif est dû à ce grand homme. Commencé sous son règne, il devait réunir les deux rivières d'ilavlia , affluent du Don, dans le territoire des Cosaques du Don , et de Kamychenka, affluent du Volga, dans le gouvernement de Saratov. Interrompu par les guerres contre les Suédois et les Persans , sa partie exécutée porte le nom de ravin de Pierre- le - Grand. On a proposé différentes modifications au plan de ce canal , mais on a adopté définitivement l'ancien projet, sauf quelques modifications suggérées par les progrès de la science. La jonction de l'Ilavlia à la Kamychenka aura lieu moyennant un canal de presque 90 milles de long, où l'on fera entrer quelques parties du cours de l'Ilavlia et tout le ravin de Pierre-le-Grand.

Le canal d'Ivanov , dans le gouvernement de Toula; il réunit la Chata, affluent del'Oupa, appartenant au bassin du Volga, par l'Oka, avec la partie supérieure du cours du Don. Les canaux suivans établissent des communications entre différens golfes delà mer Baltique.

Le canal de Fellin, en Livonie , joint le golfe de Riga ou de Livonie à celui de Finlande en ouvrant une communication entre l'Embach , affluent du lac Peïpus d'où sort la Narva , et le Pernau qui aboutit au golfe de Livonie. Un autre canal, celui de Verro , établit la communication entre le lac Pskov, branche du Peïpus, etl'Aa qui entre dans le golfe de Riga.

Le canal de Velikia-Louki joint la Duna à la Neva par l'intermédiaire du Lovât , du lac Ilmen , du Volkhov et du lac Ladoga.

Afin de mettre les embarcations russes et polonaises en état d'arriver à la Baltique sans payer les droits des douanes prussiennes , on a corn-

EMPIRE DE RUSSIE

mencé de grands travaux pour faire communiquer la Vistuie avec le Niémen et la Duna. Le canal de Courlande est une des branches principales de ce système hydraulique ; sa destination est de réunir le Niémen à la Duna au moyen de la Vilia et de quelques autres rivières; le canal du duc Jacques , en Courlande, rentre dans ce système, enjoignant le Niémen à laVindau; un autre canal , qui commence près d'Augustow, est destiné à réunir la Vistuie au Niémen par le Boug et la Narew ; il aura 17 écluses.

Outre ces canaux liés au grand système de navigation intérieure de l'empire, un autre exige une mention particulière, c'est le canal d'enceinte de St-Pétersbourg, commencé en 1805 et achevé en 1832, dans le double but de circonscrire la ville au midi en ne lui laissant d'entrée que parles barrières, et d'offrir aux barques nombreuses qui arrivent, chargées de denrées de l'intérieur, un abri et un port commodes et sûrs. Le passage ouvert dans la Jamskaïa parle pont aqueduc de Ligova est la partie la pius belle et la plus coûteuse de ce canal, l'un des ouvrages les plus hardis que l'on ait encore exécutés dans ce genre.

chemins de fer. Nous ne nommerons que le grand chemin, déjàlrès avancé, qui doit joindre Varsovie à Oswieczim sur la grande route septentrionale de l'empereur Ferdinand dans l'empired'Autriche, en passant par Rawa, Tomaszow et Czenstochau , et celui bien plus considérable déjà décrété, quir joindra Saint-Pétersbourg à Moscou.

ethnogafhxe. Aucun état de l'Europe n'offre un plus grand nombre de peuples différens. Tous ceux qui vivent dans la partie européenne d'après les démarcations naturelles indiquées à la page 79 peuvent être réduits aux scruches suivantes : Souche Slave, qui dépasse de beaucoup toutes les autres en nombre ; elle comprend les Russes , qui sont la nation dominante , distingués en Grands- Russes , Petits-Russes , Rusniaks et Cosaques; les Polonais , qui sont assez nombreux dans plusieurs gouvernemens du ci-devant royaume de Pologne ; les L ithuaniens , les Lettes, les Ko ures et autres peuples moins nombreux. Souche Finnoise ou Ou italienne, à laquelle appartiennent les Finnois proprement dits de la Finlande, les Careliens , les Esthoniens, les Tchereinisses , les Votiaques , les Lapons, les Lives,\es Zyraines, les V og ouïes , les Permiens, les Mordva, ou Mordouins, et une partie des Teptières. Souche Turque, improprement nommée Tatare ou Tartare, dans laquelle il faut ranger les Turks de Kazan, d'Astrakhan, etc.; les Turkomans du Caucase, les Nogaïs, les Baschkires, les Tchou-

vasches, les Melcherieques, une partie des Teptières et autres. Souche Germanique, à laquelle appartiennent les Allemands des gouvernemens de Riga, Revel7 Pélersbourg, Mitau, etc. , et ceux des colonies dans les gouvernemens de Saratov, de la Tauride, etc. ;\es Suédois, qui forment une partie considérable de la population de la Finlande , et un petit nombre d'Anglais et de Danois établis en Russie. Souche Sémitique, comprenant les Juifs qui sont très nombreux dans le royaume de Pologne et dans les gouvernemens ci-devant polonais, et quelques milliers d'Arabes, dans la Région Caucasienne. Souche Greco-Latine, dans laquelle il faut classer les Moldaves et les Valaques de la province de Bessarabie, les Grecs, les Skipetars ou Albanais, et quelques milliers de Français et d'Italiens établis en Russie. Souches Circassienne, Lesghienne, Abase el Mitsdjeghienne, auxquelles appartiennent les Circassiens ou Tcherkevses,, plusieurs peuples Lesghiens , tels que les Avars, iesKazy-Koumuk, les Akoucha , etc.; les Abases, et les Mitsdjeghi, dans la partie européenne de la Région Caucasienne. Souche Arménienne , qui comprend les Arméniens assez nombreux, surtout dans les provinces du Caucase et dans les villes les plus commerçantes de la Pologne. Souche Persane, dans laquelle il faut ranger les Osèles , dans la région du Caucase, avec les Boukhares. Souche Mongole, qui embrasse les Kalmouks des gouvernemens d'Astrakhan, de Tauride, de Kherson, du pays des Cosaques du Don et de la Région Caucasienne. Souche Samoyède, à laquelle appartiennent les petites tribus samoyèdes qui errent dans les vastes solitudes du gouvernement d'Arkhangel. Souche Samskrite , dans laquelle on range les Bohémiens de la province de Bessarabie, du gouvernement de la Tauride et autres.

La population du royaume actuel de Pologne est partagée entre les souches suivantes : Souche Slave, qui comprend les Polonais ; ils forment à eux seuls presque les trois quarts de la population ; les Rusniaks et les Lithuaniens. Sou • che Sémitique, qui comprend les Juifs, qui se sont tellement multipliés depuis plusieurs années, qu'on peut les regarder comme formant le dixième de la popula-

EUROPE

lion totale du royaume. Souche germanique, à laquelle appartiennent les Allemands , dont le nombre a beaucoup augmenté dans ces derniers temps ; ils forment un neuvième environ de la population. Viennent ensuite les Turks, les Bohémiens et les Arméniens, dont le nombre est très petit ; les premiers appartiennent à la Souche Turque , les seconds à la Souche Hindoue ou Samskrite et les troisièmes à la Souche Arménienne.

religion. La grecque orthodoxe , identique à celle des Grecs de l'Empire Ottoman,est la religion dominante dans l'Empire. Toutes les autres religions sont nonseulement tolérées, mais elles sont professées librement; la différence de culte n'est jamais en Russie un obstacle pour parvenir aux emplois publics. Les Russes, les Cosaques, les Moldaves, les Valaques, etc. , et de nombreux prosélytes parmi les Permiens, les Zyraines, les Vogoules, les Mordva, les Samoyèdes, les Lapons de la Laponie-Russe, etc., professent la religion grecque orthodoxe ; les Polonais, les Rusniaks et les Lithuaniens du ci-devant royaume de Pologne sont catholiques ou grecs-unis ; les Finlandais ou Finnois, les Lettes, les Koures , les Esthoniens, les Suédois et les Lapons de la ci-devant Laponie-Suédoise, ainsi que la plus grande partie des Allemands sont luthériens. La religion réformée ne compte qu'un petit nombre de Polonais et quelques Allemands. Vislamisme est professé par presque tous les nombreux peuples que nous venons de ranger dans la souche turque, et par les Arabes; mais plusieurs des peuples turks mêlent beaucoup de superstitions à leur prétendu islamisme. Les Juifs professent la religion de Moïse , et les Kalmuks , le lamisme. Ce n'est guère que dans la partie européenne de la Région du Caucase, vers l'Oural et dans les solitudes du gouvernement d'Arkhangel, qu'on rencontre encore des idolâtres parmi les Samoyèdes, les Mitsdjeghi, les Osètes, les Tchouvascheset les Mordva. La Mission établie parle gouvernement à Arkhangel a déjà baptisé environ 3500 Samoyèdes, de manière qu'il n'existe que fort peu d'individus de cette nation qui professent encore l'idolâtrie.

Dans le royaume actuel' de Pologne, le catholicisme est la religion dominante,

et est professé par presque les trois quarls de la population , mais tous les autres cultes y jouissent d'une entière liberté d'exercice. Viennent ensuite la religion de Moïse et le luthéranisme, qui comptent beaucoup de sectateurs ; presque tous les Allemands sont luthériens ; une petite fraction seulement de la population du royaume professe la religion grecque et le calvinisme. Vislamisme n'y compte qu'environ 1200 croyans.

gouvernement. En Russie tout pouvoir émane du souverain, dont l'autorité est sans partage ni contrôle. La qualification de samoderjelz qu'il se donne , et qui est la traduction du mot autocrate, indique clairement la nature de son autorité, qu'il n'est censé tenir que de Dieu. Le monarque est le point central de toute l'administration : c'est à sa décision ou à sa sanction que toutes les mesures importantes doivent être soumises. Tout émane de lui et tout aboutit à lui en dernière instance, et rien n'échappe à cette centralisation rigoureuse. L'autorité du monarque est déléguée aux grands collèges de l'empire qui président l'administration centrale et aux gouverneurs généraux, civils et autres fonctionnaires qui composent l'administration locale. Les trois grands corps de l'état sont , le conseil de l'empire, le sénat dirigeant et le saintsynode. Le premier se divise en quatre déparlemens, dont chacun a son président : ce sont les départemens de la législation, de la guerre, des affaires civiles et religieuses, et des finances. Les ministres et un secrétaire de l'empire font partie de ce collège qui a dans son ressort toutes les affaires importantes à l'exception de celles qui sont relatives à la politique extérieure. Le sénat dirigeant est considéré comme le premier corps de l'état. Le monarque en est le président, et les sénateurs sont nommés par lui en nombre illimité. Le sénat, veille à l'exécution des lois, surveille la rentrée et l'emploi des deniers publics, promulgue les lois et les édits rendus par l'empereur, nomme à la plupart des emplois, juge en dernière instance toutes les causes, et ses décrets ont force de loi comme ceux de l'empereur, qui seul peut en arrêter les effets. Le saint-synode, est le collège d'où émane l'autorité suprême de l'église gréco-russe. Il se compose d'un certain nombre de prélats nommés par l'empereur; c'est lui

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qui présente à tous les emplois ecclésiastiques, tient la main à l'observance des lois canons, et veille au maintien de la pureté de la doctrine. Le pouvoir exécutif proprement dit, concentré en quelque sorte dans la main de l'empereur, est plus spécialement conlié aux ministres secrétaires d'état, qui forment un quatrième collège sous le nom de comité des ministres , mais subordonné aux trois grands corps dont il vient d'être question. L'acte d'élection de 1613, qui conféra la couronne des tsars à Michel Romanov et à ses descendans, et qui seul offre l'apparence d'une constitution, loin d'affaiblir l'autorité du souverain, consacre, au contraire, le pouvoir absolu. « L'empereur Alexandre (dit M. Schnitzler) que ses lumières et ses vertus plaçaient à la hauteur du siècle, s'efforça d'accomplir ce que Catherine II n'avait fait qu'ébaucher en substituant de bonnes lois aux décisions arbitraires de l'autorité suprême ; en 1811 il proclama hautement ce principe que la loi est au-dessus du souverain; et l'on peut dire en effet que depuis lui la justice a succédé à l'arbitraire , et que l'empire Russe a pris place parmi les états sagement constitués. » On doit donc regarder la Russie comme une monarchie absolue et héréditaire, dont le souverain est en même temps chef de l'état et de la religion. Mais les différentes parties de l'empire offrent de grandes différences dans leur administration, et sont gouvernées différemment d'après d'anciens privilèges qu'elles ont conservés, ou d'après la constitution qu'on leur a accordée lors de leur agrégation à l'Empire. C'est ainsi que les Cosaques du Don et ceux de la mer Noire forment des républiques qu'on pourrait nommer militaires; que le grandduché de Finlande a une constitution entièrement différente de celle des autres parties de l'empire; que la Livonie, VEsthonie et la Courtaude jouissent de grands privilèges. Voyez pour d'autres détails ci-après le commencement de l'article Divisions administratives. Le royaume actuel de Pologne a eu un gouvernement constitutionnel , avec deux chambres, depuis 1815 jusqu'en 1831 ; il formait un état à part , qui d'après le constitution n'avait que le souverain régnant en commun avec l'empire Russe.

Depuis la prise de Varsovie et la fin de la guerre causée par la révolution qui

éclata dans cette ville le 29 novembre 1830, ce royaume a été réuni à l'empire, dont il forme depuis lors une partie intégrante; il a cependant une administration distincte, ainsi que des codes particuliers , mais son armée est réunie aux autres corps de l'armée russe.

PLAGES FORTES et PORTS MILITAIRES.

L'empire Russe a peu de places fortes relativement à son étendue. Dans la Russie que nous regardons comme Européenne , il faut surtout mentionner les suivantes : Sweaborg , Helsingfors et Frederiksham , en Finlande ; Kronstadt, dans le gouvernement de Pélersbourg ; Riga et Revel dans ceux de ce nom ; Dunabourg, dans le gouvernement de Witebsk et la grande tête de pont sur la Duna en Courlande : Bobrouîsk, dans le gouvernement de Minsk; Brzesc, dans celui de Grodno ; Kaminiec dans la Podolie; Taganrog, dans le gouvernement de lekaterinoslav ; Ismaïl , Bender, Chotim, et Akerman , dans la Bessarabie. Zamosc et Modlin sont les places les plus fortes du nouveau royaume de Pologne , où d'immenses travaux poursuivis avec la plus grande vigueur et avec une dépense énorme feront sous peu de Varsovie une place du premier ordre.

Les principaux ports militaires sont :

Kronstadt où stationne la flotte de la Baltique, Revel, Sweaborg et Rotchensalm ; ce dernier est la station de la flottille de la Baltique. Arkhangel, sur la mer Blanche ; Sevastopol avec la rade d'Akhtiar , centre des forces navales de la Russie sur la Mer-Noire , et Nikolaïev sur le Boug où stationne la flottille de cette mer ; Astrakhan, sur le Volga, station de la flottille de la mer Caspienne. Les principaux chantiers de construction se trouvent maintenant établis à St-Pétersbourg et à Okhta tout près de cette capitale; à Kronstad, h Arkhangel sut la Mer- Blanche, et à Nikolaïev.

industrie. On se trompe grossièrement lorsqu'on pense, avec beaucoup de géographes, que la Russie manque de fabriques et de manufactures. Même longtemps avant le règne de Pierre-le-Grand, cette contrée possédait des fabriques de cuir, de toiles à voiles, de cordages, de coutil, de feutre, de chandelles, de savon, dont les produits étaient exportés. Pierre Ier, Elisabeth, Catherine Iï et Alexandre

EUROPE

sont les souverains dont les règnes ont été les plus mémorables sous le rapport des progrès de l'industrie. Mais c'est surtout depuis les dernières années de celui d'Alexandre et depuis l'avènement au trône de Nicolas que toutes les branches de l'industrie ont pris un grand essor ; nonseulement leur nombre s'est beaucoup accru , mais leurs produits se sont aussi perfectionnés. En 1812 on ne comptait encore dans tout l'empire que 2332 ateliers avec 119,093 ouvriers ; en 1828 les premiers s'élevaient à 5244 , les seconds à 255,414. Les gouvernemens de Moscou, de Vladimir, de Nijni-Novgorod, de Tambov, de Kalouga, d'OIonets se distinguent entre tous les autres par leur activité industrielle. Mais ce n'est pas seulement dans la fabrication des cuirs, du savon, du caviar, de la colle de poisson, des chandelles , de V huile, de la toile à voile, des cordages, des nattes d'écorce d'arbre, de Veau-de-vie de grain, de la carrosserie et de la bijouterie qu'on remarque ces progrès ; la soierie , la verrerie, les draps , la papeterie, la faïence, la porcelaine , plusieurs articles de quincaillerie grosse et fine, & armurerie , comptent aujourd'hui plusieurs manufactures dont les produits peuvent rivaliser avec ceux des meilleures fabriques de l'Europe. Lors de l'exposition des produits de l'industrie nationale à Moscou en 1830 , on a vu des draps provenant des fabriques du comte Komarovski, du prince Nicolas Troubetskoï, etc., qui n'offraient aucune différence avec les plus beaux draps des fabriques françaises et anglaises. Les plus beaux cachemires de la fabrique de madame Merline, dans le gouvernement de Penza, se sont vendus jusqu'à 15,000 roubles la pièce ; les cristaux de M. Maltzov et la porcelaine de M. Bakhmetev ne le cèdent qu'aux cristaux et à la porcelaine des fabriques impériales, dont les produits, à quelques exceptions près , sont comparables à tout ce que l'Europe offre de plus beau en ce genre. Les filatures et les manufactures de coton ont fait des progrès extraordinaires dans quelquesgouvernemens; celui de Vladimir les surpasse tous pour l'importance de ses produits en ce genre. La ville de Chouïa et Ivanovo, village appartenant au comte Cheremetiev, peuvent être regardés comme le centre de cette fabrication, qui en 1828

n'employait pas moins de 1 5,6 12 métiers à tisser et 24,217 ouvriers, sans compter les fabricans et leurs familles. Ce développement de l'industrie est dû en grande partie au nouveau système adopté par quelques manufacturiers de n'employer que des ouvriers libres et bien payés. Le gouvernement à son tour surveille l'administration des fabricans et sévit contre ceux qui ne paient pas exactement les ouvriers. On a remarqué que les établissemens où l'ouvrage se fait par des esclaves et où la main d'œuvre par consé-» quent ne coûte presque rien, n'atteignent jamais la prospérité et le degré de perfection de ceux qui n'emploient que des ouvriers libres.

Nous devons aussi signaler un autre fait qu'on ne rencontre encore qu'en Russie et dans un petit nombre d'autres pays : c'est que le paysan fabrique lui-même presque tous les objets dont il a besoin. Il y a des villages entiers qui sont occupés par des ouvriers de la campagne ; c'est ainsi que Robotnika est peuplé de/brgerons; Pavlovo, de serruriers,- Nikolskoï, de tourneurs et de travailleurs en laque ; Goroditch , de charpentiers ; Semenova, de ferblantiers ; lagodnoge, d: 'ouvriers en maroquin ; Katunka, de tanneurs en peaux de veau. Les meilleurs cuirs-maroquins se fabriqnent à Iaroslav, Ouglitch, Kolomna , Arsamas, Viatka, Kazan, Toula , Nijni-Novgorod , Vladimir, Pskov, Vologda et Minsk ; les plus beaux maroquins à Astrakhan, à Torjok dans le gouvernement de Tver, à Kazan et dans la Tauride ; ces deux articles sont supérieurs à ceux que fabriquent tous lesautrespays de l'Europe. Vladimir, Moscou , Kostroma et Kalouga se distinguent par leurs fabriques de linge de table; Arkhangel, Riazan, Novgorod, St-Pétersbourg et Moscou , par la toile à voile; Orel et Arkhangel ont d'importantes manufactures de cordes, câbles et autres cordages. Sarepta fabrique une grande quantité de bas, de bonnets et de draps ; Akhtyrka, une étoffe nationale pour les femmes. On doit aussi mentionner les tapis persans de Kamenskoï, de Smolensk , de Koursk, de Mikhailovka gros village du gouvernement de Voronéje , ceux de haute lice du village d'Issa et de la fabrique impériale de Pétersbourg ; les fabriques de coton des gouvernemens de Vladimir ,

EMPIRE DE RUSSIE

Moscou , Pétersbourg , Kostroma et Astrakhan ; les manufactures de soieries de Moscou, de Koupavna (au prince Yousoupov), de Freneoe, à M. Lazarev, etc. ; l'immense fabrique de drap du comte Potemkin à Glouchkov , qui seule suffit à l'habillement de l'armée russe ; celles de Moscou, de Sviblov près de cette ville, de Sarepla, etc., etc., le papier de Moscou, Pétersbourg, laroslav, Kalouga et de la Livonie ; les produits des verreries d'Ozerski près de Pétersbourg , ensuite ceux des gouvernemens de Volhynie , Livonie et Vladimir ; la porcelaine de Gatchina, Alexandrovsk et Verbitsk ; les manufactures d'armes de Toula, de Votka et Sisterbek ; les fonderies de canons à Pétrozavodsk , Pétersbourg, Liperk et Kherson ; X orfèvrerie et la bijouterie de Pétersbourg , Moscou et Oustioug-Veliki ; et les fabriques en cuivre des gouvernemens de Perm et de Moscou.

Les principaux articles de l'industrie du royaume dePologne ne sont pas nombreux, malgré les progrès que ce pays a faits sous ce rapport depuis quelques années ; les draps, les toiles, les cuii'S et les fourrures y tiennent le premier rang.

Nous avons déjà indiqué les lieux de l'empire, qui, pius que les autres se distinguent par leur industrie ; nous ajouterons encore que Moscou, St-Pétersbourg , Riga, Toula, Vladimir, Vologda , Astrakhan , Arkhangel , Voronéje, Iambourg, Schlûsselbourg , Serpoukhov , Chouïa , sont les villes que l'on doit regarder comme les plus industrieuses. Dans le nouveau royaume de Pologne, on doit citer surtout Varsovie, Lublin, Kalisz, Tomaszow.

commerce. Les importans travaux exécutés, surtout depuis le commencement du siècle actuel, pour faciliter le transport des marchandises dans toutes les parties de l'empire, et les progrès extraordinaires faits parles fabriques et les manufactures nationales , ont puissamment contribué à donner une grande étendue aux relations commerciales, non-seulement des provinces entre elles, mais aussi aux relations de l'empire avec les nations étrangères. Nous bornant au commerce extérieur qui est le seul dont nous parlons dans cet ouvrage , nous ferons observer que des calculs officiels ont démontré qu'il a plus que doublé depuis trente ans. Les

principaux articles d'EXPORTATiow de l'empire consistent en suif, lin , chanvre et farine, fer , cuivre, graine de lin, bois de construction, soies de porc, cire, cuirs , toiles à voiles , potasse , goudron , poix , huile à brûler, cordages, fils, pelleteries, cuirs, maroquins. Les principales importations sont : vins, coton, soie, draps fins, soieries, cotonnades, articles de teinture, étain, thé, sucre, café et autres denrées coloniales, fruits, eau-de-vie, plomb, merGure , tabac, bois de menuiserie, résine , machines , outils et instrumens.

Voyez l'article corespondant de la Russie Asiatique.

La Russie compte trois compagnies marchandes : la Compagnie d'Amérique, créée en 1797, dont la direction est à Pétersbourg , et dont dépendent les établissemens de l'Amérique Russe : elle a des comptoirs à Moscou, Kazan, Tomsk, Irkoutsk, Iakoutsk, Okhotsk et Kamtchatka ; la Compagnie pour la navigation à vapeur, fondée en 1823; son but est de faciliter la navigation par des bateaux à vapeur établis sur le Volga, la Kama et la mer Caspienne ; la Compagnie Russe du sud-ouest , fondée en 1824, pour étendre la navigation sur les grands fleuves de l'intérieur, la Mer- Noire et la Baltique.

Les principales villes marchandes dans l'intérieur et sur les frontières terrestres, sont : Moscou , qu'on peut regarder comme le centre de tout le commerce russe par terre , et Nijni-Novgorod , où depuis 1817 se tient la plus riche foire de l'empire et peut-être de l'Europe ; viennent ensuite Kalouga , Orenbourg , Koursk, Kherson , Toula , Oustioug- Veliki , Orel , Jaroslav , Mohilev , Brzesc-Litovski , Wilna, Iourbourg , Samara, Toropets, Rostov, Kiev, Nejin, Dubno, Berdyczev et Radzivilov.

Les principaux ports de mer marchands sont: sur la Ba\tique,St7Pétersbourg avec Kronstadt, Riga, ^bo , Helsingfors, Reval , Pernau , Libau , Uleâborg , Wasa, etc. , etc. ; dans la mer Blanche , Arkhangel,- dans la mer Caspienne , Astrakhan, Bakou et Kijzliar ; dans la Mer-Noire, Odessa, Taganrog, Theodosia ou Kaffa, Kertch. Les vi lies -les plus commerçantes du royaume de Pologne sont Varsovie et Lublin.

DIVISIONS ADMINISTRATIVES. L'empire

Russe offre de grandes différences daVis

EUROPE

! organisation de ses divisions administra- 1 ves. Hn combinant ce que nous trouvons dans MM. Hassel, Ziablovski, Storch et autres auteurs, avec les renseignemens <(iie nous devons à l'obligeance de MM. de Tolstoy et Klaproth, nous trouvons que l'empire Russe est partagé actuellement

Cn 49 GOUVERNEMENS et 12 PROVINCES

{Oblast). A ces divisions il faut ajouter le territoire des Cosaques du Don , espèce de république militaire ; le grandduché de Finlande, qui a une adminis- - tration entièrement particulière; Xci'oyau- ?ne de Pologne qui avant 1331, n'avait de commun avec l'empire que le souverain qui le gouverne. Viennent ensuite

PLUSIEURS PAYS VASSAUX DE NOM OU de

fait, dans la Région du Caucase , dans ia Sibérie, etc., etc., savoir : les khanats de Tarkou, de Koura , d'Avar, d'Aksaï, à'Endery et des Kasi-Koumuk ; la Grande et la Petite-Kabardah, la Mingrelie, la Petite-Abasie , le Pays des Ka'tiak, le Thabaseran, etc., les Kirghiz de la Petite et de la Moyenne- Horde, et, depuis 1819 , une partie de ceux de la Grande ; enfin , plusieurs

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