‹ Abrege de geographieChapitre 275 sur 454 · RÉGION CAUCASIENNE · texte numérisé non relu

RÉGION CAUCASIENNE

Géorgie Tiflis, 17. Douchelhi, 1. GorL 3. Ilisavetpol (Elisabethpol ; Gan-

djah), il. Telavi, 2. Signakh, 3. Tchari ou Djari, chef-lieu du territoire d'une tribu de Lesghis, que le comte Paskewitch a soumis entièrement.

ChirvAn * B a k 0 u ; *Vieux-Chamakhi, Nouveau-Chamakhi; Fit-taghi

Salian; *Nouchi; Cheki; *Chouchi, dans le ci-devant khanat de Karabagh ; \eMogan;Jstara, dansle khanat deTalichâh; Lenkoran.

Arménie. . . Erivan; Edjmiadzln; Nakhchivan; Abassabad; Ardabad.

Géorgie Ottomane. A k h a 1 - 1 s i k h e ; Akhalkalaki.

îmerethi K h 0 u t h aï s s i ; Oni, dans le Ratcha ; Kotec i; Bagdad. Dans la Min-

grelie: Zombidi; Bedout Kaleh; Anaklia. Dans le Ghouria : Didi-

Province d'Omsk . .

Province d'Yakoutsk.

District d'Okhotsk . . . .

District de Kamtchatka.

Pavs des Kirghiz

Pays des Tchouktchi.

ASIE

Régions. Chefs-Lieux, Villes et Lieux les plus remarquables.

Isikhe; Polhi (Poti); Redoute St-Nicolas. Dans la Grande-Abasie : Soouksou; Sokoumkaleh; Pitzounda; Anapa.

Pays des Montagnes . . . Vladikavkas-, Dariel; Kazbek. Le Pays des Osselhes (Ossetes). La Circassie , subdivisée en Grande-Kabarda et Petite- Kabarda. La Pelite-Abasie , dans le bassin de la Haute- Kouma et dans celui du Kouban ; le Pays des Souanes, au nord de la Mingrelie ; le Pays des B as s ians , situé entre ceux des Ossetes et des Souanes ; \ePays des Mitsaje ghi ou Kistes; \ePays des Koumuk , le long delà Soundja , de l'Aksaï et du Koï-sou inférieurs , où se trouve Enderi (Andreïef ; Andreïeva) ; le Pays des Lesghis, entre le Koï-sou, l'Alazani et les plaines qui bordent la mer Caspienne -, on y trouve Khoundzakh, Cnahar, Akoucha, Koubilchi.

Daghestan *Kouba; Nouveau-Kouba-, Koura; Antzoug; Yarsi (Ërsi);

* Derbend; Barchly ; Kaïa-kend ; Kara-Gourich; Tarkou, Kara-boudakh, Kazanich.

Province du Caucase. . . Stavropol, 3. Piatigorsk. Gheorghievsk, i. Konstanlinogorsk;

Pokorivchi, résidence de Mengli-Gliireï , klian des Nogaïs ; Karas; Kizliar, 9. Mozdok, 4. Alexandrovsk. o.7. Vladikavkas, regardée comme le chet-licu du Pays des Montagnes , 4. Voyez cette division ci-dessus.

Tobolsk , chef-lieu du gouvernement de ce nom, autrefois capitale de toute la Sibérie et maintenant résidence du gouverneur général de la Sibérie-Occidentale, qui étend sa juridiction sur le gouvernement de Tomsk et sur la province d'Omsk. Elle est située sur la rive droite de PIrtyche près de son confluent avec le Tobol , et se divise en Ville- hante et Ville-basse ; celle-ci est souvent exposée aux inondations. Les deux villes prises ensemble occupent un grand espace; la plupart des maisons sont en bois comme dans les autres villes de la Sibérie. Les rues sont en général larges et bien alignées; elles ne sont point pavées, mais, comme dans beaucoup d'autres villes de cette contrée , elles sont couvertes d'un plancher élevé et très solide. Les Turks , improprement appelés Tatares par les Russes, forment presque un cinquième de la population, et les Boukhares y sont aussi très nombreux; ces derniers font la plus grande partie de son commerce, qui est fort important et fort étendu. Le négoce des marchandises russes et autres venant de l'Europe se fait presque toujours au printemps, lorsque les fleuves, libres de giace, laissent aux négocians russes la faculté de s'avancer jusqu'aux autres villes de la Sibérie. En revanche il revient de ces villes à Tobolsk, et principalement d'Irkoulsk et des frontières de la Chine , vers la fin de l'été , des bateaux chargés de poisson et de diverses marchandises de Sibérie et de Chine , dont la plus grande partie est transportée en Russie, l'hiver, par le traînage. Il arrive aussi en cette ville au commence-

ment de l'hiver, des caravanes de Kalmuks et de Boukhares , que leur commerce y relient pendant toute cette saison. On doit ajouter qu'elle est aussi l'entrepôt principal des pelleteries de la couronne. Tobolsk est le siège d'un archevêché russe , et possède Une imprimerie, un théâtre, un séminaire avec sept professeurs, un gymnase et d'autres écoles. Ses tanneries, ses fabriques, de savon et sa fabrique d'instrumens de chirurgie pour l'armée et pour la flotte, sont les branches principales de son industrie.

Irkoutsk, chef-lieu du gouvernement de ce nom et résidence du gouverneur général delà Sibérie-Orientale, qui étend sa juridiction sur le gouvernement de lenisseïsk , sur la province de Yakoutsk et sur les districts d'Okhotsk et du Kamtchatka. C'est une assez grande ville, bien bâtie, quoique presque tous ses édifices soient en bois; elle est située sut* la droite de l'Angara , qui en ce lieu est extrêmement large et rapide. Son vaste bazar construit en pierre nous paraît être son plus bel édifice. Irkoutsk est le siège d'un évéché russe. Les progrès faits par l'agriculture et l'industrie ont beaucoup embelli ses environs; malgré sa position orientale et la rigueur de son climat , qui a cependant été beaucoup exagérée, Irkoutsk offre presque toutes les ressources des villes européennes du troisième ordre ; elle a un gymnase avec une bibliothèque assez considérable pour celte localité, une école de navigatio?i, plusieurs écoles élémentaires , une typographie, un théâtre et autres éta-

ASIE RUSSE

blissemens. Les fabriques de draps, de savon , de toile , de chapeaux , de maroquins , et les tanneries fournissent les principaux produits de son industrie. La Compagnie-Russe d'Amérique a un comptoir considérable et de vastes magasins dans cette ville, où se font les assortimens des pelleteries de la côte nord-ouest d'Amérique et des parties septentrionales de ia Sibérie ; on peut aussi la regarder comme le grand entrepôt du commerce que la Russie fait avec la Chine. Malgré l'évaluation de l'Annuaire de Saint-Pétersbourg, qui ne lui accorde que 16,000 habitans , appuyé sur plusieurs faits incontestables, nous croyons que sa population ne saurait être estimée au-dessous de 25,000 âmes.

A environ 35 milles d'Irkoutsk on trouve : Telminsk, grand et beau village, avec plusieurs édifices très étendus et construits en pierre ; ce sont des manufactures de drap , de verre, de toile et de papier. On s'y sert des machines anglaises pour filer; une seule a été achetée comme modèle en Angleterre ; toutes les autres ontélé établies dans l'endroit même. La verrerie , dont les produits étaient autrefois de mauvaise qualité, fournit présent un beau verre et même du cristal qu'on y taille et polit avec goût. Presqu'à égale distance, on trouve le vaste lac Baïkal nommé aussi mer Sainte (Sviatoï more en russe), objet d'une vénération profonde pour les indigènes des environs. C'est une des nappes d'eau les plus remarquables du globe, par son étendue, parla beauté romantique de ses environs, par la Selenga qui la traverse , et qu'on peut regarder comme le plus grand fleuve de tout l'Ancien Continent, par la grande transparence de ses eaux, par ses phoques et ses veaux marins, dont la pèche procure des bénéfices considérables, par ses crues périodiques, qui ressemblent assez au flux et reflux de la mer, par la fréquence de ses terribles tempêtes et par d'autres phénomènes naturels. Beaucoup plus loin et dans un rayon de 150 milles on trouve : Verkneï-Oudinsk, jolie petite ville , bâtie sur la rive droite de la Selenga, importante par son commerce florissant et sa population ; Selinginsk, d'où partent les caravanes qui vont à Kiakhta pour commercer, et où se trouve, selon Cochrane, un établissement de missionnaires anglais, qui, malgré leurs travaux jusqu'en 1820, n'avaient pu parvenir à convertir un seul individu. Kïakhta, petite ville , bien bâtie , située sur la frontière de l'empire Russe, vis-à-vis de Maïmatchin , qui appartient à l'empire Chinois; elle est très importante étant le seul point de réunion pour tout le commerce que font entre eux ces deux empires et qui a tant contribué aux progrès de la civilisation et de la culture que l'on remarque en Sibérie; il est purement d'échange -, la principale foire s'y tient au mois de décembre; un grand

nombre de marchands s'y rendent de toutes les parties de la Russie, et on y fait des affaires pour la valeur de 8 à 10 millions de francs. On doit ajouter que plusieurs négocians russes de Kiakhta possèdent des capitaux immenses.

Tiflis, bâtie en partie le long du Kour et en partie sur une montagne , chef-lieu de la province de Géorgie, jadis capitale du royaume de ce nom et maintenant résidence du gouverneur général de toute la Région du Caucase , d'un archevêque géorgien et d'un archevêque arménien. Détruite en 1796 par Agha Mohammedkhan, elle a été reconstruite lentement avec beaucoup de goût. Cependant la ville ancienne est mal bâtie, malpropre et a des rues étroites et irrégulières. Les maisons des plus riches habitans ont seules des fenêtres vitrées ; dans les autres les carreaux sont remplacés par des feuilles de papier quelquefois huilé. Dans la Ville-Nouvelle, au contraire, on voit des rues larges , de belles places , de grandes casernes, des hôpitaux assez bien entretenus, de vastes caravanserais et de beaux et grands édifices pour loger le gouverneur et les administrations. La plupart de ces constructions ont été faites pendant l'administration du général Yermolof. Parmi les anciens édifices, la cathédrale est remarquable par son antiquité, son étendue et son architecture. Tiflis possède un gymnase , un séminaire et plusieurs écoles; on y publie quatre gazettes , une en russe, une en géorgien et les deux autres en arménien et en persan ; dans sa banlieue ?e trouve un assez beau jardin botanique.

Le gouvernement y a fondé depuis quelque temps , une société pour V encouragement de ï agriculture, de Vindustrie et du commerce dans les pays tr ans caucasiens y il y a des mahométans qui en sont membres. Ses bains sulfureux, son industrie et son commerce y attirent un grand nombre d'étrangers; nous rappellerons même que depuis quelques années cette ville est devenue le passage ordinaire d'un grand nombre d'Anglais qui viennent de l'Inde en Europe à travers la Perse et la Russie ; ils s'embarquent à Bombay et arrivent en quinze ou vingt jours à Bender-Bouchehr sur le golfe Pcrsique, d'où en six semaines ils se rendent à Tiflis. Cette ville jouit du droit de franchise que lui a accordé l'empereur Alexandre Avant les ravages qu'y a fait*

ASIE

le choléra-morbus, sa population pouvait s'élever à 30,000 âmes , en y comprenant sa nombreuse garnison.

Nous signalerons à l'attention du lecleur quelques autres villes qui, malgré leur médiocre étendue et même leur petitesse extrême , sont remarquables sous plusieurs rapports ; nous les classerons d'après les divisions administratives où elles sont situées.

Dans le GOUVERNEMENT DE TOBOLSK : Tumen , ville de médiocre étendue , importante par son industrie et la seconde de tout le gouvernement pour la population : Tara , plus petite , mais mieux bâtie , industrieuse et commerçante 5 Tolrinsk , assez florissante. Dans toutes les villes que nous venons de mentionner, une partie principale de la population se compose de peuples turks et de Boukliares que nous avons vus être d'origine persane. Berezov et Pelym , misérables petits endroits , que nous signalons comme d'horribles lieux d'exil; c'est dans le premier que, en 1731 , mourut exilé le fameux prince de Mentsikov. Nous ajouterons que c'es t à l'est de Tara que commence le steppe de ( Barabra, vaste plaine remplie de marécages, qui pour la plupart sont des restes d'anciens lacs desséchés, et n'offrent «•n été que de maigres pâturages. Les Barabi (Barabra), tribu turque qui y vivait autrefois de la chasse, se sont retirés dit M. Erman, plus au nord; des villages tout neufs, construits par des exilés, et des champs cultivés tout autour attestent déjà les premiers pas de la civilisation dans ces tristes solitudes, partagées maintenant entre ce gouvernement et celui de Tomsk.

Dans le GOUVERNEMENT DE TOMSK : Tomsk, belle ville , située sur la grande route qui mène à la frontière chinoise, ce qui la rend très commerçante; on y trouve beaucoup de tanneries de cuir de Russie et des imprimeries sur étoffes , entretenues surtout par des Turks , qui forment une partie considérable de sa population. Kolyvan (autrefois Tckaousk), gros village , bien bâti ; Demidovy ayant établi en 1725 la première usine de l'Altaï , toutes les mines et les usines de la contrée ont été comprises dans la suite sous le nom de Kolyvan , quoique, dit M. Ledebour, il n'y ait plus d'usine; mais on y trouve une grande manufacture d'ouvrages en porphyre et en jaspe, tels que colonnes, vases, chambranles, etc., dans laquelle travaillent ordinairement 300 ouvriers. M. Ledebour y vit façonner deux colonnes de jaspe vert et blanc , de 9 pieds 4 pouces et demi de haut, et un grand vase en forme découpe, de 8 pieds 8 pouces de diamètre ; un beau basrelief en jaspe jaune-clair , auquel on avait travaillé trois ans , était achevé. Dans une forge voisine on fabrique les instrumens nécessaires aux ouvriers. Zmeïnogorsk en allemand Schlangenberg} montagne des serpens) , située au pied du mont Altaï, et presque entièrement habitée par des fonctionnaires et des ouvriers employés aux mines d'argent; selon M. Ledebour elle ne donne plus que 80 pouds par an au lieu des Goo qu'elle

donnait autrefois. L'intérieur de ces mines présente un labyrinthe de galeries en partie soutenues par de la charpente et des murs, et en partie taillées dans le roc ; des eaux souterraines mettent en mouvement d'énormes roues qui servent à élever le minerai. Barnaul , ville régulièrement bâtie, siège de la chancellerie supérieure de toutes les mines de l'Altaï ; depuis 1817 les mines qui en dépendent doivent livrer annuellement un millier de pouds d'argent. On y a élevé un obélisque en granit de 100 pieds de haut pour célébrer la fête séculaire de la fonda-' tion des usines de Kolyvan. Riddersk , gros village , qui n'a d'autres habitans que les ouvriers' employés à ses riches mines d'argent. Krakov , autre gros village, remarquable par la mine d'argent découverte en 1811 et regardée comme la plus riche du district de Kolyvan. Sousoun, gros village , important par ses grandes forges de cuivre, de plomb et par son hôtel des monnaies où l'on frappe annuellement pour la valeur d'environ un-million de francs en pièces de cuivre. Dans le GOUVERNEMENT DE 1EMSSEÏSK :

Krasnoïarsk , chef-lieu de ce nouveau gouvernement, jolie petite ville, qui depuis 1822 a pris beaucoup d'accroissement. Depuis l'administration de M. Stephanov et la fondation du gymnase, de la société poétique et littéraire qui publie YAlmanach du Iénisseï , et d'autres établissemens littéraires, on peut même dire qu'elle est devenue un foyer de lumières pour la Sibérie-Centrale. Ses alentours, dit M. Erman, sont de toute beauté. Ienisseïsk, regardée à tort dans tous les ouvrages de géographie , même les plus récens, comme la capitale de ce gouvernement, en est cependant la ville la plus importante sous presque tous les rapports; le commerce y a même assez d'activité, en raison des relations intimes qu'entretiennent ses habitans avec Irkoutsk, Kiakhla etlrbit. Tourockhansk , presque sous le cercle polaire, petite ville, dont les géographes continuent encore à exagérer l'impôttance commerciale et la population, quoique des renseignemens publiés depuis quelques années s'accordent à diminuer l'une et l'autre. Arakansk, misérable endroit, près du Iénisseï, que nous citons pour mentionner la montagne d'Isik, située dans ses environs et remarquable par d'anciens tombeaux qu'on y a découverts, renfermant des ornemens d'or et d'argent , et sur laquelle on voit des statues d'hommes hautes de 7 à 9 pieds et chargées de sculptures extraordinaires. Ces contrées, d'une civilisation encore si peu avancée, paraissent avoir jadis été occupées par un peuple qui avait l'usage de l'écriture et des arts. Aux environs de la ville d'Abakanskoï, vers les bords du Iénisseï, ainsi que dans les provinces voisines, on remarque des tombes en pierre et des collines factices voûtées en dedans, dans lesquelles se trouvent à côté des squelettes et des cendres des morts, des ustensiles en bois et en bronze , des ornemens d'or et d'argent, des figures en métal ou en pierre. Il paraît que les nomades de laTartarie, par un usage analogue à celui des anciens Etrusques , avaient l'habitude de se faire enterrer avec leurs bijoux et

ASIE RUSSE

ce qu'ils possédaient de plus précieux. Pallas , Strahlenberg et d'autres voyageurs, ont l'ait connaître plusieurs de ces objets, et M. Klaprolli a publié un mémoire important à leur occasion. Malheureusement il n'a pas été jusqu'ici possible de lire les inscriptions qui les accompagnent. Les seuls monumens dont il soit possible de fixer l'origine sont ceux qui portent des inscriptions arabes. Ces monumens , qui se trouvent aussi dans plusieurs localités le long du Volga, consistent en lampes de terre, en miroirs de bronze, etc Plusieurs de ces miroirs sont conservés à Saint-Pétersbourg, à Paris, etc. Les uns sont ronds, les autres sont carrés-, les uns ont un manche pour être tenus à la main-, les autres consistent dans un simple disque; quelques-uns ont par derrière une espèce de main ou de belicre, où l'on passait un cordon afin de les pendre à un mur ; les autres ont un simple trou qui suffisait pour la même destination. Ce que ces miroirs offrent de plus curieux , sont les figures d'animaux réels ou fantastiques, et les inscriptions placées par derrière. Nous ajouterons que ces miroirs , qui ont été l'objet de curieux éclaircissemens delà part de MM. Fraehn et Reinaud , paraissent avoir servi quelquefois de talismans et de décorations militaires. Khatanskoïe, autre misérable endroit, sur la Khatanga, remarquable par la haute latitude à laquelle il est situé. Dans le GOUVERNEMENT D'IRKOUTSK: Nertçhinsk, petite ville, au milieu d'une contrée sauvage et aride, mais chef-lieu d'un district riche en mines d'argent' et de plomb. Nertchinskoï- Zavod qui nous paraît être le Bolcuoï-Zavod de Cochrane, petite ville, située dans une contrée pittoresque, et remarquable par ses mines d'argent et de plomb exploitées en grande partie par les exilés dont ce lieu est une des principales stations, surtout pour les condamnés d'une condition élevée. Le produit de ces mines a beaucoup diminué. Bargousin, remarquable par ses sources thermales et les lacs amers de ses environs , d'où l'on tire le sel purgatif de Sibérie.

Dans la PROVINCE D'OMSK : Omsk, petite ville, assez bien bâtie et bien fortifiée, chef-lieu de cette province et résidence du général chargé de garder la frontière de l'empire contre les Kirghiz kaïsak. Petropavlovsk , forteresse principale de la ligne militaire dTchim ; elle est aussi importante par sa douane. Boukhtarminskaïa, petite forteresse, sur l'Irtyche, dans un des sites , dit M. Cochrane, les plus romantiques du globe , remarquable par le voisinage de la frontière chinoise.

Dans la PROVINCE DE IAKOUTSK , dont la surface est plus d'un tiers de celle de l'Europe , quoique sa population soit au-dessous de 140,000 habitans, on trouve : Iakoutsk, chef-lieu de cette province et rendez -vous de tous les chasseurs qui y apportent les fourrures des animaux qu'ils ont tués le long de la Lena, de laYana, de l'Ingoda et d'autres fleuves. La Compagnie Américaine y a un comptoir. Il s'y tient en décembre , juin , juillet et août des foires assez considérables, qui sont fréquentées même par des marchands grecs de la ville de Nechin dans

la Russie d'Europe. Oustie-Olenskoïe , misérable petit endroit à l'embouchure de l'Olenck , remarquable en ce qu'on pourrait le regarder comme le village le plus septentrional de l'Ancien Continent. Zachiversk, avec 22 habitans, et Jigansk, avec 16 seulement, que nous nommons pour signaler la petitesse de lieux que les cartes représentent comme très imporlans Nous rappellerons que c'est sur les bords du Vi tim , un des aiïluens à la droite de la Lena , qui pendant une partie considérable de son cours sépare cette province du gouvernement d'Irkoutsk , qu'on trouve les plus belles zibelines de tout le globe ; que c'est près de l'embouchure de la Lena que M. Adams vit non-seulement un squelette , mais le cadavre d'un mammouth, qui, enfoui sous une couche de terre congelée, avait conservé parfaitement toutes ses parties molles et la peau et le poil dont il était recouvert ; et que les bords du Viloui offrirent le cadavre bien conservé d'upi rhinocéros; ces deux faits, dont on ne peut contester l'exactitude, sont rangés parmi les plus extraordinaires de la géographie physique ; ils ont exercé la sagacité de MM. Cuvicr, Humboldt et autres savans naturalistes , et suffiraient seuls pour donner une grande importance géographique à ces vastes et tristes solitudes.

Dans le DISTRICT D'OKHOTSK : Okhotsk, cheflieu du district de ce nom , petite ville , avec un mauvais port sur la mer d'Okhotsk, mais très commerçante par rapport aux vastes solitudes au milieu desquelles elle est située. Okhotsk est l'entrepôt de la Compagnie Américaine et le passage ordinaire de ceux qui vont au Kamtchatka ; il y a des petits chantiers , où l'on construit et radoube les vaisseaux destinés au commerce de la côte Nord-Ouest d'Amérique.

Dans le DISTRICT DU KAMTCHATKA : Petropavlovsk (Avatcha ; Petropavlovskaïa). jolie petite ville, chef-lieu de ce district, très importante par son port, un des plus beaux de toute la côte orientale de l'Asie , et remarquable par le voisi- 11-age d'un terrible volcan. On remarque dans cette partie du Kamtchatka ainsi que dans plusieurs autres, un nombre considérable de digues et de levées en terre et en maçonnerie. Ces ouvrages, dit M. Dobell , prouvent que le pays était autrefois habité par une population beaucoup plus nombreuse et plus avancée dans la civilisation que celle qui l'occupe aujourd'hui. Malgré les traces évidentes de l'art, les habitans croient que ces travaux sont l'ouvrage de la nature : jusqu'ici l'on n'a recueilli aucune donnée sur l'époque de leur construction. Verkhni-Kamtchatsk (Haut- Kamtchatsk) et Nijm-Kamtchatsk (Bas-Kamtchatsk) , misérables petites villes , remarquables par le voisinage des volcans qui se trouvent sur leurs territoires; l'immense Klioutchi, que nous avons rangé parmi les plus hauts pics de l'Asie esjt près du village de Klioutschevskaïa. Nous nommerons encore : Bolcheretsk , misérable petite ville, importante par son port et remarquable par une espèce de poste aux chiens entretenue par ses habitans; ces animaux leur procurent un bénéfice considérable , étant les seules bêtes employées

ASIE

pour le transport des marchandises el des hommes dans la péninsule. L'expérience a prouvé que ces singuliers attelages sont préférables à ceux du renne qui ne supporte pas la fatigue et qui demande beaucoup de soins et de repos. Les chiens font faire à un kibitka de 48 à 50 verstf s parjour, quelle que soit la longueur du voyage ; ils en peuvent faire le double si cela est nécessaire; mais lorsqu'ils sentent les ours ou les rennes , ils s'éîancent sur leur piste sans que rien puisse les arrêter. On les nourrit de poissons secs, et ils supportent facilement la faim et la fatigue.

Dans la RÉGION DU CAUCASE, nous nommerons au moins les villes et les lieux suivans, en

es classant d'après les provinces ou pays où on les trouve: dans la Géorgie: Mtskiietha , sur la rive gauche du Kour, à environ 10 milles au nord de Titlis. C'est une des plus anciennes villes de l'Asie, niais presque entièrement ruinée, à l'exception de la forteresse qui en occupait le centre et qui est encore assez bien conservée. Mtskhetha a été la capitale du royaume de Géorgie jusqu'en 469 de l'ère vulgaire. L'étendue de ses ruines fait présumer qu'elle devait être très grande. On voit encore la cathédrale, remarquable par son antiquité et par la beauté de ses sculptures. On doit aussi citer le pont sur le Kour , restauré il y a plusieurs années par les Russes -, on attribue sa construction à Pompée. M. Gamba accorde 200 familles à cette ville ruinée. Ilisavetpol , autrefois capitale du khanat de Gaudjah , ville très déchue, quoique encore la plus peuplée de la province après Tiflis ; on lui accorde 12,000 habitans. Dans ses environs immédiats on voit d'immenses ruines, dont quelques-unes sont en pierres, d'autres en briques liées entre elles avec du ciment; on y découvre de temps en temps des médailles perses, parthes, sassanides, grecques et romaines ; et l'on y voit deux villages bâtis il y a quelques années par des colons allemands. Plus loin sont situées des mines de fer et une d'alun; cette dernière est d'une excellente qualilé ; enfin la colonne de Chamkhor, qui nous parait être le monument le plus curieux de cette région ; on ne connait pas positivement l'usage auquel il servait primitivement; les mollahs en ont fait usage pour appeler les musulmans à la prière ; on ne connaît pas non plus son origine qui parait se perdre dans la nuit des temps ; on l'attribue à Alexandre-le-Grand. Un escalier en spirale, assez large pour deux hommes de front, mais très dégradé, conduisait à une galerie qui régnait extérieurement autour de la colonne ; sa base est carrée , a 15 pieds de largeur à chaque face et 12 pieds de hauteur-, la colonne en a environ autant de diamètre; tout le monument est construit en briques rouges, posées de la manière la plus régulière par assises, et peut avoir 180 pieds de haut. Des ruines plus ou moins considérables l'environnent et attestent l'existence d'une population riche et puissante établie jadis dans ces solitudes parcourues, pendant l'hiver seulement, par quelques nomades.

Dans le C Ixirvàn : Vieux-Chamakhi , chef-lieu de la province de Chirvân, et autrefois du khanat deChamakhi. Après avoir été pendant plusieurs siècles une des villes les plus populeuses et les

plus florissantes de cette région, elle fut en grand»' partie détruite par Pierre-le-Grand , et ensuite entièrement abandonnée; mais la beauté de sa situation et ses restes encore imposans ont engagé le gouverneur-général Yermolof à réparer ses murailles, ses bazars et plusieurs de ses anciens bâtimens ; ses rues ne sont déjà plus désertes, ses caravanséraïs se remplissent de marchandises, et les 30,ooo habitans du Nouveau- Chamakhi, que le dernier khan avait forcés de se retirer dans la forteresse de Fit-tag , sont déjà en partie établis dans cet ancien entrepôt du commerce de l'Orient. Salian, petite ville, importante par sa riche pèche. Bakou , petite ville , autrefois capitale du khanat, et aujourd'hui de la province de ce nom ; elle est très importante par la riche pèche de phoques qu'on fait dans ces parages, par la grande quantité de soie et de safran qu'on recueille dans son petit territoire , ainsi que par son port, qui , bien que médiocrement bon, est cependant le plus fréquenté delà mer Caspienne. Dans les environs de Bakou on trouve : les célèbres puits de naphte , dont l'abondant produit est une des branches principales du revenu de cette riche province et un Jtech - gah tendroitdu feu), un des sanctuaires guèbres les plus anciens et les plus célèbres de l'Asie; c'est un emplacement assez considérable, entouré de murs crénelés. Au milieu de la cour s'élève un autel , ou l'on monte par plusieurs degrés ; à chaque coin on voit une cheminée quadrangulaire entièrement fermée et haute d'environ 25 pieds; la flamme produite par le gaz dépasse de deux à trois pieds le sommet de ces cheminées , qui reproduisent dans ce temple le phénomène qu'offrent dans les Apennins les feux de Pietramala et de Barigazzo. Au centre de l'autel, et presque à fleur de terre, on a établi un foyer dont la flamme sort également sans interruption. Une vingtaine de cellules sont adossées aux murs de cette enceinte sacrée ; quelques-unes sont habitées par des Hindous, les autres par des Parsi ou descendans des anciens Guèbres. Non loin se trouvent des volcans vaseux, semblables à ceux deMacalouba en Sicile, etdeTaman dans le territoire des Cosaques de la mer Noire. Nouchi et Chouchi , petites villes chefs-lieux des provinces de leur nom. On doit citer encore le Mogan, vaste plaine située entre le Kour et la mer Caspienne; elle est couverte d'herbages très hauts et infestée de serpens de 8 à 10 pieds de long, qui, comme au temps de Pompée, rendent son trajet très difficile.

Dans Y Arménie , enlevée depuis plusieurs années à la Perse : Eïuvan, ville de médiocre étendue, mais importante par sa forte citadelle ; on lui accorde 14 ooo habitans. Dans ses environs on trouve le célèbre couvent d' Etchmiadzin (Utcli kilisseh ou Trois églises des Turks, ; cet ancien chef-lieu de la religion arménienne a beaucoup souffert dans les dernières guerres entre les R usses et les Persans ; il est probable que le patriarche et ses prêtres , qui s'étaient réfugiés sur le territoire russe , seront rentrés dans leur résidence après la cession définitive de ces pays à la Russie. Nakiitciuvan , une des plus anciennes villes d*

ASIE RUSSE

t'Arménie , autrefois très grande et florissante , mais réduite maintenant, selon M. Kotzebue, à environ un millier de maisons

Dans la partie de la Géorgie ci-devant Ottomane (pachalik de Tchildir) , cédée il a quelques années à la Russie : Akhaltsikhe {Akiskha ues Turks), assez grande ville , importante par ses fortifications , et remarquable par la belle mosquée d'Ahmed , construite sur le modèle de t elle de Sle-Sophie , par le collège qui y est annexé et la bibliothèque qui en dépend , regardée comme une des plus belles de l'Orient ; les Russes en ont enlevé 300 ouvrages pour enricbir leurs collections de St-Pétersbourg. Quoique M. Dupré, cité par M. Gamba , lui accorde 40,000 habitans, nous croyons que sa population n'arrive pas même à la moitié de ce nombre.

Dans Ylmere thi} K'houthaïssi (Kotatis), sur le Rioni , petite ville assez commerçante , autrefois capitale du royaume d'imerethi et à présent de la province de ce nom. Dans son voisinage on voit les ruines de l'ancienne ville, remarquable surtout par les débris de son antique cathédrale et par ses épaisses murailles encore en assez bon état. K'houthaïssi est la résidence d'un gouverneur qui étend sa juridiction non-seulement sur tout l'Imerethi , mais sur la Mingrelie, le Gbouria, la Grande-Abasie et toutes les places et les forts où les Russes tiennent garnison. Oni , petit bourg , que nous nommons pour signaler à l'attention du lecteur une des parties les plus curieuses de cette région; nous voulons parler du district montueux de Ratcba ; ce beau pays, presque désert, abonde en mines d'argent , de cuivre et de fer. L'air y est pur et le climat très salubre , chose rare dans toute la Région du Caucase. Son sol est parsemé de ruines , de forteresses et de tours ; on y trouve fréquemment des médailles grecques , sassanideset quelques-unes en caractères inconnus. Zocbdidi, misérable bourg, où réside le dadïan ou prince de la Mingrelie. Ce prince , dit M. Klaproth, accompagné de sa cour, va souvent d'un bourg à l'autre , et y reste aussi long temps qu'il y trouve des vivres , du vin et des poules ; quand tout est consommé , il plie bagage et gagne un autre endroit ; la pauvreté de la cour est si grande que personne n'y possède assez d'argent pour échanger un ducat turk de la valeur de 8 francs. Redoutkàléh, petite ville fortifiée, avec un port, qui est le plus fréquenté sur cette côte. Diditsikhe, autre petite ville, résidence du prince du Ghouria. Redoute St-Nicoeas, Pothi et Anaklia, petites forteresses maritimes; celle de Pothi commande la navigation du Phase , et a été, avec Anaklia et Anapa, un des sujets principaux de la dernière guerre entre la Russie et la Porte.

Sokhocm-kaléh , petite ville très déchue dont les fortifications tombent en ruines, située sur la mer Noire dans la Grande-Abasie , importante par sa belle baie. Les vestiges d'anciennes fortifications et de murailles trouvées à Iskouriah, viennent à l'appui des savans qui placent dans ces parages le port de Dioscurias, une des villes les plus commerçantes de l'antiquité. Pline dit qu'on y voyait des marchands de 300 langues

différentes , et que lorsque les Romains y eurent établi leur domination , les affaires s'y traitaient par l'entremise de 130 interprètes. C'est ordinairement dans la rade de Sokhoum-kaléh et quelquefois dans celle de Redout-kaléh que stationne l'escadre russe qui parcourt la côte de la Grande- Abasie et de la Mingrelie , pour protéger les navires marchands contre les attaques des Abases et des Circassiens. Ces peuples se sont de temps immémorial livrés à la piraterie et aux brigandages. Heureusement pour le commerce ils sont peu redoutables sur mer, parce qu'ils n'ont que des bateaux à rames et pas un canon. Nous rappellerons à ce propos que les bateaux de ces corsaires sont parfaitement semblables au caméras de leurs ancêtres; vingt-quatre rameurs y sont placés à l'aise; mais, comme à présent ils s'éloignent peu de la côte et ne sortent d'ordinaire que par un beau temps, ils ne font plus usage d'un petit toit incliné pour se mettre à l'abri des vagues dans les tempêtes violentes. C'est sur de semblables barques que les Goths, fixés dans le uie siècle en Crimée , débarquèrent en Asie. Nous rappellerons que beaucoup de jeunes Abases allaient autrefois en Egypte et s'y vendaient comme esclaves aux Mameluks, servant ainsi à recruter cette terrible aristocratie militaire qui a dominé d'une manière si tyrannique et pendant si longtemps sur celle région célèbre.

Dans le Pays des Montagne s , on ne trouve que très peu de villes ; encore sont-elles toutes d'une médiocre étendue, ou très petites. Nous en décrirons quelques-unes ainsi que les territoires qui appartiennent aux principaux peuples de cette vaste partie de la Région du Caucase, que le savant Hassel, suivi de tous lesgéographes, appelle improprement Circassie. Nous avons préféré la dénomination que lui donnent les géographes russes et qui a été adoptée par M. Kla proth. Cette contrée est occupée par des peuplades presque toutes indépendantes de fait. Les Russes n'y possèdent réellement qu'une petite bande , sur laquelle passe la route militaire qui de Mozdok mène à Tiflis, à travers la fameuse gorge de Dariel. Vladiskavkas , qui dépend du gouverneur de la province du Caucase, est la forteresse principale sur cette route, et en même temps l'endroit le plus remarquable ; on pourrait la regarder comme le chef-lieu de cette division. Voici les lieux , les pays et les peuples les plus remarquables qu'elle comprend : Dariel, petite forteresse , qui donne le nom au fameux défilé connu anciennement sous le nom de Porte- Caspienne; il faut le traverser pour aller de Mozdok à Tiflis. Kazrek , résidence d'un chef géorgien qui commande aux Ossètes de la vallée du Terek, depuis Dariel jusqu'à Kaïchaour; il protège les convois russes contre les attaques des montagnards, moyennant le paiement d'une somme convenue avec le gouverneur de Vladikavkas. D'autres Ossètes sont tout- à-fait indépendans et même ennemis des Russes. Ce sont, dit M. Klaproth, les descendans des Sarmates-mèdes des anciens et les restes des Alains et des Azesdn moyen âge,

La Circassie est divisée en Crande-Kabarda, 5!..

ASIE

située dans le bassin du Kouban , et Petite-Kabarda, dans la partie moyenne de celui du Tcrek; elles sont habitées par les Circassiens, dont les femmes sont regardées comme les plus belles de toute la Région du Caucase. Ce peuple forme une république aristocratique militaire, redoutable aux Russes par ses fréquentes incursions sur leur territoire. Le Pays des Mitsdjeghi , dont les sauvages habilans , surtout ceux nommés Tchelchentses, sont des brigands encore plus déterminés que les Lesghis -, c'est principalement à cause d'eux que les Russes sont obligésd'envoyer toujours une escorte de plus de 150 hommes avec deux canons pour accompagner les courriers qui apportent la correspondance officielle de Mozdok à Yladikavkas ; ils sont expédiés avec moins de risques de ce lieu à Tiflis. Dans le Pays des Koumuk , qui sont agriculteurs et reconnaissent la suprématie de la Russie , on trouve : En- DEPii (Andreïeva), gros village de 12,000 âmes; c'est leur chef-lieu : on y tient un grand marché tous les vendredis.

Les Lesghis, qui habitent un vaste pays, dans les hautes montagnes, auquel ils donnent leur nom, sont, comme les autres peuples de cette partie du Caucase , farouches , cruels et très adonnés au brigandage; depuis long-temps, ces montagnards sont la terreur de leurs voisins: la Géorgie a le plus souffert par leurs incursions. C'est ordinairement vers la fin du mois de mai, dit M. Klaproth , que ces brigands sortent de leurs montagnes et se dispersent dans la Géorgie, s'y cachent sur les coteaux qui bordent les rivières, dans les bosquets touffus ou dans les ruines des anciennes églises et des forts qu'on rencontre partout dans ce pays. C'est de ces repaires qu'ils s'élancent pour attaquer à l'improviste les villages, s'emparer du bétail et emmener les habitans en captivité. Arrives dans un lieu sûr, ils annoncent aux parens de leurs prisonniers qu'ils peuvent les racheter moyennant une somme qui varie selon la condition et l'état du captif. Le prisonnier qui n'a pas les moyens de se racheter est obligé de servir pendant dix ans dans la maison de son maître. On trouve sur leur territoire : KnouN-DZAKii , gros bourg , résidence du khan des Avars, le prince le plus puissant des hautes montagnes du Caucase-Oriental ; il porte le titre de Nutsahl et peut armer jusqu'à 10,000 hommes. Les rois de Géorgie lui payaient 24,000 fr. de tribut pour qu'il s'abstint de faire des incursions sur leur territoire ; les Russes lui en paient 40,ooo -, moyennant cette pension , il s'est toujours montré soumis à cette puissance; les cantons d'Ounsokoul, Hidat, Bakdalal, Moukrat, Karakh et Tkaserouk en dépendent. Nous nommerons ensuite : Chahar , gros bourg, où réside le khan des Kazi-koumuk, qui a le titre de Sourkhaï; ses domaines s'étendent le long du bras oriental du Koï-sou ; il est ennemi des Russes, et peut armer plus de 6,000 hommes. Akoucha , petite ville , chef-lieu de la république de ce nom; la plupart de ses habitans sont pasteurs ; plusieurs excellent dans la fabrication d'un drap très estimé dans toutle Caucase. Koubitciii, gros bourg, chef-lieu de la république de ce nom.

dont les habitans sont connus dans tout l'Orient sous le nom de Zer-ke/an (faiseurs de cottes de maille); ils fabriquent des armes excellentes et du drap (Koubitchi-chàl) , renommés non-seulement dans tout le Caucase , mais même exportés en Perse et dans les pays au-delà de la mer Caspienne.

Dans le Daghestan: Kocba, autrefois capitale du khanat de ce nom , un des plus puissans états du Daghestan et maintenant cheflieu de la province de Kouba; il est probable que cette ville finira par être abandonnée depuis que les Russes, pour se soustraire aux effets de son climat insalubre, ont fondé à environ 60 milles à l'ouest une ville nouvelle de ce nom. Koura , petite ville , résidence du Khamoutaï-khan; ce prince vit dans une sorte de dépendance de la Russie , quoiqu'il aime le brigandage autant que son voisin le khadi de Thabasseran. Antzoug , autre petite ville, chef-lieu de la république de ce nom , située sur le haut Samoura. Yarsi ou Ersi , résidence du khadi de Thabasseran; c'est un des trois princes d'une même famille qui se partagent la souveraineté du Thabasseran, pays situé à l'ouest de Derbend ; le khadi est pensionné delà Russie et peut avec les deux autres armer 6,000 hommes.

Dereend, grande ville, très ancienne et très déchue , mais encore importante par ses fortifications, qui du temps de Nouchirvan en faisaient un des boulevards de la Perse ; M. Klaproth lui accorde 4000 familles; ses fortes murailles , l'église arménienne et la mosquée principale méritent d'être mentionnées. Dans le voisinage on voit un mausolée qu'on prétend être celui des Kirklar ou des quarante héros arabes qui furent tués dans une bataille contre les infidèles, lorsque Derbend fut conquis par les armées du calife -, tous les musulmans et surtout les Lesghis deKoubitchiy viennent en pèlerinage. Non loin de Derbend on aperçoit les débris d'une grande muraille , qui dit-on , se prolonge sur toute la chaîne des monts du Thabasseran et qui fut bâtie par Nouchirvan pour empêcher les incursions des Khazars; cette muraille et d'autres fortifications dans les défilés du Caucase, ont donné lieu à la fable d'une grande muraille qui s'étendrait de la mer Noire à la mer Caspienne.

Rarchly, résidence du khan des Kaïlak , qui a le titre d'Ouzmei; ce prince peut armer 7000 hommes, et exerce une espèce de souveraineté sur les Lesghis d'Akoucha et de Koubitchi, mentionnés dans le Pays des Montagnes; les Russes lui paient une pension de 8000 francs. Tarkou, résidence du khan de ce nom; il a le titre de Chamkhal, et sa domination s'étend sur la partie septentrionale du Daghestan jusqu'aux rives de l'Ouroussaï-boulak qui le séparent du khanat de Kaïtak ; il est vassal des Russes qui lui paient une pension d'environ 8000 francs. La ville de Tarkou , appelée jadis Semender , est bâtie en terrasses sur trois montagnes pointues, à environ 3 milles de la mer Caspienne ; on lui accorde 10,000 habitans. Karap.oudakh et Kazanicii sont deux gros bourgs dépendans du Chamkhal ; on accorde 3000 maisons au premier ; les habitans du

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