‹ Abrege de geographieChapitre 31 sur 454 · AUTEURS · texte numérisé non relu

AUTEURS

PûnTUCAL

Royaume de Bavière.

Sicile.

Afrique.

Australie (\puv.-Holl.).

Vauban , quoique sans comprendre la Lorraine, la Corse , Avignon, etc., etc.

Crome.

Hassel. {

Liechlenstern.

Mente lie.

Herbin et Siein.

Cannabich.

Templeman et Gatterer.

Crome.

Anlilton.

Soares de Barros.

Bilsching.

Kbeling.

Jacobi.

Michalwtlas , et Hassel en 1822.

Siein. Hoeck et Cannabien.

Dr m j an.

Meusel.

Gaspari.

Les anciennes évaluations.

Quatiromani.

Graberg.

Gatterer, Hassel, Crome

et Liechtenstein.

Bilsching.

Umili.

Malte-Brun dans son Précis , va 1813 , et le Dict.

géographique univ., en 1823. C30 000

Ukert, en 1821. coo ooo

Golberry. 576 ooo

Le Conversations Lexi-

kon , en 1827. 530 ooo

Hassel, en 1828. 523 139

Gallelli, en 1822. 150 38o

yicollet, Fil lot, 10 800 Bottin et Balbi.

îo 362 Humboldl.

10 2G4 et 10 087.7 10 147.4 9 978.4

l 800 Rudhart.va 1825

FranzinietBalbi.

Mannert.

Balbi, en 181G.

Cannabich , en

Balbi et Brué.

Hassel , en 1823.

Superfirif en milles

de 15 deari

Gauss. iso ooo

Stein, en 1826. 139 611

Célèbes Templeman et Gatterer. 4 275

Galletli, dans son Dictionnaire , en 1822. 4 270

Mindanao Templeman. 2 402

Ills Sandwich Les missionnaires. 237

Hassel. 295.7

Islande Templeman. 2 875

• Olafsen. 2 2G5.3

Thaarup. 2 650 Eggers , Stein. Hassel,

etc. 1 405.7

Balbi , en 1816.

Hoffman, 1825.

Freycinet et

Balbi.

Brué.

Crawfard.

Crawfllrd.

Freycinet et

Balbi.

Gauss.

Gliemann.

Passons maintenant à l'analyse du nombre des jours, sur la population du globe, la connaissance

Uabitans de la terre et de celui qu'on assigne à chacune de ses grandes divisions.

Malgré les opinions les plus contradictoires, publiées depuis deux siècles et reproduites de nos

du nombre approximatif de ses habitans n'est pas un problème insoluble pour ceux qui s'occupent sérieusement de géographie statistique. Dans la recherche de cette vérité comme dans celle de tant

PRINCIPES GENERAUX. CH. VIII

d'autres, où il est question de sujets variables par eux-mêmes, il faut avant tout commencer par

ne mettre ensemble que des élémens comparables, et par faire un cboix de ceux qui méritent d'être discutés. On remplit la première condition du problème en réunissant toutes les opinions qui se rapportent à la même époque, ou à des époques peu éloignées les unes des autres-, on satisfait à la seconde en rejetant toutes les évaluations qui, n'étant basées ni sur des faits positifs ni sur des raisonnemens, sont évidemment erronées. En procédant delà sorte, on verra s'évanouir cette étonnante disparité d'opinions sur le nombre d'babitans d'une même contrée, disparité qui a valu plus d'une fois à la géograpliie statistique d'injustes reproches.

Avantde faire l'analyse du tableau comparatif des principales opinions émises par les savans et les géographes sur la population du globe, il faut diviser toutes les contrées qui le composent en deux classes : 1° celles qui entrent dans le domaine de la statistique proprement dite ; 2° celles qui n'y sont pas encore entrées.

La première classe comprend toutes les contrées dont la population a été déterminée par des recensemens effectifs qui, lorsqu'ils sont généraux, c'est-à-dire lorsqu'ils embrassent tous les habitans sansaucune exception, sontles seuls qui peuvent donner des résultats certains et assez rapprochés du nombre réel. Viennent ensuite les pays dont la population a été déterminée par plusieurs méthodes indirectes, telles que l'énumération de toutes les personnes sujettes à un impôt quelconque ; celles des familles ou feux ; celle des maisons, qu'il ne faut pas confondre, comme on le faisait souvent, avec la précédente; enfin, viennent ceux dont le nombre d'babitans a été déduit du mouvement de la population, c'est-àdire du rapport des naissances, des décès et des mariages au chiffre des vivans. Aucune de ces méthodes indirectes ne doit être employée isolément quand on peut faire différemment ; il faut comparer entre eux les résultats obtenus par une méthode, avec ceux qui sont fournis par plusieurs autres. En procédant de la sorte on est sûr d'avoir des résultats presque identiques à ceux qui sont obtenus par l'énumération effective.

Cette première classe de pays comprend toute V Europe , à l'exception de l'empire Ottoman; toute Y Amérique , excepté les territoires occupés parles sauvages indépendans; la Chine et plusieurs régions des autres parties du monde , dans lesquelles les Européens se sont établis ou dominent.

Mais, à propos de ces dernières, nous devons faire observer que bien souvent des auteurs étrangers à la statistique, et quelquefois même des statisticiens, regardent comme résultat d'un recensement des chiffres qui ne sont que la somme de l'excédant des naissances sur les décès, pendant une certaine période, ajoutée au nombre d'babitans existans à une époque donnée. C'est ainsi que le prétendu recensement qui, d'après plusieurs journaux politiques et littéraires, aurait été fait en France en 1827, n'est autre chose oue l'excédant des naissances sur les décès qui ont eu lieu dans ce royaume depuis 1820 jusqu'à

1827, ajouté à la population existante à la fin de 1820. C'est de cette manière aussi que depuis 181S on calcule la population de la Hollande et de la Belgique. Et pour citer encore un autre exemple, nous ajouterons que depuis 1801 il n'y a pas eu de recensement dans le royaume de Danemark, malgré tous ceux dont les journaux nous ont gratifiés annuellement depuis cette époque. C'est tout simplement le mouvement de la population , observé avec une exactitude scrupuleuse, qui pourrait servir de modèle à plusieurs états que ï'ori s'accorde à regarder comme les plus avancés dans cette branche de l'administration.

Connaissant le mouvement de la population de tous les pays où Ton tient des registres de naissance, de décès et de mariage, nous avons employé ce moyen pour déterminer la population de quelques contrées de l'Europe et de l'Amérique , pour la fin de 1826. Mais nous nous sommes bien gardé d'admettre sans examen les évaluations exagérées de quelques nationaux et celles de Hassel , évaluations dont quelques-unes figurent dans plusieurs ouvrages géographiques, et qui sont données comme étant les résultats de recensemens effectifs. Ainsi, nous parlerons du prétendu recensement d'après lequel, dès l'année 1827, la confédération Anglo-Américaine aurait eu 12,276,782 habitans, somme identique à celle publiée par Hassel dans le Genealogisch-hislorisch-statistischer Almanacli, pour l'année 1828, que ce savant statisticien n'a donnée que comme une simpleapproximation.DanslaJCrt/«nceJpo//f/<7f^ du globe, nous n'avons assigné à ce même état, pour la fin de l'année 1826 , que 11,600,000 habitans. Nous avons eu la satisfaction de voir que notre évaluation était presque conforme "à celle de M.Stevenson dans le rapport lu par ce savant, le 25 février 1829, à la chambre des représentansdes Etats-Unis. M. Stevenson n'estime la population de l'Union pour 1830 , qu'à 13,000,000 , tandis que plusieurs auteurs nationaux et étrangers, dès l'année 1824, la portaient , les uns à 12 , les autres à 13 et j usqu'à 14 millions. Nous verrons plus loin les résultats positifs donnés parle recensement de 1831 , qui viennent aussi à l'appui de notre évaluation.

La seconde classe, comme nous l'avons dit, comprend tous les pays qui restent encore en dehors de la sphère de la statistique. Dans cette classe, les populations ne peuvent être connues qu'à l'aide de plusieurs procédés plus ou moins compliqués , pins ou moins vagues, lorsqu'on les considère chacun isolément, mais qui peuvent donner des résultats assez satisfaisans lorsqu'on les combine ensemble. Les élémens principaux de ces calculs sont : 1° l'étendue ou la superficie du pays dont il est question-, 2° son climat; 3° la qualité du sol, fertile ou stérile, montueux ou uni, aride ou arrosé par des fleuves, ou couvertde marais ; 4° sa position près de la mer ou dans l'intérieur du continent; 5° l'état de l'agriculture qui peut se trouver encore dans l'enfance, comme chez quelques tribus sauvages, ou trèsarriérée, comme chez plusieurs nations civilisées , ou qui , au contraire , a atteint son plus grand degré de développement, comme dans plusieurs parties de la France, de l'Italie et de l'Angleterre ; 6° enfin , l'état social de ses habitans , qui

DES GRANDES DIVISIONS DU GLOBE

peuvent être tout-à-fait sauvages, ou entièrement nomades, demi-nomades, agricoles, plus ou moins adonnés au commerce , à la navigation , ou à l'industrie manufacturière. Toutes ces circonstances influent beaucoup sur la multiplication de l'espèce humaine , et, par conséquent, doivent être soigneusement discutées par le géographe qui les emploie, pour acquérir la connaissance de la population d'un pays donné.

Dans les contrées dont les habitans sont placés au dernier degré de l'état social , où les hommes , par exemple, ne vivent que des fruits spontanés de la terre, des produits de leur chasse ou de leur pèche, on trouvera sur un espace donné 18 ou 20 fois moins d'individus qu'on n'en rencontrerait s'il était occupé par un peuple pasteur. Une contrée où des tribus entières , comme celles des Cafrcs, des Arabes-Bédouins, des Calmouks et des Mongols, vivent en grande partie du lait et de la chair de leurs troupeaux, offrira encore une population 25 ou 30 fois moins concentrée qu'un pays d'égale étendue habité par une nation agricole, parce que, pour élever des troupeaux, il faut de vastes espaces de terre qui puissent fournir le fourrage indispensable à leur existence. Mais dans un pays agricole , le travail d'un petit nombre d'individus procurant bien au-delà de ce qui est nécessaire pourl'entretien de ses habitans, il arrivera que cet excédant fera subsister un grand nombre d'autres individus sur un espace infiniment moins étendu que celui qui est nécessaire à un peuple composé entièrement de pasteurs ou de chasseurs. Si nous supposonssurce même territoire une ou plusieursgraudes villes habitées par des hommes adonnés au commerce , aux fabriques et à la navigation , alors la population qu'il pourra nourrir n'aura d'autres bornes que les limites imposées par la richesse même de ses habitans et par les relations de leur commerce. Car, non-seulement elle tirera sa subsistance des produits immédiats de son propre sol , mais elle pourra compter sur les produits des pays voisins ou même de pays très éloignés , où seseommerçans iront les chercher. Ainsi le nombre d'habitans pouvant vivre sur un espace de terrain donné, variera suivant leur degré de civilisation plus ou moins avancé.

Le nombre d'IftRnmcs en état de porter les armes que compte une nation quelconque, et celui des guerriers des tribus sauvages, le nombre de tentes des peuples pasteurs , etc., donnent aussi une indication à l'aide de laquelle on peut connaître la totalité des individus qui forment la nation. C'est cette dernière méthode qui a servi de base à presque tous les voyageurs et à plusieurs navigateurs, pour déterminer la population des peuplades qu'ils nous ont fait connaître.

La quantité de certains alimens et de certaines boissonsconsommés annuellement ; la consommation du sel et du tabac chez les peuples européens et leurs descendans-, celle de l'opium chez les Orientaux ; celle du pétrole chez les Birmans , sont aussi d'autres moyens approximatifs employés pourévaluer la population de ces pays.

Le nombre de villes , de bourgs , de villages et de hameaux existant dans un pays à une époque donnée, fournit aussi un autre élément à l'aide

duquel on peut parvenir à connaître approximativement sa population.

Passons maintenant à la partie pratique de quelques-uns de ces principes. Parmi les pays appartenant à la première classe, il y en a plusieurs dont les habitans se trouvent dans des circonstances analogues à celle des pays compris dans la seconde, c'est-à-dire qu'on trouve des pays habités par des agriculteurs, par des nomades, et même par dos sauvages. Connaissant donc la surface d'un pays quelconque, dont nous ignorons la population, on n'aura qu'à le comparer avec un des pays de la première classe qui se trouve dans les circonstances physiques et morales les plus analogues. Et comme nous connaissons la population relative de ce dernier, c'est-à-dire que nous savons combien il ad'habitans par chaque mille carré, on n'aura qu'à multiplier la superficie du second par la population relative de celui que l'on a choisi pour terme de comparaison, et le produit offrira le nombre d'habitans qu'on desirait connaître.

Le général Andréossi, en faisant un calcul sur la quantité d'eau consommée journellement à Constantinople, trouva que cette ville, sans y comprendre Scutari et les villages de la rive gauche du Bosphore, pouvait avoir 597,000 habitans, nombre presque identique avec les résultats qu'il obtint d'un autre calcul sur la quantité de pain consommée chaque jour dans cette ville. Par ce nouveau procédé, et en y comprenant Scutari et les villages exclus du calcul précédent, Constantinoplc aurait eu G30.000 habitans.

Ce sont ces différentes méthodes , tantôt isolées , tantôt combinées entre elles, que nous avons employées, selon les circonstances, pour déterminer le nombre approximatif des habitans de tous les pays compris dans la seconde classe. Nous regretton; que notre cadre ne nous permette pas d'entrer dan < de plus grands détails ; mais nous renvoyons au mémoire de M. Jomardsur la Population comparée de V Egypte ancienne et moderne , ceux qui voudraient savoir jusqu'à quel point un statisticien habile peut tirer parti de l'emploi de ces moyens indirects , non-seulement pour connaître la popu lation actuelle d'un pays, mais même pour parvenir à savoir celle qu'il possédait dans l'antiquité la plus reculée. Ils verront de quelle manière lumineuse ce savant a su réduire à leur juste valeu 1 les estimations exagérées de Wallace, de Goguet et d'autres érudits du dernier siècle, qui fondaient; leurs calculs sur des renseignemens fournis par des passages d'auteurs anciens mal interprétés , sur l'estimation erronée de la superficie de cette contrée, et en admettant des rapports inexacts entre le nombre des naissances et celui des vivans.

Le tableau suivant offre les étonnantes contradictions des savans et des géographes, relativement à la population du globe. On sera peut-être surpris de ne pas trouver cités les nombreux auteurs de géographies modernes, d' 'abrégés , de manuels, de résumés, de tableaux et allas statistiques, de dictionnaires , et d'une foule d'autres ouvrages qui , depuis quelques années, fourmillent en librairie. Les recherches que nous avons faites pour rédiger le Compendio di Geografia universale, la balance politique du globe , et

PRINCIPES GENERAUX. CH. VIII

cet Abrégé, nous ayant convaincu que toutes les évaluations renfermées dans ces ouvrages ne sont que la reproduction des calculs des statisticiens allemands, etsurtoutde Hassel, quoiqu'ils ne soient presque jamais indiqués, nous avons pensé qu'il était inutile de citer les copies, lorsque nous présentions les originaux. Cependant nous nous sommes permis quelques exceptions à l'égard d'un petit nombre de géographes distingués , qui , tout en adoptant, soiten totalité, soit en partie, les évaluations des statisticiens allemands et quelquefois les

nôtres, ajoutaient à l'importance des unes ou des autres en se rangeant du côté de leurs auteurs. Nous citerons entre autres M. Letronne, M. Dcnaix,etMM.Eyriès et Walckenaer, et les savans rédacteurs de YAlmanacli de Gotha. Notre silence à l'égard de M. Ritter vient de ce que ce géographe célèbre , ayant dirigé toutes ses recherches sur la configuration physique du globe et ses rapports avec l'homme, est resté pour ainsi dire étranger aux questions qui sont du domaine de la statistique.

TABLEAU COMPARATIF

DES PRINCIPALES OPINIONS ÉMISES SUR LE NOMBRE DES DABITANS DE LA TERRE.

Habitai».

Le théologien Canz, en 1744, réduisant la population de l'Europe à 10,000,000, ne donnait à toute la terre que 60,000,000

Yolney, en 1804 437,000,000

IsaacVossius, d'abord 400 millions en 1685, et plus tard, en portant à 170,000,000 la population de l'Afrique et de l'Amérique , et à 30,000,000 seulement celle de l'Europe. 500,000,000

Struick, vers la moitié du dix-huitième siècle 500,000,000

Malte-Brun , en 1804 et en 1810 G40,ooo,ooo

L'Oriental Herald, en 1829 683,440,oui>

Graberg , en 1813 686,000,000

F abri , en 1805 700,000,000

Balbi , en 1816 704,000,000

Pïnkerton (Walckenaer et Eyriès) , en 1827 710,000,000

Worcester dans son Dictionnaire, publié en 1822 718,000,000

Les rédacteurs du Journal de Trévoux , versle milieu du dix-huitième siècle 720,000,000

Reichard, dans l'édition de la Géographie de Galletli , en 1822 732,000,000

Balbi, en 1828, dans la Balance politique du globe , et le docteur Villermé, dans

son Cours de statistique hygiénique , en 1829 . 737,000,000

Morse , en 1812 766,000,000

Goldsmith , en 1821 800,000,000

Hassel , en 1828 , référant ses calculs à l'année 1825 , et YAlmanach de Gotha, en 1829. 846,782,210

Stein , en 1825 et en 1826 884,9l7,ooo

Juliiis Bergius, référant ses calculs à l'année 1828 893,^48,580

L'abbé de Saint-Pierre , dans son ouvrage sur V Utilité des dénombremens , vers 1758* Guilbert-Charles Le Gendre , dans son Traité de l'Opinion, en accordant

250,000,000 à l'Amérique ; et M. Letronne , en 1824 900,000,000

Bissinger, en 1822 entre 700,000,000 et. . . 900,000,000

Cannabich, en 1821 entre 700,000,000 et. . . 912,000,000

Hassel, en 1824, dans son Slatistischer Umriss 938,421,000

Bielfeld, en 1760, d'après l'analyse des opinions émises par Riccioli, Spech, Suss-

milch et autres 950,000,000

Denaix, en 1828 , en suivant les estimations de Hassel 951,370,700

Riccioli , vers 1660 , en accordant 100 millions à l'Europe , et en portant à 300 millions

la population de l'Amérique 1,000,000,000

Wallace, en supposant que la terre prise dans son ensemble ne saurait être ni aussi peuplée que l'Angleterre , ni même avoir la population relative de l'Espagne , portait le

nombre des habitansdu globe vers 1769, à 1,000,000,000

Les directeurs de la Société des missionnaires , dans leur Adress lo the friends of

the missionary society, en 1818 1,000,000,000

Le Conversations Lexikon, à l'article Erde, en 1827, de 800,000,000 à 1,000,000,000

Sussmilch, eni765, en donnant 650 millions à l'Asie, et 150 à l'Amérique 1,080,000,000

Beausobre, en 1771 1,110,000,000

Voltaire, en se moquant de l'estimation des auteurs de Y Histoire universelle anglaise, portait la population du globe à 1,600,000,000

Les auteurs de Y Histoire universelle anglaise , vers le milieu du dix-huitième siècle . 4,000,000,000

Cette prodigieuse disparité d'opinions, qui paraît d'abord inexplicable, n'offre aucune difficulté pour tous ceux qui ont suivi la marche progressive delà géographie et delà statistique. Ils voient d'un coupd'œil quelles sont les estimations qui doivent être rejetées comme erronées , et quels son t les élémens qui ont contribué à trop élever ou à trop abaisser d'autres évaluations admises dansce tableau. Qui ne voit , par exemple , que les évaluations du théologien Canz et du philologue Vossius, de Volney et de Struick. sont évidemment fautives en moins.

tandis que celle des auteurs de la grande Histoire universelle anglaise, de Voltaire, de Beausobre, de Sussmilch, et autres savans, le sont en plus? L'examen même le plus superficiel sur la répartition de la population assignée par ces auteurs à chaque partie du monde démontre l'absurdité de leurs calculs. Le Slatistischer Umriss-de Hassel , pour les années 1822 et 1824 , malgré les erreurs partielles qu'on y rencontre , est toujours le plus grand travail que l'on ait encore fait à ce sujet. Nous ne connaissons que par un extrait donné

DES GRANDES DIVISIONS DU GLOBE

dans les Ephémérides géographiques de Weimar, la brochure publiée à Berlin en 1828 par le docteur Charles- Julius Bergius sur la population de la terre dans la même année ; mais les résultais généraux que nous avons sous les yeux nous démontrent que ce savant n'a pas fait toutes les recherches que demandait la solution de ce problème difficile. ISous devons porterie mêmejugementsur un article remarquable relatif à la même question, publié en 1829 dans Y Oriental Herald , dont nous avons cité les estimations principales. Ce que nous avons dit dans ce Mémoire , et les faits qui y sont relatés, dans l'examen de la population de chaque partie du monde, nous dispensent de poursuivie ces remarques. Cependant nous ne pouvons nous dispenser de faire observer que des savans d'ailleurs estimables , mais étrangers à ces sortes d'études, dégoûtés des calculs fastidieux delà statistique , et ne se sentant peut-être pas assez forts peur surmonter les difficultés inséparables de l'élude de cette science , ont voulu la déprécier aux yeux du public , en signalant les doutes et les apparentes contradictions.

Cette manière de procéder est tout à-fait injuste. Que diraient les Cuvier, les Humboldt.les Rrown, les Decandolle et tant d'autres naturalistes célèbres, si, sans égard pour l'époque dif-

férente à laquelle ont été imaginés les divers systèmes de classification, des géographes ou statisticiens , connaissant à peine les généralités de la zoologie et de la botanique, venaient jeter du ridicule sur leurs travaux, et repousser comme inexactes les listes nombreuses de tant d'espèces animales et végétales, consignées dans ces magnifiques inventaires de l'inépuisable richesse de la nature; et cela, parce que le système de Tournefort est différent de celui de Linné, et celui-ci du système de Jussieu, parce qu'enfin Linné porte le nombre des végétaux à 8000 , et celui des animaux à 3950, tandis que les naturalistes actuels évaluent les premiers à 80,000, et les seconds à loo,ooo! Mais abandonnons ces récriminations, qui n'ont rien à démêler avec la science qui nous occupe , et indiquons les résultats que nous avons obtenus après les longues et difficiles recherches auxquelles nous nous sommes livré pour connaître la population approximative des cinq parties du monde , résultats que nous avons publiés dansle ier volume de la Revue des deux Mondes. Nous espérons que nos lecteurs accorderont quelque confiance à des chiffres qui sont le fruit de l'examen consciencieux detouslesélémensdontla connaissance est nécessaire pour la solution approximative de ce problème aussi important que difficile.

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