‹ Abrege de geographieChapitre 315 sur 454 · REPUBLIQUE DE LA NOUVELLE-GRENADE · texte numérisé non relu

REPUBLIQUE DE LA NOUVELLE-GRENADE

Mczo , autre village , auquel le voisinage de sa riche mine d'émeraudes donne une grande célébrité et une haute importance ; car c'est de c ette mine et de celle de So mondoco , située plus à l'est, hors du rayon de Bogota et dans le département de Boyaca , que , selon M. le docteur Koulin , proviennent en grande partie les émetaudes qui se trouvent maintenant en Europe , et même celles qui existent en Orient ; en effet, dans les xvie et xvu' siècles, on en tirait pour l'Asie des quantités considérables. C'est par une méprise semblable à d'autres que nous avons signalées ailleurs , que ces pierres sont connues sous le nom d'émeraudes du Pérou. Pour donner une idée de la quantité d'émeraudes que l'on retira de la mine de Muzo , ce savant naturaliste fait observer qu'en 1620 , c'est-àdire 56 ans après sa découverte , elle avait payé en quint 300,000 piastres , sans compter ce qui avait été soustrait. La fraude devint par la suite si considérable, que le gouvernement fit fermer la mine, qui resta dans cet état jusqu'à la révolution. Depuis quelques années une commission qui en a obtenn la concession, en a déjà retiré des produits assez considérables. Tunja , petite ville, capitale du département de Boyaca, que nous décrirons plus bas. Honda, petite ville, importante par son commerce et par sa population qu'on porte encore au-dessus de 5000 âmes, malgré les désastres qu'elle a éprouvés pendant la catastrophe de 1807 , qui l'a presque entièrement ruinée et ceux qu'elle souffrit pendant la guerre. Mariquita , renommée par ses mines d'or et d'argent d'une exploitation très difficile et exploitées il y a quelques années par une compagnie d'actionnaires anglais. A l'est de la Cordillère, mais toujours dans le rayon, on trouve San-Juan de los Llanos, qui n'offre rien de remarquable, si ce n'est l'immense plaine herbacée qui s'étend à l'est de son territoire.

Voici les autres villes les plus remarquables de la république ; nous les indiquons en suivant Tordre adopté dans le tableau des divisions administratives.

Dans le DEPARTEMENT DE CUNDINA- MARCA , outre les villes et les autres lieux que nous avons décrits dans les environs de la capitale , on doit encore nommer : Ibague , très petite ville importante par son collège. Medellin , petite ville , chef - lieu delà province d'Antioquia , importante par sa population, par son collège et plus encore par son commerce. Antioquia , petite ville , siège d'un évêché et jusqu'en 1825 chef-lieu de cette province. Santa- Rosa de Osos, remarquable par sa situation élevée et par ses riches lavages (for. Rio-Negbo, la plus importante de la province sous tous les rapports après Medellin. Mais avant de quitter la province d'Antioquia nous devons signaler la manière singulière d'y voyager.Hérissée et environnée de touscôtésde montagnes difficilesà franchir, les personnes aisées ont l'habitude de se faire porter par des hommes , qui ont une chaise liée sur le dos^ c'est ce que les habilans disent aller à dos

d'homme (andar en carguero) , comme on dit aller à cheval. Aucune idée humiliante n'est attachée au métier de carguero. Les hommes qui s'y livrent ne sont pas des Indiens, mais des Métis, quelquefois même des Blancs. Les cargueros portent communément 6 à 7 arrobas ou 75 à 88 kilogrammes ; il y en a de très robustes qui portent jusqu'à 9 arrobas. Quand on réfléchit , dit M. de Humboldt, sur l'énorme fatigue à la quelle ces malheureux sont exposés en marchant huit à neuf heures par jour dans un pays montueux ; quand on sait qu'ils ont quelquefois le dos meurtri comme des bêtes de somme, et que des voyageurs ont quelquefois la cruauté de les abandonner dans la forêt , lorsqu'ils tombent malades ; quand on pense qu'ils ne gagnent , dans un voyage d'Ibague à Cartago , que 12 à 14 piastres ou 60 à 70 francs dans l'espace de quinze jours , quelquefois même de vingt-cinq ou trente jours, on a de la peine à concevoir comment ce métier de carguero , un des plus pénibles de ceux auxquels l'homme se livre , est embrassé volontairement par tous les jeunes gens robustes qui vivent aux pieds des montagnes. Malgré cela leur nombre est si grand au Choco , à Ibague et à Medellin, que l'on en rencontre quelquefois des files de cinquante à soixante. Les mines du Mexique offrent aussi une classe d'hommes qui n'ont d'autre occupation que celle d'en porter d'autres sur leur dos. Dans ces climats, continue M. de Humboldt, la paresse des blancs est si grande , que l'on voit des directeurs des mines avoir à leur solde un ou deux Indiens qu'on appelle leurs chevaux (cavallitos), parce qu'ils se font seller tous les matins, et qu'appuyés sur une petite canne , et jetant le corps en avant , il portent leur maître d'une partie de la mine à l'autre. Parmi les cavallitos et les cargueros , on distingue et l'on recommande aux voyageurs ceux qui ont le pied sûr et le pas doux et égal. On est peiné d'entendre parler des qualités de l'homme dans des termes qui désignent l'allure des chevaux et des mulets. Dans le DEPARTEMENT DU CAUCA : Popayan , située sur le fleuve de ce nom , dans une position des plus belles qu'on puisse imaginer; mais au pied des grands volcans de Puracé et de Sotara. Plusieurs beaux édifices ornent cette ville ; la rue de Belem est sa plus belle partie. Cependant ses places n'ont rien de remarquable et la plupart des maisons qui les entourent tombent en ruine, depuis qu'on s'est battu dans la ville. La guerre a porté un grand dommage à son commerce et à son industrie, et a contribué à diminuer sa population , qu'on n'estime plus qu'à 7000 âmes. Malgré ses pertes Popayan est encore une des villes principales de la Colombie par son hôtel des monnaies, par son évêché , par son université du second rang, par son collège et parce qu'elle est l'entrepôt commercial entre Quito et Bogota. En 1826 on y publiait un journal.

Dans les environs de Popayan on tr ouve le petit village de Pu racé, célèbre dans le pays à cause des belles cascades de la rivière Pusambio , dont l'eau est acide, ce qui l'a fait nommer Rio-Vinagre , par les Espagnols. Elle forme trois cascades, dont les deux supérieures sont très con-

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sidérables-, la hauteur de la seconde est de plus de 120 mètres. Nous nommerons ensuite: Cali, petite ville, importante par sa population, son collège et son commerce; Cartago, par son commerce; Barbacoas, par ses riches mines d'or, et Pasto, remarquable par la grande élévation du plateau sur lequel elle est située; c'est une plaine entourée de volcans et de soufrières , qui dégagent continuellement des tourbillons de fumée, et à laquelle on n'arrive qu'à travers des ravins profonds et étroits comme les galeries d'une mine. Les malheureux habitans de ces déserts ne recueillent de leur sol aurifère que dts patates. Iscuande, misérable et très petite ville , située au pied de la Cordillère , importante par la belle qualité de platine qu'on relire des riches mines de ce métal situées dans son voisinage. San-Buenaventura , misérable hameau, très im • portant par la belle baie de son nom , qui est fréquentée par plusieurs vaisseaux marchands. Oubdo, chef-lieu de la province du Choco, une des parties les moins peuplées de la Colombie et une des contrées les plus humides que l'on connaisse, mais aussi une de celles qui, eu égard à son étendue, produit le plus d'or et de platine. Nous avons déjà signalé à la page 1040 la singulière méprise des géographes et des cartographes relativement au chef-lieu de cette province.

Dans le DEPARTEMENT DE L'ISTHME : Panama , chef-lieu du département de l'Isthme , ville épiscopale, bien bâtie, au fond d'une vaste baie et sur une péninsule formée par la côte méridionale de l'isthme auquel elle donne son nom. La cathédrale et le collège sont ce qu'elle offre de plus remarquable. En 1826 , on y publiait deux journaux, Panama est une place forte du second rang ; elle servait autrefois d'entrepôt aux trésors du Pérou destinés pour l'Espagne ; elle fait encore un commerce important. On nous assure que sa population, qu'on a étrangement exagérée, n'arrive pas même à 10,000 âmes. Panama n'a réellement pas de port; on n'y voit ni quai, ni bassin, ni chantier ; la rade est for t mauvaise à cause des vents du nord qui y sont quelquefois très violens. Nous rappellerons au lecteur que nous avons annoncé à la page 928, la reprise du projet de couper l'isthme de Panama par un canal; on nous assure aussi que l'on s'occupe du projet d'un chemin en fer , qui mènerait de Portobello à Panama ou à Chorrera , en profitant cependant de la rivière de Crucès que l'on rendrait navigable le plus haut possible.

Viennent ensuite Chorrera et Los Santos , petites villes de 4000 âmes , population très forte pour une province si mal peuplée, et assez importantes par leur commerce; on les cherche en vain sur des cartes récentes signalées comme les meilleures , quoique l'on y trouve indiqués bien d'autres lieux, qui n'ont aucune importance etqui comptent à peine quelques centaines d'habitans. Nata, dont la population dépasse 4000 âmes -, Cruces, petite ville d'environ 1200 habitans, mais assez commerçante , étant l'entrepôt entre Panama et Portobéllo-, Chagres, dont la population n'arrive pas à 900 âmes, mais importante par le

fleuve qui l'arrose , dont le lit doit être amélioré

pour faciliter la navigation; Portobéllo, très petite ville, importante par la beauté de son port, et mal famée pour son climat délétère, qui lui a valu le triste surnom de sepultura de los Europeanos (tombeau des Européens). Malgré ce grand inconvénient on y â tenu pendant longtemps une des plus riches foires du monde. Le gouvernement colombien a diminué son insalubrité, en faisant abattre une partie des bois qui s'étendaient jusqu'à ses portes. Sa population que quelques géographes portent jusqu'à 8000 âmes , n'était il y a quelques années que de 1122 habitans. Santiago , petite ville d'environ 5000 habitans.

Mais avant de quitter ce département nous devons dire un mot sur la pêche des perles, dont on exagère tant la richesse , et sur une colonie qui s'est formée dans ces dernières années et sur Inquelle les géographes gardent le plus profond silence , malgré son importance et la singularité de son origine. Cette colonie a été fondée audessous du cap Blas sur la côte de Darien, par sept pêcheurs, dont trois Anglais, deux Américains et deux Colombiens ; elle comptait déjà , il y a plusieurs années, 120 personnes de tout âge. Leur occupation principale est la pêche des tortues et la vente de leur chair fraîche ou salée , de l'huile et de l'écaillé qu'ils en retirent. Depuis elle a vendu annuellement pour la valeur de 700,000 fr. La pèche des perles a été cédée en 1823 , pendant 10 ans par le congrès à une compagnie anglaise, qui arme depuis lors deux bàtimens, dont l'un est chargé de pêcher dans les parages de la mer des Antilles , surtout près du Rio-Hacha ; l'autre dans ceux de l'archipel de las Perlas , que nous avons dit appartenir à ce département. On nous a assuré, il y a quelques années, que les produits de cette pêche étaient si peu considérables, que les actionnaires avaient l'intention d'abandonner leur entreprise.

Dans le DEPARTEMENT DU MAGDALENA :

Cartuagène, ville épiscopale, située sur une île sablonneuse, non loin du Magdalena et chef-lieu du département de ce nom. Carthagène a un des plus beaux ports de l'Amérique, et est la station ordinaire d'une partie de la marine militaire de toute la Colombie et la première place forte de cette ci-devant république; mais ses fortifications ont besoin d'être réparées en plusieurs endroits.Quelques églises, quelques couvens etsurtout ses immenses citernes sont les constructions les plus importantes de cette ville, qui possède une université du second ordre , une école de navigation et un collège. On doit cependant avouer qu'en général Carthagène offre un aspect lugubre , ce qu'elle doit en partie à ses longues galeries , à des colonnes basses et lourdes , à des rues étroites et sombres et à des terrasses trop saillantes, qui y dérobent la moitié du jour. Malgré tout ce qu'elle a souffert pendant la guerre de l'insurrection , Carthagène compte encore environ 16,000 habitans en y comprenant ceux dufaubourg Gimani, qui communique avec la ville par un pont de bois. Elle est encore le centre d'un commerce étendu elde communications régulières entretenues par des paquebots avec l'Europe, les Etats-Unis et les Antilles.

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Turbaco , village indien , où se retirent pendant les grandes chaleurs les personnes les plus riches de Carlhagène; dans la forêt voisine s'élèvent 18 à 20 petits cônes, dont la hauteur n'est que de 7 à 8 mètres ; les indigènes les appellent les Volcancilos (les Petits-Volcans) , à cause des éruptions d'air qui ont lieu à de très petits intervalles accompagnées d'un hruit sourd et assez fort. Souvent ce phénomène est accompagné d'une éjection boueuse comme dans les \olcans semblables de Macalouba et de Taman, que nous avons mentionnés aux pages 418 et 555. El-Carmen , petite ville , regardée comme le lieu le plus salubre de la province de Carthagène. Tolu, renommée par son baume. Mompox , importante par sa population , qu'on porte à 10,000

■ ames, par son collège et par son commerce.

\\ Ogana, ville très petite, mais remarquable par

<. le congrès qu'on y a tenu en 1828, et parce ■ I qu'on a eu le projet d'en faire la capitale de toute

Il la Colombie. Santa-Marta , ville épiscopale , importante par ses fortifications, son port et son commerce ; on lui accorde 6000 habitans. Ce nombre doit être sûrement bien diminué après le terrible désastre qu'elle éprouva en 1834 par le tremblement de terre qui y fit tant de ravages et qui fut accompagné de l'éruption d'un volcan. Santa-Marta a été déclarée port-franc. Rio-Hacha , remarquable par la pèche des perles qu'on fait dans ses parages et dont nous venons de parler; elle a un port et compte un millier d'habitans.

Dans le DEPARTEMENT DE BOYACA : Tunja, autrefois riche, populeuse et florissante , et aujourd'hui en grande partie ruinée et déserte, malgré X université du second ordre et le collège qu'on y a établis. C'est à Tunja qu'avant l'arrivée des Espagnols résidait le zaque ou roi des Muyscas, nation très puissante, maîtresse alors du plateau de Bogota. De même que les Japonais, les Muyscas étaient gouvernés simultanément par deux chefs : l'un d'eux , espèce de pontife, résidait à lraca , où il était, comme le Dalaï-Lama et le Daïri , l'objet de la vénération d'un grand nombre de pèlerins qui allaient lui offrir des présens- l'autre, qui était le chef politique , ou le roi , avait le titre de zaque et résidait à Tunja ; les zippa ou princes de Bogota lui payaient un tribut annuel. Les Muyscas adoraient le soleil et avaient fait de si grands progrès dans la civilisation, qu'on peut les regarder, après les Mexicains , les Zapotèques , les Péruviens, les Queches et les Kachiqueles , comme la nation indigène la plus policée du Nouveau- Monde. Les Muyscas paraissent avoir eu des hiéroglyphes dans le genre de ceux des Mexicains; ils possédaient trois calendriers différens, représentant leurs trois années , rurale de 12 à 13 lunes, ecclésiastique de 37 lunes et civile de 20 lunes. Ce peuple est aussi remarquable pour avoir eu la semaine la plus petite offerte jusqu'à présent par l'histoire de la chronologie, n'étant composée que de trois jours. Le monument muysca le plus curieux que l'on possède est le calendrier lunaire sculpté sur une grande pierre, découverte vers la fin du xyhi" siècle. Il

est bon de rappeler que les Muyscas, ainsi que les Arcadiens, avaient une antique tradition d'un temps où la lune n'accompagnait pas encore la terre. Cette idée, qui ne renferme aucun sens symbolique , semble confirmer la présomption d'anciennes communications entre l'Europe et l'Amérique.

Les autres lieux le plus remarquables sont : Boyaca, petite village , remarquable par la bataille perdue en 1819 par les Espagnols ; il donne Le nom au département. Chinquiquira , petite ville, qu'on peut regarder comme la Notre- Dame de Loretle de la Colombie, à cause du grand nombre de pèlerins qui accourent de tous les côtés poury visiter l'image de la Sainte-Vierge conservée dans l'église des Dominicains et pour lui faire des offrandes. Santa-Rosa , la mieux bâtie et la plus peuplée de toute la province de Tunja Sogamoso, petite ville assez florissante, quoique très déchue en comparaison de ce qu'elle était lorsque, sous la domination des Muyscas, un grand nombre de pèlerins allaient visiter son temple du soleil et assistaient tous les quinze ans à la célébration du sacrifice humain, qui devait marquer l'ouverture d'une nouvelle indiction ou cycle de quinze années. La victime était appelée guesa, qui veut dire errant, sans maison. C'était un enfant que l'on arrachait à la maison paternelle. Il devait nécessairement être pris d'un certain village situé dans les plaines appelées maintenant les Llanos de San -Juan, Le guesa était élevé avec beaucoup de soin dans le temple du soleil jusqu'à l'âge de dix ans ; alors on le faisait sortir pour le promener par les chemins que Bochica avait suivis, à l'époque où, parcourant les mêmes lieux pour instruire le peuple, il les avait rendus célèbres par ses miracles. A l'âge de quinze ans, lorsque la victime avait atteint le nombre de sunas égal à celui que renferme findiction du cycle muysca , elle était menée en procession par le suna, qui donnait son nom au mois lunaire. On la conduisait vers la colonne, qui paraît avoir servi pour mesurer les ombres solsticiales ou équinoxiales et les passages du soleil par le zénith. Les prêtres, xeques , suivaient la victime ; ils étaient masqués comme les anciens prêtres de l'Egypte. Les uns représentaient Bochica , qui est l'Osiris ou le Mithra de Bogota , auquel , dit M. de Humboldt, on attribuait trois tètes, parce que, semblable au Trimourti des Hindous , il renfermait trois personnes qui ne formaient qu'une seule divinité ; d'autres portaient les emblèmes de Chia, la femme de Bochica, Isis,ou la lune-, d'autres étaient couverts de masques semblables à des grenouilles, pour faire allusion au premier signe de l'année; d'autres enfin représentaient le monstre Fomagata, symbole du mal, figuré avec un œil, quatre oreilles et une longue queue. Lorsque la procession, qui rappelle les processions astrologiques des Chinois et celle de la féte d'Isis des anciens Egyptiens, était arrivée à l'extrémité du suna, on liait la victime à la colonne qui s'élevait dans une place circulaire, et une nuée de flèches la couvrait. On lui arrachait immédiatement 1^ cœur pour en faire offrande au Roi Soleil , à

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Bochica. Le sang du guesa était recueilli dans des vases sacrés. Cette cérémonie barbare , dit M. de Humboldt, présente des rapports frappans avec celle que les Mexicains célébraient à la fin de leur grand cycle de 52 ans.

Nous nommerons encore dans ce département : Pamplona , petite ville très déchue, malgré son collège et la richesse des mines d'or et de cuivre de ses environs. San-Jose de Cucuta, importante par sa population. Rosakio de Cucuta , remarquable par les séances du congrès , qui en 1821 donna la première constitution à la Colom-

bie. Socorko, assez grande ville mal bâtie , mais une des plus importantes de la république pa.l'industrie et l'activité commerciale de ses habitans, dont on porte le nombre à 12,000. San-Gil , avec un collège et environ 6000 habitans, qui se distinguent parleur industrie. Moniquira, remarquable par ses riches mines de cuivre exploitées aujourd'hui par une compagnie d'actionnaires anglais. Vêlez , par ses lavages d'or et par son commerce. Pore , petite ville, ruinée par la guerre-, elle a uoe maison d'éducation.

Cette république a enfin terminé la grande affaire des limites, avec celle (le la Nouvelle-Grenade , et parait même commencer à jouir des bienfaits de la paix intérieure, qui depuis la dissolution de la Colombie , y a été continuellement troublée. D'après la nouvelle organisation, son territoire est divisé en 8 provinces, que YAllgemcine-Zeitung, journal auquel nous les empruntons , nomme de la sorte : Quito, Chimborazo, Imbabura, Guayaquil, Manabi, Cuenca, Loxa , et l' Archipel de Gallapagos. N'ayant aucun moyen d'en connaître les subdivisions , nous offrons dans le tableau ci - dessous les trois départemens de la ci-devant république de Colombie, qui correspondent à la

république de l'Equateur. Comme le journal sus-mentionné omet entièrement la province de Jaen, qui faisait partie du département de l'Assuay , nous croyons que cette vaste fraction du territoire colombien est restée à la république du Pérou, qui l'avait déjà occupée et sur laquelle son gouvernement avait depuis long-temps fait entendre de fortes réclamations. Le tableau suivant offre les divisions administratives existantes à l'époque de la séparation de la Colombie.

Elles sont identiques avec les nouvelles provinces. Nous y avons ajouté l'archipel de Gallapagos , qui n'est que de nom soumis à celte république; età la page 934, nous avons vu qu'il est occupé par des colons Anglo-Américains.

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