ANTILLES DANOISES
Ile de Ste-Croix. . .
Ile de St-Thomas. . .
Ile de St-Jean . . . .
Christiansted ; Fredericksted.
St-Thomas.
Il n'y a aucune vHle.
L'Amérique-Danoise, ainsi que les extrémités boréales de l'Amérique-Anglaise et de l'Amérique-Russc, n'offre, dans son immense étendue, que des contrées affreuses, où nul arbre n'ombrage le sol , où la verdure de quelques mousses et d'un petit nombre de plantes rabougries est la seule végétation dont elle peut se parer , et où l'homme abruti n'a , dans plusieurs endroits, d'autre abri qu'une caverne, que souvent il est obligé de se creuser au milieu de la neige. Les seules exceptions que l'on doit faire à ce triste tableau sont la lisière maritime de l'Islande dans ses parties les moins pauvres d'habitans, quelques fractions du Groenland- Méridional, et, comme il est presque inutile de le faire remarquer, les Antilles, qui jouissent des avantages que la nature a prodigués au\ régions équatoriales. Mais ces contrées polaires , que sans exagération on pourrait nommer l'asile de l'hiver et le séjour privilégié des bourrasques et des frimas, malgré le petit nombre de leurs habitans et l'état abruti où vivent encore quelques tribus indépendantes , n'inspirent pas moins d'intérêt que bien d'autres régions autrement favorisées de la nature. Elles offrent au géographe les contrées constamment habitées les plus boréales de tout le globe et le théâtre des conquêtes paisibles et désintéressées de ces pieux missionnaires qui, malgré les rigueurs de ces climats affreux et les privations qu'ils imposent, n'ont pas craint d'apporter à leurs sauvages habitans les lumières et les bienfaits de l'Evangile. C'est sur la côte occidentale du Groenland, dans le Highland-Arctique,
que vit cette intéressante tribu d'Esquimaux, que nous avons mentionnée à la page 965, et qui vécut pendant tant de générations ignorée de ses voisins et se croyant les seuls habitans de l'Univers. C'est dans le Groenland-Méridional qu'ont fleuri, dans le moyen âge, les établissemens fondés par les audacieux Scandinaves, établissemens qui, avec ceux de l'Islande, doivent être regardés comme les premières colonies fondées par des Européens en Amérique dont l'histoire fasse mention; ils précédèrent de plusieurs siècles ces établissemens immenses qui , à la suite des découvertes de l'immortel Colomb, devaient s'étendre d'un bout à l'autre du Nouveau-Monde. C'est dans la Méditerranée-Arctique et ses dépendances, qui baignent ces contrées, que Ton pêche le narwal, dont la corne a été long-temps l'objet d'un respect superstitieux, à cause du prétendu remède universel qu'on en retirait. Un grand nombre de navires viennent tous les ans y pêcher les phoques et ces prodigieux colosses qui peuplent les abîmes , et qui sont si utiles pour ne pas dire indispensables à l'existence des habitans de ces contrées , auxquels leurs dépouilles fournissent non-seulement la nourriture, le vêtement, des ustensiles et des meubles , mais encore la lumière , le feu , la couverture de leurs tentes et les matériaux pour construire leurs pirogues et leurs cabanes. Ces solitudes glacées offrent au physicien la température moyenne la plus basse que l'on ait encore observée sur tout le globe , et ces prodigieux amas de rochers entremêlés d'immenses blocs de
AMERIQUE DANOISE
place, qui lui retracent l'image du chaos et de l'hiver. L'image de la lune s'y présente souvent entourée d'anneaux colorés d'un rouge vif, et celle du soleil ornée de couronnes qui réfléchissent les vives couleurs de Parc-en-ciel ; il admire le spectacle non moins fréquent mais encore plus imposant de l'aurore boréale , dont les lueurs ne sont nulle part plus brillantes que dans ces contrées. Le naturaliste trouve dans l'Islande des basaltes disposés en piliers aussi réguliers que ceux de la fameuse chaussée des Ge'ans , que nous avons mentionnée à la page 524 ; il observe dans cette île une double chaîne volcanique , aussi terrible par ses fréquentes éruptions qu'intéressante par les phénomènes extraordinaires qui les accompagnent; il y admire le célèbre Geyser, étonnante masse d'eau bouillante, qui s'élève majestueusement en forme de colonne de 15 à 18 pieds de diamètre sur une hauteur variable qui atteint quelquefois 120 pieds, et que le lieutenant Olafsen assure avoir vu monter une fois jusqu'à 212. Cette même île, suspendue pour ainsi dire sur les abîmes creusés par ses volcans, environnée de glaces , et habitée depuis la seconde moitié du ixc siècle par des Norwégiens , offre à l'historien une des plus florissantes républiques du moyen âge. Le dialecte de ces colons , poli par des écrivains habiles , devint la langue islandaise , si renommée par ses sagas ou mémoires historiques en prose mêlée de vers, et par le mérite de sa littérature, qui est une des plus riches et des plus curieuses de cette époque , car alors toute la partie occidentale du monde civilisé était , à quelques exceptions près , plongée dans la plus profonde ignorance. Les scaldes, ou poètes islandais, étaient alors pour la Scandinavie ce que furent les troubadours, les trouvères et les minnesaenger, pour l'Europe-Méridionale , la France et l'Allemagne; guerriers et poètes, ils servaient les innombrables princes de la Scandinavie dans le conseil et sur le champ de bataille. Enfin l'ethnographe voit dans la famille à laquelle appartiennent les habitans indigènes de cette partie de l'Amérique, l'anneau qui unit le territoire des langues du Nouveau- Monde au territoire de celles de l'Ancien , et il y classe , avec un géographe célèbre, parmi les ancêtres des Esquimaux, ces Indiens mentionnés dans un passage de
Cornélius Nepos, qui, jetés par la tempête sur les côtes des Gaules, furent présentés à Quintus Metellus Celer, proconsul de cette province , et sont sans doute les premiers Américains mentionnés par l'histoire, dont le pied ait touché le sol européen.
Après avoir signalé tout ce que la nature offre de plus remarquable dans ces contrées polaires, nous serons très court dans la description des lieux où vivent ses habitans. Us n'offrent aucun de ces monumens que nous avons eus à décrire jusqu'à présent, et leurs souvenirs sont trop peu intéressans pour être admis dans le cadre d'un Abrégé de géographie. Voici les villes et les lieux les plus remarquables, d'après l'ordre adopté dans le tableau des divisions administratives :
Dans l'ISLANDE nous nommerons d'abord :
Reikevig, parce qu'elle est regardée comme la capitale de toute l'île, étant le siège du grandbailli, du tribunal suprême de l'Islande et del'évêque ; on estime sa population à 500 ou 600 âmes. Malgré ce petit nombre d'habitans, Reikevig possède un lycée, une école d'enseignement mutuel, une bibliothèque de 5000 volumes, une typographie où l'on imprime deux journaux, une société savante, qui est une section de la société royale des antiquaires à Copenbague, une autre société } qui est une section de la société royale de la littérature islandaise à Copenhague , et la société pour ta diffusion des connaissances utiles ; ces institutions et la passion pour l'histoire nationale, la poésie et l'instruction solide qu'on observe encore parmi les habitans de cette île , rappellent les temps où, régie par ses magistrats, elle présentait dans le moyen âge, à l'extrémité du monde connu et au milieu des glaces polaires, un des points du globe où les lettres étaient cultivées avec le plus de succès, et où le génie poétique inspirait à ses habitans ces sagas à l'aide desquels les savans de nos jours ont pu répandre tant <*« lumière sur l'histoire du Nord.
Nous nommerons ensuite : Lambhuus , pelite bourgade dans la banlieue de Reikevig . remarquable par Y observatoire qu'on y a établi; Bessestad, par son importance relativement à ces contrées si peu peuplées; Skaliiolt, autrefois siège d'un évéché; à quelque distance on admire les deux pluscélèbres sources ascendantes de l'Islande, le Geyser et le Strok, un des phénomènes les plus remarquables de la géographie physique; enfin Holum, jadis siège d'un évèché. Ici nous rappellerons que, dès l'année 1530, cette petite ville posséda une typograp4ùe, qui est par conséquent la première que l'on ait établie dans le Nouveau-Monde; sa fondation est même antérieure à celle des imprimeries de toutes les grandes villes de I'Europe-Orientale, à un très petit nombre d'exceptions près.
AMERIQUE
Dans le GROENLAND nous ne nommerons que Julianeshaab, parce que, malgré sa petitesse, c'est le plus important de tous les établissemens dans ces régions arctiques; Godthaab, parce que c'est le plus ancien-, Nouveau-Herp.naut, à cause de la mission des frères Moraves, à laquelle il doit sa naissance; Upernavik, parce que c'est rétablissement permanent le plus septentrional ; et I'archipel de Disco , si important par la riche pêche qu'on fait dans les parages des îles dont il se compose , parmi lesquelles on doit citer celle de Disco, à cause de son étendue. Nous avons déjà rappelé à l'attention du lecteur les Esquimaux, habitans du Highland-Arctique sur la côte occidentale du Groenland Indépendant. Mais nous ne pouvons pas entièrement passer sous silence l'exploration de la côte orientale entreprise par le capitaine Graaii par ordre de Frédéric VI, dont le règne tiendra dans l'histoire son principal lustre des sciences que ce sage et vertueux monarque encourage de sa puissante et généreuse protection. Le 20 mars 1829 ce marin aussi habile qu'intrépide partit de Nenortalik, situé à l'extrémité du Groenland-Méridional , et le 28 juillet il avait déjà pénétré jusqu'à une île située à 65° I8f de latitude, ce qui est beaucoup plus au-delà du point atteint par tous ses prédécesseurs , qui sous les règnes de Frédéric II , de Chrétien IV, de Frédéric III et V et de Chrétien VII, avaient l'ait des voyages le long de la côte orientale pour retrouver les restes de l'ancienne colonie fondée par les Scandinaves. Obligé de revenir sur ses pas par la saison avancée et par le manque de vivres, il établitson quartier d'hiver à Nugarbik , d'où il envoya en Europe les détails de son exploration. L'illustre héritier du trône de Danemark, le prince Christian Frédéric, en fit part à la Société de Géographie de Taris. C'est de Nugarbik que M. Graah se proposait de partir de nouveau à la bonne saison pour achever, s'il était possible, la reconnaissance «le cette côte, restée jusqu'alors inaccessible à tous les marins. «Mais le but principal de l'expédition avait déjà été atteint par la première campagne; car ayant dépassé la latitude attribuée à 1' ancienne colonie islandaise, sans en avoir trouvé la moindre trace, sans en avoir rencontré même la plus insignifiante ruine, même dans des places, qui nécessairement auraient dû être habitées, si jamais le pays eût été occupé par un peuple domicilié , et , sans avoir découvert chez les indigènes , ni traditions , ni traces de la religion, de la langue ou des mœurs des anciens chrétiens, il parait évident, dit le capitaine Graah, que l'ancienne colonie n'a pas été à l'est de Statenhuh, mais dans la partie sud-ouest du Groenland actuel , celle où se trouve aujourd'hui rétablissement de Julianeshaab, opinion énoncée
il y a déjà plus de quarante ans par M. Eggèrs dans un ouvrage couronné par l'académie royale des sciences de Copenhague et adoptée par Malte- Brun et par d'autres savans célèbres. « Nous devons cependant faire observer que les ruines découvertes depuis sur la Terre de Jameson par le capitaine Scoresby fils, la belle végétation observée par ce marin, et que M. Graah lui-même a trouvée supérieure dans les environs d'Ekolumiut (lat. 63° 30r) à la végétation la plus forte de la côte occidentale, et surtout la configuration des hommes si différens des peuples Esquimaux que le voyageur danois rencontra durant son exploration, en même temps qu'ils s'approchent beaucoup des Scandinaves par leur haute taille , par la forme de la tète, par le teint et par l'ensemble des traits ; toutes ces circonstances nous paraissent laisser encore indécis cet important problème géographique. C'est peut-être derrière les nombreuses banquises qui longent la côte orientale du Groenland qu'existe encore notre infortuné ami , le commandant de la Lilloise. La marine française et tous les savans qui s'occupent des sciences naturelles et de géographie prennent le plus vif intérêt au sort de M. Ju les de Blosseville qui , dès le début de sa carrière s'est distingué si avantageusement par d'importans travaux et par de savantes recherches laites pendant deux circumnavigations du globe et par les premiers succès qu'il avait obtenus sur ces mêmes côtes d'un abord si difficile et d'où l'on craint qu'il ne puisse plus revenir. Deux expéditions infructueuses ont déjà été entreprises pour connaître le sort de la Lilloise', sur lapro position d'un illustre astronome , de M. Arago , ami et protecteur du jeune marin , la Chambre des Députés a voté de hautes primes proportionnelles applicables au navire qui ramènera toutou partie de l'équipage de la Lilloise, ou fera connaître le sort de cet équipage.
Dans les ANTILLES on doit citer : Christiansted, chef-lieu de l'ilc de Ste-Croix et résidence du gouverneur général des Antilles-Danoises , petite-ville, bien bâtie, avec quelques édifices assez beaux et ornés de portiques, un port bien fortifié et environ 5000 habitans. Elle est importante par son commerce; malgré sa petite population , c'est la ville la plus peuplée de toute l'Amérique-Danoise.
Saint-Thomas, chef-lieu de l'île de ce nom, petite ville bien bâtie, avec un port franc; on peut la regarder comme une des principales places commerçantes des Antilles, surtout pour le commerce de contrebande des marchandises d'Europe et des Etats-Unis, dont elle est un des grands dépôts. Plusieurs juifs s'y sont établis et y ont une synagogue. On porte à 3000 âmes sa population.
AMERIQUE-ANGLAISE
POSITION ASTRONOMIQUE. Les établis -
semens anglais en Amérique s'étendant, quoique avec d'immenses interruptions , d'un bout à l'autre de cette partie du monde , nous n'indiquerons que la longitude et la latitude de la partie la plus étendue de l'Amérique- Anglaise, de celle qu'on peut considérer comme formant une masse de pays continus, malgré les bras de mer considérables qui en séparent les îles regardées par les Anglais et les géographes comme appartenant à cette grande division du Nouveau-Monde. Les positions astronomiques que nous allons indiquer ne se rapportent donc qu'au Canada, au Labrador, à ce que plusieurs géographes modernes appellent Nouvelle- Bretagne, ainsi qu'aux archipels , dans les mers boréales; nouvellement explorés par les navigateurs anglais, et aux vastes contrées qui, vers l'ouest, s'étendent entre les montagnes Missouri-Colombiennes (Rocky Mountains) et le Grand-Océan.
Longitude occidentale de la Nouvelle- Bretagne avec ses dépendances, entre 55° et 142°. Latitude boréale , entre 42° et 78e.
confins de la Nouvelle-Bretagne avec ses dépendances. Au nord, l'Océan-Arclique. A l'est, la mer de Baffin et le détroit de Davis qui la séparent de l'Amérique-Danoise, ensuite l'Atlantique. Au sud , l'Atlantique et la confédération Anglo -Américaine. A Y ouest, le Grand- Océan et Y Amérique-Russe. Les autres parties de l'Amérique- Anglaise sont trop morcelées pour que notre cadre nous permette d'en indiqueras confins ; la simple inspection d'une carte fera beaucoup plus que tous les détails que nous pourrions donner.
fleuves. Cette partie du Continent- Américain offre un grand nombre de ileuves que la pente du sol fait aboutir à cinq mers différentes. Le tableau suivant présente le cours de ceux qui, plus que les autres, attirent l'attention du géographe par l'étendue des pays qu'ils traversent ; ils sont classés d'après les mers différentes auxquelles ils portent le tribut de leurs eaux.
L'OCEAN- ARCTIQUE reçoit :
Le Mackenzie , qui est lé plus grand fleuve de cette mer dans l'hémisphère occidental. Il commence son cours sur le versant oriental des Montagnes Missouri -Colombiennes ( Rocky-Mountains^ par la réunion de plusieurs petits bras , parmi lesquels celui de la Paix, nommé aussj Oungigah ou Unijah, est regardé comme le principal; on l'appelle aussi le Bras Occidental par opposition à un autre très considérable, qui vient du sud, en descendant de la même chaîne et que les géographes appellent Bras Oriental. Le Mackenzie continue son cours sous le nom de Rivière de la Paix à travers le pays des Chepewyans , en passant par quelques misérables forts en bois qui appartenaient à la Compagnie du Nord-Ouest; il entre ensuite dans le grand lac Atapeskow (dit aussi des Montagnes), auquel aboutit encore la grande Rivière A tapes ko w ou de l' Elan. En sortant de ce lac il prend la dénomination de Rivière du lac de l'Esclave, en passant à quelques milles à l'ouest du fort de Chipaway Le Mackenzie baigne ensuite le fort Entreprise et traverse ensuite le grand Lac de l'Esclave , sur lequel s'élève le fort Providence; c'est en sortant de ce grand lac qu'il reçoit le nom de Mackenzie. Ce fleuve passe ensuite parle fort Espérance, et après avoir traversé les solitudes que parcourent les 1 ndiens des Montagnes , les Indiens Querelleurs et les Esquimaux , il entre enfin dans l'Océan-Arctique. En ne tenant pas compte des nombreux aflluens qui se rendent dans les grands lacs Atapeskow et de l'Esclave, les principaux affluens du Mackenzieàla droite sont: la Riv ière de l'Elan ou Atapeskow , que quelques géographes regardent à tort comme le bras principal de l'Oungigah ou Rivière de la Paix ; c'est jusqu'à présent le plus grand de tous les affluens connus de ce fleuve comme aussi du lac Atapeskow. Vient ensuite le Fleuve de /'G «/'.y, qui décharge le vaste lac du Grand-Ours. Parmi les affluens cornus à la gauche , nous ne nommerons que la Ri vière des Montagnes , qui jusqu'à présent paraît être le plus considérable.
Le Coppermine , ou la Rivière de la Mine de Cuivre, prend sa source dans les hauteurs qui sillonnent les solitudes parcourues par les Indiens-Cuivre, traverse un grand nombre de lacs, parmi lesquels on dislingue ceux de Point et de Red-Rock, franchit une infinité de rapides et de cascades, et, après avoir baigné le pays des Esquimaux, aboutit à l'enfoncement occidental du golfe de George IV, qui est lui-même un des plus remarquables de l'Océan-Arctique.
La MER D'HUDSON reçoit :
Le Churchill ou Missinipi , dont on ne connaît pas encore bien la source , et dont le cours laisse encore beaucoup à désirer. Plusieurs géographes s'accordent à regarder la Rivière du Castor
AMERIQUE
comme la partie supérieure de ce fleuve ; il traverse ensuite le lac de la Crosse et celui de I'Ours-, après être sorti de ce dernier il prend les noms de Missinipi et de Churchill-, c'est sous cette dernière dénomination qu'au fort Churchill, il entre dans la mer d'Hudson. Le Missinipi baigne le pays des Knistenaux , reçoit à la gauche les eaux du grand lac des Rennes , qui paraît communiquer avec le lac Wollaston ; ce dernier communiquant avec le lac Atapeskow par la rivière Stone , le bassin du Churchill se trouve ainsi communiquer avec le bassin du Mackenzie.
Le Nelson , qui est le plus grand courant de cette mer. Il est formé par la réunion de deux branches : la Saskatchawan-Septentrionale et la Saskatchawan-Méridionale, qui descendent des Montagnes Missouri-Colombiennes ( Rocky- Mountains) ; la Branche-Septentrionale passe par le tort Augusta et à quelques milles au sud d'Hudson -house; la Branche - Méridionale passe par Chesterfield-house. Après leur réunion, le Saskatcliawan , nommé autrefois Fleuve Bourbon , passe par Cumberland-house , entre dans le grand lac Winnipeg, en sort sous le nom de Nelson , et, après avoir traversé la Nouvelle-Galles, se décharge à Fort-York dans la mer d'Hudson.
Le Severn, selon les meilleures cartes, sort du lac Winnipeg, passe par le fort Canadien, et, après avoir arrosé la Nouvelle-Galles, entre àSevern-house dans la mer d'Hudson. C'est ici qu'il nous paraît le plus convenable de placer la description de deux importans affluens du lac Winnipeg : la Rivière-Rouge (Read-River) et le IV innipe g. Toute la partie supérieure du cours de ce dernier offre plutôt une série de lacs que les bords d'un fleuve -, les principaux de ces lacs sont :Ie lac B l a ne , le lac Vermillon , le lac de laPluie et le lac des Bois, qui est le plus grand-, tous ces petits bassins sont sur les frontières anglo-amérieaine et anglaise ; le lac Salé et autres appartiennent en commun au W innipeg et au fleuve Albany, autre tributaire de la mer d'Hudson. 1.aR.iv ière-Rouge estformée par la réunion de deux branches principales : YAs s inibonis ou Haute-Riv ière-Rouge, grossie à la droite par la Souris , et la Basse-Rivière- Rouge , qui vient du territoire anglo-américain, où elle est grossie par la Rivière du lac Rouge. Tous les pays arrosés par ces fleuves sont occupés parles Indiens Chipaways , Knistenaux , Assiniboines et autres tribus indépendantes-, on n'y trouve que quelques petits forts qui appartenaient aux compagnies du Nord-Ouest et de la Baie-d'Hudson.
Le GOLFE DE ST-LAURENT, qui est un enfoncement de l'OCEAN-ATL ANTIQUE , reçoit :
Le St-Laurent , qui est le plus grand fleuve de l'Amérique-Anglaise, et dont nous avons décritle cours de la partie supérieure aux pages 926 et 980. A son issue du lac Ontario le Sl-Laurent forme ce qu'on appelle le lac des Mille îles; il passe ensuite par Brockville , Johnstown , Cornwall, plus bas il s'élargit pour former ce qu'on appelle le lac St-François -, poursuivant son « ours vers le nord-est il baigne Montréal , forme
ensuite l'élargissement nommé lac St-Pierre , arrose Trois-Rivières , Québec et d'autres villes beaucoup moins importantes , et par une embouchure qui par ses dimensions ressemble à un bras de mer, il entre dans le golfe auquel il donne le nom. Ses principaux affluens à la droite sont: le Richelieu (Sorel ou Chambly), qui officia singularité d'être beaucoup plus large dans la partie supérieure que dans la partie inférieure de son cours ; il sort du lac Champlain , qui appartient à la confédération Anglo-Américaine, et passe ensuite par l'Ue-aux-Noix, St-John et Fort William Henry , autrefois nommé Sorel ; la Chaudière, remarquable par sa belle cascade. Les principaux affluens à la gauche du St-Laurent sont: YO t la <V a (Outtawa ou Grande-Rivière), le plus grand des affluens de ce fleuve-, il parait naître dans les enviions du lac Abbitibbe, traverse le lac T e m i s caming, forme lesélargissemens nommés la c Chat, lac Chaudière et autres, et après avoir séparé le Haut- Canada du Bas-Canada, il joint ses eaux à celles du St-Laurent près de l'île Montréal; le Madawasca, le Mississipi ,1e Rideau , si important par le canal qui doit le joindre au lac Ontario, et la Petile-Nation , sont ses principaux affluens; viennent ensuite la Rivière-Maurice, qui traverse le lac Sl-Thomas et baigne Trois-Rivières ; le MonUmorency, d'un cours très borné, mais remarquable par sa magnifique cascade-, et le Saguenay, le plus grand après l'Ottawa: il est nommé P iko ua garni s audessus du lac St-John qu'il traverse-, c'est à Tadousac que le Saguenay mêle ses eaux à celles du St-Laurent. La reconnaissance que le gouvernement du Canada a fait faire de cette rivière a enrichi la géographie physique d'un fait encore unique sur le globe-, c'est que le lit du Saguenay offre, pendant environ 60 milles anglais , une profondeur qui varie depuis 600 jusqu'à 900 pieds anglais; à son confluent avec le St-Laurent , il est de 600 pieds plus profond que ce dernier, dont le lit a 240 pieds de profondeur, de sorte que la profondeur absolue du Saguenay est en cet endroit de 840 pieds! De hautes montagnes, d'environ 2000 pieds anglais d'élévation, bordent la profonde vallée de ce fleuve extraordinaire, dont la largeur varie dans toute la partie explorée depuis un quart de mille jusqu'à deux milles anglais.
Le MiRAMicm , dont le cours est très borné, mais dont le bassin est très remarquable parles belles forêts qui alimentent les nombreux chantiers établis sur ses bords et ont fourni depuis plusieurs années une immense quantité de bois de construction au Royaume-Uni. Malheureusement d'horribles incendies en ont détruit de vaste* espaces. Le Miramichi traverse une grande partie du Nouveau-Bi unswick, baigne Newcastle et débouche dans la baie de son nom.
Le GOLFE DU MEXIQUE, qui est une subdivision de la MEDITERRANEE -COLOMBIENNE, reçoit :
Le Mississrpi, dont nous avons décrit le cours aux pages 927 et 982. C'est à la gauche du M is? souri , qui est son plus grand affluent, qu'a*
AMERIQUE- ANGLAISE
foutissent les petits courans qui arrosent une traction du territoire anglais.
L'OCÉAN-ATLANTIQUE reçoit immédiatement :
Le Poumaroun qui arrose la Guyane-Anglaise ; dans quelques parties de son cours ce fleuve marque la frontière entre la Colombie et cette partie de l'Amérique-Anglaise.
L'Essequebo, qui est le plus grand de tous les fleuves del'Amérique-Méridionale, entre l'Orénoqueetl'Amazone; son embouchure est remarquable par sa grande largeur; on ne connaît encore qu'imparfaitement la partie supérieure de son cours. L'Essequebo paraît naître dans la Serra de Tumucumaque dans l'empire du Brésil arrose l'extrémité septentrionale delà province de Parà, sépare ensuite la Colombie de la Guyane- Anglaise, traverse celte dernière du sud au nord en passant par Fort-Insel et se rend dans l'Océan . Ses principaux affluens à la gauche sont : le Rupuniriou Rupunuwini , si renommé dans le mythe d'Eldorado ; le Cuyuni, qui parcourt ia partie orientale du département colombien de l'Orenoco, où il est grossi par le Mazarony; c'est le plus grand de tous les alïluens de ce fleuve.
Le Demerari ; on ne connaît pas encore exactement les sources ni la partie supérieure de son bassin; il traverse du sud au nord la florissante colonie de Demerari, en passant par Georgetown.
Le Berbice, dont le cours est presque parallèle à celui du Demerari. Il donne le nom au gouvernement qu'il traverse en passant par la Nouvelle- Amsterdam; dans sa partie supérieure il offre plusieurs grandes cataractes.
Le Corentyn ou Corentine court du sud au nord en séparant la Guyanne- Anglaise de la Guyane-Hollandaise.
On doit ajouter que la vaste Baie F u n d y, une des dépendances de l'Océan-Atlantique, si remarquable par ses hautes marées , reçoit les fleuves suivans :
Le St-Jean ou St-John, qui vient de la frontière du Maine dans les États-Unis, traverse une partie du Bas-Canada et la meilleure partie du Nouveau-Brunswick , dont il est le plus grand fleuve, passe par Frédérictown et, à St-John, il entre dansla baie Fundy. Ce fleuve est devenude nos jours d'une grande importance pour les géographes, parce qu'il traverse le vaste espace rédamé d'un côté par l'Angleterre et de l'autre par les États-Unis. Parmi ses nombreux affluens nous \\ommevQ\\s\QSt-François , parce que le lit <ie cette petite rivière, joint à celui du St-Jean, marque jusques à son confluent la ligne de démarcation que le roi de Hollande, nommé arbitre par les deux puissances dans cette dispute, avait déterminée; la position de cette ligne ôte aux Anglais plus de la moitié de l'espace auquel ils prétendaient. Ces difficultés ont été réglées parle traité conclu à Washington en 1842, par lord Ashburton pour l'Angleterre , qui cède en effet plus de terrain qu'elle ne le faisait d'après l'arbitrage du roi de Hollande, rejeté par les États-Unis; elle leur abandonne en outre 2000 de ses sujets occupant la portion de l'établissement de Madawaska, située sur la rive sud du St-Jean , et concède aux Anglo- Américains la libre navigation, de ce fleuve
jusqu'à la mer, à travers le Nouveau-Brunswick.
Le Ste-Croix. Nous nommons ce petit courant parce qu'il trace la frontière entre le Nouveau- Brunswick et l'état du Maine; du coté anglais il baigne St-Andrews.
Le Shubenacady, autre courant très petit devenu de nos jours d'une grande importance par le beau canal qui y aboutit. Le Shubenacady coupe presque par le milieu la Nouvelle-Écosse et débouche dans le bassin des Mines (Bason of Minas), une des deux grandes baies qui forment l'extrémité de la baie Fundy.
Le GRAND-OCÉAN reçoit plusieurs fleuves dans les limites de l'Amérique-Anglaise, mais ils sont tous encore trop peu connus ou trop peu importans pour que notre cadre nous permette d'en tracer le cours. Nous nous bornerons à nommer le Tacoutche-Tesse décrit à la page 984. Ce n'est que la partie supérieure de son bassin et toute la rive droite de la partie inférieure , qui, selon les cartes les plus récentes, appartiennent aux An glais; tout le reste, d'après ces mêmes cartes, serait compris dans le territoire Anglo-Américain. Voyezl'article Division et la Région de V Ouest, aux pages 1097 et 1098.
canaux. Nous sortons du plan adopté pour la description des états de cette partie du monde pour signaler au lecteur plusieurs beaux canaux, sur lesquels les géographies les plus récentes gardent le silence (à l'exception du canal de La-Chine), quoique ces canaux aient été commencés depuis longtemps. Ce sont :
Le canal Welland, ouvert dans le Haut-Canada pour éviter la chute du Niagara et établir la communication entre le lac Ontario et le lac Erié. Il commence à Port Maitland sur ce dernier, traverse la vallée du Chippewa et aboutit au Port- Dalhousie sur le lac Ontario. Sa longueur n'est que de 36 milles anglais; mais par ses grandes dimensions, dit M. Tanner, il n'a d'égal en Amérique que le canal de la Delaware-et-Chesapeake que nous avons décrit à la page 985. La nature difficile du terrain, sa forte pente qui a nécessité la construction de 34 écluses, doivent le faire ranger à côté des ouvrages hydrauliques dont l'exécution a le plus coûté. Son point culminant est à 334 pieds anglais.. M. M'Gregor dit qu'il a 59 pieds anglaisde largeur et 8 i/2de profondeur.
Le canal Rideau, qui joint le lac Ontario à l'Ottawa, affluent du lac St-Laurent. Il commence près de Kingston, à Gananoqui, sur le lac Ontario, et à travers une chaîne de petits lacs, il va se joindre au Rideau, tantôt en longeant cette rivière, tantôt s'identitiant avec elle; il aboutit à Bytown, non loin du confluent de l'Ottawa avec le St-Laurent. Sa longueur totale de Kingston à Bytown, en y comprenante navigation naturelle des fleuves et des lacs, est de 160 milles anglais. Son point culminant au-dessus de l'Ottawa est à 290 pieds anglais; cette pente a exigé la construction de 19 éclusesdu côté de Kingston et de 34 du côté de Bytown. La dépense a excédé 700,000 liv. slerl.
Le canal de La-Ciiise commence immédiatement au-dessus de Montréal, en coupant l'île de ce nom ; entrepris en 1821 par la province du Bas- Canada , il a coûté 130,000 liv. sterl.-, sa longueur est de 9 milles anglais, sa largeur de 28 pieds anglais au fond, 48 à la surface ; profondeur, 5 pieds.
Le canal de Grandville, entrepris par le gouvernement afin d'éviter les rapides qui embarrassent la partie inférieure du coursde l'Ottawa-, dans une étendue de 9 milles, il traverse les townships de ChatametdeGranville, pour éviter les rapides appelés de Carillan, chute à Blondeau et du Long-Saut. 11 coûtera 180,000 liv. sterl.
Le canal d'Halifax. Il doit joindre cette ville au Shubenacady, et réunir l'Atlantique à la baie Fundy, et proprement le port d'Halifax au bassin de Minas, vaste anse de la baie Fundy. Sa longueur totale sera de 54 milles anglais-, sa largeur à la superficie de 60 pieds anglais de 36 au fond; U sera navigable pour des vaisseaux tirants pieds.
D'autres canaux ont été proposés-, nous n'en citerons que deux :1e canal de il milles anglais qui doit joindre la baie Verte, enfoncement du golfe de St- Laurent au Cumberland-Bason, enfoncement de la baie Fundy-, la dépense est estimée à 70,000 liv. sterl. pour le rendre navigable pour des navires tirant 8 pieds-, le canal de l'île cap Breton, quijoindraleBras-d'Oretlabaie de St-Pierre (St- Peter's bay); on estime sa dépense à 17,1501. sterl.
La partie de la Guyane, actuellement dépendante de l'Angleterre, offre aussi quelques canaux navigables pour de gros bateaux-, ils ont été construits sous le régime hollandais. Le canal du Mahaica parait être le plus considérable, surtout lorsqu'on a égard à ses différentes branches; d'un coté il met en communication le villageet le fleuve de Mahaica avec le Demerari ; de l'autre il se réunit à un autre canal qui part du golfe du Mahaicony. On a projeté depuis plusieurs années l'ouverture d'un canal entre le Berbice et I'Abary, qui aboutirait ensuite au Mahaicony. Nous ignorons si ce projet a été exécuté.
division et topographie. Comme nous l'avons déjà dit, les possessions Anglaises, dans cette partie du monde, ne forment point une masse de pays continus, mais seulement un ensemble de plusieurs contrées , que d'immenses intervalles séparent les unes des autres. Comme nous n'aimons pas à introduire des noms nouveaux, nous conserverons, malgré son peu de convenance , la dénomination générale de Nouvelle-Bretagne adoptée par presque tous les géographes et par les cartographes pour désigner les deux Canada, la Nouvelle-Galles et autres contrées de PAmérique-du-Nord soumises aux Anglais ; mais nous y rattacherons toutes les vastes solitudes qui s'étendent, au nord, jusqu'à l'Océan-Arctique, à Test, .jusqu'à la Méditerranée - Arctique et à l'Océan Atlantique, et, à l'ouest, jusqu'aux
confins de l'Amérique-Russe et au Grand- Océan. Nous réunirons aussi à cette im mense contrée toutes les iles qui en sont voisines, à l'exception de celles qui forment partie de l'archipel Arctique ou des Terres-Arctiques décrites à la page 935. De cette manière, la Nouvelle- Bretagne offrira la plus grande des divisions géographiques de l' Amérique- Anglaise ; elle doit en outre être regardée comme le noyau des possessions Britanniques dans l'Amérique-du-Nord, à cause de la continuité de son immense territoire et à cause du développement qu'y ont pris dans ces dernières années la population, l'industrie, le commerce et l'agriculture. Les autres régions géographiques sont les Terres-Arctiques- Anglaises , les îles Bermudes, les Antilles-Anglaises , la Guyane- Anglaise et la Patag ortie- Anglaise. Sous le rapport administratif, les divisions de cette partie de l'empire Britannique sont bien plus nombreuses; nous les avons indiquées toutes dans le tableau ci-dessous, où chaque gouvernementprincipal et ses subdivisions les plus importantes sont rangés d'après les grandes divisions géographiques que nous venons de tracer. Mais ici notre franchise nous engage à déclarer que, malgré toutes les recherches que nous avons faites pour connaître avec exactitude les contrées diverses qui relèvent de chacun des gouverneurs , nous n'avons pu atteindre entièrement notre but, surtout à l'égard des subdivisions des Antilles. Ni quelques Anglais très instruits auxquels nous nous sommes adressé, ni VEdinburgh Almanach de 1832, ni même le Brilish Impérial Calendarde eette année, n'ont pu résoudre nos doutes. Nous croyons cependant que les divisions de notre tableau peuvent être regardées comme aussi exactes que possible, ayant profité d'une foule de faits importans que nous avons puisés aux sources indiquées dans la préface, ainsi que des précieux renseignemens que M. M' Gregor a publiés dans son savant ouvrage sur l'Amérique-Anglaise {The British America), qui embrasse presque tout ce que nous venons de comprendre sous le nom de Nouvelle- Bretagne. Ajoutons que les géographes anglais s'accordent à former de toute l'Amérique, qui dépend de leur monarchie, deux divisions principales, savoir ; Bjutjsh
AMERIQUE-ANGLAISE
North-American Colonies (Colonies Anglaises de l'Amérique du Nord), qui comprend le Bas et le Haut-Canada, réunis, depuis I840, enune seule province, par acte du Parlement ; le Nouveau- Brunswick ,1a Nouvelle-Écosseaxec l'île de Cap -Breton , celles du Prince- Edouard et de Terre-Neuve et les vastes espaces parcourus par les chasseurs de la Compagnie delà Baie-d'Hudson; British West-Indian Colonies (Colonies Anglaises des Indes-Occidentales, , qui comprend les Antilles, les Lucayes , les Bermudes, la Guyane et l'établissement de Yucatan. Ces mêmes auteurs s'accordent aussi à comprendre sous la dénomination générale de Leeward- Islands (Iles sous le Vent), les îles Antigoa, Montserrat, Nevis, St-Christophe , Barboude, Anguille et les Vierges-Anglaises, Tortola, etc. ; quelques géographes même font de toutes ces lies le gouvernement ou la division administrative de ce nom. Au reste, ces incertitudes dans les subdivisions administratives viennent en grande partie du régime de ces colonies qui , sous certains rapports , est militaire,- et de la confusion faite par les auteurs nationaux et étrangers entre les divisions administratives et les divisions judiciaires. Quelquefois les divisions ecclésiastiques ont été une nouvelle source d'erreur.
En rappelant au lecteur ce que nous avons dit aux pages 608 et 609 , nous ajouterons que les vastes pays que nous proposons de nommer Région Mackenzie - Saskatchawan et Région de l'Ouest, ainsi que la Nouvelle-Galles , le M aine- Oriental , le Labrador et toutes les solitudes glacées des Terres- Arctiques, ne sont des possessions anglaises que de nom; elles doivent être rangées avec les prétendues possessions du même genre qui forment une si grande partie de l'Amérique ci-devant Espagnole, de t'empire du Brésil, et du territoire de la confédération Anglo- Américaine. Ces
vastes solitudes ne sont , à proprement parler, qu'une des parties les plus importantes de ce que nous avons nommé Amérique -Indigène Indépendante.
C'est aussi à ce chapitre et au long article ethnographie que nous renvoyons le lecteur pour tout ce qui concerne les nations qui vivent dans ces régions inhospitalières. A l'égard du vaste espace compris dans les bassins du Columbia et du Caledonia, espace que les cartes les plus récentes représentent comme appartenant aux Etats-Unis, nous ferons observer que, par l'intéressant voyage dans ces contrées, que M. Ross Cox a publié , il parait que ces solitudes, où le règne végétal étale ses plus grands colosses, et que de faibles tribus indépendantes parcourent dans tous les sens , quoique appartenant aux Anglo - Américains, sont occupées de fait par les chasseurs Anglais , qui y ont déjà érigé deux forts sur le Columbia. Considérées sous le rapport administratif, toutes les vastes solitudes de la Nouvelle- Bretagne, dans les limites que nous lui avons assignées, sont pour ainsi dire le domaine de la nouvelle Compagnie des pelleteries delà Baie-d'Hudson , composée, depuis 1821 , de l'ancienne Compagnie de la Baie-d'Hudson et de celle du Nord- Ouest ou de Montréal. C'est de cette puissante corporation, et non pas des gouverneurs des provinces sus-mentionnées, que dépendent immédiatement et que dépendaient naguère les petits forts et les établissemens fondés pour faciliter le commerce des fourrures que ces deux sociétés faisaient, par le moyen de leurs nombreux employés, avec les peuples indigènes entièrement indépendans. Une lisière du Labrador offre le gouvernement théocratique des Missions, que nous avons déjà retrouvé dans tant d'autres pays du Nouveau-Monde et que nous venons de signaler dans l'Amérique-Danoise.
Noms des Régions et des gouvernemens.