‹ Abrege de geographieChapitre 42 sur 454 · RÉPUBLIQUE DE L'URUGUAY · texte numérisé non relu

RÉPUBLIQUE DE L'URUGUAY

Montevideo. Hassel Umriss 16,500 f Montevideo. Schaffer

Villarica. . Hassel Umriss

Volger

Cannabich*

Beauchamp , Blackenridge et Mawe

Escbwege , Spix et Mar-

tius

Koster .

Henderson

Schaffer

Maranham

Darby, Dict. et Volger

OCEANIE ESPAGNOLE.

Cannabich, de 16,000 à. .

Masilla. .

Fabri 38,000

Sainte-Croix 71,500

Hassel Umriss 145, 000

Darby, Dict 30,000

Hamilton , Dict 175,ooo

Comyn. . . de 140 à. . . . 150,000

Si nous nous occupons maintenant des populationsdes villes qui sont comprisesdans la seconde classe, nous ferons remarquer d'abord, qu'il nous est impossible de connaître avec exactitude le nombre de leurs liabitans ; que les nrétbodes dont on se sert sont plus ou moins défectueuses, et ne peuvent fournir que des résultats approximatifs.

Manilla.

Chmisso

Balbi (avec les vastes faubourgs qui embrassent presque toute la petite province de Tondo). . . 140,000

Aussi, c'est dans l'indication de la population des villes de cette classe qu'on trouve de bien plus grandes différences que dans celles de la première; car, outre les causes que nous connaissons déjà, nous en avons encore qui présentent des difficultés insurmontables : il n'y a pas de voyageur ou de statisticien qui puisse dire qu'il a déterminé avec

PRINCIPES GENERAUX. CH. IX

exactitude la population d'une ville où les limites du territoire sont mal définies, où les faubourgs, les maisons même, sont dispersés çà et là dans la campagne , comme on en voit dans plusieurs contrées de l'Asie, de l'Afrique et de l'Océanie. Cependant, afin de faire connaître quelles sont les méthodes indirectes dont on se sert en général pour déterminer la population des villes, qui ne sont pas encore dans le domaine de la statistique , nous allons les mettre sous les yeux du lecteur.

I. Le premier moyen; c'est de comparer l'étendue de la ville dont on veut évaluer la population avec une autre ville de même étendue et dont on connaît déjà le chiffre des habilans. C'est ainsi que l'on a évalué jusqu'à ce jour la population des villes de l'Asie et de l'Afrique. Ce système peut, cependant, conduire à de faux résultats. Malte-Brun observe que Pékin a une étendue double de celle de Moscou; que les palais et les jardins y occupent un grand espace de tcrrein; que les rues y sont assez larges, et conclut de cette comparaison que, si avant l'incendie qui la réduisit en cendres en 1812, la ville de Moscou comptait dans son sein 300,000 liabitaus, Pékin ne peut guère en compter plus d'un million. Ce calcul a cependant été récemment contesté par un savant orientaliste, M.Klaproth; et il paraîtrait, d'après les supputations de ce dernier, que la population de la capitale de l'empire Chinois s'élève jusqu'à 1,300,000 habilans. C'est, du reste, le chiffre que nous avons adopté depuis long-temps et que nous avons cru s'approcher le plus de la vérité.

Voici l'opinion d'un savant observateur sur la population de Constantinople : « En examinant, .< dit le général Andréossy, la superficie de cette «« ville, en y comprenant les faubourgs et les villa- » ges situés sur les bords du Bosphore , on s'éton- « nera sans doute que nous n'attribuions à la capi- « taie de l'empire ottoman qu'une population de «« G30,ooo âmes; mais que l'on fasse attention que files bâlimens du sérail occupent toute la place « où s'élevait l'antique Byzance; que leurétendue <« peut être comparée à celle de Vienne , et que le «« nombre de personnes qui l'habitent ne dépasse «« pas 10,000 âmes. Si l'on remarque encore que « les places , les mosquées , les bains d'hommes et <« de femmes, les citernes, les bézestins ou mar- «« chés publics, les établissemens militaires , ceux «de la marine, etc., occupent une grande «portion de tcrrein; que la sévérité des règles « du harem défend à deux familles de loger ■< sous le même toit; que les maris et les femmes «ont des appartemens particuliers, entièrement -séparés, où chacun des deux a son entrée, sa ««cour et ses domestiques, et l'on sera loin de ««croire que nous exagérons. Nous n'avons pas «« besoin de dire que ceci ne doit s'entendre que des «personnes riches ou à leur aise. »

On voit assez, par les deux exemples que nous venons de citer, que du rapprochement du périmètre des villes d'Europe avec celui des villes d'Asie , on ne peut pas déduire d'une manière satisfaisante la population de celles-ci Cette observation pourrait même s'étendre à la plupart des villes d'Europe , car quelquefois elles gagnent en hauteur ce qui

leur manque en étendue. Londres et Paris en sont une preuve bien frappante : Paris , à cause de ses maisons élevées, offre , dans une étendue de terrein déterminée, plus d'habitans que Londres dans une égale étendue.

II. Le second moyen ; c'est la supputation par maisons, en assignant à chacune de G à 15 et jusqu'à 20 et 100 individus. C'est de cette variation dans le coefficient, que découle nécessairement la différence énorme que l'on trouve dans le chiffre de la population attribuée à un même pays par des auteurs contemporains, souvent très estimés. C'est à l'aide de cette méthode que l'on a calculé une grande partie delà population des villes de l'Asie, de l'Afrique, de l'Océanie et de toutes celles de la Turquie d'Europe. Plusieurs auteurs du siècle passé s'en son t servi aussi pourdéterminer la population des grandes villes de l'Europe, de quelques grandes provinces et de certains états.

<« Si , à la fin du xve siècle , il y avait à Milan , dit « le P.Verri, l3,Goo maisons, on peut conclure que <« la population de cette ville s'élevait à 327,000 <« âmes , car chaque maison doit contenir 20 habi- <« tans au moins. En effet , y compris les fau- « bourgs, on compte à Paris 21,000 maisons, et <« certainement Paris contient plus de 500,000 bâti bilans. On voit assez, par ce fait, que notre sup- «1 position est assez plausible. Ainsi donc , si nous «sommes certains qu'au temps des Isolant il y «« avait à Milan 18,600 maisons, on doit accorder à «« cette ville une population de 300,000 habitans; «« car les églises et les collèges qui occupent au- «jourcPhui une grande partie de la ville n'exis- <« taientpas alors, et on ne se logeait pas aussi lar- «« gement qu'on le fait aujourd'hui , comme nous «« le voyons par les habitations des plus nobles «familles de la ville qui nous restent encore. » Dans le discours préliminaire de l'Histoire de Paris , par Félibien, et revu par G. D. Lobineau, on voit que le nombre d'habitans de cette métropole dépasse 700,000, et qu'il s'y trouve 21,700 maisons. En divisant le premier nombre par le second, nous aurons pour coefficient 32 et une fraction.

Les divers systèmes de construction, les liens plus ou moins resserrés qui unissent les familles, la manière de vivre si différente, non-seulement de pays à pays , mais encore de ville à ville , peuvent influer beaucoup sur les résultats d'une telle supputation , lorsqu'on l'applique , sans dis tinction, aux villes, aux villages, aux grandes capitales, comme aux petites. Voici quelques données qui ont rapport aux principales villes de la monarchie prussienne; nous les avons puisées dans l'ouvrage publié à Berlin par M. le conseiller Hoffmann , directeur du bureau statistique de cet état. Elles serviront à démontrer combien cet élément de calcul est variable. En 1820, il y avait à Berlin 29 habitans par maison; à Breslau , 21 ; à Konisrerg et à Magdeisourg , 16 environ ; à Stettin,15; àAQuisGRANA(Achen)elà Elberfeld, y comprisi?cr77?zevi, 12 environ; à DANTzicK,ll;à Cologne , 8. D'après une note qui nous a été communiquée par un de nos collaborateurs , voici les résultats que l'on a trouvés en 1826 : à Berlin , 31 habitans par maison-, à Bresi.à»; , 21 environ; à

POPULATION DES VILLES

Elberfeld et Barmen, 18 environ -, à Konisberg , 16 ; à Stettin , près de 15 ; à Magdebourg , un peu moins de 13; à Aqdisgrana, 12; à Dantzick, moins de 10 ; à Cologne , un peu plus de 8. Nous dirons encore que la ville de Vienne proprement dite comptait dernièrement 45 habitans par maison , et que Paris n'en avait que 27 en 1817, à l'époque même où le recensement de cette ville a été fait avec toutle soin imaginable.

III. Le nombre moyen des naissances et celui des décès, dans une ville donnée, multipliés, le 1er par: 20, 21 ,elc, 30 ,31, etc., 40, 41, etc., le 2e par : 26 , 27, etc. , 36 , 37, etc. , 46 , 47, etc. , servent aussi quelquefois à déterminer la population d'une ville. Au moyen de cette méthode on a , dans le siècle passé, déterminé la population d'un grand nombre de contrées en Europe ; et les géographes y ont encore recours quand ils n'ont pas d'autres données. C'est la plus sûre de toutes les méthodes indirectes ; mais en variant le coefficient presque pour chaque ville, il faut prendre garde à certaines circonstances qui pourraient,

Désignation «1rs Ville».

si on les omettait , devenir la source d'une foule d'erreurs. Voici quelques-unes des anomalies que présente le rapport des naissances et des décès à la population de certaines villes; elles mettront le lecteur en garde contre la confiance absolue qu'il avait jusque-là accordée à cette méthode , et lui démontreront la nécessité de rejeter les rapports généraux de quelque part qu'ils viennent. Il comprendra que cette méthode est sujette à beaucoup d'inconvéniens , et il ne tardera pas à la rejeter; car le nombre des naissanceset des décès annuels dans une ville varie tellement qu'il ne pourrait jamais offrir que des résultats bien incertains. Grâces aux travaux de MM. Villermé , Villot,etc, en France; Humboldt, Czoerning, Rau, Bickes, etc., en Allemagne; Gioja , Balbo, Gordini, en Italie et dans quelques autres contrées , et à l'aide des nombreuses recherches que nous avons faites, nous nous proposons de publier une table générale du mouvement de la population des principales villes du monde. En attendant, nous allons donner ici un extrait de cet immense travail.

Décès

Vienne. . .

Prague. . .

Reiciienberc.

Trieste.

Graetz.

rj « — >»

Adige (Vérone etc.) . .

Adriatique (Venise etc.).

Berlin Beeslau .

Paris . .

Brème . .

Dresde .

Leipsick .

Llbeck .

Londres .

i.iverpool Rome . .

Naples .

Palerme .

LlVOOBNE.

La Havane

Pô-Supérieur (Crémone etc.) Bacchiglione ( Vicence etc.) Po-Inferieur ( Ferrare (etc.) Brenta (Padoue etc.) . .

Lario (Corne etc.) ....

Mella (Brescia etc.) . . .

Metauro (Ancone etc.) . .

3f/7ic/o(Mantoue etc.) .

Olona (Milan etc.) ....

Panaro (Modène etc.). . .

P/r7c<?(Bellune etc.) . . . , Reno (Bologne etc.) . . .

.te/70 (Berga me etc.) . . . .

TagliamentoÇYrérise etc.) .

ï7wi/o(Fermoetc.) . . .

Nnis«nnces comparée»

à la population.

comparés

à la population.

: ai. 1/20 : 39.

Si, au moyen de cette méthode, on ne peut savoir avec exactitude quelle est la population des plus grandes villes, elle sert du moins à démontrer comDtcn sont exagérées les évaluations que nous ont donnéesles écrivains du moyen âge et ceux même duxvine siècle. Les tables desnaissances etdes décès, dressées depuis l'année 1720 jusqu'à 1730, nous prouvent jusqu'à l'évidence qu'il était impos-

sible qu'il y eut alors à Vienne, comme l'a avancé Biisching , une population de près de 500,000 âmes; cette ville ne pouvait, à cette époque, en compter que 120, 00 tout au plus. C'est à l'aide de ces tables et du recensement qui a été fait en 1817 que l'on a pu corriger l'erreur de tous les statisticiens qui pensaient qu'en 1789 la population de Par's s'élevait à 800,000 habitans. C'est

PRINCIPES GENERAUX. CH. IX

aussi à l'aide de ces tables et du recensement qui eut lieu en 1813, que l'on s'est convaincu que la population de Naples devait être réduite à 326,130 îiabitans , au lieu de 500,000, comme les voyageurs et les géographes semblaient le croire. C'est encore à l'aide de ces tables et de la moyenne des naissances et des mortalités que M. le baron de Humboldt a démontré la fausseté de l'opinion d'Alzate et de Clavigero, qui, après avoir comparé les registres des paroisses de Mexico à ceux des villes de l'Europe , soutenaient que Mexico avait dans son sein 200,000 habitans.

Mous avons encore quelques remarques à faire qui ne sont pas sans importance. Si l'on voulait, par exemple, déterminer la population de Pétersiîourg par le nombre moyen annuel des naissances etdes décès, l'on se tromperait d'un tiers environ , mais le statisticien, qui est familiarisé avec les difficultés que présente la science, cherche d'abord la cause de cette anomalie, et trouve qu'elle provient de ce que les hommes sont, à Saint-Pétersbourg, en plus grand nombre que les femmes: disproportion qui s'explique par l'importance de la garnison, par le grand nombre de serfs et de ilomestiques attachés aux princes et aux seigneurs i!e la cour, et enfin par l'affluence des étrangers et •lesgensde la campagne. Dans les villes qui renferment un grand nombre d'habitans qui ne professent pas la religion de l'état , le statisticien et le péographe doivent en outre tenir compte des habitans qui, à cause de la différence de leurs opinions religieuses, ne sont pas toujours inscrits sur les registres de l'état civil, mais qui cependant doivent être compris dans le recensement de la population. C'est là ce qui arrive à Rome, où les personnes qui professent une autre religion que la religion catholique ne sont jamais inscrites sur les recensemens annuels.

IV. On compte aussi souvent par familles ou par feux. Ainsi, pour connaître la population totale d'un pays , on multiplie le chiffre qui exprime les familles par les nombres 4,41/2,5, 6 1/2, et quelquefois même par G. Cette méthode est très vicieuse et doit nécessairement fournir des résultats extrêmement divers. C'est ainsi que la population de beaucoup de villes de l'empire ottoman et de presque toutes les villes du Portugal a été déterminée par quelques statisticiens ; mais on s'eïi est peu servi pour indiquer la population des villes de l'Asie , de l'Afrique et de l'Océanie.

V. La capilation ou la taxe personnelle sert aussi quelquefois à déduire le chiffre de la population totale. Mais les personnes imposées ne sont pas partout dans un rapport égal avec la population entière, et doivent fournir des coefficiens divers, selon les lieux, les gouvernemens et les circonstances. C'était là le moyen que l'on employait autrefois pour établir la population des grandes villes et de beaucoup de contrées. Il y a même aujourd'hui des voyageurs qui déterminent de cette manière le nombre d'habitans des villes de l'empireottoman,qui ne suiventpasla religion de Mahomet et qui sont obligés de payer le kharalch au grand sultan.

VI. La quantité de comestibles consommés annuellement sert aussi quelquefois à dé-

terminer le nombre d'habitans d'une ville. Quelques voyageurs se sont servis de ce moyen pour évaluer la population de Constantinople , du Caire et de quelques autres villes de l'empire ottoman , de Schiraz en Perse, etc. Dans le siècle dernier, il y eut aussi quelques économistes qui essayèrent d'évaluer ainsi la population de Paris, et ils la portèrent à un million d'habitans, d'après la consommation du blé qui s'élevait à 2.000,000 de setiers. Mais cette méthode a des bases trop incertaines pour qu'elle puisse offrir des résultats satisfaisans.

VII. Enfin, le nombre de personnes en état de porter les armes sert quelquefois à déterminer le chiffre de la population totale. Dans ce système, on se base sur ce que ce nombre est presque toujours le quart de celui de la population entière d'un pays. C'est la méthode qu'a employée Kampfer pour déterminer la population d'OsAK a , où il y a 80,000 hommes en état de porter les armes. Osorio-y-Redin assure que Merida dans l'Estramadure espagnole, devait contenir 400,000 âmes dans le temps des Romains, puisque alors elle était à même de mettre 90,000 hommes sous les armes. C'est aussi par ce moyen que les voyageurs déterminent ordinairement la population des nations sauvages.

Que l'on juge maintenant , d'après tout ce que nous venons de dire , combien les écrivains et les voyageurs doivent différer entre eux, lorsqu'ils donnent l'évaluation d'une ville , même quand ils l'ont visitée à la même époque, et combien il est difficile pour le géographe de prendre parti au milieu de tant d'opinions souvent contradictoires! D'après le père Le Comte , par exemple, la population de Canton s'élevait à 1,500,000 habitans ; selon Duhalde elle ne s'élevait pas au-dessus d'un million , et plus tard , d'après des renseignemens plus positifs donnés par les agens de la Compagnie anglaise, elle n'est évaluée qu'à 250,000. Depuis lord Macartney tous les ouvrages de géographie et de statistique les plus estimés . répétaient sur la foi de ce voyageur que la population de Pékin s'élevait à trois millions d'habitans ; un savant jésuite, cependant, avait réduit ce nombre d'un tiers, et lord Amherst prétend aujourd'hui que même d'après les Chinois , le chiffre de la population de la capitale de leur empire est bien au-dessous de deux millions. Nous savons déjà que M. Klaproth ne la portait pas audessus de 1,300,000 habitans. Cependant, malgré tout cela , M. Timkovski , et presque tous les géographes et les statisticiens , s'obstinent, contre toute vraisemblance , à porter ce nombre à deux millions. Quelle foi peut-on ajouter aux supputations des voyageurs , lorsqu'il existe entre leurs calculs des différences si considérables? Ainsi, tandis que Hoest attribue à peine 70,000 âmes à Fez , 20,000 à Maroc , et IOjOOO à Mekines , M. Jackson por.te la population de ces villes à 380,000 habitans pour la première , 270,000 pour la deuxième, et 110,000 pour la troisième. M. Jackson assure qu'un prêtre mahométan lui certifia que la ville de Fez contenait 137,610 maisons . 121,452 hommes en état de porter les armes, et 800,000 habitans. Mais le général Badia-y-Leblich ,

POPULATION DES VILLES

sa

si connu sous le nom de Ali-Bey-el-Abassi , qui a visité cette ville dans la même année , assure que la population de Fez n'est que de 100,000 âmes , en faisant observer toutefois que la dernière peste avait fait périr la moitié des liabitans. De quel poids peut être l'opinion d'un géographe et des statisticiens les plus renommés qui attribuent 120,000 liabitans à Puilippopoli qui n'en a tout au plus que 30,000. Que dire de ceux qui donnent à Gallipou 15,000, 30,000 , 40,000 et même 80,000 liabitans ? Devrons-nous partager l'opinion de Kid sur la population de Calcutta , et donner à cette ville 400,000 ou 500,000 âmes ou bieiila porter encore à 750,000 avec la Société des Ecoles, en l'année 1819, ou bien encore l'élever avec M. Russe], premier juge de cette ville, à 1,000,000 d'habitans, en 1810? Cependant d'après un recensement qui a eu lieu en 1822 , Calcutta paraîtrait ne contenir que 197,917 liabitans, car on n'a pas compris dans cette évaluation les liabitans de ses immenses faubourgs. Lors du recensement de 1798, cette ville avait 78,700 maisons; mais comme depuis cette époque la population a plutôt augmenté que diminué , il serait étrange de dire que la population de Calcutta ne s'élève pas à 500,000 âmes. Pour nous, nous pensons, d'après le savant Hamilton, que la population de cette ville peut être portée à 600,000 liabitans. Le Gleaning of Science , journal publié à Calcutta, réduit à moins de 200,000 les 632,ooo liabitans que M. Hamilton attribue à Benares , en appuyant sa supputation sur le nombre de maisons qui sont dans cette ville. Mais si nous avons quelquefois adopté les évaluations que nous ont fournies quelques savans voyageurs , du moins nous avons toujours rejeté

les calculs exagérés des indigènes, que tant de voyageurs des siècles derniers ont reproduits sans la moindre critique. A l'exemple du judicieux Golovnin , nous ne croyons pas qu'il y ait à Yedo , 280,000 maisons et 10,000,000 d'habitans comme le disent les Japonais. Suivant l'opinion de M. Klaproth, pour ce qui a rapport à la population de Pékin, nous avons réduit à 1,300,000 liabitans les trois et les deux millions que lord Macartney et Timkovski attribuent à cette capitale. Comme M. Hamilton , nous n'attribuons que 250,000 âmes à Delhi, et 60,000 environ à Agra, au lieu de 1,200,000 et de 800.000 comme le soutenait M. Le • goux de Flaix, il y a quelques années. Nous avons rejeté aussi le sentiment du capitaine Lumsden, qui attribuait récemment à Ava une population de 1,000,000 d'habitans, et celui de VJsiatsky Veslnik, journal russe, qui donne 249,250 liabitans à Boukhaua. Nous arrêterons là l'exposé des motifs qui nous ont conduit à déterminer la population des villes , non comprises dans le domaine de la statistique.

Cependant nous ne terminerons pas ce chapitre sans donner au lecteur une idée des pénibles travaux auxquels nous nous sommes livré dans ces recherches , et des efforts que nous av ons dû faire pour nous mettre, autant qu'il était en nous, à l'abri de l'erreur, ou pour nous rapprocher de la vérité. Nous allons en conséquence lui offrir dans la table suivante quelques-unes des opinions les plus tranchées qui partagent les voyageurs et les statisticiens au sujet de la population des villes non comprises dans le domaine de la statistique. Ainsi , le lecteur pourra lui-même faire l'application des raisoiinemcns que nous venons d'émettre.

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