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TABLEAU MINERALOGIQUE DE L'EUROPE

Diamans. Empire Russe, gouvernement de Perm.

Autres Pierres précieuses. Emp. d'Autriche , Bohème, Hongrie, Transylvanie : roy.de Saxe.

0». Empire Russe , gouvernemrns de Perm et d'Orenbourg; empire d'Autriche , Transylvanie, Hongrie, Saltzbourg,etc.; royaume Sarde, Piémont, etc.

Urgent. Emp. d'Autriche , Hongrie et Bannat, Bohême, Transylvanie, etc.-, roy.de Saxe, Erzgebirge; roy. de Hanovre, Harz; emp. Ottoman, Macédoine, Albanie, Bosnie, etc.; mon. Prussienne , provinces de Saxe , «lu Rhin , etc. , mon. Anglaise, Cumberlaud, Derby, Flint, etc.-, mon. Française , Finistère, Lozère, Vosges; mon. Norwégiéno-Suédoise , Buskerud, W esteras , Stora-Kopparberg , duché de Nassau ; roy. Sarde, Savoie, etc.

É taix. Monarchie Anglaise, C.ornwallis, Devon; roy. de Saxe ; emp. d'Autriche, Bohème.

Mercure. Monarchie Espagnole, Manche ; empire d'Autriche , Carniole, etc.; royaume de Bavière , Rhin , etc.

Cuivre. Mon. Anglaise , Cornwallis, Anglesea, Irlande, Devon, Galles, etc. ; emp. Russe, Perm, etc. ; emp. d'Autriche, Hongrie et Bannat, Bellunais, Styrie, etc.; mon. Norwégiéno-Suédoise, Stora-Kopparberg, Sondre , Trondhielm , Lindkoping, Westeras; emp. Ottoman, Macédoine, etc.; mon. Prussienne , provinces de Saxe, du Rhin, etc.; Espagne, Andalousie, etc., mon. Française, Rhône, Haut-Rhin, Basses- Pyrénées; roy. de Hanovre; etc.

Fer. Mon. Anglaise, Galles Méridional, Stafford , Shrop , York , Ecosse , etc., emp. Russe , Perm , Orembourg , Tambov , Nijni-tSovogorod , Kalouga , Olonetz, Yiatka , etc. ; mon. Française, Haute-Marne, Côte-d'Or, Meuse , Nièvre, Haute-Saône, Moselle, Meurthe, Ardennes, Doubs , Jura, Ariège, etc. ; mon. Prussienne, Silésie, Rhio, Brandebourg, etc.; mon.

Norwégiéno-Suédoise , Orebro , Stora-Kopparberg, Carlslad, Gefleborg, Westeras, Jonkoping , Upsala , etc. , en Suède , Smaalehnene , Laurvig.en Norwège ; emp. d'Autriche, Styrie, Carinthie, Hongrie et Bannat , Bohème, Transylvanie , gouvern. de Milan, etc.; grand-duché de Toscane, île d'Elbe ; mon. Espagnole t Catalogne , Aragon , Navarre , Biscaye, Asturies , Grenade , etc.; emp. Ottoman, Bulgarie, Bosnie , Macédoine ; roy. de Bavière ; roy. Sarde, Piémont , etc.; duché de Nassau , etc.

Plomb. Mon. Espagnole, Grenade , Andalousie, Catalogne, etc.; mon. Anglaise, Denbigh, Flint , Cumberland , Northumberland , Durham, York, Derby, etc.; emp. d'Autriche , Carinthie , Hongrie , Bohême , etc. ; mon. Prussienne, Silésie , Rhin, etc.; roy. de Hanovre; mon. Française, Finistère, etc.; duché de Nassau ; roy. de Saxe ; roy. Sarde , Savoie , Sardaigne , etc.

Zinc. Mon. Anglaise ; roy. de Belgique ; mon. Prussienne , Silésie ; empire d'Autriche , Carinthie.

Charron de terre. Mon. Anglaise , Northumberland, Durham, Cumlxîrjand , StafTord, Derby, Lancastre, York, Leicester, Galles-Méridional, etc., en Angleterre; Lothian, Lanark, Renfrew , Ayr, etc. , en Ecosse ; roy. de Belgique, Mons , Namur, Liège , etc. ; mon. Française, Nord, Loire, Haute-Loire, Calvados, etc.; mon. Prussienne , Silésie, Westphalie , Rhin, etc.; emp. d'Autriche , Bohême, Hongrie, Basse-Autriche, Styrie, Moravie, etc.

Sel commun de terre , de mer et de source. Emp. Russe , Saratow, Perm, Tauride, Astrakhan, Bessarabie , etc. ; emp. d'Autriche , Gallicie , Transylvanie, Hongrie orientale , Haute-Autriche avec Saltzbourg , Tyrol , Venise , Dalmatie , Trieste, etc. , mon. Française , Charente-Inférieure, Meurthe, Jura, Loire - Inférieure,

EUROPE

Vendée, Gard, etc.; mon. Espagnole , Catalogne, Grenade, Navarre, Séville, Valencia, Ivica, etc.; mon. Anglaise, Chester, Worccster, Staflbrd , Norfolk , Kent , Fife , etc. , Munster, Ulster; mon. Portugaise , Setubal, Lisbonne, Figuiera , etc.; mon. Prussienne, Saxe , Westphalie , Poméranie , etc. ; princip. de Falachie et Moldavie ; roy. Sarde , Sardaigne, Gènes; roy. des Deux-Siciles , Sicile , Pouille , Calabre , etc. ; roy. de Bavière , Isar, etc.; Etats du Pape, Forli , etc.; mon. Norwégiéno-Suédoise , Smaeland, Bobus, etc., en Suède ; Tonsberg , etc., en Norwège ; republique des iles Ioniennes , Sainte-Maure , etc. ; Grèce , île Naxos , etc.

Platine. Emp. russe , gouvernement de Perm. Au commencement de ce siècle, l'Amérique produisait onze fois autant d'argent qu'en produit aujourd'hui l'Europe.

La production en or était aussi beaucoup plus grande que l'était alors celle de l'Europe. Depuis cette époque, elle a un peu diminué, et celle de l'Europe a augmenté dans une si forte proportion qu'elle l'a dépassée. La Russie , à elle seule , depuis les découvertes récentes de nouveaux minerais d'or et de platine dans le Caucase , produit les six septièmes de la quantité totale d'or préparée en Europe; la Hongrie et la Transylvanieprès d'un septième. L'Angleterre, si riche en métaux communs, ne produit que des quantités insignifiantes de métaux précieux. Elle fournit à elle seule près du tiers de la quantité totale du fer produit en Europe ; la Russie un quart; la France un cinquième; la Suède un dixième ; les autres pays le reste. Les fers anglais sont de qualité inférieure mais se vendent à très bas prix. Les fers russes et suédois sont de bonne qualité, surtout pour la fabrication de l'acier. La France produit en même temps des fers de première et de dernière qualité. Les cinq sixièmes de la quantité totale de fonte de moulage coulée en Europe pour la fabrication des machines , poteries , etc. , proviennent des usines d'Angleterre : un dixième seulement de celles de France, et un quarantième des usines de Prusse. La Russie et la Suède en produisent peu. Il est remarquable que la production des mines de fer, malgré la faible valeur intrinsèque du métal, représente plus des trois quarts de la valeur de la production totale des mines d'Europe, et celle de la production des mines d'or , argent et platine , un neuvième seulement. Moitié du plomb consommé en Europe est extrait des minerais d'Espagne,

et trois septièmes de ceux d'Angleterre. La France , l'Allemagne même, n'en produisent que de petites quantités, eu égard à leur étendue. L'Angleterre produit dix fois autant de charbon de terre que la France ; la Relgique et la Prusse une fois et demie. L'Angleterre entre encore pour plus de moitié dans la production totale du cuivre en Europe; et pour les douze treizièmes de celle de l'étain , la Russie pour un cinquième et la Suède pour un dixième : la France n'en produit que de très petites quantités. végétaux. La plus petite et la mieux connue des parties du monde, l'Europe, reléguée au nord de l'hémisphère boréal , s'avance trop peu du côté de l'équateur pour offrir les productions végétales des contrées chaudes. Néanmoins toutes ses côtes, baignées par la Méditerranée, ont une végétation presque identique avec celles de l'Afrique-Septentrionale et du sudouest de l'Asie. Cette végétation a pour limites certaines zones obliques sur les méridiens. Ainsi Volivier, la vigne et le maïs , ces trois plantes , dont la culture détermine l'aspect de la végétation des contrées méridionales et qui donnent en quelque sorte la mesure de leur température et de leur climat , remontent beaucoup plus vers l'est que près de l'Océan où elles ne franchissent point les 36e, 44e et 49e degrés. La température moyenne de l'Europe- Occidentale étant réellement moins élevée que celle des contrées de l'Orient situées sous les mêmes parallèles , il en résulte , quant à ses végétaux, moins de rapports avec les autres grandes régions botaniques. 1 ndépendammentdes plantes cosmopolites, el le en nourrit quelques-unes qui sont pour ainsi dire réservées à l'extrême nord ,des deux continens. Enfin la partie centrale de l'Europe se distingue par une végétation très variée , et qui a ses caractères propres, quoique de hautes chaînes de montagnes présentent, depuis leur sommet jusqu'à leur base , toutes les productions des contrées intermédiaires, depuis les régions glaciales jusqu'aux contrées brûlantes de l'Atlantique. Mais , sans nous arrêter à ces pays qui , comme la Suisse , le Tyrol , la Carinthie, les Pyrénées, etc., semblent être projetés du midi vers le pôle , nous présenterons ici une esquisse de la végétation européenne, en commençant par les régions polaires et descendant successivement vers les bords de la Méditerranée.

Dans les Contrkf.sglaciaef.s croissent, en pelit nombre, des espèces qui se retrouvent partout où la neige se maintient pendant une grande partie de l'année. Ainsi , les plantes alpines de la Suisse , des Pyrénées et même des hautes chaînes qui occupent le centre de l'Espagne sont à-peuprèsles mêmes que celles de la Laponie. L'espace terrestre qui forme une pointe dans le nord, est trop resserré pour que les causes influentes puissent en diversifier considérablement la végétation. Celle-ci est d'ailleurs presque identique à celle des contrées adjacentes ou analogues de l'Asie et de l'Amérique. Ce sont pour la plupart des cryptogames appartenant à une multitude d'espèces que l'on retrouve dans le reste de l'Europe, à l'exception cependant du Palmella nivalis. Ainsi, parmi les lichens , le cladonia rangiferina , que l'on rencontre dans nos forêts, est si abondant en Laponie qu'il semble y avoir envahi tout le terrain , et qu'il est l'unique pâture des rennes. Les plantes phanérogames , peu nombreuses, appartiennent principalement aux familles des crucifères , graminées , rosacées , renonculacées , saxifragées , amenlacées et conifères. Ces deux dernières familles se composent d'arbres qui forment l'essence dos forêts des contrées sauvages arctiques. Le bouleau blanc (betula alba) est l'arbre qui s'avance le plus vers le nord; sa faculté de résister au froid est due au grand nombre d'épidémies dont son écorceest revêtue, et qui retiennent entre eilesautant de couches d'air captif, qui préserve l'intérieur du boisdes rigueurs delà température extérieure. Les arbres résineux de la famille des conifères se plaisent également dans les régions du nord. Tout le monde sait que les pins et les sapins de la Suède et de la Norwège sont très recherebés pour les constructions navales 5 cause de la bonne qualité de leurs bois. En Norwège , diverses espèces de peupliers disparaissent vers le Go» parallèle; les chênes s'avancent deux degrés plus au nord ; on trouve le hêtre ci le tilteul jusqu'au 63*; passé celte limite, ces arbres disparaissent et sont remplacés par les pins et les sapins jusqu'au 07e degré ; au 70" l'orge et Yavoine sont les seules céréales qui résistent à la rigueur du climat. L'influence de l'Océan se fait sentir dans les régions polaires , quoique plus faiblement que dans les pays méridionaux de l'Europe. 11 en résulte que la température des rotes Océaniques septentrionales est en général un peu moins basse en hiver et moins élevée en été que celle des pays septentrionaux éloignés de l'Océan. Aussi , les végétaux dont nous venons de parler s'avancent un peu moins au nord dans l'est de l'Europe , c'est-à-dire dans les plaines septentrionales de la Russie. Le chêne et le noisetier ne dépassent le Coe parallèle que par petits groupes et dans des localités particulières-, le frêne ne s'étend que jusqu'au 62*. La région Centrale de l'Europe comprend une immense étendue formée par le Danemark , l'Angleterre, la Hollande, l'Allemagne, la Bohême, la Pologne, la Hongrie, une partie de la Russie- Méridionale, de l'Autriche, de l'Italie et de la France. A l'exception des parties montueuscs de

ces contrées, la végétation y est assez uniforme. Les forêts sont formées essentiellement de chênes , de hêtres , de châtaigniers , de tilleuls , de bouleaux, d'aunes, de divers peupliers, etc. Les céréales y sont partout cultivées avec succès ; c'est là que les nombreuses variétés de froment, de seigle, d'orge et d'avoine prospèrent. Quelques végétaux originaires des contrées chaudes du globe s'y sont parfaitement acclimatés. Le marronier d'Inde (aesculus hippocaslanum) par exemple , existe maintenant dans toute l'Europe, et s'avance jusqu'en Suède, où il brave la rigueur des hivers. La pomme de terre (solanum tuberosum) , originaire du Chili , est cultivée universellement; le maïs et la garance atteignent des latitudes assez élevées vers le nord. Les pays montagneux de l'Europe-Centrale offrent une végétation totalement différente de celle des pays de plaine. En Suisse, dans le Tyrol et la Savoie, croissent les plantes hyperbor rennes ; sur les sommets glacés de leurs monts presque inaccessibles, on trouve les plantes que les voyageurs ont rencontrées dans le Groenland, le Spitzberg et l'île IVlelville. Leurs flancs sont couverts de noirs sapins et d'au très conifères. Enfin à leur base s'élèvent les végétaux de l'Europe tempérée et méridionale. La nature du sol des contrées exerce aussi une grande influence sur leurs productions. Les terrains sablonneux , par exemple , donnent naissance à des plantes d'un aspect particulier; il en est de même des terrains marécageux et tourbeux. Quoiqu'il existe beaucoup de ressemblance dans la végétation de la plupart des pays qui composent la région centrale d'Europe, cependant on observe dans chacun d'eux quelques plantes particulières qui indiquent les rapports de ces pays avec les contrées voisines appartenant à d'autres régions botaniques. C'est ainsi que la Russie d'Europe et la Hongrie se lient, sous quelques points , d'un côté avec la région orientale ou asiatique, de l'autre avec la région méditerranéenne. A l'ouest de la région centrale européenne, la végétation offre également un aspect qui tient du nord de l'Europe et de l'Amérique. Ainsi, on rencontre en Ecosse et en Irlande quelques espèces communes au nord de l'Europe, aux États-Unis et à Terre-Neuve. Plus au midi, les îles de Jersey et de Guernsey, sur les côtes de la Normandie et de la Bretagne, ont beaucoup d'analogie avec les Açores.

Enfin , les plantes de la Région Méditerranéenne d'Europe ont une physionomie tout-à-fait particulière. Cette région comprend à l'orient l'AJbanie-Riveraine , la Macédoine , les provinces 11lyriennes , la Grèce et son archipel ; au centre , l'Italie-Méridionalcetla Sicile -, àl'ouest,la France- Méridionale, l'Espagne et le Portugal. A l'exception d'un petit nombre d'espèces qui, par leur prédominance sur les autres plantes, caractérisent certains pays , comme , par exemple , les cistes en Espagne , les chamœrops en Sicile et dans le midi de la péninsule Hispanique, on retrouve sur les bords de la Méditerranée une végétation identique, mais une végétation qui présente un aspect aussi enchanteur par la beauté que par la variété des

EUROPE

plantes dont elle se compose. Les bords du bassin formé parles côtes de l'Italie , de la France-Méridionale et de l'Espagne, s'élèvent en un magnifique amphithéâtre où l'on distingue quatre zones de végétation. Dans la plus basse, qui ne dépasse pas cent mètres de hauteur , on remarque les plantes quej'appellerais volontiers salines, parce qu'elles vivent dans un terrain imprégné de sel; telles sont les salsola, les slatice, les eryngium, etc. Dans la seconde croissent les orangers, qui réclament une localité abritée pendant l'hiver , les micocouliers , les platanes , les lauriers-roses dont les todffes couvertes de fleurs élégantes dessinent les contours des petites rivières, les jasmins , les grenadiers , etc. Dans la troisième zone on observe principalement les oliviers, les figuiers, les lauriers, et les arbousiers. Dans la quatrième on ne trouve plus, vers le sommet des lieux élevés, que des romarins , des lavandes et autres arbustes aromatiques, ainsi que des caroubiers et des cistes qui croissent spontanément dans les fissu, es des rochers.

animaux. Couverte d'hommes, d'habitations et de cultures sur presque toute sa surface, l'Europe a vu disparaître plusieurs espèces de ses animaux indigènes.

La souche sauvage de nos bœufs domestiques , cet urus des Romains et des écrivains latins du moyen âge , ce thur des Polonais, encore existant en Angleterre vers le xnr siècle , en Pologne dans le xv", et dont les crânes remplissent les tourbières de l'Europe-Moyenne, n'existe plus aujourd'hui. L'aurochs , ce bison si redoutable des forêts marécageuses de l'Europc-Orienlaîe , ce zubiàes peuples slaves, que l'on a considéré à tort comme la souche de noire gros bétail, est lui-même à la veille de disparaître de l'Europe-Moyenne. Le chat sauvage , une autre espèce du même genre, ainsi que le lynx , ont été refoulés dans les forêts des montagnes centrales d'Espagne , et à l'autre extrémité de l'Europe, dans les forêts de la Scandinavie , où il en existe peut-être trois espèces, dont une au moins approche de la panthère pour la taille. Enfin, dans les Alpes de la France , de la Suisse et de l'Illyrie, vécurent ces égagres , type de nos chèvres, dont on découvre à peine aujourd'hui quelques traces; le mouflon, type de nos moutons , et dont les descendans domestiques couvrent aujourd'hui nos plaines et nos montagnes. Avec ces troupeaux de ruminans vivent pêle-mêle les porcs, issus du sanglier d'Europe, encore habitant de nos vieilles forêts ; toutes ces espèces de chiens , dont Buffon inventa la prétendue souche unique primitive, qui

n'exista jamais, et dont les ancêtres sauvages , toujours subsistant en Europe et dans la partie adjacente de l'Asie, sont : le loup, le renard, le chacal, le karagan et peut-être le cor sac des steppes de la Tàrtarie ; les ânes introduits dans l'Europe lors des invasions arabes, et multipliés surtout après les croisades ; les chevaux dont peut-être il exista une espèce boréale particulière au nord -ouest de l'Europe, et dont on retrouve des indices dans ces chevaux sauvages et domestiques de la Bretagne et de l'Irlande, avant la conquête des Romains , et dans ces chevaux à la taille petite et svelte , et au front carré, comme l'espèce arabe , qu'on retrouve encore dans l'archipel d'Aland. L'intérêt et l'industrie de l'homme, commandant à la nature , ont aujourd'hui multiplié tous ces animaux à tel point, qu'en Europe leur nombre dépasse de beaucoup le chiffre de la population.

Si maintenant nous étendons nos investigations jusqu'aux animaux sauvages, nous devrons placer en première ligne les ours si peu variés des montagnes de l'Andalousie, de Grcdos et des Pyrénées; ceux des Alpes de la Suisse, de la Scandinavie et même de l'Altaï, variétés qui ne diffèrent entre elles que par un peu plus ou moins de prolongement du museau. Quelques naturalistes en reconnaissent plusieurs espèces distinctes ; d'autres n'y voient que des variétés de l'ours montagnard d'Europe : les cerfs, les daims, les chevreuils errent dans les grandes forêts ; sur les cimes de toutes les Alpes méridionales habitent à différens étages, le chamois, dans la région encore boisée , et le bouquetin dans la région nue etlicheneuse qui touche aux neiges perpétuelles. Sur toutes ces montagnes et dans ces forêts vit aussi V écureuil ordinaire ; dans les Pyrénées V écureuil noir, et au nord de la Baltique Y écureuil volant ou le polalouche. Du détroit de Gibraltar au promontoire boréal de l'Oural , de nombreuses espèces de rats, de campagnols et de musaraignes , sont échelonnées par régions , en dehors desquelles on ne les rencontre plus. Deux sortes de taupes habitent le midi de l'Europe. Le moscovite , circonscrit entre le Dnieper, le Volga, la Kama et la mer Noire, habite sous toutes les eaux de cette contrée ; le Scandinave , dans les terrains humides de la Laponie ; le pyrénaïque , près des ruisseaux des Pyrénées, où il semble en-

core moins aquatique que celui de îa Scandinavie. Le blaireau, la martre, la fouine , la g e nette , les putois sont encore des autochtones des forêts européennes. Dans le nord ils deviennent compatriotes du glouton. Dans la seule bande polaire de l'Europe a toujours vécu le renne , que deux noms géographiques délîgurés avaient fait considérer comme un ancien habitant des Pyrénées et des Alpes. Vers l'orient, en suivant l'inflexion australe de la zone des lichens qu'il pâture, il s'avance sur le dos de l'Oural, à travers les forêts qui en couvrent les pentes jusqu'au pied du Caucase. Dans cette même Scandinavie et dans les forêts orientales de l'Europe-Moyenne, commence la patrie de Vélan, que nous suivrons ailleurs jusqu'aux rives du Saint-Laurent en Amérique. Mais partout où l'homme multiplie ses plantations et ses cultures, tous ces animaux ne se retrouvent plus à l'état sauvage, et ceux que l'inflexibilité de leur instinct, ou leur inutilité empêchent de réduire à la domesticité, scirt bientôt exterminés. L'Europe est donc la contrée qui possède aujourd'bui le moins de mammifères ; mais les diverses couches de son sol renferment des quantités considérables de débris fossiles d'espèces depuis long-temps éteintes. Des éléphant, dés mastodontes, de&pakeoiheriums, des anoplotheriums et cent au très espèces complètement 1 erdues,prouvent que jadis uneautre sorte re création animait sa surface, et que des i évolutions que nous ne pouvons préciser i n ont diminué les habitans primitifs. Les oiseaux seuls , à qui les airs ouvrent j ar une fuite toujours facile le champ de a liberté , ont pu perpétuer leurs espèces. Les aigles , les vautours, les milans , d'antres oiseaux de proie, diurnes ou nocturnes , habitent l'Europe , mais cependant ( ti les retrouve dans la partie adjacente de l'Asie, et l'on peut même dire que les grandes espèces habitentégalement le nord des deux continens. Partout ces espèces sont plus communes dans les hautes montagnes et dans les grandes forêts. Nous mentionnerons aussi les guêpiers, les tichidromes , les rolliers ; les grimpeurs y sont en moindre quantité ; les passereaux y sont excessivement nombreux, de même que les échassiers et les palmipèdes. Les gallinacées n'y sont représentés que par un nombre très restreint de genres , et encore ceux-ci sont-ils

peu riches en espèces. Parmi les oiseaux utiles on doit citer la poule domestique naturalisée , le dindon originaire d'Amérique, les perdrix , les bécasses, les cailles, les merles, les ortolans , les canards, etc. , etc. , etc. , objets de chasse lucrative. Les espèces qui fournissent des produits utiles aux arts sont : le cygne , Véider, dont on tire l'édredon , etc. , etc , etc. Les rapaces les plus remarquables sont les aigles, les lemmer-géyer et le vautour arrian, etc., etc. La plupart des oiseaux sont sédentaires ; mais cependant on en compte un grand nombre qui émigrent annuellement et qui se retirent pendant la saison rigoureuse dans les contrées plus chaudes , soit de l'Afrique , &oit de l'Asie. Les coucous, les huppes , les loriots et les hirondelles sont dans ce cas. Très fréquemment chassés des limites du pôle par les grands froids , des oiseaux maritimes apparaissent sur le rivage du midi de l'Europe; c'est ainsi que souvent on rencontre alors despingoins , des macaceux , des algues dépaysés. Des bandes de cygnes et (Yéiders annoncent aussi la rigueur des hivers dans les contrées septentrionales. L'été, tous ces oiseaux regagnent les contrées boréales. Le roilie r ne quitte point l'Europe , et une multitude de bec fins, de sylvies, (V alouettes , sont exclusivement propres aux zones tempérées de cette contrée.

Moins féconde en reptiles que les autres continens, l'Europe n'a que deux espèces de tortues terrestres et deux aquatiques. Plusieurs espèces de vipère et surtout la commune habitent toute l'Europe jusqu'en Suède , où une autre plus redoutable encore parait avoir au-delà de trois pieds de long. Les reptiles et les couleuvres y sont même plus nombreux qu'en France, à cause, sans doute, de la grande chaleur des étés. On trouve aussi en Europe des orvets , des lézards , des scinques , des crapauds , des grenouilles , des salamandres, etc., etc., espèces fort peu remarquables par leur taille et leurs propriétés.

Parmi les poissons de cette partie du monde nous nommerons : la morue , les turbots, les muges, les raies, plusieurs squales, les scopernes , les lumbs , les merlans, les harengs, les sardines, les saumons , les scombres , les carpes , les brochets, les anguilles, les gobies, les boulereau.r, etc. , etc. Les

EUROPE

poissons des mers d'Europe sont excessivement variés, et la plupart, à cause de la délicatesse de leur chair , deviennent l'objet d'un grand commerce. On doit remarquer que presque tous n'ont point les couleurs brillantes de ceux des mers équatoriales. Les squales sont surtout une grande ressource pour les peuples riverains, et leur peau dure est employée dans les arts pour faire le chagrin. Les ablettes des eaux douces donnent la matière des perles fausses , et les œufs à'esiurgeon préparés en caviar fournissent un immense article <ie consommation dans le nord. Il en est de même des anchois , des sardines , des harengs , si utiles à la classe pauvre, et dont la pèche nécessite chaque année des arméniens considérables.

Parmi les crustacés i\ y a les crevettes, les crabes, les langoustes, les homards, les écrevisses , etc., etc.

Les insectes sont extraordinairement multipliés dans les différentes parties de l'Europe , mais ils ne se propagent dans les diverses zones qui la composent qu'en raison de leur convenance de température.

Les coléoptères surtout y comptent de nombreuses espèces riches et variées. Les hannetons , les cétoines , les buprestes, etc., etc., y sont surtout les plus multipliés. Les cantharides et les meloës sont utiles en médecine. Les papillons , les mouches , les libellues , \e$ cigales ,

les grillons, les aptères, les scolopendres , le scorpion , se présentent en si grand nombre que leur nomenclature formerait une liste immense qui ne peut trouver ici sa place.

Parmi les mollusques : les poulpes , les phylades , les venus , les peignes , les solens , les moules , les huîtres , les limaçons , la pinne-marine , dont le byssus sert à faire des étoffes. Les mollusques entrent pour une grande partie dans la nourriture des habitans des côtes. Beaucoup d'espèces sont transportées dans l'intérieur des terres ; les huîtres , les moules , les vénus sont très recherchées dans l'Europe tempérée , et les limaçons sont très estimés en France et s'exportent même dans les colonies.

Parmi les annélides , les sangsues utiles en médecine, sont les seules qu'on puisse citer. Mais les pêcheurs recueillent , pour approvisionner les marchés, plusieurs espèces de zoophyles délicats et édules, tels que les ournns , les ascidiens , les actinies qu'on mange dans le midi. Les mers d'Europe sont très fécondes en espèces de ces animaux bizarres et encore si peu connus, qu'on nomme méduses, béroès , pyrosomes , salpas , etc. Le corail rouge commence à paraître dans le midi de l'Europe, sur le rivage de la Méditerranée opposé à la côte d'Afrique.

superficie. 2,7 93,000 milles carrés.

population. Absolue , 227,700,000 habitans ; relative , 82 habitans par mille carré.

ethnographie. On peut réduire à vingt souches principales ou familles tous les peuples qui habitent actuellement l'Europe dans les limites naturelles que nous lui avons assignées. Comme dans l'article ethnographie de chaque état on trouvera indiquées les contrées où demeurent les peuples compris dans chacune de ces familles, nous nous bornerons ici à ranger

tous les peuples de l'Europe, que l'ethnographie regarde comme tels, dans leurs familles respectives. Pour cette classification nous suivrons l'ordre de notre Atlas ethnographique du globe ; mais nous devons faire observer qu'ayant adopté dans cet ouvrage la limite orientale de l'Europe proposée par Malte-Brun , il nous a fallu modifier la classification de manière à mettre en Europe presque tous les peuples qui habitent la région du Caucase, et qui dans V Allas sont regardés comme appartenant à l'Asie.

TABLEAU

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