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DEPART. DE LA SEINE-INFERIEURE

ROUEN (Rothomagus), sur la Seine,

une des villes les plus populeuses et les lus florissantes du royaume, chef-lieu e ce département et autrefois capitale de la Normandie, siège d'un archevéché et d’une cour royale. Les souvenirs historignes qui se rattachent à cette ville sont nownbreux : métropule de laseconde Lyonnaise, sous les Romains, elle passa en 842 au pouvoir des Normands, et devint la résidence de leurs ducs jusqu’au moment où Guillaume-le-Conquérant s’emara du trône d'Angleterre ; en 1204

hilippe-Auguste la réunit à la couronne de France; mais lors de la démence de Charles Vi, les Anglais s’en rendirent maitres et la conservèrent pendant 30 annécs; c’est en 1431, durant cette occuation, que Jeanne-d’Arc périt sur le ûcher ; dix ans après cet assassinat juridique, la mémoire de Jeanne-d’Arc fut réhabilitée, et Rouen passa de nouveau au pouvoir des Français. Cette ville est la patrie de Pierre et de Thomas Corneille, de Fontenelle, de Benserade, de Pradon, de Boïeldieu, l’un des compositeurs les plus FhnrqNanes de notre époque morten 1834, etc. L’académie universitaire , le collège royal, le séminaire , l'école score de médecine, celle de botanique , l’école royale de navigation, le cours de teinture et de chimie appliquées aux arts, le cours de droit commercial maritime, l'académie des sciences, belles-lettres et arts, la société libre de commerce , la soctété centrale d'agriculture , la société libre d'émulation , la société de médecine , la société des pharmaciens et plusieurs autres établissemens littéraires, tels que belle bibliothèque , un jardin botanique, un musée, etc., ajoutent à son importance. La cathédrale , monument aussi remarquable par l’ancienneté de son origine que par sa structure imposante, dont le clocher pyramidal, en charpente couverte de plomb, fut détruit par la foudre en 1822, et qui sera bientôt remplacé par une nouvelle flèche exécutée en fonte de fer, et travaillée à jour, du poids de 1,082,344livres ; l'église de Saint-Ouen, dont on admire surtout les magnifiques vitraux ; la halle aux toiles, vieille construction d’une grande étendue ; l’htel-dieu , un des plus vastes établissemens de ce genre ; le palais de justice ; 'hôtel-de-ville ; le théâtre des arts où s’est formé plus

d’un bon auteur, et le magnifique pout en pierre , sont les constructions les lus remarquables de cette ville généraement assez mal bâtie. On trouve encore à Rouen beaucoup de maisons en bois et des rucs mal alignées ; mais son port avec l’ingénieux pont-levis qu’on y construit, ses quais, ses fontaines publiques, ses promenades , ses halles et ses nombreuses manufactures lui assignent un rang distingué parmi les villes les plus industrieuses de l’Europe et les plus commerçantes de la France. Les produits de l’octroi de la ville de Rouen s’élèvent à près de 2,000,000 de fr.; et sa population est de 88,000 habitans.

L'industrie de Rouen se fait sentir dans un rayon de plus de 30 milles: les villages, les bourgs et les petites villes compris dans ce cercle sont remplis de fabriques de cotonnades, d'indiennes etde mille autres articles, M. Auber et quelques autres manufacturiers ont doté l'industrie rouennaise d'un genre de fabrication qu'elle ne possédait pas encore ; ce sont les éloffes en laine rase et lustrée , genre importé récemment de l'Angleterre avec succès. En général Rouen ne fabrique que desétoffes ordinaires ou de grande consommation: ainsi, tandis que les Alsaciens impriment de préférence les jaconas, les mousselines et généralement les tissus fins en couleurs fines , les Rouennais se livrent surtout à l'impression des tissus communs en couleurs communes, et d'un teintmoins solide, maisd'un prix beaucoup moins élevé, Partout ici se déploie une prodigieuse activité : aussi la plupart des villes et des villages qui avoisinent Rouen ont vu depuis 15 ans leur population doubler et m&ne tripler : la petite ville de Bolbec entre autres, qui ne contenait qu'une population pauvre et peu nombreuse , compte ru 2. dati plus de 8000 habitans riches et indus-

rieux.

Nous citerons encore , à cause de leurs nombreuses fabriques, Deville, CaudebeclLès-Elbeuf,St-Aubin-Epernay,Cau:debec, Lillebonne, etc., etc. Nous mentionnerons aussi NEurcuATEL, chef-lieu d’arrondissement , renommé par ses fromages, et Gournaÿ, par son beurre et ses sources minérales. Neufchâtel possède une société d’agriculture etune très petite bibliothèque ; celle de Gournay est beaucoup plus considérable, Nous ferons observer que ZLillebonne a depuis 30 ans acquis une grande célébrité parmi les archéologues : on y a découvert un théâtre, des bains, plusieurs statues en bronze et en marbre, des inscriptions, des médailles et beaucoup d’autres objets appartenant à Juliobona. Mais jetons un coup-d'œil sur des villes encore plus importantes.

Le HAvRE, chef-lieu d'arrondissement, ville fortifiée, sur la rive droite de la Seine

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et à son embouchure, et l’une des plus commerçantes de la France. Le Havre offre peu de monumens remarquables ; mais nous mentionnerons les trois bassins fermés qui communiquent avec les ports et la vaste retenue d'eau de la mer, qui sert à balayer les obstructions du port, au moyen d’écluses de chasse formant un courant très rapide. Nous nommerons ensuite les belles constructions qui entourent le nonveau quartier, la nouvelle salle de spectacle, l’arsenal et les casernes, l'hôtel des douanes, la manufacture de tabac, les bains de mer et les deux phares qui sont à deux milles du port sur le cap la Hève. Le Havre possède une école royale de navigation > Une école de géométrie appliquée aux arts et une petite bibliotheque. Le Havre est la patrie de plusieurs personnages célèbres parmi lesquels nous citerons : Bernardin de Saint-Pierre , Casimir Delavigne, de Lafayette, etc., ete. Depuis uelques années le Havre est, après Marseille , la plus importante des villes de commerce de la France. Son port reçoit plus du quart des denrées coloniales nécessaires à la consommation totale de la France, et les trois quarts des cotons en laine. En 1833, l’entrepôt du Havre a reçu des marchandises de toute nature pour 130 millions , tandis que la valeur des marchandises entrées dans tous les autres entrepôts de France, y compris celui de Marseille,

n'excède pas 310 millions ; aussi s’occupet-on d’en agrandir le port. L'importance commerciale de cette ville a nécessité de nombreuses voies de communication avec divers ports d'Europe et d'Amérique ;

quatre bâtimens anglais, dont deux à vapeur , font le trajet régulièrement du

Havre à Southampton pendant toute l’année; deux bâtimens communiquent avec

Hambourg ; deux autres avec Lisbonne ;

un avec Vera-Cruz; deux avec Bahia;

tous ces bâtimens sont français ; huit pa-

quebots américains se rendent à New-

York; il en part un du Havre tous les 10,

20 et 30 de chaque mois. Plusieurs ba-

teaux à vapeur remorqueurs font le trajet

du Havre à Paris en suivant le cours de

la Seine; quatre autres hâtimens, dont deux à vapeur, communiquent régulière ment avec Honfleur, ville maritime du Calvados, située à l’embouchure de la Seine, vis-à-vis le Havre.

Dans ses environs immédiats on doit nommer:

Ingouville, qui n'est à proprement parler qu'un faubourg du Havre; il renferme de charmantes maisons de campagne ; M. de Hauville y possède un beau musée d'histoire naturelle; Montivilliers, petite ville, située dans une position très agréable, et fréquentée par un grand nombre d'étrangers; elle a un collège; Harfleur, très petite ville, avec un port sur la rive droite de la Seine,

ELveur, ville ancienne, célèbre par ses manufactures de drap. L'origine de cette ville est peu connue; on sait seulement: qu’elle était déjà considérable au commencement du x1v° siècle, L’établissement de ses manufactures remonte à une époque fort éloignée ; mais c’est seulcment sous Colbert qu’elles commencèrent à prendre un état florissant, que la révocation de l’édit de Nantes vint bientôt suspendre. Aujourd’hui, les manufactures d’Elbeuf occupent plus des deux tiers de la population, et environ 2000 habi+ tans des villages voisins; elles consomment annuellement 26,000 balles de laine de 100 kilogrammes , et produisent 65,000 pièces de drap, dont la valeur peut étre portée à 46,000,000 de fr. Malgré cette richesse industrielle, la ville d’Elbeuf est mal bâtie, mal percée et encore plus mal pavée, On y remarque cependant une joie place publique et quelques édifices élégamment construits. Pop. 11,000 hab.

Dansles environs d'Elbeuf ,nousciterons: Ca udebec-lès-Elbeuf et Maromme, comme des centresimportaus d'industrie manufacturière, A Maromme, se trouve une poudrerie royale.

Dierre, chef-lieu d’arrondissement ,

ville régulièrement bâtie, peu forte , mais industrieuse et très active. Lorsqu'on aura fini les travaux commencés à son port, elle deviendra une des principales places maritimes de la Manche. Ses pu:5 d’huîtres, ses dentelles, son ivoirerie et ses armemens pour les différentes pêches occupent plusieurs milliers de personnes.

De très beaux bains de mer y attirent tous les ans un concours considérable d'étrangers. Un grand nombre de fontaines ct de bôrnes alimentées par un aqueduc en briques de trois milles de long, fournissent à cette ville de l’eau en abondance, contribuent beaucoup à son embellissement et la rendent aussi fraiche que propre pendant l’été. On doit aussi mentionner la salle de spectacle, celle de réunion et de danse et les nou velles promenades. Quoique Dieppe

ne commence à figurer dans l’histoire que dès 1195, c’est pourtant de son port que sortirent les premiers navigateurs français qui établirent des stations de commerce sur les côtes d’Afrique. Cette ville possèile un collège, une école royale de navigation et une école manufactuvicre de dentelles. Pop. 16,000 hab.

Nous citerons ensuite dans ce département :

NEuUFCHATEL-EN-BrAY , Yveror, chefs-lieux d’arrondissemens ; £ uw, petite ville, avec un collège etun château royal, où l’on voit une galerie de tableaux historiques. M. Etancelin jeune y a un beau cabinet d’antiquités ; Tréport (YUlterior Fortus des Romains), petit bourg maritime que recommande l'intrépidité de ses marins; Saint-Valery, dit en Caux, pelite ville, importante par son port, son commerce , ses pêcheries et ses apprêts de harengs. Fécamp, petite ville industrieuse et commerçante , avec un port et une école royale de navigation.

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