PROVINCIA DO ALGARVE
COMARCA DE FARO
dère) Conanca Do FuxcHai
PROVINCIA DA MADEIRA (ile de Ma-
ertola, Moura, Odemira, Serpa, Vidigueir«.
FApO: Lagos, Loulé, Tavira, Villa nova de Porlimäào, ilves.
Funchal, Machico, Ponta-Delgada, Ribeirabrava dans
l'ile Madère, « l'ile Porlo-Santo.
TOPOGRAPHIE. LISBONNE , bâlie en amphithéâtre sur plusieurs collines, le long de la rive droite du Tage, résidence dun patriarche, avec un des plus beaux nouillages de l’Europe et environ 260,000 habitans. La ville ancienne, échappée à la terrible catastrophe de 1755, est mal bàtie et très malpropre; la nouvelle au contraire se distingue presque partout par la beauté de ses maisons, par l’alignement de ses rues et par sa grande propreté.
Les principaux bâtimens publics sont :
le palais royal d'Ajuda à une des ex-
trémités de la ville, qui, lorsqu'il sera fini, pourra, malgré de grands défauts, passer pour un des plus beaux de l’Europe ; ceux de Bemposta et de Necessidades, qui sous tous les rapports, sont beaucoup inférieurs au premier. L’arsenal de la marine, où se trouve une salle d’une grandeur extraordinaire ; Parsenal de terre ; Vopéra italien où théatre San Carlos, comparable aux beaux théâtres d’Italie du second ordre; enjn les beaux édifices qui forment la place du Commerce, et où se trouvent la bourse, la douane, la maison des Indes, Vür-
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tendance de la marine, la bibliothèque royale, et autres établissemens.
Lisbonne aun grand nombre de couvens:
ceux de San-Vicente de Fora , des Grillos, de Graça , des Loios , d'Estrella , des Paulistas , de San-Bento, de Belem et de Necessidades , doivent ètre rangés parmi les édifices les plus remarquables de cette capitale; dans celui de Necessidades les cortès ont tenu leurs séances depuis 1820 jusqu’en 1823.
Sept temples surtout méritent de fixer l'attention; ce sont : la magnifique église du couvent de Belem , bâtie par le roi Emmanuel sur le lieu même de l’embarquement de Vasco da Gama; celle de $San-Antaé(St-Antoine), remarquable par son architecture et par sesornemens; celle du Coraçéo de Jesus (du Cœur de Jésus), appartenant au couvent d’Estrella , vaste bâtiment , couronné d’un dôme d’une exécution hardie : la Sé ou la cathédrale , autre vaste édifice, de construction ancienne, restauré depuis le tremblement de terre ; l’église de St- Roch, remarquable par la superbe chapelle en mosaïque de St-Jean-Baptiste , que le roi Jean V fit construire à Rome et transporter à Lisbonne ; celle de San- Vicente de Fora, tenant au couvent de ce nom, grand et bel édifice ; et l’église de Santa Engracia , autre vaste bâtiment, construit en forme de dôme en belles pierres de taille, orné de beaux marbres , mais qui n’est pas encore achevé.
La Place du Commerce (praça do Commerciv), dite aussi place du palais (Terreiro de Paço) et celle du Rocio sont les plus belles de Lisbonne. Au milieu des beaux bâtimens sus-mentionnés qui forment la première, s’élève la superbe statue équestre en bronze de Joseph | ; le côté du nord de celle du Rocio est fermé par le vaste palais de l’inquisition, où sous le régime des cortès étaient établis les bureaux de différens ministères.
Le jardin public (passeio publico) a le défaut d’être trop petit et trop monotone.
Les plus belles rues de Lisbonne sont celles de l’Or (do Ouro), de l’Argent (da rata) et la ruc Auguste (rua Augusta) ; toutes les trois sont tirées au cordeau et bordées de belles maisons d’une architecture régulière, er" ‘‘lies par des boutiques d’orfèvres , oailliers, de marchands de draps vi: cuoffes de soie.
Malgré les déclamations banales de certains auteurs sur l'ignorance des Portugais et sur le manque d’établissemens scientifiques et littéraires, nous pouvons assurer que Lisbonne en a plusieurs et assez bien organisés. Nous citerons :
l'académie royale de marine avec son observatoire ; l’école royale de construction et d'architecture navale ; l'académie royale de fortification , d'artillerie et de dessin ; l'école royale de chimie et celles de sculpture et de commerce. Nous nommerons encore le collège royal snilitaire, celui des nobles ; l'institut de musique ; les écoles royales de San- Vicente de Fora, où l’on enseigne les langues anciennes et le français, la physique , la géométrie et la philosophie; l’école royale de dessin et d'architecturs civile , et une foule d’autres établissemens pour l'instruction primaire. L’académie royale des sciences de Lisbonne , est le premier corps savant du Portugal , et publie depuis sa fondation, des mémoires et des ouvrages du plus haut mérite; la bibliothèque royale, celle de Jesus et de Necessidades ; le cabinet d'histoire naturelle, et le jardin botanique à Ajuda ; les cabinets de physique à Ajuda et de l’académie des sciences sont des établissemens qui méritent d’être menLionnés.
Les environs de Lisbonne offrent plusieurs lieux importans sous plus d’un rapport. A la droite du Tage on trouve : Cintra, avec environ 4000 habitans, remarquable par la beauté de sa position vraiment pittoresque , par sa belle verdure et son délicieux climat. Marna, petite ville de 3000 habitans, renommée par sa superbe basilique , par son vaste couvent et par un magnifique palais royal, tous construits sous jean V; ce palais est sans contredit le plus beau monument moderne du Portugal et un des plus magnifiques de l’'Europe. QueLuz, château royal d'une architecture irrégulière; ce lieu n’a d’autres habitans que les personnes attachées à la cour. BEL- LAs, remarquable par la belle campagne du marquis de Bellas et par ses sources ferrugineuses; pop. 3400 âmes. BEurica, joli village, remarquable par le grand aqueduc des Agoas livres qui l’avoisine; c’est un des plus magnifiques ouvrages en ce genre de l’Europe moderne, et il peut rivaliser avec les plus beaux aqueducs construits par les anciens. Campo- Granos,, petit endroit de 1300 habitans, renommé dans tout le Portugal par sa grande fabrique de soierie; c’est le rendez-vous ordinaire des cavaliers et du beau sexe de Lisbonne, particulière ment les dimanches; on y fait quelquefois d:5
me
courses. ALsanpra, petit bourg d'environ 2000 habitans, important par ses nombreuses fabriques de toiles et par ses briqueteries, dont les produits sont employés surtout dans les constructions de Lisbonne.
A la gauche du Tage, on trouve : ALMADA, gros bourg d'environ 4000 habitans; dans son voisinage est située la mine d'or d'4diss a, exploitée depuis quelques annécs. ALDEA-GALLEGA, gros bourg d'environ 4000 habitans, la plupart récheurs et mariniers; c'est le passage ordinaire de tous ceux qui vont de l’Alem-Tejo à Lisbonne. SerusaL, importante surtout par ses nombreuses salines, ses vins et ses oranges dont l'exportation est très considérable; nous avons déjà vu que c'est la troisième ville du royaume pour le commerce maritime favorisé par son beau port; pop. environ 15,000 âmes. CEzimBrA , avec un petit port et 4200 habitans qui presque tous vivent de la pêche.
CoImBra, ville épiscopale du Beira dont elle est regardée comine la capitale, bâtie en amphithéâtre su: ‘ne colline le long du Mondego, avec une population permanente d'environ 15,000 àmes. Parmi ses édifices les plus remarquables on doit citer : le palais royal de l'université { paços reaes das escolas), les collèges des Cruzios, des Bénédictins , des Hiéronimites des Bernardine , des Loivs, de l’ordre du Christ et des Arts, le monastère de Santa- Cruz. Coimbra est le siège de la direction générale de l'instruction publique du royaume, et le centre d’un commerce intérieur assez considérable.
PonrTo, ville épiscopale du Minho, batie dans une position délicieuse sur deux collines, non loin de l’embouchure du Douro. Le palais de la cour d'appel (senado da relaçao), l’hôtel-de-ville ( casa da camara), l’hpttal royal, dont un quart seulement est achevé ; les immenses magasins dela Compagnie des vins, la cathédrale et l’église des Clerigos sont ses principaux édifices. Plusicurs de ces bätimens et surtout les magasins de la Compaguie ont beaucoup souffert pendant le long siège que les Pédristes ont soutenu contre Dom Miguel.
Cette ville, la plus industrieuse et la plus CERN du royaume après Lisbonne, et dont la population s'élevait naguère à environ 70,000 habitans, possède aussi plusieurs établissemens publics, dont l’école {academia\ de marine et de commerce, celle de chirurg'- et d'anatomie et k séminaire épiscopal sont les plus importans.
Les autres villes les plus remarquables de l'Estremadur a sont : Canas , avec des bains sulfureux connus sous le nom de Caidas da Rainha et très fréquentés; pop. permanente 1500 Ames. L&rnia, petite ville épiscopale de 2000 habitans; dans son voisinage se trouve le village de Marinha-Grande, important par sa eur. be verrerie qui fournit aux besoins de la piu: £ 1nce partie du Portugal et de ses possessions l'outre-mer, BATALHA, remarquable par son magnitique couvent regardé comme un des plus beaux édifices d'architecture normano-g0thique; pop. 1600 âmes, PENicne, importante par ses fortifications ; pop. 2600 âmes, ALCOBAGÇA, par sa célèbre abbaye de l'ordre de Citeaux.
SAN-MARTINHO, par les travaux hydrauliques entrepris pour restaurer son n°r*: pop. 1000 habitans. Tnomar, par son « «unvent où réside le grand prieur de l’ordre du Christ, et par sa grande filature de coton ; pop. environ 4000 âmes. ABRANTFS, par son commerce et par son église de St-Vincent, une des plus grandes et des plus magnifiques du royaume; pop. 5000 âmes. San- TAREM, par son commerce, par le séminaire patriarcal, et par sa population estimée à près de 8000 ämes; cette ville a été la résidence de plusieurs rois de Portugal. SALVATERRA DE Macos, avec un château royal et environ 2000 habitans.
Dans l'4l/em-Tejo on trouve : Evor4, ville archiépiscopale d'environ 9000 habitañs ; on y remarque plusieurs antiquités romaines, entre autres un bel agueduc très bien conservé, et le Lemple de Diane, qu'on laisse profancr au point dele faire servir de boucherie ; elle doit à l'importance de ses souvenirs historiques d'être regardée par les Portugais comme la seconde ville du royaume. EsTREMOZ, ou l'on fabrique une grande quantité de ces vases de terre , qui, à cause de leur grande porosité, sont employés dans tout le Portugal et dans une grande partie de l'Espagne pour faire rafraichir l’eau; pop. environ 6000 Ames. BEsa, ville épiscopale d'environ 6000 habitans; on y voit quelques restes d’antiquités romaines, telles que la porte du Sud, un aqueduc , etc. Serra, inportante par son commerce considérable de contrebande avec l'Espagne; pop. près de 6000 âmes. VizLa-ViçosA, avec un palais royal et un parc de 10 milles de circonférence environné de murs; pop. environ 3000 âmes.
ELvas, ville épiscopale, avec une vaste cathé drale, un aqueduc, un théâtre et environ 10,000 habitans ; c’est la plus forte place du royaume et une des principales de l'Europe; sa douane est la première parmi les douanes frontières du Portugal. PORTALEGRE, ville épiscopale d'environ 6000 habitans, importante par :a grande
manufacture de draps. + v40, par ses fortifications et par les a tiquités découvertes dans son territoire ; por âmes
Dans le Bei trouve : FIGuEtRA , impor-
ante par son commerce et son port formé parle Mondego; pop. environ 6000 âmes. AvEIRo, petite ville épiscopale, qui recouvre de jour en
jour son importance maritime, et devient moins
insalubre depuis les grands travaux entrepris au commencement du siècle pour lui rendre son
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euce du gouverneur inilitaire du Haut-Beira.
Lamsco , ville épiscopale d'environ 9000 habitans, dans laquelle furent rassemblées , dit-on, les cortès en 1144 pour établir les bases de la constitutiun du royaume. Covizuan, au pied de l'Estrella, importante par ses belles manufactures de laine et sa sociélé lilléraire; pop. au-delà de 6000 âmes.
Dans le Minho on trouve : BraG\, ville très ancienne, siège d'un archevéché très riche. La cathédrale de cette ville industrieuse et commerçanic est un édifice de la plus haute antiquité et très vaste; les restes d’un {emple , d'un amvhilthéätre et d'un aqueduc attestent la domination des Romains dans cette partie de l'Europe ; pop. au-dessus de 14,000 âmes. GUIMARAES , jolie ville d'environ 6000 habitans, florissante par ses manufactures de coutellerie, de toiles, etc. ; elle a été la première capitale de la monarchie Portugaise. Caspas n0 GEREZ, chétif endroit qui s'agrandit Lous ies jours à cause du grand nombre de personnes qui vont y prendre des bains pendant l'été. Vian. , importante par son port, son commerce et ses pêcheries; c’est la résidence du gouverneur militaire du Minho; pop. 8000 âmes, VILLA bO CONDE, par som port, son commerce et ses péchieries; pop. 3000 âmes. VALENÇA , par ses fortific. ons; pop. 1600 âmes,
Dans le T; . ;-os-Montes on trouve : VizLa- REAL, gros bourg, industrieux et commerçant, d'environ 4000 âmes. Peso DA REGcoA , petit bourg d'environ 1600 habitans, important par la célèbre foire des vins , dont ses vastes magasins contiennent toujours une grande quantité. C'est dans cette foire, qui se tient tous les ans dansle mois de février , que la Compagnie des vins du Haut- Douro établit la séparation entre ceux dits de feiloria et ceux de ramo, en fixe les prix et fait ses achots. La masse des affaires peut être évaluée, année commune, de 10 à 12 millions de cruzades, ou de 30 à 36 millions de francs. Bra- GANÇA, ville épiscopale, importante par ses manufactures de soie; pop. près de 4000 âmes. CHAVES, avec des eeux minérales fréquentées dès le temps des Romains, etun pont construit par ce peuple; pop. 5000 âmes.
Dans le royaume d’Algarve on trouve:
Faro, ville épiscopale et commercante, avec un port et plus de 8000 habitans, dont le plus grand nombre s’adonne à la pêche. TavirA, avec un petit port et presque 9000 habitans, dont la plus grande partie est employée à la pêche ; c'est la résidence du gouverneur militaire de l’Algarve. Viza-REaL, jolie ville, bâtie régulièrement en
1774 par le marquis de Pombal, avec un port à l'embouchure de la Guadiana, et environ 2000 ha-
bitans presque tous pêcheurs. Mowcuique, remarquable par sa position romantique et les bains chauds de son voisinage, qui depuis quelques années. sont très fréquentés; pop. presque 3000 âmes. Sacres, pelite place fortifiée, que nous ne citons que pour rappeler le lieu où le célèbre prince Henri habita pendant une grande partie de sa vie , et d'où il fit partir les nombreuses expéditions dont le résultat fut la découverte de in côte occidentale de l'Afrique jusqu'à Sierraeone.
L'ARCHIPEL DES AÇORES , conposé de 91les, dont les villes principales sont : AnGrA, dans l'ile de Terceira, ville épiscopale, assez commerçante, et capitale de tout l'Archipel, avec environ 13,000 habitans , un collège militaire (academia militar) et d'autres établissemens littéraires. La régence du royaume, qui y a résidé jusqu'à la prise de Porto et de Lisbonne, y publiait la Chronique de Terceira, journal beaucoup mieux imprimé que la Gazette de Lisbonne ; c'était un véritable phénomène littéraire qu’on doit signaler dans la description de cette partie de l’Europe, si arriérée encore en presque tout ce qui constitue ia civilisation européenne. Ses fortifications ont été considérablement augmentées, surtout celles qui défendent l'entrée de son port. Dans ses environs s'élève le Mont- Brazil, qui moyennant une médiocre dépense pourrait devenir une des plus fortes places du monde ; on travaille déjà à la construction d’un môle au port c'e Pipas.
PonrTa-DELGa. a, dans l'ile de San-Miguel; c'estla ville la plus marchande, la plus industrieuse et la plusriche de tout l'archipel;elle est assezbien bâtie, et on y remarque quelques édifices assez beaux; son port est mauvais, et sa population parait s'élever à près de 16,000 habitans. RinE1RA- GRANDE , dans la mêmeile, villeassez florissante, avec 12,000 hab. Honra, dans l'ile de Fayal; elle a le port le moins mauvais de tout l'archipel, et le plus fréquenté après ceux de Ponta-Delgada et d'Angra; on a le projet de le déclarer port franc ; elle compte déjà près de 10,000 habitans. Lacts, dans l'ile de Pico, très petite, mais remarquable par l’excellent vin qu’on fait dans ses environs et par le volcan qui s'élève à peu de distance. Lesilesde S.-George, Graciosa, Sta-Maria, Flores et Corvo n'offrent aucune ville assez remarquable pour que notre plan nous permette de les nommer.
Posssssions. La perte du Brésil & beatcoup diminué l'étendue des possessions Portugaises. Celles qui restent au Portugal sont encore assez considérables pour lui assigner une des premières places parmi les plus vastes états du globe. La totalité des possessions actuelles de la monarchie Portugaise peut être évaluée à 430,000 milles carrés et à 5,607,000 habitans. Voyez l’Asie, l’Afriqueetl’Océanie Portugaises.
Monarchie
POSITION ASTRONOMIQUE, Longitude , entre 1° orientale et 12° occidentale.
Latilude, entre 36° et 44°.
DIMENSIONS, Plus grande longueur, Depuis Llanza , au nord de Roses en Catalogne, à Ayamonte à l’embouchure de la Guadiana dans la province de Huelva 680 milles. Plus grande largeur. Depuis le cap Priore pri du Ferrol en Gaice, au cap de Gata dans la province d’Almeria, 502 milles.
cowr:ns. Au n0rd, l’Océan-Atlantique et les Pyrénées qui la séparent de la France, et la petite république d’Andorre.
A l’est , la Méditerranée. Au +wd , la Méditerranée , le détroit de Gibraltar et l’Océan-Atlantique. A l’ouest, le Portugal et l’Océan-Atlantique.
Pays, Les pays qui formaient autrefois le royaume de Castille; ceux qui dépendaient de la couronne d’Aragon avec les îles Baléares ; le royaume de Navarre et les Provinces Basques. On doit ajouter la place forte d’Olivença avec la fraction du territoire ci-devant portugais qui l’environne sur la rive gauche de la Guadiana , acquisition faite en 1801.
MonTAGxes. L'Espagne forme un vaste plateau très élevé, surmonté de plusieurs chaines de montagnes que nous avons vues appartenir au SYSTÈME HESPÉRIQUE. Ses
ints culminans sont : le Cerro de Mul-
acen , dans la Sierra Nevada, qui est la plus haute chaine du groupe méridional; cette montagne, haute de 1823 toises, est placée dans la province de Grenade, et est le ren le plus élevé de toute la Péninsule. Viennent ensuite la Sierra de Gredos, dans la province de Salamanque ; elle appartient au groupe central, et sa plus haute cime atteint 1650 toises ; le Mont-Maladetta ou Pie Nethou, entre la Catalogne et le département de la Haute-Garonne, dans le groupe seplentrionalou des Pyrénées proprem2nt dites, haut de 1787 toises. Voyez aux pages 84 et 85.
izss, Les côtes de l'Espagne n’en offrent aucune d’une grande étendue. Nous citerons cependant, à cause de leur importance, sous plus d’un rapport, la petite ile de Léon, sur laquelle se trouvent les villes de Cadiz et de San-Fernando; les Îles de Bayona et de Cies et celles d’Aroza en Galice. Deux des premières ferment
Espagnole,
la baie de Vigo à laquelle elles laissent deux issues dans l'Océan , l’une au nord, l’autre au sud-ouest , ce qui en rend le mouillage aussi sûr quecommode. Enfinles îlots situés à l'embouchure de l’Ebre.
Mais à 64 milles du cap St.-Martin, dans le royaume de Valence, se trouve l'ile d’Zviça , la plus occidentale des îles Baléares, groupe qui comprend cette île , celles de Majorque, Minorque, Formentera et quelques autres encore plus petites.
Lacs, L'Espagnen’offre aucun lac proprement dit qui soit assez considérable pour trouver mention dans cet abrégé. Nous citerons cependant l’Albufera, au sud de Valence, à cause de son étendue et de la riche pêche qu’on y fait, et parce que nous le considérons comme une lagune , qualification qui nous semble devoir aussi être donnée à une autre nappe d’eau non moins étendue, connue sous le nom de Mar Menor, placée au nord-est de Carthagène. Le fermage de l’Albufera s’élevaiten 1820 à 60,000 piastres fortes paran.
FLEUVES. Parmi les différens fleuves qui arrosent l'Espagne, neuf méritent une mention particulière par l’étendue de leur cours. Les uns se rendent dans l’Atlanti-
ue; les autres ont leurs embouchures
ans la Méditerranée.
L'ATLANTIQUE reçoit :
La Binassoa, qui prend sa source dans les Pyrénées , traverse la Navarre et sépare la France de l'Espagne. Cette circonstance et des souvenirs historiques donnent une certaine importance à ce petit fleuve qui baigne Fontarabie.
Le Nazon, dont le cours est très borné, mais qui n'en est pas moins le principal fleuve des Asturies ; c’est à son bassin qu'appartient Oviedo.
Le Mifo ( Minho des Portugais) qui naît dans la sierra de Mondonedo, traverse la plus grande partie de la Galice en baignant Lugo, Orense, Tuy,et, après avoir séparé l'Espagne du Portugal, se jette dans l'Océan.
Le Durro (Douro des Portugais) prend sa source dans la sierra de Urbion, dans la province de Soria, traverse la Vieille-Castille et le royaume de Léon, et après avoir baigné Soria, Aranda, Toro, Zamora ,ilentre en Portugal où il se jette dans l'Océan. Ses principaux affluens à la droite sont: la Pisuerga, qui est le plus grand de tous; elle passe par Valladolid et reçoit l'Arianzon qui baigne Burgos, et l'Esgueva et le Carrion; le Valderaduay; VEsla qui passe par Léon; l'#rda ja grossie de l'Eresma, etle Tormes qui baigne Salamanca.
* Le Tace (Tajo des Espagnols et Tejo des Por-
lugais); c'est l
Portugal se embouchure, S sont :
Manzanares darrama; Tage ne reçoit importans : la l'Estremadure
lagunes de Ri cette province chant celle de gal. Vers la A che encore, a espagnol dans longue march Olivença et A; sont tous peu c le Giquela, qu la branche pri Le GuADALQt tagnes, sur l nade, de Mur nière ainsi que après avoir tot céan, Andujar Barrameda s0 baignées par sont à la dro Guadalen et regardent com dalquivir; et 1 passe par Gre La MEDITEI La SEGURA, Sagra, traver mité de celle Murcie et Or née. Le Mur droite sont se!
volcaniques a mens de terre nées dans le | lèbre parmi Le Jucan 1 montagnes d Cuenca, trave lence, et af Alcira et Cull Le Cabriel à sont ses afflu Le GUADAL:
tagnes d’Alba traverse l'ext la partie mo; ii entre dans Terruel et V assez importé L'Eore (Eb
lugais), c'est le plus grand fleuve de la Péninsule, 11 prend sa source dans les montagnes d'Albarracin, traverse la Nouvelle-Castille et l'Estremadure, baigne Aranjuez, Tolède, Talavera de la Reyna, Alcantara, et après avoir traversé le Portugal se jette dans l'Océan par une seule embouchure, Ses principaux affluens à la droite sont : le Jarama, grossi par l'Æenares qui baigne Guadalajara et Alcala de Henares, et le Manzanares qui passe ee Madrid; le Guadarrama; l'Alberche et l'Alagon. Le Tage ne reçoit à la gauche que des affluens peu importans : la Magasca et le Salor dans l'Estremadure sont les plus considérables.
La Guantana, qui, selon l'opinion la plus géuéralement admise, prend sa source dans les lagunes de Riduera dans la Manche, traverse cette province et celle d'Estremadure en touchant celle de Tolède, et entre dans le Portugal. Vers la fin de son cours la Guadiana touche encore, avant d'entrer dans l'Océan, le sol espagnol dans la province de Huelva. Dans sa longue marche elle passe par Calatrava, Badajoz, Olivença et Ayamonte. Parmi ses affluens, qui sont tous peu considérables, nous ne citerons que le Giquela, quequelquessavans regardent comme la branche principale de ce fleuve.
Le Guanazquivir prend sa source dans les montagnes, sur les confins des provinces de Grenade, de Murcie et de Jaen, traverse cette dernière ainsi que celles de Cordoue et de Séville , et après avoir touché celle de Cadix entre dans l’Océan, Andujar, Cordoue, Séville et San-Lucar-de- Barrameda sont les villes les plus remarquables baignées par ce fleuve. Ses principaux affluens sont à la droite : le Guadalimar grossi du Guadalen et de l'Amudiel; quelques savans le regardent comme la branche principale du Guadalquivir; et le Xenil à la gauche; ce dernier passe par Grenade et Ecija.
La MEDITERRANÉE reçoit :
La Secura , qui prend sa source dans la sierra Sagra, traverse la province de Murcie et l’extrémité de celle d’Alicante, et après avoir baigné Murcie et Orihnela, entre dans la Méditerranée. Le Mundo à la gauche et la Sagonera à la droite sont ses principaux affluens. Les éruptions volcaniques accompagnées de terribles tremblemens de terre, qui eurent lieu il y a quelques années dans le bassin de ce fleuve, l'ont rendu célèbre parmi les naturalistes.
Le Jucan nait dans la pente occidentale des montagnes d'Albarracin dans la province de Cuenca, traverse celte province et celle de Valence, et après avoir passé près de Cuenca, Alcira et Cullera, se jette dans la Méditerranée, Le Cabriel à la gauche et l’4/badya à la droite sont ses affluens les plus importans.
Le GuanaALAvIAR prend sa source dans les montagnes d’Albarracin sous le nom de Tur ou Tori, traverse l'extréfnité méridionale de l’Aragon et la partie moyenne de la province de Valence, où ii entre dans la Méditerranée après avoir baigné Terruel et Valence. Aucun de ses affluens n'est assez important pour mériter ici une mention,
L'Esre (Ebro) nait dans la vallée de Reynosa
dans la province de Sentander, traverse la partie septentrionale de celle de Burgos, touche celles de Vitoria et de Logroûo, traverse la partie méridionale de la Navarre, l'Aragon et l'extrémité méridionale de la Catalogne , où il se jette dans la Méditerranée après avoir baigné Miranda , Logroño, Tudela, Saragosse et Tortose, L'Ebre est le plus grand fleuve de la Péninsule qui ait son embouchure dans cette mer. Ses principaux affluens à la droite sont : le Ja/on grossi de la Jiloca ; il passe par Calatayud ; le San-Martin et le Guadalope. Les principaux affluens de l'Ebre à la gauche sont : l'4ragon grossi par l'#rga qui passe par Pampelune; le Gallego;la Segre qui passe par Puycerda, Urgel et Lerida, et est grossie par le Fero, la Cinca, la Noguera ÆRibagorzana et la Noguera Palleresa.
Le Liouneoar et le Ten sont de petits fleuves de la Catalogne, remarquables par les importantes villes qui appartiennent à leurs bassins, parmi lesquelles on compte Barcelone, Manresa etGironne , ainsi que par les innombrables usines auxquelles ils donnent l'impulsion.
canaux, On pense généralement, et
bien des auteurs le répètent , que l’Espagne n’a aucun canal. Sans parler des nombreux canaux d'irrigation qu’offrent la Catalogne, les royaumes de Valence, d'Aragon, de Murcie et de Grenade, nous nous bornerons à nommer les suivans, comme les principaux parmi ceux qui sont destinés principalement à la navigation, en faisant observer, que le premier peut, sous bien des rapports, soutenir la comparaison avec les grands travaux de canalisation des autres pays.
Le cANAL IuPéRIAL, ainsi nommé parce qu'il a été commencé par Charles V ; son objet fut d’abord de servir de canal d'irrigation; il longe la rive droite de l'Ebre depuis Tudela en Navarre jusqu’au-dessous de Saragosse; il est en pleine activité, et on doit le prolonger jusqu’à Sastago sur l’'Ebre, où il s’unira à ce fleuve. La longueur de la partie achevée est d'environ 66 milles; sa largeur moyenne au niveau supérieur de l’eau est de 64 pieds ; mais au Pas de Gallur et au Puentecanal du Jalon elle est réduite à 34; la hauteur de l’eau est de 9 pieds. Outre la magnifique écluse de l'embouchure il en compte 9. La prise d'eau au-dessous de Tudela, les excavations de Gallur, le grand aqueduc sur le Jalon long de 4260 pieds, les écluses de la Casa-Blanca , de la Cartuja, et le port de Miraflores, sont des ouvrages hydrauliques très remarquables,
Le caxaL De CasriLue. Il commence à Alar-del- Rey, dans la province de Burgos, où il reçoit les eaux de la Pisuerga, et va jusqu'au Carrion, près de Calahorra, sous la dénomination de canal du Nord; cette ligne offre une longueur de 14 lieues d’Espagne. Depuis le Carrion il se dirige vers le sud jusque près de Grigota, où il se détourne au point appelé El-Serron, prenant alors la direction de Rio-Seco et passant par Villaum-
brales ct Bercerril de Campos jusqu'au Desplobado de Sahagun , près de Paredes de Nava, où il se termine actuellement; ce bout de canal se nomme canal de Campos et a près de 4 lieues de longueur. Au point d'El-Serron il s’en sépare une autre branche dans la direction de Palencia et de Valladolid sous le nom de canal du Sud ; il est ouvert jusqu'à Æ/ Soto de los Albures, peu loin de Dueñas, dans la province de Palencia; cette portion est navigable pendant deux petites lieues. La longueur totale de ce beau canal est d'environ 77 milles ; la largeur moyenne à la surface supérieure est de 36 pieds, et la profondeur moyenne de 6. Ses principaux ouvrages sont 3 aqueducs et 37 écluses, dont 3 de rétention. Selon le plan primitif, ce canal devait se prolonger au nord jusqu’à Golmir, près de Reynosa, et au sud jusqu’à Ségovie, en passant par Palencia et Valladolid. 11 paraît qu'on a déjà commencé à travailler au prolongement de la branche méridionale, parce qu'elle offre plus d'avantages dans l'état actuel du commerce intérieur de l'Espagne.
Le cANAL Du ManzaNAREs. Il commence à Madrid, et parait devoir être porté incessamment jusqu’à Vacia-Madrid, au confluent du Manzanares avec le Jarama. La partie achevée a près de 11 milles de long; sa largeur à la surface supérieure devait ètre primitivement de 50 à 60 pieds, et sa profondeur de 7 à 8; mais ces dimensions ont beaucoup varié depuis, et on les a même réduites plus qu'il n'était nécessaire. Il a 9 écluses ei 2 ponts, sur lesquels passent les ruisseaux Abronigal et Gavia.
Le cANAL DE Murcte, dont une petite partie seulement a été exécutée, commence à la source basse du Guardal et continue sur une longueur d'environ 19 milles. Sa largeur à la surface supérieure varie de 17 à 36 pieds, et la profondeur de 6 1/2 à 7 pieds. D’après le plan primitif, ce canal doit servir surtout pour l’arrosage et étre en même temps navigable ; sa longueur Ke devrait être d'environ 130 miiles. et il devrait aboutir à Carthagène; dans cette longueur il pourrait arroser un terrain de 450,000 fanègues. T1 y a déjà deux mines, une multitude de ponts, d'égouts , de murs et d'ouvertures commencés; le plus grand ouvrage est la mine de Topures, longue de 13,841 varas. Selon les calculs de M. Carmona, il faudrait plus de 25 millions de francs pour achever les travaux commencés et pour exécuter ceux qui manqusat, y compris la mine de Topares.
Le CANAL D'ALRA #, vreusé de 1805 à 1808 pour délivrer Albacète des épidémies qui décimaient régulièrement ses habilans , et pour rendre à la culture de vastes terrains marécageux. Il commence à 6000 vares à l’ouest d’Albacète, dans le royaume de Murcie , et s'étend entre l'est et le nord jusqu’au Jucar, où il débouche à environ 4 milles de Baldeganga, dans la province d’Albacète. Quatre canaux de décharge reçoivent Jes eaux des lagunes pour les conduire dars le canal principal. Celui-ci a près de 24 milles de long; sa largeur à la surface supérieure est de 30 pieds , et sa profondeur est de 7 pieds 1/2. Des
travaux entrepris récemment , et qu’on nous as- ,
sure n'être pas encore terminés, vont en faire un canal navigable.
Le CANAL DES ALFAQUES Ou de SAN-CARLOS, Ouvert pour donner un port à Tortose; il s'étend d’Amposta jusqu'à San-Carlos ou Alfaques, sur une longueur d’un peu moins de 6 milles; il fut exécuté avec si peu d'intelligence, que peu de temps après son achèvement il se combla et devint entièrement inutile.
Le CANAL DE GuaDAnRaMA, entrepris pour la conduite des matériaux de construction à Madrid, a été commencé et continué pour environ 12 milles, et ensuite abandonné après la ruine du batardeau arrivée pendant sa construction. On doit ajouter que plusieurs projets de canaux doivent être mis à exécution par des entreprises particulières. Le grand canal d'irrigation de da Seu d’Urgel en Catalogne , et celui qui doit former la jonction de l’Ebre au Duero seront les premiers, ainsi que le canal Bélique, pour rendre navigable le Guadalquivir depuis Cordoue jusqu’à Séville, et les grands travaux nécessaires pour rendre le Tage navigable jusqu’à Aranjuez.
ETHNOGRAPHIE, À une très petite portion près, on peut dire que toute la population de l’Espagne appartient à deux souches principales. La très grande majorité de ses habitans est comprise dans la sou- CHE GRÉCO--LATINE ; ce sont les Espa-
nols qui vivent dans les Deux-Castiles, le royaume de Léon, la Galice, les Asturies, l’Estremadure, l’Andalousie, les royaumes de Grenade, de Murcie et d’Aragon; les Romans, subdivisés en Catalans, Valenciens et Majorquains, qui habitent la Catalogne , le royaume de Valence et les iles Baléares. Un dix-neuvième à-peu-près de la population appartient à la SOUCHE BASQUE : Ce sont les Basques on Escualdunac ; ils occupent la Biscay e et la Navarre. Quelques milliers des hab'tans de l'Espagne, les Bohémiens, appartiennent à la soucue HiNDOUE; cette petite fraction de l1 population, vulgairement appelée Gifanos, mérite de fixer l'attention du philologue et du philosophe : on la voit sans cesse occupée à lutter contre la misère et la persécution, sans songer à quitter un pays où elle ne participe à aucun des bienfaits de la civilisation. Ces pariahs de l'Espagne sont la plupart maquignons, tondeurs de chevaux et de mulets, et presque tous voleurs.
Ils n’ont aucune propriété et sont relé-
gués dans les extrémités des faubourgs; ,
mais la plus grande partie est nomade et court de foire en foire vendre et acheter des bestiaux de rebut. Leur lang:re, quoique abâtardi, conserve cncore :; ::1-
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ques sons qui rappellent l’origine de ce peuple : leur prononciation est vive et gutturale, et leur chant n’est pas tout-àfait dépourvu de noblesse et d'harmonie.
Leur physionomie est généra:emeni régulière et caractéristique. Quant aux Maures, jadis si nombreux et compris dans la SOUCHE SÉMITIQUE, on prétend qu’il en existe encore quelques familles dans les montagnes de la Sierra Morena.
La soucHE GERMANIQUE ne compte que quelques milliers d’Allemands établis dans les nouvelles colonies de la Sierra Morena ; mais leur nombre, déjà très petit, diminue tous les jours.
BELIGIONS. La religion catholique est la seule que professent les habitans de l'Espagne ; le culte de toute autre religion est sévèrement défendu aux Espagnols. Cependanties Bohémiens nomades ont conservé une espèce de “alle qui se rattache à celui de l’idolàtrie.
GouvERNEMENT, Avant la guerre de l'indépendance, le gouvernement était monarchique absolu , excepté dans les trois provinces de la Biscaye qui ont de tout temps , joui de grands privilèges , entre autres de celui d’avoir des assemblées provinciales, où les représentans de ces provinces, nommés par les habitans , discutent leurs intérêts , fixent les sommes que doivent payer pour subvenir aux
épenses de l’administration locale, et approu: ent le paiement de celles qu’elles accordent au Roi à étre de don gratuit.
Ces provinces communiquent, en outre, avec la France sans éprouver aucune entrave des douanes, dont la ligne se trouve rejetée au-delà de leurs frontières du côté de l'Espagne. Lors de l'invasion du territoire espagnol par les armées françaises, les anciennes cortés où assemblées nationales , abolies depuis long-temps par les princes äes maisons d'Autriche et. de Bourbon, se réunirent en septembre
1816, dans l’île de Léon pour donner un centre à l'insurrection , et publièrent en 1812, la constitution dite des cortes, imitation de la constitution française de 4791. L'assemblée unique, instituée par cet acte constitutif, se compose des députés aux cortes élus par des juntes de paroisses, de districts et de provinces : ces dernières nomment directement les députés. Suivant cette constitution, le gouvernement de la nation espagnole est une monarchie limitée
héréditaire. La souveraineté réside essentiellement dans la nation qui seule a le droit d’établir ses lois fondamentales. Le roi partage avec les cortès le pouvoir lé gislatif, mais n’a qu’un ve/o suspensif. 11 a seul le pouvoir exécutif. Sa personne est sacrée et inviolable; ses ministres seuls sont responsables. Cette constitution, qui avait été reconnue par les puissances alors coalisées contre la France, fut abolie ainsi que les cortès par le roi Ferdinand VIllorsque en 1814 il remonta sur le trône, et l'Espagne rentra sous le régime absolu, Mais en 1820 , une insurrection militaire éclata dans l’île de Léon au nor de la constitution de 1812; le roi fut contraint d’adhérer à l’acte des cortès, qui furent convoquées de nouveau, jusqu’à ce qu’en 1823 le duc d’Angoulème à la tête d’une armée française, vint renverser ce nouveau régime politique et rétablir l'ancien. Ferdinand n’ayant pour héritière qu’une fille en bas âge, abolit en 1832 la doi salique importée en Espagne par les Bourbons. Son frère l’infant Don Carlos protesta publiquement contre cette violation des droits de succession au trône établis en Espagne. Le roi étant mort l’année suivante, la reine Christine, qu’il avait associée à son gouvernement et nommée régente, prit les rênes de l’Etat au nom de sa fille mineure , l’Infante Marie-Isabelle-Louise, qui monta sur le trône en octobre 1833 sous le nom d’Isabelle II. Elle fut reconnue par toutes les provinces du centre et du midi ; mais les provinces de la Biscaye et de Navarre proclamèrent Don Carlos, dans le but de défendre leurs anciens privilèges qu’elles savaient menacés par un régime qui as-
irait à abolir les anciennes coutumes.
aitre de la plus grande partie de ces provinces, Don Carlos, depuis 3 ans, soutient les armes à la main ses prétentions au trône ; et l’on ne peut malheureusement pas prévoir le terme de la guerre civile qui, aujourd’hui, désole toutes les parties de l'Espagne. En 1834 la reine régente donna aux Espagnols, une nouvelle constitution promulguée sous le nom de statut royal (estatuto real ) , et les cortès reparurent sous une nouvelle forme. Elles furent divisées en 2 chambres (Estamentos) : la première dite des proceres (pairs), composée de prélats et de grands d’Espagne, jouissant du privilège de l’hérédité, et de citoyens non
més à vie par la couronne ; la seconde, dite des procuradores (députés), composée de citoyens nommés pour 3 ans par des jurtes de provinces dont les membres étaient élus par des Juntes d'arrondissemens formées du corps municipal ( ayuntamiento). La seconde chambre avait seule le droit de voter l’impôt ; mais les deux chambres ne pouvaient délibérer que sur les objets qui leur étaient déférés par décret royal. Les cortès convoquées en 1836 ayant été dissoutes par décret du 23 mai, le 13 août suivant une insurrection militaire éclata à St-Ildefonse où se trouvait alors la cour, et força la reine-régente à accepter la constitution de 1812. Les cortés, réunies en ce moment, ont été élues suivant les dispositions de cette constitulion, qu’elles s’occupent de modifier de manière à la mettre en harmonie avec celles des autres gouveruemens constitutionnels de PEurope. FORTERESSES €6l PORTS MILITAIRES, L'Espagne en a plusieurs parmi lesquelles nous citerons comme les plus importantes : San-Fernando de Figueras et Barcelone, dans la Catalogne ; Alicante, dans le royaume de Valence ; Carthagène, dans la province de Murcie ; Cadiz, dans l’Andalousie; Badajoz et Olivença , dans l’Estremadure ; Ciudad- Rodrigo, dans la province de Salamanque; Le Ferrol et Tuy, dans la Galice ; S4- Sébastien , dans la Bis-
.Caye; Pamplona dans la Navarre et
Santoha dans la province de Santander.
Cadix, Le Ferrolet Carthagène sontles trois grands ports militaires de l’Espae et les stations ordinaires de sa flotte.
es grands chantiers de construction se trouvent à La Caracca, près de Cadix, à Carthagène et au Ferrol.
æousTRis. Quoique l’Espagne ne puisse pas être comparée sous ce rapport aux principaux états de l’Europe , elle est néanmoins bien au-dessus de l’état arriéré où l’on se plait à la représenter.
Nous dirons même que les fabriques de mégisserie de Valladolid, Séville, Grenade , Malaga, Arcos et Miguel-Turra peuvent soutenir la concurrence, pour la erfection du travail, avec tout ce que ’on trouve de mieux chez l'étranger ; que les draps fins de Tarraza, Manresa et Ezcaray soutiennent avantageusement la comparaison avec les draps de Car-
cassonne et des autres villes du midi de la France ; que les glaces de la manufacture de St-Iidefonse étaient il n’y a pas long-temps renommées dans toute l’Europe par leur qualité et par leurs immenses dimensions ; que les papiers d’Alcoÿ et ceux de la fabrique de M. Grimaud de Madrid, ainsi que les lithographies qui sortent d’un bel établissement dirigé par M. Madrazo dans cette dernière ville, rivalisent avec les meilleurs produits con— nus en ce genre; que les fabriques de nankins de Barcelone , celle de foiles peintes de Madrid établie par un Francais, les manufactures de porcelaine et de faïence de Moncloa et d’Alcora, et celles de chapeaux de Badajoz, de soie filée et de tissus de soie de la Catalogne , de Valence, de Murcie et de Talavera et des toiles cirées de Barcelone fournissent des produits d’une grande beauté et presque parfaits. Nous ne devons pas omettre de faire mention de l'exposition des objets de l’industrie nationale, qui a lieu à Madrid à des époques non encore fixées. Ce fait est d’autant plus important qu’il dénote les progrès sensibles de l’industrie espagnole et sa tendance à imiter les nations les plus industrieuses telles que la France,les Pays- Bas, etc., où ont lieu de semblables expositions.
Nous devons aussi faire observer que les fabriques de sparterie , autrefois si nombreuses et si florissantes, semblent être presque anéanties ; mais qu’en revanche depuis le commencement du x1x° siècle on cultive en grand le cofon dans les provinces de Valence, de Grenade et surtout dans les environs de Motril ; que l’on est parvenu à rendre indigène la cochenille par d’imenses plantations de nopals dans les environs de Malaga, Cadix et Murcie, etque la culture de la canne à sucre, dans les provinces dé Malaga, de Valence et de Grenade, paraît vouloir Hi un grand essor et renouveler les
aux temps où elle formait un des principaux produits indigènes de la Péninsule, En parcourant les principales branches de l’industrie espagnole, nous citerons, pe les villes et les provinces qui se distinguent le plus par leur activité manufacturière : Guadalajara, Burgos, Bejar, Ezcaray, Ségovie, etc., etc., pour les draps fins; Tarraza, Olot, Barcelone, Alcoy, Albacète, Burgos, etc., ec.,
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pour les draps ordinaires ; la Galice, ensuite la Catalogne, Valence, Cuenca et l'Estremadure pour les foiles en général; La Corogne et Bayona en Galice et Soria pour les services de table ; Almagro et Martorellpour les dentelles; La Corogne, Mataro, Bilbao, St-Sébastien, Santander, et Carthagène pour la toile à voile ; Barcelone, Manresa, Mataro , Reus et Olot dans la Catalogne, Valence, Séville, Madrid, Tolède, Talavera, Valladolid, Malaga, Saragosse et Grenade pour les éfoffes de sote ; Barcelone, ensuite Mataro, Reus et Olot, Alicante et Avila, pour les foiles de coton et toute la bonneterie ; la Catalogne, Valence, et Cuenca pour le papier à écrire et a imprimer ; et Madrid pour les papiers à tenture ; Barcelone, Malaga, Séville, Madrid, Badajoz, La Corogne , Santander , Burgos, Igualada et Reus pour les chapeaux ; la Biscaye proprement dite, le Guipuscoa, Santander et l’Alava, Cuenca et Avila pour forger le fer; Eybar, Plasencia, Mondragon , Alagon, Tolède, Utrillas dans lAragon , Guadix, Ripoll et Albacète pour les fabriques d'armes ; Madrid, Eybar, et Plasencia (Guipuscoa), Séville, Barcelone, Valence, Cadix, pour l’orfévrerie et la quan ; Valence, la Catalogne, ’Estremadure , Ségovie , Cuenca et Tolède, eu surtout les villes d’Ocaña, Ontigola et Mataro pour la fabrication du savon ; Moncloa, Andujar, Alcora , Cacerès, Villaropedo, etc., etc., pour la polerie et la faïence.
commence, Le manque de bons chemins, le petit nombre de fleuves navigables, de canaux et d'ouvrages A EN propres à remédier à ce défaut du sol, ainsi que le peu de sûreté sur les grands chemins, rendent presque nul le commerce intérieur de l'Espagne. Cependant il est juste de faire observer que le commerce du petit et du grand cabotage est des
plus animés depuis le cap de Creus jusqu’à’
Cadix sur la Méditerranée et l'Océan, et depuis St-Sébastien jusqu’au cap Finistère sur l'Atlantique. Relativement, 1i est mème plus considérable que celui de la France :
on conçoit facilement qu’il en doit être ainsi, ear la conformation topographique de l'Espagne présentant une surface côtière immense, et les chemins de l’intérieur étant presque impralicables et toujours infestés de bandits, les négocians trou-
vent dans ce moyen de transport de grandes facilités et surtout beaucoup plus de sécurité, La péche de la surdine et de, Fanchois entreticnnent l’activité de ses marins intrépides, ainsi que l’exploitation de quelques bancs de corail situés sur les côtes de la Cataiogne, au-dessous du cap de Tarsuella-de-Mongril , à l’entrée du golfe de Roses. La navigation à long cours, si importante avant les évènemens, qui ont fini par arracher à ceite monarchie presque toutes ses superbes possessions d'Amérique, a bien diminué depuis quelques années, quoique bien moins qu’on le croit généralement. Les principaux ARTICLES EXPORTÉS pour l’Europe, sont : vins el eaux-de-vie, huile, laine (maintenant à peine le dixième de ce qu’on en exportait autrefois), oranges, citrons, raisins secs, figues, amandes et autres fruits ; soie, sel, soude, liège brut et bouchons ; sardines en saumure, mérinos et chevaux d’Andalousie ; soufre brut, mercure et plomb. L'Espagne exporte aussi beaucoup d'articles pour les colonies qui lui sont restées, soit du produit de son industrie , soit provenant des fabriques étrangères. Ce sont surtout des toiles, des étoffes de laine et de soie, de la quincaillerie, des glaces et autres objets de luxe et de première nécessité.
Les principaux ARTICLES IMPORTÉS en Espagne sont, outre les denrées coloniales , telles que cacao, sucre, café, cannelle , etc., blé, poissons secs et salés, draps fins et ordinaires , toile, dentelles, étoffes de coton ei de soie, quincaillerie , bijouterie, articles de modes, lin , chauyre, volailles, viande salée , beurre, fromage, bois de construction , fer, étain, cuivre et ustensiles de ces métaux, une grande quantité d'ouvrages en bois , une foule d'articles de verrerie et beaucoup de porcs et de mulets provenant de France.
Les principales PLACES COMMERÇANTES DE L'INTÉRIEUR S0nt: Madrid , Burgos, Saragosse, Valladolid, Badaÿoz, Cordoue, Xeres de la Frontera, Grenade, Albacète , Murcie, Olot. Les principales PLACES DE COMMERCE MARITIME, S0it ports de mer proprement dits, soit regardées comme villes meritimes à cause du voisinage de la mer, sont : Malaga, Aimeria, Carihagène, Alicante, Valence, Castellon de la Plana, Alfaquesde Torlosa, Reus, Barceloneet Malaro sur la mer Méditerranée ; Cadix, Sé-
ville, Vigo, La Corogne, Gijon, Santander, Bilbao et St-Sebastien sur l'Océan.
DIVISIONS ADMINISTRATIVES. Par un décret royal da 30 novembre 1833, le territoire espagnol, dans la péninsule et dans les lies adjacentes, considéré sous le RAPPORT FINANCIER el ADMINIS- TRATIF, est divisé en 49 provinces, qui prennent le nom de leurs capitales respectives, à l'exception des provinces de Navarre, de Biscaye (proprement dites), d’Alava et de Guiposcoa, qui conservent leurs anciennes dénominations. Cette nouvelle division, qui est un pas dans la voie de l’unité territoriale de l'Espagne à laquelle le roi Joseph et les cortès de 1822 avaient cherché en vain de parvenir, n’a pas osé toucher aux privilèges de ces quatre provinces, eta même évité, autant que rossible, de déplacer les limites des autres. Les nouvelles provinces sont partagées en 3 classes, savoir : 8 de première classe , 7 de seconde classe, et 34 de troisième classe. Les premières sont celles de Grenade, Malaga, Séville, Cadix, Madr‘d, Barcelone , La Corogne et Valence ; les secondes , celles de Cordoue, Saragosse, Oviedo, Tolède, Valladlid, Murcie et Alicante ; et les troisièmes . «...ies de Jaen, Almeria, Huelv£, Huesca, Teruel, Ciudad-Real, Cuenca, Guadalaiara, Burgos, Paencia, Avila, Ségovie, Soria, Logroño, Santander , Tarragone, Lerida, Gironne , Badajoz , Cacerès , Lugo, Orense, Pontevedra, Léon, Salamanque, Zamora , Albacète, Castellon de la Plana, Pampelune , Vitoria , Bilbao, St-Sébastien , Îles Baléares, Canaries. Ces provinces sont gdministrées par des intendans ou subdéléguës du ministère de l’intérieur (subdelegados del fomento). £8 de ces provinces appartiennent à la couronne de Castille et 13 à celle d'Aragon. Dans les 36 premières on comprend la province des Canaries, quoique cette dernière, par sa position, appartienne géographiquement à l'Afrique, avec laquelle nous avons cru devoir la décrire. Les provinces de Saragosse, Huesca, Teruel, Barcelone, Tarragone, Lerida, Gironne, Valence, Alicante, Castellon de la Plana, Murcie, Albacète et les lies Baléares forineni ies pays que ia chancelicrie espagnole nomme les Pays de la couronne d’ Aragon ; toutes les autres provinces sont celles qu’on appelle les Pays de la cvuuronne de Castille.
Ainsi , sous le rapport de la division administrative de l'Espagne, il ne reste plus aujourd’hui d’indécision ; il n’en est pas de même à l'égard des autres c:conscriptons, qui semblent encore offrir ce mélange bizarre qui confond souvent dans un mème fonccionnaire les attributions administratives, judiciaires et militaires; et c’est de cette confusion que résulte le défaut d’accord que l’on remarque enñtre les auteurs quientreprennent de décrire cepays.Uncapitaine-général est toujours président de laudiencia etsuhdélégué de rentes (s#bdelegado de rentas), attributions qui, réunies aux attributions militaires, politiques ou gouvernementales , font que sou autorité s'exerce sur tout. Quelques intendans de province réunissent en même temps à leurs fonctions celles de corregidor , cumulant , de cette manière, les attributions judiciaires et administratives.
ILenest de même de certains gouverneurs militaires, que l’on nomme, par cette raison , gouverneurs militaires et pulitiques. Malgré toutes nos recherches, nous n’avons pu parvenir à savoir si, depuis l’époque de la nouvelle division administrative de l’Espagne, il existe plus danité dans le ressort des autres divisions. Aussi nous bornerons-nous à réproduire , sauf quelques modifications, les divisions militaire et judiciaire de notre première édition.
SOUS LE RAPPORT MILITAIRE, l’Espagne est divisée en 12 grandes capitaineries générales ct 5 petits gouvernemens ou commandemens généraux d’une étendue beaucoup moindre ; les 3 derniers sont entièrement indépendans. Dans chaque cheflieu de province, il y a un gouverneur irilitaire subordonné au capitaine général. Voici les noms des 12 capitaineries générales : Nouvelle-Castille, Vieille- Castille, Galice, Estremadure, Andalousie, Grenade, Valenre, Catalogne, Aragon , Navarre ; avec le titre 4 vice-royauté, Guipuscoa, Iles Baléxres. Les Asturies font partie de la ca pitainerie générale de la Fretlle-Castille Les petits gouvernemens sont : Mahca, Tviçga , dépendans de la capitainerie générale de Majorque ; Campo de Gibraltar, dans a provinec de Cadix; Ceuta sur la côte d'Afrique, et les Zles Canaries. Les 12 capitaineries générales sont des divisions adoptées par tous les géographes, quoique, pour bien des raisons,
ion adte plus est pas nscripce mé lans un ‘admiet c’est ut d’acuteurs .Uncalent de 'S (S4b- 1s qui, , poliue so les inmême rregiles atatives.
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elles ne devraient pas l’être. C’est ce motif qui noms a engagé à les conserver dans le texte , en les coordonnant avec la division par provinces; on a écrit en petites capitales leurs chefs-lieux respectifs.
L'Espagne est en outre divisée en 3 départemens maritimes, dont les chefs-lieux sont l’Zle de Léon, Le Ferrolet Carthagène. Le premier comprend les capitaineries générales de Grenade, Andalousie, Estremadure, Nouvelle-Castille, et les iles Canaries. Le second comprend celles de Galice, Vieille- Castille, Navarre et les provinces Basques ; et le troisième, les capitaineries générales de Valence, Aragon, Catalogne et des Iles Baléares.
Il y à dans chacun de ces départemens un capitaine-général de la marine, et des commandans dans les principales places de commerce maritime. Chacun de ces commandemens comprend plusieurs ports; dans chaque port se trouve un officier in-