‹ Abrégé de géographie [microforme] (volume 2)Chapitre 332 sur 628 · MM · texte numérisé non relu

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de la population du royaume de Siam propredit;les Thay-jhay (Taï-yaï), regardés par les Siamois comine leurs ancêtres ; ils occupent sous les noms de Zaos, Law, Shan (Chan), toute la partie centrale de la péninsule Transgangétique. Les recherches faites sur ces peuples par MM. Francis Hamilton, Buchanan Hamilton, Gützla®, st le savant résumé de M. Ritter, nous engagent à ramener provisoirement dans cette famille non-seulement la presque totalité des habitans du Aochampri(Mrelapcham, du Haut- Laos (Lowa-chan), du Laos-Moyen(Yangoma ou lün-chan), du Bas-Laos (pays des Lenzen ou Lantschang), le Zaos-Oriental (Lactho et Tarout), pays partagés entre les empires Birman et d’An-nam et le royaume de Siam, mais aussi les Lolas et les Pape (Papesifou) tributaires de la Chine, les Loy (Loe) du Tsiampa , dans l’empire d’An-nam , les Ahiaïn et les Kasichan à l'ouest de l’Irraouadi dans l'empire Birman, Nous ajouterons que M. Güizlaff regarde les Xahs comme la peuplade la plus abrutie de cette famille ; ils n’ont aucune loi, et ne professent aucune religion. Les Laos civilisés eux-mêmes, les Siamois et les Birmans traitent en esclaves tousles individus de cette nation dont ils peuvent s'emparer.

Les AnamiTes, Subdivisés en Tonquinois, qui sont les plus nombreux, et en Cochinchinois, qui dans ces derniers temps sont devenus la nation dominante de l'empire d’An-nam, et une des plus puissantes de l'Asie, par les progrès qu'ils ont faits dans l’art de la guerre en adoptant la discipline des Européens.

Les Sran-p1 ou ConéENs; ils forment la presque totalité de la population du royaume de Corée.

FAMILLE JAPONAISE : les Japonais, répandus sur tout l'empire du Japon, où ils forment la presque totalité de la population; sous le rapport de la puissance et de la civilisation, ils sont au premier rang parmi les peuples Asiatiques. Les Lieou-khieou, établis dans l'archipel de ce nôm , appartiennent à cette souche.

Les Miaos-szu, les Mian-rincs sont des nations assez nombreuses qui vivent dans la Chine proprement dite, sans 1ppartenir à la souche chinoise. Les sauvages qui habitent l'intérieur de l'ile d'Haï-nan ; les Kemoys, dans les montagnes qui séparent le Laos de la Cochinchine ; les PLay ou Karayn dans l'empire Bhman, sont d'autres peuples étrangers aux familles ethnagraphiques des peuples civilisés au milieu desquels ils vivent.

Face Touxcouse : les Toungouses, subdivisés en Mandchoux, qui depuis 1644 sont devenus la nation dominante dans l'empire Chinois ; ils sont très avancés dans la civilisation et forment la moitié de la population du Liao-toung et la totalité de celle de la Mandchourie jusqu’au confluent de l'Ousouri avec l'Amour, les Toungouses proprement dits, qui sont très arriérés sous le rapport de la civilisation; ils vivent dans l'empire Russe où ils sont répandus sur plus d'un tiers de la Sibérie, depuis le lénisseï jusqu'à la mer d'Okhotsk. Nous rappellerons que les Mandchoux offrent un phénomène remarqua-

ble dans l'histoire de la civilisation, puisqu'il y a à peine 250 ans qu'ils élaient encore nomades, ne sachant ni lire ni écrire, et qu'aujourd'hui ils ont une littérature riche, très importante surtout peur l'étude de la littérature chinoise dont elle aide l'intelligence par ses traductions des textes originaux chinois. C'est le mandchou et non pas le chinois que depuis cette époque on parle à la cour de Péking.

FamiLLE MonGnce : les Mongols subdivisés en Mongols proprement dits, en Xhalkha et en Charrai-gol ou Mongols du Tibet; ils occupent la Mongolie et une partie du Tibet, ainsi que le Pays du Khoukhou-noor, dans l'empire Chinois; une partie vit dans l'Asie Russe; les Mongols dans le xif siècle furent la nation dominante du pius grand empire dont l'histoire ait conservé le souvenir. Les Xalmuks ou Olet; ils occupent une grande partie de la Dzoungarie. Les Bourètes, répandus dans le gouvernement d’Irkoutsk,

FamiLLE Turque : les Osmanlis ou les Turks proprement dits des Européens, ils forment la nation dominante de l'empire Ottoman; c’est le peuple le plus puissant et le plus civilisé de cette famille; les eyalets d’Anadoli, d'Erzeroum , de Konich, etc., sont les contrées oùils sont en plus grand nombre; les Luzbecks, qui sont le peuple don: ..ateur du Turkestan-Indépendant; les Turks de Sibérie ou Touraliens, qui sont les prétendus Talars de Sil é. rie ou Tatares Tourali'ns des géographes, ils sont répandus dans les gou: :rnemenc ve To:

bolsk, de Tomsk et de lénisseisk; !°s Turkomans, Subdivisés en an nombre prodigieux de branches et de rameaux, répandus dans les royaumes de Caboul, de Herat, dans le ‘urkestan-Indépendant, dans l'Asie Ottomane et dans PAsie Russe ; dans cette dernière région ils vivent dans les provinces du Caucase; les Turkomans du royaume de Perse sont devenus depuis long-temps la nation dominante de cetie monarchie; les Xärghis, subdivisés en Bourouts ou Orientaux ete" Kazak ou Occidentaux; une partie des Ciicataux est tributaire de l'empire Chinois; la plus grande partie des Occidentaux est vasale de l'empire Russe ; le reste vit tout-à-fait indépendant. Tous les nombreux peuples que nous venons de nommer sont censés parler des dialectes de la langue turque ; ‘essuivans parlent des langues sœurs : les Sokh« uu Fakoutes, établis dans le gouvernement de lénisseïsk et dans là province de lakoutsk; ce sont les plus orieu:ux et les plus septentrionaux de tous les peuples de cette famille, mais aussi les plus abrutis, les Tchouwaches, nommés improprement Talars montagnards par les Russes; ils errent dans üne partie du gouvernement d'Orenbovrg.

Nous rappelierons au lecteur que cette famille, ainsi que les deux précédentes, comprennentles peuples généralement connus sous le nom de Tartares, dénomination qu'il faut bien & ’arder de confondre avec celle de Tatars, qui ne convient qu'aux peuples compris dans la famille Mongole. Voyez aux pages 146 et 150 du premier

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volume de l'Allas elhnographique au Globe, où nous avons exposé :es motifs qui nous ont engagé à faire cette distinction, approuvée par les deux premiers juges compétens de l'Eroque, par MM. Klaproth et Abel Rérmusat. Nous appuyons sur celte remarque, parte qu'il parait que des savans très versés d'ailieurs dans l'ethuographie , ignorent cette distinction. S'il en était autrement, ils ne nous auraient pas adressé à tort des rentarques criliques sur l'emploi du mot Tartares.

Faire Samoyne : les Y'awghi, répandus depois le lénisseï jusqu'à la Lena; c’est le peupie le plus septentrional de tout l’Ancien-Continent; les Quriangkhaï, nommés aussi Sorotes; le plus grand nombre vitsurle territoire de l'empire Chinois vuireles monts Savans et les monts Khanget et Aat, le reste sur e& ‘lui de l'empire Russe. La foin revê parte antüropophage une des tribus souruse aux China les Ouriangkhat sont le peuple ie plus ocridionst: cette famille, Fais iënisset, dont les difler as peuples sont confondus par les géograntes avec 105 Ostiakes, qui appartiennent à a sui üe Ouralisnne ou Finnoise, Ces peuÿ des, gi nnbreux €t abrulis, vivent dans te our ernement de i éuisseisk ; les” Denkit, les Prbañé, es Poumpokols, les Koiles et les Assanes en sont les peuples principaux,

FAMILLE RORYÈkE : celte souche ne comprend que quelques geuples de ce nom, abrutis et peu nombreux, répandus dans l'extrémité nord-est de l'Asie dans les districts d'Okhotsk, de Kamichatka, dans la province de Iakoutsk et dans le Pays des Tchouklchi.

Les Anpon-Domxi ou Youracuires, peuplade trés peu aombreuse, dont les tribus vivent entre es fikoutes et les Korièkes le long de l’Océan- Ga: :al, depuis la Yana jusqu’à la Kolyma.

Famiuee KAMTCHADALE : elle embrasse les peuplade: peu nombreuses et presque entièrement ichtyophnages répandues sur la péninsule de Kamtchatka.

FAMILLE KOURILIENNE : les Kouriliens ou Kouriles; ils habitent l'archipei des Kouriles par-

nRezsGIonRS. L’Asie est le domaine des fables, des réveries sans objet, des imaginations fantastiques , à dit un célèbre orientaliste : aussi quelles étonnantes variations , et, on peut le dire, quelle déplorable diversité n’observe-t-on pas dans la manière dont la raison humaine, privée de guide et livrée à ses seules inspirations, a taché de satisfaire à ce premier besoin des sociétés antirues, la religion! Si le judaisme et le : ; stianisme sont nés en Asie, s’il est : : ie vérités qai n’aient été enseignées «uns cette par tie du inonde, on peut dire en revanche qu’il est aussi peu d’extravagances qui n’y aient été en honneur, ou qui n’y aient pris

tagé entre les empires RUSSE « ont of l'ex'rémité méridionale €u Karmtchatka; les Ainos ou lesso, établis sur lil: 50 dans l'empire Japonais; les Tarakai vu ii dinos de la grande ile Tarakaï ou Ssghalien, et les Gidiaki de la partie de la Mandohonrie à lost l'Ousouri; ces deraiers sont nouunés #écke el Khe:!jen par les tandchoux.

FAMILLE OURALIENNE ou Tonouri ou Mans, répandus entre Kourgan ct Beresov dans le gowvernement de Tobolsk; les Ostiakes, distingués en 4s-1akh où Ostiakes de l’Ob, Ostiakes de Berezov, du lougan, le Narym, cc. ,etc.

Famitze Matuiuenne : lex indigènes de lile Formose dans l'empire Chinois, les Made: “ui forment la masse pr: 2cipale de la population Se ja péninsule de Maircea cù du K:rboge Uccidental, dans linde-Transgangétique, et une grande partie de celle des iles voisines, telles que Salanga , Prince-de-Galles, Singapoure, etc. ; il faut cependant excepter les montagnes de l'intérieur de la péninsule habitées par des peuples nègres ou de race entièrement différente. La supériorité des races européennes sur les races Asiatiques a exposé ces dernières à de fréquens envahissemens , qui “urent lieu du temps des Grecs et des Romains, et plus tard par les nations modernes , particulièrement par les Portugais, les Hollandais, les Russes, les Anglais et les Français. Les peuples européens les plus nombreux établis en Asie sont les Grecs dans l'Asie Ottomane, et les Ausses dans l'Asie Russe, Viennent-ensuite les Portugais, les Ang‘ais; et apres ceux-ci les Français, les Danois et les Hollandcis. Nous ne parlerons pas des {taliens, parce qu’ils sont en trop petit nombre. Nous rappellerons seulement qu'un mauvais jargonitalien, fort répandu dans PArchipel et sur les côtes de la mer Méditerranée, est tout ce qui est resté dans les temps modernes de la domination de Venise, de Gènes et d’autres villes d'Italie, qui au moyen âge avaient recueilli par l'industrie, par le commerce et souvent par les armes l’hérilage de l’ancienne Rome en Orient,

les Fogoules

naissanrc. La :uperstition des Sabéens , le culte du feu et des autres élémens, l’islamisme, le polythéisme des brahmanes, celui des bouddhistes et des sectateurs du grand lama, le culte du ciel ct des ancètres , celui des c:orits et des démons, et tant de sectes <:..1aires ou peu connues, enchérissant : :.: sur l’autre, en fait de dogmes inseu: où de pratiques bizarres e! 78m: ‘’roces, donnent une faible idée :': anante variété qu'offrent les cr: 3: religieuses des Asiatiques. Devant :quer dans la description de chaque el religions différentes qu'on y 30e: nous allons essayer de classer les ur aux peuples

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GEOGRAPHIE de l’Asie d’après les principales croyances qui se partagent entre elles la nombreuse population de cette partie du monde.

Le JupAisME, qui comptait jadis tant de disciples dans l’Asie Occidentale , où les Juifs avaient fondé un royaume florissant, n’est plus dominant dans aucun état, à moins qu’on ne regarde comme tel la partie du désert de l’Arabie habitée par les Rechabites, qui depuis bien des siècles conservent leur religion et leur indépendance. Le Judaisme est en outre professé par quelques milliers d'individus dans le Turkestan-Indépendant, dans la Perse, dans la Chine; mais c’est dans PAsie Ottomane, dans l’Arabie et l’Inde, que les Juifs sont le plus nombreux.

Le CHRISTIANISME, autrefois dominant dans une si grande partie de l’Asie Occidentale et si répandu dans l’Asie Moyenne et dans la Chine , ne compte plus dans ces régions qu'un petit nombre de fidèles ; et malgré les efforts des missionnaires anglais il ne s’est pas beaucoup répandu dans les contrées boréales de l’Inde ni

* dans l’inde-Transgangétique. C’est avec

peine que nous devons mentionner les persécutionsauxquelles aujourd’hui sont exposés non-seulement tous les missionnaires, mais même tous les indigènes qui le professent. Le nombre de ces derniers allait toujours en augmentant depuis le commencement du xix° siècle, surtout dans l’empire d’An-nam. L'empereur régnant, qui s’est déclaré l’ennemi de cette religion , ne donne la liberté qu’à ceux des chrétiens prisonniers qui consentent à marcher sur le crucifix. L'Eglise Orientale ou Grecque Orthodozxe est dominante dans toute l’Asie Russe , et ses nombreux sectaires sont tolérés dans l'Asie Ottomane. Quant aux principales sectes de cette église, que les orthodoxes considèrent comme des hérétiques, nous trouvons les Nestoriens dans l’Asic Ottomane, dans le Turkesin-ludésrudant, dans Îles royaumes de leïse el üe C° boul, et, sous le nom ée chretiens de St-:homas , dans Pre. Les Arméniens, qui forment une grande parlie de la popula-tiom de l’Arménic, sont dispersés dans toute Asie Occidentale, et se rencontrent d’un bout à lPautre de ce continent dans toutes les grandes villes de commerce.

L'Eglise Occidentaleou Latine compte beaucoup de croyans; le plus grand nombre anpartient à l’AÆglise Ca-

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tholiqueet vit dans l'Inde, l’empire d’Annam, la Chine, l’Asie Ottomane et la Perse, Après les catholiques viennent les protestans attachés à l'Eglise Episeupale ; ils se rencontrent dans toutes les vastes possessions Anglaises, où vivent aussi plusieurs milliers d'individus attachés aux Eglises Luthérienne, Presbytérienne et Réformée. Voyez aux pages 64 et 70.

L’ISLAMISME ou la RELIGION MaAnomé- TANE é6st de tous les cultes dominant en Asie celui qui est le plus répandu, quoique le nombre de ses croyans ne soit pas le plus grand. Cette religion est professée par les Arabes, les Persans, les Afghans et par tous les peuples turks, à l'exception de ceux qui sont connus sous les noms impropres de Tartares de l’Ob, de Tchoulym , de Verkho-Tomsk, des Katchintsi, des Kistim et Toulibertes, des Biriousses, des Abintsi, des Sayans, des Beltires, des Teleoutes et des Yakoutes, qui sont tous ou encore attachés à l’idolâtrie la plus grossière, ou bien convertis au Christianisme par les Russes. L’islamisme est aussi adopté par les Beloutchis, les prétendus Maures ou Mogols de l’Inde, les Malais de la presqu’ile de Malacca, les Circassiens, les Abases et autres peuples de la Région du Caucase, ainsi que par la plus grande partie des habitans du Kachemire.

Nous verrons dans la description de la Perse et de l'Inde les localités peu nombreuses où ion rencontre encore des GuëBrEs , dont nous avons indiqué les dogmes à la page 76. Nous renvoyons à la même page pour tout ce qui concerne la RELIGION DE NANEK professée par les Seikhs dans le nord-ouest de l'Inde.

Le BRAHMANISME, dont nous avons indiqué les dogmes à la page 73, étend son domaine sur presque toute l'Inde.

Le BOUDDHISME est la religion de l'Asie qui compte le plus grand nombre de croyans. Nous avons exposé les principaux dogmes de cette religion aux pages 74:t 75, elle domine, à quelques exceptious près, sur toute l’inde-Transgangétique, sur le Tibet, la Mongolie, le Pays des Mandchoux, la Chine, la Corée, le Japon, chez les Bouthias, les Murmis, les Kirates etautres peuples dans les hautes vallées de l'Himalâya ; elle compte aussi plusieurs mithers de croyans dans lPAsie Russe.

Nous renvoyons aux pages 75 et 70 pour ce qui concerne le CULTE DES ESPRITS et celui de Conrucius professés à la Chine, au Japon, dans la Corée, au Tonquin et autres pays ; et à la page 76 pour la RELIGION vu SIN-To, qui est la plus ancienne de celles qu’on professe au Japon.

On peut qualifier d'IDOLATRIE et de PRATIQUES SUPERSTITIEUSES et non de RELIGION POSITIVE les croyances des peuples les plus abrutis que nous rencontrerons dans la description des principaux états de l’Asie. Nous ne citerons ici que les Toungouses, les Samoyéèdes, les Tehouktchi, les Youkaghires, etc., dans l’Asie Russe; quelques tribus de Toungouses , les Soyotes, les peuplades de l’intérieur de l'ile d’Aai-nan et de la partie orientale de l’ile Formose, ainsi que quelques peuplades encore sauvages de l’intérieur de la Chine; les 4inos ou Kouriles , dans l'Asie Russe et dans l'empire Japonais ; les Nagas, les Koutchoung, les Mismi, les Singhphos, etc., dans l’Inde-Transgangétique Anglaise, et un grand nombre d’autres peuples sauvages dans l'empire Birman, dans celui d’An-nam et dans le royaume de Siam; les Gonds, les Cattywars et autres dans l’Inde, et les Bedahs dans l'ile de Ceylan; enfin plusieurs peuplades du Caucase et tous les peuples {urks de l’Asie Russe que nous avons nommés à la page précédente en parlant de lislamisme, et qui ne sont ni mahométans ni chrétiens.

acouveanemenT. Si l’on entend par despote un maître absolu, qui dispose des biens, de l’honneur et de la vie de ses sujets, usant et abusant d’une autorité sans bornes et sans contrôle, on ne voit nulle part, dans les états policés de l’Asie Orientale , de semblables despotes, malgré toutes les déclamations dont les gouvernemens de ces pays ont été l’objet. Partout les mœurs, les coutumes antiques, les idées reçues et les erreurs même imposent au pouvoir des entraves plus embarrassantes que les stipulations écrites dont la tyrannie ne peut se délivrer qu’en s’exposant à périr par sa violence même. Ce n’est que dans quelques étais musulmans, et surtout en Perse qu’on rencontre le despotisme le plus odieux et cette servitude avilissante qu'on s’est plu à attribuer à toutès les

nations de l’Asie. Quelque nouvelle que soit cette manière d’envisager les gouvernemens de cette partie du monde, elle n’en est pas moins vraie ; et le géographe qui veut être exact doit l’admettre, en rejetant les opinions erronées admises dans tous les traités de géographie. On a pris tous les monarques de l’Asie pour des despotes, parce qu’on leur parle à genoux et qu’on les aborde en se prosternant dans la poussière. On s’en est rapporté à l’apparence , faute d’avoir su pénétrer la réalité ; on a vu en eux des dieux sur la terre, parce qu’on n'apercevait pas les obstacles invincibles qu’opposaient à leurs volontés les religions, les coutnmes, les mœurs et les préjugés. Un roi des Indes ne peut lever des taxes sur un brahmane, quand lui-même mourrait de faim, ni faire un marchand d’un laboureur, üienfreindre la moindre disposition d'un code qui passe pour révélé, et qui décide des intérêts civils comme des matières religieuses. L’empereur de la Chine ne peut choisir un sous-gouverneur de province que sur une liste de candidats dressée par les lettrés, et s’il négligeait, le jour d’une éclipse, de jeuner el de reconnaître publiquement les fautes de son ministère, cent mille pamphlets autorisés par la loi viendraient lui tracer ses devoirs, et le rappeler à l'observation des usages antiques.

L’Asie offre aussi beaucoup de peuples dont le gouvernement pourrait être comparé à celui de nos empires féodaux du moyen âge; tels sont, par exemple, les Mahrattes , les Afghans, les Beloutchis, les Mongols, les Kalmuks, les M2zdchoux, plusieurs peuples turks et plusieurs nations du Caucase, entre autres les Circassiens et les Abases. L’empire même du Japon n’est à proprement parler qu’une monarchie féodale sous la domination d’un prince qu’on pourrait com-— parer aux muires du palais. D’autres peuples sont entièrement libres , tels que les Arabes Bédouins, les Kurdes Bilbas, plusieurs peuplades de la Région du Caucase et de la Syrie et les Seikhs ; ces derniers même sont peut-être la seule nation asiatique policée , chez laquelle tous les habitans soient parfaitement égaux. Les petites nations nomades et plusieurs tribus arabes sont régies par un gouvernement pastoral ou yatriarcal, ordinairement héréditaire dans certaines

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