‹ Abrégé de géographie [microforme] (volume 2)Chapitre 349 sur 628 · LES RENOUARD . LIBRAIRE A PARIS · texte numérisé non relu

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lorsqu'on parle du commerce des Indes, on comprend souvent non-seulement le commerce de l’Inde - Transgangétique , mais aussi celui de la Chine, du Japon, et des prétendues Îles Asiatiques ou de la Malaisie. On l’appelle le commerce des Indes-Orientales pour le distinguer de celui des Zndes-Occidentales ou de l'Amérique. Quelquefois on appelle le premier le commerce des Grandes- Indes par opposition à celui de l’Amérique qu'on nomme des Petites-Indes.

POSITION ASTRONOMIQUE, Longitude, .entre 65° et 90°. Latitude, entre 8° et 35°,

cowrins. Au nord, le Tibet et autres contrées comprises dans l'empire Chinois.

A l’est, l’Inde-Transgangétique. Au sud, l’Océan-Indien. A l’ouest, le Beloutchistan et le royaume de Kaboul.

FL=Uuves. Peu de régions de l’Ancien- Continent offrent un plus grand nombre de fleuves que l’Inde; elle en possède même deux qui figurent parmi les plus grands du globe. C’est à ces vastes et A sans courans qu’elle doit sa grande fertilité. Voiciles fleuvesque notrecadre rétréci nous permet de mentionner; nous les rangeons en deux classes selon les mers différentes auxquelles ils aboutissent.

Le GOLFE D'OMAN reçoit : l’Inpus , qui, selon le capitaine Burnes, est formé par la réunion de deux branches principales, savoir : le Scuyour (Shyook) ou BRANCHE ORIENTALE qui vient du lac Mansurour, el le FL&UvE DE LADAK O!! la BRANCHE SEPTENTRIONALE qui descend des monts Tsoungling ou Kara-Koroum. Ce fleuve court d’abord sous la dénomination de Sin et passe près d’Iskardo; franchissant ensuite l'Himàlaya , il sépare les deux royaumes actuels de Kaboul et de Làhore, traverse ce dernier et les principautés du Sindhy en passant dans ce long cours par les villes d’Attock, de Mittun, de Rori et Bakkar , de Sihouan , de Hala, de Muttari, d'Haïderàbàd et de Tâttà. Selon le même voyageur au-dessous de cette dernière ville » l’Indus se divise en deux branches : celle de droite, nommée BAGcaR (Buggour?, et celle de gauche, nommée Sara; le Baggar baigne Mirpour. La Sata se subdivise en sept autres branches, dont la plus considérable est nommée Ouanyant (Wanyanee ; Wangunee) ou Gora. A ces neuf branches permanentes il faut en ajouter deux autres que M.Burnes regarde comme temporaires, car elles n’ont de l’eau que pendant3 mois ; ce sontle Syr (Seer) nommé P1nyaRt dans sa partie supérieure ; cette branche se détache de l’Indus aux environs de Darrack (Iurruck), et passe par Mughribi,au-dessous de laquelle ville elle prendle nom de Gouxcra. L'autre branche est le FouzLaut1(Fullalee; Gonee); elle passe par Haïderàbâd, prend ensuite le nom de FourrAOUN et enfin celui de Konv(Koree) à son embouchure ;

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c'est la plus large et ia lus profonde de toutes les branches de l'Indus ; elle passe par Lukput, mais malheureusement un vaste banc de sable en barre l'entrée. C'est à cette branche que venait se joindre celle qui se détachait de l'indus dans le voisinage de Bakkar en traversant le déserteten passant peu à l'ouest de la célèbre forteresse d'Oumercote, Les principaux affluens de l’Indus à la droite sont : le X abo ul, grossi à la gauche par la Kama, grande rivière qui traverse le Kaferistan ; à la gauche : le Pandjnad, formé par la réunion de cinq rivières qui donnent le nom au Pendjàb ou province de Lahore; ces rivières sont le Djhelam (Jhylum, lHydaspe des anciens) nemmé aussi Beat, qui reçoit, selon M. Hamilton, le Tchendb (4cesines) etle Ravei (Hydraotes) et le Setledje (Sulledie l'Hesudrus) quiprend le nom de Gharra après avoir reçu le Zedja (Byas, l’Hyphasis). Le Setledje est le plus remarquable des affiuens de l'Indus par la longueur de son cours et par l'énorme élévation à laquelle se trouvent les lacs de RawanetMana Sarovara , qu'on regarde comme ses sources. D'autres géographes et M. le capitaine Burnes considèrent le Tchenàb, comme la branche principale à laquelle ils font aboutir le Djhelam etle Setledje ; c'est aussi notre opinion.

La Nanmuan où NensunDau prend sa source dans un petit lac, surle plateau d'Omerkantak dans le Gandwânà, court à l'ouest en traversant cette province et celles de Màlwà, de Kandeich et de Guzerate, en passant par les villes de Mändlah, Garràh, Hindia et Barotch, et finit au golfe de Kambaya. Ses affluens sont trop peu

considérables pour nous engager à les mention-'

ner; mais nous rappellerons que c’est au sud de ce fleuve que la plupart des géographes font commencer le Dekkan.

Le Tapry nait dans le Gandwänà, court de l'est à l’ouest presque parallèlement à la Nerbuddah , traverse les provinces de Berar, de Màlwà , de Kandeich et de Guzerate, et, après avoir passé par Bourhänpour et Surate, entre dans le golfe de Kambaya.

Le GOLFE DU BENGALE reçoit:

Le KÂvervy; ce fleuve nait dans les Gates Occidentales, traverse le Maïssour, le Koïmbatour et le Karnatik, passe par Eroad, Seringapatam, Tritchinopoly, et par plusieurs branches se rend dans le golfe du Bengale. C’est sur ces branches que se trouvent Negapatam, Karikal et ‘franquebar.

Le Pannar a sa source sur le plateau de Maïssour, court au nord sur ce dernier, traverse Balaghât ct dans le Karnatik se rend à la mer.

Le Kisrxau ou Kricuna prend sa source dans les Gates Occidentales dans le Bedjapour , traverse cette province, celle d'Haïderàbad et, dans les Circars du Nord , entre dans le golfe du Bengale, par deux branches principales; celle du Nono dite aussi Kisrnau passe près de Masulipatam ; celle du Sun, qui est la plus large, prend le nom de Sirreek. On doit remarquer avec M. Hamilton que ce fleuve, plus que tout autre courant de l'Inve, est riche en diamans et autres pierres précieuses. Ses principaux affluens à la

droite sont ; la M diparbdetla Toumbadrdh (Toombadra); cette dernière est regardée par quelques géographes comme une des trois branches dont selon eux se forme le Kistnah; la Tourmbadräh reçoit à la droite le ?dddwattr, qui vient du centre du plateau du Maïssour.

Les principaux affluens du Kistnah à la gauche sont : la Bémd grossie par la Sina et autres rivières; et le Moussy qui passe par Haïderäbad.

Le Gonaveny, nalt dans les Gates Occidentales dans l'Avrangâäbad, le traverse ainsi que les provinces de Bider, de Berar ct les Circars du Nord, C'est dans ces derniers que ce fleuve entre dans la mer par plusieurs embouchures qui portent différens noms, et dont une vers le nord retient Ja dénomination de Godavery. Ce fleuve passe par Nâdere et Mangapett. Ses principaux affluens sont à la droite :la Mandjer a; à la gauche : la Pourna,la Wardd grossie par la Pain-Ganga, la Bain-Ganga et le Silair.

Le MAnänanvy ou KatrTax (Cuttac), descend des montagnes du Bandelkand , traverse Île Gandwänà et l'Orissa , baigne Senepour et Kattak, et, après avoir formé un large delta composé de plusieurs branches, entre dans la mer.

Le Gaxce est le fleuve principal de l'Inde. I est formé dans le Gherwâl par l'union des deux branches le BHÂcinaruy, qui est regardé comme le vrai Gange, et PALAKNANDA. Le BnÂcinatay sort du flanc de l'Himälaya au-dessus de Gangotri à la hauteur de 13,800 pieds anglais au-dessus du niveau de la mer. Mais selon M. Hamilton , le Davut, étant plus considérable etvenant de plus loin, devrait être régardé comme la source principale. Le Bhâgirathy et l’Alàknandà se réunissent dans un lieu nommé Devaprayaga, où s'élève un temple qui est un des sanctuaires les plus célèbres parmi les Indiens, Après Hardwar le Gange entre dans la vaste plaine de l'Hindoustan, traverse les provinces de Delhi, Agra, Aoudh, Allahäbàd, Behar et Bengale , en passant par Farrakhäbâd, Allahäbàd, Mirzapour, Benares, Ghazipour, Patna, Râdjàämahal. C'est dans le Bengale que ce fleuve forme un delta immense composé d’un grand nombre de branches, sur lesquelles se trouvent Mourchidàbad, Kassim-bazar , Dakka et autres grandes villes. Les branches principales sont : l'Houcuv, qui passe par Calcutta et Chandernagor; elle est toujours aavigable et traversée par les vaisseaux qui font le commerce avec la capitale de l'Inde Anglaise ; ses eaux sont réputées sacrées par les Brahmines. Ces prêtres de Brahma jurent devant les tribunaux sur ses eaux, comme les mahométans jurent sur le Coran et les chrétiens sur l'Evangile. Viennent ensuite l'HourincorTi, qui est aussi toujours navigable; et le GANGE proprement dit : l'Houringotta confond ses eaux avec celles du Megna ou Brahmapoutra audessous de Lakipour. Les principaux affiuens du Gange sont à la droite: la Xalli-Naddy (Calini), la Djamné& (Jumnah) dont les sources se trouvent dans le Gherwäl à l'ouest de celles du Gange ; elle passe par Delhi, Agra et Allahà-

bâd, etreçoitle T'ehambal(Chuinbul), ta Betwah et la Aiane;la Sone qui past par Daoudnagar. Les principaux affluens à la gouvhe sont : la RAdmganga, qui passe à Moräbàd; la Goumty (Goomty), qui arrose Lucknow ; la Gogra, qui nait sur le versant méridional de l'Himalaya daus le Nepal, forme la célèbre cascade de Kanar, passe par Fezäbad et Aoudh, et reçoit le Kali,le Tchauka, le Rapty et le Petit- Gändak; le Gandak (Gunduk), qui est le plus grand fleuve du Nepal et dont les sources se trouvent selon les uns dans le Tibet, selon d'autres près du Dhawalaghiri, la plus haute montague connue du globe; le Bdgmatt,y (Bogmutty), qui nait près de Khatmandou, capitale du Nepal; le Aouss y (Kosi, Cosah), qui prend sa source sur le versant méridional de l’Himàlaya, reçoit l’A4runetle Tombao dansle Nepal, et le Gogary dansle Behar ;la Mdhdmada, grossie par le Parnäbabah; le Tistah(Teestah) : c'est le dernier des grands affluens du Gange,; il naît dans le Tibet, sépare la principauté de Sikkim du Boutan, passe par Dinàädjpour et partage inégalement le tribut de ses eaux entre le Gange et le Brahmapoutra.

Le BaanmarourrA (Burrampooter); sur l’autorité de’Rennell et de Turner les géographes représentaient ce fleuve comme la continuation du grand courant qui traverse le Tibet sous le nom de ZzanGrsiou; mais l'exploration faite en 1827 par les lieutenans Wilcox et Burlton a démontré que le Bralhimapoutra nait dans le pays de Borkhamti au pied des Langtan , montagnes ncigeuses qui s'élèvent à l’est de l’Assam et au nord de l'empire Birman. Ce fleuve traverse le pays des Mismi , le royaume d’Assam et le Bengale oriental, et après avoir reçu une branche du Gange et quelques-unes de celles de son affluent Tistah, le Brahmapoutra prend la dénomination de MEGNA, passe par Lakipour, et au-dessous de cette ville il confond ses eaux avec celles du Gange. Ces deux fleuves réunis arrivent au golfe du Bengale, où ils forment un vaste delta. Les principaux affluens du Brahmapoutra , dont le cours supérieur appartient , selon les divisions arbitraires des géographes, à l’inde-Transgangétique, sont à la droite : le Goddado, qui vient du Boutan; à la gauche : le Brak, qui traverse le Kassay occidental et le Katchar dans l'Inde- Transgangétique, et le Silhet dans le Bengale ; le Goumti (Goomty), qui traverse le Haut- Tiperah dans l’inde-lTransgangétique et le Bas- Tiperah dans le Bengale.

RELIGIONS. Les Hindous sont très inégalement partagés sous le rapport de leurs croyances religieuses. Le BRAHMANISME est professé par plus des sept huitièmes de la population de cette contrée. Les princes Maharattes, les rois de Maïssour, de Trevankore, les princes radjepoutes d’Adjmir, ete., etc., appartiennent à cette religion. Le Bouppuisme est professé par une grande partie des habitans de Cey-

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lan, par les Tibetains (Bhotias) dans le Kemaoun , dans le Nepal, la principauté de Sikkim. La croyance des Dyainas, sectaires établis dans le Dekkan et peu nombreux comparés avec les adorateurs de Brahma , est une dégénération du Bouddhisme. La RELIGION DE Na- NEK, réformée par Gourou-Gowind, qui nous parait tenir le milieu entre le Brahmanisme et l’Islamisme, est professée par les Seikhs, peuple guerrier et dominant dans la confédération de ce nom.

La plupart de ses disciples vivent dans le Lahore et dans la partie occidentale de la province de Delhi ; le célèbre Randjit-Singh était attaché à ses dogmes. L’Is- LAMISME compte après le Brahmanisme le plus grand nombre de croyans; c’est la religion professée par les prétendus Mongols, et celle qui dominait dans l’Inde lorsque la plus grande partie de cette contrée formait le grand empire, dont le souverain élait connu sous le titre de Grand-Mogol. C'est aussi la religion que professent encore les souverains des royaumes du Dekkan ou d’Haiderâbàd, d’Aoudh, les princes Bhatties dans l’Adjmir, les radjas de Bopâl, les princes du Sindh, etc., etc. La RELIGION DEs MA- GES OU DE ZOROASTRE est professée par les Parsi ou Guèbres , dont le plus grand nombre vit à Bombay, à Surate et autres villes du Guzerate. Le CHRISTIANISME compte plusieurs milliers de fidèles surtout dans l'ile de Ceylan, dans le Malabar et dans le Canara. Les Catholiques sont les plus nombreux; viennent ensuite les Jacobites, les Protestans, les Arméniens, et les soi-disant ere tiens de St-Thomas. La RELIGION DE Moise,donton a tantexagéré lenombre des croyans, ne compterait , selon les calculs approximatifs des meilleurs auteurs qui ont écrit sur l’iInde, qu'environ 100,000 âmes: c’est dans le “Matabar qu'on les trouve en plus grand nombre.

GcouvennemenT. Tous les nombreux princes indigènes qui règnent encore sur une grande partie de l’Inde jouissent d’une autorité absolue sur leurs sujets, quoiqu’elle soit différemment modifiée dans quelques états. Dans la confédération des Seikhs, dans les états des princes Maharattes, dans ceux de l’Adjmir, aussi bien qu’en plusieurs autres principautés tributaires des Anglais, le gouvernement peut être regardé comme féodal.

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La Compagnie anglaise des Indes-urientales , qui partage avec le roi d’Angleterre la souveraineté sur presque tous les pays qui forment l'empire Anglo- Indien, quoique perse e tous les droits annexés à la royauté, n’en a pas le titre; son autorité n’est que temporaire, et doit, de temps à autre, être confirmée de nouveau par le parlement d'Angleterre, dont elle reconnait toujours la suzeraineté, et devant lequel les gouverneurs généraux et les autres employés sont directement responsables. L'administration du gouvernement de l’Inde est pres entre {a Compagnie et un bureau, e contrôle. Un appel à la loi commune et aux tribunaux ordinaires de l’Inde a toujours existé contre les membres et les agens de la Compagnie, dans le cas d’illégalité ct d’oppression. La Compagnie compte 3579 propriétaires dont le capital est de 6 millions de liv. sterl. L'intérêt de ce capital est assuré sur les revenus du pays. 2600 propriétaires votent dans les assemblées générales et choisissent 24 directeurs chargés de gérer les affaires de l’Inde. Quand un ordre des vingtquatre a été sanctionné par le bureau de contrôle, les propriétaires n’ont plus le droit d'intervenir. Le président et les autres membres du bureau de contrôle sont nommés par le roi. Il y a dans l’Inde trois gouverneurs ; le gouverneur général, demeurant à Calcutta, a seul le droit de faire la guerre et la paix. Des conseils permanens aident de leurs avis les gouverneurs, et ont le droit d'insérer dans les registres des procès-verbaux, les remontrances qu’ils jugent à propos de leur faire. La justice est administrée par trois degrés de juridiction , savoir : par des juges indigènes; par des juges anglais, choisis parmi les employés de la compagnie ; enfiu par des avocats anglais, qui sont nommés Juges royaux, et qui jouissent d’une pleine indépendance ’après la nouvelle charte la Compagnie a perdu le monopole du commerce de l’Inde et de la Chine; car, à partir du 22 avril 1834, elle a cessé ses opérations commerciales, et depuis lors tous les sueg anglais peuvent faire le commerce avec es pays situés au-delà du Cap de Bonne- Espérance jusqu'au détroit de Magellan.

L’avant-dernière charte octroyée en 1813 n'avait ouvertaux sujets anglais que certains ports dans les possessions de l’Inde,

etil leur était presque impossible de former des établissemens industriels dans l’intérieur des terres. Dans ses possessions immédiates la Compagnie a laissé subsister les lois du pays ; seulement on a introduit plusieurs améliorations dans le mode d’administrer la justice et dans tout ce qui concerne la police. Le grand-mogol Akbar 1l existe encore à Delhi, où il vil richement pensionné par la Compagnie ; mais au milieu des égards qu’on lui témoigne et de la pompe royale dont il est environné, il n’en est pas moins un véritable prisonnier, n’ayant pas la liberté de sortir de son palais. La Compagnie fait placer son nom et son protocole en tête de quelques-uns des édits qu’elle rend pour lPadministration de la justice dans la partie de ses vastes possessions situées dans les anciens états de ce prince.

Les princes qui régissent les pays médiats ou vassaux de la Compagnie, n’en sont guère que les souverains nominaux pour tout ce qui ne concerne pas l’administration intérieure de leurs territoires; pour tout le reste l’autorité réelle appartient aux résidens anglais accrditéés à leur cour. Une foule de petites principautés enclavées dans les provinces immédiates de la Compagnie doivent être regardées plutôt comme de grands fiefs que comme des territoires vassaux; et tous les états radjepoutes dans la vaste province d’Adjmir, forment depuis 1818 une confédération particulière sous la protection des Anglais. |

Le gouvernement du Sindh offre un véritable phénomène politique. Trois branches de la famille Talpouri, beloutchi d’origine , occupent simultanément le trône d’Haiderabäd. Par le traité qu’elles ont stipulé en 1809 à la mort de Mir Fattih-Ali, l’ainé mâle de chaque famille hérite par tiers du royaume du Sindh, de manière cependant que le plus àgé des trois aînés a la prééminence; la moitié du territoire est censée lui appartenir ; il preud la titre d’ Amir et se trouve à la tête du gouvernement. Le plus âgé après lui occupe la seconde place, et le plus jeune la troisième. La formidable association connue sous lenom de Pindaries, qui pendant une longue suite d’années a ravagé régulièrement tous les ans plusieurs provinces de l’Inde, a été entièremeut détruite par les Anglais en 1818.

Dans la même année ils ont mis fin à la

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puissante confédération des Maharattes.

Quelques années auparavant ils avaient détruit plusieurs établissemens de pirates sur la côte occidentale de l'Inde, et depuis ils ont fini de purger ces parages ainsi que ceux du Gange, des corsaires qui les infestaient encore. Mais la plupart des Bhils (Bheels), les Sondies , les Minahs (Meenahs), les Gudjars (Gudjurs), les Xoulies , les Kitchaks ou Gidurmars, les Tchohans (Chohans), les Thougs, les Gônds et autres peuples dans l’Inde, les Bedahs ou Wuddahs dans l'ile de Ceylan, errent sur de vastes espaces à-peu-près déserts et vivent encore sans lois et dans l’état sauvage. Nous jouterons que les Bhinderiwas , tribu e Gônds qui habitent dans les montagnes d’Omerkantak dans le Gandwânà, sont incontestablement antropophages ar suite d’une horrible superstition, qui eur fait croire que c’estune action agréable à Kali et un acte de miséricorde envers leurs parens que de les tuer et de les manger, lorsqu'ils sont attaqués d’une maladie grave regardée comme incurable, ou bien lorsque quelque individu de la famille , arrivé à un âge avancé , devient faible et infirme. Cet horrible festin , dit le lieutenant Prendegast, qui en 1820 visita cette peuplade, est partagé par tous les parens et amis qu’on a soin d'inviter dans ces occasions.

axpusrare. Depuis bien des siècles l’Inde est renommée par l’industrie et l’adresse de ses habitans dans les arts. Les toiles de coton qu’on appelle communément indiennes, parce que de temps immémorial elles ont formé un article principal des exportations de l’Inde, les étoffes de soie, les draps et les châles de laine, les tapis et les nattes sont les articles dans lesquels se distinguent les Indiens.

On peut même dire que par la combinaison et les heureux mélanges de différentes espèces de coton qui conviennent par leur force, leur souplesse et leurs qualités variées au tissage des différentes mousselines, et à force de recherches ct d'observations faites par les ancêtres, et transmises de père en fils , les Hindous sont venus à perfectionner les arts de la main et à les porter tous à un degré de perfection que les nations les plus industrieuses de l’Europe n’ont pu atteindre que dans ces dernières années. On ne compte pas moins de 124 espèces diffé-

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rentes d’éloffes de colon que ces ponpes savent travailler. Vizagapatam, les environs de Mazulipatam , Paliakate, Madras, etc., plusieurs vitles de l’Orissa et du Bengale sont les lieux qui en fournissent la plus grande quantité et les qualités les plus estimées. Les soieries drochées d'or et d'argent de Surate ; les éfoffes de soie de Mourchidàbäd , Kassim-bazar et autres villes du Bengale; les draps et surtout les châles de Kachemir qui sont encore supérieurs à tous ceux qu’on a fabriqués hors de ce pays, et les £apis de Patna sont, avec les ouvrages en filigrane et en natte et les armes blanches , les autres objets dans la fabrication desquels se distinguent éminemment les peuples de l'Inde.

commencs. Les productions du sol aussi variées que précieuses et abondantes , et les produits de l’industrie ont attiré, depuis la plus haute antiquité, les nations commerçantes dans cette contrée, qui a toujours été le centre d’un grand commerce. Les Hindous sous le nom de Banianes , et ensuite les Arméniens et les Parsi ou Guëèbres, font les plus grandes affaires avec les places intérieures, et les deux derniers prennent part même aux plus vastes spéculations du commerce maritime. Ce dernier peut être regardé comme étant aujourd'hui presque tout entre les mains des Anglais. Après eux viennent les Anglo-Américains, les Portugais, les Français, les Hollandais et les Danois. Celui des autres nations de l’Europe est encore moins considérable. Le traité de commerce conclu il y a quelques années par les Anglais avec Randjit- Singh et avec les princes du Sindhy, les arrangemens pris pour remonter l’Indus et le Setledje, ainsi que la navigation à vapeur établie régulièrement par Suez et Malte entre Calcutta, Madras Bombay et l’Angleterre, et les essais tentés pour descendre et remonter l’Oronte et l’'Euphrate avec des bateaux à vapeur, donneront un grand développement à ce commerce déjà très important. Les principales EXPORTATIONS sont : outre les toiles de coton , les étoffes de soie , les châles, les tapis et les autres objets mentionnés dans l’article de l’industrie, les nombreux produits du sol, savoir : opium, coton, riz, sucre, nitre, poivre, bois de sapan et surtout bois de sandal, gomme-

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laque, indigo, cannelle, soie, cochenillediamans et autres pierres précieuses, perles, poissons, peaux de tigres et autres objets. Les principaux ARTICLES D'IMPORTATION sont : draps, velours, fer, cuivre rouge, plomb, armes à feu, vins, eau-de-vie, dentelles, fil d’or, galons , coraux, papiers, fruits secs et confits, drogues et produits de l’Amérique, montres , miroirs et quincaillerie, tous objets importés par les nations européennes. L’Arabie y envoie du café, des encens, des coraux, des dattes et des chevaux ; la Chine, beaucoup de thé par le moyen des vaisseaux européens ; l'empire Birman, beaucoup de bois de teck; les Moluques, le clou de girofle et la noix muscade ; le Tibet et la côte d’Afrique, beaucoup de coquillages très recherchés des Hindous pour leur parure.

Les principales villes commerçantes dans l’intérieur sont : Farakhäbäd , Agra , Delhi, Mirzapour, Allahäbäd, Benares, Patna, Dakka, Oudeypour, Indour , Nagpour, Soumboulpour , Bourhänpour, Haïderäbäd, Amretsir, Lähore, Palli, Härdwär pendant le pélerinage, Chikarpour, Bahaoulpour, etc., ete. Parmi les villes maritimes nous nommerons : Calcutta, Bombay, Madras et Surale; ensuite Kambäya , Mangalore , Broatch , Goa ,, Kalikut, Kotchin, Paliakate, Pondichéry ,. Negapatnam , Vizagapatam, Koringa, Mazulipalam ,.

Colombo, Koratchi, etc., etc. Une partie du commerce extérieur se fait aussi par le moyen des caravanes, ce qui a lieu surtout avee les royaumes de Kaboul et de Perse, et avec le Turkestan,

DIVISI10 6, Afin de rendre plus facile l'étude de cette partie de la géographie, nous ferons précéder le tableau des divisions politiques actuelles de lnde par le tableau de ses divisions géographiques coordonnées aux anciennes divisions politiques. Ces dernières se rencontrent dans tous les livres d’histoire et de voyages, et sont encore mentionnées par les naturels et par les Européens, toutes les fois qu’il est question des pays qui font partie de l’Inde. Elles ne sauraient donc être ignorées sans inconvénient ; nous avons résumé les principales dans le tableau suivant.

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