‹ Abrégé de géographie [microforme] (volume 2)Chapitre 452 sur 628 · REPUBLIQUE DE L’'EQUATEUR · texte numérisé non relu

REPUBLIQUE DE L’'EQUATEUR

que nous leur consacrions quelques lignes. Nous uommerons d'abord : les magnifiques restes de la grande chaussée construite par les Incas ; ils se trouvent à une hauteur qui surpasse de beaucoup celle de la cime du pic de Ténériffe. Vient ensuite l'!ngapilca (la forteresse du Cañar). Cette forteresse, dit M. de Humboldt, si l’on peut nommer ainsi une colline terminée par une plateforme, est bien moins remarquable par sa grandeur que par sa parfaite conservation. Un mur de grosses pierres de taille s'élève à la hauteur de 5 à 6 mètres et forme un ovale très régulier , dont le grand axe a près de 38 mètres de longueur. Au centre de l'enceinte s'élève une maison qui ne renferme que deux pièces et qui primitivement n'avait pas de fenêtres, ainsi que tous les autres monumens péruviens et les maisons découvertes à Pompeïa et à Herculanum; son toit incliné la fait ressembler aux maisons européennes. M, de Humboldt fait observer que les loits inclinés sont connus des indigènes de la côte Nord-Ouest de l'Amérique, et ils l’étaient même dans l’Europe- Méridianale dès les temps les plus reculés. Ce monument militaire servait de logement aux Incas, lorsque ces princes passaient de temps en temps du Pérou au royaume de Quito. Les fondations d'un grand noinbre d’édifices que l’on trouve autour de l'enceinte , annoncent qu'il y avait jadis au Cañar assez de place pour loger le petit corps d'armée, par lequel les monarques péruviens se faisaient suivre dans leurs voyages. Si les ruines du Cañar, ajoute M. de Humboldt, n’offrent point lespierres énormes des édifices de Cuzco et des pays voisins, elles sont en revanche remarquables par l'extrême beauté de leur coupe; la plupart sont jointes sans aucune espèce de ciment. Cependant on reconnait ce dernier dans quelques-uns des bâtimens qui entourent la citadelle et dans les trois maisons de l’inca, au Pullal. « Les Péruviens, continue ce savant, ont montré une habileté étonnante à tailler les pierres les plus dures. Au Cañar, on trouve des canaux courbes creusés dans le porphyre pour suppléer aux gonds des portes. La Condamine et Bouguer ont vu, dans des édifices construits du temps des Incas, des ornemens de porphyre représentant des mufles d’animaux, dont les narines percées portaient des anneaux mobiles de la mème pierre. L'architecture péruvienne ne s'élevait pas au-delà des besoins d'un peuple montagnard ; elle ne connaissait ni pilastres, ni colonnes, ni arcs en plein cintre :

née dans un pays hérissé de rochers, sur des plateaux presque dénués d'arbres, elle n'imitait pas, comme l'architecture des Grecs et des Romains, l'assemblage d’une charpente en bois;

simplicité, symélrie et solidité, voilà les trois caractères par lesquels se distinguent avantageusement tous les édifices péruviens ». Enfin, l’YAga-Chungana, dit aussi leJeu de l’Inca;

c'est un siège entouré d’une enceinte, le tout creusé dans le roc. Vu de loin, il ressemble à un

canapé, dont le dos est orné d’une sorte d’ara-

bese te en forme de chaine. En entrant dans l’en-

ceinte ovale, on voit qu'il n’y a de siège que pour une seule personne, mais que cette personne est placée d'une manière très commode et qu'elle jouit de la vue la plus délicieuse sur le fond de la vallée de Gulan. Une petite rivière serpente dans cette vallée et forme plusieurs cascades dont on aperçoit l'écume à travers des touffes de gunera et de mélastomes. « Ce siège rustique, dit M. de Humboldt, ornerait les jardins d'Ermenonville et de Richmond, et le prince qui avait choisi ce site n'était pas insensible aux beautés de la nature; il appartenait à un peuple que nous n'avons pas le droit de nommer barbare, »

Loxa, Petite ville, avec un collège; c'est dans son voisinage qu'on voit ces vastes forêts où l’on coupe l'arbre qui fournit le fameux spécifique contre les fièvres intermittentes, employé avec tant de succès contre tant d'autres maladies et connu sous le nom de cascarilla de Loxa ou quinquina. Des forêts de cet arbre précieux et d’une qualité excellente se trouvent aussi dansles montagnes de Mérida , de Santa-Fe , de Popayan et de Quito. Zaruma, petite ville, à laquelle on accorde de 4 à 6000 habitans, importante par ses riches mines d’or. SAN-SAEN pe Bnacamonos et San-Fnancisco DE Bora, petites villes perdues pour ainsi dire au milieu des solitudes, au-delà desquelles s'étendent de vastes terres peu connues, où vit un grand nombre de tribus sauvages indépendantes. Quelques-unes, conime les Xibaros, après avoir secoué le joug des Espagnols et massacré tous ceux qui se trouvaient dans leur territoire, leur fontune guerre à mort. Ces pays offrent des /avages d’or très riches. Les cartographeset les géographes continuent à tigurer et à décrire les villes fondées par les missionnaires, quoique depuis bien des années elles aient cessé d'exister. Au nord-ouest de San-Jaen de Bracamoros et proprement entre les villages indiens d'Ayavaca dans la république du Pérou et de Guamcabamba dans ce département, on voit sur le dos des Cordillères , à 1400 loises de hauteur dans le Paramo de Chulucanas, les ruines de l’ancienne ville de CauLucanas, très remarquables, dit M. de Humboldt, par l’extrème régularité des rues et de l’alignement des édifices. Les maisons, construites en porphyre, sont distribuées en huit quartiers formés par des rues qui se coupent à angle droit. Chaque quartier renferme 12 petites habitations, de sorte qu’il y en a 96 dans la partie encore subsistante. Ces maisons, comme celles d'Herculanum, ne présentent qu'une seule pièce, dont la porte donnait probablement sur une cour intévieure. Au centre des huit quartiers se trouvent les restes de quatre grands édifices de forme oblongue ; ils sont séparés par quatre petits bàtimens carrés, occupant les quatre coins. À la droite de la rivière qui borde la ville, on découvre des constructior:s Lrès bizarres qui s'élèvent en amphithéâtre : la colline est divisiée en six terrasses, dont chaque assise est revêtue en pierre de taille. Plus loin se trouvent les fameux bains de Inca

AÉPULLIQUE DE VENBAULELA.

Cette république comprend les 4 dé- capitainerie générale de Caracas. Le taipartemens de la ci-devant république de bleau suivant offre les départemens et

Colombie, qui correspondent à l’ancienne

leurs subdivisions respectives.

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