‹ Abrégé de géographie [microforme] (volume 2)Chapitre 46 sur 628 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

De la population des villes et de la difficulté d’en déterminer le chiffre.

Nousavonsvu dansle chapitre précédent quelles sont les difficultés qui se présentent, lorsqu'on veut déterminer la population des états; nous pouvons ajouter qu'il est encore plus difficile de connaître celle des villes, Au premier abord, cette assertion peut paraître un paradoxe, c’est cependant une vérité incontestable. Nous allons le démontrer jusqu'à la dernière évidence, en nous aidant des observations faites par plusieurs savans eten nous appuyant sur les relations de quelques voyageurs des plus célèbres.

Lorsqu'on veut déterminer le nombre d’habitans qui se trouvent dans une ville, il faut d’abord examiner à quelle classe elle appartient; car les villes, de même que les états, doivent être divisées en deux classes : 1° celles qui sont déjà dans le domaine de la statistique ; ? celles qui n’en font pas encore partie. À la première classe appartiennent sans distinction toutes les villes où l’on a déjà fait des recensemens assez suffisans pour faire connaitre le mouvement de la population ; les autres doivent être rangées dans là

seconde classe. Ces dernières villes sont ordinairement situées dans les états qui eux-mêmes ne sont pas encore eutrés dansle domaine de la statistique.

Parlons d’abord de la population des villes comprises dans la première classe. Si les voyageurs, si les géographes, si les statisticiens avaient soin de faire remarquer les diverses circonstances qui peuvent modifier le résultat de leurs calculs, lorsqu'ils indiquent la population d’une ville, nous n'aurions à signaler que quelques erreurs de peu d'importance, et qu'il est même bien difficile d'éviter, quand on évalue une population nombreuse; mais malheureusement les uns et les autres oublient de noter bien des circonstances essentielles, silence qui devient la source intarissable d'erreurs et de fausses opinions sur la population des villes. Nous allons signaler ici les omissions les plus importantes, omissions qui uuisent essentiellement aux progrès de la science :

L On néglige souvent de mentionner si les évaluations ne comprennentque les habilans qui. se trouvent dans l'enceinte de la ville méme, ousielles réunissent la population des faubourgs, celle des maisons de campagne isolées, des villages, des châteaux et des bourgs qui dépendent du territoire de la ville. De là vient cette grande variation que l’on remarque dans les tableaux statistiques des auteurs même contemporains. Les uns ne rapportent que le chiffre de. la population qui existe éntrà muros ; les autres y ajoutent celui des faubourgs et des fermes les plus voisines ; quelquesuns enfin y comprennent la population du canton entier. 11 est tel petit village du nord de la Suède et de la Norwège où l’on ne trouverait pas la cinquième partie de la population que les géographes lesplusestimésluiassignent. Le chiffre de la population attribuée à la plupart des villes de l'Italie, del’Espagne, de la monarchie anglaise, de Pempire d'Autriche, et en général à toutes les villes de l’Europe el de l'Amérique ne comprend pas seulement le nombre des habitans de la ville proprement dite, mais aussi la population des faubourgs et des communes de tout le canton. Eclaircissons ceci par quelques exemples.

D’après le recensement que l’on fit à Panour en 1810, cette ville possédait dans l'enceinte de ses murs 31,174 habitans ; mais on en comptait 12,177 dans les faubourgs, et 17,633 dans les neuf communes qui forment le canton. Voilà trois évaluations différentes de la population de Padoue, d’après lesquelles un voyageur , un géographe et un statislicien pourraient attribuer à cette ville : 31,174 habitans seulement dans le premier cas,43,351 dans le second, et 60,984 dans le troisième. D'après le recensement qui a été fait en 1832, ces trois évaluations seraient de 36,381 habitans pour le‘premier cas, de 50,981 pour le second, et de 78,318 pour le troisième, En 1824, on comptait à VIENNE 289,598 habitans bourgeois, dont 49,650 demeu raient seulement dans la cité proprement dite ; les autres étaient disséminés dans les trente-quatre faubourgs de cette ville et dans les cinq villages qui l’avoisinent , tels que : Herrnhals, Neulerchenfeld, Währing, Funfhaus el Simmering,

dont la population s'élevait à 15,806. En 1826, cette capitale avait280,805 habitans bourgeois ainsi répartis : 51,625 dans la ville proprement dite, 215,030 dansles trente-quatre faubourgs, et14,250 dans les cinq villages qui sont hors de la ligne d'enceinte. Des auteurs contemporains, justement estimés d’ailleurs ; ne sont pas d'accord non plus sur le chiffre de la population de ScuEmNirz en Hongrie. Cette grande différence provient de ce que les uns n’ont compris dans leurs calculs que les habitans de la ville proprement dite , et que les autres ont tenu compte des habitans disséminés sur son vaste territoire, où se trouvent les célèbres mines de ce nom.

La population de la ville d’Onsssa, sur laquelle les a sont si peu d'accord, n'avait, en 1829, dans l'intérieur des limites.du port franc, que 41,652 habitans; mais si l'on y eût compris les villages qui sont en-dehors des limites , elle en aurait eu 60,000. La capitale de la Bavière, Municu, à laquelle on ne donne ordinairement que 60,000 âmes, en avait cependant 95,718 à la fin de 1829; mais voici comment ce nombre était réparti :

79,630 dont 4863 militaires dans la ville proprement dite, 9505 dans le faubourg de 4u ; 4501 à Haidhausen ; et 2182 à Obergiesing.

Les géographes et les statisticiens anglais comprennent dans l'évaluation de la population, les paroisses qui se trouvent dans la circonscription administrative dont la ville est le centre. Ainsi, lorsque d'après le dernie? recensement fait à LonvrEs, On a porté le nombre des habitans de cette ville à 1,624,034 habitans, on a compris dans ce chiffre non-seulement la population des faubourgs, mais encore celle de toutes les paroisses qui font partie des districts de Westminster et de Southwark , quoique soumis à une juridiction différente de celle du lord-maire. Le comté de Middlesex où se trouve précisément la ville de Londres n’a, d’après le dernier recensement, que #,352,200 habitans, nombre inférieur d'un cinquième à celui que nous avons donné plus haut. On peut en dire autant de la population de NEWCASTLE, dans laquelle on a compris celle de Gateshead, que l'on a regardé comme un de ses faubourgs, quoiqu'au fond cette banlieue n’appartienne pas au comté de Durham. Les exemples ne nous manqueront pas dans le Royaume-Uni.

D’après le recensement fait en 1821, Srockrort. dans le comté de Chester, avait 44,957 habitans, dont 21,726 seulement demeuraient dans la ville. SHEFFIELD, dans le comté d’Fork, avait 62,115 habitans, dont 42,157 demeuraient dans la ville. A la mêmeépoque, Enimnourc , capitale de l’'Ecosse, avait 138,235 habitans, mais sur ce nombre 9870 apnartenaient à La Canongale, 60,597 à Saint-Cuthbert , 7025 à Nortl-Leith, et 18,975 à Soulh-Leith.

D'après ce que nous venons de voir, ilestévident que l’on commet une erreur grave lorsqu'on veut comparer d’une manière absolue la population des viiles de la Grande-Bretagne à celle des villes de la France, M. Galibert, à qui nous avions communiqué le dernier recensement fait dans la Grande-Bretagne, a publié dans'la Revue Brilannique un article fort intéressant dans lequel

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a prouvé que, pourcomparcr entre elles les deux populations de Lonnres et de Pants, il faudrait d'abord ajouter à la population actuelle de Paris, celle de Montrouge, de Passy, des Batignolles et desautres communeslimitrophes ; tenir compte ensuite du chiffre de la population flottante et de la garnison quise trouvent à Paris, chiffre qui avait été omis sur le recensement ; en un mot, que pour avoir des élémens comparables, il aurait fallu soustraire 200,000 du chiffre de la population attribuée à Londres, et en ajouter 100,000 au moins à celui de la population de Paris. Ce que nous venons de dire de Paris et de Londres est applicable à toutes les grandes villes de la France et de l'Angleterre. À Lyon, par exemple, le nombre des habitans passe pour bien moindre qu'il ne l'esten effet, car on ne comprend jamais dans le recensement de cette ville la population de la Guillotière et de la Croix-Rousse, qui sont cependant comme les deux banlieues de Lyon, tandis qu'à MANCHESTER, à LivERrOOL, à Bin- MINGHAM, à EnimpourG, le chiffre de la population est toujours porté beaucoup plus haut qu'il ne l’est réellement par la réunion des populations adjacentes.

On compte à PHILADELPHIE, d'après le recensement fait en 1830, 167,841 habitans, dont 80,458 demeurent dans la ville, 58,380 dans les faubourgs du Nord (Northern suburbs) , et29,003 dans les faubourgs du Sud (Southern suburbs).A la H1- VANE, en 1810, on comptait 43,175 habitans dans la ville proprement dite, 28,419 dans le faubourg de la Salud, 11,625 dans celui de Jesus-Maria , 3989 dans celui de Jesus del Monte, 2588 à Saint- Lazare, 2290 à Horcoa, 2218 à Regla, et 2000 au Cerro. Si un voyageur ou un géographe venait à réunir dans ses évaluations la population de tous ces bourgs qui sont attenans à la ville, il altribuerait à la capitale de Cuba une population totale de 36,304 habitans.

Nous ferons observer enfin que si les géographes anglo-américains calculaient la popula- Lion de Boston comme les géographes anglais supputent celle de leurs villes, le recensement de Boston, au lieu de ne présenter qu’un chiffre de 61,392 habitans, s’éleverait à 80,000, car alorsil comprendrait les habitans de Charlestown et des autres lieux circonvoisins.

If, On omet aussi très souvent d'indiquer si les militaires tenantgarnison sontcompris ou non dans la supputation qu’on fait des villes donton indique la population. Cette omission est de peu d'importance dans les villes de premier ordre comme Londres et Paris; car eu égard à la population immense qui se trouve dans ces deux capitales, la différence serait très peu sensible ; mais il en est autrement, lorsqu'on parle de Pétersbourg, de Vienne et de Berdin, dont la population est relativement peu considérable, et où la garnison militaire est plus nombreuse que dans les capitales de la France et de l'Angleterre ; mais cette omission est surtout très sensible, lorsqu'il s’agit des places fortes, dont la garnison fait souvent le tiers ou le quart de la population bourgeoise.

En 1813, il y avait à PÉTERSBOURG, 285,500 ha-

POPULATION DES VILLES

bitans, sur lesquels 55,056 étaient militaires. En 1823, la garnison de Moscou se composait de 22,194 soldats sur une population de 246,545 habitans. Au commencement de 1826, VIENNE comptait, d’après Rohrer, 20,000 soldats sur une population de 300,000 âmes. D’après le recensement que l’on fit à Paris en 1817, sur 713,966 habitans qui formaient la population de cette capitale, 17,073 étaient militaires; en y joignant les invalides, qui sont au nombre de 3192, il y avait alors à Paris 20,266 militaires. À BERLIN, en 1826, on comptait 199,776 habitans bourgeois et 16,461 mi litaires. À VENISE, en 1817, il y avait 101,638 bourgeois et 6700 militaires ; en 1817, à VARSOVIE. 76,000 bourgeois et 10,000 militaires. A MAYENCE, en 1816, il y avait 10,000 soldats sur une population de 25,251 habitans. À Sévasroros, en Crimée, la population ne s'élève guère qu'à 2000 âmes; mais elle est ordinairement de 15,000, lorsqu'on y comprend le personnel de la flotte qui y séjourne une grande partie de l’année. A Ocuvurz, le nombre des habitans s'élève à 12,000 ; mais si on y comprend les militaires, la population s'élève alors à une vingtaine de mille âmes. Avec une population de 20,000 habitans , GinrAL- TAR possède une garnison de 5000 hommes, qui s'élève à 10,000 dans les temps de guerre. Les forteresses de Pazma et de PESCHIERA, dans les provinces vénitiennes, celles de SILBER9ERG , de Gusrrim et de Toncau, dans la monarchie prussienne, renferment des garnisons qui égalent presque la population de ces petites cités.

HT. On oublie souvent aussi de dire si l’on comprend dans le chiffre de la population les étrangers et les prisonniers civils. Celte omission n’est pas très importante, lorsqu'il ne s’agit que de villes populeuses; mais il n’en est pas ainsi, lorsque leur population n’est pas très considérable. À PÉrERSBOURG , en 1813, la population entière était de 285,590 habitans , et le nombre des étrangers s'élevait à 35,687. À Mavrin, en 1825, d’après le calcul fait par M. Minano, la population s'élevait à 201,344 habitans, et le nombre des étrangers était de 19,931. À Napues , d’après le recensement fait en 1822, le nombre seul des étrangers était de 10,662, tandis que le chiffre de la population entière s'élevait à 344,916 habitans, non comprisles militaires, les marins et les galériens.

Les détenus civils dans les prisons de Paris, en 1817, étaient au nombre de 3235, et, en 1826, à Vizvorne, en Belgique , ils formaient presque la moitié de la population. A la même époque, les petites villes de Racnir, dans la Prusse orientale, de WERDEN, dans le gouvernement de Dusseldorf, etle village de BrauwEILER, avaient, la première, 300 prisonniers et les deux derniers, 500 chacun. La population des Aulks qui se trouvent dans les iles Benmunes, est encore dans une proportion bien plus grande, par rapport à celle du chef-lieu de cette colonie anglaise.

La population des lieux renommés par: leurs eaux minérales, par leurs rendez-vous de commerce ou de dévotion, présente aussi de grandes variations à certaines époques de l’année, différences qu'il est important de constater lorsqu'on considère ces lieux sous le point de vue statisti-

que. Ainsi, le petit village de BarÈcEes, dans le département des Hautes-Pyrénées, est presque entièrement désert pendant l'hiver ,.et se repeuple au beau temps. TorPuirz et KarLSBAD, en Bohème, Bave, en Autriche, Bane, dans le grandduché de ce nom, Spa, dans la province de Liège, WiEsBADEN, dansle duché de Nassau, etc.,etc., se trouvent dans.le même cas. Ici les étrangers résident pendant une grande partie de l'année , et peuvent être en quelque sorte considérés comme faisant alors partie de la population permanente de cesendroits , tandis que dans les lieux qui sont devenus des rendez-vous de commerce ou de pélerinage les étrangers ne sontqu'’une population occasionnelle très passagère dont la résidence n’est que de courte durée, circonstances essentielles à noter et qui donnent une idée plusexacte des villes qu'on décrit.

À MaKkaRiEv, petite ville sur le Volga, on compte, pendant le temps de la foire, un très grand nombre d'étrangers qu’il serait ridicule de regarder comme faisant partie de sa population. Lorsque cette foire fut transférée à Nuni-Novcoron, la population de cette ville, qui estordinairement de 14,430 habitans , s’éleva, durant la tenue de la foire , à plus de 70,000. Aujourd’hui, les Russes, les Arméniens, Les Persans, les Polonais, les Allemands se rendent en si grand nombre à la foire de Novgorod, qu'on n’y compte pas moins de 150,000 personnes. A l’époque où les bateaux qui remontent ou descendent le Volga arrivent à Tver, en Russie , la population de cette ville s’accroit, dans l'espace de deux ou trois jours, de 12,000 âmes. Les foires de Leirsick, de FRANC- FoRT , en Allemagne, de SiniGacuiA et de BER- GAME, en italie, de BeaucaIRE , en France, attirent dans ces villes beaucoup d'étrangers, mais pour quelquesjours seulement. Il en est de même des fameuses foires de Dusxo, en Volhynie, d’Insir et de Ienisseïsk, dans la Russie-Asiatique, et des lieux de dévotion et de pélerinage où se rendent, à l'occasion de certaines fêtes, un grand concours de personnes : SAINT-JACQUES »E Com- POSTELLE , en Espagne, LorerTrTe , en Italie , TENras, en Egypte, la MECQUE, en Arabie, Hurn- WAR, JAGGERNAUT, dans l'Inde. Ce n’est pas sans intention que nous avons consigné ici ces remarques; car plusieurs voyageurs se trouvant dans ces villes à l’époque de ces solennités leur ont donné une importance qu'elles ne méritaient pas. Ainsi, on a prétendu que Tanrau était la ville la plus peuplée de la Basse-Egypte, et on lui a attribué une population qui ne s'y trouve réellement qu’à l’occasion des trois foires qui s'y ticonent à époque du grand pélerinage des Musulmans.

IV. Il arrive souvent qu’on oublie de faire menlion si, dans la population des petites villes,oncomprend la cour, les employés, les nobles , les ecclésiastiques, les Israëlites , et des élèves des universités. Ainsi, ARANJUEZ, où la cour d'Espagne ne réside que pendant l'été, possède alors une population de 10,000 àmes ; mais après le départ de la cour, on y compte à peine 8000 âmes. Dans certaines villes du royaume de Naples, retranchez le tribunal civil, l'intendance des finances, la grande cour criminelle et la

grande cour civile, et vous réduirez leur population de près de 1500 personnes. Ces chiffres peuvent bien se négliger sur 40,000 habitans,. mais ce serait trop considérable pour des villes dont la population n'est tout au pus que de 10,000 âmes; aussi, le géographe et le statisticien ne doivent pas oublier d'en parler. Dans la plupart des villes de Russie et de Hongrie, les ecclésiastiques, les nobles, les militaires etles employés de l'instruction publique, ne figurent pas sur les tables de la population. On conçoit sans peine la différence énorme que devra présenter le chiffre de la population d'une ville universitaire, suivant que l’on y ajoutera ou que l'on en retranchera le nombre des étudians qui s’y trouvent. Sur 20,434 habitans, Oxronn compte 5259 étudians, et Cam- BRIDGE, Sur une population de 20,917, en compte 4830. En 1829, UrsaLa en avait 1478, Lunn 643; en 1831, IENA en avait 650, GIESSEN , 658; en 1829, TUBINGEN , 874; BONN 1002; HEIDELBERG en avait 1264, en 1829, et GOETTINGEN, 1018, en 1832. Pour mieux apprécier le rapport qu’il y a entre la population des villes que je viens de nommer, et le nombre des étudians qui y résident, il faut savoir que UrsALA n’a à-peu-près que 4500 habitans; Lunn, 4000; JENA, 6000 ; GIESEN et TuBiNGEN, 7000; HEIDELBERG et BoNN, 10,000 et GoETTiNGEN tout au plus 11,000.

V. On oublie aussi très souvent de comprendre dans la population des villes, dans le territoire desquelles ily a des mines, les mineurs el leurs familles. Cette indication est cependant très importante pour les petites villes ; car ces exploitations influent considérablement sur leur population, qui croitou décroit suivant la plus ou moins grande activité des travaux. Ainsi VizaricA dansle Brésil, qui vers la fin du siècle dernier comptait 30,000 habitans, fut réduite dans peu de temps à 8500 ; ainsi GUANAXUATO , au Mexique, qui en 1803, sur une population de 70,600 âmes en avait 29,600 qui lravaillaient aux mines d'argent, et 41,000 qui vivaient dans la cité, ne complait plus en 1822 que 16,141 mineurs et 15,370 habitans dans la ville, par suite des guerres civiles qui avaient suspendu les travaux des mines.

VI.Enfin, on oublie presque toujours d’indiquer l’époque à laquelle l’évaluation est censée avoir été faite. Cette omission, donne naissance à une foule d'erreurs, Rarement la population est stationnaire, elle diminue ou s'accroit presque toujours; et si deux auteurs donnent le chiffre de la population d’une ville à deux époques différentes, on doit ren.arquer aussitôt une très grande différence entre leurs supputations, N'avons-nous pas vu de nos jours le nombre des habitans de GENEVE, de Hamsoure, de DANTzIcK, de Rica , de Sanacosse, de VALENCE, en Espagne, de CanTHAGENE, de VÉRA-Cnuz, en Amérique, diminuer sensiblement, et les tremblemens de terre n’ont-ils pas décimé , il y a peu d’années, les populations des villesles plus florissantes de VENEzuëLa et du Cnui ? Par une semblable catastrophe, Acer se vit enlever le quart de ses habitans, et Bezina a presque été entièrement détruite. Si la peste , fléau si terrible autrefois, n’exerce plus sa fatale influence dans nos payscivilisés, des fit-

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POPULATION DES VILLES. 41 metier

vres contagieuses, d'un autre côté, n'enlèventelles pas à l'Europe des milliers de soldats? Lors de la guerre qui se termina par le congrès de Vienne, la fièvre jaune, après avoir désolé les contrées maritimes de l'Amérique du Sud, n’estelle pas venue ravager les côtes méridionales de l'Europe occidentale; et le fléau terrible qui, parti des rives du Gange, a déjà fait le tour du globe, n'a-t-il pas moissonné des milliers de victimes dans l'Ancien et le Nouveau-Monde ?

On doit aussi prendre en considération les époques différentes qui ont servi de base aux écrivainssoit pour la supputation des villes comprises dans la sphère de la statistique, soit pour les évaluations approximatives de la population des villes, qui ne sont pas encore du domaine de cette science. Il n’esi pas difficile au géographe d’indiquerla cause du décroissement extraordinaire de la population de Bennor , de SERINGAPATAM, d’AcrA, de DELux et de plusieurs autres villes de l'Inde , d'Ispauan en Perse, de Siau, de UuMEnArourA dans la péninsule du Gange, de Bonxou dans la Nigritie intérieure, de V&nsAILLes en France, de Manneim, de Trèves, etde MAYyENcE en Allemagne, lorsqu'on tient compte des vicissitudes politiques qui ont changé l'aspect de ces villes. D'un autre côté, on apprécie assez facilement la cause de l'accroissement rapide de ia population de Trieste, de Brony, de Neusarz en Autriche, d'Ovessa , de Berrireuev en Russie, de LONDRES, de Liverrooz, de MANCHESTER, de BIRMINGHAM, de Leëns, d'Evtvroure, de GLascow en Angleterre, de BauiaA , de PErRNAMBUco dans le Brésil , de NEwWw- Yonk, de PniLADELPHIE, de BALTIMORE, de la NouvELLE-ORLEANS, de Boston, de CiNGINNAT' dans les Etats-Unis, de Lyon, de MARSEILLE, de MuLuausEN, du HAvRE, de SAINT-ETIENNE, de Tarare en France, de BARCELONE, de Reus, de Mararo en Espagne, de la HaAvanE dans l'ile de Cuba, lorsqu'on jette un coup-d’æil sur le développement commercial et industriel qu'ont pris ces différentes villes. On sait que BRIGHTON ne doit l'accroissement de sa population qu’à la résidence temporaire que George IV faisait dans cette ville ; on sait aussi que les eaux minérales de CueLTENHA sont la cause première de l’accroissement subit de cette ville; que la franchise accordée au port de Sixcuarour, a changé cette île petite et déserte en une des contrées les plus riches et les plus peuplées du globe; qui ne sait que T'ÉuRAN, en Perse, CALGUTTA, MADRAS, BOMBAY dans l'empire Anglo-Indien, Bankok, AvA, Rio Janrinodansle Brésil, doivent l'accroissement de leur population à la résidence qu’y font les autorités supérieures. L'extension du territoire et la prospérilé des ROYAUMES DE BAVIÈRE et de Wur- TEMBERG, des GRANDS-DUCHÉS DE BADE et de HESsE, expliquent assez l'accroissement de la population de leurs capitales, tandis que les guerres civiles qui déchirent le sein des jeunes républiques de l'Amérique du Sud , l'épuisement des mines, qui autrefois contribuaient tant à la prospérité de ces contrées, sont évidemment la cause de la détresse et du décroissement extraordinaire de la popula- Lion dans cette partie du globe.

Les guerres faites avec cette cruauté qui caracté-

rise les nations qui sont restées en dehors de la

civilisation européenne, souvent aussi les dispo-

sitions administratives d'un gouvernement despotique, changent l'existence entière d'une contrée.

C'est ainsi que de nos jours les Turcs ont réduit à

la solitude la plus affreuse les villes principales de

la Morée : c'est ainsi que Psara, Cuio, et Cyno-

Nios, dans l'Archipel, n’offrent plus qu’un amas

de ruines, etqueles habitans de ces villes ont péri misérablement ou se sont retirés sur des terres

étrangères. Ce fut là aussi le destin de MENIPOURA, capitale du Carcnan, pendant la dernière guerre entre les Anglo-Indiens et les Birmans. MAwRi,

qui d'après Meyendorf, possédait 25,000 habitans,

a été réduite depuis la dernière guerre à 500. D'un autre côté les 30,000 habitans que le khan du Schiwan avait rassemblés dans la place forte de Fir-Taün, où il faisait sa résidence , ayant été transportés par le général Yermolov à CHaAmAKumi, cette ville est devenue brusquement la plus populeuse du Caucase. C’est ainsi que le déplacement des nombreux habitans d’AvA, qui, après avoir abandonné leurs foyers, pour suivre leur empereur dans sa nouvelle résidence de UMMERAPOURA, ont repris ensuite, en 1827 , le chemin d’Ava, où le monarque leur avait ordonné de se rendre, a considérablement influé sur la population respective de ces villes à ces deux différentes époques. Nous pourrions citer encore quelques exemples de ce genre, si notre cadre nousle permettait.

D'après ce que nous venons de dire , il serait donc absurde de regarder la population d’une ville comme toujours stationnaire; if est cependant des auteurs qui veulent encore s’en tenir à leur première opinion , et qui osent reproduire en 1825, en 1828 el en 1832 les populations telles qu’elles sont évaluées sur des recensemens qui datent de quarante ans. Le Sin Otecheslva, journal russe, très estimé d’ailleurs, n’accordait en 1824 que 11,122 habitans à la ville d'Inkoursk, où l'on comptait déjà en 1784, 1508 maisons et 11,292 habitans. Cependant quelques observateurs avaient remarqué qu’en 1810, il y avait2500 maisons, et quelques années plus tard près de 30,000 âmes. M. Weydemeyer, dans son Atlas historique, statistique , etc., publié à Pétersbourg, en 1828, n’accorde à RicA que 30,000 âmes, nombre parfaitement identique à celui que Ziablovsky assignait à cette ville en 1808. Nous savons cependant d’après le dernier recensement que la population y est de 41,600 habitans. M. Weydemeyer dit dans le même ouvrage que la population d’ARKHAN- GEL N'élait que de 12,000 àmes, tandis qu'en 1806, d’après Ziablovsky, elle s'élevait à 15,098; le dernier recensement la porte à 19,262. Comment enfin M. Weydemeyer peut-il évaluer, en 1828, la population de Kiev, à 25,000 seulement, alors que le Mercure Russe l'évaluait déjà à 40,000 en 1805? Le dernier recensement porte la population de cette ville à 56,020 habitans.

Le tableau suivant, dans lequel nous avons consigné le chiffre de la population d’un grand nombre de villes à différentes époques, indiquera combien ces données sont variables et mettra le lecteur en état de comparer lui-mème et d’appliquer les principes que nous venons d'exposer,

mm ns mme TABLEAU PRÉSENTANT LA VARIATION QU'OFFRE LE CHIFFRE DE LA POPULATION DES VILLES LES PLUS IMPORTANTES DE L'EUROPE ET DE L'AMÉRIQUE, SUIVANT LES DIFFÉRENTES ÉPOQUES AUXQUELLES ON L'A OBSERVÉ.

MONARCHIE FRANÇAISE. Villes. Popul, Ann. Villes. Popul, Ana, Villes. Popul, Avon, | BRISTOL. .... 64,298 1811 | Conk ...... 87,000 1790 $ AN ’ 79,476 1821 100 6568 1821 Paus,environ. 650,000 cn 1788 103,886 1831 107,007 1831 ee se Huzr .... PES 1801 680, U 26,792 1811 , avec les mil., 31,425 1821 EMPIRE D'AUTRICHE. tes pris., les 83,932 1831 | VIENNE, , ., 192,971 1772 étrang., elc. 713,492 1817 | LivenpooL . 25,787 1760 228,053 1798 Idem. 890,905 1827 34,407 1774 232,638 1800 774,338 1831 67,000 1787 237,743 1813 avec la popul. 77,653 1801 239,373 1815 flottante , en- 94,376 1811 280,437 1826 viron ..... 900,000 1831 118,972 1821 | aveclesmilit., VBASAILLES. . , 80,000? 1788 185,175 1831 les inval. etc, 300,000 1826 25,000 1802 | N&WCASTLE. 28,366 1801 Idem. 330,000 1831 27,628 1821 27,687 1811 | TRIESTE, . . . . 22,900 1792 29,791 1827 35,181 1821 24,660 1802 28,477 1831 42,760 1831 83,510 1818 TARARE , «2,799 1806?! PLvmouTu.... 43,194 1801 40,630 1826 6,833 1827 66,060 1811 | avec le terri- MULHAUSEN, 61,212 1821 toire , .,.,. 49,000 1826 environ, , ,. 6,000 1800? 76,584 1831 | PRAGUE , . . . . ‘73,780 1790 F 13,027 1827 | BozTON. .. 4,568 1773 79,606 1817 SAINT-ÉTIENNE. 16,259 18067 12,598 1801 93,664 1822 30,615 1827 24,100 1811 | aveclesm.,elc. 105,918 1822 33,064 1831 63,064 1831 Idem. 120,000 1831 MARSEILLE ,. , . 100,217 18067] LEEDS. . . . 17,177 1773 | BRUNN ..... 9,807 1791 109,483 1821 63,162 1801 23,367 1804 115,943 1827 62,354 1811 27,101 : 1813 145,115 1831 83,796 1821 38,320 1822 LYON ...... 100,041 18067 123,393 1831 40,000 1826 y compris Le MANCHESTER . 19,837 1757 | LEMDBERG . .. . 36,082 1790 Guillotière, la 66,980 1791 43,522 1810 Croix-Rousse 77,600 1801 ; 45.162 1819 et Vaise. .. 149,171 1821 98,575 1811 | avec les mili- 169,404 1827 133,788 1821 laires, etc. , 50,000 1819 ; 166,459 1831 270,961 1831 52,202 1826 Lille. ..,... 65,982 1801 | Suerriëu . , 13,000 1755 Idem. 60,000 1826 59,724 1806 31,314 1801 | Bropy. . . .,.. 4,000 1770 64,291 1821 62,115 1821 20,000 1800 69,860 1827 91,692 1831 : 18,318 1826 69,073 1831 | BRIGUTON. . . 7,341 1801 | avec les milit., BORDEAUX. « «+ 92,374 18067 12,012 1811 les étr.,etc.. 22,000 1826 89,202 1821 24,429 1821 | Drouosycz. .,. 8,690 1819 93,549 1827 40,631 1831 11,290 1826 109,467 1831 | CHELTENUHAM. 3,077 1801 | OFEN ou Bung. 21,000 1798? 8,325 1811 Ê 28,536 1817

13,396 1821 ROYAUME DE BELGIQUE, 22,942 1831 | PESTH, . . . .. 19,000 1784

BRUXELLES ... 74,427 1786 | Binmincuau . 24,660 1741 26,684 1792 66,290 1802 50,095 1780 88,446 1811 72,280 1806? 73,670 1801 . 47,930 1820

100,000 1825 87,753 1811 | avec les milit.,

chiffre du re- 106,722 1821 les étudians censement .. 84,004 1825 146,986 1831 etles étrang. 69,363 1820 100,000 1830 | Enimmourc. . 82,560 1801 Idem. 75,000 1830 chiffre du re- 103,143 1811 | DEBRECZIN . . . 27,365 1805 censement . . 98,279 1830 138,235 1821 41,175 1815 Gañn ...,,., 657,329 1806? 162,156 1831 | KLAUSENBURG. . 8,666 1766 70,185 1825 | GLASGOW . . . 23,546 1755 14,522 1780 63,783 1830 42,832 1780 265,000 1812 83,769 1801 | KRONSTADT... 18,118 1 A 110,460 1811 30,000 1812 dre bep 147,043 1821 | MILAN. . .. . 128,930 1772 LONDRES, env. 670,000 202,426 1831 environ. . , . 100,000 1796 900,000 DuLiN . .... 121,400 1741 132,446 1810 1,050,000 131,000 1760 environ ... 151,000 1826 1,225,694 227,335 VENISE. . . . . 149,476 1761 4,624,034 203,652 140,286 1780 BaisTOL. . ... 67,434 Con ,.... 50,000 127,651 1797

ORTANTES

SERVÉ.

Ane.

Villes. Popul. Aun. Villes, Popul, Ann. | Villes, Popul, Ann. sans les dé- Tunin,av.l.faub. 94,489 1791, Minsx. .. ... 1,900 1796 endances ni 64,624 1799 4,691 1829 milit. . .. 102,881 1832 | avec les faub. . . 80,752 1799 BERTITCHEV . . . 3,000? 1796 88,688 1816 | 19,866 1829 MONARCHIE PRUSSIENNE. 100,911 1822, Kiëv, environ. . 22,000 1790 121,887 1830 66,020 1829 Braun avecles PA SARATOV « « « «+ 8,000 1706 ilit.. .. . , d É 36,240 1829 j à PP 140,719 +777 PR DUCHÉ DE TOSCANE. ; em ... 177,02 2| LIVOURNE, . . . . 60,682 1812 Idem * 192917 1819 50.735 1818 MONARCHIE ESPAGNOLE. Jdem ... 236,880 1828 65,355 1825] Mannib. . . . . 156,672 1787 BRESLAU . . . .. ru je Et 167,607 1797 , , avec les étranas 1820/ ÉTATS DE L'ÉGLISE, gers. ..... 201,844 1825 : 84,904 1828] Rome. . . ...,. 161,522 1784] MALAGA. . . . . 30,000 1747 avec les milit.. 90,020 1828 166,948 1798 60,000 1790 KOENIGSBERG . . 62,700 1797 153,004 1800 61,889 1825 65,197 1810 123,023 18101 GRENADE . . . , 62,345 1784 . 63,365 1828 117,882 1813 66,661 1797 avec les milit. , 67,941 1828 135,046 1820 80,000 1825 DANTZICK, env. 60,000 1780] non compris les BARCELONE . . . 63,000 1759 ; 46,213 1801] Israélites. . . . 148,459 111,410 1787 environ. . ... 22400 je environ . . . . 140,000 an 6, 2 y 120,000 25 avecles milit. . 61,902 1828 ROY. DES DEUX-SICILES. MATARO, .... 65,000 1776 COLOGNE. . ... 38,844 1802] PALERME. . . . . 140,599 1798 . 9,686 1797 66,420 1820 173,015 1831] environ . . .. 25,000 1806 Etans les milit. . 2 1830 à Fe 12,949 1825 ÉLRERFELD. « . 4, 1760 EUS, environ . 3,000 4770 212700 1816 MONARCHIE DANOISE, 19,886 1797 80,000 1831] COPENHAGUE . . . 70,495 1769) environ . ... 30,000 1806 y compris Bar- 100,975 1801 24,607 1825 aan et les au- . 94,800 1816 tres dépend. . 60,000 1831| environ..... is En MONARCHIE PORTUGAISE. 3 . TJ FLENSBORG. . ., 6,842 17691 Lissonne, env. 137,000 1755 GRAND-DUCHÉ DE HBSSE | 13,109 1803 Idem. 220,000 1801 DARMSTADT.. . . 6,700 1794) environ ,..... 16,000 1826! environ . ... 240,000 1822 et UE nes milit., s, à 13, 12 es rangers, 260,000 22 15,183 1816 EMPIRE RUSSE. Porto. + 20,737 1732 19,982 1826! PÉTERSBOURG. . . 217,948 1789 < Hat 1787 21,392 1828 286,600 1817] environ . ... 70,000 1822 24,500 1831] y compris les i ; mil. lesétran- M. NORWÉGIÉNO-SUEDOISE.

GRAND-DUCHÉ DE BADE. gers,etc., env. 410,000 1826 Idem. 448,649 1829] STocxuoLm . .. 72,989 1815. CARLSRUHE, . « « 8,721 1800! VARSOVIE, . . . . 96,143 17871 79,473 1825 15,079 1815 63,869 1801] GOTHEMBOURG . 12,685 1788. 17,968 1824 117,284 1923 21,788 . 1815 19,734 1829 snsle garahon 26,702 1825 ni ia trang. . 12,68 jen CBRISTIANIA. . . pes 1e dem. ,65 30 9,600 1825 ROYAUME DE BAVIÈRE. ODEssa...... 4,847 1799 20,581 1826 Municu. ..... 34,650 1780 environ. . ... 15,000 1804| BERGEN. .. .. 13,785 1769 40,713 1801 85,500 1816 48,127 1801 60,024 1813 41,552 1830 20,844 1826 PART Ha 1829} avec les villages avec les faub. . 96,71 1829 ui sont hors É AMÉ dem...... 100,000 1831 de L ligne du CONFÉD.ANGLO-AMÉRICAINE. à port franc. . . see 1830| Boston. . . . . . HAT pis RKHANGEL, . . « 200 1796 5,620 RÉPUBLIQUE DE HAMBOURG. 19262 1829 18,038 1790 HausourG. . . . 106,920 18097! Rica . . . . . . . 28,200 1796 24,937 1800 59,855 1814 41,600 1829 33,250 1310 dans la ville TOULA . . «+ 17,600 1790 43,298 1820 seule, . . . . . 122,000 41826 38,835 1829 61,392 1830 OREL , .. ... 15,501 1796] NEW-YORK. . . URL 1 30,299 1829 ; 3 BOVAUME DE SARDAIGNE. Ep... . 8,000 176 83,131 1700 Turin. ... 68,322 1751 . 18,866 1829 60,489 1800 avec les faub. : 69,517 1751] KAzAN, environ. 16.000 1796 96,373 1510 70,984 1781 47,704 1829 123,706 1820 avecles faub.. 88,082 1781| WiLNA. ..... 20900 1796 203,007 1830

POPULATION DES VILLES

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