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Si, au moyen de cette méthode, on ne peut savoir avec exactitude quelle est la population des plus grandes villes, elle sert du moins à démontrer compien sont exagérées les évaluations que nous ontdonnéeslesécrivains du moyen âge et ceux même du xvin siècle. Lestables desnaissances et des décès, dressées depuis l’année 1720 jusqu’à 1730, nous prouvent jusqu'à l'évidence qu'il était impos-
si on les omettait, devenir la source d'une foule d'erreurs. Voici quelques-unes des anomalies que présente le rapport des naissances et des décès à' la population de certaines villes; elles mettront le lecteur en garde contre la confiance absolue qu’il avait jusque-là accordée à cette méthode , et lui démontreront la nécessité de rejeter les rapports généraux de quelque part qu’ils viennent. Il comprendra que cette méthode est sujette à beaucoup d'inconvéniens, et il ne tardera pas à la rejeter; car le nombre des naissanceset des décès annuels dans une ville varie tellement qu’il ne pourrait jamais offrir que des résultats bien incertains. Gràces aux travaux de MM. Villermé, Villot, etc., en France; Humboldt, Czoerning, Rau, Bickes, etc., en Allemagne; Gioja, Balbo, Gordini, en Italie et dans quelques autres contrées, et à l’aide des nombreuses recherches que nous avons faites, nous nous proposons de publier une table générale du mouvement de la population des principales villes du monde. En attendant, nous allons donnericiun extrait de cet immensetravail.
Naissances Déeës comparées comparés à la à la population. population, 1 : 20. 1:22.6 … 1 : 23. 1:24. 6 + 1 : 21. 1:28 se 1:21.7 1:26. 56 . … 1 : 23. 6 1 : 26. 6 LE 1 : 26, 2/3 1 : 27. 1/10 REC 1 : 28. 4/5 1 : 24, 9/10 . 1 : 23. 1 : 30.
Re 1 : 23. 8/4 1: 27. 6/6 5 5 4 1 : 20. 2/3 1 : 22. 1/3 . 1 : 25. 1 : 36.
es Ce de 1 : 26. 1 : 36. 1/5 . 1 : 26. 1 : 36. 1/15 SE er S ee 1 : 26. 1 : 29. 2/3 CT 1 : 26. 1/10 1 : 21. 1/20 6 + + + + 1:29. 1/4 1 : 39.
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sible qu’il y eut alors à VIENNE, comme l’a avancé Büsching, une population de près de 500,000 âmes; cette ville ne pouvait, à cette époque, en compter que 120, 00.tout au plus. C'est à l’aide de ces tables et du recensement qui a été fait en 1817 que l’on a pu corriger l'erreur de tous les statisticiens qui pensaient qu’en 1789 la population de Paris s'élevait à 800,000 habitans, C’est
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aussi à l’aide de ces tables et du recensement qui eut lieu en 1813, que l’on s’est convaincu que la population de Napces devait être réduite à 326,130 habitans, au lieu de 500,000, comme les voyageurs et les géographes semblaient le croire. C’est encore à l’aide de ces tables et de la moyenne des naissances et des mortalités que M. le baron de Humboldt a démontré la fausseté de l'opinion d’Alzate et de Clavigero, qui, après avoir comparé les registres des paroisses de Mexico à ceux des villes de l'Europe, soutenaient que Mexico avait dans son sein 200,000 habitans.
Nous avons encore quelques remarques à faire qui ne sont pas sans importance. Si l’on voulait, parexemple, déterminer la population de PÉTERS- BOURG par le nombre moyen annuel des naissances etdes décès, l’on se tromperait d’un tiersenviron, maisle statisticien, qui est familiarisé avec les difficultés que présente la science, cherche d'abord la cause de cette anomalie, ettrouve qu'elle provient de ce que les hommes sont, à Saint-Pétersbourg, en plus grand nombre que les femmes:
disproportion qui s'explique par l'importance de la garnison, par le grand nombre de serfs et de domestiques attachés aux princes et aux seigneurs de la cour,et enfin par l’affluence des étrangers et des gens de la campagne. Danses villes qui renferment un grand nombre d’habitans qui ne professent pas la religion de l’état, le statisticien et le géographe doivent en outre tenir compte des habitans qui, à cause de la différence de leurs opinions religieuses, ne sont pas toujours inscrits sur les registres de l'état civil, mais qui cependant doivent être compris dans le recensement de la population. C'est là ce qui arrive à Rome, où les personnes qui professent une autre religion que la religion catholique ne sont jamais inscrites sur les recensemens annuels,
IV. On compte aussi souvent par familles ou par feux. Ainsi, pour connaître la population totale d’un pays, on multiplie le chiffre qui exprime les familles par les nombres 4, 41/2, 5, 5 1/2, et quelquefois même par 6. Cette méthode est très vicieuse et doit nécessairement fournir des résultats extrêmement divers. C’est ainsi que la population de beaucoup de villes de l'empire ottoman et de nresque toutes les villes du Portugal a été dé’erminée par quelques statisticiens ; mais on s’en est peu servi pour indiquer la population des villes de l'Asie, de l'Afrique et de l'Océanie.
V. La capilalion ou la taxe personnelle sert aussi quelquefois à déduire le chiffre de la population totale. Mais les personnes imposées ne sont pas partout dans un rapport égal avec la population entière, et doivent fournir des coefficiens divers, selon les lieux, les gouvernemens et les circonstances. C'était là le moyen que l’on employait autrefois pour établir la population des grandes villes et de beaucoup de contrées. Il y a même aujourd’hui des voyageurs qui déterminent de cette manière le nombre d'habitans des villes de l'empireottoman, qui ne suiventpas la religion de Mahomet et qui sont obligés de payer le 4/aralch au grand sultan.
VI. La quanlilé de comestibles consommés annuellement sert aussi quelquefois à dé-
terminer le nombre d’habitans d’une ville.
Quelques voyageurs se sont servis de ce moyen pour évaluer la population de CONSTANTINOPLE, du Care et de quelques autres villes de l'empire ottoman , de Scuinaz en Perse, etc. Dans le siècle dernier, il y eut aussi quelques économistes qui essayérént d'évaluer ainsi la population de Parts, etils la portèrent à un million d’habitans, d'après la consommation du blé qui s'élevait à 2,000,000 de setiers. Mais cette méthode a des bases trop incertaines pour qu’elle puisse offrir des résultats satisfaisans.
VII. Enfin, le nombre de personnes en élal de porter les armes sert quelquefois à délerminer le chiffre de la population totale.Dans ce système, on se base sur ce que ce nombre est presque toujours le quart de celui de la population entière d’un pays. C’est la méthode qu’a employée Kämpfer pour déterminer la population d’OsAKA , où il ; a 80,000 hommes en état de porter les armes. Osorio-y-Redin assure que MERIDA.
dans l’Estramadure espagnole, devait contenir 400,000 âmes dans le temps des Romains, puisque alors elle était à même de mettre 90,000 hommes sous les armes. C’est aussi par ce moyen que les voyageurs déterminent ordinairement la population des nations sauvages.
Que l’on juge maintenant, d'après tout ce que nous venons de dire , combien les écrivains et les voyageurs doivent différer entre eux, lorsqu'ils donnent l'évaluation d’une ville, même quand ils l'ont visitée à la même époque, et combien il est difficile pour le géographe de prendre parti au milieu de tant d'opinions souvent contradictoires! D’après le père Le Comte, par exemple, la population de Canton s'élevait à 1,500,000 habitaus; selon Duhalde elle ne s'élevait pas au-dessus d’un million, et plus tard, d'après des renseigaemens plus positifs donnés par les agens de la Compagnie anglaise , elle n’est évaluée qu'à 250,000. Depuis lord Macartney tous les ouvrages de géographie et de statistique les plus estimés, répétaient sur la foi de ce voyageur que la population de Pékin s'élevait à trois millions d’habitans ; un savant jésuite, cenendant, avait réduit ce nombre d’un tiers, et:vrd Amherst prétend aujourd'hui que mème d’après les Chinois, le chiffre de la population de la capitale de leur empire est bien au-dessous de deux millions. Nous savons déjà que M. Klaproth ne la portait pas audessus de 1,300,000 habitans. Cependant, malgré tout cela, M. Timkovski, et presque tous les géographes et les statisticiens, s’obstinent, contre toute vraisemblance, à porter ce nombre à deux millions. Quelle foi peut-on ajouter aux supputations des voyageurs, lorsqu'il existe entre leurs calculs des différences si considérables ? Ainsi, tandis que Hoest attribue à peine 70,000 âmesà FEz, 20,000 à Maroc, et 10,000 à MEKINES, M. Jackson porte la population de ces villes à 380,000 habitans pour la première, 270,000 pour la deuxième, et 110,000 pour la troisième. M. Jackson assure qu'un prêtre mahométan lui certifia que la ville de Fez contenait 137,610 maisons, 121,452 hommes en état de porter les armes ,'et 800,000 habitans. Mais le général Badia-y-Leblich,
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POPULATION DES VILLES. 53
si connu sous le nom de Ali-Bey-el-Abassi, qui a visité cette ville dans la mème année , assure que la population de Fez n’est que de 100,000 âmes, en faisant observer toutefois que la dernière peste avait fait périr la moitié des habitans. De quei poids peut être l'opinion d'un géographe et des statisticiens les plus renommés qui attribuent 120,000 habitans à PuiLirroroLt qui n’en a tout au plus que 30,000. Que dire de ceux qui donnent à GaLLiPoLt 15,000, 30,000 , 40,000 et mème 80,000 habitans? Devrons-nous partager l'opinion de Kid sur la population de CazcurrA, et donner à cette ville 400,000 ou 500,000 âmes ou bien la porter encore à 760,000 avec la Société des Ecoles, en l'année 1819, ou bien encore l'élever avec M. Russel, premier juge de cette ville, à 1,000,000 d’habitans, en 1810? Cependant d’après un recensement qui a eu lieu en 1822, Calcutta paraîtrait ne contenir que 197,917 habitans, car on n’a pas compris dans cette évaluation les habitans de ses immenses faubourgs. Lors du recensement de 1798, cette ville avait 78,760 maisons; mais comme depuis cette époque la population a plutôt augmenté que diminué, il serait étrange de dire que la population de Calcutta ne s'élève pas à 500,000 âmes: Pour nous, nous pensons, d'aprèsle savant Hamilton, que la population de cette ville peut être portée à 600,000 habitans: Le G/eaning of Science, journal publié à Calcutta, réduit à moins de 200,000 les 632,000 habitans que M. Hamilton attribue à BENARES , en appuyant sa supputation sur le nombre de maisons qui sont dans cette ville.
Mais si nous avons quelquefois adopté les évaluations que nous ont fournies quelques savans voyageurs, du moins nous avons toujours rejeté
les calculs exagérés des indigènes, que tant de voyageurs des siècles derniers ont reproduits sans la moindre critique. A l'exemple du judicieux Golovnin, nous ne croyons pas qu'il y ait à Yrno, 280,000 maisons et 10,000,000 d’habitans comme le disent les Japonais. Suivant l'opinion de M. Klaproth, pour ce qui a rapport à la population de PÉKIN, nous avons réduit à 1,300,000 habitans les trois et les deux. millions. que lord Macartney ct Timkovski attribuent à cette capitale. Comme M. Hamilton, nous n’attribuons que 250,000 âmes à Decur, et 60,000 environ à AGrA, au lieu de 1,200,000 et de 800,000 comme le soutenait M. Legoux de Flaix, il y a quelques années. Nous avonsrejcté aussi le sentiment du capitaine Lumsden, qui attribuait récemment à Ava une population de 1,000,000 d'habitans, et celui de l'4siatsky Vestnik, journal russe, qui donne 249,250 habitans à Bouxkmara. Nous arrêterons là l’exposé des motifs qui nous ont conduit à déterminer la population des villes, non comprises dans le domaine de la statistique.
Cependant nous ne terminerons pas ce chapitre sans donner au lecteur une idée des pénibles travaux auxquels nous nous sommes livré dans ces recherches , et des efforts que nous avons dû faire pour nous mettre, autant qu’il était en nous, à l'abri de l'erreur, ou pour nous rapprocher de la vérité. Nous allons en conséquence lui offrir dans la table suivante quelques-unes des opinions les plus tranchées qui partagent les voyageurs et les statisticiens au sujet de la population des villes non comprises dans le domaine de la statistique. Aiïisi, le lecteur pourra lui-même faire l’application des raisonnemens que nous venons d'émettre.