CHAPITRE XIIL
Classification des habitans de la terre d’aprés les religions
qu’ils professent.
I n'est pas prouvé, dit M. Schoell, qu'il existe un peuple sansreligion, Dès que les hommes se sont réunis en sociétés, ils ont reconnu l'existence d’êtres supérieurs à leur nature, et disposés à exercer sur leur destinée une influence bienfaisante, si on les rendait favorables, malfaisante, si on excitait leur courroux. ils se sont, en conséquence, efforcés d’apaiser ces êtres par des prières, des offrandes, des sacrifices et par toutes les démonstrations de respect et de vénération qu’ils ont pu imaginer, Les diverses manières dont les peuples manifestènt ce sentiment constituent autant de religions diverses; les actes extérieurs qui peuvent être le résul'at de ces croyances religieuses sont des culte.
Quelle que soit 1a diversité des religions que les hommes professent, on peut les diviser en deux classes : la première comprend lous les sy stèmes religieux quiméconnaissent le vrai Dieu; la seconde tous ceux qui émanent 4e l’idée d’un seul Dieu créateur, modérateur et conservateur de toutes choses.
Tous les cultes de la première classe se subdivisent en un nombre presque infini, tant est grande la variété de ces religions enfantées par la superstition et l'ignorance des peuples les moins civilisés. L'homme a imaginé les absurdités les plus étranges pour se former des systèmes religieux ; il a adressé ses hommages à tous les objets de la nature. Notre cadre ne nous permettant pas
d'entrer dans les détails qu'exigerait la classification même superficielle de cette nombreuse variété de religions, nous nous bornerons aux deux suivantes, qui, jusqu’à un certain point, peuvent être regardées comme la source d'où dérive le plus grand nombre des superstitions et des croyances absurdes qui forment la base de toutes ces religions : nous voulons parler du fétichisme et du sabéisme. À quelques exceptions près, tous les peuples sauvages et ceux que nous avons nommés barbares partagent ces deux croyances,
Le FÉTICHIsME est l’adoration des fétiches (fetisso), expression employée par les nègres des côtes occidentales de l'Afrique pour désigner tes objets vivans ou inanimés de la nature , auxquels la peur, la reconnaissance ou quelque affection particulière porte ces peuples à adresser une espèce de culte religieux. Tout ce qui les entoure, la nature entière, les élémens, les arbres, les fleuves, le feu, en un mot tous les êtres chez lesquels ces hommes simples et ignorans observent des propriétés bienfaisantes ou malfaisantes, qui leur paraissent incompréhensibles, sont les objetsde leur culte. C’est celui des peuples qui sont placés au dernier degré de civilisation, et qui ont les idées les plus grossières de la divinité et desrapportsqui existent entre elle et l'homme. Mais ce culte offre un grand nombre de nuances, depuis les superstitions les plus absurdes des sauvages abrutis du Continent-Austral (Nouvelle-Hollande ) et de la
Tasmanie (Terre de Diémen) jusqu’au fétichisme des peuples moins barbares de la Polynésie, du centre del’Afrique et de plusieurs parties de l'Asie et de l'Amérique. Les sacrifices humains et des actes d'atrocité révoltante sont le caractère distinctif de ces religions barbares. Les desservans sont des espèces de devins et de sorciers, appelés griots chez plusieurs peuples de l'Afrique, jon- &gleurs chez quelques peuplades américaines, et schamanes chez les habitans de la Sibérie; cette dernière dénomination a été la cause de la singulière méprise qui a fait confondre une nuance du fétichisme avec le samanéisme qui estune branche de la religion de Bouddha.
Le SasËisue tientun rang plus élevé; c'est l’adoration des corps célestes, du soleil, de la lune et des étoiles, soit séparément, soit tous ensemble. Cesystème très ancien , répandu sur toute l’étendue du globe, s’est mêlé avec toutes les autres religions ; maisil n’existe plus sans mélange que chez quelques tribus isolées. Son nom vient des Sabéens ou Sabiens , ancien peuple de l'Arabie.
Les principales religions comprises dans la seconde classe des cultes sont les suivantes : le Judaïsme , le Christianisme, le Mahométisme, ouslamisme , \e Magisme , le Brahmanisme, le Bouddhisme, le Sintisme, le Nanekisme , le Naluralisme mythologique etle Panthéisme Philosophique.
Le JupaïsuE ne reconnaît d'autre révélation que celle qui a été faite au peuple de Dieu par Moïse et par les prophètes. Ceux qui professent cette religion sont conaus sous le nom de Juifs. Ils attendent la venue d’un Messie, qui doit fonder un grand empire, auquel participeront les fidèles. Is pratiquent la circoncision et un grand nombre de cérémonies. Ils chôment le septième jour de la semaine. Lorsqu'ils occupaient la Palestine, ils avaient une sorte particulière de prêtres, les Zévites; depuis leur dispersion, qui a produit la confusion de leurs tribus, ils ont cessé de sacrifier à l'Eternel; et, au lieu de prêtres ou de sacrificateurs, ils n'ont plus que des docteurs appelés Rabbins, qui enseignent la loi dans les sy nagogues ; c'est ainsi qu'ils appellent leurs temples. Ils ne reconnaissent qu’une personne en Dieu. Leurs livres sacrés forment l'#ncien Testament, écrit principalement en langue hébraïque.
Le Judaïsme, dont plusieurs idées et images ressemblent à celles des Mages de la Perse ou des anciensprètres égyptiens, se divise aujourd’huien plusieurs sectes dont les principales sont : la secte des Talmudistes, dits aussi Rabbanistes, dénominations qui leur ont été données à cause de leur respect pour les décisions des Rab-
bins etpour le Talmud, immense fatras, où quelques idées saines sont perdues dans la fange. Ces juifs, étant incomparablement plus nombreux que tous les autres, forment à proprement parler la masse de la population juive. Les Chasidim , dits aussi Juifs Sauleurs ou Piétistes, sont une subdivision des Talmudistes , qui s'est formée à Miedzyvorz en Ukraine, entre 1760 et 1765 ; ils affectent une vertu plus sévère, une dévotion plus vive, et sont aux autres Juifs ce que sont les Piétistes aux Protestans. On prétend que leur nombre dépasse
celui des Talmudistes dans la Pologne russe ct
dans la Turquie d'Europe. Les Caraites rejet-
tent les traditions, les superstitions et les inepties
qui abondent dansle Talmud. Ils diffèrent en outre
des Rabbanistes sur quelques rites, quelques cérémonies légales. Quoique réduits à un très petit nombre, ils sont répandus en plusieurs pays : on
les retrouve dans la Syrie, en Egypte, dans le désert de Hit, àtrois jours de marche de Bagdad; à Constantinople, en Crimée, dans l'Ukraine, dans la Gallicie, la Lithuanie, à Dubno et près de Kouba
dans la région du Caucase. Les Rechabiles,
visités dernièrement parle docteur Wolf;ilsvivent indépendans dans trois oasis non loin de la Mecque. Ces Juifs remontent à une haute antiquité, possèdent le Pentateuque, les livres des Rois, d'Isaïe , de Jérémie et de quelques autres prophètes. Les Samarilains, autrefois beaucoup’ plus nombreux et mainteñant réduits à 200 individus, qui vivent à Naplouse et à Jaffa. Ils ne diffèrent des autres Juifs que dans les cérémonies. IIS font encore tous les ans le sacrifice au mont Garizim ou dans la ville de Naplouse. Les Juifs du Malabar : ils sont assez nombreux, s’y sont établis depuis plusieurs siècles , et y ont fait beaucoup de prosélytes parmi les indigènes.
Le plus grand nombre des Juifs vit maintenant en Europe, surtout dans les empires Russe, Autrichien et Ottoman; en Asie, dans ce dernier empire, dans l'Arabie , dans l’Inde et autres contrées; en Afrique, dans les régions du Nil et de l'Atlas. Nous ne savons pas qu'il en existe dans l'Océanie; et l'Amérique en compte un nombre très petit relativement aux autres parties du monde.
Le CHRISTIANISME, qui a pris son origine dans le sein du judaïsme,et qui s’est divisé de siècle en siècle en une infinité de systèmes, étend aujourd’hui sa bienfaisante influence sur les contrées les plus civilisées et dans toutes les parties du monde. C'est la religion la plus étendue sur le globe et celle qui compte un plus grand nombre d’adeptes. Ceux qui la professent, et que nousappelons Chrétiens, indépendamment de la révélation de Moïse et des prophètes, croient encore à celle du Nouveau Testament, à la venue du Christ, à la rédemption des péchés, et à la résurrection des morts; ils pratiquent le baptême et chôment le premier jour de la semaine. Nous offrirons dans le tableau suivant les principales subdivisions du christianisme d’après M. Schoell et d’après l'ouvrage remarquable de l’ancien évêque de Blois.
l° Chrétiens qui outre laBible reconnaissent encore une autorité supérieure en matière de foi. Ws forment PEglise Latine ou d'Occident, et l'Eglise Grecque ou d’Orient.
A. EGLISE GRECQUE ou d'Ortenr.Les principaux points sur lesquels elle diffère de l'Eglise Latine sont relatifs à la suprématie du pape , comme vicaire de Jésus-Christ et au dogme qui fait procéder le Saint-Esprit du Fils, ainsi qu’à deux points de discipline, qui sont la communion sous les deux espèces et le mariage des prêtres. Voici les autres dogmes ou points de discipline sur lesquels les Orientaux nes'accordent pas avecles Catholiques.
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Quoiqu’ils admettent sept sacremens qu'ils appellent mystères, il parait qu'ils n’attachent pas à ce mot le même sens que les Latins ; il est certain au moins qu’ils n’en regardent que deux comme d'institulion divine, savoir : le baptème et l’eucharislie, et qu’ils croient que.les autres ont été institués par l'Eglise. Ils donnent la confirmation en même temps que le baptême , qui se fait par triple immersion; ils y joignent même la communion.
Ils nient l'indissolubilité du mariage et le rompent pour adultère; mais ils condamnent les quatrièmes noces. Ils ne reconnaissent pas d'œuvres surérogatoires et n’admettent par conséquent pas les indulgences. Les Orientaux ont , comme les Catholiques, une hiérarchie et des monastères, et sont soumis à des pratiques de dévotion nombreuses et à des jeûnes plus rigoureux encore. Ces Chrétiens se partagent en quatre communions principales, selon qu’ils adoptent ou rejettent une partie des sept premiers conciles œcuméniques, qui ont été assemblés avant la scission des Eglises d'Orient et d'Occident.
1LL'Eglise Grecque, quis'appelle ortkodoxe, parce qu'elle adopte tous les sept conciles
œcuméniques, ainsi que le quini-sexlum, n'a jamais formé uñe Eglise unique. Elle embrasse presque tous les Grecs de l'empire Ottoman, tous ceux de l'empire Russe ct des iles loniennes, etun grand nombre d'individus appartenant à différen-
.antions qui habitent l'empire d'Autriche, sur-
: ans les pays qu’on nomme hongrois. Hs re-
: x-assent pour chef spirituel le patriarche de coastantinople, qui a conservé sa prééminence sur ceux d’Antioche, d'Alexandrie et de Jérusalem. On appelle Melchistes les chrétiens orthodoxes de la Syrie et d’autres provinces du Levant, qui ne sont pas Grecs de nation, mais de religion. Tousles peuples Russes et tous les prosélytes que les Russes sont parvenus à faire parmi ies nations qui vivent dans leur vaste empire, un grand nombre d’habitans des provinces qui formaient le cidevant royaume de Pologne, ainsi que les Géorgiens, et autres peuples, professent cette religion, et dépendent du Saint-Sinode de l'empire Russe pour tout ce qui a rapport au culte. Nous ne savons pas si les Mingreliens et les Imérétiens, compris maintenant dans cet empire, sont encore soumis comme auparavant au patriarche de Constantinople. L'Eglise Russe comprend sous le nom général de Raskolniks toutes les sectes dontles croyances différent de l'Eglise orthodoxe. Il y en aun grand
nombre. Nous citerons les Bogomiles qui se li-
vrent à tous les excès de la sensualité et se dispensent du travail ; les Malakhans, qui ont quelque analogie avec les quakers ; les Philippons, qui encouragent le suicide, et les Origénistes qui ensei-
gnent que la mutilation dans les parties génitales est commandée par le fondateur même de la religion chrétienne.
2L'Eglise ChaldéenneouNestlorienne. Ses croyans ne reconnaissent que les deux premiers conciles œcuméniques et les pères de l'Eglise qui ont vécu avant le concile d'Ephèse, où
leur doctrine a été condamnée. Ils attribuent à Jésus-Christ deux personnes ou Aypostases, refusent de donner à la Vierge la qualité de mère de
Le J
Dieu, abhorrent le culte des images, et regardent Nestorius et Théodore de Mopsveste comme des saints. Le plus grand nombre vit dans l’Asie-Ottomane, ou dans le village d'El-Kosch près Mosul, où réside leur patriarche principal, et dans la Perse, Les Nestoriens établis dans l'Inde sontnommés Chrétiens de Saint-Thomas, parce qu'ils prétendent avoir reçu l'Evangile par l’intermédiaire de ce saint. Depuis 1599 ils se sont, pour la plupart, réunis aux Latins, en conservant la commuaion sous les deux espèces et le mariage des prêtres. Ces chrétiens sont ce que les catholiques désignent sous le nom de Grecs-Unis.
3 L'Eglise Monophysite ou Eutychéenne, dont les croyans ne reconnaissent que les trois premiers conciles œcuméniques, et n’admettent qu'une nature en Jésus-Christ, savoir : la nature divine , qui a été incarnée; aussi ne font-ils le signe de la croix qu’a”ec un seul doigt. Cette Eglise se subdivise en irois autres appelées :
Jacobile, ainsi nommée d'après un moine syrien du vr* siècle, Jacob Baradaï ou Zanzalus, qui parcourut la Syrie et la Mésopotamie pour réunir en une Eglise les Monosophysiles dispersés, et qui leur donna une hiérarchie. Leur chef prend le titre de Putriarche d’Antioche , porte le nom d’Ignace et réside à Karemid, dans le Diarbekir, dans l’Asie-Ottomane. Les Jacobites ont adopté le culte des saints et des images. Une grande partie d’entre eux se sont réunis à l'Eglise catholique, en conservant toutefois quelques rites qui leur sont particuliers.
Copte, dont les croyans se nomment Copies ou Chréliens d’Egypte, de Nubie et d’Abyssinie. Ils ont adopté le culte des images. Deux particularités les distiuguent de tous lesautres Chrétiens ; ils ont conservé la circoncision conjointement avecle baptême, plutôt cependantcomme une coutume nationa!e, que comme cérémonie religieuse ; ctils célèbrent le dimanche et une partie du samedi. Leur patriarche réside au Caire, mais il prend le litre de patriarche d’Alexandrie etde Jérusalem. Wnomme pour l’Abyssinie un vicaire général appelé 4buna.
Arménienne, à laquelle appartiennent presque tous les 4rméniens, Ces chrétiens ont peu de
fêtes et rejetient le culte des images. Hsont quatre -:
patriarches, dont le principal , qui porte le titre de Calholicos de tous les Arméniens, a résidé dans le couvent d'Etch Miadsin, daus la ci-devant Arménie-Persane jusqu’en 1822, époque où il s’est réfugié sur le territoire Russe; il est probable qu’il est retourné à son ancienne résidence depuis l'incorporation de cette province à l'empire Russe. Les trois autres patriarches résident à Sis en Caramanie, à Gandsasar près du lac d’Erivan, et à Agathamar, couvent situé dans une île du lac de Van. Les Arméniens forment la masse principale de la population de l'Arménie proprement dite, et se trouvent répandus en plusieurs autres pays indiqués dans les articles eAnographiques de cet ouvrage, Quelques Arméniens se sont réunis à l'Eglise catholique : ceux-ci ont un archevêque à Nachtchivan sur le Don, et un autre dans l'Île de Saint-Lazare dans les lagunes de Venise 1 y en à
cù PRINCIPES GENÉRAUX. CH. XIII.
aussi plusieurs milliers dans l’empire Ottoman, surtout à Constantinople, où depuis rcu ils sont soumis à la juridiction d’un patriarche indépendant qu’on vient de leur accorder.
«L'église Maronite, dontles croyans s'appellent Maronites, d'après Jean Maron , prètre du v‘siècle, qui leur donna leur constitution. Ils vivent dans les montagnes du Liban et dans l'ile de Chypre; ïsadmettent les quatre premiers sonciles œcuménig ‘,etreconnaissent par conséquent en Jésus-Chri. : ne seule personne et deux natures : mais ils sont Monvthéliles, n’admettent dans ces deux natures qu’une seule volonté. Le plus grand nombre s’est réuni à l'Eglise catholique,en conservant la plupart des rites de l'Eglise orientale, Leur chef spirituel, qui reconnait le pape, porte le titre de patriarche d’ Antioche et réside à Cannobin, couvent du Liban.
B. Écuise LATINE ou »'Occinenr. On appelle Catholiques ceux qui suivent ses dogmes; mais cette dénomination, qui indique qu’ils forment l'Egtise universelle, leur est contestée par les membres des autres Eglises chrétiennes : ceux-ci les appellent Catholiques Romains et Pavistes. L'Eglise latine reconaait pour chef le pape oule souverain Pontife ; elle admet l'autorité de la tradition, ainsi que les décisions de l'Eglise asserablée en conciles œcuméniques, qui sont regardés comme infailibles. Le plus grand nombre de ses membres attribuent cette infaillibilité au pape seul. Les Catholiques ont sept sacremens d’institution divine ; ils admettent la transsubstantiation dans l’eucharistie, la confession auriculaire, le culte des saints, le purgatoire, les œuvres de surérogation, les ind:1gences, les vœux monastiques, et au moins comme discipline, le célibat des prêtres. Ils administrent le baptème par aspersion ; ils reconnaissent non-seuiement les sept premiers conciles œcuméniques qui ont été assemblés avant le schisme de l'Eglise orientale (à l'exception du quini-sexlum), mais aussi plusieurs autres convoqués par les papes depuis le rx° siècle. Le dernier et le plus célèbre est celui de Trente, qui, avec quelques interruptions, a siégé de 1542 jusqu'à 1563. Le clergé catholique est rombreux et très riche , surtout en Hongrie, en Espagne, au Mexique, au Pérou, à Cuba et autres contrées. Il existe entre les prêtres une hiérarchie et des dignités ecclésiastiques, auxquelles, jusqu'à ces derniers temps, fut attaché quelquefois un pouvoir temporel très considérable , tels que les électorats ecclésiastiques de Mayence , de Trèves et de Cologne, l’archevèché de Saltzbourg , les évèchés de Wurzbourg , de Bamberg, d'Hildsheim , etc. , ete. , dans le ci-devant empire Germanique, la grande maitrise de l’ordre dg Malte, etc. Parmiles Catholiques de toutes les nations, excepté toutefois chez les Grecs-Unis dont nous avons parlé à l’article de l'Eglise grecque, la liturgie et les prières sont rédigées en latin.
L'Eglise Catholique étend son empire sur presque toute la France, sur les royaumes actuels de Belgique et de Pologne, sur toute l'Italie, l'Espagne, le Portugal, sur lestrois quarts de l'Irlande, sur La plus grande partie de l'empire d'Autriche, sur presque la moitié de la monarchie Prussienne,
dela confédération Suisse et des puissances secondaires de la confédération Germanique, comme aussi sur des fractions assez considérables de la Grande-Bretagne et du royaume actuel de Hollande ou des Pays-Bas, Il faut aussi ajouter au nombre de ses croyans la plus grande partie des Chrétiens de saint Thomas ou Syriens du Malabar, des Maronites du Liban, et un grand nombre de Grecs-Unis et Arméniens qui, en conservant leur liturgie et quelquesusages, reconnaissent la suprématie du pape et les dogmes de l'Eglise latine. On trouve la religion catholique dominante dans les nouveaux états qui se sont élevés sur les débris des colonies fondées par l'Espagne, le Portugal et la Franceen Amérique, ainsi que dansles divers établissemens que ces puissances possèdent encore npon-seulement dans le Nouveau-Monde, mais dans plusieurs autres contrées du globe. Le Catholicisme est aussi professé par une partieassez considérable de la population des Etats-Unis : la Louisiane , le Maryland, le Kentucky, le district de Colombie, les Florides, sont les états où il compte le plus d'adhérens. Le Pape ou le souverain Pontife est le chef spirituel de cette Eglise.
Il Chrétiens qui, en matière de foi, ne reconnaissent d'autre autorité que celle de la Bibie. M. Schoell divise ces chrétiens en Unitaires, qui ne reconnaissent qu’une personne dans la Divinité,eten Triailaires, qui en admettenttrois.
A. UniraiRES,. On appells en général Unitaires ou 4nli-Trinitaires tous les Chrétiens qui nient la trinité des personnes en Dieu. On comprend sous ce rom plus spécialement les 4riens du 1v° siècle, les Sociniens et les Unitaires proprement dits. Les Ariens , dont la doctrine a été condamnée au premier concile de Nicée, admettaient que Jésus- Christestengendré du Père de toute éternité; mais ils soutenaient que le Filset le Saint-Esprit sont subordonnés au Pése. Les Sociniens nient également la divinité du Christ, mais il est à leurs yeux la première des créatures ct le plus grand des prophètes, qui a été conçu mirauuleusement par l'opération du Saint-Esprit, lequel est une force émanée de Dieu. Jésus-Christ est venu donner aux hommes un modèle de toutes les vertus ; il a prouvé notre résurrection future par la sienne. Toute puissance lui a été accordée dans le ciei et sur la terre, etle Père estinvoqué en son nom. On appelle Unitaires proprement dits ceux qui nient la divirité du Christ et sa préexistence, sans admettre aucua des deux systèmes dont on vient de parier. Ces Unitaires sont répandus parmiles Chrétiens de tous les pays, mais ils n’ont pas fait de scission et ils ne forment pas de secte particulière. Les Ariens , s’il en existe encore, sont dans le même cas. Il ne nous reste donc à parler que des Sociniens.
On les appelle ainsi d'après Ze/lio Saxzini, noble Siennois, mort en 1662 en Pologne, où il s'était réfugié pour échapper à l’inquisition. Les Sociniens se rapprochent dans la plupart des dogmes dusystème des Protestans ; maisils vejettent, ainsi qu'on l’a dit, la Trinité et tous les n.ystères. Leur grand principe est que le christianisme doit être absolument conforme à la Bible, et que lesexpre:sions des livres sacrés doivent étre prises dans leur
concile mais c quatre se qui ( Fils; p confor sent qu minist cène ;i rejette le sacri gitimit libat , 1 bué au par sui vocatio fession véniels autorit et l’aut l'Eglise qu'une les can:
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doit être expree-
asieur
:ens le plus simple et le plus naturel, en écartant toute interprétation mystique et tout ce qui tient au merveilleux. Les Sociniens sont très peu nombreux. La plus grande partie de ces sectaires habite la Transylvanie, oùils jouissentd’une pleine liberté de conscience et de l'exercice public de leur culte. On entrouve aussi, mais en bien ylus petit nombre, dans la monarchie Prussienne, en Hollande et en Angleterre.
B;TrinirAtREes. Ces chrétiens trouvent dans les
livres du Nouveau-Testament le dogme de la divinité éternelle de Jésus-Christ et du Saint-Esprit, et reconnaissent le dogme de la Trinité. On peut les diviser en trois classes principales, savoir : les Protestans, \es Anglicans etles diverses secles
mystiques et enthousiastes qui ont été entées
sur le protestantisme.
1° Protestans. Ces chrétiens sont ainsi nommés parce qu'à la diète de l'Empire tenue en 1529, les princes etétats attachés aux opinions des novateurs protestèrent contre toute loi qui défendrait desinnovations en matière de religion. Les pratestans adoptent la Bible comme un ouvrage divin, en rejetant cependant comme apocryphes diverses parties que le concile de Trente a déclarées canoniques ; ils recommandent la lecture et l'étude des livres sacrés, dont ils ont fait faire un grand nombre de traductions dans toutes les langues; cependant aucune de ces traductions n’est regardée comme authentique, etle texte original seul fait autorité pour eux. Ils pensent que Dieu a donné à l’homme , indépendamment de la révélation , deux grandes lumières : la saine raison pour entendre sa parole , et la conscience pour lui servir de guide dans ses actions, Is rejettent toute autorité humaire en matière de foi, même celle des conciles; ils adoptent cependant, non comme loi, mais comme conformes à la Bible, les canons des quatre premiers conciles œcuméniques, et la pbrase qui énonce la procession du Saint-Esprit et du Fils; par conséquent, leur credo est entièrement conforme à celui des Catholiques. Ils ne conoaissent que deux sacremens : le baptême qu'ils administrent par infusion, et l’eucharistie ou la sainte cène ; ils communient sous les deux espèces ; ils rejettent la transsubstantiaticn, et par conséquent le sacrifice de la messe ; ils n’admettent pas la légitimité des vœux monastiques, la sainteté du célibat , l'indissolubilité du mariage, le mérite attribué aux bonnes œuvres par l'Eglise Catholique, ni par suite lesindulgences ; ils réprouvent aussi l’invocation des saints et le culte des images, la confession auriculaire , la différence entre les péchés véniels et mortels, la rémission des péchés par une autorité humaine, l'extrêm: -onction, le purgatoire et l'autorité spirituelle du souverain pontife et de l'Eglise. Chez eux l’ordination ecclésiastique n'est qu'une cérémonie religieuse en vertu de laquelle les candidats sont reconnus, par leurs confreres, capables d'exercer le saint ministère : leurs ecclésiastiques ne sont que les ministres du culte etles serviteurs du prince qui les a nommés et des communes qu'ils desservent. Ils n'ont d'autre autorité que celle qu'ilstiennent des lois du pays où ils vivent. La confirmation, la confession et la bénédiction auptiale ne son! que des cérémonies religieu-
sesinstituées par les hommes, et dont on peut se dispenser. Les Protestans les ont conservées, en en changeant l’objet et la destination , mais ils ont entièrement supprimé l’extrôme-onction.
On divise les Protestans en Zuthériens et en Zwingliens ou Caivinistes.
Les Luthériens sont ainsi nommés d'après Marc tin Luther, moine de Wittemberg, qui, en 1517, commença le sclisme ; ils préfèrent cependant le nom d'Evangéliques ou d'Adhérens de la Confession d’Augsbourg, qui est le nom officiel qu’on leur a donné en Allemagne et en France; ce nom dérive de la fameuse Confession d’Augsbourg, rédigée par Philippe Melanchton et présentée en 1530 à l'empereur Charles-Quint à la diète d’Augsbourg par les princes et les états qui avaient embrassél'es opinions de Luther.
Les Luthériens se distinguent des autres Protestanspar la maniere mystique dont ils s'expriment à l'égard de la présence réelle dans le sacrement de l'eucharistie. Tout en rejetant la transsubstantiation , ils admettent la présence réelle et disent que lesfidèles mangent le véritable corps et boivent le véritable sang de Jésus-Christ en mangeant le pain etbuvant le vin, x, cum el sub pane etvino; de manière que ce pain et ce vin, quoique consacrés, conservent leur nature s'ils ne sont pas distribués aux fidèles et ne doiventen aucun cas être adorés, Ils emploient, dans la communion, du pain azyme, comme l'Eglise Latine. Tout en rejetant le culte des images, ils souffrent que leurs églises en coient dé: corées, en commémoration des évènemens qu’elles rappellent. Les Luthériens ne condamnent pas absolument la hiérarchie , maïs ils n’admettent par qu'elle soit d'institution divine; et leurs prélats, dans les paysoüilsen ont, sont soumis au prince qui esttaujours investi de la suprématiespirituelle, En Suède, les Luthériens ont des archevêques et des évèques, qui forment un des quatre ordres de l'état, avec lesquels le roi partage l'exercice du pouvoirlégislatif. En Danemark, en Norwège et en Islande on trouve les mêmes dignités ecclésiastiques, mais sans aucune prérogative qui donne une influence politique.
Le Luthérianisme domine dans les monarchies Prussienne, Danoise et Norwégieno-Suéduise, dans les royaumes d'Hanovre , de Saxe et de Wurtemberg et autres états de la confédération Germanique, dans les provinces Baltiques de l'empire Russe ; il compte aussi beaucoup de croyans dans les pays Hongrois et autres provinces de l'empire d'Autriche, ainsi que dans plusieurs états de la confédération Anglo-Américaine et dans les colonies Danoises et Suédoises,
Les Zwingliens, ainsi nommés d'après Zwingle, pasteur à Zurich, contemporain de Luther, qui commença le schisme en Suisse, sont aussi appelés Calvinistes du nom de Calvinus, de Noyon, qui répanditles mêmes opinionsà Genèveeten France. Les Calvinistes se donnent de préférence le nom de Réformés. Anciennementen France on les appelait Huguenots.
Les Calvinistes rejettent entièrement la présence réelle, et prétendentquele nain céle vin signifient seulement le corps et le sang du Sauveur. Ils se servent, dans la communion de pain levé. Issou-
tiennent que, quoique Jésus-Christ soit venu pour sauver le genre humain, il n’y a qu'un petit nombre d'hommes élus depuis l'éternité, et prédestinés au salut. Les Calvinistes exigent dans le culte une simplicité extraordinaire, et rejettent l'usage du crucifix, des images et des cierges, que les Luthériens tolèrent comme simple ornement. Leur régime ecclésiastique est entièrement républicain. Presque tout le royaume actuel de Hollande, les cantons Suisses de Berne, de Zurich, de Bâle, de Genève et le duché de Nassau, les principautés d’Anhalt, de Lippe, la Hesse-Electorale, les départemens du Gard, de l'Ardèche, de la Drôme, de Lot-et-Garonne , etc., etc., en France; la Hongrie, la Transylvanie , les Confins Militaires, etc., dans l'empired’Autriche, et les Etats-Unis d'Amérique, ainsi que les colonies Anglaises et Hollandaises, sont des pays où les Calvinistes se trouvent en plus grand nombre. 11 y en a aussi beaucoup dans la monarchie Prussienne. Nous ajouterons que, dans la confédération Anglo-Américaine, ils forment presque un quart de la population actuelle.
En Hollande et dans le Holstein , une secte particulière de Réformés est nommée 4rminiens ou Remontrans.
En Ecosse eten Angleterre, dansles colonies Anglaises et dans la confédération Anglo-Américaine, les Calvinistes se partagent en deux classes. On nomme Presbytériens ceux qui sont régis en affaires ecclésiastiques par une espèce de pouvoir aristocratique résidant dans les synodes , et Zndépendans ou Congrégalionalistes, ceux qui rejettent ce pouvoir, et chez lesquels chaque communauté exerce par elle-même le pouvoir ecclésiastique. Les Presbytériens, aussi bien que les Congrégationalistes, sont nommés en Angleterre Non-Conformistes, en tant qu'ils ne reconnaissent pas l’épiscopat qu’admet la haute Eglise Anglicane ; mais en Ecosse ils forment non-seuleanent l'Eglise dominante , mais méme celle à laquelle appartient la grande majorité des habitans. On appelait anciennement Puritains tous ceux qui, en 1565, rejetèrent la liturgie anglicane pour établir un culte plus pur. L'Eglise Presbytérienne des Etats-Unis, où, en 1828, elle ne comptait pas moins de 1968 églises desservies par 1286 pasteurs, est la secte calviniste qui a le plus de rapport avec les anciens Puritains.
Les Luthériens s'étant rapprochés, depuis la moitié du xvin*siècle, de l’opinion des Calvinistes sur la présence réelle dans la sainte cène, et ceuxci ayant adouci leur dogme sur la prédeslination, il n'existe aujourd’hui presque plus de différence entre les deux religions, et les adhérens de l’une suivent le culte de l’autre, quand ils n’ont pas d'église particulière. Ils approchent même indistinctement de la sainte cène célébrée par des ministres de l’une ou de l’autre communion, parce que les uns etles autres n’emploient dans cette solennité que les paroles mêmes de l'institution, prononcées par Jésus-Christ, sans y ajouter aucun commentaire. Ce qui a empêché, jusqu’à ces dernières années, la réunion des deux partis, c’est surtout la diversité de leur administration ecclésiastique, qui est toute républicaine chez les uns, et monarchique chez les autres.
Notre siècle, fertile «n évènemens de lout genre, a vu aussi commencer, en 1817, dans le duché de Nassau, la fusion des deux Eglises luthérienne et calviniste on uneseule, sousle titre d'EgliseEvangélique. Cette union a eu lieu aussi depuis à Paris, à Francfort-sur-le-Mein, dans presque toute la monarchie Prussienne, dans une grande partie du royaume de Bavière, dans le grand-duché de Bade, dans la Hesse-Electorale et dans la Hesse Grand- Ducale, dans le duché d’Anhalt-Bernbourg, dans la principauté de Waldeck et dans d’autres parties de l'Allemagne. ll est probable que les Calvinistes etles Luthériens des autres paysde l'Europe et des autres parties du monde se réuniront aussi, etque, sous peu d'années, ces deux Eglises n’en formeront plus qu'une seule sur tout le globe.
2 Anglicans. Ces chrétiens, qu'on nomme aussi Zpiscopaux,forment la haute Eglise établie en Angleterre depuis le règne dela reine Elisabeth. Quelqu'un a dit dans le parlement que l'Eglise Anglicane a 39 articles calvinistes, une liturgie napiste etun clergé arminien. Un savant très distingué, tout en remarquant qu’il n’est pas encore décidé si elle est calviniste ou arminienne, dit que lors de sa scission de l'Eglise Catholique, elle en conserva Ja hiérarchie, la discipline, le langage, le costume et les formes liturgiques. Les plus belles oraisons du culte catholique subsistent dans le Common prayers Book. I contient notre calendrier ecclésiastique, la liste dessaints, les fêtes, les Rogations, l'Avent, les Cendres, les jours d’abstinence, le carême. L'Eglise Anglicane aux Etats-Unis d'Amérique diffère beaucoup de la précédente; elle a réduit Jes 39 articles à 10 et a rejeté le symbole Athanasien. L'arminianisme parait y être la doctrine dominante.
Les Anglicans forment la grande masse de la population del’Angleterre , et une partie considérable de cefle de l'Irlande et des Etats-Unis; dans la plupart des possessions anglaises hors d'Europe, ils sont, de tous les chrétiens qui s’y trouvent établis, presque Loujours les plus nombreux.
On appelle eu Angleterre Dissenters ou Non- Conformistes tous ceux quine sont pas de l'Eglise Anglicane , qu'ils soient protestans, catholiques, quakers ou juifs; mais quelquefois on restreint l’acception de ce mot aux protestans qui rejettent l'épiscopat.
3 Mysliqueset Enthousiastes. Nous réunissons sous ces dénominations plusieurs sectes qui se sont formées, soit parmiles Protestans, soit parmi les Anglicans. Leur nombre est très grand, Nous nous bornerons à classer les sept suivantes qu’on peut regarder comme les principales.
A.Les Congrégationalistes regardent chaque congrégation comme une partie de l'Eglise visible et militante. Chaque Eglise est pour eux un corps organisé et muni de tout ce qui est nécessaire pour atteindre son but religieux, sans être assujétie à aucune autre. Leurs dogmes sont presque identiques à ceux de l'Eglise Preshbytérienne de l'Ecosse, où ces sectaires sont très nombreux, etde celle des Etats-Unis d'Amérique, où on en trouve aussi un grand nombre. Pour être congrégationaliste , il faut la foi de Jésus-Christ, le repentir du péché, reconnaitre la trinité, la prédestination, la dépra-
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vation originelle , la rédemption particulière , la persévérance finale, Les Congrégationalistes différent très peu des ndépendans.Le New-Hampshire, le Vermont, le Massachussets et le Connecticut sont les états de la confédération Anglo- Américaine où ils sont en plus grand nombre.
B.Les Arminiens où Remontrans, ainsinommés d’Arminius ou Harmsen, etd’uneremontrance qu'ils présentèrent en 1609 aux Etats de Hollande, Calvin avait enseigné que de toute éternité Dieu a prédestiné les hommes, les uns au salut, les autres à la damnatisn éternelle, par un décret absolu indépendant de leurs œuvres. Arminius combattit cette doctrine, et trouva un grand nombre de par-
tisans. Maintenant l’arminianisme est très répan- :
du dans beaucoup de sectes protestantes, maïs il compte peu de prosélÿtes formant des Eglisesindépendantes. Le plus grand nombre d’Arminiens se trouve dansies provinces septentrionales du cidevant royaume des Pays-Bas et dans celui d'Angleterre.
C. Les Mennoniles, qui s'appellent eux-mêmes Baptistes, sont issus des trop célèbres 4nabaptisles , dont its désavouent les crimes et même le nom, Ces sectaires, actuellement très pacifiques, probes et industrieux, très adonnés au commerce et à l'agriculture, affectent une grande simplicité de mœurs. lis ne reconnaissent aucune personne, aucune aulorit£ pour juge en matière de doctrine : aujourd'hui ils n’ont pas même de confession de foi, et se contentent de la Bible que chacun explique à sa manière. Quoique éloignés de toute espèce de dispute reiigieuse , ils diflérent entre eux sur beaucoup de points, mais ils s'accordent tous à n’administrer le baptème qu'aux adultes, à ne pas jurer et à réprouver l'usage des armes. Ces sectaires ont beaucoup d’aflinité, sous le rapport des mœurs et de la discipline, avec les Quakers et les Frères Moraves.
Tea nave rû ile Sont le plus nombreux sont les Etats-Unis d'Amérique, où l'on estime qu’ils for ment près d’un sixième de la population. C’est d: le Maine , le Rhode-Island , la Virginie , les Deux- Carolines, la Gé: ”. >, l’Alabama, le Mississipi, le Tennessee, le Keutucky, l’Indiana et l'Illinois où on les rencontre en plus grand nombre. Viennent ensuite le Royaume-Uni, celui de Hollande oudes Pays-Bas, les provinces méridionales de l'empire Russe et les gouvernemens de Dantzick et de Marienwerder dans la monarchie Prussienne.
D. Les Quakers, dits aussi Trembleurs par quelques auteurs; ils s'appellent #mis. George Fox, cordonnier de Leicester , fut leur fondateur en 1647. 113 reconnaissent un Dieu en trois personnes ,et conséquemment la divinité du Ferbe. La chute du premier homme, la promesse du Rédempteur , le salut par Jésus-Christ font partie de leur croyance. Is rejettent la doctrine d'élection, de réprobation, sans prévisions des mérites. Les Quakers n'admettent nitypes, ni rites, ni sacremens, pas mème le baptême , ni la cène. Ils ne condamnent pas le baptème d'eau, quoiqu'ils le croient superflu, Quatre maximes fondamentales font la base du quakerisme : 1° l'autorité civile ne peut exercer aucun droit sur la croyance religieuse ; 2° tes sermens exigés par l'autorité civik sont illici-
tes; 3° la guerre est illicite; en conséquence, ils n’opposent à la violence que la résignation ; leur défense ne va jamais jusqu’à verser le sang, ni compromettre la vie d'un ennemi ; ils préfèrent se laisser égorger; 4 un établissement pour salarier un clergé leur parait illicite; en conséquence, ils refusent de payer les dimes, parce qu’elles sont destinées à l'entretien d’un corps sacerdotal ; mais les percepteurs qui vont chez eux prennent l’équivalent sans éprouver de résistance. Leur costume, leurs maisons, leurs meubles présentent tout ce qu’exigent la décence, la nécessité , l'utilité; mais rien de superflu. Les Quakers condamnent lesjeux scéniques, les jeux de hasard, les cartes, les loteries, les discours vains, les lectures futiles, le chant, la chasse , et bannissent de leur langage les mots hasard, chance, destin et fortune, comme une insulte à la Providence. Quand ils parlent, ils tutoient tout le monde.
Ces paisibles sectaires, très adonnés au comme: ce et généralement riches, sont répandus dans le Royaume-Uni, mais surtout en Angleterre, et dans les Etats-Unis d'Amérique, particulièrement dans les états du centre et dans le Rhode-lsland; c'est dansla Pennsylvanie où ils sont le plus nombreux.
E. Les Frères Moraves ou Herrnhuters. La première de ces dénominations rappelle la secte des Frères de Bohéme et de Moravie, dont ils descendent, et la seconde, l'établissement qu'ils fondèrent en 1721 à Herrnhut, près de Berthelsdorf, dans la Haute-Lusace, appartenant au comte de Zinzendorf, qui se déclara leur protecteur. Il donna à leur système une forme nouvelle en y amalgamant le piétisme, et devintpar la suite leur évèque ou chef. Ces sectaires croient parvenir à la perfection par une lumière intérieure et une communication plus intime avec Dieu. Ils se servent, dansleurs discours et leur liturgie, de termes mystiques, et affectent une certaine sentimentalité religieuse, Hs admettent la corruption originelle de l’homme par la chute d'Adam, et la justification par le sacrifice expiatoire de Jésus-Christ; l'éternité des peines et la divinité de Jésus-Christ. Le gouvernement de leurs anciens ou chefs ecclésiastiques s'étend sur un grand nombre d’actes de la vie civile, tels que les mariages, les acquisitions d'immeubles, qui ne peuvent être conclus sans leur consentement. Il leur est défendu de plaider. Is composent une sorte de république où les intérêts individuels. sont toujours subordonnés à l'intérêt général. Hs donnent des soins particuliers à l'éducation physique et morale des enfans. Pour faciliter les conversions ils ont établi trois tropes ou classes : celui de l'Eglise morave, celui de l'Eglise luthérienne et celui de l'Eglise réformée.
Les Frères Moraves, que leur analogie sous plusieurs points avec les Quakers, a fait appeler les Quakers de l'Allemagne, sont très répandus. Ils ont des établissemens à Neuvied, Barby, Neudittendorf, ete., ete., en Allemagne; à Christiansfield dans le Danemark; à Neufchâtel, à Bâle, etc., en Suisse ; à Zeist, etce., dans le royaume de Hollande ; à Tytherton , etc., en Angleterre ; à Strasbourg, etc. en France; à Sarepta , etc., en Russie; à Tranquebar, dans l'Inde; en Guinée, dans l’Afri-
que Danoise; dans la colonie du cap de Bonne-
Espérance et dans le pays des Hottentots, dans
Y'Afrique-Méridionale; à Saint-Thomas, Sainte-
Croix et Saint-Jean duisles Antilles Danoises; à la Jamaïque, etc., dans les Antilles Anglaises; à Nain, etc., dans le Labrador; à Neuherrnhut Lichtenfels, etc., dans le Groënlaad; à Bethléem, Nazareth, etc., dans les Etats-Unis d'Amérique, etc. Leur chef-lieu général est Herrnhut, petite ville duroyaume de Saxe,où réside le collège-directeur composé de 13 membres élus par le synode,
Les missionnaires des Frères Moraves, ainsi que ceux des Catholiques , ont obtenu jusqu'à présent plus de succès qu'aucune autre société chrétienne, en préchant l'Evangile aux peuples non civilisés des différentes parties du monde.
F.Les Swedenborgiens, ainsinommés de Swedenborg, leur fondateur, niembre de l'académie des sciences de Stockholm et minéralogiste distingué. De l'étude du monde matériel passant à celle du monde intellectuel, Swedenborg devint théosophe, s’attribua une e ,mmunication fréquent: tt immédiate avec les êtres spirituels, et des révélations sans nombre concernant le culte de la Diviaité, le sens de l'Ecriture, l'état des hommes après leur mort, le ciel, l'enfer, les autres mondes et leurs habitans. Lestroisarticles fondamentaux de sa doctrine sont : la divinité de Jésus-Christ, la sainteté des Ecritures, la vie qui est charité. Quelles que soient les erreurs auxquelles un homme s’est livré, s'ilévite le mal et fait le bien , non pour des motifs d’intérèt, d'aimbition, de vanité, mais par haine pour le mal et par amour pour le bien, il pourra étre régénéré, sauvé et arriver à lalumière. Swedenborg donne,pour ainsidire,une statistique
détaillée du ciel, de l'enfer et des planètes, dont il décrit les habilans et lesmœæurs. Ses visions sont un phénomène assez étrange : illesa, dit-on, débitées de bonne foi, parce qu'il ne se défiait pas de l'illusion de ses sens.
Le Swedenborgisme, quoique né en Suède, y compte très peu de prosélytes, la plupart disséminés dans le Gothland. On en trouve aussi en Hollande , en Suisse dans l’Appenzell et à Saint-Gall. Maisl’Angleterre est la contrée qui en offre le plus; etc'estsurtout à Londres, à Bristol, à Birmingham, à Derby, à Hull, à Boston et à Manchester où leurs réunions sont les plus nombreuses. La dernière de ces villes est pour ainsi dite la métropole de la secte. Les Swedenborgiens ont des temples à Philadelphie, à Baltimore, à New- York, etc., dans les Etats-Unis. ls ont aussi des chapelles dans l'Inde et l’Afrique-Méridionale. Comme ils croient que l'Eglise de la Nouvelle-Jérusalem existe tout organisée dans l’intérieur de l'Afrique, ils ont envoyé plusieurs missions dans cette partie du monde et ont contribué pour beaucoup à la fondation de la colonie de Sierra Leone. Charles XIHIT, roi de Suède , avant de monter sur le trône, et les célèbres voyageurs Sparmann et Noraouskiold étaient Swedenborgiens. C'est pour répandre leur doctrine qu’ils ont publié sept journaux et qu'ils continuent la publication de celui quiparaît à Londres sous le titre de Nouvelle- Jerusalem.
G. Les Méthodistes. Le berceau de cette secte a
été l’université d'Oxford, où elle a pris naissance parmi quelques étudians , vers 1730. John Wesley en fut la fondateur, On les appela par dérision Méthodistes, à cause de la régularité et de la sévérité qu'ilsaffectaientdansleurs mœursetdanslesexercices de dévotion. John Wesley et son frère Charles s'adjoignirent, en 1735, Georges Whitefleld. Les Méthodistes insistent sur la dépravation de la nature humaine par le péché d'Adam , la rédemption par Jésus-Christ, la purification et le salut par la foi, avec cette différence que Whitefield croit les œuvres moins importantes, si ce n’est comme preuve de foi, tandis que Wesley les croit indispensables. Wesley interdit à ses prosélytes le jeu,
les spectacles, les bals, les courses de che aux, les
manchettes, les dentelles, les liqueurs sn:ritueuses et le tabac. Les Méthodistes ont été les grands promoteurs des écoles de dimanche, et leur zèlea contribué puissamment à réformer les mœurs. On citera toujours avec éloge la métamorphose qu'ils ont opérée parmi les charbonniers de Bristol, les mineurs du Cornouailles et de plusieursautres contrés. Le Méthodisme se partageen deuxbranches: les adñérens de Whilefield admettent la prédestination comme les Calvinistes rigoureux ; ceux de Wesley ont adopté les principes des Arminiens: ces derniers sont les plus nombreux. C’est vers la fin du xviu* siècle queles Méthodistes ont faitscission avec l'Eglise Anglicane , à laquelle au commencement ils se disaient attachés. Ils font des progrès rapides dans le Royaume-Uni et dans les Etats-Unis d'Amérique, où leur nombre a plus que doublé depuis dix ans. Ils ont des établissemens florissans dans l'Inde, surtout à Calcutta et dans l'ile de Ceylan, et presque à l'extrémité de l'Océanie dans l'archipel de Sandwich. Les Méthodistes furent les premiers, parmiles protestans, qui introduisirent la coutume de prècher dans les carrefours et dans les champs. Outre les prédicateurs sédentaires, ils ont beaucoup de prédicateurs ambulans , et leur auditoire est quelquefois composé de plusieurs milliers de personnes.
L'IsLAMISME ou ManouÉTIsME, Cette religion, ainsi appelée du motarabe és/am, qui signifie soumission à Dieu, fut fondée par Mahomet et pritnaissance en Arabie vers l’an 611 de notre ère, Comme à cette époque le judaïsme et le christiañisme avaient fait de grands progrès chez les Arabes, et que d’ailleursla tribu à laquelle appartenait Mahomet se vantait de descendre d’Ismaël et d’Abraham, Mahomet crut devoir emprunter aux juifs et aux Chrétiens une partie de leurs croyances. Admettant les livres de l'Ancien et du Nouveau- Testament, il reconout Moïse et Jésus-Christ comme envoyés de Dieu; seulement il supposa qu'avec le temps leur doctrine s'était altérée, et que c'était à lui que Dieu avait réservé de faire refleurir son véritable culte sur la terre.
Les principaux préceptes de l’Islamisme sont : 1° la purification; 2° la prière; 3°le jeûne du mois de ramazan, pendant lequel on doit s'abstenir durant le jour de tout aliment, et qui est suivi de la fête du Deiram, pendant laquelle il est permis aux fidèles de se dédommager des abstinencesprécédentes ; 4° l'aumône légale, qui,
js naissance john Wesley lérision Méle la sévérité lanslesexerfrère Charles iteñleld. Les ion de la naà rédemption e salut par la ield croit les n'est comme 8 croit indissélytes lejeu, , che raux, les s ao:rilueuses Lé les grands etleur zèlea esmœurs. On orphose qu'ils le Bristol, les rsautres coneux branches:
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se distinguant des charités recommandées pour chaque moment, consiste à donner tous les ans aux pauvresle quarantième de ses biens mobiliers ; 6° enfin le pélerinage de la Mecque, que tout musulman libre et en bonne santé estobligé de faire au moins une fois dans'sa vie.
La prière se fait cinq fois par jour; mais on peut s’en acquitter chez soi et partout où l'on se trouve. Il n’y a que la prière soleunelle du vendredi qui doit se faire à la mosquée et en com-
mun, Le vendredi est chez les musulmans le jour .
de la semaine consacré à Dieu; aussi s'appelle-t:il maal, d'un mot arabe quisignifie assemblée.
e jour-là il faut qu'à l'heure de l'office tous les fidèles se rendent à la mosquée, mais le reste du temps ils sont libres de travailler et de vaquer à leurs affaires. Les musulmans n'ont que deux fêtes in exigent un repos absolu ; c’est la fête de la fin
u jeûne de ramazan, et celle où ils sont dans Fusage d'offrir un sacrifice à Dieu.
Les musulmans, à l'exemple des anciens Arabes, et enimitation d’Ismaël , fils d'Abraham, pratiquent la circoncision. Îls ont également adopté Ja distinction que Moïse établit entre les animaux purs et les bêtes immondes. Ils croient encore aux bonset aux mauvais anges : ils croient que tandis que des esprits malins nous poursuivent sans cesse pour nous entrainer au mal, de bons angessont chargés de la part de Dieu de nous soutenir et de nous guider dans cette vie d'épreuves. Aussi ilssont persuadés de l’immortalité de l'âme, et d’un jugement universel où chacun sera traité d'après ses œuvres,
L'Islamisme interdit le vin et toute boisson enivrante. D'un autre côté, il permet d'épouser quatre femmes à-la-fois, et laisse à chacun ses esclaves femelles à son entière disposition. Les musulmans, par suite de l'ardeur qu'occasionne la chaleur du climat, font du plaisir des sens leur su-
.prèmre bonheur. Ils croient que les élus vivent dans
le ciel au milieu de bocages frais, surle bord de ruisseaux limpides et de fontaines jaillissantes. Là se trouvent des femmes que leurs! .aux yeux ont fait appeler Houris , et qui toujours jeunes, toujours attrayantes, ne sont occupées qu'à faire !cs délices des bienheureux.
Au reste l’Islamisme ôte à l'homme presque toute liberté, et les musulmans sont persuadés que tout ce qui leur arrive, le bien comme le mal, est déterminé d'avance d'une manière invariable. C'est la doctrine que nous appelons fatalisme. Toutes les croyances et les pratiques religieuses des musulmans sont renfermées dans le Coran, livre ainsi nommé d’un mot arabe qui signifie /ecture par excellence. Les musulmans croient que les différentes parties de ce livre furent successivement révélées à Mahomet, et que tel était le priacipal objet des fréquentes visites que lui faisait Pange Gabriel. Ce livre traite à-la-fois du dogme et de la morale, du mariage et du divorce, des successions ; en un mot il tient lieu aux musulmans de code religieux, civil et militaire.
Le Coran étant écrit dans la langue de l'Arabie, l'arabe est devenu la langue sacrée des Turcs, des Persans et de toutes les nations musulmanes. Les musulmans se sont encore accordés à adopter
pour ère commune la fuite de Mahomet, de 1a Mecque sa patrie à Médine , évènement qui eut lieu en 622 de notre ère, et qu'on a a pelé hégire, d'un mot arabe qui signifie fuite. année de mustlmansestlunaire, c’est-à-dire qu’elle a 11 jours de moins que la nôtre, ce qui fait que les années chréliennes et musulmanes ne commencentjamais deux fois de suite à la même époque.
L'Islamisme a de tout temps été divisé enun grand nombre de sectes , et ces schismes ont donné lieu à des guerres terribles. Quelques docteurs musulmans, pour donnet une idée du peu d'union qui règne dans le mahométisme, ont dit que la religion des mages s'était divisée en 70 sectes, que le judaïsme en compta 71, le christianisme 72, et que l'islamisme doit en renfermer 73, dont une seule conduira au salut.
La division commença immédiatement après Mahomet, Le prophète en mourant ne Jaissait qu'une fille, mariée à son cousin Ali ; et il négligea de faire reconnaître Ali pour son successeur. Les compagnons du prophète ayant successivementélevé au pouvoir Abou-bekr, OmaretOsman, il y eut dès cette époque dés musulmans qui criè: rent à l'injustice et qui refusèrent de reconnaitre d'autre souverain légitime qu’Ali. Plustard, lorsque Ali eut été nommé calife, plusieurs musulmans du parti contraire se soulevèrent contre lui, et la guerre civile ensanglanta les contrées soumises à la nouvelle religion. Telle est l’origine des deux principales sectes qui partagent encore les musulmans, et qu'on nomme Sonnites et Schrrtes.
Les Sonnites admettent la succession des califes telle qu’elle a eu lieu, et regardent comme également saints tous ceux d’entre lescompagnons du prophète qui furent fidèles aux lois de Pislas misme. Les Schyytes, partant du prineipe qu’à Ali seul et à ses descendans directs appartencit l’au: torité, maudissent Abou-bekr, Omar et Osman, et rejettent tous ceux qui ne se rangèrent pas sous l'étendard de leur prince favori,
La division, d’abord purement politique, retarda pas à influer surles matières religieuses. L’Istamis< me ne s'étant développé qu'avec le temps, il fallut en bien des cas recourir aux décisions des principaux compagnons du prophète; et naturellement Abou-bekr, Omar et Osman, en leur qualité de califes, durent exercer une grande influence. Les Sonnites ont admis indifféremment les explieations théologiques et les décisions légales de ces divers personnages ; c’est de là qu'on les a nommés Sonnites du mot arabe sonna, qui signifie {radition. Mais les Schyytes, par suite de leur amour exclusif pour Ali, ont rejeté ces explications comme autant d’hérésies, et ils ont suivi des principes différens. Aussi ont-ils été nommés par leurs adversaires Schyytes, d'un mot arabe qui signifie sectaires. Quant à eux, ils sesont appelés 4delies ou les partisans de la justice.
Les Sonnites et les Schyytes se sont subdivisés entre eux, et ont tantôt dominé dans un pays et tantôt dansun autre, Lespremiersoccupent maintenant tout l'empire Ottoman, l'Egypte, plusieurs parties de l'Afrique, l'Arabie, lesiles de la mer des Indes, et comptent beaucoup de partisans parmi
tes tribus de race turque établies en Russie et en Perse. Ce parti se subdivise en quatre ‘itesnommés Hanbalites, Schaféiles, Malekil:'s et Haneñes, du nom de leurs fondateurs Haubal, Schaféi, Malek et Abou-Hanifa. Mais comm ces quatre rites, ne diffèrent que sur des questions peu importantes, ils sont admis par tous les Sonnitescomme étant également orthodoxes, et on laisse chacun libre d'adopter celui qu'il veut. Mais la doctrine d’Abou-Hanifa est généralement suivie en Turquie, celle de Schaféi en Egypte, celle de Malek dans les états Barbaresques , et celle de Hanbal en Arabie,
Quant aux ramifications des Schy y Les qui occupent le reste des pays musulmans , elles présentent des différences très importantes. Nous avons dit qu'on appela originairement Schyytes les amis exclusifs d’Ali et de ses descendans, Mais Ali n’avait pas eu le temps d'affermir son autorité, et d’ailleurs il laissait plusieurs fils ; il en fut de mème de la plupart de ses descendans. À qui l'autorité
avait-elle successivement passé? La plupart s’ac- :
cordèrent à reconnaitre comme souverains légitimes Hassan et Hossein, fils d'Ali, et les descendans directs de Hossein, jusqu'au dernier de tous qui, ayant disparu à l'âge de douze ans, passa pour s'être caché dans quelque lieu inconnu, en attendant qu'il pût reparaitre sur la terre, et y faire triompher la bonne cause. Ces personnages sont au nombre de douze,et furent nommés les énams, c'est-à-dire les chefs par excellence; de plus on suraommale dernier de tousle 2ahdioule dirigé. En attendant que le mahdi revint, il n’y eut plus d'autorité légitime sur la terre, et les rois furent censés les simples lieutenans de l’imam. C’est par une suite de cette croyance queles princes persans de la puissante dynastie desSofis, qui prétendaient descendre par une ligne collatérale des Imams, se disaient les daves du roi du pars, et qu'ils entretenaient sans cesse à Ispahan plusieurs chevaux pour le service de l’imam, lorsqu'il arriverait. Cette singulière doctrine domine encore en Perse, Elle fait même chaque jour des progrès dans l'Inde, où les empereurs mongols accordaient jadis la suprématieau rite sounite, et où, depuis l'occupation anglaise, les musulmans, presque tous d'origine persane, jouissent d’une entière liberté de conscience.
Mais, dans le principe, beaucoup de Schyytes n’admirent pas cette succession des imams, et portèrent ailleurs leurs hommages. Il en est qui crurent qu'à Ali seul avait appartenu, après Mahomet, l'autorité temporelle et spirituelle, et que s’il succomba un moment sous la perversité du siècle, il ne tarderait pas à reparaitre avec majesté, et qu’alors justice serait faite des crimes qui depuis si long-temps souillent la nature humaine. La plupart de ces sectaires crurent même qu’Ali avait été revêtu d’un caractère divin, et ils n'hésitèrent pas à l’adorer comme un dieu. Tel est le cas des Nossair'is et des Motoualis, qui, encore de nosjours, occupent une partie des hauteurs du Liban.
D'autres Schyytes, admettant les six premiers imams, dirent qu'il y avait eu erreur au sujet du septième, et qu’au lieu de Moussa, il eût fallu proclamer un de ses frères appelé Ismaël. C’est de Jà
qu'ils furent nommés Zsmaéliens. Les Ismaéliens croyaient qu'après Ismaël, le caractère d'Imam avait passé à des personnages inconnus qui se manifesteraienten leur temps. La qualité dé madhi fut successivement attribuge par eux aux califes fatimiles de la race d'Ismaël, qui, pendant les dixième, onzième et douzième siècles, dominèrent sur une partie de l'Afrique, sur l'Egypte et la Syrie. A cette secteappartenaientles Ismaéliens établis en Perse, non loin de Kasbin, et les Ismaéliens qui, maitres des montagnes voisines du Liban, devinrent si fameux dans le moyen âge sous le nom d'assassins, Cesdeux branches de la secte des Ismaéliens subsistent encore dans les mêmes contrées, mais non plus avec la même puissance et les mêmes ressources. C’est à cette mème secte qu'il faut rapporter les Druses, qui sont également établis daus le voisinage du Liban, et qui forment une population assez nombreuse. Les Druzes remontent au commencement du onzième siècle de notre ère, sous le règne du calife fatimite Hakem. A la différence du reste des Ismaéliens, ils prétendirent que Hakem avait été la dernière incarnation dela divinité; eten attendant son retourils l’adorentcomme un dieu sous la figure d’un veau, Le nom de Druzes vient de l’un des premiers apôtres de Hakem, appelé Durzi.
Les diverses sectes schyytes etleursramificatio# ont varié de doctrinesuivant lestempset les lieux ; maisil serait trop long de faire connaitre ces doctrines en détail, 11 suflira de dire que la plupart de cessectaires, entraînés tantôt par l'esprit de fanatisme et tantôt par une licence effrénée, ont cru que toutes les vérités religieuses et morales ne sont que d'une vérité apparente, et qu'il faut chercher au fond un sens intérieur, le seul qui doive faire autorité. Ils ont fait de ce sens intérieur le domaine exclusif de quelques adeptes, et ils ont cru qu’à l’aide de cette connaissauce on était au-dessus de tous les devoirs de la religion et de la morale, C'est
par une conséquence de ce principe que les assas-"
sins, les Druzes et autres sectaires ismaéliens se livrérent sans remords aux plus grands crimes.
Une observation que nous ne devons pas omettre, c’est que les Sonnites, aussi bicn que les Schyytes, croient à un être quelconque qui tôt ou tard doit se présenter sur la terre, pour faire régner la vérité et la justice ; c'est ce qui fait que même chez les Sonnites il a paru des imposteurs qui se sontarrogé le titre de mahdi. Il s'en présenta un en Egypte pendant l'occupation de ce pays par les Français; plusieurs autres, dans ces dernières années, se sont montrés dans le Sénégal et dansle voisinage des possessions des Français vers cette partie de l'Afrique
Outreles deux sectes d’origine sonnite etschyyte, ilen est deux autres qui, par le rôle qu'ellesjouent encore aujourd’hui, ne doivent point être passées sous silence. Ce sont celles des y'ezidis et de vahhabites.
Les Yezidis occupent les montagnes voisines de la ville de Singar dans la Mésopotamie , et paraissent être un débris des sectes de Mages, de Manichéens et de Sabéens qui troublèrent pendant si long-temps l'Orient : ils se sont ensuite mêlés avec les communions chrétiennes et musulmanes, et
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