‹ Abrégé de géographie [microforme] (volume 3)Chapitre 198 sur 457 · POSSESSIONS IMMÉDIATES DE L'ANGLETERRE · texte numérisé non relu

POSSESSIONS IMMÉDIATES DE L'ANGLETERRE

Cewran (Ceylon), ......,.,..... ....... . Coromso; Vegombo; Tchhilau (Chilaw); Candy (* Maha-neuva); Point de Galle; Matoura; Battikalo; Trinkomali; Damboulou; les petites îles Jafnapatam, où se trouve Jafhapatam, et Manaar; Kondatchy.

Dans la PRÉSIDENCE DE CALCUTTA on trouve : CazcurrA, située dans un terrein marécageux et encore assez malsain, sur la rive gauche d’un bras du Gange ,nommé Hagli, ou Hougly par les Européens; ce bras forme un port capable d'admettre des vaisseaux de 5oo tonneaux. Les maisons qui bordent la route , à quelques milles de Calcutta ainsi que celles de cette métropole, sont couvertes de chaume ou de feuilles; la plupart sont précédées de petites galeries , et presque entièrement construites avec des nattes et des bambous. Celles qui servent d’habitations aux musulmans et aux Hindous de la classe moyenne, sont en briques; elles ont des toits plats et des croisées très étroites. Tout un quartier de Calcutta ne

renferme que des huttes de ce genre et quelques bazars à demi ruinés, En général, on peut dire que Calcutta est partagée en deux quartiers, dont l'architecture est entièrement différente; celui de la Fille Noire, mal bâti, avec des rues sales et étroites ; nous venons d'indiquer les misérables constructions qui le composent; et celui du Gouvernement, dit aussi le faubourg de Tchauringhy (Chowringhy). Celui-ci, où résident les Anglais et les Européens, est très bien bâti, et Pppuie dit l’évêque Heber, à s'y méprendre, l'aspect de Saint-Pétersbourg ; les maisons y ressemblent à des palais. Les principaux bâtimens sont : le palais-du gouvernement, édifice aussi remarquable par son architecture que par son étendue ; c’est le plus beau de la ville; l'Adtel-de-ville ; la cour de justice ; les deux églises anglicanes, celles des presbytériens et quelques-uns des temples consacrés aux autres cultes. On peut ranger aussi parmi les principaux édifices de Calcutta ceux appartenant aux établissemens publics et aux institutions philanthropiques les plus importantes. Mais nous ferons observer que les temples hindous et les mosquées sont en général petits, bas et mal situés, et que ceite capitale n'offre aucun bazar qu'on puisse comparer à ceux qui font l’ornement des villes de la Perse et de l'Asie Ottomane; cependant ce genre de bâtiment serait de la plus haute utilité dans un climat comme celui de Calcutta, où le soleil et la pluie sont très incommodes. Auprès de Calcutta est situé le Fort William, remarquable par son étendue, sa force et sa belle construction: c’est la forteresse la plus régulière et la plus importante de toute l’Inde; on vante surtout ses vastes casernes, son bel arsenal, la fonderie de canons et autres établissemens semblables. Quoique Calcutta soit habitée par un si grand nombre d’Hindous et d'autres uations asiatiques elle offre presque toutes les institutions et presque tous les amusemens des grandes villes de l'Europe. Ses principaux établissemens littéraires sont : le collège du fort William, espèce d'université, où les élèves, sortis de Haileybury, dont nous avons parlé à la page 425 , viennent achever leur éducation; peut-être cet établissement a-t-il cessé d'exister, sa suppression ayantété décrétée dernièrement; le collège sanskrit du gouvernement; la medressé où collège malhométan du gouvernement ; le collège épiscopal (bishop's college) ; le gymnase de Calcutta (the Calcutta grammar school); l'académie arménienne; école de commerce; \’école des Jeunes filles indiennes et plusieurs autres établissemens d'instruction; la société asiatique , qui est le premier corps savant de l’Asie ; elle publie des mémoires auxquels on doit des renseignemens précieux sur l'histoire, la géographie, les productions et les antiquités de cette partie du monde; la société de médecine et de Phrénologie ; elle publie aussi des mémoires; le thédtre; le jardin botanique, où leu cultive les végétaux les plus rares de tous les climats; c’est peut-être le plus bel établissement de ce genre situé hors de l’Europe. Calcutta possède plusieurs typographies, et en 1826 on y publiait, selon M. Hamilton, 11 journaux, dont 4 en bengali et 2 en persan. Cette ville, qui n’était encore qu'un village en 1717, est devenue sous la domination anglaise la capitale de toute l'Inde, puisqu'elle est la résidence du gouverneur général; dans moins d’un siècle elle est devenue une des métropoles les plus riches, les plus commerçantes et les plus peuplées de l'Asie. C'est parmi ses habitans asiatiques qu’on trouve des fortunes qu’on peut comparer à celles des Rotschild et des Baring de l’Europe ; le mouvement de son commerce égale celui des premières places du globe, et sa popula-

metres cour charte

tion, y compris celle de ses environs immédiats » dépasse sûrement 600,000 âmes. Beaucoup d'Arméniens et de négocians du pays ont adopté les voitures et quelques-uns des usages des Anglais, tout en conservant leurs costumes particuliers ; de manière qu’on voit souvent les bonnets pointus des uns et les turbans aplatis des autres, dans des calèches, des landaus ou des phaétons. Depuis quelques années Calcutta est le siège d'un évéché anglican, dont la juridiction s'étend presque sur toutes les églises de cette religion, établies daus les Indes-Orientales.

azars à demi ruinés.

e en deux quartiers, le la Fille Noire, mal indiquer les miséraernement, dit aussi le résident les Anglais l’évêque Heber, à s'y s y ressemblent à des ouvernement, édifice étendue ; c'est le plus es deux églises angli- 2mples consacrés aux aux édifices de Calaux institutions phiobserver que les tembas et mal situés, et se comparer à ceux Jitomane; cependant ans un climat comme incommodes. Auprès par son étendue, sa us régulière et la plus tes casernes, son bel ns semblables. Quoil’'Hindous et d’autres tions et presque tous icipaux établissemens versité, où les élèves, 425, viennent acheessé d'exister, sa supskrit du gouvernement; ; le collège épiscopal ta grammar school); jeunes filles indiennes été asiatique ; qui est pires auxquels on doit phie , les productions té de médecine et de ; le jardin botanique , imats; c’est peut-être jurope. Calcutta posit, selon M. Hamilette ville, qui n'était domination anglaise ence du gouverneur e des métropoles les lées de l'Asie. C’est nes qu'on peut come ; le mouveinent de ulobe , et sa popula-

A quelques milles de distance ou trouve : Bannakrour, gros village, bien bâti, où logent les troupes de la province de Bengale; on y remarque la belle maison de cam pagne du gouverneur général, avec un vaste parc tenu à la manière européenne, dont la verdure contraste avec la végétation si différente des campagnes qui l'environuent ; on doit aussi nommer la volière et la ménagerie, les deux principaux établissemens de ce genre que possède l'Inde, Stnawrour (Serampoor), jolie petite ville d'environ 13,000 âmes , bâtie presque entièrement à la manière européenne, située sur la rive droite de l'Hagli, visà-vis Barrakpour.. C'est la résidence du gouverneur général de la pétite partie de l'Inde qui appartient au roi de Danemark. Les richesses qu'y avait accumulées le commerce que faisaient ses habitans à la faveur de son pavillon neutre pendant les premières années de la dernière guerre entre les Français et les Anglais, en avaient fait une des principales places de l'Inde. Quoiqu’elle soit bien déchue sous ce rapport, sa situation agréuble et le bas prix de tous les objets les plus nécessaires à la vie y attirent un graud nombre d'Anglais qui préfèrent son séjour à celui de Calcutta. Depuis quarante ans Sirampour est le siège principal des missionnaires Baptistes institués dans le but pbilanthropique de convertir les Hindous. Ces missionnaires dirigent un co/lge où l'on élève non-seulement les chrétiens indigènes, mais même les jeunes gens qui professent encore le Brahmanisme et le Mahoinétisme. La traduction de la Bible dans toutes les langues de l'Inde et en plusieurs autres de l'Orient a donné une graude célébrité à la belle typographie établie dans cette ville par les Baptistes, sous la direction de l’estimable docteur Carey. Nous ajouterons que c'est dans cette ville qu'on publie les transactions de la société agricole et horticole de l'Inde.

Plus loin, et dans un rayon de 20 milles, on trouve TonANDERNAGOR où CHANDERNA- 60e, sur la rive droite de l'Hagli, dans une position élevée et pittoresque , assez grande ville, très déchue , avec des rues alignées et bien pavées , des maisons à deux étages, bâties en briques et en mortier et blanchies extérieurement, avec des toits plats, suivant la construction générale dans l'Inde. Les navires n’y remonient plus et ne pourraient le faire qu'avec difficulté. Tchandernagor appartient aux Français, qui se sont engagés à ne pas rétablir ses fortifications détruites par les Anglais pendant la dernière guerre. l'eurxsouna (Chiusura) , autre jolie petite ville, naguère appartenant aux Hollandais, qui l'ont cédée à l'Angleterre avec tout le reste de leurs possessions sur le Continent Asiatique. Howezr (Hoogly), assez grande ville, très déchue en comparaison de ce qu'elle était lorsque, dans le xvi siècle, les Portugais, les Français, les Anglais, les Hollandais et les Danois y avaient établi leurs comptoirs. Plus loin encore, à 56 milles au nord-ouest de Calcutta , est située BanDwan (Burdwan) , assez grande ville, dont la population s'élève à 54,000 âmes.

Dax, sur la rive gauche du Bori-Gange ou Vieux-Gange, grande ville, mal bâtie, jadis capitale de tout le Bengale, et maintenant siège d’une cour d'appel. Ses manufactures, quoique beaucoup déchues, sont encore assez nombreuses et florissantes ; on y fabrique les plus belles mousselines de l'Inde. M. Hamilton lui accorde 200,000 habitans, nombre que le magistrat de cette ville, M. Master, portait naguère à 300,000 et que le Missionary Register de 1828 réduisait à 150,000!

Mouncempasân (Moorshedabad), sur le Gange, capitale du Bengale depuis 1704 jusqu’en 17971 et maintenant siège d’une cour d'a pel et de la famille du dernier nabab du Bengale pensionné par les Anglais. Cette ville

quable par ses eaux thermales, Hors du rayon, à l'est de Mongbir et près du Gange,

est très grande et très industrieuse mais mal bâtie; M. Hamilton lui accorde 165,000 habitans d’après le nombre des maisons qu’elle avait en 1814. L'Aina-Mahäl, où demeure actuellement le nabab pensionné, est un bel édifice construit dans le goût européen.

Dans ses environs immédiats, on voit les ruines du magnifique palais bâti sur le Mouti djil (le lac des perles) par le nabab Aliverdi khan, mort en 1756, Un peu plus loin on trouve : KassrmeBazaR, ville d'environ 25,000 habitans, florissante par son commerce et par ses fabriques de coton et de soie, et regardée comme le port de Mourchidâbâd. Bunmamrour , une des six grandes stations militaires de l'Inde; on loue beaucoup l'étendue et la beauté des casernes et des maisons où logeut les officiers.

Plus loin, et dans un rayon de 62 milles, on trouve : Mazua, ville industrieuse d'en. viron 18,000 âmes, remarquable par les ruines de l’immeuse ville de Gour; cette dernière s'étendait le long du Gange et occupait un espave de 60 milles carrés anglais en y comprenant les faubourgs ; en admettant qu’elle fût ausii peuplée que Calcutta, et n'esti. mant la population de cette dernière qu’à 500,000 âmes «t sa surface qu'à 15 milles carrés, Gour aurait eu deux millions d'habitans; l'Aÿ:5-Akbery, vers l'an 1598, lui accordait 1,200,000 familles, nombre qui nous paraît fort exagéré, Plusieurs villages sont bâtis sur l'emplacement de cette ville ruinée, c. sc’ débris ont servi depuis deux siècles à la construction et à l'embellissement de Mourchidäbâd, de Malda, de Râdjemahl et même de Dakka. On reconnait encore les vestiges de la citadelle qui avait quatre milles de circonférence; les remparts qui subsistent encore ont 60 pieds anglais de haut. On y voit des murailles hautes de 70 à 80 pieds, qu'on croit être celles du Palais-Royal qui parait avoir eu un quart de mille de longueur. Les autres ruines les plus remarquables sont : la grande mosquée dite d'or, bâtiment superbe, jadis recouvert de marbre enlevé depuis pour orner d’autres édifices ; l'obélisque, espèce de minaret à quatre étages, assez bien conservé; le Vatti mesdji!, édifice de médiocre étendue , mais remarquable par sa grande salle, sa belle et solide construction, et destiné à tout autre usage qu'à celui indiqué par sa dénomination; la porte du sud et celle du nord, remarquables par leurs grandes arches et la solidité des murailles latérales. RAnsemaaz, sur la rive druite du Gange; une longue rue composée de huttes de boue, quelques tombeaux et quelques mosquées délabrées, et les ruines d'un vaste palais sont, selon l'évêque Heber, tout ce qui reste de cette grande ville qui, vers le milieu du xvu' siècle, était la capitale du Bengale. C'est dans ce même rayon et entre Râdjemahl et Bardwân que vivent les PauÂreis (Puharris), dont la religion, la langue et la manière de vivre différent entièrement de celles des autres peuples qui les environnent.

Para, sur le Gange, une des plus grandes villes de l'Inde, mais, comme la plupart des villes asiatiques, mal bâtie. En 1811 on portait sa population à 312,000 habitans. C'est la capitale du Behar et le siège d’un tribunal d'appel ; elle possède beaucoup de manufactures de coton et plusieurs fabriques d'opium.

Dans un rayon de 62 milles on trouve : Beman (Bahar), ville d'environ 30,000 habitans, Elle donne le nom à cette province, Teæara (Chuprah), près du Gange, importante par sa population qu’on porte à 44,000 âmes et par son con:merce, Manpsr (Manjee), au confluent du Gogra avec le Gange, remarquable par son immense ficus religiosa ou bananier, dont la circonférence de l'ombre à midi est de 1,116 pieds anglais; c'est un des plus grands végétaux qui existent sur tout le globe, Gaxa, assez grande ville, renommée dans toute l'Inde par ses temples visités annuellement par plus de 100,000 pélerins; on estime à 40,000 le nombre de ses habitans permanens. Moxeurr, que les Anglais appellent le Birmingham de l'Inde, à cause de ses nombreuses fabriques d'acier, d'armes, coutellerie, etc., dont l'origiue est très ancienne, mais qui ont pris un grand développement depuis quelques années, Ses fortifications , autrefois très importantes, tombent en ruine depuis que les Anglais ont fait d’Allahäbâd leur grande place d'armes. Sa population parait dépasser 30,000 âmes. Dans ses environs est situé Sitdk and, petit endroit remar-

DESCRIPTION DE L'ASIE, 707 ma ou trouve Boczrroun, ville de 30,000 habitans , importante par ses fabriques de soie et

de tissus de coton ; les mahométans, qui forment la plus grande partie de la population , y ont un collège renommé,

Bexanss, sur le Gange, très grande ville qu’on peut regarder comme la métropole ecclésiastique de l'Inde ; elle est nommée justement l’4rhènes ou plutôt la Rome Hindoue par l'évêque Heber et autres savans voyageurs, puisque, depuis un temps immémorial, elle est le siège principal de la littérature brahminique et qu’elle est réputée tellement sainte que plusieurs radjahs hindous y possèdent des maisons, où leurs vaki/s ou agens résident continuellement , pour faire à leur place les sacrifices et les ablutions commandés par la religion de Brahma, Les maisons de Benares sont très hautes; aucune n'a moins de deux étages ; la plupart en ont trois, et plusieurs cinq à six. Elles sont richement décorées de verrandahs, de galeries, de fenêtres avec des balcons, de larges toits fortement inclinés et que soutiennent des tasseaux sculptés avec soin. Le nombre des temples est très considérable; la plupart sont fort petits, disposés comme des niches dans les angles des rues et sous l'abri de quelque grande maison. Plusieurs sont entièrement couverts de fleurs, d'animaux, de branches de palmiers sculptés avec une élégance et un fini admirables. Les habitans décorent les parties les plus en vue de leurs maisons de camaïeux peints des vives couleurs de la tuile, et qui représentent des hommes, des femmes, des taureaux , des éléphans, des dieux, des déesses avec leurs formes et leurs attributs divers. Des taureaux de tous les âges , consacrés à Siva, apprivoisés et familiers comme le chien domestique, circulent librement dans les rues, tandis que des groupes de singes consacrés à Hanoumän grimpent sur les toits des maisons ou des temples, ou volent impunément dans les boutiques des fruitiers ou des confiseurs. La haute renommée de sainteté dont jouit cette ville y attire annuellement de toutes les parties de l'Inde un grand nombre de pélerins, et en fait le rendez-vous général des mendians. Benares est le siège d’un tribunal d'appel. Elle s'est tellement accrue sous la domination anglaise que M. Hamilton la regarde comme la ville la plus grande et la plus peuplée de toute l’Inde; il estime sa population actuelle au-dessus de 630,000 âmes. Parmi ses bâtimens les plus remarquables nous nommerons : ia superbe mosquée bâtie par Avrangzeb; c'est le plus bel édifice de la ville ; le temple de Visvicha êt l'observatoire fondé par le radja Djeïsing. Benares possède un grand nombre d'écoles hindoues et plusieurs autres mahométanes , ainsi qu’une espèce d'université brahmanique connue sous le nom de Vidalaya, dont les professeurs sont payés par le gouvernement anglais. Cette ville se distingue aussi par ses nombreuses fabriques d’étoffes de soie, de coton et de laine et par son°* commerce étendu. C'est le grand marché pour les châles du nord, les diamans du sud , les mousselines de Dakka et autres villes, et pour les marchandises anglaises qu'elle reçvit de Calcutta : pour le commerce des diamans et autres pierres précieuses elle n’a pas de rivale dans toute l'Asie.

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Dans ses environs immédiats on voit RÂmnicuan, citadelle située de l’autre côté du Gange, où dans un palais superbe réside le maha-radjah de Benares, pensionné de la Compagnie anglaise. Plus loin, et dans un rayon de 34 milles on trouve : Guaztrounr, assez grande ville, où les mahométans forment la plus grande partie de la population, renommée dans toute l'Inde pour la bonté de l'air qu'on y respire, et par la beauté et l'étendue de ses jardins de roses, dont on distille des quantités énormes ; dans sa banlieue on

voit le beau mausolée élevé eu forme de temple grec par la Compagnie, en l'honneur du marquis Cornwallis ; elle possède aussi un vaste haras pour la remonte de la cavalerie de l'armée, Domwroun ou Dsouanroun, remarquable par son beau pour sur le Goumty, un des plus grands de l'Inde, TonanÂRGnAn , assez jolie ville fortifiée, d'environ 15,000 hubi. taus, où l'on garde le célèbre Timbuk-dji, chef des Maharattes, auteur principal des troubles qui ont agité le Berar, le Mâlwäh et le Dekkan ; on ÿ a établi un hôtel d'invalides pour un millier de militaires réformés par la Compagnie, Minzaroun , sur la rive droite du Gange, grande ville, très florissante, dont l'importance ne date que de l'établissement de la puissance anglaise. L'évèque de Calcutta lui accorde plus de 200,000 habitans, engagés dans un commerce très étendu et jouissant de beaucoup d'aisance et de liberté, Elle est décorée de nouveaux bâtimens de toute espèce, dont la magnificence ne le cède qu'à ceux de Calcutta. Sa population en 1801 ne s'élevait qu'à 50,100 âmes.

Hors du rayon , et 34 milles plus loin vers l'Ouest, au confluent de la Djamna avec le Gange, s'élève AucanÂnäp , chef-lieu de la province de ce nom , regardée par les Hindous comme la reine des cités saintes, et visitée annuellement par un grand nombre de pélerins, Quoique très déchue, environnée de ruines et réduite à 20,000 habitans permanens, elle est toujours très importante par su forte citadelle, regardée comme imprenable depuis les travaux faits par les Anglais pour augmenter ses anciennes fortifications ; on peut mème dire qu'Allahäbâd est maintenant, sous plus d'un rappurt, la principale place d'armes de l'Inde Anglaise. La mosquée principale ou la Djema mesdjüd, l'ancien palais du sultan Khosrou avec les jardins qui en dépendent, quoique très négligés, sont les objets les plus remarquables offerts à la curiosité du voyageur, Danville et Robertson regardaient Allahäbâd comme identique à l'ancienne Paziporuna, la vaste et magnifique capitale des rois des Prasiis mais les savantes recherches de M. Abel Rémusat donuent la certitude que este ville se trouvait près de l'emplacement de celle de Patna de nos jours.

tn.

Acna, sur la Djamna, ville très grande, très riche et très florissante lorsqu'elle était la résidence du grand-mogol Akbar’ et maintenant remplie de ruines. Une seule partie de sa vaste enceinte est habitée ; M. Hamilton n’y compte que 60,000 âmes, nombre qui signale l'exagération des calculs de M. Legoux de Flaix, d'après lesquels cette ville aurait encore eu, il y a quelques années, 800,000 âmes! La plupart des magnifiques bâtimens qui faisaient d'Agra une des plus belles villes de l’Asie sont détruits ou tombent en ruines. On doit cependant ea excepter les suivans : le palais impérial, bâti par Akbar, en grande partie ruiné ; ses restes, quoique mal entretenus, rappellent encore sa magnificence ; la Mot: mesdjid, une des plus belles mosquées de l'Asie, construite en marbre blanc sculpté avec une grande élégance; et surtout le célèbre mausolée nommé Tédj-Mähal, élevé par Châh-djihân à son épouse favorite; on le regarde comme le plus beau monument de ce genre qui existe. C’est un carré dont les murailles, construites en marbre, ont près de 190 yards de long ; il est surmonté d’un dôme aussi en marbre qui s'élève au centre et

x dont le diamètre est d'environ 70 pieds. Quatre minarets d’une élégante architecture et recouverts de marbre s'élèvent aux quatre coins ; les murailles, les tombeaux et les autres parties de ce superbe édifice sont couverts de fleurs et d'inscriptions en mosaïque , en jaspe, lapislazuli et autres pierres précieuses d'un travail exquis ; un jardin superbe et très bien entretenu, de 300 yards de surface , environne ce monument magnifique qui a été restauré par les Anglais et dont l'entretien est à la charge du gouvernement. Depuis que années Agra commence à se rétablir, grâce au commerce qui y devient tous les jours plus considérable; on a réparé aussi dernièrement les fortifications de sa citadelle.

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Dans un rayon de 33 milles on trouve : SecanprÂ, ville ruinée, mais encore remar-+

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quable par le maguifique mausolée d'Akbar, qui n'est inférieur qu'à celui d'Agra, L'édifice principal est une espèce de pyramide, environnée extérieurement de cloitres, de galeries et de dômes, qui vont en diminuant à mesure qu'ils s'élèvent, et terminée en une plateforme de marbre blanc entourée d'un treillis en marbre d'un travail exquis. Le sarcophage est très simple, Non loiv s'élève le beau tombeau d'Aboulfazel, le sage ministre de ce grand monarque, Le tout est environné d'un superbe jardin aussi bien entretenu par le gouvernement que le Tâdj-Mähäl, Farrmpoun Srmna, ville ruinée, où l'empereur Akbar résidait souvent dans un palais magnifique, dont il ne reste que les débris, On y admire encore la superbe mosquée que Djihanguir, le fils de ce monarque, y fit bâtir, La place au milieu de laquelle s'élève ce temple est, de l'avis de l'évèque Heber et d'autres voyageurs, un des plus beaux quadraugles qu'on puisse voir ; on loue surtout les proportions colossales de la porte principale, les superbes arcades qui en forment l'enceinte intérieure qui est plus grande que celle de la fameuse mosquée de Delhi, et les trois belles coupoles en marbre blanc qui surmontent l'édifice principal, Buanrroun , assez grande ville, capitale de la principauté médiate de ce noin, et renommée dans toute l'Inde par sa force et par les sièges qu'elle soutint ; ses fortifications furent démolies eu «826 par les Anglais, après qu'elle fut prise d'assaut, Marra où Marouna, remarquable par son antiquité, son étendue et son temple célèbre; on y voit les ruines d'un oservatoire, BexbaauanD (Bindrabund, * Frindavana), assez grande ville célèbre dans la mythologie hindoue et remarquable par ses beaux temples dédiés à Krichna , parmi lesquels on ‘oit citer surtont la grande pagode cruciforme, que M. Hamilton regarde comme un des monumens brahmauiques les plus remarquables par la beauté du travail, l'étendue et la masse des constructions. Bindrabaud est aussi un des pélerinages indiens les plus fréquentés, Plus loin vers le Nord, dans un rayon de 5o milles, on trouve Nou, petite ville près de la Djamna, importante par ses mines de sel; et Cour qui n'est remarquable que par le voisinage d'Alighar (Alighur), dont les formidables fortifications ont été augmentées et restau-

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Dezui, sur la rive droite de la Djamna, ville encore très grande, assez riche et assez florissante, quoique très déchue de ce qu'elle était lorsque le grand-mogol y tenait sa cour brillante. Plusieurs édifices de la Delhi moderne ou de la ville bâtie par Châh-djihân figurent parmi les plus belles constructions de l’Asie; nous citerons : le palais impérial, une des plus magnifiques résidences royales; c'est un vaste asserihlae de bâtimens en granit rouge , environué de hautes et fortes murailles avec un fossé profond, d'environ un mille de circonférence ; M. Heber le trouve supérieur au fameux Kremlin de Moscou; on y admire surtout la vaste et magnifique salle d'audience ; une partie de cet immense palais est occupée par l’empereur Akbar II, l’héritier et le successeur des puissans Akbar I et d’Avrangzeb ; les Anglais lui ont assigné pour son entretien des biens domaniaux, qui en 1814 produisaient un revenu de 145,754 liv.sterl. Les fameux jardins Chélindr, qui paraissent avoir eu un mille de circonférence et dont la construction a coûté, dit-on, 25,000,000 de fr., sont presque entiérement détruits; la plus grande partie a été changée en un vaste parc. Le palais du sultan Dard-Chekoh, V'infortuné frère d’Avrangzeb; restauré par les Anglais, cet édifice sert de logement au résident anglais. La Xule-Mesdjid'ou la Mosquée-Noire, petite mais remarquable par son antiquité et parce qu'elle est bâtie exactement sur le modèle de la célèbre mosquée de la Mecque. Eafn la Djemd’-Mesdjid où la mosquée principale, bâtie par l'empereur Châh-djihân avec des frais énormes; l’évêque Heber la regarde comme le plus beau temple mahométan de l'Inde; elle s'élève sur une vaste plateforme environnée d'une belle colonnade de granit rouge marqueté de marbre ; la mosquée proprement dite n’a pas moins de 261 pieds anglais

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de long; on loue beaucoup ses magnifiques ‘rations, ses coupoles, ses deux minarets dont la hauteur est de 130 pieds, et le superbe puits taillé dans le roc à une profondeur immense, afin de fournir «bondamment l’eau nécessaire aux ablutions. On ue doit pas oublier le grand canal d'irrigation, qui sur une longueur de 120 milles anglais conduit l'eau de la Djamna depuis les montagnes jusqu'à Delhi; il a été déblayé en 1820 et restauré en 1826 par le gouvernement anglais, qui entretient aussi à ses frais la Djemd'-Mesdjid et autres bâtimens publics. Depuis la domination anglaise cette métropole commence à réparer les pertes immenses qu’elle a éprouvées lors de l'invasion de Nâdir-châh et pendant l'occupation des Maharattes, Nous ferons même observer qu'aucune ville peut-être n'a jamais offert à un ennemi un plus riche butin que Delhi offrit au conquérant persan cn 1738; des calculs, qui nous paraissent assez exacts, l'évaluent à près d'un milliard de francs à cette époque, somme qui serait bien plus forte aujourd'hui si l’on tenait compte de l'augmentation de valeur du marc d'argent. On ne connaît rien de positif sur la nopulation actuelle de cette ville, à laquelle on s'accorde à donner à millions d'habitans au temps d'Avrangzeb ; nous croyons qu'elle dépasse 200,000 âmes; le Missionnary Register la portait à 300,000 au commencement de 1828. Delhi a un résident anglais chargé de la surveillance du grand-mogol pensionné et de sa famille; il doit en outre surveiller le ci-devant empereur de Kaboul pensionné par les Anglais et demeurant à Lâdiana (Ludheeana); les princes seikhs vassaux, les principautés vassales de l'Adjmir; et ce qui est bien autrement important, il doit conduire les négociations avec la cour de Lahore, et en général s'occuper de tout ce qui regarde les affaires politiques du nord-ouest de l'Inde,

Dans les environs immédiats, on voit vers le Sud les vastes ruines de l'ancraxwe Decur, bâtie par les empereurs patans sur l'emplacement de la ville indienne Ixpra-Paasr'sa (Iudraput) ; elles s'étendent jusqu'au village de Kattab (Cuttub), et offrent un des plus tristes spectacles que l'on puisse voir, Quelques-unes des portes de l'ancienne ville, des caravanserais et des mosquées sont encore debout; mais les objets les plus remarquables sont : les restes de l'ancien palais des empereurs patans ; dans une des cours on voit encore la co loune de métal nommée le don de Firous ; c'est un emblème de Siva qui est situé dans un temple et à la conservation duquel la tradition populaire des Hindous attachait celle de la dynastie qui régnait à Indra-Prast'ha ; cette colonne est recouverte d'inscriptions arabes et persanes mélées à d'autres plus anciennes en caractères nagri; le tombeau d'Houmayoun, bâtiment magnifique , environné d'un vaste jardin orné de terrasses et de fontaines, qui ayant été négligées tombent en ruines; enfin le Æattab-minär, autre mausolée superbe élevé à la mémoire de Kattab Salnib, saint personnage mahométan : c'est une tour ronde, s'élevant sur un polygone de a7 côtés, à 5 étages, qui vont en diminuant jusqu'à la hauteur de 24a pieds anglais; M. Heber, qui a parcouru presque toute l'Europe, dit n'avoir jamais vu une tour plus belle.

A 27 milles de Delhi, vers le nord-est, est située Minour (Meerut), ou Merour, assez grande ville, très importante sous le rapport militaire, étant une des princfpales stations de l'armée auglaise dans les provinces septentrionales : on loue surtout la beauté et l'étendue de ses casernes, On y a bâti dernièrement la plus vaste église que le culte anglican possède encore dans l'Inde.

La PRÉSIDENCE DE CALCUTTA offre encore plusieurs villes importantes; nous décrirons les plus remarquables en suivant l’ordre des anciennes provinces auxquelles elles appartiennent :

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portaute par son port, son commerce et ses chantiers; TonrcmAnvy, très petite ville d'environ 400 maisons, célèbre dans toute l'Inde par le bauc de sable Vérani-tchar, formé par le Bhramapoutra, et visité annuellement par un grand nombre de pélerins hindous; Duwansroun , assez grande ville, d'environ 30,000 habitans, dont une grande partie est occupée dans ses manufactures ; Panniau (Purneah), importante par sa population estimée à 40,000 âmes.

Dans la province d'Allahdbdd on trouve : Kaouxroun (Caunpoor), sur le Gauge, ville moderne, assez bien bâtie et commerçaute, une des principales stations militaires dans l'Inde, Kazzinoun, naguère encore une des plus importantes forteresses de l'Inde, ressemble beaucoup à Gwalior; mais elle surpossait cette dernière en force et en étendue : les Anglais en ont fait démolir les fortifications en 1820.

Dans la province d'Agra on trouve : Kaxouns, ville presque entièrement ruiuée, mais remarquable par sa grande antiquité et par l'immense population qu'elle renfermait dans le vi siècle de notre ère; il ne reste presque plus rien de l'ancienne ville hiudoue, mais plusieurs tombeaux , dont quelques-uns assez bien conservés , et les restes de deux mosquées rappellent la grandeur de cette ancienne métropole d’un des plus puissans royaumes de l'Inde, Fannaxisän (Furruckabad), peu loin de la rive droite du Gange, ville florissante par son commerce ; on lui accorde 67,000 habitans. Tout près, sur la rive droite du Gange, s'élève Fattihghar (Futtehghur), petite ville importante par son industrie et par la station militaire que les Anglais ÿ ont établie,

Dans la province de Delhi on trouve : Banuiux, ville assez grande et commerçante, dont la grasses dépasse 66,000 âmes, siège d’un tribunal d'appel et très importante par ses fabriques d'armes, de tapis, et surtout par sa poterie, CHAHDIIHANPOUR (Shahjehanpoor) , assez grande et belle ville, à laquelle M. Hamilton accorde 50,000 âmes, Ramrour, grande ville, située dans un territoire aussi fertile que bien cultivé et chef-lieu d'une principauté rohillah. Quoique sa prospérité et sa population aient beaucoup diminué depuis la mort de Fyz-allah-khan, en 1794, Rampour est encore une ville importante, dont la population peut s'élever à 50,000 âmes. Ahmed-Ali khan, le prince régnant y demeure dans une belle maison à trois étages, bâtie et menblée dans le goût anglais. HÂapwÂân (Hurdwar), très petite ville, située dans une position romantique, sur la rive droite du Gange, renommée dans toute l'Inde par le lieu où des centaines de milliers d'Hindous vont se baigner dans les eaux de ce fleuve, objet de leur pélerinage ; c'est à la même époque qu'on y tient une des plus riches foires de l'Asie. M. Hamilton prétend que dans les années extraordinaires on y a compté jusqu'à un million de pélerins; les nationaux portent ce nombre à deux millions, ce qui nous paraît bien exagéré.

Dans la province du Gherwdl, si remarquable par les énormes colosses de l'Himâlaya qui s'élancent au-dessus de son sol déjà très élevé, on ne trouve que de très petites villes; les suivantes sont les plus remarquables : SiminaGun , dans le Gherwal proprement dit, ville très déchue de ce qu'elle était lorsque le radjah y résidait; mais encore assez commerçante pour ce pays; Gawaotrr, misérable hameau situé près de la source du Gange, à 10,073 pieds anglais au-dessus du niveau de la mer, remarquable par sa position romantique et par un petit femple, regardé comme un des pélerinages les plus révérés de la religion de Brahma, quoiqu'il soit rarement visité, BnanrinÂTa, autre misérable hameau de 30 huttes, sur la rive occidentale de l’Alacananda, à 10,294 pieds anglais au-dessus du niveau de la mer, avec un petit femple indien très révéré, très riche et visité annuellement par environ 50,000 pélerins, Azmora, capitale du Kemaoun, assez bien bâtie et la plus considérable de toutes les villes de cette province; beaucoup d’Européeus convalescens s’y font transporter pour rétablir entièrement leur santé. k

Dans la province d'Adjmir où trouve: Ansmin (Ajmeer), assez grande ville et autrefois très florissante lorsque l’empereur Châh-djihän y résidait; on voit encore les restes de son palais; sur le sommet de la montagne voisine s'élève la citadelle Tdrâghar, dont les profondes citernes, les casemates, les magasins immenses et la forte position pourraient faire un nouveau Gibraltar en ÿ ajoutant quelques ouvrages; mais les Anglais négligent cette forteresse, Le tombeau du cheikh Moyn-ed-din ÿ amène tous les ans un concours prodigieux de pélerins mahométans. Dans ses envirous immédiats est situé le célèbre sanctuaire indien de Pouskhar (Pooskhur), visité par un grand

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