‹ Abrégé de géographie [microforme] (volume 3)Chapitre 27 sur 457 · TENDUE DES CLIMATS · texte numérisé non relu

TENDUE DES CLIMATS

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pérés et secs, froids et humides , froids et secs, ete. , ete. Nous regrettons que notre cadre ne nous permette pas d'entrer dans les détails qu'exigeraient leur explication et que nous avons donnés dans la rédaction des principes généraux de géographie dans l'Abrégé de Malte-Brun. Nous nous bornerons ici à faire rapidement quelques applications générales des principes que nous venons d'établir,

Si nous voulons les appliquer à la partie septentrionale de l’Ancien-Continent nous verrons que la diminution énorme de chaleur qu'on observe en s'avançant vers l’est, sous les mêmes latitudes, est due en grande partie à la forme et à la position de cette masse de terre. La partie occidentale est échauffée par le voisinage de l'Afrique, qui, semblable à une immense fournaise, distribue sa chaleur à l'Arabie, à la Turquie d'Asie, à l'Europe, Au contraire, l'Asie, dans ses extrémités de nord-est, éprouve des froids extrêmes ; c'est, en partie, parce que, de ce côté, elle n'a point de terres qui s'étendent vers l'équateur. Si le Groënland, déjà sous le 60° parallèle, malgré son exposition méridionale et le voisinage des mers, a un climat plus rigoureux que la Laponie sous le 71° parallèle, dans une exposition septentrionale, quelle autre raison peut-on assigner à ce phénomène que la séparation de la Laponie d'avec les terres arctiques au moyen d’une vaste mer, tandis que le Groëuland s'étend probablement en s'élargissant vers le pôle, où du moins vers le 82° degré de latitude ? L'Amérique-Septentrionale a peu de terres situées dans la zone torride; elle a peu de communication avec l’Amérique-Méridionale; enfin , la disposition de ses montagnes la laissant ouverte aux veuts froids polaires, ceux-ci la balaient d'un bout à l'autre, etrendent sa température beaucoup plus froide que celle des contrées placées à des latitudes égales dans la partie occidentale de l’Ancien-Continent.

I! résulte encore de ces principes une conséquence générale pour les contrées de la zone torride. Les vents alizés, en soufflant continuellement de l’est par-dessus la mer, contribuent à rendre toutes les côtes maritimes orientales plus froides que ne le sont les côtes exposées au couchant. D'un autre côté, plus un continent est large d’est à l’ouest, plus ces vents s’échauffent en passant par-dessus des terres brülées par le soleil. Voici pourquoi les iles Antilles jouissent d’une température modérée, tandis que la Sénégambie et la Guinée doivent être rangées parmi les régions du globe tourmentées par la plus excessive chaleur dont on ait exemple. Le Congo est plus chaud que le Zanguebar. Si les montagnes du Pérou ont le climat plus froid que le Brésil, c’est que l'élévation du terrein , ou toute autre circonstance locale, peut souvent avoir assez d'influence pour anéantir l'effet d'une cause générale.

Jetons maintenant un coup-d'œil sur les diverses températures des cinq zones dans lesquelles on a l'habitude de diviser le globe.

La zone torride n'éprouve que deux saisons , l’une sèche et l’autre pluvieuse, La première est regardée comme l'été, et l’autre comme l'hiver de ces climats; mais ils sont en opposition directe avec l'été et l'hiver célestes; car la pluie accompagne toujours le soleil ; de sorte que, lorsque cet astre se trouve dans les signes septentrionaux , les contrées au nord de la ligne ont leur saison pluvieuse. Il parait que la présence du soleil au zénith d’une contrée y échauffe et raréfie continuellement l’atmosphere ; l'équilibre est rompu à chaque moment; l'air froid des contrées plus voisines des pôles y est à chaque instant attiré ; il y condense les vapeurs suspendues dans l'atmosphère; donc il y existe des pluies presque continuelles. Les contrées de la zone torride où il ne s'élève point de vapeurs ne connaissent point de saison pluvieuse.

Les localités, surtout les hautes chaînes de montagnes qui arrètent ou détournent les moussons et les vents, influent tellement sur les saisons physiques de la zone torride, que souvent l'intervalle de quelques lieues sépare l'été de l'hiver. En d’autres endroits, il y a deux saisons pluvieuses et deux saisous sèches, qu'on distingue par les dénominations de grande et petite.

La chaleur est presque toujours la même à ro ou à 15 degrés de la ligne équinoxiale. Mais, vers les tropiques , on ressent déjà une différence entre la température qui règne au moment où le soleil est au zénith , et celle qui a lieu lorsque, dans le solstice opposé , les rayons de l’astre du jour tombent sous un angle qui est plus obtus de 47 degrés; aussi on pourrait, avec Polybe, diviser la zone torride en trois autres. La zone équatoréale proprement dite est tempérée, si on la compare à la zone du tropique du Cancer, com-

posée, généralement parlant, des contrées les plus chaudes et les moins habitables de la terre. La sone du tropique du Capricorne contient peu de terres; mais il parait qu'elle éprouve des chaleurs momentanées extrèmes.

La plupart des anciens , méconnaissant l'observation de Polybe, crurent que la chaleur allait en augmentant du tropique vers l'équateur. Ils en conclurent que le milieu de la zone torride était inhabitable. On sait aujourd’hui que plusieurs circonstances concourent à y établirune température supportable, Les nuages, les grandes pluies, les nuits naturellement très fraiches, leur durée étant égale à celle des jours ; une forte évaporation, la vaste étendue des mers, la proximité des montagnes très hautes et souvent couvertes de neiges éternelles, les vents alizés et les inondations périodiques, contribuent également à diminuer la chaleur. Voilà pourquoi, dans la zone torride, on rencontre toutes sortes de climats. Les plaines sont brülées des feux du soleil. Toutes les côtes orientales des grands continens, battues par les vents alizés, jouissent d'une températures douce; les contrées élevées sont même froides ; un éternel printemps règne dans la vallée de Quito; les plateaux les plus élevés de l’intérieur de l'Afrique offrent plus d’une contrée douée du même avantage.

Rien n'égale la beauté majestueuse de l'été dans la zone torride. Le soleil s’élève horizontalement ; il traverse, en un instant, les nuages brülans de l'orient, et remplit la vojte des cieux d’une lumière éblouissante dont aucune trace d'ombre n'interrompt la splendeur. La lune brille ici d’un éclat moins pâle; les rayons de Vénus sont plus vifs et plus purs, la Voie lactée répand une clarté plus scintillante. A cette pompe des cieux il faut ajouter la sérénité de l'air, le calme des flots, le luxe de la végétation, les formes gigantesques des plantes et des animaux, toute la nature plus grande, plus animée, et cependant moins inconstante et moins mobile. ù

Les zones tempérées sont dédommagées par les charmes doux et variés du printemps et de l'automne, par les chaleurs modérées de l'été et les rigueurs salutaires de l'hiver: cette succession de quatre saisons n'est point connue au-delà du tropique, ni vers le: pôles. Mème la partie de la zone tempérée boréale qui s'étend entre le tropique et le 35° degré de latitude ressemble, en beaucoup d'endroits, à la zone torride. Jusque vers le 40° degré, la gelée, dans les plaines, n'est ni forte ni de longue durée; il est également rare d'y voir tomber de la néige, Les contrées élevées ressentent toute la rigueur de l'hiver; et les arbres, mème dans la plaine, perdent leur feuillage, et restent dépouillés de verdure dans les mois de novembre et décembre. C’est depuis le 40° jusqu'au 60° degri que la succession des quatre saisons se montre la plus régulière et la plus sensible , sans cependant exposer la santé de l'homme. Mais ici c'est l'homme lui-même qui a créé en grande pariie ces climats salubres; la France, l'Allemagne et l'Angleterre ressemblaient, il n'y a que vingt siècles, au Canada et à l'Asie centrale, contrées situées , aussi bien que notre Europe, à une distance moyenne entre l'équateur et le pôle,

Au-delà du 60° degré, et jusqu'au 58° (qui paraît être le terme des terreins habitables dans l'hémisphère boréal), on ne connaît, en général, que deux saisons : on éprouve un long et rigoureux hiver, auquel succèdent brusquement quelquefois des chaleurs insupportables. L'action des rayons solaires, faible en raison de l’obliquité de leur direction, s'accumule pendant les jours extrêmement longs, et produit des effets auxquels on ne s'attendrait que dans la zone torride, Dans l'hiver, au contraire, on voit les eaux-de-vie se congeler dans des chambres chauffées, et une croûte de glace couvrir jusqu'aux draps de lit. On a trouvé la terre gelée à roo pieds de profondeur. Le mercure, figé dans le thermomètre, laisse le degré de froid indéterminé, On parle ici des extrèmes et de la zone glaciale en général, Les expositions méridionales , où le voisinage de la grande mer, adoucissent le climat jusqu’à un degré qui paraîtra incroyable aux esprits prévenus. Bergen, en Norwège, et toute la côte de ce pays, entre 60 et 62° de latitude, a l'hiver très pluvieux, mais rarement de la neige ou des gelées; cette saison est moins rigoureuse , et on y use moins de combustible qu'à Cracovie, à Prague , à Vienne en Autriche, sous 5o à 48° de latitude. La zone froide jouit d’un calme atmosphérique qui est inconnu dans la région tempérée; point d'orage, point de grèle, rarement une tempête ; l'éclat des aurores boréales, réfléchi par la neige, dissipe les ténèbres de la nuit polaire; les jours de plusieurs mois, quoique d’une magnificence monotone, aécélèrent d’une manière étonnante le jeu de la végétation; en trois fois vingt-quatre heures la neige est fondue et les fleurs s’épanouissent.

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Mais afin de compléter l'aperçu que nous veuons de donner sur les climats ph siques qui sont d'une si grande importance pour le géographe , nous emprunterons x 14 Bee 7 bandes isothermes de M.le baron de Humboldt, inséré dans notre statistique du Porty + les principaux élémens relatifs à la température qu'éprouvent plusieurs villes à différ Es latitudes. IL offrira à nos lecteurs les moyens de comparer entre eux tous les ays de la terre d'après les faits les plus positifs recueillis par la météorologie, NE

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