‹ Abrégé de géographie [microforme] (volume 3)Chapitre 29 sur 457 · CHAPITRE VIL Des principales définitions géographiques · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIL Des principales définitions géographiques

Ox a recherché, dit M. Walckenaer, et on a décrit avec soin les plus petits animaux, les plantes les plus humbles; mais on n’a point encore considéré le globe terrestre en luimème, et comme le corps de la nature le plus digne d'attention, le plus important à connaître et à décrire. Des mots sans nombre ont été inventés pour peindre par la parole les signes et les formes des plus petites parties des minéraux, des végétaux et des animaux, et la géographie n’en a point encore pour dessiner plusieurs des grancs traits que jrésentent les continens et les mers, pour exprimer convenablement la configuration si variée des côtes, les formes si diverses des montagnes, les lignes sinueuses et compliquées des fleuves et des rivières; pour caractériser enfin toutes les différences principaies que le sol présente dans ses convexilés et ses enfoncemens, sa composition, sa nature et son aspect. Il est vrai que dans ces derniers temps on a essayé de remplir ces lacunes, et Malte-Brun, Ritter, Walekenacr et les savans continuateurs de l'Encyclopédie méthodique ont proposé plusieurs termes aussi justes que convenables pour atteindre ce but ; mais il reste encore beaucoup à faire pour y atteindre entièrement. Notre cadre ne nous permettant pas de donner tous les termes techniques de la géographie, nous nous sommes borné à n'offrir dans ce chapitre que ceux qui sont les plus indispensables pour l'étude de cette science ct pour l'intelligence des relations de voyages. Nous Les avons partagés en deux classes distinctes : ttrmes qui appartiennent à la géographie physique, et termes qui appartiennent à la géographie politique. Nous commencerons par ceux de la première classe.

En jetant les yeux sur un globe terrestre, ou sur un planisphére, on est frappé d'abord de l'espace immense occupé par la masse d'eau continue nommée océan, receptacle de la plus grande partie des eaux du globe, dont elle couvre environ les trois quarts de la surface. Au milieu de l’océan se montrent différentes portions de terre, toutes séparées les unes des autres. Les parties de terre ainsi environnées d’eau se nomment iles.

Parmi ces portions de terre, trois se font remarquer au premier coup-d'œil par leur grandeur, et doivent être nommées continens. La plus considérable est appelée Ancien- Continent, parce que c'est le premier dont nous ayons eu connaissance; elle comprend l'Europe, l'Asie et l'Afrique ; la seconde est nommée Nouveau-Continent, parce qu'elle a été découverte beaucoup plus tard ; on l'appelle aussi Amérique; enfin, la troisième , qui est intomparablement plus petite que les deux premières, à reçu le rom impropre de Nouvelle-Hollande, uom que depuis quelque temps on remplace généralement par celui de Australie, et auquel nous donnerons , par analogie avec les deux précédens, le synonyme de Continent-Austral, Toutes les autres terres qui s'élèvent au-dessus du niveau des eaux sont regardées comme des iles. Les contours des continens et des iles qui baignent les eaux de l'océan et de ses subdivisions, se nomment côtes.

Les circonstances di”’ ‘entes de position absolue ou relative dans laquelle se trouvent les iles, ont engagé les géographes à leur donner différentes dénominations. Nous croyons que dans l’état actuel de la géographie on pourrait s’arrèter aux distinctions suivantes :

lle proprement dite, est toute terre, environnée de tous côtés par l’eau, quelle que soit son étendue ; le géographe n'admet que trois seules exceptions, qui sont les trois continens que nous avons nommés, Les plns grandes iles du globe sont: Bornéo, la Papouasie (Nouvelle-Guinée), le Groënland, Sumatra, Madagascar, Niphon, Cuba, \a Grande: Bretagne, etc., etc.

Un petit nombre d'îles placées à peu de distance les unes des autres, ou bien une île principale environnée de plusieurs autres incomparablement moins étendues qu'elle, forme un groupe ; le groupe de Malte, eu Europe, et le groupe de Sumatra, dans Y'Océanie, peuvent servir d'exemple.

Plusieurs îles, de différente étendue , tantôt assez rapprochées entre elles pour être en vue l’une de l’autre, tantôt même à de plus grandes distances, forment un archipel, Presque tous les archipels se composent de la réunion de plusieurs groupes. Tout le monde connaît l'archipel grec, que par antonomase on appelle l’Archipel, Nous citerons en outre l'archipel des Antilles, en Amérique, et l'archipel de Sumbava-Timor, dans l'Océanie.

lesqu de Æ4 Bahai archi} Seych Un dont « Morée entoui de Pr de to Suez, l'Amér le Por l'Inde Nous r gal, et et le go celle qu pays qu d'appel plus so l'Indc- L'ext nomme Espérar peu éler tout le « au style lion rem Les m temps ot sont de iles, mai des mon éconler | dant un où renco et en Ca Tartarie, général la terre, Le plus + des plate:

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entre elles pour ètre forment un archipel.

roupes. Tout le monde Nous citerons en outre or, dans l'Océanie.

SU à 17

Nous proposons d'étendre la dénomination d'Attole où Attolon, que de temps l'usage a employ ée pour désigner les groupes qui forment l'archipel FE Mal Sat dr) les er d'iles qui offrent le mème caractère, Ge sont de petites îles basse . groupées sur d'étroils plateaux madréporiques, qui ceignent un bassin oval Hub. et présentent des coupures plus ou moins accessibles aux pirogues où aux 1 de dns les iles de l'archipel de Pomotou (Dangereux) et de l’arc'ipel Central Motor. pr sont des aitolons. Des attolons servent aussi quelquefois de ceintures à d à le ‘ y irer et plus importantes ; ainsi les îles d'Hogoleu, dans l'archipel des Carolin 7 Al he Au Rae u Maupiti, dans l'archipel de la Société, sont entourées red ss ss in SA e : Hhshagere lu tra ne ports. L'Amérique nous offre sous les tenipations = RO » de « dins et Arrecifes , de véritables aïtolons dans l'archipel de près des côtes de la grande île de Cuba. L'Afrique en offre id bic archipel, que nous avons proposé de nommer archipel dl Mad se Seychelles font partie. A a Se D ne Une i ù i i Pie Lara ne ner dans la mer, et qui ne tient au continent ou à l'ile io ep À ie 1 étroit, se nomme presqu'ile ou péninsule ; comme la or | Fr por ion resserrée de terre qui l'empêche d'être entièrement ns u est un és/hme, comme celui de Corinthe qui joint la Morée à la Liv P | e Pre que réunit la Crimée au reste du gouvernement de la Tauride La jus pont A ee sr DE du globe est l'Afrique, qui ne tient à l'Asie que de Lits de Fe J se isthme célèbre est celui de Parama, qui joint l'Amérique du Nord à 1 mérique u Sud L'usage classe depuis long-temps parmi les péninsules l’Es te # Se Lt Joe la Turquie d'Europe au sud du Danube sie Minours, Pr a 1 AN L 4 a d s ! Lg ' me % Re ' e ! me la largeur du côté qui les uuit au corps di out Re I ifficulté à accorder cette quuification à l'Espague avec le Port x g ; Ha ds ie moyenne et méridionale, à l'Asie-Mineure, à l'Arabie entre la mer Re » . . mo at : ; Mere pe dé la Nerbouddah, etc. , ete.; mais il nous semble ie ne LISA out-à-fait impropre en l'appliquant sans aucune restriction aux es ren e nommer. Nous pensons avec M. Walckenaer qu'il conviendrait de je pa Lis es et tant d’autres qu'offre le globe presqu'iles ouvertes , parce que le P ( ie tiennent au continent que par leur côté le plus 1 0 ‘Inde, l'Indc-Chine et l'Italie, A le ps ar L'extrérnité d’une terre qui s’avance dans la mer d’un iè i En Ù S e manière bien prononcée se pre Me tr A ss le Cap-Nord dans la FA A le dia nu rique australe, ete. Les saillies les moins considérables et ne ad pu pe Let je ce deux distinctions ne sont pas toujours employées avec ke avis élevé : dés nr à e. Le mot promontoire , comme synonyme de cap n apparuent He Lies “e gne plus particulièrement l'extrémité d’un continent dans une direc- A irec Les montagnes sont les éminences les plus considérables de la te i $ s | rre , et qu à un nt rues où Eee sensible, Il faut les distinguer des ha ol et pr ex re Ë evées, formant d ordinaire le noyau des continens où des Pre pe à fs ar D Fr plus étendues. Un plateau peut renfermer mg A She s e le vallées; il y en a qui sont assez inclinés pour laisser par se qui Le lent à leur surface; il y en a d'autres qui conservent penmets sP Fee de pus , et vù les rivières ne trouvent point de débouché: et en Carniole, os lan de ue nn, de Vol a mr Groutie RS la Perse , et l'intérieur de L'Altique ot de L'Amltiaue, Ces Le se !. . . 4 pos phos Le He des continens; ils semblent ètre les plus anciens Nuit de à ss agen À NM ve desquels les terreins nouveaux se sont accumulés. Ta pi s ii è di e tous les plateaux est celui de l'Asie moyenne. Les pentes a he te ce qui es soutiennent et par où l'on y monte, se nomment leurs Len nn : ke È us pas su distinguer les plateaux des montagnes , ou plutôt ils wi jours les plateaux par le nom de montagnes, ce qui a causé beaucoup de prises, surtout à l'égard de la chaîne du mont Taurus. ne

Quelquefois, sur un sol entièrement uni et loin de toute grande chaine, s'élève une der montagne où un amas de rochers, qui supportent une plaine ferule et arrosée de sources, c'es semblable à une île verdoyante suspendue au milieu des airs. Cette espèce de montagne est assez commune dans l'Abyssinie où on les nomme ambas ; nous proposons d'étendre ce nom ’ à toutes les hauteurs de ce genre. Après l'Abyssinie c'es: ‘e Congo, l’Indoustan, la Chine sagt et le nord de l'Amérique méridionale, qui sont les régions où on les rencontre, Les ambas poil sont comme disposés par la nature à recevoir des forteresses ; aussi ÿ a-t-on construit celles dan de Gwalior et de Doulatabad dans l'Inde, celle de San-Salvador dans le Congo. Les plus aus célèbres ambas de l'Abyssinie sont l'amba Geshen, où l'on renfermait les membres de la lière famille impériale ; l'ambacel qui servait au méme usage, l'amba Gideon , l'amba Sanet, ex. L Kanigstein, Lilienstein et Sonnenstein en Saxe, rappellent les ambas de l'Asie et de unp l'Afrique. Pl On distingue dans un mont ou une montagne , sa ase où le pied, qui est l'endroit où port elle commence à se séparer de la plaine; le flanc, qui forme la pente ; la croupe , qui sur- reufe monte le flanc; le sommet, qui repose sur la croupe; la cêrue, qui couronne le sommet ; et Cauc , le point culminant, qui est l'extrémité de la cime, Les montagnes , au lieu de s'élever de la Four, | base au sommet par une pente insensible, sont souvent tailles en gradins réguliers qui se Or | nomment assises. Quand le sommet d'une montagne est conique ou pointu, on le nomme entre | pic, piton où puy; un mont se trouve souvent désigné par la forme de son sommet : c'est aa c ainsi qu'on dit le Pic de Ténériffe etle Puy de Dôme. Un sommet prismatique ou anguleux, Qu comme dans les Alpes. prend le nom d'aiguille, de dent ou de corne ; s'il est détaché on pente | le nomme brèche ; telle est la brèche de Roland dans les Pyrénées. Un sommet arrondi, Qui comme on en trouve plusieurs dans la chaîne des Vosges , s'appelle £a/lon, Si un som queloi a une forme cylindrique, il prend le nom de cylindre, comme le cylindre de Marbore, distine dans les Pyrénées ; s'il est aplati, comme la montagne du Cap de-Bonne-Espérance et l ie fameux Mont-Thabor, on le mme table ou plateau. pente On nomme volcan toute montagne qui vomit des flammes, des laves , ete. , ete. , quelles l'est pe que soient son élévation et sa position, de pen Les montagnes sont isolées, ou assemblées en chaînes , groupes ou systèmes. Une chaine chainor à peut être définie par une suite de montagnes dont la base se touche ; un groupe est l'union celui d de plusieurs chaines, et un système est l'ensemble de plusieurs groupes. Le point où des berges | | chaines de montagnesse réunissent s'appelle #œwd. Indépendamment de ces deux grandes les afflu | divisions des montagnes, il existe des groupes de plusieurs chaines irrégulières, qui sem- transves Lblent ne suivre aucun ordre dans leur direction , et dont aucune ne peut ètre regardée où du c comme la chaine principale, On peut ranger dans cette classe les montagnes de la Perse, rmeau et celles de l’A4sie-Mineure. Aprè On regarde comme chaîne principale d'un groupe, ou d'un système de montagnes, ons les celle des revers ou des points culminans de laquelle dérivent les grands cours d’eau, con- iles dont sidérés relativement à un grand réservoir, tel que l'Océan et les Méditerranées. Les deux peu pro grandes faces d'une chaîne principale, d’un chainon, d'un contre-fort , ete., sont appelées nremen versans , flancs où revers. Un chainon, embranchement, où chaïne secondaire est une de toutes série irrégulière , mais assez suivie, de hauteurs, qui, se détachant de la chaine principale, quelques] prend, à plus ou moins de distance de son point de départ, une direction qui tend au reins, à parallélisme , et forme les grandes vallées longitudinales, ou légèrement inclinées sur l'axe sentent t de la chaîne : c’est ainsi qu'on peut considérer les Apennins. jusqu'à Le contre. fortune diffère du chainon qu'en ce qu'il a moins d'étendue ; que sa direction, La hat par rapport à l'axe de la chaîne, s'approche plus de la perpendiculaire ; qu'il n'accompagne dans la d et n'alimente pas toujours un grand cours d’eau, et qu'il se termine ordinairement, soit animaux en s'abaissant dans une vallée longitudinale ou d’une manière abrupte sur la côte. dernes,, 16 Les subdivisions latérales ou terminales des chainons et des contre-forts qui ont quelque leur ol x étendue , et qui forment les vallons de la vallée principale, se nomment rameaux. occupés Les rameaux se subdivisent en collines, entre lesquelles se trouvent les sources des M. Ritter ruisseaux. dépassent Les rochers coupés à pic qui bordent les côtes de la mer reçoivent le nom de falaises; l'lévatior et on appelle dunes les monticules sablonneux qui longent les rivages. cond ordy Le nom d'aréte est appliqué à l'intersection obtuse ou aiguë des plans que forment les ‘élévent d

ts

deux versans d’une chaine, ligne qui détermine le partage des eaux des deux revers opposés : c'est le faite de la montagne.

Le mot de créte est employé pour désigner l'arête ou le faite du contre-fort.

Col est ordinairement le point où l’arète parait faire une inflexion , et qui offre un passage d’un versant à l’autre, d’une tète de vallée à celle de la vallée opposée; c'est le point de partage des eaux. Ce même passage est appelé port dans les Pyrénées, et pertuis dans le Jura. La double rencontre des rameaux sur les chainons et contre-forts produit aussi des cols sur leur crète, aux têtes des vallons; mais ce nom appartient plus particulirement aux passages de la chaîne.

Le défilé diffère du col en ce qu'il peut se trouver au pied des hauteurs, et que c’est un passage toujours resserré entre deux escarpemens, par lesquels il est encaissé ou supporté.

Plusieurs co/s et défilés sont célèbres, dans la géographie ancienne, sous le nom ue portes des Nations, faisant allusion au rôïe qu'ils jouaient relativement à la vallée qui renfermait la petite nation indépendante qui y demeurait. Telles étaient les portes du Caucase, les portes Caspiennes, celles de Suse ou de la Perside , les Thermopyles, les Fourches Caudines , etc. , etc. :

On donne le nom de gorge à une partie de vallée tres étroite; c'est l'intervalle resserré entre deux contre-forts, qui se trouve plus ordinairement voisin de leur point d'attache a la chaîne, et qui y sert de couloir plus on moins fortement accidenté à un torrent.

Quand la gorge a une certaine étendue , sans prendre trop d'évasement, quoique sa vente diminue, elle prend le nom de val.

Quand le val se prolonge et s'élargit, il donne naissance à une va/le , qui prend quelquelois son nom, mème à son origine, lorsqu'elle y est large et à berges adoucies. On distingue par la dénomination de vallée principale celle qui sert de berceau à un grand cours d'eau, qui, partant de la chaîne et suivant entre deux contre-forts le plan de la pente générale, à moins qu’il ne soit détourné par une ontre-pente, comme le Rhône l'est par le chainon de l'Ardèche, se rend au récipient principal, vers lequel verse ce plan de pente. La vallée est dite secondaire, quand elle prend son origine sur les flancs d'un chainon ou d’un contrefort et qu'elle est berceau d'un cours d’eau qui est affluent de celui d'une vallée principale. La vallée est longitudinale, lorsqu'elle a pour l'une de ses berges les flancs mèmes de la chaîne ou du chainon d’où elle descend , ou qu’elle en reçoit les affluens; telle est la vallée du Rhône jusqu'au lac Léman ou de Genève. Elle est transversale, lorsque sa direction approche de la perpendiculaire à l'axe de la chaine où du chainon, et qu’elle a pour berges les flancs correspondans de leurs contre-forts où rameaux, ou que ses affluens en descendent,

Après ce que nous venons de dire en parlant des plateaux et des vallées, nous définiwns les plaines en disant que l’on appelle ainsi les différentes parties des continens ou des iles dont la surface est horizontale, unie, ou simplement sillonnée de légères ondulations peu profondes, larges et étendues, et bien distinctes des s allons ou des vallées. Elles sont rarement d'une horizontalité parfaite; la rondeur de la terre rend cela impossible à l'égard de toutes les plaines d’une étendue considérable; presque toujours elles sont inclinées vers quelques points de l'horizon. Les plaines se rencontrent dans les différentes sortes de terreins, à toutes les hauteurs au-dessus du niveau de la mer, sous tous les climats, et présatent tous les degrés de fertilité, depuis l’inépuisable fécondité du Delta égyptien, jusqu'à la stérilité indestructible du sable des déserts.

La hauteur absolue ou relative des montagnes ayant des conséquences très importantes dans la détermination des climats physiques, dans celle des stations des végétaux et des animaux, et dans les révolutions politiques qu'offre l'histoire des peuples anciens et modernes, les géographes et les naturalistes ont proposé quelques dénominations relatives à leur classification. Aucun principe fixe n'ayant guidé jusqu'à présent ceux qui s'en sont œcupés, nous croyons pouvoir provisoirement donner la préférence à celle qu’a proposée M. Ritter. Ce savant géographe regarde comme de simples collines toutes les hauteurs qui ne dépassent pas 2,000 pieds; il appelle montagnes basses, ou de premier ordre, celles dont l'élévation va depuis 2,000 jusqu'à 4,000 pieds; il nomme montagnes moyennes, où de second ordre, celles dont la hauteur est comprise entre 4,000 et 6,000 pieds. Les pointes qui ‘lèvent de 6,000 à 10,000 pieds sont pour lui desmonts alpins (alpengebirge); il range enfin

+ chaine, s'élève une et arrosée de sources, spèce de montagne est sons d'étendre ce nom l'Indoustan, la Chine rencontre, Les ambas a-t-on construit celles ns le Congo. Les plus wait les membres de la con ,V'amba Sanet, ee.

ambas de l'Asie et de

1, qui est l'endroit où ie; la croupe , qui surcouronne le sommet; el au lieu de s'élever de la gradins réguliers qui se u pointu, on le nomme e de son sommet : cest ismatique ou anguleux, nes; S'il est détaché on s, Un sommet arrondi, le ballon. Si un somnil » cylindre de Marboré e-Bonne-Espérance et l

laves , etc. , etc, quelles

ou systèmes. Une chaine e;un groupe est l'union roupes. Le point où des nent de ces deux grandes es irrégulières, qui sen:

e ne peut être regardée montagnes de la Perse.

système de montagnes.

grands cours d’eau, con- Méditerranées. Les deux fort , etc., sont appelées aine secondaire est une à de la chaîne principale, e direction qui tend au ement inclinées sur l'axe

endue ; que sa direction, aire ; qu'il n'accompagnt ine ordinairement , soil rupte sur la côte.

tre-forts qui ont quelque mment rameaur.

rouvent les sources des

vent le nom de falaises; ages. RE es plans que forment les

‘ e i us les sommets qui dépassent ceslimites parmi les Sen M th ot spin évalue les pen respectis es des C'est D rés vs * b autes que l'on ait mesurées jusqu'à présent se trouvent dans l'Him montagnes. Les p : dans les Andes, dans l'Amérique-Méridionale. | | malaya, en Asie, e be offre plusieurs vastes espaces incultes, dont le sol, quoique fécond, Ldeprannuns se pr u pl naturel à la production de graudes forèts, est dépourvu de engee prets « pin vastes plaines. Ces grandes solitudes différent beaucoup entre elles montagnes el séten ral leurs produits et par le caractère de leur végétation. On les par leur aspect E pole nd russe, djengle dans l'Inde, karrous dans l'Afrique la plus are AO LAS us pra et pampas dans l'Amérique. Des solitudes semblables, mais méridionale, He se trouvent dans l'Europe occidentale, où on leur donne les Scan y hr bruyères en France, comme les /andes de Bordeaux , entre les emnsemctesagres pis ne et de l'Adour; d'arendal dans la Nouvelle. Castille , en Espagne: serre ee de l'Allemagne, etc. Comme ces solitudes, que la plupart des de haiden, dans e ad phes confondent avec les véritables déserts, qui en different entievoyageurs el " seu reçu de dénomination générale, nous pensons qu Un pourrait Poe M ag + à sie les solitudes du globe qui présentent la réunion des caétend bete dote A es plaines. Quelques-unes des steppes de l'Asie sont sablouneuses ractères propres d * touffes de gazon clair semées et de buissons rabougris ; d autres Are et n'offrent is de utres se parent de plantes salines toujours vertes, grasses et articulées; se . brillent au loin d'efflorences muriatiques qui se cristallisent en forme ds rues pat Uglaiseux , semé de taches blancheset semblable à de la neige nouvel de lichen ae i st Le taisons sèche, tout y parait brûlé, et les pluies seules y ramilement tombée np De de l’extrémité méridionale de l'Afrique ont, pendaut la rte Moi = plus grand nombre de cours d'eau que les steppes de l'empire Russe saison. des pos dé Lara mais ils présentent aussi un aspect stérile , el sont formés et du necons x s “séssende la pierres. Les savanes de l'Amérique-du-Nord sont par une terre & np baies hautes et abondantes ; il en est de même des llanos Rohe au contraire 00! he la zone torride, leur aspect change deux fois chaque année à sa oem ra et ces vastes plaines sont, tantôt arides et stériles comme les kart ue époques régu er erdoyantes. et fertiles comme quelques steppes d'Asie. Les wa mens he À x à sont entrecoupées de busquets de palmiers. Les djengles de l'Ind ser EE VRR Li de bois, de hautes herbes et de roseaux, dite, sont des er pers k ntqu'il nous parait plus convenable de classer ces vastes plaines de je e C'est ici éga Th 2 ul dite de Guinée, s'élève de dix à treize pieds de hauteur, et et de Guinée, où d'in sens forêts herbacces ; et ces vastes espaces qui paraissent abat rip é 4 ant le sol, composé de sable ou de terre fine, ne contient pas une se 6 par alluvion , et don rie aie de Benin, dans la Basse-Guiane, dans le bassin d a tr de lui de l’Amazone. Ceux de ce dernier, dits pampas del Sacramento, TR nd ‘de tous ; les sauvages nomades qui y demeurent parcourent re EE on pe eur sans rencontrer une seule pierre; leurs idiomes manquent mème e 800 , Ha a d'expression pour ns gra espaces, quelquefois d'une étendue immense, rh pe où les végétaux ne peuvent croître, où les hommes et les animaux ne pe EP où affreuses solitudes privées d'eau et de verdure, dévorées tre peuvent ns Se pe tp que des plaines sablonneuses, des montagnes encore plus arides, . le œil se fatigue vainement à chercher quelque indice de vie. | ” po ent embrasé s'élève, suffoque les hommes.et les animaux, soulève et ro PAU a montagnes de sable, qui engloutissent tout sur leur passage, et ens- = Es on et des armées entières. Au milieu de ces océans de sable se trouvelissent des London ; arrosés par des sources, ombragés par des arbres A nee eahanuies déreloipe souvent avec une np rep ses rai pie és es au milieu des déserts comm EPERNR res ee Lave l’Asie offrent les déserts les plus vastes du 6 ne. si de ass à Afrique jouit depuis des siècles d'une terrible célébrité; c'est le plu celui !

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les pluies seules ÿ ramé- Afrique ont, pendaut la steppes de l'empire Russe ect stérile, et sont formés *Amérique-du-Nord sont de mème des lanos dela fois chaque année à des riles comme les karrous de pes d'Asie. Les immenses iers. Les djengles de l'Inde seaux.

ces vastes plaines de la côte ieds de hauteur, et forme hces qui paraissent formés ne contient pas une scile suiane, dans le bassin de s pampas del Sacramento, eurent parcourent souvent idiomes manquent mème

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ble célébrité; c'est le plus

Le sol fertile de la terre dont l'eau ne recouvre pas la surface se couvre cependant d'arbres majestueux qui, réunis en grandes masses, forment ce qu'on appelle forets, séjour favori des bêtes féruces. Ces forêts naturelles , épaisses et sombres ne ressemblent point à celles que l'homme civilis plante et exploite; la végétation, plus riche chaque jour de ses prupres produits, sy développe saus obstacle et offre aux regards étonnés les colosses du règne végétal. C'est en détruisant par le fer et le feu ces immenses forèts que le eolon européen est parvenu à défricher de vastes espaces du Nouveau-Monde. Lorsque les arbres ue couvrent pri 4.8 grande étendue de pays, ils ne forment point des forèts, mais des bois; et quanu ils sont réunis en masses encore moins considérables, ils composent ce qu'on appelle /ocages. | Pr Bodega vtt Fe 4 a et des sources, on trouve souvent plusieurs

qui tiennent le milieu eutre lesol des marais et celui de la terre-ferme; tels sont ces polders de Hollande, ces kogs de Danemark , terreins cultivés, enlevés à l'Océan qui les couvrait, et eufermés par des digues et par des canaux de desséchement ; telles sont encore ces lavines, ou ces terreins amollis par les pluies et par les eaux souter: raines qui coulent dans les sinuosités des montagnes et dans le fond de certaines vallées etqui, délayés, produisent les troubles des fleuves : tels sont enfin ces cores ou terreins errans au milieu des eaux, qui forment les {es flottantes. |

| I n'y a sur notre globe, à proprement parler, qu'une seule mer, un seul fluide continu répandu autour des terres, et qui parait s'étendre d'un pôle à l'autre, en couvrant à-peupres les trois quar(s de sa surface. Tous les golfes, toutes Les méditerranées ne sout que des parties détachées, mais non pas séparées de cette mer universelle que nous proposons de nommer Océan général. Ge u'est que pour plus de commodité dans l'usage ordinaire que | on distingue différentes sections de l'Océan, auxquelles on a donné des noms différens Ces divisions et leurs dénominations sont incomplètes et offrent encore beaucoup d'incere titude, parce que les géographes et les auteurs de systèmes ne sont pas d'accord entre eux write comme une peine inutile le svin de les mettre d'accord, nous ferons observer Me A pr bag d'un globe terrestre un voit que l'Océan n'offre que cinq sections RE gi comme principales, et auxquelles nous proposons de donner la Û : ation Océan particulier, Ces divisions sont : le Grand-Océan, ainsi nommé à ivre de son immense étendue; il a pour bornes l’Asie, la Malaisie (l'Archipel-Indien) My (Nouvelle-Hollande) et l'Amérique; l'Océan-Atlantique, qui sépare l'Europe . F4 rer 1 Amérique sl Océan-Indier , qui s'étend entre l'Afrique, l’Asie-Méridinhi sie 7. et l'Australie ; l'Océan. Arctique glacial, renfermé par les extrémités es , es Ë F rotin pat l'Océan- Antarctique glacial, qui n'est à ie ON at NES 00 n gi -Ucéan, de l'Océan-Indien el de l'Atlanjusqu'au pôle de cette déoiiantistr Quslanee Pro esp at is Aa pt mi et le Grand-Océan, en trois parties , en désig en ; lésut et ge hr oi probe de sF en désignant par le sur nom d'équinoxiale celle qui est rage ref de à ques, et en appliquant aux deux autres les surnoms de loréaleet

L'Océan pére Pl gt | di Po qe or or rt Dom mm du Ame RARE es; des ports, des Lavres, ete. , que nous allons

lui, ant, pour les méditerranées et pour les golfes, les distinctions aussi ingé nieuses que nouvelles proposées par M. Walckenaer. es Ep ré mare D st méditerranées ; les unes sont presque entièrement entoua rl st U rer et ne communiquent avec l'Océan que par une ouverant ges ps mn ; étroit ; celles-ci peuvent ètre considérées comme ces mers mérat rs : es. La plus célèbre est celle qui communique avec l'Océan par As NE jou e a on nomme exclusivement la mer Méditerranée. La mer Baler î m TE proprement dite. Il en est d'autres dont l'enceinte md pa < » . : er iles, ou par plusieurs rangées d’iles, et qui commune me à Pons “qe x ax Océan par plusieurs détroits 3; M. Walckenaer propose de de le da . A ip il nous semble qu'il serait préférable de les déen piton mn de mor méditerrances à plusieurs issues, Nous nommerons les deux jui se font remarquer par leur immense étendue et que dès l’anute 1815 nous avtous pro-

posé d'appeler méditerrance Asiatico-Orientale et méditerranée Colombienne, Cette der. nière est formée par la côte de l'Amérique, depuis la Floride , dans les Etats-Unis, jusqu'au golfe de Paria, dans la Colombie, et par l'archipel des Antilles; l'autre est formée par le continent Asiatique et les iles qui s'étendent depuis le cap Lopatka, dans le Kamtchatka , jusqu'au cap Romania, dans la péninsule de Malacca. Enfin, plusieurs mers ne sont que des enfoncemens très larges de l'Océan, entre des côtes très écartées, et pourraient être désignées par le nom de mers méditerranées ouvertes; la mer de Guinée, sur la côte d'Afrique, celle de Panama, entre l'Amérique du Nord et l'Amérique du Sud; la mer d'Oman ou d'Arabie et celle du Bengale au sud de l'Asie, sont les mers de ce genre les plus remarquables.

Lorsque l'Océan ou les mers pénètrent dans les terres et forment des enfoncemens trop peu considérables pour mériter le nom de mers, ces enfoncemens ou ces avances se nomment go/fes; et comme les golfes ne sont à proprement parler que de petites méditerranées, on devrait même les diviser en go/fes proprement dits, en golfes à plusieurs issues et en golfes ouverts. Parmi les premiers , toujours resserrés à leur entrée, les plus célèbres sont : le go/fe Arabique, nommé de temps immémorial mer Rouge; le golfe Per. sique, le golfe de Venise, dit communément mer Adriatique; le golfe d'Azof et le golfe de Zuidersée, auxquels l'usage, par un étrange abus des mots, à donné le titre de mers; les goffes de Bothnie et de Finlande, ete., ete. Parmi les go/fes à plusieurs issues, on peut nommer en Europe ceux de l'#rchipel et de Marmara, qualifiés improprement du titre de mers; le go/fé de Tonquin, en Asie, seulement en partie fermé par l'ile de Haïnan ; celui de Saint-Laurent, en Amérique, que cernent les côtes du continent et celles de l'ile de Terre-Neuve et de l'ile Royale. Les go/fés ouverts les plus remarquables sont : le golfe de Gascogne, eniîre la France et l'Espagne, en Europe; les go/fes de Cam. baye et de Siam, en Asie, et celui de Carpentarie, dans le Continent-Austral (Nouvelle. Hollande). .

Lorsqu'un golfe à plusieurs issues a une forme très allongée, que ses sorties sont larges et non resserrées par des détroits, il prend le nom de bras de mer, où de manche où de canal; ainsi l'espace de mer compris entre Madagascar et la côte de Mozambique, en Afrique, se nomme canal de Mozambique; entre la France et l'Angleterre, la Manche ou canal de la Manche; entre la péninsule de Malacca et l'ile de Sumatra, canal de Malacca, Un passage étroit, tortueux entre des terres, entre des écueils ou des bancs de sable, se nomme chenal. Lorsque dans un canal les terres se rapprochent beaucep entre elles, l’étroit passage de mer qu'elles forment se nomme détroit; mais quand en <e rapprochant elles restent encore écartées, l'endroit le moins large ou le plus resserré du canal prend le om de pas; tel est le pas de Calais, ou !e plus court passage de France en Angleterre. Parmi les détroits les plus remarquables on doit citer de celui de Gibraltar, eutre l'Europe et l'Afrique, et eciui de Bering, entre l'Ainérique et l'Asie.

Les plus petites portions d'eau environnées de terres, ct qui offrent un abri aux navires contre les vents ou contre les courans, s'appellent » ‘, anse, havre où rade; le premier terme indique un asile très sûr ; le second s'applique à des ports d’une petite dimension ; on nomme havre ceux d'une grande étendue qui sont quelquefois l'ouvrage de l'art; enfin la rade ne présente qu'un mouillage temporaire où un abri contre certains vents; elle précède souvent un port comme la rade de Brest. I y a aussi des ports qui sont situés sur des fleuves, le plus souvent vers leur embouchure, mais quelquefois aussi à de grandes distances dans les terres, comme les ports de Quebec, dans le Canada, de Washington, dans les États-Unis , ete. , ete. On pourrait les nommer ports intérieurs pour les distinguer des autres qui sont les ports proprement dits, et qu'on pourrait qualifier de ports maritimes, tels que les ports de Toulon, de Cadix, etc. On dit qu’un port est beau lorsque l'eau y est assez profonde pour permettre aux plus gros vaisseaux d'y mouilléf, et lorsque son bassin est assez grand pour contenir à-la-fois un grand nombre de navires. Les marins distinguent plusieurs espèces de ports; ceux, par exemple, où les marées sont très hautes , ceux où elles sont très faibles et ceux où elles ne sont aucunement sensibles; les ports ouverts toute l'année, et ceux qui pendant l'hiver sont fermés par les glaces, et que la débâcle annuelle ouvre de nouveau; les ports dont l'entrée et la sortie sont également faciles dans toutes les saisons, et d'autres dont l'accès et la sortie sont

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offrent un abri aux nanse, havre où rade; le es ports d'une petite diquelquefois l'ouvrage de un abri contre certains y a aussi des ports qui *, mais quelquefois aussi ec, dans le Canada, de ner ports intérieurs pour qu'on pourrait qualifier . On dit qu'un port est »s vaisseaux d'y mouilléf, aud nombre de navires.

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me me sujets à de grandes alternatives, ou dont l'entrée est toujours facile et la sortie difficile. ou vice versa,

Dans quelques endroits, non-seulement la mer n'a pas une grande profondeur , mais encore par intervalle son lit se rapproche de la surface en formant des #as-fonds, où des ceueils, où des bancs de sable, ou des bancs de coquillages ; ces derniers sont quelquetois d'une très grande importance, étant le séjour de ces mollusques qui nous fournissent les rerles : les banes du go/f ouvert de Manaar à l'extrémité méridionale de l'Inde, ceux des des Harhein , dans le golfe Persique, jouissent depuis long-temps d'une grande célébrité, Les bancs de sable sont souvent fréquentés par d'énormes cétacés et par des légions innombrables de poissons qui s’y rendent, comme dans les lieux les plus commodes à l'époque du frai : ceux de Terre-Neuve, de Dogger, de Well et de Cromer, dans l'Océan-Atlantique, sont depuis long-temps le rendez-vous de milliers de pécheurs qui s'y rendent tous les ans, et en rapportent d'immenses quantités de morues et de harengs. D'autres basfonds offrent des forêts de coraux que l'avide audace de l'homme a appris à détacher du fond de la mer; les côtes de la Zarbarie et celles de la Sardaigne fournissent les produits de ce genre les plus estimés,

Parmi les différens mouvemens qu'on observe dans l'Océan et dans ses branches, il en est deux qui intéressent particulièrement le géographe et le navigateur, et qui doivent être mentionnés ; nous voulons parler des courans et des marées.

Les marées sont des oscillations régulières et périodiques, que les mers subissent par l'attraction des autres corps célestes, principalement par celle de la lune et du soleil, Dans les parties de l'Océan sujettes aux marées, il offre chaque jour deux oscillations régulières plus où moins fortes, et d'une durée généralement inégale, Sur les côtes de France, la première de ces oscillations fait monter la mer pendant environ 6 heures. Parvenue à sa plus haute élévation, elle reste stationnaire à-peu-près un quart d'heure. C'estle moment de la haute mer on de la pleine mer : on nomme flux ou flot le mouvement qui l'a produite ; bientôt la mer commence à baisser ; elle met environ 6 heures pour se retirer, et demeure basse à-peu-près une demi-heure. Le courant produit par cet abaissement prend le nom de reflux, de jusant ou d'ébe. Après quelques instans de repos, la mer recommence à monter , et présente de nouveau les mêmes phénomènes; ainsi, dans 24 heures 48° il y a deux marées.

Les courans se subdivisent en courans généraux et en courans particuliers; on les appellent aussi les mouvemens propres de la mer, parce que la plupart ont leurs causes daus l'élément même qui en est agité. Nous nous bornerons à parler des trois qu'on regarde comme les plus considérables.

On remarque, surtout entre les tropiques et jusqu'à 30° de latitude nord et sud, un mouvement continuel dans les eaux du Grand-Océan et de l'Océan-Atlantique, qui les porte d'orient en occident dans une direction semblable à celle des vents alisés, mais contraire à celle de la rotation du globe. Les navigateurs, pour aller d'Europe en Amcrique, sont obligés de descendre à la latitude des Canaries pour prendre le courant qui les porte avec rapidité à l'occident. Ils observent la mème règle pour aller d'Amérique en Asie par le Grand-Océan. Un second mouvement porte les mers des pôles vers l'équateur, Il a aussi son mouvement correspondant dans l'atmosphère. La preuve la plus décisive de la réalité de ce mouvement, est celle qu'on tire de la direction des glaçons flottans, qui se portent constamment des pôles vers l'équateur.

Le plus r: narquable de tous les courans connus est sans contredit le Gulf Stream. Au moyen de ce courant, que M, de Humboldt compare à un immense fleuve, la navigation de l'Océan-Athinuque, à partir des côtes d'Espagne aux Canaries, et de à aux côtes crientales de l'Amérique, présente moins de dangers que la traversée des grands lacs de la Suisse, ou le voyage de Rouen au Havre, ou celui de Bordeaux à l'embouchure de la Gironde. Il parcourt en 35 mois un cercle irrégulier immense de 3,800 lieues; 13 mois pour aller des Canaries aux côtes de Caracas, 10 pour faire le tour du golfe du Mexique, 2 pour parvenir au grand banc de Terre-Neuve, et ro à 11 pour aller de ce banc à la côte d'Afrique, en passant près des Açores et se dirigeant vers le détroit de Gibraltar.

On appelle lacs des amas d'eau entourés de terres de tous côtés et n'ayant aucune

2% ABREGE DE GÉOGRAPHIE communication immédiate avec l'Océan, ou avec une autre mer, On peut distinguer quatre éspéess de lacs,

La première classe comprend ceux qui n'ont point d'écoulement et qui ne reçoivent point d'eaux courantes, Ils sont ordinairement très petits et ne méritent généralement que peu d'attention, On peut nommer comme des exemples celui d'Arendt dans la monarchie Prussienne, et celui d'#/hano près de Rome,

La deuxième classe renferme les lacs qui ont un écoulement, mais qui ne reçoivent aucune eau courante, Quelques grands fleuves ont de semblable: lacs pour sources. Ces lacs sont naturellement situés à de grandes élévations ; il y en a un sur le Monte-Rotondo, en Corse, qui se trouve à 9,294 pieds au-dessus de la mer.

La troisième classe de lacs est très nombreuse ; nous y plaçons ceux qui reçoivent et émettent des eaux courantes, Chaque lac peut être regardé comme un bassin qui recoit les eaux voisines; il n'a ordinairement qu'un seul débouché, et celui-ci porte presque toujours le nom de la plus grande des rivières qui s’y jettent, Mais on ne saurait pas dire proprement que les rivières traversent les lacs; leurs eaux se mêlent avec celles du bassin où elles se répandent, Ces lacs ont souvent des sources propres, soit près des bords, soit daus leur fond, Les grands lacs du Canada sont les plus vastes de cette division , à laquelle appartiennent aussi ceux de Ladoga, d'Onega, de Constance, en Europe; de Baïkal, en Asie, etc., ete, Ce dernier, que quelqnes naturalistes placent à tort parmi les lacs de la classe suivante, est remarquable pour recevoir la Sulinga, que nous proposons de regarder comme la source du Jenissei, et pour donner naissance à l'#ngara, que l'usage fait regarder à tort comme un affiment de ce fleuve, Eu admettant cette différente manière d'envisager le cours c'u Jenisseï, ce lac serait traversé par le fleuve qui, pour l'étendue de son cours, surpasserait tous les autres fleuves de l'Anvien-Continent.

La quatrième classe comprend les lacs qui reçoivent des rivières, souvent mêmede grands fleuves, sans avoir aucun écoulement visible, Le plus célèbre et le plus grand parmi ces lacs est la prétendue mer Caspienne ; l'Asie en contient encore beaucoup d’autres; nous citerons le {ac d'Aral (mer d'Aral); le lac Asphaitite (mer Morte); les lacs de Van, d'Ourmiah, de Dourrah, Le Tsad, dans le Bornou, visité dernièrement par MM. Clappertou et Denham, paraît aussi devoir étre rangé dans cette classe, L'Amérique-Méridionale offre le lac Titicaca, qui est sans écoulement, quoiqu'il reçoive les eaux d'un autre lac assez considérable.

Quelquelois, dit M. Walckenaer, les eaux d'un ou de plusieurs fleuves ou rivières, avant de s’écouler dans la mer, s'épanchent sur un rivage plat, peu profond , et offrent à leurs embouchures des espèces de golfes, qu'à tort on a nommés lacs, et qu'il faut déigner par le nom de /agunes, dénomination que nous n'hésiterons pas à adopter, d'autant plus que depuis le commencement du moyen âge elle a été employée pour désigner la partie de mer au milieu de laquelle s'élève une ville célèbre, qui en a été la reine pendant tant de siècles. Nous voulons parler des /agunes de Venise, situées près des embouchures de la Brenta, du Bacchiglione et autres fleuves. C’est aussi parmi les lagunes les plus remarquables de l'Europe que l'on doit ranger celles bien plus grandes qui sous le nom de Æ1ff s'étendent aux embouchures de l'Oder, du Niémen et de la Vistule. C'est encore parmi les Jlagunes que l'on doit classer les prétendus lacs de Menzaleh et de Bourlos dans le Delta du Nil, et cette longue série de bras de mer, qui sous les noms de sound:, de lacs et autres longeut les côtes orientale et méridionale des États-Unis, offrant un grand nombre de véritables lagunes, parmi lesquelles se distinguent les vastes sounds de Pamplico et d’Albemarle dans la Caroline-du-Nord, et les grands lacs Horgne, Mermentau , Calcasui et Sabine dans la Louisiane. Les côtes de la Confédération Mexicaine , sur le golfe du Mexique, en offrent d'uue grande étendue; nous citerons celles connues sous les noms de baie de San-Berna:do, laguna de Madre, laguna de Temjagua et laguna de Terminos.

Les étangs, dit M. Walckenaer, différent des lacs en ce qu'ils sont moins grands, souvent marécageux, peu profonds, que généralement ils n'ont point d'écoulement et ne reçoivent point d’eau courante, Cependant nous ajouterons que, dans l'usage ordinaire , un étang est un lac artificiel, un amas d'eau retenu par une chaussée , où l’on nourrit du poisson , et que le réservoir diffère de l'étang en ce qu'il est employé, soit à fournir de l'eau à des canaux de navigation , soit à alimenter des canaux d'irrigation. T'el est, par exemple,

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le fameux réservoir de Saragambra dans le Bas-Carnatic, qui n'a pas moins de 8 milles anglais dé lou sueur sur 3 de large, et qui fournit pendant 18 mois l'eau nécessaire aux cultures de 3 à villages.

Souvent l'abondance des pluies produit des amas d'eau que l'évaporation fait disparaître, Dans les crntrées tempérées ces amas d'eau sont de simples mares, qui ne méritent pas d'être remarquées; mais entre les tropiques, où les pluies tombent par torrens, elles forment 1e vastes lacs intérieurs périodiques et temporaires, qui ont quelquefois plusieurs centaines de milles carrés : tel est dans l’Ar erique-Méi idiouale le lac des Xarayes, Ces lacs périodiques où temporaires, lorsqu'ils commencent à se desséeher, forment de vastes marais qui sont des amas d'eau peu profonds, parsemés de plantes qui s'élèvent au-dessus de leur surface, ou des terreins humectés, mais non submergés,

Gomme la nature, dit M. Walckenaer, semble vouloir toujours échapper à nos définitions, il y a des amas d'eau qui semblent participer à-la-fois des lacs, des lagunes et des marais : tel est le ac d’Ybera, dans l'Amérique-Méridionale, qui a près de 1,100 milles carrés, et qui ne reçoit ni rivières ni ruisseau; il est en grande partie rempli de plantes aquatiques, et même il renferme quelques arbres; il parait être entretenu par l'infiltration des eaux du Parana à travers le sol, Dans quelques endroits il ressemble à un véritable lac, dans d'autres à une lagune et dans d'autres à un marais,

Les divers cours d'eau qui ornent, rafraichissent et fertilisent la surface du globe se nomment sources immédiatement à leur sortie du sol à travers lequel ils filtrent: ces sources produisent des ruisseaux, qui prennent le nom de torrens lorsqu'ils coulent avec une grande rapidité; on doune aussi ce deruier nom à un cours d'eau passager qu'aucune source n'alimente, mais que produisent temporairement de grandes pluies ou la fonte des neiges, Les ruisseaux et les torrens, en se réunissant dans un terrein plus bas, donnent naissance aux rivières; et les rivières par leur réuniou dans le fond d'un mème bassin hydrographique, forment les fleuves, 1e mot fleuve, dit M. Walckenaer, semble désigner une grande rivière ; mais l'usage n'a pas pu établir, malgré les définitions des gtographes, une distinction bien précise entre ces deux mots, et on dit encore /a rivière des Amazones quoique cette rivière soit le piüs grand fleuve du monde. Quelques géographes ont proposé de ne donner le nom de fleuve qu'à tous les cours d’eau qui aboutissent directement a la mer; M. Walckenaer propose de le restreindre à tous ceux dont la source et l’embouchure se trouvent en ligne droite à plus de 100 lieues marines de distance, et M. Huot, daus l'Encyclepédie méthodique, a fait dernièrement des distinctions entre le ruisseau, la rivitre et le fleuve, qui nous paraissent excellentes, M. Ritter remarque aussi que pour les petits courans d’eau il existe déjà plusieurs noms caractéristiques imagivés par plusieurs nations, tels que les wadis dans l'Arabie, les oulastous dans les steppes des Kalmouques , les wed dans la Barbarie, le barrancos dans toutes les possessions portugaises, les creek dans l'Améique-du-Nord, les e/fen dans la Suède, les gangas dans l’Indoustan, Quant à nous, nous avons toujours qualifié de /Zeuve tout courant grand ou petit qui se rend directement dans la mer, et nous avons retenu la dénomination de rivière pour tout courant d'eau qui entre dans un fleuve, quelle que soit la longueur de sou cours.

Ou donne en Afrique le nom de marigot à une sorte de canal naturel ou de ruisseau sans pente sensible, dont le courant, tantôt est vers le fleuve ou bras principal, tantôt daus le sens opposé, suivant que la saison fasse grossir ou diminuer le volume des eaux ; ainsi, dans la saisuu des basses eaux , le marigot de Gounian afflue au Sénégal et le Nerico à la Gambie; dans celle des hautes eaux, l’un et l'autre efffuent vers un point commun marqué par l'étang, lac ou ghialy de Dendoudy, et par leur jonction en cet endroit réalisent la communication tant contestée du Sénégal et de la Gambie. Les Anglais confondent les marigots avec tous les autres courans peu considérables sous le nom de creek, Les autres parties du monde, et surtout l'Amérique offrent plusieurs exemples de ces canaux naturels, dont on cherche envain la définition dans tous les traités de géographie. Nous ajouterons que l'Amérique-Méridionale présente dans le Cassiquiari, qui forme la bifurcution de l'Orénoque, le plus grand canal naturel connu par lequel le bassin de ce fleuve immense communique avec le bassin bien plus grand de l'Amazone; M. de Humboldt remarque qu'il a près de 200 milles de long, et qu'il est aussi large que le Rhin.

La cavité qu'occupe un fleuve ou une rivière est ce qu'on appelle le lt, et la ligne

Tr ,

formée pat la partie la plus profonde est ce qu’on nomme thalveg parmi les Allemands, dénomination qui est souvent employée par les géographes des autres nations de l'Europe, Les bords d’un cours d'eau s'appellent rives quand ils sont peu élevés et que le cours d'eau n'est pas encaissé; dans ce dernier cas, ces bords prennent le nom de berges. La rive d'un cours d’eau qui se trouve à la droite de celui qui le descend est la rive droite, et la rive opposée est la rive gauche.

L'endroit où un cours d’eau se décharge dans un autre, dans un lac, ou dans la mer, se nomme embouchure; et le lieu de jonction de deux cours d’eau se nomme confluent, Le cours d’eau secondaire, ou celui qui porte le tribut de ses eaux au courant principal , est ce qu'on appelle un affluent ; dénomination que, d'après ce que nous venons de dire en donnaut la définition du mot fleuve, nous avons toujours regardée comme synonyme de rivière,

Les fleuves se déchargent souvent dans la mer per plusieurs bras où embouchures; ils forment alors un delta, comme celui du Wi£ qui a donné son nom aux autres ; et ceux du Gange, de l'Indus , de l'Euphrate, du Rhin et d'autres grands fleuves. M. Ritter propose d'appeler deltas négatifs l'embouchure de ces fleuves qui, au lieu d'offrir des prolongemens de terres produites par leur atterrissement successif comme ceux que nous venons de nommer, présentent une vaste embouchure ou une espèce de golfe. L'Æmazone, le Rio de la Plata, l'Oby, le Jenissei, le Saint-Laurent, Va Colombia et autres fleuves, en offrent des exemples remarquables. Ces deltas négatifs du géographe allemand correspondent aux estaires de M. Walckenaer.

Quand le lit d’un cours d’eau, dit M. Walckenaer, change brusquement de niveau il forme une chute ou un saut, Si ses ondes se précipitent d'une grande hauteur, se brisent sur des rochers, écument et rejaillissent , ce saut se nomme cascade. Si un fleuve ou une grande rivière tombe en formant plusieurs cascades de suite, et fait entendre au loin le fracas de ses flots bondissans , cette suite de chutes ou de cascades se nomme cataractes. La chute du Velino, près de Terni en Italie; la cascade de Niagara produite par le Saint- Laurent entre les États-Unis et l'Amérique-Anglaise; le saut de Tequendama près de Santa-Fé-de-Bogota dans la Colombie, sont connus de tout le monde, et malgré la difiérente manière de les qualifier, sont autant de cataractes. Quelquefois un cours d'eau, sans changer beaucoup de niveau, se trouve obstrué ou barré par des rochers au travers desquels ses flots sont obligés de se faire jour; ces rothers se nomment érisans ou barrages. Souvent aussi une rivière, sans changer très brusquement de niveau, précipite son cours en tombant par une pente unic et fortement inclinée, ou par une série de chutes, peu élevées, qui se succèdent comme les degrés d’un escalier. Les Anglais et les Francais nomment rapides ces sortes de sauts. Dans les hautes eaux les bateaux peuvent quelque

‘fois franchir les brisans et les rapides, mais jamais les cascades ni les cataractes. Les célébres cataractes du Nil, près d'Assouan, ne sont que des brisans, et les cataractes de Maypurés, formées par l'Orénoque, sont de véritables rapides, malgré les dénominations sous lesquelles l'usage les désigne.

Les sauts, les cascades, les chutes, les disparitions sous terre, les inondations et les crues périodiques ou irrégulières apportent souvent des obstacles insurmontables à la navigation des fleuves et des rivières, dont le cours , soit par leurs sinuosités, soit par leurs directions , ne sont pas toujours propres à établir de faciles et promptes communications entre les diverses parties du même pays; mais lorsqu'ils le sont, il est, pour cet objet, très utile de les réunir par des coupures transversales. Ces motifs ont engagé l'homme à creuser les canaux navioables, sortes de rivières artificielles , par le moyen desquelles on obvie à la différence dans les niveaux, à l'inégalité ou à la rapidité des rivières naturelles, par des bassins et des écluses, par des ponts jetés sur les vallées, et par des souterrains creusés dans les montagnes. Le canal impérial, qui du nord au sud traverse une grande partie de la Chine, et celui de New-York qui traverse cet état de l'est à l’ouest, sont les canaux les plus longs qui existent, La France, l'Angleterre et autres pays de l'Europe en ont plusieurs qui, quoique moins longs, ne sont pas moins remarquables par leur beauté et l'importance de leurs constructions hydrauliques.

Les rivières et les lacs, dit M. Walckenaer, ont leurs îles, leurs presqu'iles, leurs promontoires , leurs caps , leurs anses et leurs ports, qui ne différent de ceux des mers que parce qu’ils sont beaucoup plus petits et que leur exiguïté ne permet pas aux géographes

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urant principal , est ons de dire en donynonyme de rivière.

1 embouchures; ils autres ; et ceux du s. M. Ritter propose ir des prolongemens que nous venons de L'Amazone, le Rio t autres fleuves, en 1e allemand corres-

uement de niveau il , hauteur, se briseut , Si un fleuve ou une L entendre au loin le e nomme cataractes.

roduite par le Saint- Tequendama près de le, et malgré la difféefois un cours d'eau, les rochers au travers t brisans ou barrages.

|, précipite son cours série de chutes, peu glais et les Français ux peuvent quelque cataractes. Les célè- , et les cataractes de gré les dénominations

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PRINCIPES GÉNÉRAUX. 27 de les signaler malgré l'importance qu'ils peuvent avoir quelquefois pour la navigation intérieure. Mais les grands fleuves en se réunissant, lorsqu'ils forment entre eux des angles très aigus, dont les côtés sont très allongés, ou qu'ils circonscrivent de grands espaces de terre, donnent lieu à un genre de division terrestre, qui ne peut avoir son aualogue sur mer, et que les Grecs ont désigné sous le nom de Mésopotamie; les Hindoux par celui de Douab, et les Arabes par celui de Djezyreh ou presqu'ile; telle est la Mésopotamie proprement dite, formée par l'Euphrate et le Tigre; la contrée comprise entre le Gange et la Djumnah dans l'Hindoustan, qu'on nomme Douab par excellence. Nous proposons avec M. Walckenaer d'employer la dénomination aussi convenable que sonore de Mésopotamie pour désigner tous les espaces de la surface terrestre qui offrent le caractère des régions mesopotamiques. Ces espaces si bien caractérisés ont été négligés par les géographes , quoique par leur nombre et par leur importance dans la géographie physique et politique ils méritent de figurer dans la description d’un pays quelcouque.

L'ensemble des pentes d'où découlent les ruisseaux et les rivières qui se jettent dans un certain fleuve, s'appelle le bassin de ce fleuve, ou sa région hydrographique. Les plus grands bassins du globe formés par des fleuves sont le bassix de l'Amuzone et ceux de {a Plata, du Saint-Laurent, de VObi, du Mississipi, du Jenissei, du Lena et du Kiang ou Fleuve- Bleu.

En partageant la surface terrestre en parties correspondantes aux bassins de ses fleuves et de ses mers, on obtient ses divisions naturelles principales, dont l'ensemble forme ce qu'on appelle des géographies par bassins, addition importante faite de nos jours à la science dont le but est la description du globe.

La surface du globe offre un grand nombre de sources qui fournissent des eaux minérales, ainsi nommées parce qu'elles sont combinées avec quelques substances du règne minéral en quantité assez considérable pour avoir une action marquée sur l'économie animale , et pour leur donner le goût et la couleur, dont l'absence est le caractère de l'eau douce. Les secours précieux qu’en tire l'art de guérir donne une grande importance à ces sources; les lieux qui en possèdent sont le rendez-vous d’un nombre considérable d'étrangers, et deviennent par là des endroits remarquables qui ne doivent pas étre omis daus la description d'un pays.

Nous renvoyons nos lecteurs aux traités spéciaux de géographie physique pour tout ce qui concerne l'explication des phénomènes principaux qu'offre l'atmosphère; quant aux définitions des termes qui les regardent, nous nous bornerons à parler des vents qui sont d'une si grande importance pour le géographe.

Nous avons déjà vu à la page 5 la manière différente de les nommer d’après leur direction, qui est différente de celle des courans maritimes. Ceux-ci prenuent leur nom du point du compas où ils tendent, tandis que les courans atmosphériques le preunent du nom du point d’où ils viennent; ainsi un vent de nord est directement opposé à un courant nord.

On distingue sous le rapport de la durée les vents constans des vents variables ; et sous le rapport de l'étendue, les vents généraux des vents partiels.

Il y a deux mouvemens généraux et constans dans l'atmosphère; l’un règne dans la zone torride, et porte l'air, relativement à la terre, à l'occident, dans un sens conforme à celui du mouvement général des mers; l’autre, qui se fait surtout sentir dans les zones tempérées, et qui amène l'air polaire vers l'équateur : ce dernier mouvement produit donc deux couraus ou effluves polaires, semblables à ceux que nous avons déjà observés dans les mers. Le mouvement équatorial de l'atmosphère produit les vents alisés ou le rent constant d'est, qui souffle de chaque côté de l'équateur jusqu’à environ 28° ou 30° de latitude, pendant toute l’année du nord-est et du sud-est dans la zone boréale et dans la zone australe avec de petites variations assujéties à la déclinaison du soleil, tant dans le Grand- Océan que dans l’Océan-Atlantique. Ce mème vent alizé domine aussi dans la partie méridionale de l'Océau-Indien, jusqu'au dixième degré de latitude sud, C’est dans ce mème océan, et dans la partie du Grand-Océan qui baigne la Malaisie (archipel Indien) et le sud-est de l'Asie, que l'on observe les vents périvdiques appelés vulgairement moussons par les navigateurs. Lorsque le soleil est au nord de l'équateur, il attire vers lui et vers les terres, qu’il échauffe immédiatement, les courans atmosphériques; c'est l'époque de la

mousson du sud qui souffle du sud-ouest dans les golfes de Bengale et d'Oman , ainsi que dans la mer de la Chine, et du sud-est dans la partie méridionale de la Malaisie (archipel Indien), depuis le mois d’avril jusqu’au mois d'octobre. Le contraire a lieu depuis octobre jusqu'en avril. Le soleil dardant alors ses rayons sur des points opposés, la mousson prend une direction diamétralement contraire à celle que nous venons d'indiquer. En général dans chaque hémisphère, ce sont les vents de l'autre hémisphère qui amènent la mauvaise saison; elle concorde ainsi avec le voisinage du soleil. Les vents qui soufilent du sud-ouest amènent le mauvais temps dans la mer de la Chine et sur les rivages qu'ils frappent imwuediatement , tels que les côtes de Malabar , d'Aracan et du Pegou, tandis que la côte de Coromandel jouit d’un ciel serein. Au sud les vents du nord , au contraire, sont accompagnés de mauvais temps. La succession de ces vents s’opère par un mois de calme et de brises variables; l'instant critique, surtout le passage d’une /onne mousson à une mauvaise, est signalé par des déluges de pluie et des ouragans, parmi lesquels on remarque les typhons de la Chine et les coups de vent du golfe de Bengale, appelés autrefois éléphans , qui signalent l'établissement de la mousson du nord-est.

Nous réunirons à ces mouvemens périodiques de l'atmosphère ces rises de terre et de mer, du matin et du soir, qui soufflent avec tant de constance et de régularité, sur les rivages des iles et des continens des régions équatoriales, et que l’on observe quelquefois pendant l'été jusque sur les côtes glacées de la Norwège.

Les vents variables soufflent dans toutes les directions et à toutes les époques de l'année ; leur durée varie autant que leur vitesse, Aucun phénomène particulier ne les précède ; aucune circonstance ne les accompagne ; souvent quelques heures, quelques minutes suffisent pour qu’ils parcourent tous les raÿons de la rose des vents, sans se fixer sur aucun point ; ils cessent subitement, et le plus grand calmesuccède à une tempête très forte.

Le semour du désert de Sahara, le samiel* des déserts de l'Arabie, le Æhamsin de l'Égypte, l’harmattan de la Guinée, le nord-ouest de la Nouvelle-Galles du sud, le so/ano d’Espagne et le scirocco d'Italie, sont, avec plusieurs autres vents chauds et brülans des courans atmosphériques, remarquables par leurs propriétés et leur action éminemment sensible à la vie des êtres organisés.

Nous commencerons les définitions qui appartiennent à la géographie politique, en faisant connaître ce que l’on doit entendre par état ; définition que nous regardons comme la base de cette section de la géographie, quoiqu’on la cherche en vain dans les : ivrages qui traitent de cette science.

On appelle état cet espace plus ou moins grand de la surface terrestre doi at tans sont joints ensemble par les liens sociaux et vivent soumis à un pouve ; ie commun. Nous avons déjà signalé le sens vague et bien souvent erroné que lou une au mot état, et toutes les erreurs géographiques qui en sont la suite.

L'étendue d'un état est la quantité de l’espace qu'il occupe sur le globe. Les dimensions de longueur et de largeur, qu'offrent exclusivement les anciennes géographies, et auxquelles se bornent encore pour le plus grand nombre d'états les géographies modernes, ne suffisent point pour donner une juste idée de sa grandeur. On ne peut connaître celte dernière avec précision que par la détermination exacte de sa superficie , que l’on mesure en lieues, en milles, eu Kiloinètres, etc., ete., carrés. Dans tout cet abrégé, ainsi que dans tous nos ouvrages, nous nous sommes servi du mille carré géographique de 60 au degré équatorial. Nous avons exposé ailleurs les motifs qui nous ont engagé à préférer cette mesure à toutes les autres. ’

Les dimensions de longueur et de largeur sont absolues ou relatives. La longueur absolue d’un état est la plus grande ligne droite que l'on puisse tracer sur une carte, dans ses confins, sans faire attention aux bras de mer et aux parties de territoire qui appar-

tiennent à d'autres états. La largeur absolue est la plus grande ligne droite que l’on pourra tracer dans une directiou sensiblement opposée à celle de la longueur absolue , mais sous uu angle non déterminé. La longueur relative est la plus grande ligne que l'on puisse tracer dans les confins d’un état donné , en évitant tous les bras d'eau et toutes les parties de territoire qui appartiennent à d’autres états. La largeur relative est la plus grande ligne que l’on peut tracer dans une direction diamétralement opposée à celle de la longueur relative, eu évitant égaleineut tous les bras de mer ct toutes les parties de territoire qui

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Les confins ou les limites d'un état sont les lignes qui en tracent les contours et au-delà desquelles s'étend la mer, où commence le territoire des états limitrophes. 11 y a des limites artificielles et des Ümites naturelles; celles-ci, qui sont les meilleures, sont la mer, les fleuves et les chaines de montagnes,

La population d'un état est le nombre de ses habitans. Le géographe et le politique distinguent la population absolue de la population relative. La première est le nombre des habitans d’un état , sans égard à l'étendue du sol sur lequel ils vivent ; la population relative-est le nombre des habitans de ce mème état qui vivent sur chaque mille carré. On obtient en divisant lo population absolue par le nombre de milles carrés qui expriment la surface de l'état auquel elle appartient. Ainsi la population absolue de la France à la fin de 1826 était d'environ 32,000,000; ce nombre divisé par sa superficie, qui est de 154,000 milles carrés, donne 208 habitans par mille carré; ces derniers chitfres expriment sa population relative,

Le gouvernement es l'unité des forces physiques et morales établie par la volonté de la société civile pour maintenir les lois et la constitution. La force du gouvernement régularisée par les lois constitutives s'appelle le pouvoir supréme, Celui-ci peut ètre subdivisé en difitrentes branches comme , par exemple, le pouvoir législatif, subdivisible en pouvoir proposant, délibérant et décrétant; le pouvoir executif, subdivisible en pouvoir administratif, judiciaire, militaire et de suprèéme inspection. Ges divisions sont, en partie, arbitraires. La manière dont le suprème pouvoir est organisé, subdivisé, concentré, s’appelle forme de gouvernement.

Il ya un grand nombre de formes de gouvernement; elles varient depuis la plus grande dissémination du pouvoir sur les membres du corps social, jusqu'à sa plus grande conceutration entre les mains d’un seul. Chaque peuple en a une qui lui est particulière. Dans la description des pays nous en avons fait connaître plusieurs; ici nous nous bornerons aux suivantes, comme offrant les nuances principales des différentes sortes de gouvernement.

On appelle gouvernement monarchique celui où le pouvoir suprême est confié à un seul individu, quelle que soit la diguité dont il est revêtu. Lorsque cet individu n'est

reteuu par aucune loi, et peut disposer à son gré des propriétés, de la liberté et de la vie de ses sujets, alors son gouvernement se nomme despotique. On appelle monarchique absolu tout gouvernement dont le chef a le droit de faire des lois à son gré. On dit qu'un gouvernement est monarchique limité où constitutionnel, lorsque le chef est privé de ce droit et ne pent l'exercer qu'avec le concours des principaux représentans de la nation. Ces personnes privilégiées forment ces corps qu'on appelle parlement en Angleterre,

.chambre des pairs et des députés en France, états du royaume en Suède, ete. , ete. Un

gouvernemen: républicain est celui où le pouvoir suprème réside entre les mains, ou des principaux citoyens seulement, où dans celles de tous les individus de la nation. Lorsque le pouvoir suprème est confié seulement aux principaux ciloyens un le nomme gowvernement républicain aristocratique; lorsqu'il est confié à l'assemblée du peuple ; ou bien à ses représentans, on l'appelle gouvernement républicain démocratique. Souvent il y a une subordination de pouvoir et une gradation dans la dépendance que produisent le droit même de propriété et les circonstances qui l'ont fait naître; une suprématie héréditaire s'établit sur les propriétaires des biens concédés à de certaines conditions; l'autorité du seigneur sur celui qui tient ses biens de lui ou de ses ancêtres, est souvent supérieure à celle du chef de l’état; cet état de choses est ce qu'on appelle le gouvernement fécdal; c'était le gouvernement de presque toute l'Europe pendant le moyen âge; il-y subsiste encore en quelques parties; c'est aussi celui qui régit presque tous les peuples civilisés et les peuples barbares de l'Océanie, et plusieurs peuples de l'Asie et de l'Afrique.

Les états considérés sous le rapport de leur étendue, de la forme de leur gouvernement et du titre de leurs chefs, reçoivent les dénominations de monarchie, d'empire, de royaume, de grand-duché, de duché, de principauté, de comté, de landgraviat, de Kkhannat, d'imanat, de scherifat, de république, de confédération , etc., etc. L'emploi

de tous ces termes s'apprendra successivement dans la partie descriptive de cet ouvrage. Nous avons fait ailleurs des observations sur les titres que prennent les chefs de certains états. Nous ajouterons seulement pour plus de clarté ce que l'on doit entendre par confédération, qualification que bien des géographes et des voyageurs donnent à tort à de simples républiques , tandis qu'ils appellent républiques de véritables cor. fédérations.

Un système fédératif, où une confédération, est la réunion de plusieurs états indépendans sous une autorité supérieure choisie par eux, qui a des pouvoirs plus ou moins étendus, pour maintenir l'ordre publie et pour les défendre contre les ennemis extérieurs Les systèmes fédératifs sont de deux sortes, ou des réunions de républiques, comme la confédération Anglo- Américaine ou les États-Unis proprement dits, la confédération Mexicaine, etc., etc.; ou des réunions d'états gouvernés différemment, comme la confédération Germanique, qui offre dans les états dont elle se compose , des monarchies, des royaumes absolus, d'autres qui sont constitutionnels, des républiques, etc. La confédration Suisse, qui offre des républiques oligarchiques, aristocratiques, démocratiques et un gouvernement monarchique constitutionnel,

Les chefs des peuples sauvages ou barbares se font donner en nature les objets de nourriture, de luxe et d'ornement dont ils ont besoin; ces fournitures fornicn! leurs revenus. Celte méthode est aussi jusqu'à un certain point plus ou moins suivie chez jlusieurs peuples civilisés de l'Asie, de l'Océanie et de l'Afrique ; mais elle a été restreinte en Europe par les progrès de la civilisation. Le système des finances européen , qui est commun aussi aux étais du Nouveau-Monde, est devenu une machine très compliquée, liée intimement avec le commerce et le cours du change. Voici cepeudant un tableau général des sources d'où les états tirent ordinairement leurs revenus en temps de paix. Nous l'empruntons à la grande géographie publiée par Mentelle et Malte-Brun ; un employé supérieur a bien voulu y faire plusieurs correctionsetremplir plusieurs importantes lacunes.

1° Les nomatnEs : ce sout des terres possédées par l’état et souvent inaliénables , autrefois seule source des revenus publics et spécialement affectées à l'entretien du souverain. On distingue, dans quelques états monarchiques :

A. Lesterres de l’état, appelées dans certains pays terres de la couronne, dont les revenus s'écoulent dans le trésor public, ou la chambre des rentes.

B. Lesterres patrimoniales, vu Liens de la cassette où domaines de la couronne , dont les revenus alimentent la caisse particulière du prince.

C. Lesterres d'apanage sont les domaines affectés à l'entretien d'un prince non régnant, membre ou allié de la famille régnante.

2° Les DROrTS RÉGALIENS : Ce sont des droits que l'état s'est réservés sur certains objets que l’on ne peut exploiter, ou dont on ne peut se servir sans sa permission, Le uombre et la nature de ces objets varient dans les différens pays , et même de province à province. Les plus remarquables sont :

A. Les péages: sous ce nom sont compris les droits sur l'entrée et la surtie des marchandises ; les droits de passe pour les voitures et les chevaux ; les droits de barrières, les hauts-conduits , etc. , ete.; les Voits sur les passe-ports , et en quelques pays le péage des juifs.

B. Les postes et messageries.

C. La régale des eau x, qui s'étend sur les fleuves, lacs ou détroits compris dans le territoire de l'état, ainsi que sur unc étendue de mers voisines encore indéterminée. Cette régale comprend : les droits de douane, de port, d'ancrage, ainsi que pour l'entretien des phares, des pilotes, ete., etc. Les droits de passe duns les détroits et canaux par les écluses et sur les ponts. Les droits de flottage de bois, sur les radenux, les gares, etc., ete. Les droits sur la pêche (les pêcheries de perles sont ordinairement réservées ), sur les moulins, sur l'arpaillage ct le rivage ; les nouvelles îles et atterrissemens.

D. La régale ds forêts; elle consiste dans la faculté qu'a le souverain de disposer de foréts appartenant à l'état; dans le droit qu'il à de fixer des règles économiques pour administration des foréts particulières , afin d'empêcher leur dégradation.

£. La régale de chasse, le droit de port d'armes de chasse,

F. Les mines et les salnes : cette régale est extrêmement importante, Le souverain a ordinairement seul le droit de faire exploiter toutes les mines de ses états pour son compte, ou d'en permettre l'exploitation aux particuliers à certaines conditions, comme de lui payer la dîme du produit et de lui livrer les métaux à un prix au-dessous de celui de leur valeur ordinaire. ;

G. La régale de battre monnaie.

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et salpétres , des cartes à Jouer, 3° Les conrriaurions : Elles sont de deux sortes.

A. Contributions directes, qui se lèvent directement sur les Possessions , revenus €t personnes des sujets, On y distingue la contribution Personnelle ou capitation , la contribution foncière sur toute possession immobilière, sur les terres , les maisous , les che minées; la conéribations des Portes et fenêtres , etc. ; la contribution mobilière » les impôts sur le luxe, soit en habits, suit en équipages et domestiques. La contribution industrielle, sur les métiers , sur les revenus, le droit de patentes, cte., etc,

B. Contributions indirecte s, qui se lèvent à l’occasion de quelques actes civils , que les contribuables peuvent faire ou ne pas faire à leur gré. Ces contributions varient à l'infini; voici les genres les plus ordincires : les impôts sur les consommations , autrement nommés assise ou aides et gabelles ; le papier timbré ; les Pourecents sur les achats et ventes , les loteries , la Jerme des Jeux, ete., etc.

4° LES REVENUS GASUELS sont rarcment d’une grande importance, du moins dans les ‘tats bien policés.

Les sources principales sont :

A4. Les droits de vassela ge ou féodaux qui se divisent en plusieurs branches, savoir : les services de cour et de guerre que les scigneurs rachètent aujourd'hui avec de l'argent ; les droits d'investiture , etc. l'octroi de differentes concessions demandées par les seigucurs vassaux ; la réunion des Jiefs à la couronne , en cas de vacance,

B. Le droit d'aubaine, qui rend l'état héritier des étrangers morts sur son territoire ; ce droit a été dernièrement aboli dans un graud uombre d'états; de plus, les SUCCesstons vacantes,

C. Les amendes, lesconfiscations, les sportules, les concessions de privilèges , titres et dignités , les brevets d'invention.

Toutes ces branches différentes des revenus d'un état sont ordinairement détaillées daus sa statistique, mais dans une géographie générale abrégée on se contente d'indiquer les résultats sous le titre général de revenus d'état. Le tableau des finances soumis tous les ans à l'approbation du corps aristocratique où démocratique de certains états, qui partiipe à l'exercice du suprème pouvoir, comme en Angleterre, en France, etc. ; s'appelle budsee,

Tous les états européens et les nouveaux états de l'Amérique, ainsi que quelques états de l'Asie , se sont vus successivement, par plusieurs causes, obligés à emprunter des ‘omnies plus où moins considérables, C'est ce qu'on appelle dette d'état où dette publique. Ces dettes sont d'une double nature, les unes proviennent de véritables emprunts que l'étal a faits chez des particuliers, où mème chez des souverains ou des républiques riches; les autres ont été formées par l'émission du papier monnaie. Les emprunts sont souvent hypothéqués sur certains revenus, cerlaius territoires : plus souvent les prèteurs ne demaudent pour sûreté que la foi publique. Le degré d'estime qu’on a pour la foi d’un état Sappelle le crédit public. Les obligations que l'état donne pour les sommes empruntées s'appellent fonds ou effets Publics. 1ls haussent et baissent en raison du crédit de l’état.

Dans l'évaluation de la dette d’un état, nous avons toujours compris la somme représentée par le papier monnaie en circulation à la fin de 1826, On appelle amortissement une somme Consacrée chaque année à l'extinction de la dette ou du papier monnaie,

Les puissances européennes ont, depuis plus d’un siècle et demi, des troupes toujours sur pied prêtes à marcher au premier signal, Elles forment ce qu’on appelle les forces de terres ou l’armée permanente d'un état. Leur entretien absorbe aujourd’hui le tiers et souvent la moitié de tous les revenus publics. L'armée se compose de quatre parties ou armes différentes principales, avec leurs subdivisions , Savoir: l’énfanterie ou les combat. lans à pied, la cavalerie ou les combattans à cheval, l'artillerie qui dirige l'emploi de ces machines meurtrières d'où dépend le sort des batailles, et le génie, qui calcule la défense où l'attaque des places fortifiées. 11 ne suffit pas d'indiquer , dans la description détaillée d'un royaume, le nombre et l'emplacement des forteresses , les passes ou défilés les plus importans, ainsi que le nombre de troupes qu'il a sur pied ; il fant encore dire si ce sont des troupes régulières, ou des bandes sans discipline et sans science, dont le nombre n'est redoutable que sur le papier; il faut indiquer les avantages et les désavantages physiques de la frontière d'un état, Quelques états comptent aussi des réserves sous le nom de

32 ABKÉGÉ DE GÉOGRAPHIE.

landwhers, garde-côtes, jeunes soldats en disponibilité, milices où gardes nationales. Les empires de Russie et d'Autriche ont dans leurs colonies militaires des réserves importantes

On appelle place forte ou forteresse une ville fortifiée qui est capable d'opposer rési. stance à une armée ennemie. C'est ordinairement dans ces villes que se trouvent les arsenaux, où l'on fabrique les instrumens et les armes nécessaires à la guerre et où l'on conserve les provisions d'armes ei de munitions.

Les nations voisines de la mer ont été naturellement portées à équiper quelques vaisseaux de guerre; leur propre sûreté, et l'agrandissement de leur commerce les ont ensuite obligées à avoir des flottes, Un vaisseau de guerre est un bâtiment de mer pourvu de troupes, de canons et d'ouvriers. Un certain nombre de ces vaisseaux est ce qu'on appelle flotte; un moindre est ce qu'on appeile escadre. On divise les bâtimens de guerre en dif.

férentes classes, que l’on appelle rangs. Notre cadre ne nous permettant pas d'entrer dans les détails qu'exigerait ce sujet, nous dirons seulement que la détermination des rangs diffère chez les divers peuples, et se fai! principalemeut d'après le nombre de ponts et de canons. On distingue aussi les vaisseaux de guerre en vaisseaux de ligne, en fregates, en corvettes, et en bâtimens légers où avisos : on entend par les premiers ceux des trois premiers rangs qui sont assez grands et assez bien armés pour être rangés en ligne dans un combat naval; et par frégates on entend des batimens qui, n’açant qu’une seule batterie couverte, ne sauraient tenir ligne avec les autres. Les premiers ont au moins 6o canons, mais le plus souvent ils en ont bien davantage; ils peuvent en porter jusqu'à 140. Les frégates n'en avaient autrefois jamais plus de 443 depuis quelque temps, et surtout parmi les Anglo-Américains, elles en ont jusqu'à 64. Les corvettes sont les plus forts bâtimens d’un ordre inférieur dans lequel se rangent les bricks, les goëlettes, les cutters, ele., ete. Dans la mer Méditerranée et ses branches, &insi que dans la Baltique on se sert depuis plusieurs siècles de certains vaisseaux à voiles et à rames nommés galères. Ces bâtimens avec les chaloupes canonnières , en usage chez toutes les nations maritimes de l'Europe, dans la Baltique particulierement et dans les établissemens de leurs descendans hors de cette partie du monde, composent ce qu’on appelle une fottille, Nous citerons aussi les navires à vapeur, qui, déjà si utiles pour la navigation des fleuves et les communications régulières, changeront peut-être un jour le systeme des marines militaires.

On appelle ports militaires les ports où slationnent ordinairement les bâtimens de guerre d’un état quelconque; et arsenal maritime où chantier militaire les endroits où l'on construit ces vaisseaux.

On appelle généralement manufactures et fabriques ces établissemens plus ou moins importans où l’on prépare, pour certains usages, les matières premières tirées des trois règnes, minéral, végétal et animal. Une partie de ces établissemens est d’une nécessité absolue vu l’état actuel de nos mœurs et de nos besoins; l'autre contribue à nos agrémens et à nos commodités; tous sont plus ou moins nécessaires à un état qui doit mettre sa force dans le nombre des sujets, dans l'indépendance, dans une utile activité des citoyens et dans l'augmentation de ses richesses. La plupart des fabriques et des manufactures se trouvent dans les villes et dans les bourgs; lorsqu'elles y sont en grand nombre elles justifient la qua lification de manufäcturières où industrielles que l’on donne aux localités où abondent et fleurissent ces établissemens. 11 est bon cependant de faire observer que les mots marufacture et fabrique sont indifféremment employés l'un pour l'autre, et que malgré nos recherches nous n'avons pu découvrir entre eux de différence incontestable.

Le commerce esl un échange ou une vente de quelques marchandises ou denrées. On échange ou des denrées de cousommation, ou des matériaux de construction, ou des matières premières, destinées à être travaillées dans les manufactures ou fabriques, ou, enfin, des ouvrages de manufactures ou fabriques. Le commerce a donc sept branches, l'agriculture, les manufactures et les fabriques, les arts libéraux et mécaniques, la péche, la navigation, les colonies et le change. °

On distingue plusieurs sortes de commerce , dont il faut connaitre les définitions pour entendre les descriptions des différens pays et les journaux.

Le commerce intérieur, qui est le plasimportant, consiste à transporter d’un point à l'autre du mème etat, les objets nécessaires à sa consommation. C'est une répartition de l'inégalité des productions naturelles o1 artificielles.

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Le commerce extérieur où d'exportation et importation avec les étrangers, consiste à vendre aux étrangers les productions du pays, ou même celles d'un autre pays qui y ont été apportées, et à prendre en échange les produits de leur sol ou de leur industrie, Le commerce est actif lorsque l'état vend à l'étranger beaucoup plus de marchandises et de denrées qu'il ne lui en achète; il est passif, si l'état achète plus qu’il ne vend. La comparaison du montant de la vente ou des exportations, avec celui de l'achat ou des importations, est ce qu'on appelle #a/ance, Dans le tableau de la A/onarchie française comparée aux principaux états du monde, nous avons signalé les illusions qu'offrent ces prétendues Za/ances du Commerce, lorsque, leur attribuant un but q'''elles ne sauraient atteindre, on veut les regarder comme la mesure de l'état prospère ou malheureux du commerce de plusieurs nations. On appelle, dans certains états, comme en Suëde, par exemple, ville d'étape, certaines villes qui ont le privilège de recevoir les denrées et d'en faire la distribution au reste de la province, et aux villes de l’intérieur qui n'ont pas ce droit.

Le commerce intermédiaire offre trois subdivisions principales dont il est essentiel d’avoir une idée exacte, Le commerce intermédiaire de spéculation, qui consiste à faire venir pour son propre compte des marchandises d'un pays étranger, afin de les vendre avec avantage dans un "tre pays étranger. C’est ce genre de commerce qui, daus le muyeu âge, ace ik: -ichesses immenses dans les vii - sise, de Gèues, de Pise et autres

rès eue “antes de cette époque. C'est «1e commerce par lequel Amsterdam, Louares et Hours se sont élevées plus tard au-dessus des autres places conimerçantes de l'Europe. Le commerce de commission, qui se fait en achetant ou revendant des marchandises par ordre d’un négociant étranger, comme par exemple, les cafés anglais à Hambourg. Le commerce d'expédition, genre subordonné qui se borne à l'expédition, c'est-à-dire à l'envoi vers une destination ultérieure des marchandises arrivant de l'étranger et pour le compte des étrangers.

Le commerce des colonies participe aux genres que nous avons nommés, mais on en fait une classe à part à cause de sa grande importance. Avant l'indépendance de l’'Amérique, ce commerce faisait plus de la moitié de la totalité du commerce européen. La situation politique actuelle des pays avec lesquels avait lieu ce commerce en fait entrer la plus grande partie dans la classe que nous avons nommée commerce extérieur.

Le commerce d'échange comprend toutes les négociations qui ont pour objet la vente ou l'échange des matières d'or et d'argent, soit monnayé, soit en lingots, ainsi que de toute sorte de papiers représentant une valeur métallique. Geux qui s'en occupent sont nommés banquiers, cambistes, changeurs , ete. Le cours de change pour les papiers monmaies, c'est-à-dire la différence entre la valeur que ces papiers doivent représenter et celle pour laquelle on les reçoit dans le commerce, varie selon le degré de confiance dont jouit le gouvernement ou la banque qui a émis ces papiers. Les villes qui par l'étendue de leurs relations ont acquis une grande influence sur le reste du monde commercial, ou qui par leur situation sont devenues les intermédiaires entre tel pays et tel autre, s'appellent places de change. Hambourg, par exemple, est une place de change, principalement entre l'Angleterre et le Continent, entre la France et le Nord ; c'est-à-dire que lorsqu'un négociant français doit acquitter telle somme à Stockholm, en Suède, il trouve ordinairement plus commode de payer par une lettre de change sur Hambourg, et vice versa,

Les compagnies de commerce sont des associations de plusieurs négocians pour certaines opérations, dont ils partagent entre eux les risques et les gains. Elles peuvent avoir lieu «otre des particuliers sans autorisation de l'état, et alors on les appelle plutôt societe; vu elles peuvent ètre publiques, autorisées et protégées par le gouvernement. Souvent on donne à telle compagnie le droit exclusif de commercer avec tel ou tel pays ; quelquefois on se borne à lui accorder quelques prérogatives. Aucune de ces associations n'a atteint la splendeur et la puissance de la Compagnie Anglaise des Indes-Orientales, qui de nos jours est devenue la puissance prépondérante de l'Asie, et de laquelle aujourd’hui dépen- ‘dent, soit immédiatement, soit médiatement, presque toute l’Inde et plusieurs contrées de l'Indo-Chine,

Les banques sont des dépôts où l'argent destiné à la circulation est déposé ou censé déposé , et qui mettent à sa place, dans la circulation, des billets ou promesses , dont l'objet

34 ABRÉGÉ DE GÉOGRAPHIF.

est de rendre le porteur propriétaire du dépôt par la somme portée en son billet : ceux qui ÿ ont déposé des capitaux , ou qui ÿ ont un crédit ouvert , peuvent, suivant l'usage de chaque banque, disposer d'une certaine somme , soit en ÿ faisant escompter des billets de commerce ou lettre de change, soit en faisant passer des sommes de leur compte sur celui des personnes à qui ils peuvent devoir. Les banques facilitent beaucoup les opérations de commerce. L'Augleterre et les États-Unis en ont le plus grand nombre, Les bénéfices de ces établissemens résultent de l'émission de leurs billets, connus sous le nom de billets de banque, qui sont des assignations sur les fonds de la banque. La création d'une banque est un besoin pour un état qui commence à fleurir; on en compte déjà trois dans l'Australie.

Les foires sont des réunions de vendeurs et d'acheteurs qui ont lieu dans certaines villes, dans certains bourgs et même dans certains villages, à une certaine époque et avec certaines libertés, Cette institution n'est plus d'une utilité aussi grande que dans le moyen âge, où l'on n'avait ni poste aux lettres ni messageries. Les foires de Leipsick et de Nijnei- Novgorod peuvent ètre regardées comme les plus riches de celles quise tienuent de nos jours,

Sous le nom de bourse, on désigne dans les villes commerçantes de l'Europe et de l'Amérique le lieu où les marchands et les banquiers traitent de leurs affaires, Ces réunions se tiennent ordinairement dans un bâtiment remarquable par son étendue et par son architecture, Paris, Londres, Amsterdam, Rotterdam, Anvers offrent peut-être les bourses les plus belles et les plus magnifiques du monde; celle de Venise doit être aussi classée parmi ces dernières, se trouvant établie depuis quelques années dans le superbe palais qui pendant tant de siècles a servi de résidence aux doges de cette république célèbre,

On donne le nom de caravane (mot qui parait d'origine persane) à une réunion de marchands, pélerins, ou l’un et l'autre, qui, sous la conduite et le commandement d'un chef, voyagent ensemble pour se prêter un mutuel secours, soit contre les périls de la route, soit contre les attaques des voleurs où d'enuemis de quelque nature que ce soit. Ce chef est ordinairement propriétaire d'une grande partie des chameaux ou bêtes de somme composant la caravane, et destinés à porter les hommes, les vivres et les marchandises. Dans les déserts de l'Afrique ces chefs sont de véritables entrepreneurs de transports par terre. La discipline et l'ordre de la caravane leur appartiennent ; ils commandent les haltes et le départ, et en cas d'attaque ils veillent à l'organisation des moyens de défense, tout eu partageant ce soin avec les voyageurs qui paraissent les plus braves. Le commerce de toute l'Afrique musulmane et idolâtre et de l'intérieur de l'Asie occidentale et moyenne se fait par caravane. Les relations de la Russie avec ie Turkestan-Indépendant ainsi qu'avec la Chine ont lieu par caravanes. Cette manière de voyager remonte à la plus haute antiquité, puisque nous savons par la Bible que les fils de Jacob vendirent leur frère Joseph à une troupe de marchands d'esclaves qui allait en Égypte. Nous remarquerons aussi que les marins donnent le nom de caravane à plusieurs vaisseaux marchands qui vont de conserve.

On entend par échelles, dans le Levant, des ports ou des villages d'étape, où les marchauds d'Europe ont des magasins, envoient des vaisseaux , et tiennent des comptoirs, et où les princes européens, dont les sujets font le conunerce avec ces contrées, ont des consuls. Dans l'Inde, en Perse et en d’autres contrées ces lieux sont appelés /oges, sur la côte d'Afrique , comptoirs, okelle en Égypte, palissade à Madagascar, elc., etc. Le

plus souvent ces stations sont accompagnées d’un petit fort, garni de canons et défeudu par une garnison d’un nombre de soldats proportionné à leur importance.

Un grand commerce demande nécessairement une marine, et une marine suppose des ports, desmatelots et des vaisseaux, Les bâtimens que le commerce emploie sont appelés vaisseaux marchands. Leur grandeur est estimée par le nombre de tonneaux qu'ils peuvent charger, et l'on entend par tonneau un poids de 2,000 livres pesant ; le laste est de deux tonneaux. On appelle frét ou nolis le prix du transport. L'assurance est le contrat passé entre un assureur et un homme qui fait une entreprise maritime : par ce contrat le premier se charge de tous les risques, promet en cas de perte de restituer ce qui est perdu, et reçoit pour les risques qu’il court un intérêt qui ordinairement varie de 3 à 10 pour cent de Ja valeur qu'il assure. On appelle ports francs ceux où les vaisseaux de toutes les

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PRINCIFES GÉNÉRAUX. 35

nations peuvent entrer chargés de toutes sortes de marchandises sans payer aucun droit. Ou entend par phare ces feux dont on se sert pour éclai-+r pendant la nuit les passages très fréquentés ou dangereux, où les vaisseaux pourraient aborder et s'échouer. L'architecture navale , ou l'art de construire les navires, diffère dans tous les pays de Ja terre; les

Européens peuvent seuls entreprendre les plus grandes navigations.

Les colonies proprement dites sont des établissemens de culture et de commerce dans des parties plus ou moins éloignées de yet ils dépendent absolument de leur inétropole, et ceux qui subsistent encore sont ordinairement soumis à des lois de monopole et de prohibition. Les colonies espagnoles et portugaises, ainsi qu'une partie des colonies anglaises et françaises du Nouveau-Monde, en secouant le joug de la mère-patrie, ont donné naissance à plusieurs états indépendans, qui ont changé entièrement les relations politiques et commerciales de l’Europe avec l'Amérique, Les colonies modernes différent entièrement de celles de l’ancienne Grèce qui ont répandu les arts et la civilisation dans une si grande partie des contrées baignées par la Méditerranée et ses branches; elles étaient les enfans et non pas les sujettes de leurs métropoles.

Les premières colonies modernes avaient pour but l'exploitation des mines, l'accaparement d'un commerce très riche et la culture des productions précieuses, étrangères à l'Europe et devenues nécessaires à son luxe. Plus tard quelques-unes d'entre elles devinrent un asile où les victimes de la politique, du fanatisme et de la misère portérent leur industrie et l'amour de l'indépendance ; alors on n'exigea plus d'elles que des avantages analogues à ceux de la mère-patrie : telle fut l'origine des États-Unis. La nécessité de se débarrasser de l'écume de la société donua naissance au système de deportation d'abord infructueux, mais auquel on a dû des établissemens florissans, lorsqu'on a enfin jeté les veux sur des climats tempérés et sains, tels que certains états d'Amérique et les rivages de l'Australie, où la civilisation et les richesses semblent avoir été improvisées.

De nos jours le nom de colonie a été appliqué à des réunions d'hommes dans des parties jusqu'alors négligées de leur propre pays, où le gouvernement leur a procuré des ressources contre la misère, comme dans les Pays-Bas et le Holsteiu ; dans d'autres contrées on a donné ce noin au territoire assigné à une population toute militaire, comme dans certains gouvernemens de l'empire Russe , et dans la longue lisière qui, sous la dénomination de Confins Militaires, longe la frontière de l'empire d'Autriche du côté de Ja Turquie. Enfin certains états, en invitant des étrangers à s'établir sur des parties incultes

de leur territoire, ont donné naissance à un autre genre d: colonies, comme les colonies allemandes de la Sierra Murena en Espagne, du gouvernement «'e Saratov daus l'empire Russe, des Suisses, dans la province de Rio de Janciro au Brésil, ete., etc.

Les géographesappellent Missions, ou Pays des Missions, des établissemens permanens, des villages, et mème des bourgs et des villes, où les missionnaires catholiques ont réussi à réunir les sauvages errans, en les engageant par la douceur à adopter quelques-uns des usages de la vie civilisée, et surtout à’ cultiver la terre et à avoir des demeures fixes. C'est en leur inculquaut les principes de ia religion et de la morale évangélique, et en leur donnant l'exemple des vertus chrétiennes que les missionnaires sont parvenus à s'attacher de nombreuses peuplades autrefois nomades et féroces, et dont quelques-unes étaient mème anthropophages. L'exemple des catholiques a été plus tard suivi par les protestans, soit dans l'Amérique et dans l'Inde, soit dans l'Océanie et l'Afrique. Mais il faut convenir que jusqu’à présent les plus grands résultats et les plus durables ont été obtenus par les missionnaires catholiques, Les voyages de ces nouveaux apôtres ticunent une place éminente dans les annales des découvertes. Ces pieux religieux , en bravant tous les dangers, en se soumettant aux privations les plus pénibles pour convertir les peuples idulâtres, ont rendu les plus grands services à la géographie et à l'histoire , de même qu'ils ont beaucoup contribué à étendre les bienfaits de la civilisation parmi les peuples les plus barbares. Ils ont donc bien mérité de l'humanitéet de la science, comme l’a dernièrement prouvé un géographe très distingué, le cardinal Zurla, avec la profonde érudition et la brillante éloquence qui ajoutent tant au mérite de ses savantes productions. Les plus célébres de toutes les missions sont celles que les jésuites fondèrent dans le Paraguay, et dont les débris forment actuellement une grande partie de l'état régi par le docteur Francia, et une fraction de l'empire du Brésil. La Californie, dans la confédération mexi-

caine, et d'immenses espaces le long de l'Ainazone, de l'Orénuque et de leurs affluens, dans les républiques de Colombie, du Pérou et de Bolivia, sont encore régis par des missionnaires catholiques.

Les Bouddhistes et les Musulmans ont également et depuis long-temps employé de nombreux missionnaires, autant pour convertir les peuples à leuv foi, que pour les engager à abanduuner des usages ubominables et d'horribles superstitions. On doit dire à la louange des Maliométans que c'est à l'introduction de leur croyance et à l'esprit de prosélytisme de leurs prétres qu'est due, à quelques exceptions prés, le peu de civilisation qui existe aujourd'hui dans l'intérieur de l'Afrique. Nous ajouterons que les missions out été pour l'Espagne et le Portugal un moyen précieux pour préparer leur don, aation sur des peuples larouches et ennemis de la vie sociale.

Le territoire de chaque état peut ètre partagé de diiférentes manières selon les points de vue divers sous lesquels on l'envisage. Les principales sont les suivantes : la division géographique où naturelle; Va situation des montagues et la direction des fleuves en font la base, La division politique offre les provinees, les cercles , les départements, ete. , etc. dans lesquels le gouvernement a partagé le territoire qui lui est soumis; c'est de toutes les divisions la plus importante; c'est aussi celle que nous donnons dans la description de tous les états mentionnés dans cet abrégé, où le manque d'espace nous défend d'admettre les autres divisions. La division judiciaire se fonde sur l'étendue des juridietions des tribunaus ; la division financière est relative aux impositions , à la rentrée des deniers publics; la division ecclésiastique partage le territoire d’après les juridictions des ministres du culte; dans les pays catholiques ces districts sont appelés patriareats, archevéchés, evéchés, archidiaconats, diaconats, paroisses, etc., ete.; dans les pays protestans on les appelle synodes, consistoires , congrégations , intendances générales, inspections, etc., où méme aussi archevéchés et évéchés, dans les contrées où l'ancienne hiérarchie a éte conservée, comme eu Angleterre, en Suëde , etc. , ete,

Le nom de ville, à parler rigoureusement, n'est pas donné à un assemblage de maisons en raison de l'étendue ou de la population, mais en vertu des privilèges dont l'endroit jouit. Le droit d'exercer le commerce, les arts et les métiers , voilà ce qui distingue, dans la plupart des pays les villes des villages. Les villages sont quelquefois plus grands que plusieurs villes, par exemple en Silesie et en Hongrie; mais ils n’ont ordinairement aucun privilège qui les distingue du reste des campagnes, Les bowrys sout des endroits qui jouissent d’une partie des droits accordés aux villes, Au reste, ces mots prennent différens sens , selon les lois et les usages de différens pays.

Autrefois les villes étaient la plupart environnées de murailles, de tours, de fossés, de remparts : aujourd'hui, en dépit des titres de place forte, ville forte, ville très forte, que leur donnent certains géographes et les auteurs des dictionnaires, des résumés et des manuels géographiques, la plus grande partie de villes sont des places ouvertes,

Une ville est grande, ou relativement à son étendue, ou relativement au nombre de ses habitans. Nous avons déjà signalé les méprises ridicules dont, fourmillent les méthodes et les dictionnaires géographiques dans l'emploi de cette qualificatiun. La beauté d'une ville consiste dans des rues larges, droites, bien pavées, bien nettoyées et éclairées pendant la nuit; dans des maisons assez grandes, commodes, d’un bon goût d'architecture, bien alignées, et bien placées relativement les unes aux autres; dans des places d'une figure régulière, ornées de quelque bel ouvrage d'architecture ou de sculpture, placées au milieu de la ville, ou bien voisines du centre, mais non à l’extrémité, à moins que ce ne soit vers les portes; enfin on demande que les dehors soient rians, ornés de belles

promenades et propres à servir aux plaisirs des habitans.

Ceci s'applique à l'Europe et jusqu’à un certain point aux établissemeus formés dans les autres parties du monde par les Européens dans les temps modernes ; mais est susceptible de beaucoup de modifications par le climat, les mœurs et le goût des différens peuples. La chaleur habituelle dans les pays qui avoisinent les tropiques fait que l'ombre et la fraîcheur sont tout ce qu'il y a de plus délicieux dans ces contrées. De grandes places, comme celles de Londres, des maisons sans portiques, et des rues fort larges seraient très incommodes et tout-à-fait déplacées. Le goût en architecture n’est pas moins différent chez chaque peuple, et fait regarder camme très beau en orient ce qui nous semble

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semble alternativement tous les deux ans dans les villes de Zurich, Uerne et Lucerne, qui glo par tour deviennent capitales de toute la confédération, sau bai

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