‹ Abrégé de géographie [microforme] (volume 3)Chapitre 315 sur 457 · PAR M. GUÉRIN DE THIONVILLE · texte numérisé non relu

PAR M. GUÉRIN DE THIONVILLE

M. Balbi, sachant que depuis long-temps nous nous occupons d'un ouvrage spécial qui doit comprendre, dans une série de tableaux synoptiques, l'exposition claire et précise des systèmes monétaire et métrique des principaux pays et des principales villes de commerce du globe, nous a prié de lui en donner un extrait pour sa géographie. Flatté de contribuer, même pour une faible part, à la composition d'un ouvrage aussi important et aussi généralement desiré, nous nous sommes empressé de livrer cet extrait à M. Balbi , et cela avec d'autant plus de plaisir, que nous savions par expérience, combien il lui eût été difficile de réunir à temps, les matériaux nécessaires pour l'exécution d’un semblable travail, Ce n'est pas qu'on manque de traités spéciaux ou particuliers sur cette matière ; mais peu sont complets et exacts, et la plupart ne sont plus à la hauteur des recherches modernes, auxquelles on doit aujourd’hui se borner.

Parmi les ouvrages qui jouissent d'une estime générale et bien méritée, nous avons surtout consulté le Cambiste universel de Kerzy, dont la traduction a paru à Paris en 1823, les Tables de réduction des monnaies, poids et mesures de LüHmann, publiées à Leipsick en 1821, 22, 23 et 26, et la troisième édition de l'ouvrage de Cuereus, intitulé Mass-und Gewichtsbuch, qui a paru à Francfort en 1830.

Le Cambiste est, comme on sait , le résultat d’une immense opération quia eu pour but de déterminer, au moyen des étalons respectifs, les rapports des monnaies , des poids et mesures des diverses nations du globe. A cet effet, le gouvernement britannique s'est procuré, par l'intermédiaire de ses consuls, des étalons authentiques et les a fait comparer avec ceux d'Angleterre à la Monnaie de Londres. Ces comparaisons et beaucoup d’autres, peut-être moins exactes, ont été recueillies daus le Cambiste qui, malgré les erreurs qu'il renferme, est souvent un excellent guide.

Le second ouvrage, le: Tables de réduction de xüamanx , est vraisemblablement ce que l'on possède de plus complet sur cette matière. L'auteur a comparé les travaux de ses devanciers et il les cite tous. Il s’est, en outre, procuré les renseignemens les plus positifs et les données les plus exactes auprès des autorités et des savans de beaucoup de pays, principalement des nombreux états de l'Allemagne. Malheureusement son travail n’est pas entièrement publié. Il manque encore les Tables de réduction des mesures de capacité. Nous regrettons beaucoup de n’avoir pas connu à temps la nouvelle édition de l'excellent ouvrage de Cnezrus, dont le savant professeur et astronome Scuumacuer d'Altona parle très favorablement et loue surtout l'exactitude. C'est, dit-on, ce qui a été publié de plus précieux sur la métrologie allemande.

Nous avons adopté en entier, pour l'Europe, la table des valeurs des monnaies étrangères que donne, chaque année, l'Annuaire du bureau des longitudes. C’est V'Administration qui a fourni cette table, par conséquent on doit y avoir confiance. Pour toutes les espèces d'or et d'argent qui ne se trouvent pas dans ce document officiel , nous avons suivi les tables des essais faits aux hôtels des monnaies de Paris et de Londres, dans les années 1819 et 1820; et lorsque nous avons été privé de renseignemens, nous avons au moins donné, d'après Lôhmann, les taux relatifs auxquels chaque monnaie est reçue dans le pays pour lequel elle est frappée; c'est ce que nous avions l'intention de faire pour tous les pays, si la place ne nous eût pas manqué. Le même motif nous à encore empêché d'indiquer le poids légal et le titre des monnaies , d'où résulte leur valeur au pair,

| Nous avons également adopté pour les mesures de longueur des états de l'Italie, les

| résultats des opérations faites par divers savans italiens, pour déterminer les rapports entre ces mesures et le mètre français. Une partie de ces résultats, extraits par M, le bavon de Pronÿy, d'ouvrages très étendus, publiés à Turin, Milan et Rome, depuis 18ou jusqu'en 1811, se trouvent consignés dans l'Annuaire de 1831 et de 1832, et dans le Nouveau régulateur publié à Naples en 1830, par M. Hontoran.

Pour ce qui concerne A/ger, nous avons profité de l'intéressante brochure de M. Toc-

# cut, qui a paru à Marseille en 1830, sous le titre de Motice sur les poids et mesures ci

| sur les monnaies d'Alger.

Forcé de nous restreindre dans d'étroites limites, les tableaux ci-après n'ont dà comprendre que les principaux pays et quelques villes de commerce importantes, Cependant nous n'oublions aucun état, quelque petit qu'il soit, lorsqu'il possède un système monétaire où métrique qui lui est propre; mais nous ne faisons pas mention des principautés de Valachie, de Moldavie, de Servie, qui, par suite d’une longue domination, ont adopté et conservé les monnaies, poids et mesures de l'empire ottoman. On peut en dire | autant du nouvel état de Grèce, quoique son gouvernement ait décrété, il y a plusieurs L années, l'établissement d’une nouvelle monnaie, dont l'unité ou base est le phénix, pièce

- d'argent du poids de r drachme 3/8, et qui contient, comme notre franc, go parties d'argent fin sur ro de cuivre. Nous n'avons négligé, du reste, aucun moyen de nous éclairer, ni épargné aucun soin pour obtenir des documens exacts. Malgré cela,

| nous avons pu commettre quelques erreurs, et nous recevrons avec reconnaissance les avis qui pourront contribuer à perfectionner l'ouvrage dont’ ces tableaux ne sont que l'extrait.

La partie la plus étendue et la plus complète de notre travail est naturellement | l'Europe. Quant aux autres grandes divisions du globe, nous nous sommes borné aux | contrées dont les monnaies et les mesures ont été, jusqu'à ce jour, définies avec quelque

| exactitude : ainsi, pour l'Inde, nous ne donuons que les principaux lieux où les Euro- 6 péeus ont formé des établissemens. Malgré les changemens politiques que plusieurs des colonies de l'Amérique ont éprouvés, elles ont conservé, en grande partie, les monnaies, | poids et mesures que, daus l’origine, elles tenaient de leurs métropoles. Nous ne parlons | donc pas des nouveaux états de l'Amérique espagnole, parce que leurs monnaies por- | tent les anciens noms et ont la même valeur que celles d'Espagne: Il en est de même | des poids et mesures. Dans les autres colonies, on se sert encore des monnaies, des poids et mesures des nations européennes qui s’y sont primitivement établies. Les mon- | naies espagnoles y ont généralement cours. Nous en dirons autant des colonies européeunes de l'Océanie. Elles font usage des monnaies et mesures des états auxquels elles appartiennent. Les roupies d'or et d'argent ont aussi cours à Java, et outre les mesures | hollandaises, on y emploie, dans les transactions ordinaires, les poids usités à la Chine. | Il ue nous reste plus qu'à parler de la disposition de nos tableaux et de leur but | d'utilité.

| La première colonne de gauche comprend les #oms de pays et de villes, classés par | ordre alphabétique, dans chacune des grandes divisions du globe dont ils font partie, | et l'indication des monnaies de compte dont les valeurs, en argent de France, se trouvent daus la deuxième colonne.

Nous avons consacré une place aux monnaies de compte, parce qu'elles peuvent ètre | considérées, par rapport aux monnaies réelles, comme les poids et mesures par rapport aux marchandises. Elles servent d’étalons pour celles-ci, et forment une unité | monétaire dont la valeur est fixe et indépendante des altérations que les monnaies réelles peuvent subir. Dailleurs il existe une variété presque incalculable entre les pièces d'argent. Elles ne sont pas seulement établies dans divers pays sur un étalon ou poids arbitraire, mais même, dans bien des états, elles sont frappées à différens poids et à divers titres. Il faut ajouter à cela qu'en beaucoup de pays les monnaies d'argent ne valent pas ce qu'elles annoncent. Dans d’autres lieux, on compte en monnaies qui n'existent plus, ouqui, même, n'ont jamais existé, Il est donc important de savoir comment on lient les comptes dans ces endroits, comment les monnaies de compte s’y divisent, et dans quels rapports elles sont avec les mounaies cffectives.

les états de l'Italie, les léterminer les rapports ts, extraits par M, le baet Rome, depuis 1800 et de 1832, et dans le N.

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Les troisième, quatrième et cinquième colonnes contiennent les monnaies réelles d'or d'argent et leurs valeurs au pair en argent de France, On y trouve l'évaluation des anciennes monnaies de divers pays, que nous n'avons pas cru devoir omettre, parce que beaucoup de ces monnaies sont encore aujourd'hui en circulation,

Enfin la sixième colonne comprend la dénomination et les subdivisions des unités principales des poids et mesures élrangères, el les colonnes suivantes exposent leurs rapports aux nouvelles unités métriques françaises. La partie placée à gauche de la virgule représente les unités entières du rapport en mesures françaises; la partie de droite ou partie décimale est presque toujours calculée jusqu'aux millionièmes, C'est ainsi que l'on trouve que le gaélon impérial d'Angleterre égale 4 litres 543,457 millionièmes de litre, ou 4 litres 5 décilitres où 54 centilitres où 543 millilitres, ete., suivant l'exactitude plus ou moins rigoureuse à laquelle on veut porter le rapport.

A la vérité, ces unités sont souvent incertaines et mal définies; la discussion des opiuions des auteurs, leur diversité, les bases douteuses sur lesquelles elles se fondent sont autant de preuves de -la difficulté de donner à cet égard des évaluations exactes. Celles de Lôamanx et de Cnezrus nous ont paru mériter le plus de confiance, et nous les avons adoptées pour les poids et pour les mesures de longueur, toutes les fois que nous avons manqué de renseignemens plus positifs. Quant aux mesures creuses ou de capacité, comme le premier n'a pas encore publié cette partie de son ouvrage, nous les avons quelquefois prises dans le Cambiste, el surtout dans Chelius pour ce qui concerne l'Allemagne.

Quoique nous n’ayons indiqué que les rapports des monnaies et mesures à celles de France , on peut toujours, au moyen d'une simple division, comparer entre elles deux de ces premières. Si l'on veut savoir combien la livre de Vienne fait en livres, poids nouveau, de Prusse, on trouve dons la septième colonne (ceile des poids) que la livre commerciale de Vienne pèse 0,56oorr kilogr. et celle de Prusse 0,4677rr. Divisant la première valeur par la seconde, c'est-à-dire l'unité de poids à réduire par l'unité qu'on veut trouver, on a au quotient 1,197344 livre de Prusse pour le poids équivalent à la livre de Vienne. On pent en opérant de cette manière, comparer entre elles toutes les autres mesures. Il en est de mème pour les monuaies, Ces calculs se trouvent tout faits dans les fables de Lüumanx.

Nous avons été obligé d'employer le signe — pour indiquer les subdivisions des unités principales de poids et mesures, Ainsi au lieu de dire pour l'ancien pied de France, par exemple: le pied se divise en 12 pouces, le pouce en va lignes, la ligne en 12 points, ce qui eût été plus exact, nous écrivons pour abréger et pour économiser la place : pied= 12 poucés 144 lignes —1 528 points.

Pour satisfaire an desir de M. Balbi, nous avons ajouté à ce travail, un Tableau qui comprend les principales monnaies et mesures de l'antiquité , avec leur comparaison aux unités françaises. Nous avons consulté à cei égard l'ouvrage de M. LETRONNE , intitulé : Considérations générales sur l'évaluation des monnaies grecques et romaines ÿ l'ouvrage de Wurm : De mensuris, ponderibus, nummis, ete. , Græcorum et Romanorum; et enfin un Tableau des poids et mesures des Grecs, des Romains, des Hébreux et des Egyptiens, rédigé en 1820 par ordre du gouvernement anglais. Comme notre but n'a pas été d'expo-er, dans ce tableau, toutes les évaluations des différens auteurs qui out écfit sur les monnaies et les mesures de l'antiquité, on n'y trouvera que celles qui sont le plus généralement admises par les savans.

De nombrenx renseignemens survenus pendant l'impression sont r Supplément placé après les Monnaies et Mesures de l'antiquité 5; on peut y recourir toutes les fois qu’on ne trouve pas ce que l'on cherche dans les premiers tableaux.

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TABLEAU comparatif des Monnaies et des Poids et Europe.

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