CHAPITRE IX
Idée générale de la distribution géographique des êtres sur la surface de la terre, et de la constitution géologique de notre planète.
La terre, que nous avons vue dépendantedu système solaire, est souinise dans ses mouvemens annuels à l'influence plus ou moins directe de la lumière et de la chaleur émise par
le soleil; il en résulte pour tous les êtres créés qui la recouvrent , une série d'actions dont les règles précises influent profondément sur les animaux de classes inférieures, tous soumis à la distribution géographique Yes animaux supérieurs, modifiés par l'homme , sont les seulsqui puissent être en quelque sorte changés par une autre série de phénomènes, que l'on nomme naturalisation, Chaque être a done été destiné à vivre sous telle ou telle latitude , sous tel degré de longitude, et ne transgresse jamais impunément cette loi universelle de la nature, voulue par l'organisation, les habitudes et les appétits qui lui ont été donnés pour attribut spécial eu naissant. LL en résulte que chaque continent, chaque île, soumis aux mêmes influences atmosphériques, produisent les mèmes êtres : de là les divisions généralement admises de climats ou zones, qui sont au nombre de cinq, la zone torride, entre les deux tropiques, les deux zones tempérées, les deux polaires, arctique et antarctique. À ces grandes divisions, se rattachent toutes les combinaisons secondaires de la dispersion des animaux et des végétaux sur l'écorce du globe; mais on conçoit que les circonscriptions de mers, de montagnes et par conséquent de bassins , viennent encore restreindre l’influence générale e! y apporter de nombreuses modifications de détails,
La terre, en sortant du ch, dut naitre de la combinaison chimique des élémens atmosphériques, qui se condensèrent en un noyau primitif, dont les parties intégrantes se réunirent par l'attrar’ion moléculaire, Cette planète dut rester long-tempsembrasée, Petit à petit les matières en fusion qui la composaient se refroidirent à la surface, et la croûte se consolida lentement. La masse prodigieuse des fluides vaporisés dans l'atmosphère par la chaleur tendirent à se précipiter sur cette écorce extérieure refroidie, et la croûte desséchée et crevassée du globe ne tarda pas à être recouverte d'eaux douces et d'eaux marines dont la quantité s'accrut progressivement. Un énorme couche d'acide carbonique devait alors former les fluides atmosphériques, et l'on doit supposer que la première trace de vis qui parut sur la terre fut une végétation composée de eryptogames, de lichens, de ièpres et de petites fougères. Les eaux mal arrêtées dans leurs bassins firent irruption sur ces premiéres traces d'organisation et les firent disparaitre, La permanence des eaux permit toutefois à certains germes d’éclore, et c'est ainsi que les fucactes et des ulves, espece de nœud vital intermédiaire aux plantes et aux animaux , se développèrent sur les rivages, et qu'une végétation plus compliquée s’éteblit sur les rochers, où ses décompositions successives firent naître l'humus. Bientôt aussi apparurent au sein des mers les alcyons, les éponges, les polypes, sortes d'êtres ambigus, qui furent les premières ébauches de la vie animale.
Cependant l'écorce du globe, ou du moins l'épaisseur qu'on en connait, se trouva composée de corps for més de molécules réunies par une force nommée attraction moléculaire, agissant dans un sens inverse de l'attraction planétaire, et ces corps nommés minéraux se groupèrent dans des rapports si exacts, que par eux on a pu établir les âges de la terre et l’histoire des révolutions quelle a éprouvées. Mais d'abord ces minéraux furent agrégés et souvent combinés par le feu; d’autres au contraire furent le résultat d’un dépôt lent et successif, d'une cristallisation par évaporation et par l'action des eaux, et de ces deux combinaisons naquirent des roches composées dont l’arrangement forma ce que les gévlagues actuels nomment des terreins,
La surface du globe dut être primitivement unie. La végétation qui la couvrait se composaii principalement de plautes moins complètes dans leur organisation , et les animaux, eux-mêmes, par les restes qui nous sont parvenus, appartenaient tous aux classes infc. rieures. Des chocs, nommés par quelques naturalistes catachlysmes, vinrent par leurs perturbations puissantes détrure ces ébauches de vie , et bouleverser la surface de la terre. Les eaux firent irruption, et couvrirent des endroits d'où elles ne se retirérent que des siècles après en laissant des traces irrécusables de leur passage. C’est ainsi que les ossemens fossiles d'animaux éteints depuis ces périodes nommées anté-diluviennes sont venus par leurs dépouilles rousProuver ma'ériellement leur existence. Mais ces débris n'existent point dans les couches de granits ou de gness, qui constituent les terreins primitifs. On u'en voit de Iraces que dans les terreins dits intermédiaires ; ils se multiplient dans les secondaires et deviennent très communs dans les terreins tertiaires et dans ceux de transition. Toutefois l’ordre etl’arrangement de ces débris organisés gisant sur l'écorce du globe, sont dans des rapports si exacts, qu'on reconnaît aisément qu'après avoir appartenu à
une série d'actions dont lasses inférieures, tous modifiés par l'homme , re série de phénomènes, vivre sous telle ou telle punément celte loi uniles appétits qui lui ont que continent, chaque s mêmes êtres : de là les ombre de cinq, la zone deux polaires, aretique ombinaisons secondaires Je; hais on conçoit que bassins , viennent encore ifications de détails.
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des animaux moins élevés dans l'échelle des êtres, ils se sont trouvé: "sui u résultat d'un plus haut degré d'organisation. 1 en est de mème des er one pes plus profonds, comme les plus nombreux, appartiennent d'abord freres cs aires, el ce n'est que plus tard qu'on voit apparaitre des dirotyied 2: Li par sultat d'une combinaison supérieure. Enfin les mammiferes et l'homr ie he ue point encore, et les premicres traces d'ossemens fossiles de NE dut be ue se présentent que dans les couches meubles des terreins de transports sh er pe ses débris n'existent nulle part à l'état fossile, et les seuls brèches ui « a de os sont des calcaires agglutinés qui en saisirent la charpente ne di à res a Mr des accidens tee fortuits et qui datent au plus de pere er te la Æs minéraux, les métaux et les gemme ] iques x que l’on est convenu er A on Laser ss on ni en « pare lie mature, et par conséquent sont répartis indifféremment dus lu as GER "es vie ment daus des localités voulues, nommés gisemens, dépen:lans des loi À D n'en est pas de mème des végétaux ; leur existence est subord ri eg er Ste ile At mdr er , st subordonnée au sol sur lequel ils ont fixés, € à les divisions de régions Lyperboréenne, européenne, sibérienne di terranéenne , ete. etc. établies par les botanistes pour expliquer les lois ‘ di dis Ana dispersion, On doit done admettre que la région équatoriale est la sn etat sn bio et que les dy ges de cette zone acquierent des formes Pr) à t geme veloppées ; que les zones tempérée risse he rogames et des pos, dont les RS Go ai, A digg Frans oi te les régions polaires se ressemblent en ce sens, que le br M oi ve qu'elles ne deviennent plus que des herbes rabougries par l’âpreté des froid pes Dans ces grandes zones, mille oppositions naissent dans la répartition des harpe et io 638 l'influence des bassins, des localités, des milieux, e!c doutes ape seleve & égétati sk de k oo mes Là Y vos F do à Shs de celles des latitudes polsirek et plètement analogue à celle de l'ile Melville. Gi conçoit ete dé Liness di “is. phanérogames diminuent ou disparaissent pour faire place aux agames. ( 1e co EM sn que sous l’équateur que les monocotÿledones deviennent des végétaux majest ie pts prennent le port et la solidité des arbres des zones Touibétées st ie : re A qui vivent dans la mer sont d'autant plus nombreux qu'on se pproche davantage de l'équateur. Ils sont établis, sans aucune distinction, tout globe et forment une sorte de ceinture naturelle. Il en est de même d'un ra d rire mollusques marins. Cependant, à mesure qu’on s'élève en latitude tue à nb di SR ou leurs espèces changent e! font place à d’autres, Les poissons marins ire évid Hient soumis à celte grande loi. Ceux du nord différent complètement de ceux d md oi tes pou ss Re habiter les hautes latitudes, aussi bien sur les de de A ‘elle-Hollande, de rique, que de l'Amérique. i è wi pe qui sont saxatiles éprouvent ss le Pr se et ttes 6 ne. fées, et par conséquent varient dans leur distribution suivant les attéra es, li ue qu brin se DRE aussi bien à O-taïti, au milieu de la mer Sud qu'à l'ile Mauice, dans l'Océan-In ien. Les insectes et les reptiles, extraordinai ' : l'équateur, diminuent en nombre graduellement à hisaure nee és Rs Re | rinuent raduell 1 avance v Ô Je Én pr let 48 demandant impérieusement l'union de la chaleur Mi et : a Dit qu'ils sont moins communs dans les lieux où ces deux circonstances ne : tent point réunies. Quant aux oiseaux, leurs espèces sont d'autant plus rick à parures d’autaut plus somptueuse: , qu’ils apparti 6 Dies. Mais dame Lepierion abenne 4 ppartiennent aux zones équatoriales, Mais dans ue 1s ne sont plus sensibles, suivant les contrées, leutéæxposition, ler arrières , et sous ce rapport ces êtres sont soumis à des démarcati É hique k faitement tracées , auxquelles n’échappent mème pas les oiseaux pe Cp nt M os te pre cosmopolites , et c'est ainsi que can oiseaux irres : er tas . e br les contrées. Cette particularité"h'a rien qui étonne délires fe pp : : influence de la mer sur la température des côtes, et l'organisation sPpropri : imaux pour un milieu qu'ils ne quittent que momentanément, Les mifères seuls sont assez bien répartis, quant au nombre, sur tous les points de la
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re terre, Mais il n'en est plus de même par rapport à la taille, Les plus puissans vivent dans des immenses forèts vierges de l'équateur, où dans l'espace des mers, où enfin sur les confins du monde. Des mille mammifères connus, l'Europe n'a guère que 104 espèces, tandis que l'Amérique en renferme 300, l'Asie 18o et l'Afrique 145. Certains quadru pèdes enlevés des lieux qui les virent naitre, et pliés à la domesticité , se sont habitués à des climats peu adaptés à leur organisation. D'autres, au contraire, compagnons de l'homme, ne paraissent plus exister à l'état sauvage, et se trouvent être modiliés dans leur organisation primitive. ni AE
L'homme, l'objet le plus complexe et le plus jeune de la création, prit naissance sur les hauts plateaux de notre planète; ses essaims variés et typiques s'irradièérent de ce centre et descendirent successivement dans les vallées, en s'avançant par de hautes latitudes, Son existence une et indivisible est loin d'offrir les espèces qu'ou a voulu admettre, et rien ne légitime cette multiplication de noms caractérisques appliqués à de simples variétes Partout l'homme s'est plié aux climats auxquel il a été soumis, et ses mœurs, sa manicre de vivre, et jusqu'à son intelligence en ont été influencées et modifiées. Pasteur ou pé. cheur, nomade ou sédentaire, vivant en familles indépendantes où en corps de nations, l'homme peut produire avec toutes les variétés de son espèce répandue dans le monde, et les individus qui proviennent de ce croisement ont leurs caractères de race adoucis, et leurs traits natifs qui s'effacent. Les noms de races ne peuvent done servir qu'à désigner des modifications de l'espèce soumise aux lois de la distribution géographique.
Ge n'est encore que très approximativement qu'on peut évaluer le nombre des êtres de nature différente, soit végétaux soit animaux , qui couvrent la surface du globe, Les catalogues systématiques de ces êtres sont trop incomplets ; les collections publiques des peuples qui cultivent l'histoire naturelle renferment tant d'espèces non décrites; les dé couvertes journalières eu ajoutent un si grand nombre, qu'on ne peut considérer les évaluations offertes dans le tableau ci-dessous que comme l'abrégé de ce que l'on sait anjourd'hui de moins vague sur ce sujet, Étrangers à celte branche de connaissances, nous nous sommes adressés à de savans naturalistes, que des études spéciales , des voyages scien tifiques et des travaux importans sur differentes parties de l'histoire naturelle, mettent en état d'en connaitre et d'en évaluer les immenses richesses. M, Lesson , professeur de botanique aux écoles de médecine de Ja marine royale, a bien voulu nous fournir les chiffres qui se rapportent au règne végétal et à tous les animaux vertébrés; nous devons à l’obligeance de M. Reynaud, professeur d'anatomie dans les mêmes écoles, et à M, le docteur Milne Edouards, naturaliste très distingué, ceux qui concernent les elasses des animaux invertébrés. Mais nous le répétons encore, les nombres que nous présentons dans ce tableau ue sont et re peuvent être que des zombres limites offrant les richesses connues en 1830 dans ces deux règnes de la nature.