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ÉTAGE ARTINSKIEN. RUSSIE, ASIE %H

dans les maàsifâ du Hont-Genis et du Mont>Rose, et ausâi dans les basses vallées piémontaîses, il y a toute une série d'assises, actuellement transformées en gneiss et en micaschistes, qui établissent la transition entre le carboniférien et le permien supérieur.

En revanche, la région des Alpes orientales gardait le privilège, qu'elle avait eu aux époques précédentes, d'être baignée par la mer. Les calcaires blancs et rouges, à fusulines, de Tarvis, qui succèdent aux calcaires gris de l'ouralien, seraient un dépôt de cette mer artinskienne, qui n'a atteint ni le Banat ni la Serbie, où prévaut le faciès du verrucano.

Le régime marin était assez f l'âne en Russie, dans la région de Nijni-Novogorod, où des calcaires à fusulines et des dolomies surmontent l'ouralien. Dans l'Oural, le voisinage d'une côte se trahit par la natute arénacée des sédiments du grès d'Artinsk {permocarbonifère des géologues russes). Cette assise, accompagnée de calcaires et de marnes, se poursuit des steppes Kirghiz à la Nouvelle-Zemble et même au Spitzberg; on y trouve des ammonites à cloisons persillées, telles que Medlicottia, avec les genres Phillipsia, Producius, Fusulina,

Asie. — La mer artinskienne s'arrêtait à l'Oural, et, dans l'Altaï, à Eouznetsk, l'étage n'est représenté que par des couches à Callipteris conferta. Mais, par le sud, la mer rasse passait en Perse, arrosait le Tiit*kestan, où le Darvaz a fourni quelques-uns des ammonoïdés d'Artinsk, la Dzotingarie, le Kouenlun occidental et l'Hindoukouch. Là elle n'était pas loin de sa limite méridionale ; car au col de Bamian, les calcaires à fusulines alternent avec des couches à végétaux terrestres. Cette même mer a déposé dans le Sait Range les calcaires moyens à Prodactus, et ses restes se retrouveot dans l'Himalaya, sous la forme d'un calcaire blanc à Phillq>sia et Producius cancriniformis.

Respectant le nord de la Chine, où l'étage est représenté par des sédiments à plantes terrestres avec lits de combustible, la mer baignait la Chine méridionale et la Birmanie.

Hindôustan, Indes orientales, Afrique, Brésil. — Tout autres étaient les conditions de la région située au sud de la mer don* nous venons de suivre les traces, région qui com-

prenait rAfghanistan et la péninsule de THlndoustan. Là commençait à s'individualiser ce que M. Suess a appelé le continent de Gondwana (du nom d'une province indienne), lieu d'élection de la flore à Glossopteris et à Gangcunopteris, contenue dans des schistes et grès avec couches de charbon.

La même flore caractérise les couches à charbon de Newcastle, dans la Nouvelle-Galles du Sud; et on la retrouve en Tasmanie, en Nouvelle-Zélande, et à Bornéo. Cependant des ammonoïdés permiens, recueillis à Timor, indiquent de ce côté le passage d'un bras reliant la mer himalayenne aa Pacifique.

L'Afrique australe faisait partie du continent de Gondwana, et la formation des grès de Karroo, qui en est caractéristique, s'étend jusqu'à 10» Lat. Nord. Les schistes de Kimberley, avec intercalations de grès à Gangamopteris^ y forment la base du permien.

En revanche, c'est la mer artinskîenne qui devait, à ce moment, baigner le désert égyptien, passant sur le Sinaï et la Palestine pour rejoindre le bassin de la Perse.

Enfin on retrouve la flore à Glossopteris dans le sud du Brésil, mais avec un mélange d'espèces qui indique un point de contact de la province australe avec la province boréale à lycopodiacées.

Amérique du Nord. — La flore autunienne, représentée notamment par Callipteris conferta, existe en Pennsylvanie dans les couches dites de Dunkard, au-dessus de la couche stéphanienne de Pittsburgh. A l'ouest, dans l'Illinois, les sédiments deviennent de plus en plus rouges (red beds) et contiennent des ossements de reptiles théromorphes. Mais, dans le Kansas, la formation est essentiellement marine et composée de calcaires à Pseudomonotis et à Phillipsia. Dans le nord du Texas, ce sont encore des couches rouges ou red beds qui surmontent directement l'ouralien, et leurs vertébrés les désignent comme du permien inférieur. Mais, à l'ouest, dans les monts Guadalupe, la formation redevient franchement marine. Elle contient le genre Phillipsia, avec des fusulines allongées et divers fossiles rappelant les faunes artinskiennes de la Chine et des Alpes Carniques.

ETAGE SAXONIEN. EUROPE 2)3

Sur remplacement des Montagnes Rocheuses a dû prévaloir un régime lagunaire, accusé par des couches rouges avec gypse. Mais le faciès marin reparaît en Californie, amenant des céphalopodes du genre Medliœttia,

SYSTÈME PERMIEN a« ÉTAQE PENJABIEN-SAXONIEN

Europe occidentale. — Un régime analogue à celui de Tautunien persistait, lors du permien moyen ou saxonien, dans TEurope septentrionale et occidentale. C'est alors que se sont formés en Angleterre les grès pourprés du Shropshire, couronnés par une puissante assise de brèche calcaire, dont les éléments sont empruntés à tout le paléozoïque. Des cailloux striés s'y rencontrent. Vargilite ou mari slate, qui termine Tétage, accuse par ses dépôts de gypse un phénomène d'évaporation, dans des lagunes aux bords fréquentés par des reptiles et peuplés de conifères du genre Ullmoamia,

Le saxonien de la Sarre ou grès rouge sapérieur est surtout formé de conglomérats, dont le dépôt a suivi les épanchements porphyriques et mélaphyriques de Tautunien. Du même âge est le grès rouge (Rothliegendes) de la Saxe, succession de conglomérats à galets porphyriques, de grès et d'argilolites, très développés à la fois en Thuringe et en Bavière. C'est sous le même faciès que la formation apparaît auprès de Bade, dans la Forêt Noire et les Vosges. Partout se trahit l'activité éruptive qui se manifestait alors dans toutes ces régions.

Le grès rouge se poursuit souterrainement vers le nord, et les sondages l'atteignent, avec sa couleur caractéristique, dans le bassin de la Ruhr.

Des grès rouges, avec conglomérats, arkoses et schistes rouges, occupent les bassins de Blanzy et du Creusot. On les retrouve dans l'Aveyron, avec une flore qui se développe remarquablement dans les schistes gréseux supérieurs aux ardoises de Lodève, et connus pour la belle conservation des empreintes de Walchia,

Des conglomérats rougeâtres, ayec argilolites, existent dans les Pyrénées et en divers points de l'Espagne. On les revoit dans les Maures et TEsterel, associés, comme dans la Forêt Noire, avec des porphyres et des mélaphyres. La persistance de ce faciès sur de telles étendues est des plus remarquables. Du reste, le verrucano des Alpes n'en diffère que par un métamorphisme qui va de pair avec les dislocations de la région.

Alpes orientales, Sicile. — Au^ environs de Tarvis et de Sexten, on voit naître le faciès du verrucano au-dessus d'une brèche à ciment rouge, contenant des fusulines. Un grès rouge à flore saxonienne, le grès de Grôden, en fait partie.

La brèche dont nous venons de parler fait présumer que les régions méditerranéennes devaient encore être accessibles au régime marin. En effet, près de Palerme, on a découvert des pointements d'un calcaire à crinoïdes et à fusulines, riche en ammonoïdés, dont plusieurs à cloisons persiliées, formant un ensemble qui paraît un peu plus récent que l'artinskien. Un trilobite, Phillipsia sicula, est associé aux ammonoïdés à cloisons différenciées, Waagenoceras.

Russie, Spitzberg. — Cette mër sicilienne devait être en relation lointaine avec celle de la Russie orientale, où V étage de Kostroma se développait dans des conditions beaucoup moins franchement pélagiques. Tantôt c'est un calcaire à Productus Cancrini, mais sans fusulines, tantôt ce sont des marnes rouges à Carbonicola, avec gypse. Ainsi, dans cette région si longtemps occupée par la mer, le faciès lagunaire commençjait à s'introduire, amenant des formes de mollusques identiques avec celles du grès rouge de l'Europe centrale.

Plus au nord, sur la Petchora, c'est une formation à plantes terrestres qui apparent à ce niveau, mais avec des types végétaux se rapprochant plutôt de ceux de la flore de l'Hindoustan.

Enfin, au Spitzberg, l'étage est marin; mais sa faune, où se remarque le mollusque Pseudomonotis, s'éloigne à la fois du type russe et du type indien, comme is'il se constituait à ce moment une province boréale, qui sera mieux marquée au début de l'ère secondaire.

PBUODB TBUlUNGIBNNl tl5

Asie, Afinqoe, Amérique. — On n'a pas encore de preuves directes de Feztension vers l'Asie de la mer à fusulines de la Sicile. Cependant cette extension ne fait guère de doute, quand on revoit au Sait Range les calcaires supérieurs à Productas, se poursuivant jusqu'en Birmanie.

D^ailleurs, comme aux époques précédentes» la mer n'empiétait pas sur le continent méridional de Gondwana, où se déposaient les couches à charbon de Barakhar, avec GlossopterU et Gangamopierii, Les mêmes fougères se retrouvent en Afrique australe, dans la partie de la séné de Karroo qui forme l'assise de Beaufort, et qui contient aussi des gisements de combustibles, avec restes de poissons {Palseoniseus).

L'Amérique du Nord laisse apparaître, dans la Nouvelle- Ecosse, un grès rouge de type saxonien, avec la flore à Walchia de l'étage. D'autre part, les red beds continuent à se développer à l'ouest, dans le Texas et le Kansas, mais avec intercalations de couches marines à Waagenoceras et Medlicottia, qui s'observent au milieu d'assises saumâtres à Cythere et de lits à plantes tjerrestres, Callipteris œnjerta et Walchia. 11 y a donc progrès manifeste dans l'émersion des régions qu'avait baignées la mer ouralienne, et cette émersion se fait, non par suite d'un phénomène orogénique local, mais par un lent retrait de la mer, laissant subsister des lagunes d'évaporation.

STSTËICE PERlffXEM 9* ÉTAftE THUBXNOIEN

Données générales sur Vétage thuringien. — Le fait capital de l'époque thuringienne est le retour de la mer sur le nord de l'Europe. A la vérité, ce n'est pas un régime marin bien franc qui s'y établit. Les ammonoïdés font défaut, les fossiles sont peu nombreux et représentés surtout par des types atrophiés, de petite taille, comme si la mer avait présenté des conditions défavorables à la vie organique, par exemple un excès de salure, attesté d'ailleurs par les

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fleures qui devaient venir de Test. Là se développaient donc, lors du permien supérieur, une faune et une flore semblables à celles du continent de Gondwana. L*aire de dispersion de ces organismes avait son centre aux environs d'Irkoutsk, dans ce continent de V Angara, comme Ta appelé M. Suess, qui s'était définitivement constitué après le carboniférien, et devait résister depuis lors à toute submersion. Sans doute un assèchement ou un rétrécissement momentané de la mer qui passait d'Europe en Asie centrale avait permis, lors du thuringien, le mélange de la flore de Gondwana, développée en Afghanistan, comme nous l'avons vu, avec celle de l'Angara.

Régions méditerranéennes. — Lorsqu'on voit, dans les Alpes, le trias en concordance aussi parfaite avec le permien, on ne peut guère douter que le thuringien n'ait sa représentation dans les assises supérieures du verrncano-

Pu reste, à Fûnfkirchen, en Hongrie, les conglomérats porphyriques de ce verrucano sont surmontés par des schistes contenant la flore des schistes cuivreux du Mansfeld. Et cette même flore se trouve au Tyrol méridional dans le grès de Grôden. Or, dans le Frioul et les Alpes Carniques comme au Tyrol, ce grès supporte une puissante assise calcaire dite calcaire à Bellérophom, à cause du genre de mollusques qui la caractérise, et qui se trouve associé à une fusuline ainsi qu'à des fossiles du zechstein, dont le calcaire est évidemment l'équivalent.

Près de Sexten, l'assise en question renferme des orthocères et des ammonoïdés. On la retrouve d'ailleurs en Bosnie, et ainsi on est fpndé à penser que l'Europe centrale, alors émergée, séparait la mer thuringienne du Nord d'une autre mer méditerranéenne, bien plus franchement pélagique, qui continuait dans ces latitudes le régime des précédents étages.

Asie, Afrique, Amérique. — Le prolongement de cette mer est connu en Arménie, au Darvaz, dans l'Himalaya, et au Sait Range, où le teçme supérieur des calcaires à Productus, avec nombreux ammonoïdés des genres Medlicottia, Cyclolobus, Sageceras, parait devoir être attribué au thuringien.

Dans la terre de Gondwana, c'est Vassise de Panchet, ou du

JÉRUPTIONS PRIMAIRES 249

moins sa base, qui correspond à l'étage. Avec des labyrinthodontes, on y trouve les premiers reptiles dOcynodontes, qui apparaissent aussi au sommet de Tassise de Beaufort, dans le Karroo africain. Du reste, ces dernières couches renferment des mollusques saumâtres, du genre Palœomutela, identiques avec ceux du permien supérieur de la Russie ; nouvelle preuve de la frappante similitude des conditions qui devaient régner alors dans ces deux régions, malgré une différence en latitude de 90 degrés.

En Amérique, la partie supérieure des red beds du Texas, du Kansas et de TOklahoma contient des fossiles marins, Schizodas, Pleurophorus, BaHeioellia, qui font pencher la balance en faveur du tburingien. On retrouve ces espèces dans rutah. D'ailleurs ces couches rouges sont fréquemment gypsifères. Ainsi sp préparait l'émersion définitive de 1^ contrée.

ÉRUPTIONS DP L'IiRE PRIlffAIBE

Caractères généraux des éruptions primaires. — Pendant toute la durée de l'ère primaire, l'activité interne paraît s'être donné carrière par une série en quelque sorte continue de manifestations. Tantôt Jes roches éruptives sont arrivées jusqu'à la surface de l'écorce, s'épanchant en nappes sous-marines, ou même en coulées ^ l'air libre, accompagnées de projections et de tufs, dont quelques-uns peuvent être d'anciennes cinérites; tantôt elles ont traversé, en filons plus ou moins puissants, une épaisse série de terrains; tantôt enfin elles se sont bornées à remplir des dômes de soulèvement, se logeant dans l'axe de pli^ antjxilinaux, c'est-à-dire de voûtes allongées, sans parvenir jusqu'au jour.

Dans les pays depuis très longtemps émergés, comme la Bretagne et surtout le Plateau Central, l'érosion, poursuivie pendant une suite incalculable de siècjes, a fini par mettre à découvert ces roches de cristallisatio^ profonde, qui sont généralement des graniteSy en faisant disparaître la tête des

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