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SÉRIE MÉSOJURASSIQUE DONNÉES GÉNÉRALES

Généralités sur la période mésojurassique. — A la fin des temps liasiques, la mer s'étendait, dans l'Europe occidentale, aussi loin qu'elle eût jamais été depuis le rhétien. D'autre part, exposées pendant une longue suite de siècles à rérosion.

Fig. S6. — Terebratula Fig. 87. — Terebratula ( Waldheimid) digona. {Eudesia) cardium.

Fig. 88. — Bhynchonella decorata.

les îles de l'archipel européen avaient peu à peu perdu leur relief. C'est sans doute à cette cause qu'il faut attribuer la diminution progressive de la sédimentation détritique, et l'avènement d'un nouveau mode de comblement des mers occidentales, où l'activité organique va édifier de puissantes masses calcaires, généralement caractérisées par leur structure oolithique.

Mais ce régime ne prévaut que dans l'ouest. Sur la Souabe, encore serrée entre l'île ardennaise et la Bohême, continue à dominer la sédimentation argileuse, et au delà, dans la région baltique, où la mer s'avance plus loin qu'auparavant, se montrent des schistes argileux noirâtres, avec rognons de sphérosidérite, qui vont demeurer la forme normale des dépôts jurassiques dans la province boréale.

Pendant ce temps, la Méditerranée continue à être soumise au même régime que précédemment.

FAUNE MÉSOJURASSIQUE. BAJOCIEN 263

Les mammifères demeurent atrophiés. Parmi les ammonites, on assiste au déclin des Harpoceras, puis à l'invasion des Sonninia, Cœloceras, Sphœroceras Morphoceras, qui, à la fin, cèdent la place aux Oppelia et Parkinsonia. En fait de brachiopodes, on rencontre par millions les Waldheimia (fig. 86), Eudesia (fig. 87), Rhynchonella (fig. 88). Les formes typiques du genre

Trigonia remplacent les anciennes myophories.

C'est à cette époque que se dessine l'essor des oursins, tels que Echinobrissiis (fig. 89), Acrosalenia (fig. 90),

Fig. 89. — Echino- Fig. 90. - Acroaa- ClypeuS, etc., et des polybritsM cUmieularia. lenta spinosa. piers constructeurs.

La flore est peu riche et contient surtout, avec des cycadées, des fougères de stations élevées et sèches.

La série mésojurassique comprend deux étages : le bajocien (de Bayeux), à la base, et le batkonien (de Bath en Angleterre) au sommet.

SÉRIE MÉSOJURASSIQUE lo ÉTAGE BAJOCIEN

Données générales sur le bajocien. — Le bajocien du bassin anglo-parisien voit généralement prédominer dans sa constitution le faciès des calcaires avec oolithes ferrugineuses. C'est Vinferior oolite des Anglais, se reliant intimement au toarcien. Certains bancs sont pétris de fragments d'encrines et deviennent le calcaire à entroques de la Franche -Comté et de la Bourgogne. D'autres sont particulièrement riches en polypiers. La considération des ammonites permet d'y distinguer les zones suivantes, énumérées de bas en haut :

1, Zone à Harpoceras (Lioceras) Murchisonse; 2, Z. à Harp, eori. cavum; 3, Z. à Sonninia Sowerbyi; 4, Z. à Sphœroceras Sauzei; 5, Z. a Sonninia {Wilchellia) Romani \ 6, Z. à Coeloceras Humphriesianum\ 7, Z. à Cosmoceras Garanlianum,

Les zones 1 et 2 forment Vaaiénien (d'Aalen en Souabe).

France et Angleterre. — Le type du bajocien se trouve dans Voolithe ferrugineuse y si remarquablement fossilifère, des environs de Bayeux et de Caen, qui repose sur un calcaire à silex dit mâlière. C'est l'équivalent de Vinferior oolite d'Angleterre, remplacée dans le Yorkshire par un grès ferrugineux à grosses concrétions (Dogger), que surmontent à Scarborough des grès et schistes charbonneux à fougères et cycadées, également développés à Skye en Ecosse.

Le faciès calcaire domine dans le bajocien de la Lorraine, de la Franche-Comté et de la Côte-d'Or, où sur les hauteurs, le calcaire à entroques donne lieu à des escarpements ruiniformes très caractéristiques, couronnant comme autant de vieilles forteresses les talus réguliers des marnes toarciennes. C'est aussi la plate-forme bajocienne qui constitue le remarquable promontoire connu sous le nom de plateau de Langres. Contre la barrière que devaient former les îlots vosgiens, les polypiers ont édifié de vrais récifs. C'est par des calcaires jaunes, parfois oolithiques et exploités comme pierre de taille, que le bajocien est représenté dans les Ardennes. Encore spathique, c'est-à-dire lamellaire, dans le Berry, il se transforme vers l'ouest en calcaires à silex.

Mais, quand on descend de la Franche-Comté vers le sud, on voit apparaître un autre faciès, celui des calcaires avec empreintes d'algues marines ou fucoïdes, dites Cancellophycus, qui se poursuit dans la vdlée du Rhône jusqu'en Provence. En même temps, on constate que la mer bajocienne, ne laissant subsister dans les Cévennes que de petits îlots, a débordé les assises du lias et s'est étendue sur le Plateau Central jusqu'à l'emplacement des sources de la Loire.

Régions diverses. — Un calcaire rouge et blanc, avec crinoïdes, est la forme du bajocien dans les Alpes orientales. A ce calcaire se relie l'oolithe du lac de Garde, où les Phylloceras et Lyioceras annoncent un faciès méditerranéen qui se poursuit sur l'Apennin, la Calabre, la Sicile, l'Andalousie, tandis que l'Espagne et le Portugal suivent plutôt le régime des mers françaises.

En revanche, le régime pélagique prévaut sur les Carpathes et se fait sentir jusqu'au Caucase.

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C'est à partir de la Silésie qu'on voit se développer, à la hauteur du l»ajocien, les argiles à nodules de sphérosidérite, avec Inoeeramus polyplocus, qu'on retrouve également dans le nord de la Westphalie. Ce faciès septentrional s'étend à la Pologne et on en retrouve des traces dans le sud de la Russie, tandis que la Grimée fait partie de la province méditerranéenne.

On manque encore de données précises sur le bajocien asiatique. En revanche, on peut affirmer qu'à cette époque la séparation de l'Afrique et de Madagascar s'accentuait. La côte occidentale de la grande île laisse voir des fossiles du bajocien d'Europe, et ces affleurements peuvent être reliés, par l'Abyssinie, à ceux que la môme mer a laissés sur le nord de l'Afrique, notamment aux environs de Figuig.

La même invasion s'est fait sentir sur l'Australie occidentale, jusqu'alors indemne de toute incursion marine d'âge secondaire.

Notons enfin que le bajocien est bien développé dans la Cordillère entre l'Argentine et le Chili, où l'on trouve le même Cœloceras Humphriesianum qu'en Normandie ; tant était grande encore, à cette époque, l'aire d'habitat d'une espèce d'ammonite.

SÉRIE MÉSOJURASSIQUE 2« ÉTAGE BATHONXEN

Données générales sur l'étage bathonien. — La géographie de l'Europe à l'époque bathonienne n'a différé que par- de menus détails de ce qu'elle était lors du bajocien. 11 y a pourtant, dans les régions du nord, tendance au progrès de la mer; c'est ainsi que, sur le bord méridional de l'Ardenne, on voit le bathonien s'appliquer directement sur le terrain primaire ; et les sondages enseignent que le même fait se reproduit en Normandie comme dans le sud-est de l'Angleterre. La mer gagne du terrain dans la direction de la Russie et de la mer du Nord (fig. 91). Mais dans le bassin anglo-parisien, le contact du bathonien en U'ansgression ne se fait pas par des

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eoDgioMérals marquant une îiiTasioii Tiolente. An contraire. le régime calcaire slnstalle presque partout cTime £acoa îsuiirdiate. Le^ polypiers sont à Vatwrre depuis FArgOTîe jiisqa*a.3 cour de TAngieterre, et trsTaillent arec les crinoîdes à U eonstmction de masses généralement blanches, oà dominera le grain oolithiqne, A ancnne antre époqne, dans le basân en question, la part de la sédimentation itrrigèney c'est-4-dire

Fig. 91. — L'Europe à l'époque bathonienne.

alimentée par des débris de la terre ferme, n'a encore été plus réduite au profit des influences zoogènes.

En Angleterre, où la classification du jurassique a été pour la première fois établie, on distinguait à la base une assise argileuse, dite terre à foulon (fuller's earth). Au-dessus venait la grande oolithe de Bath, recouverte par l'ensemble de Vargile de Bradford, du calcaire dit Forest-marhle, et de Tassise oolithique appelée corn-brash.

Si l'équivalent de la terre à foulon peut être reconnu comme

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