‹ Abrégé de géologieChapitre 24 sur 110 · CHAPITRE T · texte numérisé non relu

CHAPITRE T

DES PROPRIÉTÉS GÉNÉRALES DES MINÉRAUX

Division. Les miuéraux étant privés de la vie, leurs propriétés se réduisent ù celles qui résultent des phénomènes physiques et chimiques, c’est à dire que les unes, telles que la forme, la couleur, la pesanteur, la résistance aux actions mécaniques, se manifestent extérieurement sans que le minéral change de nature , tandis que les autres , telles que la combustibilité et la solubilité, ne se manifestent pas sans que la composition intérieure du minéral éprouve quelques changements ; de sorte que l'on peut considérer les propriétés générales des minéraux comme se divisant en deux groupes principaux que l’on désigne par les noms de propriété» chimique s et de propriété a physique» ou caractères extérieurs. Nous subdiviserons ces dernières en propriétés géométriques, mécaniques, optiques, électriques, magnétiques et acoustiques.

Quoique les propriété* chimiques des minéraux soient les plus importantes, puisque ce sont elles qui constituent réellement le minéral, nous n’en dirons ici que quelques mots, attendu qu’on peut les considérer comme connues par la chimie où l’on apprend ce que c’est qu’un corps simple et une combinaison, et où l’on expose le beau système de notation imaginé par le célèbre lîerzélius, système qui donne le moyen de faire connaître la composition des minéraux par quelques signes ou formules très abrégées.

Nous ferons cependant remarquer que les minéraux présentent rarement des combinaisons pures, mais qu’ils sont ordinairement

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mélanges, c’est à dire que, outre les éléments essentiels qui composent les proportions atomiques d’une combinaison , ils contiennent plus ou moins de parties accidentelles qui s’y trouvent unies d’une manière intime, ou associées de façon à pouvoir être séparées par une opération mécanique.

Les mélanges intimes sont aussi de deux catégories, selon qu’ils conservent ou qu’ils perdent les caractères extérieurs propres au minéral pur. Bans le cas des mélanges qui conservent leurs caractères extérieurs, l’existence du mélange ne se révèle que par l’analyse chimique, qui fait connaître que la substance analysée contient des principes étrangers, ou que ses éléments essentiels s’y trouvent dans des proportions différentes de celles de la composition normale du minéral. On peut ensuite, au moyen de calculs, déterminer la quantité de matières qui sont censées représenter d’autres minéraux mélangés avec le minéral principal.

On peut encore distinguer dans ces mélanges ceux qui sont formés d’une manière accidentelle ou arbitraire et ceux qui ont lieu par substitution. On sait, par la chimie, que certains corps que l’on appelle isomorphes, parce que l’on suppose que leurs atomes ont la même forme, peuvent se substituer indéfiniment l’un à l'autre dans une combinaison, sans que les proportions générales des éléments ayant des formules différentes, éprouvent de variations. C’est ainsi, par exemple, que dans le calcaire, qui est formé de chaux et d’acide carbonique, c’est à dire d’une base à un atome d’oxygène sur un atome de calcium et d’un acide à deux atomes d’oxygène sur un atome de carbone, la magnésie, qui est un corps de même formule que la chaux, c’est à dire composé d’un atome d’oxygène sur un atome de magnésium , peut être substituée en toute proportion à la chaux. Mais, quelle que soit la proportion relative de l’une ou de l’autre de ces deux bases qui entre dans la combinaison, le nombre des atomes de ces deux bases demeure égal à celui des atomes d’acide carbonique.

La détermination des minéraux qui entrent dans la composition des mélange* intime* qui ont de* caractères extérieur* particulier* présente beaucoup de difficultés. Ces mélanges sont cependant très abondants dans la nature et constituent un grand nombre de roches que nous désignerons sous le nom de roches à base cT apparence simple.

Quant aux mélange* dont les parties peuvent être séparées par des moyens mécaniques, parce qu'ils consistent dans l’association de parties qui conservent leurs caractères particuliers, l’étude des minéraux n’y voit qu’un mode de gisement des substances qui composent ces

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mélanges; mais comme ceux-ci composent quelquefois (les masses extrêmement abondantes , l’étude des roches s’cn occupe d’une manière spéciale et nous aurons l’occasion d’en décrire un grand nombre sous le nom de roc/tes à base mélangée phanérogène.

Recherche des propriétés chimiques. — Sans nous occuper ici des opérations chimiques par lesquelles on détermine la composition des minéraux , nous dirons que les principaux caractères chimiques de ces substances se reconnaissent, soit par les phénomènes qui se passent lorsqu’ils sont exposés à \’ action de la chaleur, à celle de certains corps connus en chimie sous le nom de réactif», ou à celle de V atmosphère, soit par V action qu'il» exercent »ur no» sen».

Les minéralogistes recherchent les effets de l'action de la chaleur le plus communément à l’aide du chalumeau, instrument au moyeu duquel ou fait éprouver à de petits fragments de minéraux une chaleur aussi forte que celle que l’on produit en grand dans les fourneaux.

Quelques minéraux sont inaltérable» par la chaleur seule, qualité que l’on exprime ordinairement par le mot iufusible. Les autres sont plus ou moins altérable», et sont ou tout à fait fixe», ou décrépilants, ou plus ou moins volatile». Parmi les minéraux fixes, les uns sont seulement désagrégé», les autres sont fondus; ceux-ci présentent divers degrés, les uns n’étaut que faiblement fusibles sur les bords, d’autres se couvrant d’un léger remis vitreux, d’autres se transformant en une fritte imparfaitement fondue et plus on moins boursouflée, d’autres étant complétement fusible», soit en émail ou verre opaque, soit en verre transparent, soit en globule métallique. On dit que les minéraux décrépitent lorsque l’effet de la chaleur les fait éclater et se disperser en un grand nombre de petites parties ; on est obligé alors, pour pousser plus avant leur traitement au chalumeau, de les réduire en poussière et de les chauffer dans le petit creuset de charbon ou de platine, et ou reconnaît ainsi s’ils sont fusibles ou infusible». D’un autre côté, les minéraux sont totalement ou partiellement volatils , selon que tout ou partie des principes qui les composent s’échappent sous la forme de gaz. Dans le second cas, les parties restant fixes présentent les mêmes phénomènes qui distinguent les minéraux fixes.

Souvent on associe l'action des réactifs à celle de la chaleur, soit par la voie sèche, en ajoutant certains solides au fragment soumis à l’expérience pour déterminer sa fusion et obtenir des verres dont la couleur sert à caractériser les éléments de la substance, soit par la voie humide, afin de rendre l’action des réactifs plus énergique. Considérés à cc point de vue, quelques minéraux sont attaquable » par les acides, soit

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simplement, soit avec des dégagements de gaz qui produisent ce que l’on appelle une effervescence ; beaucoup sont tout à fait inattaquables, à moins qu’on ne les ai fait préalablement fondre avec un réactif sec. Quelques minéraux sont solubles dans l’eau en tout ou en partie; le plus grand nombre est insoluble. Parmi ces derniers, il y en a qui ne se mouillent pas, et d’autres qui sont mouillables, c’est à dire que, dès qu’ils sont en contact avec l’eau, ce liquide adhère rapidement au minéral. Cette tendance est quelquefois telle , que si on applique un de ees minéraux sur la langue , l’humidité qui entoure cet organe étant absorbée, il se produit un vide qui amène une forte adhérence, et l’on dit alors que le minéral happe à la langue.

Lorsque les minéraux sont exposés à l’action «le l'atmosphère , les uns sont inaltérables ou du moins s’altèrent avec une telle lenteur, que cette altération peut être considérée en minéralogie comme sensiblement nulle ; d’autres s’oxydent , c’est à dire qu’ils absorbent l’oxygène de l’atmosphère. D’autres sont déliquescents, c’est à dire qu’ils absorbent l’humidité de l’atmosphère; d’autres, au contraire, sont efflorescents, c’est à dire qu’ils tombent en poussière ou du moins se couvrent d’un enduit pulvérulent.

Les actions des minéraux sur nos sens, que l’on peut considérer comme chimiques, dépendent de leur saveur et de leur odeur. Sous le premier rapport, la plupart des minéraux sont insipides, d’autres en petit nombre sont sapides : et sous le second, la plupart sont inodores, et quelques-uns odorants.

Les propriété!» géométriques des minéraux peuvent être envisagées |sous trois points de vue, selon que l’on considère les formes extérieures de ces corps, l’arrangement intérieur de leurs parties appelé ordinairement texture, et les formes qu’ils prennent lorsqu’on les brise, ce que l’on nomme leur cassure.

Les formes des minéraux peuvent être divisées en cinq catégories, que nous désignons par les épithètes de cristallines, de concrétionnées, de massives, de fragmentaires et d’ organiques .

Les formes cristallines doivent leur origine à un phénomène extrêmement important, connu sous le nom de cristallisation; mais ce phénomène, qui n’est point particulier au règne minéral, étant un des phénomènes généraux de la nature, son étude fait partie des sciences physiques, telles que nous les avons définies ; de sorte que nous ne donnerons point ici de détails à ce sujet, et que nous nous bornerons à rappeler en peu de mots quelques notions sur les principales formes produites par ce phénomène.

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On entend par cristaux des corps où la force de cristallisation a pu produire des solides polyédriques terminés par des faces ordinairement planes et brillantes.

Le nombre de formes particulières qu’affectent les cristaux est très considérable, et l’on en connaît aujourd’hui plusieurs milliers; mais leur étude et la théorie des lois de la cristallisation permettent de les considérer comme dérivant de six formes simples. De sorte que, si l’on suppose des solides ayant l’une de ces formes, et que l’on en retranche successivement des parties en suivant les règles de la cristallographie, c’est à dire en opérant de la même manière sur toutes les arêtes de même espèce ou sur tous les angles solides de même espèce, dans le cas de i’holoédrie , ou sur la moitié soit des arêtes de même espèce, soit des angles de même espèce, dans le cas de l’hémiédrie, on obtiendra successivement des solides qui présentent toutes les formes possibles de cristaux. On parviendra aussi au même résultat si, au lieu de retrancher, on ajoute sur les faces de ces solides des lames qui éprouvent successivement des décroissements conformes aux lois de la cristallisation, c'est à dire qui soient les mêmes sur toutes le3 arêtes ou sur tous les angles de même espèce, dans le cas de l’holoédrie, ou seulement sur la moitié des arêtes ou des angles de même espèce, dans le cas de l’hémiédrie.

On peut d’après cette considération diviser les cristaux en six systèmes, et cette division n’a rien d’arbitraire, car le calcul démontre que les formes appartenant à un système ne peuvent dériver de celles d’un autre système, mais, comme il y a des systèmes qui présentent plusieurs formes simples que l’on peut considérer comme dérivant l’une de l’autre, on peut également prendre l’une ou l’autre de ces formes comme type du système, d’où il résulte que les auteurs varient dans le choix de la forme prise pour type et désignent un même système par de3 noms différents.

Les formes qui ont été prises par Dufrénoy pour types des systèmes sont :

1° Le cube;

2° Le prisme droit à base carrée;

3° Le prisme droit à base rectangle ou rhomboïdale ;

4° Le rhomboèdre ou prisme rhomboïdal oblique dont toutes les faces sont égales;

5° Le prisme rhomboïdal oblique ou prisme oblique symétrique;

6° Le prisme oblique non symétrique.

Conservant cet ordre de numération et y ajoutant les noms uni-

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voques les plus usités, nous considérons les cristaux comme divisés en six systèmes de la manière suivante :

Le premier système ou système cubique , dont les trois axes sont perpendiculaires entre eux et d’égale longueur.

Le second système ou système quadratique, dont les trois axes sont aussi perpendiculaires entre eux , mais dont deux seulement sont égaux.

Le troisième système ou système ortltorhombiqne, dont les trois axes sont encore perpendiculaires entre eux, mais sont tous de longueurs différentes.

Le quatrième système ou système rliomboidrique , dont les trois axes passant par le milieu des faces opposées se coupent sous des angles obliques et sont d’égales longueurs.

Le cinquième système ou système klinorliombique, dont les axes forment également des angles obliques, et dont un axe est différent des deux autres qui sont égaux.

Le sixième système ou système klinoédrique, dans lequel il n’y a rien de symétrique (1).

Les formes des cristaux , ainsi qu’on vient de le voir, étant censées le résultat de décroissements qui se seraient opérés sur une forme simple il en résulte que cette forme ou celles d’autres solides de la géométrie produits par ces modifications se reconnaissent dans les cristaux où elles sont plus ou moins modifiées. Ce solide est alors ce qu’on appelle la forme dominuutc d’un groupe de cristaux.

(1) Voici les principales dénominations appliquées par les auteurs à ces systèmes, savoir :

Pour le 1", régulier, titulaire, lesterai, tétraédrique, tpMroédriquc, octaèdre régulier.

Pour le T, prismatique à base carrée, octaèdre à base carrée, pyramidal, letragonal, Ifinosinyulaxe, Dimitric.

Pour le 3* , prismatique droit à base rectangle , octaèdre à base rectangle, Trimitric.

Pour le S", hexagonal, rhomboïdal.

Pour le 5*. prismatique oblique rectangulaire, monoclindidrique, monoclinic.

Pour le tir, prismatique oblique non symétrique, tcrnusingulaxe, Trictinic.

Les 3", 4-et5‘ systèmes sont quelquefois réunis sous le nom de Singulaxes.

Les 3-,5* et 6* sous celui de Wiomtnques.

Le 4* a été placé A tous tes rangs, ce qui est cause que la plupart des autres systèmes uc portent pas les mêmes numéros etiex les divers auteurs.

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Dans un même système cristallin les formes simples que présentent les cristaux ou bien celles auxquelles on peut les ramener varient, dans certaines limites, selon la nature du minéral et l’on désigne par la dénomination de forme primitive ou fondamental e celle de ces formes qui est le plus communément indiquée comme forme dominante ou qui se prête le mieux, d’après les lois d'accroissement, aux calculs de la formation des autres formes que l’on appelle secondaires.

Les formes eristallines étant probablement une conséquence de celle des molécules qui composent les corps, il en résulte qu’elles sont en rapport avec la nature des minéraux et qu’elles servent à caractériser ces substances ; mais il est à remarquer, à cct égard, qu’il y a des minéraux qui sont isomorphes c’est à dire qui prennent des formes analogues, ce qui n’a lieu que chez quelques corps simples ou dans des composés qui ont la même formule atomique. Il y a aussi quelques combinaisons de même nature que l’on appelle dimorphes, parce qu’elles cristallisent dans deux systèmes cristallins, mais le nombre en est excessivement petit, et d’ailleurs on les considère ordinairement comme formant des minéraux distincts, d’autant plus que ccttc différence dans la forme cristalline coïncide avec d’autres différences extérieures.

Du reste, ce rapport entre la nature des minéraux et leurs formes cristallines n’a lieu que pour les r rais cristaux, et non pour ceux qui ont changé de nature et que l’on distingue par les dénominations de cristaux épigenes et de cristaux pseudom orph igues . Les premiers n’ont éprouvé qu’un changement partiel, résultant du remplacement d’un des principes par un principe étranger au minéral originaire. Dans les seconds, ce dernier est entièrement disparu et se trouve remplacé par une substance différente qui s’est moulée dans l’emplacement qu’occupait le cristal originaire. Les cristaux qui ont changé de nature, se distinguent ordinairement des vrais cristaux, parce qu’ils ne sont pas clicahles, propriété que nous ferons connaître tout à l’heure; mais quand il s’agit de minéraux qui ne sont pas clivables, on ne peut souvent les distinguer que parce que leurs formes ue sont pas celles queprenuent les vrais cristaux de la substance dont ils sont composés. Il est à remarquer aussi que leurs angles et leurs arêtes sont souvent émoussés et qu’ils renferment quelquefois dans leur intérieur de petites cavités qui, parfois, sont tapissées d’autres cristaux.

Outre les cristaux normaux, où les lois de la cristallisation se sont exécutées librement et où toutes les formes secondaires peuvent se déduire par des modifications symétriques sur les arêtes ou sur les angles des formes indiquées ci-dessus comme types, il y a des crls-

PUOrniÊTÊS GÉNÉRALES DES MINÉRAUX.

(aux anomaux, où ces lois ont été plus ou moins modifiées par des circonstances accidentelles qui ont produit, soit de simples défauts de symétrie, soit des groupements, soit des déformations.

Les cristaux non symétriques diffèrent des cristaux normaux, parce qu’ils offrent des exceptions aux lois générales de la cristallisation, exceptions qui toutefois paraissent rentrer aussi dans des lois générales.

Les cristaux sont ordinairement si près les uns des autres, qu’il est rare d’en trouver dans la nature qui aient pu prendre complètement leurs formes normales; ils sont au contraire groupés entre eux, de manière que leur développement a été plus ou moins entravé et qu’ils offrent une multitude de dispositions qui suivent quelquefois des lois régulières, tels sont, entre autres, ce qu’on appelle cristaux maclés, où la réunion de deux cristaux donne naissance à des angles rentrants, circonstance qui ne peut exister dans les cristaux simples.

Fig. 33. Exemples de cristaux groupés.

LBHÉGÉ DE GÉOLOGIE.

Le plus souvent le groupement a lieu d’une manière tout à fait irrégulière et donne naissance à des corps qui ressemblent à des boules, à des crêtes de coq, à des faisceaux de baguettes, à des réseaux, à des gerbes, à des dendrites, c’est à dire à des dessins d’arbres, d’où on les désigne par les épithètes de glotiaires, de crélés, de bacillaires, de réticulaires, de gerbij ormes, A'apiciformes, de dendritiques, etc.

Les cristaux déformés sont souvent le résultat de l’élargissement, de l’allongement, du rétrécissement ou de la disparition de certaines faces ou de l’arrondissement des arêtes et des angles solides, d’où résultent des formes qui rappellent des lames, des aiguilles, des cheveux, des boules, des œufs, des lentilles, des cylindres, des tonnes, etc. ; ce qui les fait désigner sous les épithètes de lamelliformes, d’aciculaires, de capillaires, de sphéroïdes, d’ ovoïdes, de lenticulaires, de eglindroïdes, de doliformes, etc.

Nous appelons formes roneréf tonnées (1) des formes qui présentent tant de variations qu’il est impossible d’en donner une définition générale, mais qui le plus communément donnent l’idée de mamelons, de stalactites (2), de tuyaux, de rameaux, de filaments, d’enduits, do croûtes, de réseaux, de grappes, etc. ; d’où on les distingue par les épithètes de mamelonnées, stalacliliques, Jistuleuses, ramuleuses, filiformes, pelliculaires, incrustantes, cloisonnées, bytrgoïdes, etc.

(1) On désigne en général par le nom de concrétions des corps qui ont un mode de formation à peu prés intermédiaire entre la cristallisation et b précipitation, mais où la forme extérieure a toujours dépendu de circonstances accidentelles indépendantes de la forme des molécules, telles que le mouvement des eaux, le moutag edans une cavité, Yinci'ustation sur un corps préexistant. Or, comme je ne fais point ici une classification des minéraux d'après leur mode de formation, mais seulement une énumération des formes qu'ils affectent, j'entends par formes concrétionnées celles que prennent souvent les concrétions, mais non toutes les formes que prennent es concrétions, car les cristaux pseudomorphiques et les pétrifications sont souvent formés par voie de concrétion, et cependant ils ont des formes cristallines ou organiques. D’un autre côté, il y a des corps qui, sans être formés par voie de concrétion, prennent des formes plus ou moins analogues à celles indiquées ci-dessus sous le nom de formes concrétionnées.

(2) On donne le nom de stalactites à des espèces de mamelons allongés, souvent tubuleux, qni se forment à la voûte d'une cavité.

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Les forme* ma**ive* étant indépendantes de la nature des substances et déterminant la structure intérieure de l’écorce terrestre, leur étude intéresse beaucoup plus la géognosie que la minéralogie ; nous ferons en conséquence connaître dans le livre suivant ce que l’on entend par couche s, typhons, filons, coulées et amas.

Les forme* que, à défaut de meilleures dénominations, nous appelons fragmentaires, sont aussi jusqu’à un certain point indépendantes de la nature des substances qui en sont douées; nous les rangeons en dix catégories, que l’on désigne ordinairement par les noms de blocs, de plaques, de reines, de rognons, de nids, de cailloux, de fragments anguleux, de grains et de paillettes.

Le nom de bloc* s’applique à des portions de substances cohérentes que l’on trouve sur le sol, ou enfouies dans des masses d’une nature différente; mais la ligne de démarcation entre les blocs et les amas est à peu près arbitraire, de même que celle entre les blocs d’une part, et les rognons, les cailloux et les fragments anguleux d’autre part. Cependant on ne donne jamais le nom de bloc à des fragments dont le volume n’est pas supérieur à celui de la tête d’un homme. La forme des blocs est quelquefois anguleuse, d’autres fois arrondie ou mamelonnée.

Les plaque* se distinguent par une forme aplatie, c’est à dire que leur longueur et leur largeur sont toujours beaucoup plus étendues que leur épaisseur. Elles se trouvent, comme les blocs, à la surface du sol ou enfouies dans d’autres matières ; souvent aussi des masses plus ou moins étendues se trouvent divisées en plaques placées les unes sur les autres, et alors les plaques ne sont que les feuillets des masses à texture feuilletée dont il sera parlé ci-après. Lorsque les plaques deviennent très minces, on les appelle lames ou feuilles.

Les veines ont, comme les plaques, une forme très aplatie; mais elles sont toujours engagées dans d’autres matières, dont elles diffèrent, soit par leur nature, soit seulement par leur couleur ou par leur texture. Les veines sont tantôt droites, tantôt contournées, tantôt simples ou ramifiées; elles traversent les masses dans tous les sens, se croisent et se coupent les unes les autres; elles ne sont, à la rigueur, que de très petits filons, de même que les blocs ne sont que de très petits amas.

Les rognon* sont aussi des matières cohérentes qui se trouvent quelquefois intercalées dans des masses d’autre nature ou d’autre texture. Leurs dimensions sont moindres que celles des blocs, et leurs formes sont généralement déterminées par des surfaces courbes , ordinairement irrégulières et souvent plus ou moins étranglées. On se sert souvent du mot nodule pour désigner les rognons qui ne sont pas étranglés. Ils

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sont tantôt pltinn, tantôt géodiqtiea, c’est à dire avec des cavités dans leur intérieur.

Les nid* sont, comme les rognons, de petites portions de substances minérales enveloppées dans des masses; mais ils diffèrent des rognons en ce qu’ils sont formés de matières meubles ou très friables.

Nous entendons par cailloux (1) des fragments cohérents qui ne sont pas assez volumineux pour être appelés blocs, qui ont une forme plus ou moins arrondie; sans étranglement, et qui se trouvent, soit sur le sol, soit dans des dépôts meubles.

Le nom de noyaux s’applique à des portions de substances cohérentes qui ont, comme les cailloux, des formes arrondies, mais qui se trouvent enveloppées dans d’autres matières, sans être étranglées, comme les rognons, et dont le volume n’est pas assez considérable pour qu’on les appelle blocs, ni assez petit pour qu’on les nomme grains. Les noyaux forment une partie essentielle des masses à texture poudingiforrne ou amygdaloïde.

Nous désignons par le nom de blocnux (2) les fragments qui n’ont pas les formes arrondies ou aplaties qui caractérisent les rognons , les cailloux, les noyaux et les plaques, et qui ne sont pas assez volumineux pour être appelés blocs. Cette espèce de fragments est une partie essentielle des masses bréchiformes.

Les grain* sont des parties de substances minérales, ordinairement arrondies, dont le volume ne dépasse pas en général celui d’un pois, tantôt libres, tantôt adhérents les uns aux autres.

Enfin, on appelle pnillcllcs de très petites plaques ou plutôt de très petites lames qui semblent avoir été détachées de substances à texture laminaire.

Les formes organique* que présentent certaines matières minérales sont ducs à l’enfouissement de corps organisés, de sorte qu’elles ont peu d’intérêt pour la minéralogie; mais elles ont d’une grande irnpor-

(I) Plusieurs naturalistes n'appliquent le mot caillou qy’aux fragments de pierres dures faisant feu sous le briquet; mais je ue vois aucun avantage dans cette restriction, qui a l'inconvénient de ne plus permettre d’appliquer le nom de cailloux à tous ces fragments roulés que l'on trouve si souvent dans le lit des rivières ou sur les côtes de la mer. A la vérité, on pare à cet inconvénient, en remplaçant le mot nit7/oif,daus le sens que je lui donne, par celui de galet ; mais l’usage du nom de caillou étant plus général, et ayant, pour ainsi dire, été consacré par les ouvrages classiques du célèbre Saussure, je l’ai préféré; d’autant plus que, dans les contrées oü l’on se sert du rnot galet dans le langage usuel, on l’emploie principalement pour désigucr la plage couverte de cailloux.

(2; La dénomination complexe de fragment.» anguleux me paraissant doutant plus défectueuse que les blocs, les plaques, les veines et les paillettes sont souvent des fragments anguleux, je me suis jn*rntis de proposer le mot Moraux, tiré de Mordille, que l’on emploie daus les arts pour désigner un assemblage de fragments de ce genre.

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tance pour la géognosie, la géogénie, la botanique et la zoologie ; aussi fait-on de leur étude le sujet d’une science particulière à laquelle on donne le nom de paléontologie, et dont nous dirons quelques mots dans le livre suivant.

La texture est l’arrangement intérieur des parties qui composent les substances minérales, elle peut être rapportée à sept modifications principales que nous désignons par les épithètes de cristalline, de feuilletée, de massive, de celluleuse, de conglomérée, d’ organique et de massive. Toutefois, il est à remarquer que ces diverses modifications passent non seulement de l’une à l’autre, mais qu’en outre elles ne s’excluent pas l’une l’autre, et que diverses catégories de texture peuvent souvent s’associer : c’est ainsi qu’un même minéral peut présenter en même temps les textures feuilletée et cristalline ou mnssive et celluleuse (1).

La texture cristalline est, comme toutes les formes cristallines, due à la force de cristallisation ; mais quoique ce3 deux propriétés se rencontrent souvent réunies, on ne doit pas les confondre; car il y a des cristaux dont la texture n’est pas cristalline, et la nature renferme des masses immenses qui ne sont pas des cristaux et dont la texture est cristalline. Cette texture peut se subdiviser en normale et anomale.

Les minéraux à texture cristalline normale se distinguent par une propriété très importante , celle d’être clivables , c’est à dire de se laisser diviser en lames minces qui se détachent parallèlement l’une à l’autre dans certaines directions déterminées , d’où on les appelle aussi laminaires; et comme le même minéral a souvent plusieurs clivages, on obtient, en opérant cette division mécanique avec le soin convenable, des solides qui sont ordinairement les formes primitives dont nous avons parlé (page SA); d’où l’on voit que cette propriété est en quelque manière le complément du caractère tiré de la forme cristalline. Toutefois le clivage se fait avec plus ou moins de facilité, et il est plus ou moins complet scion les minéraux. Quelquefois il y a trop peu de clivage pour conduire à un solide complet, et d’autres fois il y en a trop pour un seul solide.

Les minéraux à texture cristalline anomale ne sont pas clivables dans leur ensemble ; mais les diverses parties qui les composent jouissent quelquefois de cette propriété et peuvent alors être considérées comme

(I) Oo emploie souvent le mot de êtiMcture pour désigner ce que j'appelle texture; mais il m’a paru qu’il était préférable do réserver le premier de ces mots pour indiquer l'arrangement des grandes masses minérales qui composent l’écorce du globe terrestre, et d'appliquer le second à l'arrangement des parties qui composent les minéraux et les roches, et par conséquent de dire la ttruclure de V écorce du globe ou d'un terrain,* t la texture d'un minéral ou d’une roche.

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ayant la texture normale dans leurs petites dimensions. Nous désignons les principales modifications de texture cristalline anomale par les épithètes de lamellaire, de fibreuse , de radiée, de graniloïde, de porphyroïde, d’ amygdaloïde .

On entend par texture lamellaire, un assemblage de petites lames, ou de petits cristaux groupés confusémeut l’un à côté de l’autre, sous toutes sortes de directions.

La texture likreuMe peut être considérée comme le résultat de l’agrégation de cristaux capillaires, ou aciculaires, ou même bacillaires; quelquefois elle présente des fibres droites; d’autres fois elles sont plus ou moins contournées, et quelquefois comme tressées.

La texture radiée est, comme la texture fibreuse, le résultat de l’agrégation de cristaux allongés, mais qui, au lieu d’avoir une disposition parallèle, ont généralement une disposition rayonnée ou divergente.

La texture graniloïde ressemble beaucoup à la texture lamellaire et n’en diffère que parce que les lames ou cristaux qui composent l’ensemble, au lieu d’être de même nature, sont formés de minéraux différents ; d’où l’on voit que cette texture n’appartient qu’aux roches mélangées et non aux minéraux proprement dits.

11 en est à peu près de mêrnede la texture porphyroïde, qui consiste dans la présence de cristaux au milieu d’une pâte ; cependant il arrive quelquefois que la pâte et les cristaux appartiennent à la même substance et ne diffèrent que par la texture ou la couleur.

La texture amygdaloïde se rapporte aussi, comme la texture porphyroïde, à une pâte qui enveloppe des parties cristallines; mais elle eu diffère en ce que les parties cristallines, au lieu de présenter la forme de cristaux ont pris celle de noyaux plus ou moins arrondis.

Les minéraux que nous considérons comme ayant la texture feuilletée, ont la propriété de se diviser eu feuillets plus ou moins minces, ou de présenter l’apparence de semblables feuillets. Ils ont quelques rapports avec les minéruux laminaires , car on peut , à la rigueur, voir un clivage dans leur division ; mais ce clivage n’a ordinairement lieu que dans un sens, ne conduit pas à des angles fixes, ne présente pas des faces aussi lisses, et ne donne pas ordinairement des lames aussi fines. On peut distinguer chez les minéraux feuilletés trois modifications que nous désignons par les épithètes de schistoïde , de stratoïde et de globuleuse. La texture schistoïde est celle qui donne le clivage le plus facile et les lames les plus minces. Elle présente souvent deux particularités qui ne se retrouvent pas dans les autres modifications ; c’est d’abord que, quand la masse contient des bandes différentes par

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leur couleur, ou même par leur nature, on voit que les mêmes feuillets se propagent indistinctement dans les diverses parties, et que quand la masse est stratifiée, ces feuillets ont une direction différente de celle des couclies. Dans la texture straloide, au contraire, les feuillets sont toujours parallèles aux couches et ont souvent une épaisseur plus ou moins considérable au delà de laquelle tout clivage devient impossible. Enfin, dans la texture globuleuse, les feuillets sont disposés à peu près concentriquement, comme s’ils s’étaient moulés successivement sur un noyau central.

Un caractère de la texture feuilletée, c’est de s’associer avec une autre texture, en ce sens que les feuillets, une fois détachés, présentent un assemblage de fibres ou de petites lames, soit de meme nature, soit de natures différentes , ce qui donne des texfares que l’on désigne par les épithètes de strato-fibreuse , scliislo-lamellaire, schisto-granitoide, et de même pour toute autre association.

Nous désignons par le nom de texture* massives, celles où l’on ne distingue point de joints ou parties séparées, et où, par conséquent, le minéral semble former une seule masse homogène ; lorsque ces conditions sc trouvent tout à fait remplies , et que l’oeil n’aperçoit qu’une surface unie, on dit que la texture est compacte; si, au contraire, on distingue sur cette surface des inégalités qui annoncent comme des espèces de grains unis entre eux, on emploie les épithètes de saccharo'ide, de grenue et de grossière. La première indique une apparence cristalline, qui rappelle celle du sucre blanc et qui n’est à la rigueur qu’une texture, lamellaire où les lames sont devenues si petites , qu’elles ressemblent à de petits grains. Il en est de même de la texture grenue, qui ne diffère de la texture saccharo'ide que parce qu’elle a moins l’apparence cristalline. La texture grossière ne diffère, de son côté, de la texture grenue que parce que les aspérités que l’on compare à des grains sont plus fortes et plus irrégulières.

Nous désignons par la dénomination de texture celluleuse celle des matières minérales qui présentent, dans leur intérieur, des cavités visibles a l’œil nu. Ces cavités varient beaucoup par leur forme et leur qualité. Quelquefois elles ne consistent que dans de simples tubulures ou canaux sinueux qui traversent la masse; d’autres fois, celle-ci est comme criblée par une infinité de petites cavités plus ou moins arrondies et alors nous désignons cette texture par l’épithète de bulleuse (1);

(I) J'ai préféré lepithéte do huileuse J celle do poreuse, qui est beaucoup plus usitée, mais qui me parait fort impropre; car la physique nous apprend que beaucoup de corps qui noos paraissent compactes sont poi'cux.

MINÉRALOGIE

d’autres fois, ces cavités sont de dimensions fort inégales, souvent assez considérables et quelquefois comme crevées : on dit alors que la texture est scoriacée, parce qu’elle est semblable à celle des scories qui se font dans les fourneaux de fusion. Dans d'autres circonstances, les cavités, au lieu de présenter des formes arrondies dans l’un ou l’autre sens, ont des figures polyédriques, et les parties pleines ressemblent a un assemblage de barres ou de lames ; dans ce dernier cas, on dit ordinairement que le minéral est carié.

Les cavités qui se trouvent dans les substances minérales paraissent en général provenir de dégagement de gaz ou de la destruction de parties composantes qui se trouvaient renfermées dans celles qui sont demeurées intactes.

Les texture* conglomérées donnent l’idée de fragments plus ou moins considérables qui sont agglutinés ensemble, soit par un ciment visible, soit sans ciment visible. Lorsque ces fragments sont très petits, nous disons que la texture est grésiforme, et alors elle ne diffère de la texture grenue que parce que les grains sont mieux prononcés. Lorsque ces fragments sont plus gros, la texture devient poudingiforme ou bréchiforme, selon que les fragments sont des noyaux arrondis ou des fragments anguleux ; alors elle se rapproche des textures porphyroïde et amygdaloïde, dont elles ne diffèrent que parce que les fragments empâtés sont rarement cristallins et souvent plus gros. On doit aussi citer la texture oolitique qui, sous le rapport de la grosseur des fragments, doit se placer entre la texture grésiforme et la texture poudingiforme, et qui ne diffère de cette dernière que parce que les fragments qui composent la masse ont assez généralement la texture globuleuse, et sont ordinairement moins volumineux.

Les texture* organique* sont celles qu’affectent les corps organisé# que nous avons dit ci-dessus se trouver enfouis dans le sein de l’écorce du globe : on peut les subdiviser en végétales et animales.

Dans toutes les modifications que nous venons d’examiner, la texture ne se rapporte qu’à des parties adhérentes les unes aux autres ; mais il arrive quelquefois que les substances minérales se trouvent en fragments plus ou moins petits, accumulés les uns sur les autres et non adhérents. A la rigueur, on pourrait considérer chaque fragment comme une substance isolée, qui a l’une ou l’autre des textures indiquées ci-dessus, et ne voir dans la mobilité des fragments qu’une propriété mécanique. Mais, comme la réunion de ces fragments forme souvent des masses que l’on est dans l’habitude de considérer dans leur ensemble, et que ces masses ne diffèrent de celles à texture conglomérée que parce qu’elles sont

PROPRIÉTÉS GÉNÉRALES DES MINÉRAUX

meubles, nous croyons pouvoir faire figurer la texture meuble à la suite des autres modifications de texture, et y distinguer cinq catégories que nous désignons par les épithètes de terreuse, d 'arénacée, de graveleuse, de caillouteuse et de biocaille use. Dans le premier cas, les parties sont réduites à un grand état de ténuité ; elles deviennent successivement plus grosses dans les deuxième, troisième et quatrième catégories, mais cette dernière diffère de la cinquième, parce que dans celle-ci les fragments sont anguleux, tandis qu’ils sont arrondis dans celle-là.

On appelle rassure la forme que présentent les nouvelles faces qui résultent, dans une matière minérale solide, d’une séparation occasionnée par un choc, d’où l’on voit que la cassure est à peu près la même chose que la texture, puisque celle-ci détermine toujours une partie du détail des formes que présente une cassure, et que souvent la texture n’est mise à découvert que par la cassure ; mais il est à remarquer que la texture existe dans le minéral, indépendamment de la division mécanique que l’on y opère, tandis que la cassure détermine la manifestation d’autres caractères que l’on exprime par diverses dénominations; c’est ainsi que l'on dit que la cassure est droite, lorsque son ensemble présente des lignes droites; qu’elle est conchoïde, lorsqu’elle offre des enfoncements en forme de cône très surbaissé, qui rappellent l’intérieur d’une coquille bivalve. Ou dit aussi que la cassure est lisse ou raboteuse, selon que les nouvelles faces présentent des surfaces analogues à celles des corps polis, ou couvertes d’aspérités, et qu'elle est écailleuse, lorsque ces aspérités forment des espèces d’éclats qui donnent l’idée d’écailles.

Nous réunissons sous le nom de propriétés mécaniques, divers caractères qui tirent leur origine des forces connues en physique sous les noms de pesanteur et de cohésion, parce que celles dépendantes de cette dernière consistent dans la manière dont les corps résistent à des actions mécaniques, et que celles qui se rapportent à la pesanteur se manifestent par des phénomènes purement mécaniques.

La propriété de cette dernière catégorie qui intéresse particulièrement l'étude des minéraux, est celle appelée (lenaité ou pesanteur spécifique, parce que chaque substance minérale est en général douée d’une densité particulière. Nous ne nous étendrons pas ici sur cette propriété et sur la manière dont on détermine la pesanteur spécifique d’un corps, ces matières étant ordinairement traitées dans la physique. Nous rappellerons seulement que l’on exprime en minéralogie la pesanteur spécifique des corps par des chiffres qui expriment le rapport avec la densité de l’eau distillée, prise a dix-sept degrés et demi du thermomètre centésimal. Ainsi, quand on dit que la densité de l’or naturel est de 14.85,

ou par abréviation que l’or pèse 14.85, c’est comme si nous disions qu’un volume donné d’or naturel pèse 14 fois 85 dixièmes de fois un même volume d’eau distillée.

Les propriétés qui tirent leur origine de la cohésion sont très nombreuses et très variées : nous avons essayé de ranger les principales dans sept catégories, que nous désignons par les noms de consistance, de cohérence, de flexibilité, de ductilité, de dureté, de tactilité et de graphi cité. Mais cette énumération devrait être considérablement augmentée, si l’on voulait exprimer toutes les considérations sous lesquelles les minéraux sont envisagés dans les arts où l’on fait usage de ces corp3. Il est inutile d’ajouter que ces propriétés varient dans un même corps, selon la température.

La consistance se rapporte aux trois étals principaux que les physiciens désignent par les épithètes de solide, de liquide et de gazeux, et sur lesquels il est inutile de revenir ici.

Nous désignons par le mot cohérence la propriété relative à la manière dont les parties qui composent une substance solide tiennent les unes avec les autres. Lorsque ces parties sont assez adhérentes pour ne pouvoir être séparées sans un effort quelconque, on dit que la substance est cohérente; et comme l'effort nécessaire pour obtenir cette séparation doit être plus ou moins considérable, les minéraux présentent, sous ce rapport, plusieurs modifications que l’on désigne en général par les épithètes de tenace, de fragile et de friable. Le premier cas a lieu lorsque le minéral cède avec difficulté au choc du marteau, le second lorsqu’il se brise avec facilité, et le troisième lorsque les parties peuvent être séparées par la simple pression des doigts. Quand il n’y a aucune adhérence entre les parties, on dit que la substnnee est incohérente ou meuble, propriété que nous avons déjà fait connaître en parlant de la texture, mais qui appartient plus particulièrement à l’ordre de considérations que nous examinons en ce moment.

La flexibilité est la propriété qu’ont certains corps de céder, sans se rompre, aux forces qui tendent à faire plier un corps solide ; d’où l'on voit que cette propriété a beaucoup de rapport avec la cohérence; car, d’un côté, elle ne se manifeste que dans les corps cohérents, et les corps flexibles sont généralement tenaces, tandis que les corps fragiles et friables sont ordinairement roides. Mais, comme il y a des corps tenaces qui ne sont point flexibles, la flexibilité doit être rapportée à un autre ordre de considérations que la cohérence.

La ductilité est la faculté qu'ont certains corps solides de pouvoir être étendus par la pression ou par le choc sans se rompre ; cette pro-

Pirfiti 7 nd hy ( Innglp

PROPRIÉTÉS CÉXÉRALES DES MINÉRAUX

priétû a beaucoup de rapports avec la flexibilité et la cohérence, en ce sens que tous les corps ductiles sont essentiellement flexibles et tenaces, et que les corps roides, fragiles ou friables sont cassants. Aussi ce dernier mot, ainsi qu’on l’a vu ci-dessus, est-il également employé comme synonyme de fragile, c’est à dire comme une des modifleations de la cohérence ; mais, attendu qu’il y a des corps tenaces et flexibles qui ne sont pas ductiles, on doit considérer la ductilité comme différente de la flexibilité et de la ténacité. Les corps ductiles peuvent être subdivisés en deux catégories, selon que cette propriété exige des efforts plus ou moins prononcés pour se manifester. Le premier cas est notamment celui des métaux que l’on appelle malléables, parce qu’ils s’étendent sous le choc du marteau ; le second a lieu dans les corps mous qui, considérés sous ce rapport, pourraient être appelés plastiques, parce que c’est sur cette propriété que sont foudés la plupart des arts plastiques, tels que la poterie.

La dureté est la propriété par laquelle un minéral solide est susceptible d’en entamer un autre, ou de se laisser entamer par celui-ci (1). Comme les expressions de dur et de tendre ne peuvent donner que l’idée de la comparaison de deux substances et sont insuffisantes pour rendre les nombreuses variations que présente le caractère de la dureté, on l’exprime ordinairement en énonçant si le minéral dont on s’occupe raye ou est rayé par une autre substance assez généralement connue. La propriété de donner des étincelles par le choc du briquet a beaucoup de rapport avec la dureté, puisqu’il faut, pour qu’elle ait lieu, que le minéral soumis à l’expérience soit assez dur pour entamer l’acier; mais, d’un autre côté, il faut que ce minéral ait aussi beaucoup de ténacité et un volume assez considérable; car un corps très dur, mais qui est fragile, ne donnera pa3 aussi facilement des étincelles qu’un minéral moins dur, mais tenace. Et, tandis que le plus petit fragment d’un minéral conserve toujours sa dureté caractéristique, une lame mince du corps le plus propre à donner des étincelles se rompra sous le choc du briquet avant de détacher des particules d’acier, et par conséquent sans donner d’étincelles; car on sait que celles-ci sont produites par des particules d’acier détachées par le choc, et qui s’en-

(I) On confond souvent la dnreld arec la ténacité, e« qui donne lien ü boanconp d'ineon- TénienU. Je crois, en conséquence, devoir faire remarquer qu’il faul éviter de dire qu’un corps est dur lorsqu'il n’est que tenace, et tendre lorsqu’il est friable : ainsi, par exemple, le grès n’est jamais tendre quoiqu’il soit quelqnefois assez friable pour s’égrener sous les doigts; il est, au contraire, toujours asseï dur pour que ses grains puissent rayer le terre. De mémo le diamant, le plus dur de tous les corps, puisqu’il les raye tous, est assez fragile pour être brisé au premier coup de marteau.

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flamraent dans l’air par suite de la rapidité avec laquelle elles y sont lancées.

Nous désignons par le nom de (nctilité les propriétés qui se manifestent quand nous touchons des minéraux avec nos doigts. Ces propriétés se rattachent en général à la dureté; mnis le moyen d’observation étant différent, nous croyons devoir les classer sous une autre dénomination. Considérés sous ce rapport, les corps peuvent être nommés 6 près, ruiet, doux et onctueux.

Nous appelons grnphlcité la propriété qu’ont certains corps de laisser de leurs particules sur un autre corps, lorsqu’on les passe l’un sur l’autre , d’où l'on voit que cette propriété a beaucoup de rapports avec la précédente; considérés sous ce point de vue, il y a des corps qui, comme le graphite, sont écriront», d’autres qui sont simplement tachants, et une immense quantité qui sont non tachants.

Les propriétés optiques des minéraux peuvent être rangées dans trois catégories principales , selon qu’elles se rapportent à la transparence, à Y éclat et à la couleur.

Les minéraux, considérés sous le rapport de la transparence, c’est à dire de la manière dont ils se laissent traverser par la lumière , peuvent être divisés en transparents ou diaphanes, en translucides et en opaques. Parmi ces derniers, il y en a qui deviennent translucides lorsqu’ils ont été plongés dans l’eau, d’où on les appelle hydrophanes.

La transparence donne lieu d’observer des propriétés qui ont beaucoup attiré l’attention des physiciens, et qui sont quelquefois utiles aux minéralogistes pour distinguer certaines substances : ce sont celles tirées de la réfraction et de la polarisation de la lumière. Quand on regarde un très petit objet, tel qu’un trait de plume, à travers un minéral transparent, on voit, dans certains cas, une image simple et dans d’autres une image double ; d’où l’on dit qu’il y a réfraction simple dans le premier cas, et réfraction double dans le second. Cette propriété dépendant, ainsi qu’on le démontre dans la physique, de la disposition des molécules du minéral, se trouve en rapport avec le mode de cristallisation, d’où il résulte que la réfraction est toujours double et toujours simple dans le même minéral vu dans le même sens. Les substances non cristallisées et celles qui sont cristallisées dans le système cubique, ont toujours la réfraction simple, quel que soit le sens dans lequel on les examine ; tandis que les substances cristallisées dans les autres systèmes sont susceptibles de présenter la double réfraction par suite de la polarisation qu’éprouve la lumière qui les traverse, mais cet effet ne se produit pas indistinctement dans tous les sens.

PROPRIÉTÉS GÉNÉRALES DES MINÉRAL’X

L’ ceint, tel qu’on l’entend en minéralogie, est une propriété plus facile à concevoir qu’à définir. On sait que l’on emploie le mot éclat , dans le langage ordinaire, pour désigner l’aspect brillaut ou la vivacité de couleur qui distingue certains objets ; et, comme les minéraux sont souvent plus ou moins éclatants, l’indication de cette propriété est un moyen de les distinguer que l’on ne doit pas négliger, d’où s’est établi l’usage de parler de leur éclat dans les descriptions, lors même qu’au lieu d’être éclatants ils sont ternes. Cependant, dans ce dernier cas, on peut éviter le contre-sens en se servant du mot aspect, au lieu de celui d 'éclat. On peut distinguer huit modifications principales d’éclat ou d'aspect, que nous désignons par les épithètes de métallique, de vitreux, de résineux, de gras, de nacré , de soyeux, de luisant et de terne. L’éclat est sujet à présenter beaucoup de variations dans la même substance, et l’on remarque fréquemment que, dans les minéraux cristallisés, le même échantillon présente deux éclats différents selon le sens dans lequel on le regarde.

Lu couleur est celui des caractères des minéraux qui frappe le premier notre attention , mais il est loin d’être le plus important pour le minéralogiste. On peut considérer les couleurs sous le rapport de leur diversité, de leur intensité, de leur distribution et de leur constance.

Les couleurs, considérées sous le rapport de leur diversité, présentent une multitude de nuances différentes que l’on range ordinairement dans dix types ou couleurs principales désignées par les noms de rouge, à’ orangé, de jaune, de vert, de bleu, de violet, de brun, de noir, de gris et de blanc. On peut y ajouter une onzième modification que l’on appelle limpide, et qui est l’absence de toute couleur, propriété qui est toujours accompagnée de la transparence; car les corps opaques que les physiciens considèrent comme sans couleur sont blancs.

Ou subdivise ces diverses couleurs en nuances que l’on désigne, soit par des noms particuliers, soit en ajoutant au nom de la couleur des épithètes qui indiquent le passage d’une couleur à une autre, ou le rapprochement avec la nuance qui caractérise certains objets connus. Ces subdivisions sont quelquefois portées à un nombre très considérable. Voici celles qui nous paraissent les mieux caractérisées.

Pour le rouge : le ponceau que l’on peut considérer comme le type de la couleur, le rouge de carmin, le rose, le cramoisi, le rouge violâtre, le rouge noirâtre, le rouge brunâtre, le rouge de chair, le rouge de brique et le rouge de cuivre.

Pour le jaune : le blond, l’ Isabelle, 1 e jaune J'ocre, le jaune de cire, le

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jaune de paille, le jaune de citron qui est le type de la couleur, le jaune de laiton, le jaune de brome et le jaune rerddtre.

Pour le vert : le rert jaunâtre, le cert-olive, le t ert noirâtre, le r ertpistache, le vert-pomme qui est un vert très clair, le vert d'émeraude qui est le plus pur, le vert-poireau qui est un vert bleuâtre fonce, et le vertde-gris qui est un vert bleuâtre peu intense.

Pour le bleu : le bleu verdâtre, le bleu noirâtre, le bleu d'indigo, le bleu de Prusse qui est le bleu le plus pur, le bleu de ciel et le bleu de lavande qui est un bleu clair tirant sur le violet.

Pour le brun : le brun violâtre, le brun rougeâtre , le marron qui est en quelque manière le type du brun, le châtain dont le nom, quoique dérivé du mot de châtaigne, désigne un brun qui n’a point le ton rougeâtre du marron, le brun jaunâtre, le brun verdâtre et le brun noirâtre.

Pour le noir : le noir brunâtre, le noir verdâtre, le noir bleuâtre, le noir de velours qui est est le noir le plus pur, et le noir grisâtre.

Pour le gris : le gris noirâtre, le gris d'acier, le gris de cendre que l’on peut en quelque manière considérer comme le type de cette couleur, le gris bleuâtre, le gris verdâtre, le gris jaunâtre, le gris de fumée, le gris de Un, c’est à dire qui ressemble à la fleur du lin et se rapproche du rose, tandis que le gris rougeâtre se rapproche du rouge de brique.

Enfin pour le blanc : le blanc rougeâtre, le blanc jaunâtre, le blanc verdâtre, le blanc bleuâtre, le blanc grisâtre, le blanc cf étain, le blanc d'argent et le blanc de neige qui est le blanc parfaitement pur.

On se sert aussi du nom seul d’une couleur terminé en âtre pour désigner des teintes qui s’éloignent plus ou moins du type, mais qui s’en rapprochent plus que des autres couleurs. Souvent cette manière de s’exprimer n’est employée que pour indiquer les teintes qui ne sont pas assez prononcées ni assez constantes pour mériter une dénomination particulière ; mais d’autres fois elle s’applique à la réunion de quelquesunes des subdivisions admises dans la couleur principale ; ainsi, par exemple, en disant que certains minéraux sont rougeâtres, ou n’exelura pas, des teintes que l’on veut indiquer, les modifications de rouge que l’on désigne par les noms de rouge de brique, rouge de cuivre, rouge de chair, etc.

L'inlensitc de chaque nuance se distingue par les épithètes de foncée et de claire ou pâle. Cette propriété est souvent susceptible de varier avec l’épaisseur ou la cohésion de l’échantillon que l’on observe : c’est ainsi qu’une lame mince paraîtra très pâle, tandis que l’échantillon plus épais dont ou l’aura détaché , sera très foncé. Quelquefois l’intensité

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devient telle que la couleur en est changée : c’est ainsi, par exemple, qu’un échantillon peut paraître noir, tandis que, réduit en lames minces ou en poussière, il sera gris, vert, bleu, violet, brun ou rouge. Pour éviter toute erreur de ce genre, on a soin d’examiner et d’indiquer séparément la couleur de la poussière et celle de la masse.

On pourrait rapprocher de l’intensité une propriété qui s’exprime en disant que les teintes sont vives ou ternes, pures ou sales; mais ce genre de considération se rapporte aussi, jusqu’à un certain point, à l’éclat et à la nature des nuances.

Lorsque l’on considère les couleurs sous le rapport de leur iliKlributlon , on dit qu’elles sont unies ou bigarrées, selon que la masse ou le fragment que l’on examine présente une seule nuance ou plusieurs nuances; dans ce dernier cas, on dit que le minéral est rubané lorsque les diverses nuances sont disposées par bandes parallèles, rwi/lorsqu’elles ressemblent à des veines, nuagé si elles rappellent des nuages, tacheté si elles forment des taches plus ou moins arrondies, pointillé lorsque l’on voit de très petits points sur un fond d’une autre teinte, dendritique ou rviniforme lorsque l’association de diverses couleurs donne l’idée de dessins d’arbres ou d’édifices en ruine.

Si nous considérons maintenant les couleurs sous le rapport de leur constance dans une même substance, nous verrons qu’elles peuvent être divisées en couleurs propres à ce minéral lorsqu’elles en forment un caractère constant, et en couleurs accidentelles lorsqu’elles varient dans une même substance ; mais celles-ci présentent de leur côté deux modifications principales, que l’on pourrait désigner par les épithètes de fixes et de mobiles.

Les couleurs Axes sont de véritables couleurs propres par rapport à la combinaison qui en est réellement douée et ne deviennent accidentelles que par rapport au minéral dans lequel cette combinaison se trouve mélangée et où elle fait les fonctions du principe colorant. C’est ainsi, par exemple, que le vert est une couleur accidentelle dans l'émeraude, puisque ce minéral est limpide ou blanc lorsqu’il est pur, mais le vert est la couleur propre de l’acide chromique, corps qui se trouve comme principe accidentel dans les émeraudes qui jouissent de cette belle nuance verte que l’on appelle vert d’émeraude.

Les couleurs mobiles ne tiennent pas, comme les couleurs propres et les couleurs fixes, à la nature des molécules qui les réfléchissent; mais elles dépendent uniquement de la disposition de ces molécules, de sorte qu’elle disparaissent lorsque l’on détruit la cohérence entre ces molécules. On peut les subdiviser en quatre catégories que l’on désigne

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ordinairement par les noms &' iridiation, de polycltroUme , à’ astérisme et de chatoiement .

I.’lridiafion a lieu lorsqu’un corps présente la réunion des couleurs de l’arc-en-ciel. Dans les minéraux opaques cette coloration a encore certains rapports avec les couleurs fixes, car les couleurs irisées demeurent ordinairement les mêmes quel que soit le sens dans lequel on regarde le corps qui en est doué. Quelquefois ce phénomène se manifeste sans que la nature du corps annonce aucune espèce de changement , mais d’autres fois elle n’a lieu que dans une pellicule extérieure, soit que cette pellicule résulte de l’altération d’une partie de la masse, soit qu’elle provienne de matières étrangères qui la recouvrent. Dans les minéraux transparents l'iridiation ne consiste ordinairement que dans des espèces de reflets tout à fait mobiles et analogues au phénomène connu dans la physique sous le nom d’aaxea** colorés.

Il y a polychroïsnie quand les minéraux sont susceptibles de présenter diverses couleurs selon le sens dans lequel on les regarde. Cette propriété ne peut avoir lieu dans les minéraux opaques, et, comme elle dépend de l’arrangement des molécules, elle est, comme la double réfraction et la polarisation, en rapport avec le système cristallin ; ainsi tous les minéraux qui ne jouissent pas de la double réfraction sont aussi privés du polychroïsme, et sont, par conséquent, unichroïles. Ceux à double réfraction , qui ont un axe optique , peuvent être dichroîles, c’est à dire qu’ils peuvent présenter deux couleurs. Enfin les minéraux qui ont deux axes optiques sont susceptibles d’être trichroïtes, c’est à dire de présenter trois nuances, selou qu’on les regarde dans une direction parallèle au plan des axes et à la ligne moyenne, ou dans une direction parallèle au plan des axes et perpendiculairement à la ligne moyenne, ou enfin dans une direction perpendiculaire au plan et à ligne dont il s’agit.

L’aslcrixme consiste dans la propriété qu’ont certains minéraux, lorsqu’ils sont convenablement taillés, de présenter une étoile brillante dont le nombre de branches varie selon les substances.

Le chnloienienl tire sa dénomination de la propriété qu’ont certains minéraux, lorsqu’ils sont convenablement taillés, de renvoyer des reflets qui semblent flotter et se mouvoir dans l’intérieur à mesure que l’on change leur position eu imitant, jusqu’à un certain point, l’effet que les yeux des chats produisent dans l’obscurité. Ce phénomène, qui paraît proveuir de la texture fibreuse de ces minéraux, ne diffère, en quelque manière, de l’astérisme que parce que les reflets produits ne

PROPRIÉTÉS GÉNÉRALES DES MINÉRAUX

sont pas en forme d'étoiles; et il se distingue de l’iridiation parce que les reflets ne présentent pas les couleurs de l’iris.

Nous ajouterons ici quelques mots sur une propriété qui tient peut-être autant aux propriétés électriques qu’aux propriétés optiques; c’est celle de la phosphorcKcence que manifestent quelques minéraux qui deviennent plus ou moins lumineux dans l’obscurité sans éprouver d’altération dans leur nature. Cette propriété se produit soit par le frottement, soit par réchauffement, soit par l’insolation, c’est à dire par l’exposition au soleil, soit enfin par l’action des étincelles électriques ; mais elle n’est pas dans le cas d’être utile au minéralogiste pour la détermination des substances, parce qu’elle n’est pas constante et que le même minéral peut être quelquefois phosphorescent et d’autres fois non phosphorescent .

Les propriété» éleetrlques.des minéraux, comme de tous les autres corps, peuvent être envisagées au point de vue de la conductibilité, du mode de développement et de la nature de V électricité développée.

On sait que, considérés sous le rapport de la conductibilité, les corps sont conducteurs ou isolants. Les minéraux qui ont l’éclat métallique sont ordinairement de la première catégorie et ceux qui ont l’éclat vitreux ou résineux de la seconde.

Le développement de l’électricité a lieu par le frottement, par la compression, par le contact et par la chaleur. On considère tous les corps comme susceptibles de s’ électriser par le frottement, mais le plus ordinairement la quantité d’électricité développée est si faible que le minéralogiste doit la considérer comme nulle. Elle est très prononcée dans le succin. Le développement par la compression, quoique moins général, est quelquefois assez prononcé chez quelques cristaux. C’est ainsi qu’il suffit de presser dans les doigts un rhomboèdre de calcaire pour y déterminer une électricité sensible. Le développement par contact est trop faible pour s’ en occuper ici, mais c’est surtout celui par la chaleur qui a attiré l’attention des minéralogistes, parce qu’il est plus sensible et qu’il est quelquefois utile pour la détermination des minéraux. Quant à la nature de Y électricité développée , elle est parfois négative, d’autres fois positive, et certains cristaux, notamment ceux de tourmaline, acquièrent par la chaleur la polarité électrique.

Les propriété» magnétique» des minéraux se reconnaissent à l’aide d’un petit barreau aimanté mobile sur un pivot, et alors on dit que le minéral est non attirable, qu’il est allirable ou qu’il est polarisé, selon qu’il n’agit pas sur le barreau, qu’il l’attire, ou qu’il l’attire par un bout et le repousse par l’autre. Du reste il n’y a que les minéraux

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contenant du fer qui agissent sur le barreau aimanté, et parmi ceux-ci il n’y a que l’espèce nommée aimant qui jouisse de la polarité.

Les seules propriétés acoustiques des minéraux dont nous nous occuperons ici sont celles relatives au bruit qui se manifeste dans quelques substances lorsqu’on les frappe, lorsqu’on les plie ou lorsqu’on les chauffe. Sous le premier point de vue, presque tous les minéraux donnent un bruit sourd par la percussion, tandis qu.’un petit nombre de substances sont plus ou moins sonores. Sous le second rapport, on remarque que certains minéraux craquent lorsqu’on les plie ou qu’on les rompt, tandis que d’autres se plient ou se rompent sans bruit. Ënfin il est des minéraux qu’une chaleur plus ou moins forte fait pétiller ou éclater avec bruit, tandis que le plus grand nombre n’éprouvent rien de semblable.

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