TERRAINS PY ROÏ UES
On cite aussi, comme entrant encore dans la composition du terrain basaltique, plusieurs roches feldspathiques, telles que le trachyte, la perlite, l’obsidienne, le pbonolite, la tépbrine, etc.; mais ces faits ne sont pas bien constatés, vu la grande liaison qui existe entre ce groupe et les terrains trachytique et volcanique.
Les roches meubles et conglomérées du terrain basaltique forment ordinairement des couches ou des amas superficiels autour des collines basaltiques, et sont rarement en dykes; elles se composent principalement de pépérine, de vake et de fragments de basalte , soit conglomérés à la manière des brèches, soit libres.
Ces derniers affectent toutes sortes de formes, et notamment celles de boules. Ils ont souvent les textures bulleuses et scorincces ; ce sont ordinairement des fragments de ce genre qui composent le basalte bréchiforme, lequel passe et se lie intimement au basalte massif; car, lorsque celui-ci est traversé par de nombreuses fissures, il est souvent difficile de le distinguer de celui-là. La pépérine basaltique est aussi ordinairement bréchiforme, d'autres fois elle est meuble, sa couleur est souvent le brun-jaunâtre; tandis que la pépérine volcanique est plus communément grisâtre, noirâtre ou rougeâtre. Elle paraît n’étre quelquefois qu’un basalte altéré passant à la vake.
Le terrain basaltique a des llalttont* avec tous les autres dépôts, à l’exception des terrains modernes. Nous avons déjà indiqué que ces liaisons étaient intimes avec les groupes qui l’avoisinent dans l’ordre de notre tableau, mais elles ne sont que mécaniques avec les autres groupes, c’est à dire que le3 dykes et les culots basaltiques traversent seulement ces dépôts sans qu’il y ait réellement de passage de composition, ci ce n’est que les roches meubles ou conglomérées du terrain basaltique se lient intimement avec les dépôts tertiaires qui les avoisinent et renferment même des fossiles analogues à ceux de ces dépôts.
3' Sov»-ordre. — Tcrrnln volcanique (1).
Cnrnclércs généraux. — Le terrain volcanique, qui se trouve ordinairement dans le voisinage des terrains trachytique et basaltique, a tant de ressemblance avec ceux-ci, qu’il est souvent très difficile de les distinguer; aussi cette distinction doit-elle se faire par un ensemble de
(1) C’est le terrain taviqMf des auteurs qui compreoocnl les terrains basaltique et traclijtique dans la divisiou du terrain volcanique.
GÉOCSOSIE.
circonstances plutôt que par des caractères positifs. Nous ne pourrions même, dans l’état actuel de la science, indiquer d’autre caractère exclusif que la liaison ou l’iutercnlation avec des terrains modernes. On peut dire aussi que la présence d’un cratère, c’est à dire d’un enfonce* cernent en forme de bassin au sommet d’une élévation conique, est une circonstance caractéristique du terrain volcanique, et que dans aucun autre dépôt les roches n’ont autant de tendance à prendre la forme de coulées.
Les massifs volcaniques ont , en général moins d’étendue que ceux des terrains t rachitique et basaltique, et, quoiqu’ils soient ordinairement disposés par groupes ou par chaînes, la continuation du terrain volcanique y est presque toujours interceptée, surtout par des dépôts basaltiques et trachytiques. Ils ont, ainsi que ces deux terrains, beaucoup de tendance à former des élévations coniques qui atteignent quelquefois une très grande hauteur, mais qui alors ont ordinairement pour base des dépôts trachytiques ou basaltiques ; d’autres fois le terrain volcanique ne constitue que de petites éminences.
Les roches qui composent ce terrain peuvent , comme celles des terrains tracliy tique et basaltique, se diviser, sous le rapport de leur texture, en deux systèmes particuliers : l’un, composé de roches massives et cristallines; l’autre, de roches meubles et conglomérées.
Les premières, que l’on désigne ordinairement par le nom de lares, ont, assez généralement, la forme de coulées qui, le plus souvent, partent d’un point quelconque d’une élévation conique, et s’étendent plus ou moins loin en suivant la pente du sol; ces roches se trouvent aussi en fragments de diverses grosseurs. Elles ont ordinairement une texture celluleuse et renferment quelquefois une si grande quantité de cristaux qu’elles prennent la texture porphyroïde ou granitoïde. Parmi les cristaux on distingue beaucoup de minéraux qui n’ont été observés que dans ccs roches. Du reste, la connaissance minéralogique des laves est encore peu avancée. Il n’y a pas très longtemps que l'on n’y voyait qu’une seule espèce; depuis lors on a cru pouvoir en distinguer plusieurs; nous n’en donnerons pas l’énumération, parce que les auteurs ont souvent confondu les terrains trachytique et basaltique avec le terrain volcanique et nous nous bornerons à citer la téphrine comme l’une des plus communes.
Les roches conglomérées et meubles du terrain volcanique forment des amas superficiels et des couches régulières ; elles composent le plus communément la majeure partie des élévations coniques surmontées par des cratères, et d’où partent les coulées de laves. Ces élévations
TERRAINS PYROÏDES.
forment souvent comme une espèce de centre, d’où la puissance du terrain volcanique va toujours en diminuant, aussi, quand les dépôts volcaniques s’étendent à une certaine distance de ccs élévations, ils ne forment ordinairement que de3 couches très minces. On remarque aussi que le volume des fragments qui composent ces dépôts va toujours en diminuant à partir de ces centres. Les dépôts qui en sont éloignés ne présentent en général, que des masses terreuses ou arénacécs que l’on appelle vulgairement cendres volcaniques-, tandis que dans le voisinage des cratères on voit une grande quantité de fragments d’un volume très considérable qui, en général, ont la forme et la structure celluleuse des scories qui se forment dans nos fourneaux.
On donne dans l’Amérique méridionale le nom de moya à un dépôt de ce genre, remarquable parce qu’il contient une assez grande quantité de charbon pour que les habitants du pays l’emploient comme combustible.
Indépendamment des minéraux ou des roches qui se trouvent empâtés dans le terrain volcanique sous la forme de cristaux et de fragments, on en voit aussi assez souvent qui s’y trouvent disposés d’une manière analogue aux dépôts sublimés qui sc font dans les cheminées de nos fourneaux : ce sont notamment du soufre, du réalgar, du sel marin, du salmiac, de la sassoline, etc.
Le terrain volcanique traverse et recouvre tous les terrains neptuniens, mais il en est indépendant, et n’u de liaisons réelles qu’avec les terrains modernes et peut-être avec les terrains quaternaires. On a dit cependant qu’il se liait aussi avec des dépôts tertiaires, mais cette circonstance est loin d’étre constatée et il paraît que les faits sur lesquels on a voulu l’appuyer se rapportent aux terrains basaltique ou trachytique.