‹ Abrégé de géologieChapitre 78 sur 110 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

NOTIONS GÉOGNO.STIQUES.

Aperçu général. — Le sol de la Belgique présente les terrains que nous désignons par les épithètes de moderne s , de quaternaires , de tertiaires, de crétacé, de jurassique , de permien, de houiller, de dévonien, de rhénan , de silurien et de purphyrique , de sorte qu’il n’y manquerait que les divisions que nous avons nommées terrains cristaUophyllien, granitique, ophiolilique, trappéen, trachytique, basaltique et volcanique. On y trouve aussi les matières de filon , que Dumont nomme terrain geiserien; mais nous n’en parlerons , ainsi que du terrain porphyrique, qu’à l’article des autres dépôts dans lesquels ils sont intercalés. Il est à remarquer que les dépôts jurassiques et permiens ne se trouvant qu’au sud et à l’est du massif primaire de l’Ardennc, on peut dire que dans 13 Belgique proprement dite les dépôts crétacés , tertiaires et quaternaires reposent immédiatement sur les terrains primaires. De sorte qu’il y a une ligne de démarcation extrêmement tranchée entre les deux divisions que nous avons distinguées par les noms de terrains primordiaux et secondiaux. En effet, les premiers présentent des couches fortement disloquées, presque toujours plus ou moins inclinées ou plissées, et quelquefois si relevées qu’elles sont tout à fait verticales ou renversées, c’est à dire que, en suivant deux mêmes couches, on voit qu’elles se replient l’une sur l'autre, de manière que celle qui était au dessus dans un lieu devient inférieure dans un autre lieu; les roches y sont en général cohérentes , de couleurs foncées , traversées par de nombreux filons et

NOTIONS CÊOCNOSTIQLES.

renfermant une grande quantité de parties cristallines. Dans les dépôts de la seconde catégorie , au contraire , les couches sont toujours à peu près horizontales, les roches souvent meubles ou peu cohérentes, de couleurs ordinairement claires et ne renfermant presque jamais de filons ou de parties cristallines.

lre Section. — Terrain silurien.

Considération préliminaire. — Ce n’est qu’avec doute, et pour nous conformer au rapprochement qui a été fait par d’autres géologues, que nous considérons comme siluriens les dépôts que Dumont a nommés terrain ardennais (1), car, comme on n’a pas encore trouvé dans ces dépôts des fossiles déterminables et que l’on ne sait pas sur quoi ils reposent, on n’a pas jusqu’à présent de moyens bien certains pour dire qu’ils représentent le terrain silurien plutôt que des assises plus anciennes. Il ne serait même pas impossible qu’ils appartinssent au terrain rhénan, quoique cette opinion ne paraisse pas très probable, attendu que Dumont avait observé une discordance de stratification entre ses terrains ardennais et rhénan.

Division en massifs. — Ce géologue avait également reconnu que le premier de ces terrains forme en Ardenne quatre massifs, séparés les uns des autres par du terrain rhénan et qu’il désignait par les noms des ville3 ou villages de Stavelot, de Itocroy, de Givonne et de Serpont.

Le massif de Stavelot occupe une partie du nord de l’ Ardenne , en s’étendant de Dochamps (Luxembourg) à Schevenhutte (Aix-la-Chapelle) sur les territoires belge et prussien.

Le massif de Itocroy, dans le sud-ouest de l’ Ardenne, se prolonge des environs d’Hirson (Aisne) à ceux de Louette-Saint-Pierre (Namur); il est aussi assez étendu , mais situé pour la plus grande partie sur le territoire français.

Le massif de Givonne, dans le sud-est de l’Ardcnne, s'étend de Mazy (Ardennes) à Muno (Luxembourg); il est très restreint et presque entièrement compris sur le territoire français.

Enfin le massif de Serpont, au sud de Saint-Hubert, n’occupe qu’un très petit espace.

Caractères généraux. — Le terrain silurien de l’ Ardenne est principalement composé de roches schisteuses et quartzeuscs métaraor-

(1) Mémoires de l’Académie royale rtc Uclgiquc, l. XX cl XXI.

GÉOLOGIE UE U BELGIQUE

phiques. Dumont le divisait en trois étages , qu’il désignait respectivement par les noms de systèmes devillien , rétinien et salmien , tirés des lieux nommés Deville (Ardennes) (1), Revin (Ardennes) et Viel-Salm (Luxembourg).

L’étage Inférieur, ou système devillien, que Dumont considérait comme le dépôt le plus ancien que l’on connaisse en Belgique , forme cinq petits massifs qui percent les dépôts supérieurs, savoir : deux dans le massif de Stavelot et trois dans celui de Rocroy.

Cet étage est principalement composé de phyllades et de quartzites qui passent de l’un a l’autre par une grande quantité de nuances intermédiaires.

Les phyllades ont , d’après Dumont , la pyrophyllite pour base. Il» présentent , dans plusieurs localités , les caractères qui constituent les bonnes ardoises propres à couvrir les toits, et donnent lieu, sur le territoire français , à plusieurs exploitations très importantes : telles sont celles de Fumay, de Deville, de Montbermé, de Rimogne. On en exploite aussi sur le territoire belge, notammeut à Oignies. On sait que les ardoises sont ordinairement d'un gris bleuâtre , mais elles passent au verdâtre, nu violâtre, au rougeâtre et même au jaunâtre lorsqu’elles sont altérées. Il est à remarquer, à propos d’altération, que les phyllades qui se montrent au jour sur les plateaux , tant ceux de cet étage que ceux des autres étages siluriens et rhénans, sont généralement tendres et friables, doux au toucher, de couleur plus pâle et se transforment en une terre légère, onctueuse, qui ne fait point pâte avec l’eau et qui recouvre ordinairement tous les plateaux de l’Ardenne. Les phyllades que l’on observe sur les flancs des vallées sont en général plus tenaces et presque point altérables.

Le quartzite est quelquefois très pur et de couleur blanche, d’autres fois il est verdâtre et passe dans les parties supérieures au rougeâtre ; il est ordinairement très cohérent, mais devient parfois friable, surtout sur les plateaux.

Il y a, comme nous l’avons déjà indiqué, une foule de nuances intermédiaires entre les phyllades et les quarzites, et toutes ces roches renferment des veines de quartz ainsi que des paillettes, des cristaux ou des

(1) Le département français des Ardennes forme, dans le territoire belge, entre Méïières et Givet, une pointe qui suit l'étroite et profonde vallée de la Meuse, et comme on peut beaucoup mieux observer les roches dans cette espèce d<* fente que sur les plateaux plus ou moins couverts de végétation qui la bordent, nous avons été conduits, Dumont et moi, à y prendre plusieurs de nos types cl à citer des roches qui n’ont pas encore été observées sur lo territoire belge, mais qui doivent, sans doute, s’y prolonger, vu le peu de largeur <Je la pointe dont il s’agit.

NOTIONS GÉOCNOSTIQl’F.S. NOI

grains de pyrophyllite , de chlorite, de marcassite, d’aimant qui sont quelquefois assez abondantes pour déterminer des variétés particulières.

On n’a pas encore trouvé de fossiles dans cet étage.

L’étage moyen, ou /système rétinien, est plus développé que le précédent ; il compose la majeure partie des massifs de liocroy et de Stavelot, ainsi que tout le petit massif de Givonne; c’est cet étage qui atteint la plus grande altitude du sol belge. Il est , comme l’étage inférieur , principalement composé de phyllades , de quartzites et de roches intermédiaires ; les quartzites y sont plus souvent colorés eu gris, en bleuâtre et en noirâtre ; les phyllades y donnent plus rarement de bonnes ardoises pour couvrir les toits que ceux de l’étage inférieur; il y a cependant quelques petites ardoisières en exploitation sur le territoire belge. Il existe aussi de ces phyllades plus tendres qui sont exploités, notamment à Farnières et à Ennal, dans le massif de Stavelot, pour faire des crayons qui servent à écrire sur les ardoises plus dures. D’autres fois les phyllades tendres deviennent noirs, passent à l’ampélite et ont donné lieu à des recherches infructueuses de charbon. On trouve aussi dans ee3 roches des veines de quartz , des paillettes de pyrophyllite et d’ottrélile , des cristaux de pyrite et de limonitc.

M. Davreux rapporte (1) que l’on a trouvé des fragments de trilobite dans les phyllades de Sohvaster; c’est la seule indication de fossiles que l’on connaisse dans cet étage.

L’étage supérieur, ou système salmien , se trouve dans la partie . méridionale du massif de Stavelot, et forme à lui seul le petit massif de Serpont. Il est principalement composé de phyllades et de roches intermédiaires entre ceux-ci et le quartzite, mais ce dernier y est moins commun que dans les étages précédents. La présence respective dans ces roches de l’oligiste en grains violets, de l’ottrélite en paillettes noirâtres et de l’aimant en petits cristaux octaèdres , détermine l’existence de variétés particulières. On exploite dans cet étage des ardoises pour couvrir les toits , notamment à Yiel-Salm ; elles sont très solides , mais ne se divisent pas en feuillets aussi fins que celles de l’étage inférieur. Un caractère qui distingue ces ardoises est de renfermer de petits bancs ou zones de coticule jaunâtre ou verdâtre que l’on exploite, notamment à Salm-Château, au Sart, à Lierneux, à Bihain, sous le nom de pierres a rasoirs, et que l’on exporte dans une grande partie de l’Europe. Il y a ordinairement entre le phylladc et le coticule une union intime dont on

(I) Mémoire sur la constitution gêognostique tic la province de Liège dans le tome IX des Mémoires couronnés par l'Académie de Bruxelles.

ARRKOB DI cfcolOGII. 32

ÜÉOtOCIK DK l.A BRI.GIQUE.

profite , autant que possible , pour laisser une bande de phyllade dans chaque pierre à rasoir. Ces roches présentent quelquefois des altérations qui les font ressembler à des ocres jaunes ou rouges , que l’on a déjà employées à faire des couleurs grossières.

On a trouvé dans cet étage , aux environs de Spa et de Lierneux , quelques traces de fossiles; celles de la première de ces localités paraissent appartenir au règne végétal, et celles de la seconde sont des crinoïdes trop mal conservées pourque l’on puisse en déterminerl’espèce.

Les massifs siluriens dont nous venons de parler sont traversés par des dyltes de diverses natures. On trouve notamment à Mairus, près de Deville, des masses que l’on a souvent prises pour des couches modifiées, mais que Dumont considérait comme des dykes d’une roche particulière qu’il nommait hyalophyre. Cette roche est composée d’une pâte qui parait être une eurite à peu près infusible, renfermant des cristaux quadri-hexagonaux, simples ou maclés, d’orthose, des grains, des noyaux, des cristaux dodécaèdres de quartz et de quelques autres minéraux. Cette roche a souvent la texture massive, alors elle est très tenace et on l’emploie dans les constructions ; d’autres fois elle est schistoïde, elle passe aussi sur les bords à la texture bréchiforme et renferme des fragments de quartzite, de phyllade et des roches intermédiaires.

Dumont citait également des dykes d’eurite et d’albitc, soit simples, soit chloritifères ou phylladifères ; mais nous sommes porté à croire que parmi ces masses, surtout parmi celles à texture schistoïde, il y en a qui doivent être considérées comme des couches qui ont subi les actions métamorphiques plus fortement que les phyllades ordinaires.

Les filons de quartz sont très abondants dans les massifs siluriens, ils forment quelquefois des murs épais et ne consistent d’autres fois qu’en de simples veines. Ce quartz est ordinairement blanc, mais parfois il est coloré superficiellement en jaune, en rouge, en noir ou en vert, par des enduits de limonite , d’oligiste, d’acerdèse , de chlorite ; sa texture est ordinairement compacte ou celluleuse. Les cavités présentent fréquemment des cristaux de quartz limpide ou blanc. On y remarque aussi, du moins dans l’étage supérieur, de la marcassite, de la phillipsite , de la chalkosine, de l’azurite, de la malachite, de l’oligiste spéculaire, de la limonite, de l’aphérèse, de Pandalousite, de la pyrophyllite, de la pholérite, des hydrosilicates magnésiques, du calcaire ferro-manganésifère, etc. Ils passent de cette manière à de véritables filon* cristallins; il y a notamment de ces derniers dans les environs de Yiel-Salm qui contiennent de l’oligiste spéculaire en grandes lames, quelquefois en cristaux, accompagné de pyrophyllite radiée. On cite également quelques

NOTIONS UÉOGNOSTIQUES.

filon* fragmentaires de limouite et de manganèse , mais à l’exception de celles de manganèse, il n’existe point d'exploitations métalliques dans ce terrain.

2e Section. — Terrain rhénan .

Caractères generaux. — Le terrain rhénan de Belgique a beaucoup de rapport avec le terraiu silurien ; aussi avions-nous réuni pendant longtemps ces deux groupes sous la dénomination de terrain ardoisier ; mais Dumont ayant reconnu qu’il y avait discordance de stratification, nous avons cru devoir adopter la division qu’il avait proposée. Ce terrain est aussi principalement composé de roches schisteuses et quartzeuses. Les phyllades y sont généralement moins feuilletées et tendent davantage à se rapprocher du schiste que ceux du terrain silurien. Lorsque ces roches sont à découvert , ou lorsqu’elles ne sont surmontées que par leurs propres débris, comme en Ardenue, elles déterminent l’existence de contrées stériles; mais en Brabant, où elles sont généralement recouvertes par des dépôts plus récents , notamment par du limon, le sol est très fertile.

Etendue et divUion en magnifs. — Le terrain rhénan , tel que nous l’admettons, forme en Belgique trois massifs de grandeur très inégale : l’un recouvre une grande partie de. l’Ardenne, où il est pour ainsi dire percé par les quatre massifs de terrain silurien, dont nous venons de parler;. Le second forme une bande très étroite le long de la Meuse et de la Sambre depuis le nord de Huy jusqu’au sud-ouest de Charleroy , où elle se perd sous les dépôts supérieurs pour se remontrer dans quelques vallons au sud-ouest de Mons. Le troisième s’étend dans le Brabant et les contrées voisines. Ces trois massifs sont séparés les uns des autres par du terrain dévonien, qui sépare aussi le massif rhénan de l’Ardenne de celui du Khin. De sorte que l’on peut considérer le terrain rhénan d’entre l’Escaut et le Rhin comme appartenant à un grand massif, plissé de manière à recevoir dans ses dépressions des dépôts de terraiu dévonien qui le divisent en massifs distincts.

Le massif de l'Ardenne présente les trois étages que Dumont distinguait dans le terrain rhénan.

L’étage Inférieur, ou système gédinnien, y forme deux massifs étroits : l’un qui longe le massif silurien de Stavelot, l’autre qui entoure les massifs siluriens de Serpont, de Givonne et de Rocroy, lorsque ceux-ci ne sont pas immédiatement recouverts par des dépôts secon-

GÉOLOGIE DE LA BELGIQUE

claires. Cet étage commence par des poudingue s qui ne se montrent quelquefois que par des blocs épars sur le sol. Ces poudingues sont parfois entièrement quartzeux, mais d’autres fois ils contiennent des phyllades, de la pvrophyllite, des hydrosilieates magnésiques, du kaolin, de la hornblende. Les fragments qui les composent sont souvent très petits, rarement gros , quelquefois immédiatement soudés entre eux , d’autres fois unis par une pâte qui passe au quartzite, au psammite et au phvllade. Ces poudingues ont en général de la tendance à prendre la texture schistoïde; ils sont exploités, notamment àFepin, au sud de Givet, pour servir à la construction des bâtiments et des routes. On trouve au dessus des poudingues, aux en virons de Naux-sur-la-Semois, du calcaire et du calschiste, qui s’unissent intimement avec les phyllades qui les entourent. Ces dernières forment la partie supérieure de l’étage : leurs couleurs sont très variables et présentent du rougeâtre, du grisâtre, du noirâtre, du bleuâtre, du verdâtre, soit uni, soit bigarré; ils passent aussi au schiste, au psammite, au grès, au quartzite, au poudingue, à l'arkose. Il y en a qui renferment beaucoup de petits octaèdres d'aimant. On rencontre aussi dans les roches de cet étage de la murcassite, des veines, des cristaux, des paillettes ou des grains de quartz, de limonite, d’aeerdèse, de chloritc, de pvrophyllite, d’orthose, etc.

L’étajçc moyen , ou système eoUenhien de Dumont, se montre sur une étendue beaucoup plus considérable que les autres dépôts qui recouvrent le sol de l’Ardenne, et réunit, en quelque manière, tous les massifs dont nous avons parlé jusqu’à présent. Il est principalement composé de phyllade et de quartzite, passant au schiste, au psammite, au grès, à l’arkose.

Les phyllades sont quelquefois susceptiMcs d’être employés comme ardoises pour couvrir les toits, surtout dans la partie méridionale, où plusieurs ardoisières sont ouvertes. L’une des principales est celle d’IIerbeumont, à l’est de Saint-IIubert. Les arkoses sont exploitées, notamment à Rogery, pour servir de pierre à aiguiser les faux. Les roches de cet étage renferment beaucoup de minéraux disséminés, surtout celles qui se trouvent dans une zone qui traverse l’Ardeune dans le sens de sa longueur , en passant , entre autres , à Bastogne , et où les phénomènes métamorphiques ont exercé plus d’action que dans le reste de la contrée. Parmi ces minéraux, nous citerons le gfenat, l’ottrélite, la bastonite (I), la pvrophyllite, la chloritc, l’actinote, l’aimant, le

(!) Dumont atail donné le nom do batlonile 4 une substance qu’il considérait comme une espèce particulière voisine de l'otlrélile.

NOTIONS GÊOUNOSTIQUES.

kaolin, l’orthose, des hydrosilicates mngnésiques, etc. Quelques-unes de ces substances, notamment l’aimant, l’ottrélite, le grenat, sont assez frequentes et assez abondantes pour caractériser des variétés de roches. On y trouve aussi du calcaire qui se présente sous la forme de crinoïdes ou d’autres corps organiques, et qui, entre Bouillon et Charleville, compose des bancs ou amas, plus ou moins développés, que l’on exploite pour faire delà chaux. Ces bancs de calcaire sont ordinairement bleuâtres, traversés par des veines cristallines blanches; ils prennent souvent la texture schistoïde, et se lient intimement avec les phyllades qui les entourent.

Les traces de fossiles sont assez nombreuses dans cet étage , mais ces corps sont rarement susceptibles d’ètre bien déterminés. On y a cependant recueillis plusieurs espèces de trilobites , de brachiopodes , d’échinodermes , ainsi que le PUmrodyctium problematicum . Dumont avait observé aux environs de Bastogue des phyllades qui contiennent en même temps beaucoup de grenats et des débris de coquilles.

La partie quartzeuse de cet étage est particulièrement favorable à la croissance des arbres, et donne naissance à de vastes forêts, tandis que c’est sur les parties schisteuses que dominent les plaines incultes,

L’clage supérieur, ou »y«tàiie ahrien de Dumont, ne forme qu’une bande très étroite entre les étages inférieurs et le terrain dévonien, et encore cette bande cesse au nord d’Ernonheid (Liège), où le terrain dévonien repose immédiatement sur l’étage moyen et plus au nord sur le terrain silurien. Les roches de eet étage ont un aspect moins métamorphique que celles des étages inférieurs ; ce sont des schistes plutôt que des phyllades, des psammites plutôt que des quartzites (1).

Le terrain rhénan de l'Ardeune est, comme le terrain silurien, traversé par de nombreux dykes de quartz blanc, qui passent à l'état de filons cristallins et à celui de simples veines. Parmi les matières métalliques de ces filons, on cite de la galène, de la marcassite, de la sperkise, de la stibine, de la chalkopyrite, de la limonite, de l’oligiste, du sidérose, des mangauides, etc. La seule de ces substances qui donne lieu à une exploi-

(I) M. Gosselet, dans son Mémoire sur 1rs terrains primaires de la Belgique, «te., Paris, 1860, émet l’opinion que cette bande devrait être réunie au système du poudingue do Bumot. L'aspect des roches, qui sont moins métamorphiques que celles des étages inférieurs, m'avait aussi conduit anciennement  la même manière de voir, mais, lorsque Dumont a eu publié son grand travail sur le terrain rhénan, j’ai cru devoir adopter le classement de ce savant stratigraphe, et je ne crois pas que l’on ait donné, jusqu’à présent, des motifs suffisants pour nécessiter un changement. Du reste, selon moi, cette question est très peu importante, attendu que quand deux divisions se suivent immédiatement dans la série, il y a, ainsi que je l’ai déjà dit, presque toujours autant de raison* pour mettre l'assise intermédiaire dans la division supérieure aussi bien que dans Indivision inférieure.

GÉOLOGIE DE I.A BELGIQUE

tation remarquable sur le territoire belge est la galène de Longwilly près de Bastogne. On peut aussi citer quelques filons de sable.

Nous avons déjà fait connaître que le petit massir qui s’étend sur les bords de la Srnnhre et de la Meuse ne forme qu’une bande très étroite, qui perce au milieu du terrain dévonien. Il se compose de phyllades, passant au schiste et au psnmmite. On a déjà exploité de ces phyllades pour couvrir les toits, mais ils n’ont ni la solidité ni le clivage nécessaires pour se prêter à cet usage. Dumont avait observé à Benzet près de Fosse, et au nord de Huy, des traces de dykes ou de culots d’eurite quartzeuse (1).

Le niatislf rhénan du Hrabant s’étend entre deux lignes, dont l’une se dirige d’Ath en Hainaut vers Liège, l’autre de Hal à Jodoigne ; mais il est ordinairement recouvert par des dépôts secondaires, tertiaires ou quaternaires, et les roches rhénanes ne paraissent que dans le fond des vallées, on sur quelques points isolés qui sont comme les sommités d’un ancien monde enseveli sous des dépôts plus nouveaux. Parmi les lieux où ces sommités sont le plus à découvert, nous citerons les environs de Tubize sur la Senne, d’Ottiguies sur la Dyle et de Fumai sur la Méhagne (2).

Dumont n’avait reconnu dans ce massif que les étages inférieur et moyen; ce dernier se dégage de dessous le terrain dévonien du côté du midi, le premier se perd sous les dépôts tertiaires du côté du nord. Les roches y ressemblent à celles des parties les plus métamorphiques des étages correspondants de l’Ardcnne, sauf que les poudingues n’y sont presque

(1) M. Gosselet (Bulletin de la Soc. gêol. de France, IRAI. XYIll, Î*S8'> annonce avoir trouvé dans cotte petite bande, prés de Fosse, des fossiles qu'il considère comme siluriens, mais cos fossiles n 'avant point été déterminés spécifiquement et ressemblant pour la plus grande partie à ceux deGembloux, dont il va être parlé, je crois pouvoir appliquer, en faveur de l'opinion de Dumont, sur le classement du massif rhénan de Sambre et Meuse, les observations que l’on va trouver dans la note suivante sur le massif du Brabant.

(3) M. Gosselet, dans le beau travail que j’ai cité à la page 505, range la majeure partie de ce massif dans le terrain silurien et il fonde son opinion sur quelques fossiles que l'on avait recueillis à Grand-Manil, prés de Gembloux. J’avais aussi été conduit, par l’aspect des roches,à rapprocher ce massif de la partie la plus ancienne de l’Ardenne; mais lorsque Dumont est parvenu, ainsi qu’il a été dit ci-dessus (p. 503), à établir des divisions régulières dans les dépôts que je réunissais sous le nom de terrain ardoisier , et qu’il a classé le massif du Brabant dans le groupe supérieur, c’est à dire dans son terrain rhénan ou terrain dévonien inférieur des auteurs, j’ai cru devoir m’incliner devant une autorité aussi imposante, d’autant plus que mon opinion n’était fondée que sur des caractères minéralogiques, dans lesquels il y a lieu de ne voir avec Dumont que l’effet d’une action métamorphique, plus forte dans le Brabant que dan» l’Ardenne. Quant aux considérations paléontologiqucs, qui ont déterminé M. Gosselet, il me semble qu’elles sont fort atténuées par les observations postérieures. En effet, lorsque M. Gosselet a publié son travail, on ne connaissait encore que des fossiles si mal conservés que l’on n’avait pu faire d’autres déterminations spécifiques que celle de la Lcplœna depreësa, espèce sur la valeur géognostique de laquelle on n’est pas encore d'accord. Depuis lors, M. Malaise, qui

NOTIONS GÈOUNOSTIÜL'KS.

pas représentés. Les quartzites sont communément d'un gris blanchâtre ou d’un gris rougeâtre, plus rarement noirâtres ou d’un gris foncé que ceux de l’Ardenne; d'autres fois ils sont bleuâtres ou verdâtres; leur texture, ordinairement grenue à cassure cireuse, devient quelquefois presque compacte, et d’autre3 fois elle se rapproche de celle des grès. Leur stratification est ordinairement masquée par les nombreuses fissures dont ils sont traversés. On les emploie principalement à faire des pavés, et on en extrait beaucoup entre Gembloux et Jodoigne, où ils s’élèvent fréquemment au niveau du sol, lequel est ordinairement recouvert de limon. Les phyllades ne sont en général ni assez clivahlcs ni assez inaltérables pour être employés à couvrir les toits. On rapporte cependant que la halle d’Enghien a été couverte avec des ardoises extraites à Steenkerque, village des environs. Ces roches prennent quelquefois un aspect gros, qui les rapproche du coticule. Elles passent non seulement au quartzite, mais aussi au psammite, à l’arkose, nu stéaschiste, à l’ampélite, et ce dernier passage a quelquefois, comme en Ardenne, donné lieu à des recherches infructueuses de charbon. Elles renferment parfois des hydrosilicates magnésiques , de l’ottrélite , de l’aimant et d’autres substances. On exploite, notamment à Clabbeek, une arkose chloritifère dont on fait des pierres de taille, des dalles et d’autres matériaux de construction. Les matières feldspathiques deviennent surtout abondantes dans le voisinage des culots porphvriques dont nous allons parler, mais il est à remarquer que ces matières se trouvent plutôt dans les couches qui sont à quelque distance des culots que dans celles qui sont en contact immédiat.

habite Gembloux, y a recueilli un grand nombre de fossiles dont il donne (Au//, de T Académie de Belgique, <862, XIII, <70) la liste suivante :

Phacops la t if r on s, Roem.

- Sp.

Homalonotus.

Plenrotomaria. Sp. n. T

Conulana Y

Spirifer microplerus, fini (if.

Albyris, Sp.

OrthiamurchuonM/e Venu (I.eptæna pii cala, Sow.)

— Sedgwicki, d'Arclu et de V.

M. Malaise, en faisant observer qne la plupart de ces formes sont considérées par M. Gosselet lui-même comme caractéristiques du dévonien inférieur, ajoute qu'il n'a rencontré aucun fossile qui se rapprochai des genres Trinucleue et C alymene, de sorte que ses observations paléontologiques confirment l'opinion À laquelle Dumont avait été conduit par ses observations slratigraphiques; et cette opinion est aussi partagée par M. Dewalque qui s’est rendu sur les lieux pour vérifier les observations de M. Malaise et par M. de koninck auquel les fossiles ont été soumis.

Orthis Orbicnlaris, de Vern.

Strophomena la liens la, Sandb.

— piligera, ld.

Lepta>na depressa, Sovj.

— lamiolata, Sandb.

— Sp.

Choncles Sarcinulata, Schl. Sp.

Gypricardia Y Cyathophyllum Y

GÉOLOGIE DE LA RELGIQUE

Ces culots ou dykes porphyriqucs se remarquent principalement sur une ligne dirigée de l’ouest à l’est, de Lessines (Hainaut) à Hozémont (Liège); mais les deux localités les plus remarquables sont Quenast et Lessines qui représentent, sans doute, la tête de deux énormes culots ou dykes, sur lesquels on a établi d’immenses carrières qui fournissent des pavés très recherchés à cause de leur solidité, et que l’on exporte jusqu’en Hollande et même jusqu’à Paris. La roche que l’on y exploite a reçu diverses dénominations, parce que sa composition est fort variable, et parce que l’on a été longtemps dons l’incertitude sur la nature de ses éléments, incertitudes qui ont été levées par l’analyse que M. Delesse en a faite (1). On peut la considérer comme un porphyre chloritifère dont Dumont faisait une espèce particulière sous le nom de chlorophyre. Elle est principalement composée d’oligoklasc et de chlorite. La première de ces substances forme de petits parallélipipèdes cristallins, et une pâte plus ou moins colorée en vert par la chlorite. Lorsque l'on examine cette roche dans une cassure fraîche, elle paraît grenue et lamellaire plutôt que réellement porphyroïde; mais lorsqu’elle est polie, la texture porphyroide se montre d’une manière très nette et l’on voit les parallélipipèdes d’oligoklase blanc ou vert clair se détacher d’un fond verdâtre plus foncé; ce fond passe quelquefois au noirâtre; d’autres fois, mais plus rarement, au rougeâtre. Les parties noirâtres forment pnrfois des espèces de taches ou de noyaux que l’on pourrait prendre pour du mélaphyre, ou même pour du trapp, lorsque les parallélipipèdes d’oligoklase se confondent avec la pâte. Cette roche renferme, comme parties accidentelles, de l’épidote, de l’amphibole, de l’axinite, du quartz, du calcaire, des pyrites, de la ménakanite, etc. Elle est traversée par un grand nombre de joints; ceux qui se trouvent vers l’extérieur du massif donnent quelquefois l’idée de véritables couches, mais ceux de l’intérieur annoncent des fissures plus ou moins irrégulières. Les parois de ces fissures sont généralement couleur de rouille, mais cette altération n’est que superficielle, tandis que celle que l’on voit sur les surfaces extérieures du massif est très épaisse. Il en est de même des blocs arrondis qui se trouvent ordinairement sur le sommet de ces culots ; toutefois ces altérations paraissent tenir à un ordre de choses différent de ce qui existe aujourd’hui, car, ainsi que nous l'avons déjà indiqué, cette roche est maintenant presque indestructible, et les pavés que l’on en fait n’ont d'autres défauts que de devenir glissants par le poli qu’ils prennent.

A Lessines, le porphyre est comme enseveli dans des dépôts meubles

(I) llull. île l'AauUmie royale de Hrlyiyue, 1850, XVI, p, 5'8.

NOTIONS GÉOGNOSTIQl’ES. SO!l

tertiaires et quaternaires; mais à Quenast il est entouré de phyllades. On trouve aussi dans plusieurs localités des environs de ce dernier gîte des roches schistoïdes dont la composition se rapproche plus ou moins de la roche massive. Dumont, qui les nommait chlorophyre schistoïde, porphyre schistoïde, albite phylladifère les considérait comme formant également des culots ou des dykcs, mais nous croyons qu’elles se rangent plutôt dans les phvllndes métamorphiques dont nous avons parlé ci-dessus. L’albite phylladifère, que l’analyse du porphyre par M. Delesse nous porte à envisager comme de l’oligoklase, se montre aussi à Pitet sur la Méhagne.

Dumont citait encore d’autres roches auxquelles il donnait les noms de diorite chloritifère, d 'fiyperstifnile, d ’eurite qnartzeuae, et qu’il considérait également comme formant des dvkes ou des culots. La première se trouve entre Lembecq et Tubize (Brabant); elle est composée d’albite ou plutôt d’oligoklase grenue et en cristaux clivables, d’actinote verte en grains ou en cristnux et de chlorite en grains. Lorsque cette roche est fortement altérée, clic prend une teinte brunâtre. L’hypersténite se trouve à Hozémont (Liège) ; elle est composée d’eurite compacte d’un gris verdâtre, d’albite en cristaux simples ou maclés d’un blanc verdâtre, d’hyperstène noirâtre et de chlorite d’un vert sombre. Elle devient d’un brun jaunâtre par l’altération. L’eurite quartzeuse, que l'on a quelquefois confondue avec le quartzite, se montre notamment aux environs de Nivelles et à Grand- Manil près de Gcmbloux.

Les dykes de quartz sont aussi très communs dans le terrain rhénan du Brabant et se prolongent quelquefois dans les roches porphyriques. Ils passent à des filons cristallins et métallifères. On rapporte que l’on a exploité anciennement de la leberkise et de l’oligistc aux environs d’Enghien où l’on a aussi trouvé des indices de cuivre à l’état de chalkopyrite.

Les fossiles sont excessivement rares dans ce massif; il paraît même que l’on n’en a encore trouvé qu’aux environs de Gembloux. Ils sont en général analogues â ceux du massif rhénan de l’Ardenne (1).

3' Section. — Terrain dévonien.

Etendue et division en massifs. — Le terrain dévonien, tel que nous le restreignons , forme dans le sud-est de la Belgique un grand massif qui s’étend de l’Escaut jusqu’à la Boer, en remplissant ladépres-

(I) Voir la ootc do la page 506 et les listes du chapitre V.

MO

GÉOLOGIE DE LA IIELGIQUE

sion qui sépare le terraia rhénan du Brabant de celui de l’ Antenne, et dans l’intérieur duquel se relève la petite bande rhénane de Sambre et Meuse. Un autre massif dévonien se trouve dans l’Eifel à l’est du massif rhénan de l’Ardenne , mais il n’atteint le territoire belge que par une petite pointe située à l’est de Neufchâteau.

Le massif dévonien qui s’étend de r’Estanl à la Itoer est peutêtre la contrée où ce terrain est le mieux prononcé. Il y est composé de roches schisteuses , quartzeuscs et calcareuses qui , de même que le terrain rhénan qui leur sert de base et le terrain houiller qui leur est superposé, sont plissées de manière a former des voûtes et des bassins longitudinaux emboîtés les uns dans le9 autres. Ces voûtes et ces bassins ont une stratification très disloquée , leurs couches étant souvent plu9 ou moins inclinées et quelquefois renversées, c’est à dire que l’on voit les couches inférieures reposer sur les couches supérieures. D'autres fois il y a de petits massifs qui ne se composent que d’un système de couches inclinées non plissées. 11 résulte de cet état de choses que l’inclinaison de ces couches est extrêmement variable. Leur direction est moins irrégulière et présente deux orientations principales qui se croisent sur une ligne que l'on peut considérer comme passant par Namur et Rochefort; de manière qu’à l’occident de cette ligne la direction dominante est de l’ouest à l’est, et qu’à l’orient elle C9t du sud-ouest au nord-est.

Il résulte aussi de cette disposition que ces roches paraissent former au premier coup d’œil des bandes dirigées dans le sens général de la direction des couches; et comme ces bandes montrent souvent la répétition des mêmes roches, on a cru pendant longtemps que le massif se composait d’un très grand nombre de systèmes placés sur leurs tranches à côté les uns des autres ; mais Dumont a reconnu que ces alternatives sont dues à un petit nombre d’etages qui se sont plissés. Ce9 étages sont nu nombre de trois pour le terrain dévonien dans les limites que nous lui assignons (1).

(I) Les découvertes de Dumool oui été consignées dans un Mémoire sur la constitution géologique de la province de Liège, couronné par l’Académie royale de Bruxelles en 1830, el reproduites dans diverses notices publiées postérieurement, ainsi que dans ses belles cartes géognostiques. La manière de voir de Dumont, qui avait trouvé beaucoup d'incrédules, a fini par cire généralement adoptée ; seulement les recherches paléontologiques faites dans ces derniers temps, notamment celles de M. Gosselet ( Mémoire cité à la page 505», ont fait voir que Dumont, comme tous les hommes qui font faire de grands progrès aux sciences, a quelquefois trop généralisé les faits qu'il avait découverts. C'est ainsi qu’avant reconnu que presque toutes les alternatives de roches que présent** le Condros sont le résultat de plissements, il a cru voir aussi des plis dans quelques localités de l'Knlre-Sambre-et-Meuse, où il y a des intercalations de couches successives; mais, ainsi que M. Dewalque l’a démontré dernièrement {Bulletin de l’Académie royale de Belgique, 186i, t. XI, p. 81), ces légères erreurs do détail n'allèreut pas l’ensemble des brillantes découvertes de Dumont.

NOTIONS CÉOUNOSTIQL'KS.

Ml

L’étoge inférieur règne non seulement le long du terrain rhénan de l’Ardenne et du Brabant, mais il se relève dans l’intérieur du massif, de manière à former une large bande qui est percée par la petite bande rhénane que nous avons dit se trouver dans le voisinage de la Sambre et de la Meuse. Il est composé de roches schisteuses et quartzeuses, dans le nombre desquelles on en remarque beaucoup qui sont caractérisées par une couleur rougeâtre qui d’ailleurs passe au brunâtre, au verdâtre, au jaunâtre, au grisâtre et au blanchâtre. L’une des roches la plus remarquable de cet étage est le poudingue , qui s’observe notamment à Bvrnot entre Namur et Dinant. Cette roche est ordinairement formée d’une pâte de psammite rougeâtre qui renferme des fragments, plus souvent anguleux qu’ arrondis, de diverses substances, ordinairement quartzeuses, notamment de quartz compacte blanc, de quartzite rougeâtre ou grisâtre, de phtanite noirâtre. Cette dernière substance donne un moyen de distinguer le poudingue deBurnot de celui de Fepin (p. 504), où il paraît qu’il n’en existe pas; d'autres fois les fragments sont agglutinés les uns aux autres sans que l’on aperçoive le ciment qui les unit. Ce poudingue forme souvent des pierres très solides que l’on emploie à faire des pavés, des meules de moulins, des ouvrages de hauts fourneaux. On préfère surtout pour ce dernier usage le poudingue blanc, c’est à dire celui où domine le quartz blanc et où il n’v pas de pâte psammitique, laquelle est ordinairement fusible. Quelquefois aussi les fragments ne sont pas liés entre eux et la masse ne présente qu’un assemblage de cailloux enfouis dans un sable argileux. Quoique ces poudingues soient stratifiés et intercalés dans les psammites et les schistes avec lesquels ils se lient intimement , ils foraient souvent des renflements plus épais que les autres couches.

Les psammites de cet étage passent non seulement au poudingue et au schiste, mais aussi au quartzite et au grès; on les emploie à faire des pavés, etc. Les schistes, qui se lient intimement avec les psammites, ne présentent pas le clivage en grands feuillets qui caractérise les phyllades et la plupart se transforment, lorsqu’ils sont exposés à l’aiT, eu une terre argileuse.

Les fossiles sont excessivement rares dans cet étage, il n’est pas meme certain que ceux en très petit nombre que l’on y a cité, ne devraient pas être considérés comme appartenant aux dépôts qui lui sont inférieurs ou supérieurs.

L'éloge moyen, tel que nous le restreignons maintenant (1), est

(1) Dumont, qui le premier, en 1830, a distinguo cet étage sous le nom de Système calcoreux inférieur et ensuite sous celui de Calcaire eifèlien , y comprenait tous les calcaires dévo»

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