TAUPE
Cette maladie provient le plus souvent d’une contnsion, et exige le même traitement que la fistule. Elle consiste d’abord dans un abcès à la nuque, que l’on guérit aisément en y apportant de prompts secours j mais si on laisse pénétrer la matière lus qu’aux ligamens et jusqu’aux os, elle est souvent plus opiniâtre que la fistule au garrot, et on ne peut en triompher que par l’emploi des remèdes actifs que nous avons prescrits pour cette maladiefij.
(1) Après avoir écrit ces observations j’ai découvert que l’inflammation que produit la taupe ne commence pas, comme cela arrive ordinairement dans les autres parties, sur la surface ou dans le tissu cellulaire sous la peau, «dais entre le ligament du cou et les os. Quand on cou*
M. Taplin, dans son ouvrage sur la direction des
sidère le poids et la position de la tête du cheval , avec la longueur de son cou , on concevra facilement que les muscles seuls ne sont pas capables de supporter et de mouvoir un si grand fardeau avec de si faibles moyens mécaniques; mais la nature prévoyante y a pourvu en fixant u Ti fort ligament à la partie postérieure de la tête, d’où il s’abaisse sur les vertèbres du cou. Il n’est pns attaché à la première, mais fortement à la troisième, il passe alors sur les trois vertèbres suivantes, dans une ligne à-peu-près droite jusqu’au garrot où il est assujéti ; laissant sur son passage une branche légère de ligament qui est unie aux trois dernières Vertèbres , il se continue du garrot jusqu’au dos. Ce ligament étant élastique permet un mouvement du cou suffisant , et aide si efficacement les muscles à supporter la tête , qu’ils ne se fatiguent jamais.
Quand un cheval reçoit un coup violent sur la partie de la nuque qui couvre la première vertèbre du coi qui, comme nous venons de l’observer , n’est pas fixée au ligament, la lésion sera principalement reçue par les parties sensibles placées entre l’os et la surface inférieure du ligament. La peau peut aussi être endommagée et un léger degré d’inflammation avoir lieu; mais quand l’inflammation (I a été ainsi produite entre l’os et le ligament , il est plutôt probable qu’elle viendra à suppuration, ou déterminera une formation de pus qui, ne pouvant se faire jour eu il perçant la peau comme un abcès ordinaire , parce qu’il est trop avant, se répand sur le ligament, et il est si H long-temps à arriver à la surface que les os et le ligament k en sont très affectés avant même qu’aucun engorgement | extérieur ne se manifeste Telle est la cause db la durée jt et de l’opiniâtreté particulière de la taupe. Ii^ résulte de | ces observations, qu’on doit peu compter sur les résultats it des applications qui tendent à dissiper l’engorgement, et ; qu’il est nécessaire d’adopter un mode de traitement plus 1 ï hardi et plus actif; j' suis convaincu , d’après ce que j’ai 1 1 vu, qu’il est presqu’impossible de guérir la taupe , pro- •• prement dite , qu’en l’essayant nous perdons du temps et fè nous laissons la matière faire ses ravages sur le ligament k et les os, et que la seule pratique efficace consiste à ouvrir, .
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écuries, déclame avec emphase contre cette mé-
ithode de traiter les cas invétérés de fistule et de taupe. Cependant , c’est bien certainement la seule efficace qui soit connue; et si cet auteur verbeux eùî vu l’etTet de ce traitement , ainsi que de celui qu’il recommande lui même, avant d’avoir écrit son livre , il est probable qu’il eût épargné au public la déclamation dont nous venons de parler. Il est certainement plus conforme à l’humanité de sauver un animal d’une maladie cruelle, et qui augmente ? graduellement, par le moyen d’une opération hardie , que de lui laisser traîner une vie douloureuse et misérable, en adoptant un traitement doux, j mais inefficace.