‹ Abrégé de l'art vétérinaireChapitre 43 sur 78 · FOURCHETTE ÉCHAUFFÉE · texte numérisé non relu

FOURCHETTE ÉCHAUFFÉE

Cette maladie consiste dans l’écoulement d’une matière fétide de l’ouverture de la fourchette , dont une partie est pouirie et molle au point de ne pouvoir procurer une défense suffisante à la fourchette sensible qu’elle couvre. Delà provient cette sensibilité que l’ou remarque dans le pied ; quand cette maladie attaque les pieds de devant, elle est rarement, pour ne pas dire jamais, une maladie primitive, mais purement un symptôme ou un effet. Elle est occasionnée par une contraction de la corne , aux quartiers et aux talons , par laquelle la fourchette sensible est comprimée et enflammée : l’écoulement qui a lieu est une conséquence de cette inflammation , et peut être considéré comme un vain effort de la nature pour la guérir. Il diminue cependant certainement l’inflammation et en arrête les progrès , car s’il a été supprimé par une application d’as trin gens faite mabà-propos , ou s’il cesse spontanément, l'inflammation augmente souvent d’intensité, s’étend aux autres parties du pied, et occasionne une boiterie sérieuse qui est diminuée ou dissipée par le retour de l’écoulement. Il ne faut pas en conclure qu’on ne doit pas essayer la guérison ; il en résulte seulement qu’il e^t nécessaire d’abord de détruire la cause de la

maladie : dans cette vue , les quartiers doivent être râpés et les sabots tenus constamment souples, en plaçant le cheval dans la boue une partie du jour , ayant soin de tenir la fourchette sèche par le moyen du goudron. Quand, par ces moyens, on est parvenu a réduire la compression et l’iuflammation de la fourchette sensible, qui en est la suite , il sera bon d appliquer sur la fourchette quelques astringens , qui, s’ils sont aidés par la pression et le goudron, rendront cette partie ferme et solide, et l’écoulement cessera nécessairement quand l’inflammation de la fourchette sensible disparaîtra.

Les meilleurs astringens, pour cet obiet, sont une solution de vitriol blanc , ou bleu d’alun , etc. il y a cependant des cas d’ulcère occasionnés par la compression de la fourchette sensible , qu’il est difficile , pour ne pas dire impossible , d’extirper. J’ai examiné , après la mort , des pieds qui avaient été affectés de cette maladie , et j’ai trouvé la partie concave , ou fente delà fourchette sensible , eu état d’ulcération , ce qui nécessaire-, ment avait empêché la sécrétion de la corne et entretenu une source continuelle de la maladie.

A l’égard de celle qui attaque les pieds de derrière, et qui quelquefois, quoique rarement, se manifeste aussi aux pieds de devant , indépendamment de la cause ci-dessus, il faut suivre un traitement différent, quand l’écoulement existe depuis longtemps; si on le supprime trop promptement, il en résulte une inflammation et l’engorgement dea jambes. Il est encore nécessaire d’arr êter les pro-r grès de la maladie , puisque si elle était négligée «lie pourrait dégénérer eu chancre , Il est don«

convenable , dans ce cas , de tenir le ventre libre par le bol laxatif suivant , donné tous les matins jusqu’à ce qu’il ait produit son effet , et répété de temps en temps. La meilleure application pour la fourchette est le goudron et un des astringens ci-dessus ; d’autres remèdes cependant ont été fortement recommandés, parmi lesquels sont la chaux en poudre, Pégyptiac, la teinture de myrrhe, et autres astrinsens.

Deux ou trois heures d’exercice tous les jours , et de fréquentes frictions sèches aux jambes, aideront puissamment l’effet de ce traitement. '

Bol laxatif

Aloès . 2 gros.

Savon de castille . 3 gros.

Convertis en un bol d’une dose.

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