‹ Abrégé de l'histoire ancienne de Rollin (volume 2)Chapitre 14 sur 49 · XXVJ PRÉFACE · texte numérisé non relu

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cob , et Israël electum meum. Mais ce prince aveugle et ingrat ne connaît point son maître, et oublie son bien-

haïe. 45.faiteur, Vocavite nomine tuo , et non cognovisti me : accinxi te , et non cognovisti me.

Beiie ima- j] est rare qu'on juge sainement de

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loyauté, la vraie gloire et des devoirs essentiels de la royauté; il n'appartient qu'à l'Ecriture de nous en donner une juste idée j et elle le fait d'une manière ad-

P** 4 7 rxiirable dans un arbre grand et fort , dont la hauteur monte jusqu'au ciel , et qui paraît s'étendre jusqu'aux extrémités de la terre : couvert de feuilles, et chargé de fruits , il fait l'ornement et le bonheur de la campagne ; il fournit une ombre agréable et une retraite assurée à tous les animaux; les bêtes privées et les bêtes sauvages demeurent dessous ; les oiseaux du ciel habitent sur les branches ; et tout ce qui a vie trouve de quoi se nourrir.

Est-il une idée plus jusle et plus instructive de la royauté , dont la véritable grandeur et la solide gloire ne consistent point dans cet éclat, cette pompe , cette magnificence qui l'environnent , ni dans ces respects et ces hommages extérieurs qui lui sont ren-

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dus par les sujets , et qui lui sont dus ; mais dans les services réels et les avantages effectifs quelle procure aux peuples , dont elle est , par sa nature et par son institution , le soutien , la défense , la sûreté , l'asile , en un mot , la souixe féconde de toutes sortes de biens , surtout par rapport aux petits et aux faibles , qui doivent trouver sous son ombre et sous sa protection une paix et une tranquillité que rien ne puisse troubler > pendant que le prince lui-même sacrifie son repos et essuie seul les orages et les tempêtes dont il met les autres à l'abri ?

Il me semble voir , à la religion près, la réalité de cette noble image , et Inexécution de ce beau plan , dans le gouvernement de Cyrus dont Xénophon nous trace le portrait dans sa helle préface de rhistoire de ce prince. H y a fait le dénombrement d'un grand nombre de peuples , séparés les uns des autres par de vastes espaces 9 et encore plus par la diversité des mœurs , des coutumes , du langage ; mais réunis tous ensemble par les mêmes sentimens d'estime , de respect et d'amour pour un prince , dont (i) ils auraient

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souhaité que le gouvernement eût pu durer toujours , tant ils se trouvaient heureux et tranquilles sous son empire.

A ce gouvernement si aimable et si des anciens salutaire , opposons Fidée que la même

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Jbcnture nous donne de ces empires et de ces conquérans si vantés dans l'antiquité , qui , au lieu de ne se proposer pour fin que le bien public , n'ont suivi que les vues particulières de leur in- »» < 7- térêt et de leur ambition. Le Saint-Esprit les représente sous les symboles de monstres , nés de l'agitation de la mer , du trouble , de la confusion , du choc des vagues , et sous l'image de bêtes cruelles et féroces , qui répandent partout la terreur et la désolation, et qui ne se nourrissent que de meurtres et de carnage : Ours , lions , tigres , léopards. Quel tableau ! Quel peinture !

C'est néanmoins de ces modèles funestes , que l'on emprunte souvent les règles de l'éducation qu'on donne aiax enfans des grands : c'est à ces ravageurs de provinces , à ces fléaux du genre humain ? qu'on se propose de les faire ressembler. En excitant en eux les

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sentimens d'une ambition démesurée, et l'amour d'une fausse gloire , on en forme , selon l'expression de l'Ecriture, de jeunes lionceaux , que l'on accoutume de bonne heure et que Ton dresse de loin à piller, à dévorer les hommes, à faire des veuves et des malheureux , à dépeupler les villes. Mater leaena ^wca, in medio leunculorum enutrivit ca-% ' tulos suos., . . Didigit prœdam cap ère, et hommes devorare.... Didicit viduas facere , et civitates in desertum adducere. Et quand , avec l'âge , ce lionceau est devenu lion , Dieu nous avertit que le bruit de ses exploits et la renommée de ses victoires , n'est qu'un affreux rugissement qui porte partout l'effroi et la désolation. Et leofactus est, desolata est terra et plenitudo ejus à voce rugitûs illius.

Les exemples dont j'ai fait mention jusqu'ici , tirés de l'histoire des Egyptiens, des Assyriens, des Babyloniens, des Perses , prouvent suffisamment le souverain domaine que Dieu exerce sur tous les empires , et le rapport qu'il lui a plu de mettre entre les autres peuples de la terre , et celui qu'il s'est attaché en particulier. La même vérité paraît encore aussi clairement sous les

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