‹ Abrégé de l'histoire d'AnnamChapitre 65 sur 146 · CONTRE-AMIRAL DUPERRÉ · texte numérisé non relu

CONTRE-AMIRAL DUPERRÉ

Faits divers survenus fin 1874 et en 1875, — Année 1876, Intérim du colonel Bossant, — Année 1877, Municipalité de Saigon, Canal de Chçr-Gao,

FAITS biVERS SURVENUS FIN 1874 et en 1875

Le 28 novembre 1874, le contre-amiral baron Duperré, nommé gouv(U'neur par décret du 30 septembre 1874, arrivait à Saigon à bord du Sindh, 11 prit le service à la date du ler décembre 1874 et le contre-amiral Krantz, qui avait rempli intérimairement les fonctions de gouverneur, arbora son pavillon sur la corvette cuirassée le Montcalm venue à Saigon le lendemain, 2 décembre.

Le premier acte important du nouveau gouverneur fut de créer, par arrêté du 30 décembre 1874, un service d'inspection et d'administration des allîûres indigènes. Il y eut 5 inspecteurs et 03 administrateurs, ces derniers répartis en trois classes, dont 3 (un de ^% un de 2«el.un de 3^ classe) pour chaque circonscription administrative.

L'enseignement et le programme des examens du Collège des stagiaires organisé par l'arrêté du 29 août 1873 subirent également uei inodiliculions(arrêléâ du !2 j janvier et du 10 luars 1875)« Les \mr

fières professées à l'école étaient, d'après le nouveau programme» les suivantes : langiie annamite, expUmlion de textes chinois, droit français, langue cambodgienne, administration annamite, cmistruction pratique^ économie politique, histoire, botanique. Les cours faits par des hommes comme Luro, Aymonier, Lasserre, Pierre, Koullionx et autres, le savoir aniérieur des élèves, leur assiduité aux études nouvelles, devaient conduire à des résullats remarquables. . Tous ces administrateurs sortis du collège des stagiaires firent le plus grand Ijonneur à leurs fondions et laissèrent le souvenir d'hommes supérieurement entendus. Mais bientôl, d'autres idées prévalurent, on supprima le collège ^ Quelques années plus tard, la carrière fut ouverte à tous -, de telle sorte qu'après avoir recruté les administrateurs parmi les gradués universitaires, les officiers, etc., on les recruta parmi les sous-officiers et les hommes de troupe. Ceux-là aussi ont laissé trace de leur passage dans l'administration, malheureusement nous n'avons guère de louanges à leur adresser.

L'idée do permettre à d'anciens et loyaux serviteurs d'arriver aux plus hantes fonctions part d'un sentiment d'équité qu'on ne saurait méconnaître. Mais celte mesure, toute de justice, n'est applicable aux intéressés qu'alors qu'ils remplissent les conditions de savoir théorique et scientifique exigées par ces hautes fonctions. Or, de bien rares individus seulement étaient dans les conditions voulues. Cependant, nous ne devons pas admettre ce fait comme un motif d'élimination de tous les autres.

Les gradués universitaires, soit ceux qui savent, ont eu évidemment les moyens pécuniaires requis pour les études, ils ont, en outre, l'intelligence voulue pour s'assimiler la science. Mais, cette intelligence, cette puissance d'étude et de travail, de pauvres gens peuvent l'avoir aussi et peut-être d'une façon toute exceptionnelle. Pourquoi donc ne pas mettre à leur portée les moyens d'acqiiérir la science qui leur manque ? En ne le faisant pas, celle-ci reste le privilège exclusif de la fortune.

Avec les idées nouvelles, plus que jamais, le Collège des stagiaires

devait subsister. Il devrait subsister aujourd'hui encore, car il n'est

pas permis à lout le monde d'aller à l'Ecole coloniale, et faire passer

les gens à l'ancienneté ou après un semblant d'examen, c'est laisser

' les médiocrités, les nullités arriver à des fonctions qui ne leur re-

(1) Il ne nous a pns été |)ossil>le de retrouver la date de la suppression • du coUéjîe. Par tradition, nous croyons savoir qu'il ne dura que quatre ans, f»l encore y cul-il une année d'interruption.

it) L'article 22 du décret du 4 mai 1881 dit: cr En cas de vacance dans les emplois ci-dpssus, et à défaut de candidats réunissant les conditions exigées, le (iouverneur pourvoira provisoirement auxdiles fonctions par la ilésignation d'intérimaires, lesfjuels seront confirmés dans le grade quand ils auront accompli le temps de service réglementaire. »

viennent pas. Le système actuel est d'une criante injustice, non point parce qu'il favorise les sortants de l'Ecole coloniale — ce qui est parfaitement logique et régulier — mais parce qu'il empêche d'arriver des hommes intelligents, en mesure d'étudier et de retenir, dont la seule tare est de n'avoir pu suivre jusqu'à ce jour aucun enseignement supérieur ou universitaire.

La pratique seule est incapable de former un supérieur à initiative et responsabilité, elle ne peut produire que de bons sous-ordrjes, des chefs de bureau, de division, excellents sans doute, mais non des chefs de service.

C'est ce principe qui fut méconnu lorsqu'on permit l'accès des fonctions d'administrateur à tous. De nos jours, par une inévitable réaction, on est presque revenu à la carrière fermée, car s'il est vrai qu'on peut arriver en passant un examen, il est vrai aussi que le candidat doit étudier par ses seuls moyens et sans maitre. Avec ce procédé, il perd de longues années tout en conservant bien des chances de ne point arriver, et, s'il n'est pas un extraordinaire génie, il ne parviendra jamais qu'au savoir incomplet du demi-savant.

A y regarder de prés, on dirait vraiment que l'autorité compétente a fait tout ce qu'elle a pu pour empêcher les praticiens de parvenir. C'est injuste et, qui pis est, maladroit. Car des cours convenables et des examens sérieux élimineraient sans plus les intelligences médiocres, ceux qui ne se sentent plus le courage d'étudier.

Par contre, on s'assurerait le concours d'hommes capables, et supérieurs parfois, que le système actuel condamne au rond de cuir, à la routine perpétuelle. En tout cas, ferait-on voir de la bonne volonté et un peu de cet esprit démocratique qu'il ne suffit point d'afficher à tort et à travers, mais qu'il faut appliquer avec une judiciaire bienveillante et surtout éclairée.

A l'année 1875 remonte aussi une autre institution qui fit son chemin depuis : la Banque de l'Indo-Chine, autorisée par décret du 21 janvier 1875. Elle fut constituée avec le concours du Comptoir d'escompte et de la Société générale de crédit industriel et commercial. Le conseil d'administration, recruté par moitié dans chacune de ces deux grandes compagnies financières, tint sa première réunion à Paris, le 29 janvier 1875, sous la présidence de M. Ilentsch. L'ouverture des bureaux à Saigon eut lieu le 19 avril 1875.

Le traité du 1o mars 1874, adopté par l'Assemblée nationale (loi du i août 1874) avait été renvoyé ratifié à Saigon au commencement de 1875. Le capitaine de vaisseau Brossard de Corbigny partit pour Hué avec le Duchaffaut et V Antilope. L'échange des ratifications eut lieu en grande pompe le 13 avril 1875. Quant à l'échange des ratifications du traité de commerce (sanctionné par la loi du 6 juillet 1875), il eut lieu à Hug le ^^6 août 1875.

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