‹ Abrégé de l'histoire de KazanChapitre 1 sur 17 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

communication par le fleuve Volga, qui conduisait au pays des Boulgares, vers la mer Caspienne (mer de Kh^valinsk) et puis au pays de Sem, c'est-à-dire, à l'extrême Orient; les noms des habitants les plus anciens de ce pays sont:Tchoud, Tchérémisse, Méria, Mouroma,. Vess, Mordva, Perm. Les témoignages d'une histoire plus certaine nous montrent déjà ces pays habités par deux branches d'un peuple finnois, les Tchérémisses et les Votiaques; mais l'époque de leur installation sur le territoire du futur royaume de Kazari est restée inconnue aux historiens et aux ethnologues; tout ce que l'on en sait est que ces peuples étaient nomades, et se distinguaient par leurs qualités guerrières; qu'ils étaient portés à la rapine et à la perfidie; et qu'ils s'occupaient de sorcellerie, ce qui perce même dans leurs croyances reUgieuses.

Il parait prouvé que les peuplades finnoises, qui habitaient le nord-est de la province de Kazan actuelle étaient en contact avec les Boulgares du Volga depuis d'innombrables années. C'est le nom que portait une peuplade de Turcomans, quelque peu mélangée d'éléments finnois et slaves qui s'agglomérèrent au x siècle pour former un seul royaume : ils étendirent leur domination sur le cours moyen du Volga ainsi que sur les bords du Kama. Les Boulgares entretinrent des relations d'abord commerciales, et plus tard politiques et amicales, avec l'Orient, dont ils acceptèrent la religion musulmane dans la première moitié du x siècle. Jusque-là ils avaient adoré les idoles.

Ils commerçaient aussi avec les Russes, qui les combattaient souvent. Quelques emplacements entourés de digues et de fossés sont les seuls vestiges que nous ait

HtSTOTRE DU PAYS DU VOLGÂ-KAMA f,

laissés ce royaume disparu. On a trouvé dans les enceintes de ces villes détruites, beaucoup d'ornements d'or et d'argent j de cuivre, de pierre et de verre; quantité de monnaies de la Horde d'Or^ ainsi que d'autres monnaies orientales; des armes et des utensiles, qui peuvent aider à reconstituer, jusqu' à un certain point, les conditions de vie des anciens Boulgares. Tous ces objets, qui sont d'un grand intérêt pour les archéologues, se trouvent rassemblés au musée de Kazan,

Les ruines de la ville de Boulgar sont, sans contredit, les monuments les plus intéressants de Tantiquité russe, On y voit encore quelques édifices fort bien conservés, tels que deux maisons et un minaret. Dans la première moitié du xvni siècle, le nombre des ruines était bien plus grand, mais la barbarie et la rapine se sont empressées de les détruire-

On est surtout redevable de ce haut fait à un archevêque fanatique du commencement du siècle passé, Lucas Conachéwitch. Il fit détruire la plupart des édifices bulgares et en employa les briques à la construction de réghsé d'un couvent qui se trouvait, naguère, sur ces lieux. Il transforma deux édifices intacts, Tun en une église et lautre — en un cellier du monastère.

En i88i, TEmpereur donna Tordre de conser\^er et de restaurer ces derniers édifices, dont l'un s'appelle cela Chambre Noire». L'autre, déforme quadrangulaire, est supposé avoir été le palais et le troisième, nommé cela Chambre Blanche)) était, sans doute, le bain ou ce hamman )>. Les tribus Votiaques et Tchérémisses, établies depuis des siècles dans le voisinage de la ville de Boulgar sur la rive nord du Kama, n'ont pas manqué de subir l'influence civilisatrice, religieuse et politique

ÏO INTRODUCTION

de cette ville: elles s'assimilèrent complètement à la population boulgare II est donc fort probable, qu'il ait pu se former une espèce de bourg fortifié, qui servait à la concentration de l'influence politique et commerciale des Boulgares dans ce rayon, sur la rive droite de la rivière Kazanka, précisément à l'endroit où devait s'élever plus tard la vieille ville de Kazan.

Nous verrons plus loin que la ville de Kazan fut transportée de là à la fin du xiv siècle à l'embouchure de cette même rivière, où elle se trouve en ce moment, ce qui a donné lieu à la division de cette ville en a vieux Kazan» et «nouveau Kazan».

En tout cas, ce «vieux Kazan» n'a pu jouer aucun rôle politique tant que le royaume de Boulgar exista, La fondation du vieux Kazan est étroitement liée à la conquête de l'Europe orientale par les Tartares. La première invasion des Tartares dans les pays qui s étendent au nord-ouest de la mer Caspienne est reportée à Fan 1223. On sait que les chefs tartares ont combattu à plusieurs reprises avec les Khans boulgares; mais ils conquirent définitivement ce royaume en 1236, à l'époque de la campagne de Batou contre la Russie, Les Boulgares furent les premiers écrasés par l'invasion des hordes tartares, et en automne de la même année, la «grande ville», comme on nommait Boulgar, était mise à sac, la plupart de ses habitants furent massacrés, d'autres furent emmenés en esclavage, ses richesses devinrent la proie du vainqueur. Tous les historiens sont d'accord sur ce fait que les vainqueurs, après avoir conquis les villes boulgares des bords du Kama, se sont transportés au-delà du Kama, où ils se sont emparés de toutes les villes des diverses tribus finoises, situées entre

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