‹ Abrégé de l'histoire du Canada depuis sa découverte jusqu'à 1840, à l'usage des maisons d'éducationChapitre 70 sur 104 · M. de Vaudreuil voulut en profiter pour enlever · texte numérisé non relu

M. de Vaudreuil voulut en profiter pour enlever

les ouvrages d'Oswégo, fortifications considérables

• situées sur la rive droite du lac Ontario. Ces ouvrages

consistaient en trois forts : le fort Oswégo proprement

dit, dont les remparts étaient garnis de 18 pièces de

9. Par qui le roi remplaça-t-il le général Dieskau, et quels furent les secours envoyés en Canada 7

10. A quel chiffre s'élevèrent les forces armées de la France et do l'Angleterre dans la campagne de 1756 t

H- Qu'est-ce que les Français exécutèrent dans la campagne de 1756 ^

canon et de 15 mortiers ou obusiers; le fort Ontario élevé tout récemment au milieu d'un plateau dans l'angle foraié par le lacet la rivière qui avait donné son nom au principal fort ; et enfin le fort George situé sur une hauteur à 300 toises de celui d'Oswégo qu'il dominait; 1700 hommes les défendaient.

Pour préliminaires, M. de Léry prit dans l'hiver le fort Bull situé entre Schénectady et Oswégo ; il y détruisit une immense quantité de poudre et de projectiles de guerre. Dans le printemps, M. de Villiers attaqua un convoi de 3 à 4-00 bateaux, le dispersa, tua beaucoup de monde et fit un grand nombre de prisonniers. A la suite de ces succès, M. de Montcalm s'ébranla et parut avec 3000 hommes devant Oswégo, qu'il investit. La garnison ne conservant aucun espoir de salut, se rendit après un siège assez court ;QLB00

hommes posèrent les armes. On y prit 7 bâtiments de 8 à 18 canons, 200 bateaux, 131 pièces d'artillerie, 700 fusils , une immense quantité de munition, la caisse militaire et cinq drapeaux?) Toutes les fortifications furent rasées. *""

La perte d 'Oswégo fit suspendre aux Anglais toutes leurs opérations pour le reste de la campagne. Nos bandes se jetèrent alors sur leur territoire. Elles dévastèrent les frontières de la Pennsylvanie, du Maryland et de la Virginie. M. Dumas enleva le fort Grenville situé seulement à vingt lieues de Philadelphie ; et M. de la Piocquetaillade mit en déroute et dispersa d ins les bois 3 ou 4-00 Anglais avec lesquels Washington voulait s'emparer de la bourgade indienne d'Astigué.^

12. La situation intérieure du Canada ne permettait guère, cependant, de se réjouir de ces succès, qui retenaient bien, si l'on veut, les hostilités au-delà des frontières, mais qui étaient inutiles pour soulager les maux du peufjle. Toute l'attention du gouvernement se portait alors sur la disette qui régnait, et qui était encore plus redoutable que le fer de l'ennemi. Le tableau de la misère et des souffrances qui s'offraient

12. Quelle était, pendant ce temps-là, la situation intérieure du Canada

l^nrloul dans l'aiilonnic, frappait de pressentiments sinistres les Jioimnes les plus résolus. La petite vérole venait de faire des ravages terribles, qui s'étaient étendus nus. trihus indiennes. Lx?s Abenaquis, cette îiatiou si brave et si lid-èle à la France et y.u catholicisme, furent presque entièrement, détruits par le lléau. Il n'en resta que quelques d<'bris, qui s'atlaclièrent à )a cause des Anglais, leurs plus proches voisins, ijes récoltes avaient encore manqué ; et sans les vivres trouvés à Oswégo, 1 on ne sait ce que seraient devenus les postes de Frontenac, de iNiagara et dei'Ohio. L'intendant fut obligé de faire distribuer du pain au peuple des villes chez les boulangers, à qui l'on fournissait de la farine des magasins du roL

(Î3. Pendant que îa Franco persistait dans son système defensif |>our l'AmériqueJ'Angleterre, honteuse de ses défaites dans îa dernière campagne, leva et équipa pour celle de 1757, des armées et des Hottes encore plus considérables que celles qu'elle avait eues jusque-là. Elle changea aussi de tactique, et réunit ses forces au lieu de les diviser. Elle voulut commencer .par attaquer Louisbourg ; mais lorsque lord Loudoun^ qui allait partir d'Halifax avec 11,000 hommes pour 'aller assiéger cette ville, apprit l'arrivée de la flotte française devant ses murs, il abandonna une entre- .prise qui ne promettait plus aucune chance de succ^^

• 14. En Canada l'on tenait toujours tête à Tennemi avec la même vigueur. Dans le mois de janvier, Voii «avait atteint un détachement anglais, sorti du fort William-Henry, et oa l'avait détruit vers Carillon, ■Dans le mois suivant, 15Qtt ho amies (^valent fait 60 ; lieues la raquette au pied,,,^)^^*^^^^^ lîTcéndié tout ce .-qui se trouvait sous les raurs de Willian3-Henry,;;c^à-dire 350 bateaux, k brigantins de 10 à li canons, •avec des moulins, des magasins, des maisons paiissadees^

13. Quels farent Igs préparatifs de TAnglet-erro pour la campagne de 1757 7

* 14. Quels succès las Français lemportèrcnt-Ma dans la cao-pa-ne da i757 ?

i^jis Tété le départ supposé f'e lord Loudaun pour Louisbourg^ fit reprendre d'une manière plus sérieuse le projet sur William-Henry, qui donnait aux Anglais le commandement du lac Saint-Sacrement. Le succès constant des bandes qui continuaient toujours de tenir la campagne, était d'un bon augure. Le lieutenant Marin venait encore de faire des prisonniers et de lev^r des chevelures jusque sous le fort Edouard, dont il avait provoqué une sortie de 2,000 hommes. Rigaud avec un détachement de 400 hommes, avait rencontré sur le lac Saint-Sacrement le colonel Parker, qui le descendait à la tête de 22 berges et de 350 à 400 Américains pour faire une reconnaissance ; il l'avait attaqué, lui avait pris ou coulé à fond 20 berges, tué ou noyé 160 hommes et enlevé un pareil nombre de prisonniers-.) ^^^

Après ces préUminaires, l'armée de Montcalm,^9rte de 7600 hommes, dont 3000 réguliers, s'ébranla le 30 juillet. EÎli^ arriva bientôt devant le foi;:^. WiHiam- Henry, qu'elle investit complètement. /Quoique le général Webb fût à cinq ou six lieues avec 4,000 hommes, le fort William-Henry se rendit au bout de quelques jqur|) La garnison, composée de 2300 hommes, re'çut la permission de se retirer dans son pays, parce qu'on manquait de vivres pour la garder prisonnière. Les foj;tifications furent rasées comme celles d'Oswégo. <te trophée le plus agréable pour les vainqueurs fut"3Ô00 quarts de lard et de farine qu'Us -apportèrent en triomphe en Canada.

15. La récolte y avait encore manqué. Il y avait des^paroisses qui n'avaient pas recueilli de quoi faire les semailles. On allait se trouver sans pain. Par précaution l'on mit deux cents quarts de farine en réserve pour la nourriture des malades dans les hôpitaux jusqu'au mois de mai. Les maisons religieuses furent réduites à une demi-livre de pain par tête par jour, et il fut proposé de fournir aux habitants des villes une livre de bœuf, de cheval ou de morue, en outre du quarteron de pain qui leur était distribué et

\b. En quel état le Canada se trourait-il alors pour l«e vivres ?

cjui fui jugé insuffisant. Douzo h quinze cents chevaux furent achetés par rinteiulant })Our servir de nourriture.

Au commencement d'avril, on fut obhgé de réduire encore la ration des habitants de Québec et de la fixer à 2 onces de pain et à 8 onces de lard ou de morue. On voyait des hommes ^omber de faiblesse dans les rues faute de nourriture.^)

16. La France vouhjt nous envoyer des vivres; mais la plus grande partie fut enlevée en mer par les ennemis. Quant aux troupes, il lui fut impossible d'en faire passer en Canada ; aussi les Anglais prirent-ils dans le Nouveau-Monde une supériorité numérique double de celle qu'ils avaient déjà. Leurs forces s'élevèrent, en 1758, à 50,000 hommes dont 22,000 réguliers, outre de nombreuses milices qui portèrent le chiffre des combattants à 80,000 hommes.

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