CHAPITRE IV
Le massacre de Lachme.— 1682-1689.
43. M. de la Barre remplaça M. de Frontenac à la tête du gouvernenaent^ en 1682.
44. C'était un marin habile, mais un administrateur médiocre^, manquant à la fois de cette souplesse qui élude les obstacles et de cette grandeur qui en impose. 11 trouva la guerre déclarée entre les Iroquois, les Illinois, les Miàmis et les Hurons. Il dut soutenir ces derniers, qui étaient les alliés naturels des Français; c'était déclarer la guerre aux Cinq- Cantons. La situation lui en imposa. Il convoqua une assemblée des notables, et écrivit à Paris pour demander du secours et se plaindre du gouverneur de la Nouvelle-York, le colonel Dongan, qui travaillait alors de toutes ses forces à armer les Iroquois contre nous. Ces Sauvages qui avaient d'abord cherché à temporiser et à endormir M. de la Barre, levèrent enfin tout-à-fait le masque.
45. M. de la Barre marcha contre eux; mais il perdit dix à douze jours à Montréal pour attendre le résultat d'une proposition d'accommodement qu'il avait fait faire à Dongan, et ensuite deux semaines à Cataracoui au pied du lac Ontario. C'est après tous ces délais quil s'ébranla pour traverser le lac. Il n'y avait qu'un cri dans la colonie contre le gouverneur. Les moins violents disaient que son grand âge le rendait crédule lorsqu'il fallait se défier et timide lorsqu'il fallait entreprendre.
Les vivres de l'expédition se gâtèrent pendant ces délais et manquèrent bientôt, ce qui fit donner le nom de la Famine à l'anse où l'on entra de l'autre côté du lac, au-dessous de la rivière Oswégo. Les Iroquois effrayés avaient envoyé des ambassadeurs pour demander à traiter ; mais à l'aspect des Fran-