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Canada, M. de Denonville, donna quatre-vingts hommes à M. de Troie pour aller remettre la baie d'Hiidson sous la suprématie de son maître. Troie partit de Québec par terre, en 1686, et s'empara des forts Monsonis, Rupert et Sainte-Anne. 11 ne resta aux Anglais que le fort Bourbon. Plus tard, cependant, le fort Sainte-Anne retombait entre les mains des Anglais, qui en étaient les maîtres lorsque dTberville partit à la tête de Tescadre que lui avait amenée M. de Serigny, pour aller mettre toute la baie dHudson au pouvoir de la France comme nous venons de le dire.
40. Cet illustre marin, séparé de ses autres vaisseaux, paraît devant le fort iXelson le 4 septembre, dans le Pélican. Le lendemain il est attaqué par trois vaisseaux anglais ; après un combat opiniâtre de trois heures et demie, il coule un de ses adversaires, et force l'autre à amener son pavillon ; le troisième ne lui échappe que par la fuite. Celte belle victoire donna la baie d'Hudson à la France.
41. Tandis que dTberville faisait cette conquête, le marquis de Nesmond, avec une Hotte de treize vaisseaux, devait s'emparer de la Nouvelle-Angleterre et de la Nouvelle-York ; mais celte entreprise manqua faute de diligence et peut-être faute d'argent, car la guerre en Europe dérangeait tous les jours de plus en ])lus les finances du royaume. Lorsqu'il arriva sur les bancs de Terreneuve, après une traversée de deux mois, il fut décidé dans un conseil de guerre que la saison était trop avancée pour attaquer Boston. En effet, les troupes du Canada qui devaient prendre part à l'expédition, n'auraient pu arriver à Pentagoet avant le 10 septembre, et la flotte n^avait plus de vivres que pour cinquante jours.
M. de Nesmond retourna en Europe. ' C'est sur ces entrefaites que la paix fut signée à Riswick le 20 septembre 1697. Les deux nations furent remises pour leurs colonies dans le môme état où elles étaient avant
40. Racontez-nous les exploits de cet illustre maria à la baie d'Hudson ^
41. Que faisait-on ailleurs, et à quelles conditions et en quelle année fut signée la paix de Kiswitk ?
la guerre, mais la baie d'Hadson resta à la France. Ainsi la question des frontières de TAcadie et de la Nouvelle-Angleterre et la question de la propriété du pays des Iroquois restèrent encore pendantes.
CHAPITUE VI.
Mort de M. de Frontenac— Traité avec les Iroquois, et mort du fameux chef Kondiaronk. — 1701.
La paix fut l'occasion de grandes réjouissances à Québec et permit à beaucoup d'habitants de retourner sur leurs terres, que les courses des Sauvages les avaient forcés d'abandonner.
42. Le gouverneur du Canada, M. de Frontenac^ survécut peu à ces événements. Il mourut l'année suivante, le 28 novembre 1698, à l'âge avancé de 78 ans. Son corps et son esprit avaient conservé toute leur vigueur. Sa fermeté, son énergie, ses talents brillaient en lui comme dans ses plus belles années. 11 emporta dans la tombe l'estime des Canadiens, qu'il avait gouvernés pendant l'une des époques les plus critiques de leur histoire. Il avait trouvé la Nouvelle- France attaquée de toutes parts et sur le bord de l'abîme; il la laissait agrandie et en paix. Il avait en général des idées justes sur ce qu'il fallait faire pour la colonisation du pays ; mais l'état et la politique de la France ne lui permirent pas toujours de suivre le système le plus favorable pour les mettre à exécution.
43. Le chevalier de Callières, depuis longtemps gouverneur de Montréal, fut nommé pour le remplacer } et le chevalier de Yaudreuil succéda à M. de Callières comme gouverneur de Montréal.
44. En 1700 la France et l'Angleterre réglèrent par un traité la limite de l'Acadie, du côté des colonies anglaises. Elle fut fixée à la rivière Saint-George.
42. Le gouverneur du Canada, M. do Frontenac, survécut-il longtemps à ces événements 7
43 Par qui M. de Frontenac fat il remplacé ?
44. En quelle année la question de la limite de l'Acadie, ducôtédea colonies anglaises, fut-elle réglée 7 ^
45. Quant au pays des Iroquois, on n'osa pas encore en disposer de peur d"irriter une confédération doDt l'amitié était briguée par les deux peuples. Les Cinq-Nations repoussaient toute sujétion étrangère. Leur sympalhie religieuse les faisait incliner vers la France et leurs intérêts commerciaux les portaient vers l'Angleterre. Pour détruire leur sympathie religieuse, l'Angleterre voulut exclure les missionnaires catholiques des Cantons, et contraindre ceux-ci à désarmer. Mais comme une nation indépendante, les Iroquois signèrent la paix avec la France et ses alliés le 18 septembre 1700. Le traité que les Anglais traversèrent jusqu'à la fin, fut confirmé le 4 août de l'année suivante, dans une grande assemblée tenue sous les murs de Montréal.
46. Une vaste enceinte avait été élevée dans la plaine, et l'on y avait réservé une place pour les dames et l'élite de la ville. Les soldats furent i anges autour, et treize cents Sauvages vinrent prendre place au milieu dans l'ordre qui avait été indiqué. Jamais on n'avait vu réunis les députés de tant de nations diverses. Les Abénaquis, les Iroquois, les Hurons, les Outaouais, les Miàmis, les Algonquins, les Poutouatamis, les Outagamis, les Sauteurs, les Illinois, enfin les principales nations depuis le golfe Saint- Laurent jusque vers le bas Mississipi, y avaient des représentants. Cette grande assemblée ofi'rait le spectacle le plus bizarre et le plus varié par Tétrangeté des costumes et la diversité des idiomes. Le gouverneur occupait une ]Àace où il pouvait être vu et entendu de tout le monde. Trente-huit députés vinrent signer le traité définitif. Un Te Dciim fut ensuite chanté. Un festin, des salves d'artillerie, des feux de joie terminèrent une solemnité qui assurait la paix de l'Amérique Septentrionale, et ensevelissait dans le sein de la terre cette hache de guerre qui depuis tant d'années toujours levée et toujours sanglante, avait tenu dans l'etlroi tous les peuples depuis la baie d'Hudson jusqu'au golfe du Mexique.