Que devinrent les forts de îrontenac et de Duquesne
prise à l'année suivante ; mais sur l'information que les Français n'étaient que 500 hommes dans ce poste important^ il changea d'avis et contuiua sa route. M. de Ligneris, hors d'état de se défendre, brûla le fort, et se retira avec sa garnison dans cekii de Machault, du côté du lac Erié. Le général Forbes ne trouva en arrivant que l'emplacement sur lequel avait existé ce fort fameux, qui avait tant offusqué l'Angleterre. Il voulut néanmoins en changer le nom, et en l'honneur du ministre, M. Pitt, il donna à cet amas de cendres celui de Pittsburgh, qu'il a conservé, mais qui est aujourd'hui le nom d'une ville riche et florissante.
22. L'automne était arrivé. L'avantage de la campagne, la cinquième depuis le commencement des hostilités, resta aux Anglais en Amérique ; ils se trouvaient maîtres de Louisbourg et de l'île de Saint-Jean ; ils avaient brûlé les établissements répandus sur les côtes de Gaspé et pris pied sur la rive septentrionale de la baie de Fondj ; ils avaient détruit le fort de Frontenac et forcé, enfin, les Français d'abandonner avec le fort Duquesne cette verdoyante et délicieuse vallée de rOhio, aux eaux de laquelle ils s'étaient plu à donner le nom de Belle-Rivière. Mais on peut dire que la gloire des armes appartenait à la France. Jamais ses soldats ne s'étaient battus avec plus de dévouement et plus d'intrépidité.
Le Canada, abandonné à la double attaque de la famine et de l'épée, ne pouvait toujours résister si sa métropole ne faisait face elle-même sur les mers à l'Angleterre, qui versait chaque année en Amérique des armées entières à nos adversaires déjà beaucoup trop puissants.
23. Les embarras des finances et l'aspect de l'avenir amenèrent un nouveau changement de ministère à Paris ; mais les affaires militaires n'en allèrent pas mieux. Les désastres s'accrurent de jour en jour, et les nouveaux ministres étaient encore moins favora-
22. A quelle nation resta l'avantage de la campagne de 1758 7
23. Que se passait-il alors à Paris, et quelle fut la résolution du goureiaement touchant le Canada 7
blés au Canada que les anciens. En vain, M. de BougainviJle, envoyé à Paris, voulut représenter à la cour la nécessite de faire un grand eilort pour sauver le Canada ; en vain, M. de Montcalm écrivit lui-même qu'à moins d'un bonheur inattendu, d"une grande diversion sur les colonies anglaises par mer, ou de grandes fautes de la part de Tennemi, le Canada serait pris dans la campagne de 59 ou certainement dans la suivante, les Anglais ayant 60,000 hommes sous les armes, tandis que les Français en avaient 10 à 11 mille au plus. Des sollicitations si pressantes restèrent sans résultat.
2i. L'Angleterre qui n'ignorait pas la détresse du Canada, redoubla de vigueur. Comme l'année précédente, elle persista dans le plan d'envahir cette province à la fois par le centre et par les deux extrémités. Le général Wolfe fut chargé de l'attaquer par mer et d'assiéger Québec avec une armée de 10 ,ou 11,000 hommes ; le général Amherst reçut l'ordre de descendre le lac Champlain et le Saint-Laurent avec 12,000 hommes pour se réunir à lui. Le général Prideaux, avec un troisième corps composé de troupes réguhères et provinciales et de plusieurs milliers de Sauvages sous les ordres de sir \Yilliam Johnson, devait prendre Niagara, descendre le lac Ontario, enlever Montréal, chemin faisant, et aller se joindre aux deux armées déjà rendues sous les murailles de la capitale du Canada. Un quatrième corps moins considérable devait, sous les ordres du colonel Stanwix, battre la campagne, enlever les petits forts qui se trouveraient sur sa route et repousser les Français des rives du lac Ontario. Ces forces composaient un total de plus de 30,000 hommes avec des parcs d'artillerie formidables et toutes sortes de machines de guerre. Les amiraux Sounders, Durell et Holmes firent voile d'Angleterre avec une escadre de 20 vaisseaux de ligne, 10 frégates, 18 autres bâtiments plus petits, que raUièrent en chemin un grand nombre d'autres, pour transporter l'armée du géné-
24. Quel fut le plan de campagne de l'Angleterre pour l'année 1759 7
rai Wolfe de Louisbourg à Québec, et couvrir le siège de cette ville du côté de la mer. Celte flolte ne portait pas moins de 18,000 matelots et soldats de marine. Si, à cela, l'on ajoute encore les troupes nombreuses destinées à la garde des colonies anglaises elles-mêmes, on voit que l'estimation des forces de l'ennemi, faite par le général Montcalm, n'était pas loin de la vérité.
25. A l'aspect de ces immenses préparatifs. Ton fit faire dans l'hiver, en Canada, le dénombrement de3 hommes capables de porter les armes ; il s'en trouva 15,000 d^ l'âge de 10 à 60 ans. Les troupes régulières s'élevèrent seulement à 5,300 hommes, après l'arrivée de 600 recrues dans le printemps.
Dans le mois d'avril, le peuple averti de l'orage, se porta aux prières puÎDliques ordonnées par l'évêque pour le triomphe de la cause de la patrie, comme il allait se porter encore au combat.
25. A combien se montait le nombre des hommes capables de porter les armes en Canada en 1759 1
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