L'automne était arrivé. L'avantage de la cam
Louisbourg ,
avaient brûlé. les établissements répandus sur les côtes de Ga^pé et pris pied sur la rive septentrionale de la baie de Fondy ; ils avaient détruit le fort de Frontenac et forcée enfin, les Français d'abandonner avec le fort Duquesne cette verdoyante et délicieuse valléô de l'Ohio, aux eaux de laquelle ils s'étaient plu à don*ner le nom de Belle-Riviére. Mais on peut dire que 14 gloire des armes appartenait à la France. Jamais ses soldats ne s'étaient battus avec plus de dévoue-^ ment et plus d'intrépidité*
Le Canada, abandonné à la double attaque de la famine et de î'épée, ne pouvait toujours résister si sft métropole ne faisait face elle-même sur les mers à l'Angleterre, qui versait chaque année en Amérique des armées entières à nos adversaires déjà beaucoup trop puissants.
23. Les embarras des finances et l'aspect de l'avenir amenèrent un nouveau changement de ministère à Paris ; mais les affaires militaires n'en allèrent pas mieux. Les désastres s'accrurent de jour en jour, et les nouveaux ministres étaient encore moins favora-
22. A quelle nation resta l'avantage de la campagne de 1768 7
23. Que ee passait-il alors & Paris, et quelle fut Ja résolution 4a gonremement touchant le Canada 1
Nes aûkîa»acla que ïeâ ôncteris. En vain, IW.'de Botogaitivillie, envoyé à Paris, voulut représenter à \A cour îa nécessité de'faire un grand effort pour sauver te Canada ; eh vain, M. de-Mantcalm écrivit lui-n>éme
?' u*à moins d'un bonheur inattendu, d'une grande iversion sur les colonies anglaises par mer, ou de grandes fautes de la part de l'ennemi, le Canada se-^ rait pris dans la campagne de 59 ou certainement dans la suivante^ les Anglais ayant 60^000 hommes sous tes armes^ tandis que les Français en avaient 10 à 11 mille au plus. Des solUcilations si pressantes réparent Stans résultat.
' 24: L'Angleterre qui n'ignorait pas la détresse du Canada, reaoubla de vigueur. Comme Tannée préôédente, elle persista dans le plan d'envahir cette province à la fois par le centre et par les deux extrémités; te général' Wolfe fat chargé oe l'attaquer par mer et d'assiéger Québec avec une armée de 10 ;ou 11,000 hommes ; le général Amherst reçut l'ordre de descendre le lac Champlain et le Saint-Laurent avec 12,000 hommes pour se réunir à lui. Le général Prideaux, avec un troisième corps compose de troupes régulières et provinciales et de plusieurs milliers de Sauvages sous les ordres de sir William Johnson, devait prendre Niagara, descendre le lac Ontario, enlever Montréal, chemin faisant, et aller se joindre aux deux armées déjà rendues sous les murailles de la capitale du Canada. Un quatrième corps moins considérable devait, sous les ordres du colonel Stanwix, battre la campagne, enlever les petits forts qui se trouveraient sur sa route et repousser les Français des rives du lac Ontario. Ces forces composafent un total de plus de 30,000 hommes avec des parcs d'artillerie jformidables et toutes sortes de machines de guerre. Les amiraux Sounders, Durell et Holmes firent voile d'Angleterre avec une escadre de 20 vaisseaux de ligne, 10 frégates, 18 autres bàtimenti plus petits, que rallièrent en chemin un grand nombre d'autres, pour transporter l'armée du géné-
24. Quel fat le plan de campagne de l'Angleterre pour l'année 1769 1
rai Wolfe de Louisbourg à Québec, et couvrir Je siège de cette ville du côté de la mer. Cette flotté ne portait pas moins de 18,000 matelots et soldats de marine. Si, à cela. Ton ajoute encore les troupes nombreuses destinées à la garde des colonies anglaises élles-mômes, on voit que Testimation des forces de Tennemi, faite par le général Hontcalm, n'était pas loin de la vérité.
25. A Taspect de ces immenses préparatifs, Ton fit faire dans I hiver, en Canada, le dénombrement des hommes capables de porter les armes ; il s'en trouva J 5,000 de rage de 16 à 60 ans. Les troupes régulières s'élevèrent seulement à 5,300 hommes^ après Tarrivée de 600 recrues dans le printemps.
Dans le mois d'avril, le peuple averti ae l'orage, se. porta aux prières publiques ordonnées par l'évêque pour le triomphe ae la cause de la patrie, comm^ il allait se porter enoore au combat.
25. A combien le montait le nombro dea hommes oapsbles de porter leaSrmes en Canada en 1759 t
CHARLES BRODEUR -m-
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LITEE DIXIEME