CHAPITRE I
Contenant les Evènemens les plus remarquables depuis
la Conquête jusqu'à l’arrivée de Sir Guy ii à Gouverneur.
Quoique le gouvernement établi en Canada par le Général Amherst, fut absolument militaire : les officiers qu'il nomma dans Québec, Montréal et les Trois-Rivières, en abusèrent si peu que les Canadiens commencèrent à se réconcilier avec leur situation et à prendre quelque confiance dans ceux qu’ils avaient redoutés dans le principe.
Point tourmentés chez eux, ils pûrent s’adonner à la culture de leurs terres et porter les produits de leur industrie, dans les marchés, les y vendre à qui ils voujaient et aux prix qu’ils y mettaient, sans être tenus de les donner à vil prix aux employés du gouvernement, comme ci-devant.
Cette manière d’agir les mit à même d'apprécier mieux ceux qu’on leur avait représentés comme des tyrans. Le résultat fut tel aue lors de la proclamation de la paix, en 1764, les Canadiens ne furent point aussi affectés qu’on l’auroit cru, en apprenant la cession du pays à l'Angleterre, et qu’ils devenaient par là sujets Anglais. Ils se. conformèrent de bonne grâce aux circonstances et devinrent par la suite aussi affectionnés au gouvernement Anglais, qu’ils l’avaient été au gouvernement Français.
Par le traité de paix conclu entre les Rois de la Grand Bretagne et de Franee, le 19 Février 1763, il est dit “ que Sa Majesté Très Chrétienne renonce à
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‘“ toutes prétentions qu'elle a jusqu'ici formées ou ‘ pourrait former sur la Nouvelle Ecosse ou Acadie, ‘6 dans toutes ses parties et en garantit le tout et toutes ‘ ses dépendances au Roi de la Grande Brétagne.
‘ De plus Sa Majesté Très Chrétienne, cède et
‘ garantit à Sa dite Majesté Britannique, en plein “droit, le Canada, avec toutes ses dépendances, ‘ ainsi que l'Isle du Cap Breton, et toutes les autres Isles et Côtes dans le Golfe et le Fleuve Saint “ Laurent, et en général tout ce qui dépend des dits ‘6 Pays Terres, Isles et Côtes, avec la Souveraineté, « Propriété, Possession et tous droits acquis par Traités, “ ou autrement que le Roi Très Chrétien et la Cou- “ ronné de France ont eu jusqu’à présent, sur les dits ce Pays, Isles, Terres, Places, Côtes et leurs habitans, “ de sorte qué le roitrès chrétien cède et transporte “ Je tout aux dits roi et couronne de la Grande Breta- ‘ gne, et celxde la manière et formes les plus amples, “ sans restriction et sans pouvoir s'écarter de la dite se garantie, sous aucun prétexte, ou de pouvoir troubler & [a Grande Bretagne, dans les possessions sus-mense tionnées.
# Sa Majesté Britannique, de son côté, consent ‘ d'accorder la liberté de la Religion Catholique aux ‘ habitans du Canada. Elle donnera en conséquence Jes ordres les plus efficaces, que ses nouveaux Sujets ce Catholiques Romains, puissent professer le culte de ‘ leur Réligion, selon les, rites de l’Eglise de Rome, 6 autant que les loix d'Angleterre le permettront.
‘ Sa Majesté Britannique, consent de plus que des
“ habitans Français ou autres, qui avaient été Sujets “ du Roi Très Chrétien, en Canada, puissent se retirer 66 en toute sureté et liberté, où ils jugeront à propos ; ce qu’ ils vendent leurs biens, pourvu que ce soit à des ‘ sujets de Sa Majesté Britannique ; et qu’ils emportent 6 leurs effets avec eux, sans être restreints dans leur
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es ou émigration, sous aucun prétexte quelconque, à l’exadie, ‘“ ception de celui des dettes ou des poursuites crimioutes ‘ nelles; le terme limitée pour cette émigration sera ‘t fixé à l’espace de dix-huit mois, à compter du jour de de et ‘ l'échange de la ratification du présent traité.” plein Dans le mois d'Octobre, 1763, il sortit une Proclances, mation de la Cour de Saint James, dans les termes tutres suivants :
Saint ‘ Attendu que nous avons pris en notre considération y dits ‘royale les acquisitions étendues et importantes, ineté, ‘* assurées à notre couronne dans l’Amérique, par le aités, ‘traité difinitif de paix, conclu à Paris, le dixième Cou- “jour de Février dernier ; et désirant que tous nos s dits ‘aimés sujets tant de nos royaumes que de nos itans, ‘ colonies en Amérique, puissent profiter aussitôt que porte He «possible, des grands avantages qui doivent en résulter jreta- pour Jeur commerce leur manufactures et la naviaples, ‘ gation, nous avons jugé à propos, de l’avis de notre dite ‘ Conseil Privé, d'émaner notre présente proclamation ubler Royale, Par laquelle nous publions er déclarons à men- “tous nos aimés sujets, que de l'avis de notre dit “ Conseil Privé, nous avons accordé nos Lettres Pansent ‘ «: tentes, sous notre Grand Sceau de la Grande Bre- > aux ‘“ tagne, pour ériger dans les pays et isles à nous ence “ cédés et confirmés par le dit traité, quatre gouver- Sujets ‘ nemens distincts et séparés, connus et appellés par les te de “ noms de Québec, Floride Orientale, Floride Septenome, ‘ trionale et la Grenade, et limités et bornés, comme 1 ES ‘ suit, savoir :
e des d Premièrement, le Gouvernement de Québec, Sujets “ borné sur la côte de Labrador par la rivière St. Jean,
tirer “et de là par une ligne tirée de la source de cette se Rivière, à travers le Lac Saint Jean, jusqu’à l’ex- « tremité sud du Lac Nipissing, de là dite ligne, tra- “ versant le Fleuve Saint Laurent etle Lac Champlain
par les quarante-cinq dégrés de latitude nord, passe
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