Les premiers colons de la Louisiane furent
comme nous l’avons déjà dit, des Canadiens. Ce tit peuple qui habitait l'extrémité septentrionale
du Nouveau-Monde, sans avoir e presque le temps
de s’asseoir sur la terre qu'il venait de défricher,
courait déjà à l’aventure vers des contrées nouvelles ; ses enfants jalonnaient les rives du Saint-Laurent et du Mississipi, dans un espace de près de douze cents lieues. Une partie disputait les bords glacés de la pbaie d'Hudson aux traïtants angiais, tandis qu’une
autre guerroyait avec les Espagnol$ sous le ciel brûlant des tropiques. La puissance française en Amérique semblait reposer sur eux.
2. Le roi concéda, en 1712, à M. de Crozat, habile négociant français, le privilége exclusif du commerce et l'exploitation des mines de la Louisiane pour seize ans. Tl nomma en même temps M. de la Motte-Cadillac gouverneur de cette contrée, M. Duclos, com-
Buissaire ordonnateur, et un conseil supérieur pour [trois ans. La Coutume de Paris fut seule reconnue
dans le pays.
3.. M. de la Motte-Cadillac qui remplaçait M. de Muys, mort en se rendant en Amérique, prit les rênes de son gouvernement en 1713. Il chercha à retirer ls habitants de la misère dans laquelle ils languissaient, en donnant quelque impulsion au commerce. ll envoya un navire chargé de marchahdises à Vera- Cruz et commença la traite avec les autres nations