‹ Abrégé de l'histoire générale des singesChapitre 13 sur 43 · LA GUENON A LONG NEZ · texte numérisé non relu

LA GUENON A LONG NEZ

Cette Guenon , ou singe à longue queue , j nous a été envoyée des grandes Indes , et i|: n’étoit connue d’aucun Naturaliste , quoi- n que très-remarquable par un trait apparent ,r|

et qui n’appartient à aucune des autres espèces de guenons , ni même à aucun autre animal , ce trait est un nez large proéminent , assez semblable par la forme à celui de l’homme , mais encore plus long , mince à son extrémité , et sur le milieu duquel règne un sillon qui semble le diviser en deux lobes. Les narines sont posées et ouvertes hoiizontalcment comme celles de l’homme ; leur ouverture est grande , et la cloison qui les sépare est mince } et comme le nez est très-alongé en avant, les narines sont éloignées des lèvres, étant situées à l'extrémité du nez. La face entière est dénuée de poil comme le nez y la peau en est d’un brun mêlé de bleu et de rougeâtre. La tête est ronde , couverte au sommet et sur toutes les parties postérieures , d’un poil touffu assez court et d’un brun marron. Les oreilles cachées dans le poil sont mies , minces , larges , de couleur noirâtre et de forme arrondie , avec une échan rare assez sensible à leur bar \ Le front est court , les yeux sont assez grands et assez éloignés L u 11 de l’autre } il 11’y a ni sourcils , ni cils à la paupière inférieure , mais la paupière supérieure a des cils assez longs. La bouche est grande et garnie de fortes dents canines et de quatre incisives à chaque mâchoire , semblables à celles de l’homme. Le corps

est gros et couvert d’un poil d’un brun marron plus ou moins foncé sur ie dos et sur les flancs , orangé sur la poitrine , et d’un fauve mêlé de grisâtre sur le ventre 9 les cuisses et les bras , tant au-dedans qu’au-dehors.

Il y a sous le menton , autour du cou et sur les épaules , des poils bien plus longs que ceux du corps , et qui forment une espèce de camail dont la couleur contraste avec celle de la peau nue de la face. Cette guenon a, ? comme les autres , des callosités sur les fesses; sa queue est très-longue, et garnie , en dessus et en dessous , de poils fauves assez courts } ses mains et ses pieds nus à l’intérieur , sont à l’extérieur couverts de poils courts et d’un fauve mêlé de gris. Elle a cinq doigts , tant aux mains qu’aux pieds, dont les ongles sont noirs; celui des pouces est aplati ,et les autres sont convexes.

Les Singes , les Babouins et les Guenons , forment trois troupes , qui laissent entre elles deux intervalles : le premier est rempli par le Magot, et le second par le Maimon: celui-ci fait la nuance entre les Babouins et les Guenons , comme le Magot la fait entre les Singes et les Babouins ; en effet , le Maimon ressemble encore aux Babouins par son gros et large museau , par sa qucua courte et arquée ; mais il en diffère et s’approche des guenons par sa taille qui est fort 'au-dessous de celle des Babouins , et par la douceur de son naturel. On a donné la figure et la description de cet animal sous la dénomination de

6o HISTOIRE

Singe à queue de cochon ; ce caractère'particulier suffit pour le faire reconnoître , car il est le seul de tous les babouins et guenons qui ait la queue nue, menue et tournée comme celle du cochon.

Il est à-peu-près de la grandeur du Magot, et ressemble si fort au Macaque qu’on pourroit le prendre pour une variété de cette espèce , si sa queue n'étoit pas tout-à-fait différente j il a la face nue et basanée , les yeux châtains , les paupières noires , le nez plat , les lèvres minces avec quelques poils roides , mais trop courts pour faire une moustache apparente. Il n’a pas , comme les singes et babouins, les bourses à l’extérieur, le tout est caché sous la peau ; aussi le M arm on , quoique très-vif et plein de feu, n’a rien de la pétulence impudente des babouins ; il est doux , traitable et même caressant : on le trouve à Sumatra , et vraisemblablement dans les autres provinces de l’Inde méridionale; aussi souffre -t- il avec peine le froid de notre climat : celui que nous avons vu à Paris , n’a vécu que peu de temps.

Caractères distinctifs de cette espèce .

Le Maimon a des abajoues et des callosités sur les fesses , la queue nue , recoquillée et longue de cinq ou six pouces 3 les j

dents canines pas plus longues à proportion qi:e celles de l’homme ; le museau très - large , les orbites des yeux fort saillantes au dessus , la face, les oreilles, les mains et les pieds nus, de couleur de chair; le poil d’un noir olive sur le corps , et d’un jaune roussâtre sur Je ventre ^ il marche tantôt sur deux pieds et tantôt sur quatre * il a deux pieds et demi de hauteur lorsqu’il est debout.

LE MACAQUE, vu de face.

De toutes les guenons ou singes à longue queue, le Macaque est celui qui approche le plus des Babouins ; il a, comme eux ,

le corps court et ramassé , la tête grosse, le museau large , le nez plat, les joues ridées, et en même temps il est plus gros et plus grand que la plupart des autres guenons ; il est aussi d’une laideur hideuse , en sorte qu’on pourroit le regarder comme une petite espèce de Babouins , s’il n’en différoit pas par la queue qu’il porte en arc comme eux , mais qui est longue et bien touffue 3 au lieu que celle des Babouins , en général, est fort courte. Cette espèce est originaire du Congo et des autres parties de l’Afrique méridionale } elle est nombreuse et sujette à plusieurs variétés pour la grandeur , les couleurs et la disposition du poil. Celui que nous appelons ici Y Aigrette , parce qu’il a sur le sommet de la tête un épi ou aigrette de poil , ne nous a paru qu’une variété du premier auquel il ressemble en tout , à l’exception de cette différence et de quelques autres légères variétés dans le poil } ils ont tous deux les mcèurs douces , et sont assez dociles $ mais indépendamment d’une odeur de fourmi ou de faux musc qu’ils répandent autour d’eux , ils sont si mal - propres , si laids et même si affreux lorsqu’ils font la grimace, qu’on ne peut les regardersans horreur et dégoût. Ces guenons vont souvent par troupes et se rassemblent, sur -tout y

pour voler des fruits et des légumes. On raconte qu’elles prennent dans chaque patte un ou deux pieds de milhio , autant sous leur bras et autant dans leur bouche , qu’elles s’en retournent ainsi chargées, sautant continuellement sur les pattes do derrière , et quand ouïes poursuit, elles , jettent les tiges de milhio qu’elles tenoient dans les mains et sous les bras , ne gardant que celles qui sont entre leurs dents , afin de pouvoir fuir plus vite sur les quatre pieds \ 2u reste , on ajoute qu’elles examinent avec la dernière exactitude chaque tige de milhio qu’elles arrachent ; et si elle ne leur plaît pas , elles la rejettent à terre et en arrachent d’autres * en sorte que par leur bizarre délicatesse , elles causent beaucoup plus de dommage encore que par leurs vols.

Caractères distinctifs de cette espèce»

Le Macaque a des abajoues et des callosités sur les fesses \ il a la queue à-peu près comme la tête et le corps pris ensemble, d’environ dix-huit à vingt pouces \ la tête grosse? le museau gros , la face nue , livide et ridée * les oreilles velues , le corps court et ramassé , les jambes courtes et grosses ; le poil des par. îies supérieures est d’un cendré -vçrdâtre , et

sur la poitrine et Je centre d’ua gris jaunâtre;

il porte une petite crête de poil au-dessus de la têt» ; il marche à quatre et quelquefois à deux pieds ; la longueur de son corps, y compris celle de la tête , est d’environ vingt pouces. II paroïî qu’il y a dans cette espèce des races beaucoup plus grandes et d’autres plus petites, telle q le celle qni suit*

L’ A I G R E T T E , o ue de profil.

L’Aigrette ne nous paroît être qu'une variété du Macaque ; elle est plus petite d’environ un tiers dans toutes les dimensions' ; au lieu de la petite crête de poil i qui se trouve au sommet de la tête cU Ma- < caque y l’Aigrette porte un épi droit et j

pointu ; J

pointu ^-elle semble encore différer du-Macaque par ie poil du front qui est noir, nu lieu que sur le front du Macaque il est verdâtre î il paroit aussi que l’Aigrette a la queue plhs longue que le Macaque , à proportion de la longueur du corps. Les femelles dans ces espèces sent sujettes , comme les femmes , à i écoulement périodique.

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