L’ OUISTITI
L’Ouistiti est encore plus petit que le Tamarin , il u’a pas un demi-pied de longueur, le corps et la tête compris, et sa queue a plus d’un pied de long ; elle est marquée comme celle du fvîococo par des anneaux alternativement noirs et blancs ; le poli en est plus long et plus fourni que celui du Mococo : l’Ouistiti a la face nue et d’une couleur de chair assez foncée, il est coiffé fort singulièrement par deux toupets de longs poils blancs au-devant des oreilles , en sorte que , quoiqu’elles soient grandes , on ne les .voit pas
i$i HISTOIRE
en regardant l’animal en face. Il est trèscertain que l’Ouistiti ni aucun autre Sagouin ne se trouve en Ethiopie , et il est très-vraisemblable que le Fonkes ou Guereza de Ludolph est ou le Mococoou le Loris , qui se trouvent dans les terres méridionales de l’ancien continent. On dit encore que le Sanglin (Ouistiti) , lorsqu’il est en bennesanté, a le poil très fourni et très tondu $ que l’un de ceux qu’il a vus , et qui étoit des plus vigoureux , se nourrissoit de plusieurs choses, comme de biscuits , fruits , légumes , insectes , limaçons , et qu’un jour étant déchaîné , il se jeta sur un petit poisson doré de la Chine qui étoit dans un bassin , qu’il le tua et le dévora avidement ; qu’ensuite on lui donna de petites anguilles qui l’effrayèrent d’abord en s’entortillant autour de son cou , mais que bientôt il s’en rendit maître et les mangea. Enfin , on ajoute un exemple qui prouve que ces petits animaux pourroient peut-être se multiplier dans les contrées méridionales de l’Europe : ils ont produit des petits en Portugal , où le climat leur est favorable. Ces petits sont d’abord fort laids , n’ayant presque point de poil sur le corps ; ils s’attachent fortement aux têtes de leur mère ; quand ils sont devenus un peu grands , ils se cramponnent fortement sur son dos ou sur ses épaules $
DES SINGES. 19J les ; et quand elle est lasse de les porter , elle s’en débarrasse en se frottant contre la muraille ; lorsqu’elle les a écartés , le mâle en prend soin sur-le-champ , et les laisse grimper sur son dos pour soulager la femelle®
Caractères distinctifs de cette espèce .
L’Ouistiti n’a ni abajoues , ni callosités sur les fesses } il a la queue lâche , non prenante , fort touffue , annelée alternativement
de noir et de blanc 9 ou plutôt de brun et de
gris , et une fois plus longue que la tête et le corps pris ensemble } la cloison des narines fort épaisse , et leurs ouvertures à côté ; la tête ronde , couverte de poil noir au-dessus du front , sur le bas duquel il y a au-dessus du nez , une marque blanche et sans poil j sa face est aussi presque sans poil , et d’une couleur de chair foncée $ if a des deux côtés de la tête , au-devant des oreilles , deux toupets de longs poils blancs ; ses oreilles sont arrondies , plates, minces et nues ; ses yeux sont d’un châtain rougeâtre * le corps est couvert d’un poil doux d’un gris cendré et d’un gris plus clair ? et mêlé : d’un peu de jaune sur la gorge , la poitrine et le ventre j il marche à quatre pieds, et n’a souvent pas un demi-pied de longueur • '■ * - L ' - ~ R ' .
depuis le bout du nez jusqu’à l’origine de la queue. Les femelles ne sont pas sujettes à l’écoulement périodique.
LE MAKIKÎN A.
Le Marikina est assez vulgairement connu sous le nom de petit Singe lion : nous n ad* mettons pas cette dénomination composée ? parce que le Marikina n’est point un Singe , mais un Sagouin ; et que d’ailleurs il ne ressemble pas plus au lion , qu’une alouette ressemble à une autruche, et qu’il n’a de rapport avec lui que par l’espèce de crinière qu’il porte autour de la face , et par le petit flocon de poils qui termine sa queue.
DES SINGES. ï9$
Il a le poil touffu , long , soyeux et lustré ; la tête ronde , la face brune , les yeux roux , les oreilles rondes , nues et cachées sous les longs poils qui environnent sa face j ces poils sont d’un roux vif, ceux du corps et de la queue sont d’un jaune très-pâle et presque blancs : cet animal a les mêmes manières , la même vivacité et les mêmes inclinations que les autres Sagouins , et il paroît être d’un tempérament un peu plus robuste , car nous en avons vu un qui a vécu six ans à Paris , avec la seule attention de le garder pendant l’hiver dans une chambre 9 où tous les jours on allumoit du feu.
Caractères distinctifs de cette esjpècc»
Le Marikina n’a ni abajoues ni callosités sur les fesses $ il a la queue lâche , non prenante et presque une fois plus longue que la tête et le corps pris ensemble ; la cloison entre les narines épaisse et leurs ouvertures à côté ; il a les oreilles rondes et nues ; de longs poils d’un roux doré autour de la - face; du poil presqu’aussi long , d’un blanc jaunâtre et luisant sur tout le reste du corps , avec un flocon assez sensible â l’extrémité
de la queue \ il marche à quatre pieds } et
n'a qu’environ huit ou neuf pouces de longueur en tout. La femelle n’est pas sujette à l'écoulement périodique.
LE PINCHE.
Le Pinche, quoique fort petit , l’est cependant moins que l’Ouistiti , et même que le Tamarin ; il a environ neuf pouces de long , la tête et le corps compris , et sa queue est au moins nue fois plus longue ; il est remarquable "par l’espèce de chevelure blanche et lisse qu’il porte au-dessus et aux côtes de la tête, d’autant que cette couleur tranche merveilleusement sur celle de la face qui est noire et ombrée par un petit duvet
gris ; il a les yeux tout noirs , la queue d’un roux vif à son origine et jusqu’à près de la moitié de sa longueur, où elle change de couleur et devient d’un noir brun jusqu’à l’extrémité ; le poil des parties supérieures du corps est d’un bran fauve } celui de la poitrine 5 du ventre , des mains et des pieds , est blanc ; la peau est noire par - tout , mè ne sous les parties ou le poil est blanc ; il a la gorge une et noire comme là face : c’est encore un joli a ruinai et d’une figure trèssingulière sa voix est douce et ressemble plus au chant d’un petit oiseau qu au cri d’un animal } il est très-délicat , et ce n’est qu’avec de grandes précautions qu’oa peut le transporter d’Amérique en Europe.
Caractères distinctifs de cette espece .
Le Pinche n’a ni abajoues ni callosités sur les fesses j il a la queue lâche , non prenante et une fois plus longue que fa tête et le corps pris ensemble ; la cloison entre les narines épaisse ? et leurs ouvertures à côté ; la face , la gorge et les oreilles noires ? de longs poils blancs en forme de cheveux liasses \ le museau large 5 la face |jpade ; le poil du corps assez
19K histoire
Ipng , brun fauve ou roux sur le corps jusqu’auprès de la queue où i! devieut orangé , blanc sur la poitrine , le ventre ? les mains et les pieds où il est plus court que sur le corps } la queue d’un roux vif à son origine et dans la première partie de sa longueur , ensuite d’un roux brun et enfin noir â son extrémité} il marche à quatre pieds et n’a qu’environ neuf pouces de longueur en tout. Les femelles ne sont pas sujettes à l’écoulement périodique®
LE MICO.
C’est à un voyageur que nous devons la connoissance de cet animal $ ainsi nous ne pouvons mieux faire que de rapporter ce qu’il *n écrit dans la relation de son voyage sur la rivière des Amazones. Celui-ci , dont le gouverneur de Para m’avoiî fait présent . é toit Tunique de son espèce qu’ou eût vu dans le pays ; le poil de son corps étoit argenté et de la couleur des plus beaux cheveux blonds ; celui de sa queue étoit d’un marron lustré approchant du noir. II avoit une autre singularité plus remarqua-
ble ; ses oreilles , ses joues et son museau croient teints d’un vermillon si vif, qu'on avoi: peine à se persuader que cette couleur fût naturelle ; nous l’avons gardé pendant un an , et il étoit encore en vie lorsque j’écrivois ceci , presque à la vue des côtes de France , ou je me faisois un plaisir de l’apporter vivant ; malgré les précautions continuelles que je prenois pour le préserver du froid , la rigueur de la saison l’a vraisemblablement fait mourir. .... Tout ce que j’ai pu faire , a été de le conserver dans l’eau-de-vie. Par le récit de ce voyageur, il est aisé de voir que la première espèce de ces animaux , est celui que nous avons appelé Tamarin , et que le dernier auquel nous appliquons le nom de Mico , est d’une espèce tiès- différente et vraisemblablement beaucoup plus rare , puisqu’aucun auteur , ni aucun voyageur avant lui n’en avoient fait mention , quoique ce petit animal soit très - remarquable par le rouge vif qui anime sa face ; et par la beauté de son poil,
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DES SINGES. ici Caractères distinctifs de cette espece *
Le Mico n’a ni abajoues ni callosités sur les fesses ; il a la queue lâche 9 non prenante , et d’environ moitié plus longue que la tête et le corps pris ensemble ^ la cloison des narines moins épaisse que les autres Sagouins , mais leurs ouvertures sont situées de même à côté et non pas au bas du nez j il a la face et les oreilles nues , et couleur de vermillon $ le museau court ; les yeux éloignés l’un de l’autre ^ les oreilles grandes $ le poil d’un beau blanc argenté , celui de la queue d’un brun lustré et presque noir. Il marche à quatre pieds , et il n’a qu’environ sept ou huit pouces de longueur en tout. Les femelles ne sont pas sujettes à l’écoulement périodique.