‹ Abrégé de l'histoire générale des voyages [microforme]Chapitre 32 sur 79 · A RE RO SE RE · texte numérisé non relu

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DES VOYAGES. Gr

de Calicut, dont la moitié fut ruinée, et ensevelit quinze mille habitans sous ses débris. Il se présenta ensuite devant Cochin, où la vue d’une si belle flotte fit oublier au fidèle Trimumpara tous les dangers qu'il avait courus. Ce prince porta ses plaintes à l'amiral contre les habitans de Cranganor, ville forüfiée par le samorin, et distante de Cochin de quatre lieues. Crangauor fut pris et brülé, et la floue qui le défendait fut détruite. On voit que les victoires des Portugais étaient cruelles et destructives. Ils livraient aux flammes les villes et les vaisseaux qu'ils prenaient. Cette manière de faire la guerre semblait justifier ceux qui les avaient représentés d'abord comme des pirates armés pour piller ou pour détruire, qui se déguisaient sous le ütre de marchands. Cependant il est possible que, dans un pays étranger, détestés des Maures et suspects aux Indiens, forcés de recourir aux armes, et n’attendant aucun quartier de ceux qu'ils prétendaient soumettre, ils fussent obligés d’inspirer une terreur qui leur servait de rempart. Mais au fond, les Portugais avaient-ils le droit de dire aux rois de l'Inde : nous nous établirons dans vos états malgré vous ? Non, sans doute. Ils ne pouvaient avoir d'autre droit que celui de la force, droit qui rend toujours odieux celui qui l’exerce, et qui oblige de

recourir à la cruauté pour appuyer l'injustice.

Avant de partir pour le Portugal, Soarez et Pachéco réunis lussèrent à Cochin Manuel Tellez Barrato avec quatre vaisseaux pour garder le port

et défendre leur allié. 1ls dirigérent leur route sur Panami, ville appartenant au samorin, et qu'ils voulaient détruireen passant; mais le ventles poussa dans une baie, où ils furent trés-surpris de trouver dix-sept vaisseaux turcs, montés de quatre mille hommes, et défendus par de l'artillerie. Rencontrer des ennemis, c'était alors, pour les Portngais, rencontrer des triomphes. La flotte barbare fut brûlée avec toute sa cargaison, et il périt quantité de Turcs par le fer et par le feu. Les Portugais, suivant le rapport des historiens, ne perdirent que trente-trois hommes. Il fallait que les Turcs, qui s'étaient fait redouter sur terre, n’entendissent pas les combats de mer mieux que les Indiens, ou que les Portugais fussent plus que des hommes.

Soarez et Pachéco remirent à la voile au commencement de janvier 1506, et rentrèrent dans le port de Lisbonne le 22 juillet. Ils ramenaient avec eux Diégo Fernandez Péreyra, l’un des capitaines de la flotte précédente , et qui s'était signalé par la découverte de l’île de Socotora, où 1l mouilla l'ancre après avoir fait diverses prises sur la côte de Mélinde. On ne pouvait prodiguer trop de récompenses et d'honneurs à ces braves commandans, qui apportaient au Portugal autant de gloire que de richesses. Le roi Emmanuel honora particulièrement la valeur dans Édouard Pachéco. Il le fit ‘asseoir près de lui sous un duis; et, dans cette sitation, il le fit porter avec lui dans l’église cathédrale de Lisbonne, au milieu de la foule et des

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4 applaudissemens du peuple. Mais il ne faut se fier pi aux faveurs de la fortune , n1 à celles des rois. Pachéco fut arrêté peu de temps après, sans que l'histoire nous,en apprenne la cause, et le vain- \ queur du samorin mourut dans un cachot.

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