RARE
lever une somme par souscription, pour payer le prix de sa liberté.
Le jour qui précéda son retour à Londres, il
reçut une lettre qui portait son adresse, etqui , étant venue sous une enveloppe au chevalier Bybia-Lake, avait été remise à la Compagnie d'Afrique. L'auteur n’ajoute pas de qui elle était, quoiqu'il paraisse assez qu'elle venait de M. Oglethorpe; en conséquence, les directeurs de la Compagnie ordonnèrent à M. Hunt de leur fournir le mémoire de toute la dépense qu'il avait faite pour Job. Elle montait à cinquante-neuf livres sterling, qui lui furent payées par la Compagnie. Cependant Job n’était pas délivré de ses craintes. Il se figura qu'il aurait à payer une grande rançon , lorsqu'il serait retourné dans son pays. La souscription n’était pas encore commencée. L:uet, ayant renouvelé cette proposition, un homme de mérite entreprit de la faire réussir en souscrivant le premier. Son exemple fut suivi avec empressement. Enfin, la somme étant remplie, Job obunt sa liberté, et la Compagnie d’Afrique se chargea de son logement et de son entretien jusqu'à son départ.
Il vécut quelque temps dans une situation tranquille , occupé à visiter ses amis et ses bienfaiteurs. Le chevalier Hans Sloane , qui était de ce nombre, l’'employait souvent à traduire des manuscrits arabes et des inscriptions de médailles. Un jour qu'il était chez lui, il marqua une vive curiosité de voir la famille royale, Le chevalier lui promit de le satis-
faire, lorsqu'il serait vêtu assez proprement pour paraitre à la cour. Aussitôt les amis de Job lui firent faire un riche habit de soie, dans la forme de son pays ; il fut présenté dans cet état au roi, à la reine, aux deux princes et aux princesses. La reine lui fit présent d’une belle montre d'or ; et le même jour il eut l'honneur de diner avec le duc de Montague et d'autres seigneurs, qui se réunirent ensuite pour lui faire présent d’une somme honnête. Le duc de Montague le mena souvent à sa maison de campagne , et lui montrant les instrumens qui servent à l’agriculture et au jardinage, il chargea ses gens de Jui en apprendre l'usage. Lorsque Job se vit prés de son départ, le même seigneur fit faire pour lui un grand nombre de ces instrumens, qui furent mis dans des caisses et poñtés sur son vaisseau. Il recut divers autres présens de plusieurs personnes de qualité, jusqu’à la valeur de cinq cents livres sterling. Enfin, après avoir passé quatorze mois à Londres, il s'embarqua au mois de juillet 1754, sur un vaisseau de la Compagnie, qui partait pour la rivière de Gambie.
Job aborda au fort anglais le 8 d'août. Il était recommandé particulièrement par les directeurs de la Compagnie au gouverneur et aux facteurs du pays. Ils le traitèrent avec autant de respect que de civilité. L’espérance de trouver quelqu'un de ses compatriotes au comptoir de Djôr, qui n’est qu'à sept journées de Bounda, le fit partir le 23 sur le sloop la Renommée, avec Moore, qui allait
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prendre la direction de ce comptoir. Le 26 au soir, ils arrivérent à Damasensa. Job se trouvant assis sous un arbre avec les Anglaïs, vit passer sept ou huit Nègres de la nation de ceux qui l'avaient fait esclave à trente milles du même lieu. Quoiqu'il fût d’un caractère modéré, il eut de la peine à se contenir ; et son premier mouvement le portait à les tuer d’un sabre et de deux pistolets dont il était armé. Moore lui fit perdre cette pensée, en lui représentant l’imprudence et le danger de son dessein. Ils firent approcher les Nègres rour leur adresser diverses questions, et leur demander particulièrement ce qu'était devenu le roi leur maître, qui avait jeté Job dans l'esclavage.
Ils répondirent que ce prince avait perdu la vie d’un coup de pistolet qu'il portait ordinairement pendu au cou, et qui, étant parti par hasard, l'avait tué sur-le-champ. Il y avait beaucoup d'apparence que ce pistolet venait du capitaine Pike, et faisait partie des marchandises que le roi avait reçues pour le prix de Job. Aussi Job fut-il si transporté de joie, que, tombant à genoux, il remercia Mahomet d’avoir détruit son ennemi par les armes mêmes qui avaient été le prix de son crime ; et se tournant vers Moore : « Vous voyez, lui dit-il, que « le ciel n’a point approuvé que cet homme m'eût « fait esclave, et qu'il a fait servir à sa punition les « mêmes armes pour lesquelles j'ai été vendu. Ce- « pendant je dois lui pardonner, ajouta-t-1l, parce «que, Si je n'avais pas été vendu, je ne saurais
« pas la langue anglaïse, je n'aurais pas mille « choses utiles et précieuses que je possède; je « n'aurais pas vu un pays tel que l'Angleterre, et « des hommes aussi généreux que j'en ai trouvé « dans cette contrée. » Il n’y a guère d'Européen cultivé dont la reconnaissance s'exprimât plus éloquemment.
Le sloop étant arrivée le premier de septembre à Djôr, Job dépêcha le 14 un exprès à Bounda, pour donner avis de son retour à ses parens. Ce messager était un Foula, qui se trouva de la connaissance de Job, et qui marqua une joie extrême de le revoir. C'était presque le seul Africain qu'on eût jamais vu revenir de l'esclavage. Job fit prier son père de ne pas venir au-devant de lui, parce que le voyage était trop Jong, et que, suivant l'ordre de la nature, c'étaient les jeunes gers, disait-il, qui devaient aller au-devant des vieux. Il envoya quelques présens à ses femmes, et le Foula fut chargé de lui amener le plus jeune de ses fils, pour lequel il avait une affection particulière.
Dans l'intervalle, Job ne cessa point de louer beaucoup les Anglais parmi les Nègres de sa nation. Il fit revenir les Africains de l'opinion où ils avaient toujours été, que les esclaves étaient mangés ou tués , parce qu’on n’en voyait pas revenir un seul.
Quatre mois se passèrent avant qu'il püt recevoir les moindres informations de Bounda. Son impatience le fit retourner à Djôr le 29 janvier 1755. Le 14 du mois su‘vant, il vit arriver enfin le Foula
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DES VOYAGES. 453 avec des lettres; maïs elles ne lui apportaient que de fâcheuses nouvelles. Son pére était mort, avec la consolation néanmoins d’avoir appris, en expirant, le retour de son fils, et le traitement qu'il avait reçu en Angleterre. Une des femmes de job s'était remariée en son absence; et le second mari avait pris la fuite en apprenant l’arrivée du premier. Depuis trois ou quatre ans la guerre avait fait tant de ravage dans le pays de Bounda, qu’il n’y restait plus de bestiaux.
Avec le messager, 1l était arrivé un des anciens amis de Job, qi fut charmé de le revoir, mais qui parut fort touché de la mort de son père et des malheurs de sa patrie. Il protesta qu’il pardonnait à sa femme, et même à l’homme qui l'avait épousée, Ils avaient raison, disait:il , deme croire mort, puisque j'étais passé dans un pays d’où jamais aucun Foula n’est revenu. Ses entretiens avec son ami durérent trois ou quatre jours, sans autre interruption que celle des repas et du sommeil.
Lorsque Moore quitta l’Afrique , il laissa Job à Djôr avec le gouverneur Hull, prêts à partir tous deux pour Yanimarriou , d’où ils devaient se rendre à la forêt des Gommiers, qui est proche de Bounda. Job le chargea de plusieurs lettres pour le duc de Montague, la Compagnie d'Afrique, Oglethorpe, et ses principaux bienfaiteurs. Elles étaient remplies des plus vives marques de sa re-
connaissance et de son affection pour la nation anglaise.
Ses qualités naturelles étaient excellentes. 11 avait le jugement solide, la mémoire facile, et beaucoup de netteté dans les idées ; il raisonnait avec beaucoup de modération et d’impartialité. Tous ses discours portaient le caractère du bon sens, de la bonne foi, et d’un amour ardent pour la vérité.
Sa pénétration se fit remarquer dans une infinité d'occasions. Il concevait sans peine le mécanisme des instrumens. Après lui avoir fait voir une pendule et une charrue, on lui en montra les pièces séparées, qu'il rejoignit lui-même sans le secours de personne.
Sa mémoire était si extraordinaire, qu'ayant appris l’Alcoran par cœur à quinze ans, ilen fit trois copies de sa main en Angleterre , sans autre modéle que celui qu'il portait dans sa tête, et sans se ser virmême de la première copie pour faire les deux autres. 11 souriait lorsqu'il entendait parler d'onbli, comme d’une faiblesse dont il n'avait pas l'idée. Cette mémoire paraîtra moins surprenante, si l'on fait réflexion qu'ayant nécessairement peu d'idées acquises, celles qui se plaçaient dans sa tête s'y gravaient avec plus de facilité ét moins de confusion. C'est par cette raison que dans la premiére jeunesse on apprend et l’on retient plus aisément : l'organe est neuf, et l'esprit a moins de distractions. C'est quand les traces d’une infinité d'objets divers se sont multipliées dans le cerveau que leur nombre et leur variété commencent à nuire à leur ordre qu'elles se confondent et s’effacent en même temps
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que l'organe perd de son énergie, comme la planche du graveur ne rend plus que des traits vagues et confus lorsqu'on en a trop renouvelé les empreantes.
Il avait cette sorte de compassion générale qui rend le cœur sensible à tout. Dans la conversation, il entendait la plaisanterie. Ses inclinations douces et religieuses n’excluaient pas le courage. Il racontait que, passant un jour dans le pays des Arabes avec quatre de ses domestiques, il avait été attaqué par quinze de ces vagabonds, qui sont une sorte de bandits ou de voleurs. Il se mit en défense, et plaçant un de ses gens pour observer l'ennemi, 1l se disposa fièrement au combat avec les trois autres. 11 perdit un homme dans l’action, et lui-même il fut blessé au bras d’un coup d'épée; mais ayant tué le capitaine arabe et deux de ces brigands , il força le reste de prendre la fuite. Un autre jour , ayant trouvé une des vaches de son père à moitié dévorée, il résolut de prendre le monstre dont elle avait été la proie. Il se plaça sur un arbre près de la vache, et vers le soir il vit paraitre deux lions qui s’avancérent à pas lents, et jetant ieurs regards autour d'eux avec un air de défiance. L’un s'étant approché , Job le perça d’une flèche empoisonnée qui le fit tomber sur la place. Le second qui vint ensuite fut aussi blessé ; mais il eut la force de s'éloigner en rugissant , et le lendemain il fut trouvé mort à cinq cents pas du même lieu.
Il avait de l’aversion pour les peintures ; on eut
456 HISTOIRF GÉNÉRALE
beaucoup de peine à le faire consentir qu'on tirât son portrait. Lorsque la tête fut achevée, on lui demanda dans quels habits il voulait paraître; et sur le choix qu'il fit de l’habillement de son pays, o! lui dit qu'on ne pouvait le satisfaire sans avoir vu les habits dont il parlait, ou du moins sans en avoir entendu la description. « Pourquoi donc, répliqua « Job, vos peintres veulent-ils représenter Dieu « qu'ils n’ont jamais vu ? »
Sa religion était le mahométisme ; mais il rejetait les notions d’un paradis sensuel et d’autres traditions qui sont reçues parmi les Turcs. Le fond de ses principes était l’unité de Dieu, dont il ne prononçait jamais le nom sans quelque témoignage particulier de respect. Les idées qu’il avait de cet Être suprême et d’un état futur parurent fort justes aux Anglais ; mais 1l était si ferme dans la persuasion de l'unité divine, qu'il fut impossible de le faire raisonner paisiblement sur la Trinité. On lui avait donné un nouveau Testament dans sa langue. Il le lut; et s'expliquant avec respect sur ce livre, il commença à déclarer que, l'ayant examiné fort soigneusement , 1l n’y avait pas trouvé un mot d'où l'on pût conclure qu'il y eût trois dieux.
Il ne mangeait la chair d'aucun animal, s'il ne l'avait tué de ses propres mains. Cependant il ne faisait pas difficulté de manger du poisson, mais 1l ne voulait jamais toucher à la chair de porc.
Pour un homme qui avait reçu son éducation en Afrique, les Anglais jugérent que son savoir
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n'était pas méprisable, 11 leur rendit compte des livres de son pays. Leur nombre ne surpassse pas trente. Ils sont écrits en arabe, et la religion seule en fait la matére, Job savait fort bien la partie historique de la Bible, I] parlait respectueusement des vertueux personnages qui sont nommés dans l’Écriture sainte, surtout de Jésus-Christ, qu'il regardait comme un prophète digne d’une plus longue vie, et qui aurait fait beaucoup de bien dans le monde , sil n’eût péri malheureusement par la méchanceté des Juifs, Mahomet, disait-1l, fut envoyé après lui, pour confirmer et perfectionner sa doctrine. Enfin Job se comparait souvent à Joseph, fils du patriarche Jacob ; et lorsqu'il eut appris que, pour le venger, Sambo, roi de Fouta , avait déclaré la guerre aux Mandingues, il protesta qu'il aurait souhaité pouvoir l'empêcher, parce que ce n'étaient pas les Mandingues, mais Dieu qui l'avait envoyé dans une terre étrangère.
Son historien joint ici quelques détails sur le pays de ce prince.
Les esclaves du pays de Bounda, et la plus vile partie du peuple, y sont employés à cultiver la terre, à préparer le blé, le pain et les autres alimens. L'agriculture est pour eux un exercice fort pénible, parce qu'ils n’ont pas d’instrumens propres à labourer la terre , ni même à couper les grains dans leur maturité. Ils sont obligés, pour faire leur moisson , d’arracher le blé avec les racines ; et pour le réduire en farine, ils le broïententre deux pierres
avec les mains. Leur travail n’est pas moins violent pour transporter et pour bâtir; car tout s'exécute à force de bras.
Les personnes de distinction qui se piquent de lectureet d'étude, n’ont pas d’autres lumières, pendant la nuit, que celle de leur feu. Cependant c’est le temps de l'obscurité qu'ils emploient à cet exercice, parce que, dans les principes du pays, le jour est pour l'usage de ce qu’on sait, et la nuit pour s'instruire. Une partie des habitans s'occupe de la chasse , surtout de celle des éléphans, et fait un commerce d'ivoire assez considérable. Job racontait qu'un de ses gens, accoutumé à la chasse, avait vu un éléphant surprendreun lon, le porter près d’un bois , fendre un arbre, mettre la tête de son ennemi entre les deux parties du tronc, et le laisser dans cet état pour y périr. Quoique ce récit paraisse fabuleux, ilest rendu plus vraisemblable par un autre exemple, dont Job avait été témoin lui-même. Un jour qu'il était à la chasse, il vit un éléphant transporter un lion dans un endroit marécageux , et lui tenir la tête enfoncée dans la boue pour l’étouffer. En supposant la vérité de ces deux faits, 1l faut conclure que le lion et l'éléphant se portent une haine mortelle.
Le poison dans lequel les Nègres trempent leurs flèches, est le suc d’un certain arbre dont les qualités sont si malignes, qu'en peu de temps le sang se trouve infecté par la moindre blessure, et l’animal le plus vigoureux devient stupide et perd le
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DES VOYAGES. 459 sentiment; ce qui n'empêche pas les habitans de manger la chair des animaux qu'ils tuent avec leurs flèches. Aussitôt qu'ils les voient tomber, ils s’approchent et leur coupent la gorge: cette opération fait sortir apparemment le poison avec le sang. Les hommes qui sont blessés des mêmes flèches se guérissent avec une herbe dont la vertu est infaillible lorsqu'elle est immédiatement appliquée sur la blessure. L'auteur prend ici l’occasion d'assurer, comme le fruit pArenee de son expérience et de ses lumières , 1°. que dans tous les pays qui produisent des bêtes féroces, il ne s’en trouve pas qui attaquent volontairement l’homme, si elles trouvent le moyen de s'échapper par la fuite; 2°. qu'il n’y a pas de poison violent de quelque espèce qu’on lesuppose, qui n'ait son antidote ; et que généralement la nature a placé l’antidote près du poison. Cette dernière assertion paraît plus fondée que l’autre ; je crois qu'il sera toujours fort peu sûr de rencontrer un lion ou un tigre quand il aura faim. Le loup naturellement timide, attaquel’homme quand il n’a trouvé ni prote ni nourriture; et les singes, quand ils se sentent les plus forts, se jettent sur le voyageur par un insunct de férocité.
Les mariages, dans le pays de Job, se font avec peu de formalités. Lorsqu'un pére est résolu de marier son fils, 1l fait ses propositions au pére de la fille ; elles consistent dans l'offre d’une certaine somme que le père du mari doit donner à la femme pour lui servir de douaire. Si cette offre est acceptée,
les deux pères et le jeune homme se rendent chez le prêtre, déclarent leur convention, et le mariage passe aussitôt pour être conclu ; il ne reste qu’une difficulté, qui consiste à tirer l'épouse de la maison paternelle. Tous ses cousins s’assemblent devant la porte pour en disputer l’entrée , mais le mari trouve le moyen de se les concilier par des présens. Il fait paraître alors un de ses parens, bien monté, avec la commission de lui amener sa femme à cheval; mais à peine est-elle en croupe, que les femmes : commencent leurs lamentations et s'efforcent de l'arrêter. Cependant les droits du mari l’emportent ; il reçoit celle qui doit être la compagne de sa vie. 11 fait éclater sa joie par les fesuns qu'il donne à ses amis. Les réjouissances durent plusieurs jours ; sa femme est la seule qui n’y est point appelée : elle n'est vue de personne, pas même de son mari, aux yeux duquel la loi veut que, pendant trois ans, elle paraisse toujours voilée. Ainsi Job, qui n’en avait passé que deux avec la sienne lorsqu'il tomba dans l'esclavage, et qui avait eu d’elle une fille , ne l'avait point encore vue sans voile. Pour éviter les jalousies et les querelles ,. les maris font un partage égal du temps entre leurs femmes; et leur exactitude à l’observer va si loin ; que pendant qu’une femme est en couches, ils passent seuls dans leur appartement toutes les nuits qui lui appartiennent. Ils ont Je droit de renvoyer celles qui leur déplaisent, mais en leur laissant la somme qu’elles ont reçue pour dot. Une femme est libre de se remarier après
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DES VOYAGES. 461 ce divorce, et n’en trouve pas moins l’occasion ; au lieu que si c’est elle qui abandonne son mari, nonseulement elle perd sa dot, mais elle tombe dans un mépris qui lui ôte l'espérance de faire un second mariage. |
Outre la circoncision qui est en usage pour tous les enfans mâles, il y a une sorte de baptême pour les deux sexes. Au septième jour de la naissance , le père , dans une assemblée de parens et d'amis, donne un nom à l'enfant, et le prêtre l'écrit sur un petit morceau de bois poli. On tue ensuite, pour le festin, une vache ou une brebis, suivant les richesses de la famille ; on la mange sur-le-champ, et le reste est distribué aux pauvres. Après quoi, le prêtre lave l'enfant dans une eau pure, transcrit son nom sur un morceau de papier qu'il roule soigneusement , et le lui attache autour du cou, pour y demeurer jusqu'à ce qu'il tombe de lui-même.