CHANT XXXV
Tandis que plusieurs Bacchantes sont ou tuées ou blessées dans la ville , Calchomédie , sur le rempart, attend Morrheus, qui, de son côté, vole vers elle aussitôt qu'il l'aperçoit.
Ellelui promet ses faveurs, pourvu qu'il consente à venir la voir désarmé, et après s'être lavé dans le fleuve. Morrheus consent à tout. Vénus sourit à son triomphe, et plaisante 3îars, protecteur des Indiens.
Au moment oii Morrheus veut obtenir le prix de sa déférence , un dragon , gardien fidèle de la pudeur de la Bacchante, s'élance de son sein et s'oppose à SCS jouissances. L'Indien en est effrayé, et pendant ce temps-là les Bacchantes, sous la conduite de Mercure, qui prend la forme de Bacchus, s'échappent de lu ville et des mains de Dériade, qui se met à leur poursuite.
Cependant Jupiter, revenu de son sommeil et touché du désordre de l'armée de Bacchus et de la. maladie de son fils, gourmande Junon, qu'il force de donner à Bacchus de son lait, afin qu'il puisse recouvrer la raison et la santé. Bacchus est guéri,
et déjà reparaît à la tète de son armée, à qui sa présence présage la victoire. Il plaint le sort des guerriers qui ont été tués pendant son absence, et se dispose à les venger.
CFIANT XXXVI.
Les dieux se partagent entre Dériade et Bacchus. Mars combat contre Minerve , Diane contre Junon qui la blesse et qui insulte à sa défaite. Apollon l'enlève de la mêlée, et se mesure lui-même contre Neptune. Mercure réconcilie les dieux et rétablit la paix dans l'Olympe. Dériade se prépare de nouveau au combat, et ranimant ses soldats, il les détermine à livrer une bataille décisive. Bacchus se prépare de son côté à une nouvelle action , et les Bacchantes font déjà siffler leurs serpens. Le Tartare ouvre ses portes pour recevoir les morts. Ici est la description de la mêlée et du carnage.
Bacchus se mesure contre Dériade, et pour le combattre, il prend diverses formes comme Protée. Il est blessé sous celle de panthère. Il se métamorphose, comme l'àme du monde, en feu , en eau, en plante, en arbre, en lion, etc. Dériade combat en vain le fantôme qui lui échappe, et il défie inutilement Bacchus, qui fait naître une vigne dont les branches entrelacent les roues du char de Dériade, et l'entortillent lui-même; il est forcé d'implorer la clémence de Bacchus qui le débarrasse de ses liens. Mais le fier Indien n'en reste pas plus soumis, et cherche toujours à faire de ce dieu son esclave.
Bacchus, ne pouvant réussir à vaincre les Indiens par terre, fait construire des vaisseaux par les Rhadamanes. Il se rappelle la prédiction de Rhéa, qui lui avait annonce que la guerre ne finirait que lorsqu'il armerait des vaisseaux contre ses ennemis. 11 y avait déjà six ans que cette guerre durait, lorsque Dériade fit assembler ses noirs sujets . Morrheus les harangue, et leur rappelle ses anciens exploits. Il leur apprend que les Rhadamanes construisent des vaisseaux pour Bacchus, et il les rassure sur les suites de ce nouveau genre d'attaque. En attendant, on fait une trêve de trois mois pour enterrer les morts.