‹ Abrégé de l'origine de tous les cultes [microform]Chapitre 26 sur 70 · CHANT X · texte numérisé non relu

CHANT X

A la suite de ce long épisode, le poète nous ramène en Lydie, pour y être témoins de l'éducation que reçoit Bacchus. On le voit Jouer avec les satyres, et se baigner dans les eaux du Pactole, dont les rives sont bordées d'une verdure émaillée de fleurs. C'est là que, jouant sur les coteaux de Phrygie, il fait connaissance d'un jeune satyre appelé Ampelus^ ou la Yigne. Le poète nous fait la peinture de cet enfant charmant, et de ses grâces naissantes, qui inspirent à Bacchus de l'intérêt pour lui. Il est inutile que j'avertisse le lecteur de l'allégorie qui règne dans ce morceau, sur les amours du dieu des vendanges pour la vigne, personnifiée ici sous le nom du jeune Ampelus, qui jouait avec Bacchus sur les coteaux de Phrygie, fertiles en raisins. Bacchus l'aborde ; il lui dit les choses les plus flatteuses. Il le questionne sur sa naissance, et finit par dire qu'il le connaît, et qu'il sait qu'il est fils du Soleil et de la Lune, ou des deux astres qui règlent la végétation. Bacchus en devient amoureux. Il n'est content que lorsqu'il est avec lui, et il s'afflige

de son absence. L'amour de la Vigne lui tient lieu de tout ; il demande à Jupiter de l'attacher à son sort. Ici le poète nous fait la description de leurs jeux et de leurs divers amusements. Bacchus prend plaisir à se laisser vaincre dans ces divers exercices. Ampelus est toujours vainqueur, soit à la lutte, soit à la course. Dans ce dernier exercice, le jeune Pressoir, le jeune Lierre entrent en lice avec le jeune la Yigne, et celui-ci obtient sur eux la victoire.

Nonnus a rendu ici, dans une allégorie poétique, ce que dit plus simplement Diodore, lorsqu'il raconte de Bacchus qu'il découvrit, au milieu des jeux de l'enfance, l'arbuste précieux qui porte le raisin et le délicieux fruit dont il exprima le premier le jus. Cette manière de traiter poétiquement une idée très simple en elle-même, et de lui donner un grand développement dans une suite d'allégories, tenait au génie des anciens prêtres et des poètes qui composaient les chants sacrés, dans lesquels tout était personnifié. Ce seul trait nous dévoile le caractère original de toute l'ancienne mythologie. Voilà son style»

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